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interviewLCP (sur YouTube)· 8 novembre 2024 55 min

Sandra Marsaud, députée Ensemble pour la République de Charente | Politiques, à table ! - 08/11/2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Générique Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans "Politiques : à table !". On enfile une toque, un tablier et comme chaque semaine on va faire rissoler ensemble l'actualité politique et gastronomique pour vous servir une information claire sur la production, la transformation et l'alimentation, aujourd'hui, en France.

A notre table nous accueillons Sandra Marsaud. Bonjour. -Bonjour. -Bonjour. -Bonjour, Jean-Pierre. -Bonjour. -Sandra Marsaud, vous êtes députée de la deuxième circonscription de Charente.

Vous êtes tombée dans la marmite de la politique dès 2014 où vous êtes élue conseillère municipale de la ville de Saint-Même-les-Carrières. En 2016, vous vous mettez en marche, comme vous dites, et dans le sillage de la première élection d'Emmanuel Macron en 2017, vous gagnez votre place dans l'hémicycle. Aujourd'hui, réélue sous la bannière Ensemble pour la République, vous êtes secrétaire de la Commission des affaires économiques, ici, à l'Assemblée nationale, Rapporteuse pour avis du projet de loi portant mesure d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat, vous êtes une observatrice attentive de l'évolution de la consommation des ménages.

Vous défendez les producteurs de cognac, fleuron gastronomique et poumon économique de votre circonscription qui fait de votre territoire une marque mondiale, aujourd'hui, victime d'un chantage de la Chine. Et il en sera bien évidemment question dans cette émission. Mais juste avant, je vous laisse présenter le menu. -Eh bien, Valérie, un hachis parmentier au confit de canard et en dessert, un gâteau à la citrouille et aux pommes. -Dans "Le dessous des plats", voiture électrique chinoise contre cognac.

Qui va gagner la guerre des taxes entre l'Europe et la Chine ? Explication à suivre. Dans "Les pieds dans le plat", gros plan sur l'épidémie de tuberculose bovine qui menace nos élevages.

L'abattage systématique est-il la solution ? Réponse dans un instant. -Voilà pour le menu.

Maintenant, on passe à table et je vous propose de nous ouvrir l'appétit avec "Cuisine et confidences". Jingle -Sandra Marsaud, comme vous êtes engagée dans ce bras de fer dont Valérie vient de parler avec les Chinois pour sauver les exportations de votre monument, le cognac, je me suis dit que vous alliez sûrement profiter de cette occasion pour faire honneur à l'incommensurable cuisine chinoise, l'une des plus réputées au monde, histoire de vanter ce savoir-faire, de montrer votre passion pour ce répertoire culinaire infini. Et oui, l'art de la diplomatie passe souvent par la table.

J'ai ensuite entendu dire qu'il serait question de canard. Mais oui, bien sûr, les Chinois le vénèrent, le canard en cuisine. Cela n'a fait que conforter mes premières intuitions, persuadé que nous étions donc partis pour déguster avec Valérie le must de la gastronomie pékinoise, un canard laqué, divin.

Je vous entendais déjà vous extasier en dégustant ces petits morceaux de peau croustillante roulés dans de fines crêpes de farine de riz. Une façon gourmande, intelligente d'amadouer vos partenaires chinois. Bien vu.

Mais pas du tout, en fait. Car vous avez choisi un parmentier de canard. Aïe !

Alors là, tout se complique. Voilà notre canard adulé en Chine, préparé d'une toute autre façon, confit, effiloché, haché, puis mélangé avec de la vulgaire purée. Vu de Pékin, c'est un massacre.

Parfait pour vous mettre un périgourdin dans la poche, mais un Chinois, moins sûr, c'est même un coup plutôt à les vexer. Que s'est-il passé ? Vos racines du Périgord seraient-elles alors si fortes au point de tout sacrifier pour vous régaler d'un confit ? -Oui.

Rires -Merci pour le cognac. -Expliquez-nous, pourquoi ce choix ? -Alors oui, là ce sont mes origines.

Merci, d'abord, je suis très heureuse d'être avec vous et merci de me permettre de parler de mes passions, mes racines, la cuisine. Oui, là c'est le clin d'oeil au Périgord qui est mon lieu de naissance et j'ai encore bien sûr une grande partie de ma famille, ma mère aussi du coup, qui relève aussi les traditions culinaires de la famille. -Alors on va le goûter peut-être ce hachis parmentier ? -Les spécialités du Périgord, évidemment, c'est beaucoup autour du canard, il y a le foie gras, alors même si au départ le foie gras ultime, suprême, c'est le foie gras d'oie, et qui est très difficile en termes d'élevage à pratiquer, c'est très difficile à élever les oies, beaucoup plus que les canards. -Et plus clivant, quand on sait que tout est politique, demandez du foie gras, vous risquez... -Oui, en tous les cas, autour du canard, il y a le foie gras, mais il y a aussi le confit qui est très traditionnel dans le sud-ouest. -On va en parler, mais vraiment, on a envie de savoir ce que vous en pensez.

