Déclaration du Président Emmanuel Macron et du Premier ministre de la Pologne, Donald Tusk.
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- 5:00Donald TuskChiffre
« Nos investissements de défense, nos dépenses de défense s'élèvent à 4,4 % du PIB. »
- 9:00Emmanuel MacronFait
« L'Europe est au rendez-vous à cet égard, pour l'aide d'aujourd'hui, pour la reconstruction, pour les livraisons d'armes et dans tous les domaines, si je puis dire, du conflit. »
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Bonjour Mesdames et messieurs, Bonjour Monsieur le Président, cher ami, cher Emmanuel. Je suis extrêmement heureux. Je suis heureux parce que nous sommes amis depuis des années, et nous avons eu cette très bonne compréhension depuis longtemps, mais je suis heureux que nous puissions nous rencontrer à ce moment historique pour l'Europe et pour le monde.
En tant que [INAUDIBLE] politique de nos deux pays, nous sommes du même côté dans tous les dossiers importants qui concernent à la fois la sécurité de la Pologne, de la France, de l'Europe, du monde occidental. La Pologne et la France représentent toutes les deux la même position. C'est pour cela que je pense qu'il est nécessaire que nous travaillons ensemble et en coordination étroite sur des dossiers d'importance.
Je suis convaincu que la première partie de cette réunion et nos entretiens que nous venons d'avoir confirment cette convergence de vues. La sécurité de l'Europe, la compétitivité de l'Europe, les relations bilatérales entre la France et la Pologne, et puis la situation en Ukraine après l'agression russe contre l'Ukraine, les actions en faveur de la paix juste en Ukraine… Tous ces dossiers nous poussent à jouer comme une seule équipe. Nous sommes une seule équipe, et c'est important pour la Pologne et pour la France.
Merci, Monsieur le Président, pour votre déclaration sur l'accélération des travaux sur notre nouveau traité d'amitié. Les relations franco-polonaises sont marquées par une amitié traditionnelle et par une compréhension excellente. C'est aussi un élément important et crucial pour l'avenir de l'Europe.
Je suis convaincu qu'au cours de la présidence polonaise [INAUDIBLE]. Au printemps, nous allons signer notre traité bilatéral d'amitié, et ce sera un moment marquant pour l'histoire de nos deux pays. Merci.
Merci aussi pour votre déclaration et merci d'avoir choisi Nancy comme lieu de signature de ce traité. Un lieu important pour la Pologne. C'est une très, très bonne idée.
Nous avons échangé sur nos actions concernant la paix juste en Ukraine. Merci Emmanuel pour votre rôle très précieux et toutes vos démarches. Aujourd'hui, l'Europe a besoin de partenaires qui ont une vision sans équivoque concernant la paix et l'Ukraine.
Nous devons avoir une vision claire sur l'avenir de l'Europe et de son voisinage. Nous avons échangé des informations et nous avons aussi échangé sur nos ambitions concernant la paix. J'ai informé Monsieur le Président, de nos avancées dans le travail avec nos partenaires scandinaves, les pays scandinaves et les pays baltes.
Il y a eu des avancées importantes et après des consultations, nous voyons le besoin d'une unité absolue de l'Europe. C'est un besoin qui est partagé par la Pologne et par la France pour agir en faveur de la paix en Ukraine. Et puis nous avons également la même position univoque concernant l'Ukraine.
L'Ukraine doit être présente à tout pourparlers et toute proposition qui est faite doit être acceptée par nos amis de Kiev. Chers amis, si vous me permettez, je vais saisir cette opportunité pour couper court à des spéculations concernant la présence des troupes d'un pays ou d'un autre après le règlement de paix ou le cessez-le-feu, le cas échéant. Le président en est avisé.
On en a parlé. Les décisions sur les actions de la Pologne vont être prises à Varsovie, seulement à Varsovie. Pour le moment, rien de cela n'est prévu et nous allons coopérer avec la France sur les solutions qui vont avant tout sécuriser l'Europe et l'Ukraine de tout renouvellement du conflit.
Dans l'hypothèse d'un cessez-le-feu ou d'un règlement de conflit, je l'ai dit au Président Macron et je tiens à le souligner pour toute l'Europe, c'est la Pologne qui porte le plus grand fardeau lié à la guerre en Ukraine. Un fardeau dans beaucoup de dimensions, c'est l'engagement au soutien militaire, c'est l'engagement financier. C'est la Pologne qui abrite le hub logistique, unique en son genre, qui sert à acheminer de l'aide à l'Ukraine.
