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ChroniqueFrance Inter (sur YouTube)· 26 mai 2025 3 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSantéBudget & impôts

Bayrou et le test des taxis - L'édito politique de Patrick Cohen

Au micro : Patrick CohenSource d'origine 1 locuteur

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    « un gouvernement qui annonce 40 milliards d'économies sur son prochain budget »
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    « Près de 7 milliards d'euros l'an dernier, 100 euros par français, 6 fois plus qu'en Allemagne »
  • 0:29PrésentateurChiffre
    « presque deux fois le budget de la culture ou pour rester dans la santé, 5 à 6 fois le coût du futur CHU de Nantes »
  • 0:42PrésentateurChiffre
    « les 3 milliards d'euros qu'ils ont touchés de la sécu l'an dernier ont explosé en 5 ans d'un milliard supplémentaire »
  • 0:49PrésentateurChiffre
    « 3 milliards pour 40 000 taxis conventionnés qui vivent de cette rente »
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    « la licence d'un taxi agréé pour le médical peut se revendre jusqu'à 300 000 euros alors que l'agrément lui a été octroyé gratuitement »
  • 1:27PrésentateurChiffre
    « au moins un tiers des bons de transport sont prescrits le jour même des soins »
  • 1:43PrésentateurFait
    « Sa nouvelle convention vise à rationaliser les allées et venues des taxis, éviter les longues périodes d'attente, supprimer la facturation des retours à vide et faire du transport partagé quand c'est possible »
  • 1:55PrésentateurChiffre
    « l'assurance maladie a compté près d'une vingtaine de réunions de concertation en un an et demi »
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    « Faut-il que les salariés d'ArcelorMittal bloquent aussi les routes avec des taxis pour qu'ils soient reçus par le Premier ministre ? »

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L'édito politique Patrick Cohen, ce que le conflit des taxis nous dit des efforts budgétaires annoncés. Il nous dit le défi himalayesque d'un gouvernement qui annonce 40 milliards d'économies sur son prochain budget et qui choisit de reprendre la main sur une réforme dont l'assurance maladie attendait 300 millions sur 3 ans pour faire redescendre un peu le coût faramineux du transport de patients non urgents. Près de 7 milliards d'euros l'an dernier, 100 euros par français, 6 fois plus qu'en Allemagne, presque deux fois le budget de la culture ou pour rester dans la santé, 5 à 6 fois le coût du futur CHU de Nantes, le plus grand hôpital en construction d'Europe, c'est colossal.

Et tout cela pour les taxis ? Non, les taxis représentent environ la moitié de la dépense de transport sanitaire mais les 3 milliards d'euros qu'ils ont touchés de la sécu l'an dernier ont explosé en 5 ans d'un milliard supplémentaire. C'est plus qu'une embardée, 3 milliards pour 40 000 taxis conventionnés qui vivent de cette rente. Le système est devenu à ce point lucratif que la Cour des Comptes écrivait dans un rapport de 2019 que la licence d'un taxi agréé pour le médical peut se revendre jusqu'à 300 000 euros alors que l'agrément lui a été octroyé gratuitement. Mais les taxis, Patrick, ne font que répondre à des besoins ?

Ils répondent à des besoins indispensables, ceux de malades obligés de se déplacer pour recevoir des soins et aussi à une demande favorisée par des règles que les taxis n'ont pas édictées et qui accordent très largement ce droit à plus de 6 millions de patients avec des abus. Forcément, tout le monde n'a pas besoin de taxi pour aller à l'hôpital. La Cour des Comptes, encore elle, relevait qu'au moins un tiers des bons de transport sont prescrits le jour même des soins ce qui laisse penser que les médecins procèdent à des actes rétroactifs pour régulariser le déplacement. Mais justement, l'assurance maladie n'a pas le projet de réduire le service rendu aux malades.

Sa nouvelle convention vise à rationaliser les allées et venues des taxis, éviter les longues périodes d'attente, supprimer la facturation des retours à vide et faire du transport partagé quand c'est possible. Convention décidée d'en haut ? Ça c'est ce que disent les taxis, mais non, l'assurance maladie a compté près d'une vingtaine de réunions de concertation en un an et demi. Et voilà qu'après une semaine de blocage, François Bayrou s'en mêle. A l'issue d'une réunion de trois heures samedi, il promet aux représentants des chauffeurs de retravailler le détail des décisions. Sur le réseau X, le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand s'énerve.

Faut-il que les salariés d'ArcelorMittal bloquent aussi les routes avec des taxis pour qu'ils soient reçus par le Premier ministre ? C'est le privilège de leur capacité de blocage ? Personne n'a envie de se fâcher avec les taxis, ils sont soutenus par toutes les oppositions, LFI, RN, même le PS d'Olivier Faure demande un moratoire sur cette convention. François Bayrou aussi, pour sa première épreuve sociale, veut montrer qu'il est à l'écoute. Mais s'il flanche sur le fond de cette mini-réforme le crédit de celui qui théorise depuis vingt ans sur l'immoralité de la dette et des déficits, ce crédit serait réduit à zéro. C'est le cas.

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Locuteur

C'est le cas. On l'a dit la clpe. C'est le cas. Les spectateur. Musique de générique.