Il est bien préparé ? Il vous rappelle celui que vous préparez peut-être vous-même ? Dites-nous ce que vous en pensez. -Et Valérie est toute contente parce qu'elle adore ça. -Moi, j'adore ça. -C'est très bon. -Il est bon ?

Il est comme chez vous ? -C'est de la vraie purée, c'est top. Donc ça, c'est tout à fait ce qu'il faut, effectivement.

Et donc, c'est vrai que c'était le clin d'oeil, effectivement, à mon territoire d'origine, mais qui jouxte la Charente. On va dire que j'ai partagé ma vie perso et pro. Je dis souvent que je suis un pur produit du sud-ouest et c'est une fierté.

Je suis née en Dordogne et j'ai vécu, j'ai fait mes études et j'ai commencé à bosser en Gironde. Et j'ai atterri il y a quelques années, un petit peu moins de 15 ans, en Charente. Et c'est vrai que le Périgord, c'est symbolisé beaucoup par le canard.

Mais il y a la noix, il y a la fraise, il y a plein de choses. Et donc, c'est vrai que dans la famille, on a tous eu des traditions, comme dans beaucoup de zones rurales, en réalité, mais moi, j'ai été élevée de manière assez populaire où on cuisine chez soi, parce que c'est moins cher. -Bien sûr. -On faisait des confits de canards chez vous ? -Le confit...

Alors, certains le faisaient. On fait le cochon, on fait le canard. Ca dépend des périodes de l'année.

Mais c'était mes oncles et tantes depuis...

Voilà, ça se perd peut-être, effectivement, un petit peu, mais au fin fond de la Dordogne, y compris de la Charente, il y a encore des pratiques de faire ses conserves pour l'année. Moi, j'ai été élevée là-dedans. -Vous le cuisinez vous-même, ce hachis parmentier ? -Oui, ça m'arrive.

C'est pas ce que je cuisine le plus. C'est vrai que depuis sept ans que je suis élue, ce n'est pas évident. Mais ce que j'aime bien en priorité, c'est quand j'arrive le soir, en fin de semaine, chez moi...

Ce que j'aime bien, c'est me mettre à la cuisine et cuisiner. Même si c'est simple, j'aime bien le faire. C'est un moment de détente.

Et puis, c'est un peu les plats de bonne femme, les plats de grand-mère. -Ca, c'est pratique à faire parce que vous pouvez le faire le dimanche, quand vous avez du temps. Et c'est meilleur un peu réchauffé.

Vous le mettez au four, vous pouvez le manger jusqu'au jeudi. C'est pas mal. C'est comme les lasagnes.

C'est très bon. Il est très bon, celui-ci. -Oui, comment vous le trouvez ? -Très bon.

Bravo au chef. -Et la purée, vous êtes experte. -C'est de la vraie purée, c'est légèrement croustillant, c'est bon.

C'est très bien. -Est-ce que ça vous arrive d'aller chercher vous-même votre canard directement chez le producteur ? -Alors là, en Charente, c'est pas forcément le canard que je vais aller chercher, c'est la poule de Barbezieux, qui est une spécialité locale aussi. -Bien sûr. -Voilà.

Mais on a la chance d'avoir des petits marchés locaux encore assez... qui maillent le territoire.

Et juste à côté de chez moi, le vendredi après-midi, le samedi matin, notamment le vendredi après-midi, il y a un marché des producteurs dans une ferme qui produit des légumes, du melon. Et ils reçoivent les producteurs un peu de tout le secteur. Donc, on peut acheter du poulet, plein de choses, du canard. -Et quels sont vos plats signatures ?

Si on vient chez vous avec Valérie, on aura droit à quoi ? Qu'est-ce qu'on va manger ? -D'abord avec ce que j'ai dans le frigo ça j'ai appris à cuisiner comme ça. -La cuisine des restes mais ça c'est pas très flatteur. -Ca peut l'être et c'est une habitude.

Moi, ce que j'aime bien c'est la période, là on en sort, malheureusement, mais c'est la période estivale. C'est avec les petits farcis avec les légumes farcis. -Ca c'est un peu niçois pourtant on le fait aussi dans le sud-ouest ? -Oui, bien sûr.

De toute façon tout ce qui est bon en France on aime bien le cuisiner et puis c'est des plats encore une fois assez faciles à faire. -Pour revenir un peu sur le canard, parce que c'est quand même le principe de ce plat aussi, comment vous regardez-vous ces élevages de canards, notamment, qui sont visés par, je pense, à l'association L214, mais d'autres aussi, sur le gavage, sur l'exploitation des canards ? Quelle est votre position là-dessus ?

Vous dites que c'est... la préhistoire, on ne peut plus aujourd'hui faire souffrir les animaux comme ça ?

Est-ce que pour avoir un bon foie gras, c'est malheureusement la seule solution ? Comment vous regardez les choses ? -C'est assez compliqué.

Moi, j'ai été élevée dans une ferme. Ma nounou gavait des oies et des canards. Donc, c'est un peu difficile pour moi.

Parce que moi, je l'ai vécu de l'intérieur. Donc, j'ai vu des gens qui étaient amoureux de leur production. J'allais aux champignons avec eux.

J'étais au gavage. Il y avait les lapins. J'en avais toujours un dans mon sac.