Et nous supportons ces charges parce que nous sommes convaincus que c'est la bonne chose qu'il faut faire de cette manière. Mais je crois que ça doit être clair. Et je vais envoyer un message clair à tous les dirigeants.
Et en Europe, c'est nous qui portons le fardeau de la défense de la frontière orientale de l'Union européenne. Nos investissements de défense, nos dépenses de défense s'élèvent à 4,4 % du PIB. C'est la défense de la Pologne et la défense de toute l'Europe sur les tronçons les plus sensibles de la frontière : Les frontières que nous partageons avec la Biélorussie et la Russie.
Et je crois qu'il faut le prendre en compte, il faut le prendre en compte. La Pologne a également besoin de coopération, de soutien dans la protection et la défense de cette partie de la frontière, et merci pour votre compréhension. Nous avons échangé sur d'autres menaces, menaces qui pèsent en Pologne, en France et en Roumanie.
Cette menace qui est liée à l'ingérence russe, à nos processus démocratiques et aux élections, et donc aussi dans d'autres domaines de vie. Merci, Monsieur le Président, pour votre compréhension. Nous pensons de la même manière.
Le gouvernement polonais tolérera aucune tentative d'ingérence dans l'élection présidentielle. Disons le ouvertement, ce sont les électeurs qui vont élire leur président, pas Poutine, pas le Kremlin, à l'appui de ses actions agressives dans le cyberespace. Et c'est un avertissement de ma part.
Je vous avertis tous ceux qui vont essayer d'ingérer dans notre processus électoral, gardez-vous, nous allons trouver des moyens pour protéger notre démocratie contre ces ingérences. Nous allons lancer la coopération là-dessus. J'ai échangé là-dessus avec nos amis nordiques et je suis heureux que Monsieur le Président et la France sont prêts à protéger le cyberespace contre ces menaces.
C'est important pour la Pologne. Je crois que c'est important pour tout pays qui a un calendrier électoral qui s'approche. Au cours de la deuxième partie de la journée, nous allons échanger sur d'autres dossiers de coopération.
Mais c'est aujourd'hui que je peux dire qu'on rouvre un nouveau chapitre, un vrai chapitre des qualités dans notre coopération. Merci, merci pour votre engagement, pour cette convivialité et pour l'amitié. L'amitié pour moi et pour la Pologne.
Merci beaucoup. Merci beaucoup Monsieur le Premier Ministre. Cher Donald, je suis très heureux d'être à vos côtés aujourd'hui à Varsovie, à l'occasion de cette visite qui marque en effet une nouvelle page et cette coopération renforcée entre la Pologne et la France.
Et permettez-moi, avant toute chose, de vous souhaiter un bon anniversaire, si je puis dire, puisque cela fait un an jour pour jour que vous êtes à ces responsabilités avec un agenda volontariste que l'on voit dans le pays et en Europe. Et donc vous avez le plein soutien de la France à cet égard. Vous avez tout dit, Monsieur le Premier ministre, cher Donald, à l'instant, et je voulais revenir sur quelques points.
D'abord, évidemment, l'Ukraine. Je veux ici saluer le rôle que joue la Pologne depuis le début du la guerre d'agression lancée par la Russie. Votre rôle en tant que voisin, votre rôle dans le soutien militaire et aussi tous les nœuds logistiques qui nous permettent d'assurer ce soutien militaire, mais également le rôle et le soutien humain et humanitaire que vous, votre population, depuis le premier jour, assure.
Et je veux vous dire que nul en France ne sous-estime, véritablement, la charge qui est la vôtre et ce que représentent les conséquences directes et indirectes de cette guerre depuis le premier jour. Et je crois que tous les Européens doivent en avoir pleinement conscience. Je veux aussi dire ici que nous sommes pleinement alignés pour évidemment avoir ce soutien à l'Ukraine, aux Ukrainiens dans cette phase importante, alors même que les attaques russes se poursuivent, et que nous avons une vision aussi très commune pour dire que seule une paix durable est la paix possible, c'est-à-dire une paix qui soit négociée par les Ukrainiens et qui leur permette d'avoir des solutions de sécurité dans la durée.