Moi, j'ai été élevée vraiment à la campagne, donc je ne peux pas avoir un regard uniquement critique ou en tous les cas avec un seul prisme. -Mais vous pouvez l'entendre ? -Oui et d'ailleurs, quand on est élu, on doit avoir un regard à 360 degrés, comme on dit, sur les choses.

Donc oui, je peux comprendre, mais je me dis souvent qu'il y a des batailles....

Certains qui se révèlent peut-être avec des batailles d'une vie, je peux l'entendre, mais peut-être qu'ils ne connaissent pas vraiment la vie de ces producteurs, ce qu'ils font. Voilà, j'ai beaucoup de mal à critiquer en réalité. -Mais vous avez conscience, et je rebondis, qu'il y a un mal-être pour ces bêtes et qu'aujourd'hui, on le supporte de moins en moins ?

On peut aussi faire un gavage naturel, il y a des foie gras naturels. -Oui, en Espagne. -Par exemple. -Oui, tout à fait. -C'est peut-être un peu moins bon... -Bien sûr. -...mais au moins, on n'a pas ces images un peu dures. -Pas sûr que ça soit moins bon.

Non, non, mais je comprends. Ma lettre, oui, on parle de bientraitance. -Oui, oui. -Parce que ça reste des animaux, même si j'adore les animaux, évidemment.

J'ai été élevée aussi avec eux. Mais non, non, moi, j'ai du mal vraiment à critiquer. Je soutiens les producteurs parce que la plupart, ils font bien leur job.

Et évidemment, quand on va mettre un focus, à un moment donné, dans un abattoir aussi, c'est terrible. J'ai du mal à voir les images. oevidemment que ça me touche, ça sert à ça.

Mais c'est vrai qu'on va faire un focus parce qu'il y a une erreur à un moment donné, peut-être, ou une incompréhension aussi. Je pense à tous ceux qui bossent dans les abattoirs. -Oui. -C'est leur job. -Oui, bien sûr.

Et je respecte, en fait, ça aussi. Je respecte l'humain aussi, derrière. Et justement, dans le Sud Charente, à Palio, je les salue, ils ont eu plein de soucis.

Il y a un abattoir d'abattage de volailles et qui traite les canards de réforme. Et donc c'est ceux qui sont les parents des canards pour après faire les foie gras. C'est ceux qui servent à faire les confits, en fait.

Donc je connais ces gens, je connais leur métier, la difficulté, et je respecte ça aussi. Et tout le monde, évidemment, même la majorité, ne font pas mal leur job. C'est d'abord ça que je dirais, en tant qu'élue. -Et si ça vient sur la table, l'interdiction du foie gras en France, comme c'est le cas dans des villes, New York, dans des pays, on ne consomme plus, on ne peut plus vendre du foie gras.

Est-ce que vous seriez pour ou contre l'interdiction ? -Je suis contre. Je suis contre. -Est-ce que vous avez déjà goûté... -Je suis contre les contraintes.

On est en pleine période budgétaire, il y a plein de choses à dire, mais les contraintes, c'est ce qui nous bouffe. Et pour faire comprendre comment fonctionne un écosystème, on peut en parler pour le cognac, la contrainte, ça n'est pas bon pour faire entendre d'une personne extérieure à un sujet, un écosystème, à une géographie très spécifique, une production, ça n'est pas bon. -Est-ce que vous avez déjà goûté le faux gras ?

C'est-à-dire le foie gras végan. Non ? Ah... -Avec du pois chiche. -Et vous ? -Oui. -Et alors ? -J'en ai même fabriqué.

C'est pas mal. -On ne peut pas dire foie gras végan, puisque ça n'en est pas. -C'est du faux.

Ca s'appelle du faux gras. L'appellation, c'est faux gras végan, du pois chiche, des noix...

C'est pas mal du tout. C'est assez ressemblant, c'est surtout ça qui est... -On avait pas mal de collègues qui étaient aussi... -Vous n'en avez jamais goûté du faux gras ? -Non, mais en fait, vu que moi, j'aime... -Que le vrai gras. -Non.

Non, pas du tout, c'est ce que j'allais dire. Je suis une femme aussi de légumes, je cuisine beaucoup les légumes. Mais je suis plutôt pour dire, moi j'aime tout.

Dans la cuisine d'ailleurs végétarienne, il y a une façon d'assaisonner, des épices qui sont extraordinaires et qu'il faut s'approprier. C'est pour ça que moi j'aime tout. Je voulais citer, par exemple, Frédéric Descrozaille, un de mes ex-collègues, et puis d'autres aussi, Pascal Lavergne, qui avaient lutté avec des amendements sur l'idée de dire "steak végétal".

Ce n'est pas du steak. Donc non, il faut le dire autrement. Parce que ça oppose en fait les manières de manger. -Ca a été à nouveau autorisé. -Oui, bien sûr.

Parce que c'est difficile à interdire. -Ce qu'on me disait aussi, c'était que c'était intéressant...

Quand on fait un produit végétal, on ne sait pas bien...

C'est plus pour la forme, en fait, plutôt que pour l'aspect. Si vous avez une saucisse végétale, vous dites : Si c'est une saucisse, je peux la faire en barbecue, je peux la couper en morceaux..." -Oui, mais le goût... -Mais c'est autre chose.

Mais c'est plutôt pour l'usage qu'on garde ce vocabulaire. -A côté de ce hachis parmentier... -C'est très militant.

C'est plutôt très militant. Et bon... -Vous nous avez apporté...

Vous nous avez apporté... du ou des grillons, comme on dit ? -Alors, le pot, c'est des grillons.

Ca, c'est des grillons charentais. -Des grillons charentais. Qu'est-ce que c'est ?

De la rillette ? -C'est un peu plus épais que la rillette. C'est avec des morceaux de porc dedans.

En plus, là, c'est des grillons qui ont été primés. Donc, c'est un petit village à côté de mon village à moi, à Lignières-Sonneville. On les salue. -On les salue, bien sûr. -Voilà, ils ont été champions en grillons charentais.

Et à côté, c'est du gros grillon. -D'accord. -Mais il y a aussi plusieurs abats.

Et en fait, tout ça cuit ensemble. -Comment ça, il y a plusieurs abats ? Expliquez-nous. -Il peut y avoir de la rate, du rognon. -J'allais goûter avant de...

J'ai plus envie. Je vais goûter quand même. -Ca, c'est le morceau du travers de porc, ça. -Ok. -Vous allez voir, c'est excellent.

On le mange en morceaux pas mal à l'apéro, à l'apéritif, ou en entrée, mais... -Ca se picore en apéro, quoi. -C'est coupé un peu gros.

Et maintenant qu'on mange les grillons, les insectes, ça ne fait pas confusion ? "J'ai des grillons à l'apéro", parce que c'est très tendance. -Il y a les grillons ou les grattons de canard en Dordogne.

Et moi, j'adore le parallèle. Ca fait très Charente-Périgord. Et ça, c'est mes deux territoires d'amour, on va dire, et d'affection en tous les cas.

Et le grillon charentais, c'est cuit pendant des heures dans des marmites ou dans des bassines en cuivre à la base, au feu. Et en fait, tout ça est confit avec toute une recette, des épices, aussi, très particulières. Chacun a sa recette. -Oui, parce que là, on sent quoi ?

C'est poivré, il y a de l'ail, peut-être, aussi, un peu ? -Il y a plein de choses. De l'échalote, de l'oignon aussi, mais ça confit pendant énormément de temps.

Et en même temps qu'on fait ce grillon avec ces petits...

Comme c'est émietté était dans le parmentier, on fait cuire des abats, les abats du porc, qui sont confits pendant des heures, Et après, on les sort, on les égoutte et ils sont vendus séparément. -D'accord. -Et c'est pour ça que le gros grillon a cuit avec le grillon.

Et effectivement, je vous avoue, il y a de la rate, des rognons... -Ca ne se sent pas trop fort. -Non, c'est confit.

Donc on aime ou on n'aime pas, mais coupé en petites lamelles à l'apéro, donc avec un vin de pays charentais ou un cognac tonique... -Oui, on va goûter après le vin. -Une seconde, Valérie, pour sortir un peu de ce terroir.

J'ai une question sans malice aucune. Vous aimez la cuisine chinoise ? -Mais j'adore !

Et j'aime bien cuisiner asiatique. -Oui ? -Je cuisine tout ce que j'aime. -Qu'est-ce que vous faites comme recette chinoise ? -Alors, chinoise, précisément... -Asiatique au sens large. -Les soupes, en fait, ils ont une façon de faire les soupes qui est extraordinaire.

Voilà, puis les épices qu'on achète. Moi, j'ai vécu à Bordeaux, pas loin d'un supermarché asiatique où il y a des épices...

Il y a des étals d'épices. -Maintenant, même en province, on trouve des produits, des herbes. -En province... -Non, mais avant, ce n'est pas du tout péjoratif. -En région ? -En région, alors pardon.

Il rit On trouvait les produits exotiques qu'à Paris, hélas. Heureusement, aujourd'hui, on en trouve partout en région. -Ma vie bordelaise m'a ouvert les champs aussi beaucoup de cette culture culinaire.

Parce que c'est quand même une grande ville. -Pour revenir sur le hachis parmentier, où est-ce qu'on en mange à Paris ? Vous en dégustez de bons hachis parmentiers à Paris ?

Vous auriez un restaurant à nous recommander ? -Non, mais il doit y en avoir plein, Non, franchement, là, je n'ai pas... -Peut-être dans un restaurant du sud-ouest, du Périgord. -Oui, dans des brasseries, peut-être, oui.

Je ne sais pas si ça revient vraiment à la mode, mais ce sont des plats de bistrot, effectivement. -Est-ce qu'il faut une pomme de terre spéciale pour faire la purée qui va avec ? -Ma grand-mère vous aurait dit que la pomme de terre à purée, c'est toujours la Bintje -Oui. -Mais bon, on fait des purées avec... -N'importe quelle pomme de terre. -A chair blanche. -Voilà. -Très bien, on en sait un peu plus sur le canard, sur le hachis parmentier, mais il nous reste encore plein de choses à savoir sur la façon de le cuisiner, ce hachis, n'est-ce pas Jean-Pierre ? -Oui, et je rebondis sur votre question.