Et au fond, nous partageons, et nous venons encore de le mesurer, la même volonté de dire pas de paix en Ukraine sans les Ukrainiens. C'est-à-dire que nul ne peut discuter pour les Ukrainiens en leur nom des concessions à faire des points à porter, C'est aux Ukrainiens de le faire, mais pas de sécurité en Europe sans les Européens. Et c'est cela l'importance aussi du débat que nous avons et des discussions qui sont en cours.
C'est que, évidemment, la paix soutenable en Ukraine, c'est une sécurité durable en Europe. Et à cet égard, la coordination entre nos pays est très importante. D'abord pour définir des garanties de sécurité le jour d'après et chacun engageant pour lui-même.
Je pense que le Premier ministre vient de dire est très important. Je partage la même philosophie. La France ne veut pas être engagée par quiconque d'autre et je pense qu'il est légitime que la Pologne ne soit engagée par quiconque d'autre.
Et c'est ainsi, en tant qu'État souverain, conscient des intérêts qui sont en jeu aussi en Ukraine et de l'avenir de notre continent que nous voulons avancer. Mais je veux redire ici, évidemment, le caractère essentiel de ce conflit pour nous, et c'est d'ailleurs ce qui a nourri la rencontre trilatérale que j'ai organisée il y a quelques jours à Paris entre le président élu Donald Trump et le président Zelensky. Les États-Unis d'Amérique vont jouer un rôle, dans les semaines et les mois qui viennent, renouvelé.
Et je veux ici remercier l'administration Biden de son soutien depuis le premier jour et de son travail étroit avec les Européens. Mais l'administration Trump a indiqué sa volonté justement de d'essayer d'infléchir la ligne de ce conflit. Et il nous faut donc travailler de manière très étroite avec les Américains, avec évidemment l'Ukraine pour trouver un chemin possible qui prenne en compte les intérêts de l'Ukraine, sa souveraineté et les intérêts des Européens et leur sécurité.
Et c'est cette philosophie que nous poursuivons. Nous aurons d'ailleurs à poursuivre ensemble la semaine prochaine dans le cadre du Conseil européen, puisque nous reviendrons sur la mise en œuvre de l'accord du G7, qui prévoit une aide à l'Ukraine de 50 milliards de dollars. l'Europe est au rendez-vous à cet égard, pour l'aide d'aujourd'hui, pour la reconstruction, pour les livraisons d'armes et dans tous les domaines, si je puis dire, du conflit.
Et je pense que c'est très important ici de le rappeler. Au delà de cela, vous venez de le rappeler, tu viens de le dire, cher Donald, il est clair que la Russie multiplie, on le voit, les attaques informationnelles et son poids sur les élections un peu partout en Europe. La Moldavie a subi ces attaques et je me félicite de la réélection de la présidente Maia Sandu, mais qu'a-t-elle subi ?
Heureusement, nous avons déployé des instruments de cyberdéfense, du soutien pour lutter contre la désinformation. Mais il faut multiplier nos efforts à l'égard de ces pays. La Géorgie a clairement subi des attaques très claires, des manipulations.
Et je veux ici redire tout notre soutien aux défenseurs de la démocratie et d'un chemin européen en Géorgie. Et la grande préoccupation que nous avons à l'égard des répressions très dures qu'il y a à l'égard de la jeunesse, des déclarations préoccupantes du chef du gouvernement et de la trahison, au fond, du chemin européen, dès après les élections, et au fond du contraire complet de ce qui avait été dit aux électeurs tout au long de la campagne. Nous avons vu en Roumanie les attaques informationnelles qui avaient été subies, conduisant la Cour suprême à suspendre le processus.
Et donc cette préoccupation doit être au cœur, et c'est un réveil en quelque sorte civique, démocratique, auquel nous appelons en Europe. Ne soyons pas naïfs, nos temps électoraux, notre vie informationnelle est aujourd'hui de plus en plus manipulée par des attaques hybrides, informationnelles, d'acteurs russes, qu'ils soient d'ailleurs des acteurs clandestins ou que ce soient des proxy, et donc des acteurs privés qui agissent au nom de celui-ci. Et je partage la préoccupation du Premier ministre Tusk exprimée à l'instant.
Nous devons renforcer, en Européens, véritablement, notre surveillance et la protection d'un cadre informationnel non manipulé. C'est un travail que nous avons lancé en France qui doit se poursuivre en Europe et je partage cela. Au delà de cela, nous aurons à échanger sur les enjeux de sécurité et de défense européenne.