Il faut effectivement une pomme de terre à chair un peu farineuse, qui va s'émietter. La Bintje est là, mais il y en a d'autres, plus connues. Plus la pomme de terre est vieille aussi, plus ça donne un petit peu de goût à votre purée.

Vous pouvez l'écraser à la fourchette. Vous pouvez mêler un peu d'épices, noix de muscade par exemple. -On met du beurre ? -Un peu de beurre, un peu de lait et vous la mettez de côté.

Ensuite, vous avez votre confit. Alors, il est enrobé dans la graisse qui lui permet d'être conservé. Ne gardez pas toute cette graisse.

Vous chauffez délicatement dans une poêle et vous allez voir que la graisse va partir de votre confit. Vous la gardez, ça peut toujours servir pour alimenter votre purée. Même on voit qu'ils ont mis un petit fond de graisse.

Ensuite... -La graisse du confit, on la met dans la purée ? -Une partie, pas tout, il y en a beaucoup.

Vous la gardez dans votre frigo. -Pour cuisiner. -Mais pour faire quoi ?

Une matière grasse pour autre chose ? -Oui, pour faire une autre spécialité du Périgord qui s'appelle le tourin blanchi à l'ail. -Il y a plein de choses à faire.

Il faut toujours avoir un peu de gras de canard. Et ensuite, cette viande, elle va un peu s'effilocher à la fourchette. Puis après, vous l'écrasez un petit peu.

Puis au couteau, vous la hachez un petit peu. Et vous faites ensuite comme un hachis parmentier. Vous mettez une couche de hachis, puis cette purée.

Après, il y en a façon lasagne. On multiplie les couches. On peut mettre une couche de canard, pomme de terre, canard.

On finit toujours par la pomme de terre pour mettre un peu de panure et la faire gratiner. -C'est de la panure qu'on a sur le dessus ? -C'est de la panure qui n'a pas eu le temps encore de bien cuire.

Et vous passez ça, 30 minutes à 180, plus un petit coup de grill au dernier moment. Et une variante, on peut aussi utiliser, c'est très bon, à la place des pommes de terre, eh bien, par exemple, des patates douces. Et ça se marie aussi très bien. -C'est vrai. -Bonne idée. -Exotique. -Pour accompagner ce hachis parmentier, vous nous avez apporté du vin de Charente.

Alors, expliquez-nous. -C'est du vin de Charente-Maritime, en réalité. -Grains de Cocotte.

Qu'est-ce que c'est ? Comment vous l'avez découvert ? Pourquoi ce vin ? -C'est un clin d'oeil aussi à mon territoire d'adoption, à ces vignes qui majoritairement produisent du cognac, il faut bien le dire.

Et il y a une petite production d'environ 1 500 hectares, mais pas d'un seul tenant. C'est-à-dire que les producteurs, les viticulteurs, la plupart font du cognac, du vin pour le cognac, qui est un cépage très particulier qui s'appelle l'ugni blanc Mais certains sont des amoureux et à l'occasion d'une diversification du vignoble suite à une précédente crise, même s'il y a toujours eu du vin en Charente, certains ont développé du vin pour faire du vin de table. Donc il y a une indication géographique protéger une IGP, vins de pays charentais.

Et donc ces 1 500 hectares sont assez morcelés sur tout le vignoble, puisque majoritairement ces viticulteurs font du vin pour le cognac, pour distiller, et ils ont quelques parcelles, là il y a Merlot et Syrah. -On le voit tout de suite sur l'étiquette. -Il y a un cahier des charges spécifique pour les vins de pays charentais, donc, moi, moi je travaille aussi pas mal avec le syndicat des vins de pays charentais. -Ils doivent respecter quoi ? -Le cahier des charges, c'est surtout les cépages qu'on peut utiliser.

Mais c'est un cahier des charges assez large, avec beaucoup de cépages qui ont été retrouvés de l'ancien temps ou remis au goût du jour. -C'est la mode, des vieux cépages qui sont souvent plus résistants aussi. -Exactement. -Aux intempéries, au réchauffement. -De toute manière, tous les bassins viticoles, je suis sur une mission sur la viticulture en ce moment, tous les bassins viticoles font de la recherche depuis des années pour s'adapter au dérèglement climatique et aux évolutions, ce qu'on appelle aussi le dépérissement du vignoble et les maladies de la vigne.

Donc il y a de la recherche et souvent on va faire des hybridations, des croisements avec des anciens cépages. Et là, ils sont souvent remis au goût du jour, assez régulièrement. C'est un vignoble de 1 500 hectares, mais assez dynamique, avec des amoureux.

Et là, c'est Grains d'Estuaire qui a créé notamment Grains de Cocotte. Alors, je suis allée au syndicat des vins de pays charentais qui a ouvert un magnifique bar à cognac pour faire connaître les vins et leur diversité, parce que même les Charentais ne connaissent pas bien. -A boire avec modération. -Toujours.

Bien sûr, vous avez raison. Et donc, j'y suis allée, j'ai dit : "On va manger un parmentier de canard, qu'est-ce qu'on peut boire avec ?" Et donc, ce n'est pas du tout le plus cher.

Les vins de pays charentais, on va dire, c'est de 6 euros à 40, 50 euros. -Oui, bien sûr. -Il y a un panel assez large.

Et là, c'est à peu près, je crois, neuf euros la bouteille. -Ca reste abordable. -Très abordable. -Il est délicieux.

Il est délicieux, c'est assez charpenté. -Oui, moi, je l'aime bien, moi. -Il est un peu sucré, enfin, je dirais légèrement sucré.

Non, c'est pas vraiment... -Je ne sais pas si...

Mais c'est le Merlot aussi. -C'est ça qui donne ce côté rond. -Le Merlot, c'est un des cépages phares du Bordelais.

Et là, en fait, on est sur l'Estuaire. On est donc en Charente-Maritime. Donc, je salue aussi les Charentais-Maritime.

Et on est avec des personnes qui aussi font du vin de Bordeaux. Et donc, en fait, ils ont une tradition de vinification, Ils savent vraiment bien faire. Mais aujourd'hui, tous les vins de pays charentais se sont vraiment améliorés.

Alors, la plus grosse production, c'est le vin rosé. Et le rosé est bu l'été sur la côte parce que c'est une très petite production. Donc, la production, elle part tout le temps.

Et donc, c'est de plus en plus connu avec une variété extraordinaire. -Quand on voit tous ces papiers alarmistes ou ces rapports alarmistes sur "le vin va-t-il survivre, va-t-il encore être..." Vous êtes inquiète sur l'avenir du vignoble à cause du réchauffement climatique ? -Il y a même un fonds d'urgence qui a été débloqué. -Oui, oui.

Justement là, pardonnez-moi. Je suis sur une mission sur les stratégies de marché des bassins viticoles français et, en fait, les filières ou la filière vitivinicole se prend en main. Ca, il faut le savoir.

Ils sont déjà tous très structurés dans leur région. Il y a ce qu'on appelle des interprofessions où les négociants et les viticulteurs travaillent ensemble. Et là, je sors d'une audition avec le Conseil national de l'interprofession des vins et des spiritueux aussi à base de vin.

Et en réalité, oui, il y a un plan de filière, là. Donc, ils sont très conscients sur le diagnostic, c'est-à-dire d'abord une surproduction des vins sur tous les bassins en matière de production de vin, mais aussi une déconsommation, c'est-à-dire on consomme différemment et on consomme moins. -Oui. -Ils en sont tout à fait conscients et il y a un plan de filière qui est travaillé quand même depuis deux, trois ans, qui est quand même très sérieux.

Alors, on parle beaucoup de l'arrachage, mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi comment mieux communiquer. Il y a aussi, vous voyez, l'histoire de la structuration sur la promotion des vins à la fois en France et à l'étranger.

Donc là, le plan, il est extrêmement sérieux. -Donc, vous n'êtes pas si inquiète que ça. -Il ne faut pas.

Par contre, il faut les soutenir, il faut comprendre ce qu'il en est, parce qu'ils ont fait énormément d'évolutions ces dernières années aussi sur la culture et notamment sur la question du moindre usage des produits phyto. Ils ont fait beaucoup d'efforts et il faut les saluer là-dessus, parce que ça correspond et à la consommation, au goût des gens, mais c'est un phénomène de société, et puis pour eux-mêmes, pour leur famille, ils vivent au milieu de leur vigne, et bien sûr, ils font attention à eux-mêmes. -On sait tout sur le vin charentais, on en sait un peu plus sur le canard, maintenant.

Mais saurez-vous répondre à notre petit questionnaire ? C'est tout de suite dans "Le quiz". Jingle -Alors, vous avez fait vos études à Bordeaux, vous vivez maintenant à Bordeaux ? -Ah non, je vis en Charente. -Mais vous disiez que vous y étiez souvent. -J'y ai vécu pendant 20 ans. -Vous allez nous dire si ces affirmations sur le cannelé, vous connaissez cette gourmandise de Bordeaux, sont vraies ou fausses.

A. Il aurait été inventé par des moines dominicains. -Ah, il faut que je... -Oui, vrai ou faux ? -Je n'en sais rien du tout.

J'aime bien le manger et très cuit. Il se mange presque caramélisé, c'est tout ce que je sais. -Vous avez une chance sur deux. -Non. -Eh bien oui, vous avez raison, il a été inventé par des religieuses autour du XVIe siècle dans le couvent bordelais des Annonciades.

Elles faisaient des petits cannelés, pour nourrir les pauvres. Sympa ces petites religieuses. Il doit son nom au mot "cannelle" car la première recette du cannelé contenait de la cannelle.

Vrai ou faux ? -Alors, je dirais faux, parce qu'en plus, je n'aime pas la cannelle. Je dirais faux. -Oui, faux.

En fait, il viendrait plutôt du mot "cannelé", qui était aussi un autre gâteau. Donc, ce n'est pas du tout la cannelle qui a donné le nom au "cannelé". Des jaunes d'oeufs laissés par les vignerons étaient utilisés pour faire la pâte. -Des jaunes d'oeufs laissés par les vignerons étaient utilisés pour faire la pâte. -Oui, peut-être. -Oui, parce que les vignerons utilisaient des blancs d'oeufs. -Pour coller les étiquettes. -Et fixer aussi le vin, etc.