Et là-dessus, mon message est simple. Les Européens doivent évidemment renforcer encore leurs investissements en la matière, mais aussi investir pour développer une base industrielle européenne de défense et réduire nos dépendances stratégiques. Et je sais combien la grande nation de défense qui est la vôtre partage cette volonté.
Tout cela, nous allons en discuter la semaine prochaine, mais nous aurons aussi à le poursuivre sous la présidence polonaise du Conseil de l'Union européenne au premier semestre 2025, où vous aurez un rôle à jouer en la matière, puisque vous aurez à conduire les débats sur le Livre blanc de la Commission sur l'avenir de la défense européenne, sur nos sujets de financement, sur l'importance du programme européen pour l'industrie de défense européenne, dit EDIP, et justement permettre le développement de cette base. Vous aurez un rôle très important dans ce cadre, et nous allons en parler à l'instant, qui est aussi d'accélérer la mise en œuvre de notre agenda économique technologique. Notre Europe est face à des grandes transitions et on le voit bien, qu'il s'agisse d'intelligence artificielle, de climat et de technologies vertes, de défense et de sécurité, il y a une révolution qui s'opère à travers le monde, des investissements massifs qui sont faits aux Etats-Unis d'Amérique et en Chine et une accélération très claire des innovations dans tous ces domaines. l'Europe aujourd'hui ne va pas au bon rythme et a une ambition qui est insuffisante.
Et donc, notre responsabilité va être ensemble de donner cette impulsion et d'avoir un calendrier très resserré et de nourrir le volontarisme de la Commission pour être au cœur de celle-ci. Nous aurons beaucoup d'autres sujets, parmi eux beaucoup de sujets qu'on partage et une vraie convergence, vous l'avez dit, nous reviendrons à coup sûr sur l'impact de l'accord signé et il n'est que signé, je le rappelle, entre l'Union européenne et le Mercosur. Cet impact est massif sur nos filières agricoles.
Nous avons la même vision des choses, on vient d'en parler à l'instant. J'ai dit mon désaccord avec l'accord tel qu'il nous avait été fourni et nous attendons les précisions de la part de la Commission européenne. Mais très clairement, nos agricultures ne seront pas les sacrifiés, au fond, d'un mercantilisme du siècle d'avant.
Et donc il faut penser stratégique, le commerce doit être articulé avec le climat, avec un cadre de souveraineté, avec l'utilisation des terres rares et matériaux rares. Mais dans la souveraineté, il y a la souveraineté alimentaire et agricole. Elle ne peut pas être sacrifiée au reste.
Enfin, cette visite nous permet aussi de faire avancer les travaux sur la préparation d'un nouveau traité bilatéral entre la Pologne et la France. Et je suis très heureux, vous en avez parlé, monsieur le Premier ministre, que nous scellions cet accord. Il s'inscrit dans une histoire très longue, et Nancy n'est qu'un clin d'œil à cette histoire.
J'ai été, tout à l'heure, m'incliner devant la statue du général de Gaulle qui rappelle notre fidélité il y a un siècle entre nos deux pays, et cette fraternité d'armes qui unit la Pologne et la France. Mais ce traité va permettre, dans les domaines stratégiques, de la défense à l'énergie, en passant par le nucléaire, la coopération scientifique, linguistique, culturelle, eh bien de sceller des liens encore plus forts entre nos deux pays, et je suis très heureux de cela. Voilà, je veux vous dire ici la grande amitié de la France à l'endroit de la Pologne.
Il faut dire que dans ces temps si bousculés, on le voit bien dans nos pays, beaucoup de questions se posent, des colères parfois peuvent naître. Il est important d'agir ensemble face à ces défis et je crois pouvoir dire que c'est le cas pour nos deux pays et pour nous. Et ça se nourrit aussi, plus modestement que cette grande histoire que je convoquait par une amitié plus personnelle.
Nous nous connaissons depuis près de dix ans maintenant, et je veux dire ici toute la confiance que j'ai à ton égard, cher Donald. Et donc merci d'être là et merci de tout ce que nous faisons ensemble. Merci beaucoup.
Merci. Merci beaucoup et merci à vous, Mesdames et Messieurs.
Emmanuel Macron