Et ce n'est pas coller les étiquettes, c'est un terme pour fixer, stabiliser. -Mais aussi coller naturellement les étiquettes. -A l'origine, le rhum utilisé dans la recette provenant de l'île de Cuba.

Vrai ou faux ? -Je dirais vrai. -Faux, parce qu'elle venait justement du commerce triangulaire, avec le sucre et le rhum qui venaient des Antilles françaises. -Oui, très bien. -Allez, je vous propose un deuxième quiz.

Vous savez que le cognac, évidemment, a droit à son musée des arts, Le musée des arts du cognac. Alors, sauriez-vous nous dire si ces musées gourmands existent réellement ? Est-ce qu'il existe un musée de l'absinthe ? -Il n'y a pas de raison que ça n'existe pas. -Vous avez raison, c'est vrai, à Auvers-sur-Oise.

Est-ce qu'il existe un musée du cassoulet ? -Je pense que je vais dire oui à tout, il n'y a pas de raison... -Eh ben non, c'est dommage. -C'est dommage !

A Castelnaudary. -Pas de musée du cassoulet, mais on lance l'idée. On fera quelque chose.

Le musée du sucre d'orge ? -Je vais dire oui. -Oui, c'est vrai.

A Moret-sur-Loing, en Seine-et-Marne. Et c'est un bonbon qui a été créé sous Louis Xiv par des soeurs bénédictines. Encore.

Et puis, est-ce qu'il existe un musée du safran ? -Oui, je pense. -Eh bien oui, c'est vrai.

A Boynes, dans le Loiret, depuis 1988. Alors bravo, pour toutes ces réponses. Tout ça dit beaucoup finalement de notre histoire, de nos terroirs, de notre gastronomie française.

Et comme le disait Brillat-Savarin : "Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es." On va donc essayer d'en savoir un petit peu plus sur vous à travers "La brève de comptoir", c'est tout de suite. Jingle Alors, Sandra Marsaud, on vous a demandé, pour préparer cette émission, de plonger dans vos souvenirs culinaires, gastronomiques, vos souvenirs de table, et de nous raconter peut-être un lien entre un dîner, un déjeuner et la politique.

Vous avez deux anecdotes, je crois. -Oui, je ne sais pas si c'est vraiment des anecdotes, mais...

On arrive donc en majorité en 2017 et on commence...

Moi, je découvre aussi les déjeuners ou les dîners de travail dans les ministères pendant les pauses. Et là je crois que c'était un dîner, un soir, avec Jacques Mézard et Julien Denormandie. Jacques Mézard qui était plutôt sur les questions de territoire.

Et Julien Denormandie délégué auprès de lui sur les questions de logement. Puisque je m'intéresse beaucoup aux questions de logement aussi par mon métier. -Parce que vous êtes urbaniste de métier. -Voilà.

Et là, donc des dîners, on était beaucoup autour de la table dans la majorité à s'intéresser à ces sujets, donc on est un peu moins aujourd'hui, les dîners de groupe sont un peu moins...

Plus réduits, mais on s'entend bien aussi, c'est pas mal. Et là, donc, il y avait Jacques Mézard qui parle très, très doucement. Donc déjà autour de la table, on était énormément, une grande table dans son ministère, avec parquet au sol, boiserie, et il avait toujours son chien avec lui. -OK. -Il faut que je me rappelle de son nom, ça va me revenir.

Et son chien qui faisait toujours le tour de la table, donc on entendait les griffes au sol et tout ça. Et Jacques Mézard qui parle très doucement. Donc, pour se pencher avec le bruit des fourchettes, ce n'était pas évident.

Et pourtant, parler des enjeux de la première stratégie logement, que je défends toujours aujourd'hui. Et c'est vrai que c'était assez... -Ca vous a marqué. -Ca m'a marqué.

A la fois, c'était rigolo, bien sûr. Moi, j'aime toujours rire. Mais c'est vrai que pour tendre l'oreille et manger et déguster des plats qui étaient, il faut le dire, les ministères...

C'est-à-dire, c'est aussi la représentation de la gastronomie française. Donc, il faut le prendre aussi comme ça. Je sais bien qu'on aime bien critiquer les ordres de la République, mais bon.

Et donc, c'est vrai que voilà, les bruits des couteaux et des fourchettes, le chien avec ses griffes comme un griffon...

Et c'était vraiment très drôle, mais surtout, on n'entendait pas bien et on voulait intervenir parce qu'on trouvait que sur le texte de loi qui allait arriver, il n'y avait pas assez de sujets. Donc, déjà, on se regardait pour savoir qui allait parler. Le chien, Jacques Mézard, qu'on n'entendait pas.

C'était... -C'est assez cocasse. -Personne n'a osé dire "plus fort" ou "sortez le chien", non ? "Sortez le chien", surtout pas.

Elle rit Surtout pas. -Vous avez une autre anecdote plus locale, je crois. -Ah oui, oui, oui. -C'est intéressant de leur faire un petit clin d'oeil. -Moi, j'aime bien dire que je suis capable de faire la carte de ma circonscription par les restaurants. -OK. -Et voilà, c'est toujours mon éducation, la gourmandise.

Et on a un petit resto dans le Sud Charente, qu'un Charentais m'avait fait découvrir, qui s'appelle Chez Poirier, dans la commune de Bardenac, donc je les salue. C'est l'alliance entre un resto où des dames cuisinent, elles sont toutes affairées dans la cuisine à nous servir avec leur tablier, et le resto routier, on va dire. Donc le midi, même le week-end, les artisans, ceux qui bossent sur place, en campagne, on prend toujours la voiture avec les distances, tout ça, donc les gens se retrouvent, il y a des voitures garées partout dans le petit village, il n'y a pas de parking.

Mais tout le monde s'entend bien. On se gare sur le bas-côté. Il n'y a pas de trottoir.

C'est vraiment un village typique du Sud Charente. Et on vient manger. Et là, il y a un seul menu.

Donc, il y a sept ou huit plats. Et on commence, on arrive. On nous sert la soupe.

Et puis après, il y a une, deux entrées. Il y a le plat. Après, il y a salade, fromage, les desserts. -Il n'y a pas de choix.

Le menu, c'est sept plats. -De mémoire, c'est 15 euros. Et c'est plein. -7 plats pour 15 euros ? -C'est super ! -Voilà.

Ca me rappelle aussi la tradition en Dordogne. Mon père m'amenait dans des restos comme ça. C'est les restos de village.

Et là, j'y ai fait des réunions de travail avec des élus. On aime bien s'y retrouver pour parler du contexte local. Vu que la circo est grande, j'ai des lieux de rendez-vous dans des restos, dans des endroits différents de la circo.

Et là, c'est vrai que c'est un clin d'oeil à ces dames qui font de la cuisine un peu de cantine aussi. Mais de cantine, évidemment, fait maison. Donc, la cuisine de cantine, moi, je l'apprécie.

J'ai une cantinière dans ma famille. Chez moi, tout le monde cuisinait. Donc, c'est vraiment positivement que je parle de ça. -En tout cas, on les salue.

On reste dans votre belle région, même dans votre circonscription, très exactement, à la rencontre de différents producteurs qui s'inquiètent pour leur avenir. Et avec eux, on regarde "Le dessous des plats". Jingle -La guerre du cognac est donc bel et bien déclarée.

Depuis le 11 octobre, en guise de rétorsion aux taxes de l'Union européenne sur leurs voitures électriques chinoises, Pékin a décidé de taxer les eaux de vie charentaises de 35 % en moyenne. Alors pour l'instant, il s'agit juste d'une caution à verser, mais les conséquences se font déjà sentir pour les producteurs charentais alors que les préparatifs du nouvel an chinois arrivent. C'est un reportage de France Télévisions avec Maïté Frémont. -C'est un produit qui fait la fierté des deux Charentes et se consomme quasi exclusivement à l'étranger.

Chez ce négociant de cognac, 97 % de la marchandise part à l'export. Et parmi ses principaux clients, il y a la Chine. -Notre entreprise réalise entre 5 et 10 % de son chiffre d'affaires en Chine, ce qui en fait un des dix principaux clients de la maison. -Mais les relations franco-chinoises sont tendues depuis plusieurs mois.

Chaque négociant a reçu des questionnaires fastidieux. Il faut prouver aux autorités chinoises que le secteur du cognac n'a pas reçu d'aide du gouvernement français. -On devait donner des infos sur les actionnaires, différentes informations sensibles, comme par exemple notre capacité de production. -Et comme les autres, ce dirigeant de PME n'a d'autre choix que de les remplir. -On ne peut pas se permettre, aujourd'hui, de perdre la Chine.

C'est crucial pour notre activité, pour notre région qui fait 70 000 emplois directs et indirects. La Charente, c'est le cognac. -Il y a trois ans, Elise Thorin s'installe du côté de Segonzac avec sa soeur Mathilde.

A la tête d'un vignoble de 19 hectares, elle regorge d'idées pour renouveler leur activité. -On est passionnées par ce métier, on a envie de le diffuser, de le communiquer. Ce domaine, on veut le faire vivre, le faire connaître à l'export.

On avait même pour ambition d'aller sur le marché chinois. Mais avec la situation qui arrive, qui nous pend sous le nez, c'est en train de tuer notre avenir, clairement. -Ce sont bien plusieurs années de stocks de cognac qui pourraient ne pas s'écouler.

La Chine représente un quart des exportations. Les producteurs se sentent impuissants. -C'est un problème politique, de politiques internationales, et nous sommes pris en otage. -La guerre du cognac est donc lancée.

Bruxelles annonce saisir l'Organisation mondiale du commerce. -Alors, Sandra Marsaud, on va essayer d'être assez pédagogiques et clairs, parce que c'est un compliqué. Même les producteurs de cognac ne comprennent pas.

Donc, effectivement, les Chinois ont dégainé une taxe de 35 % pour riposter aux taxes contre leurs voitures électriques. Pour l'instant, ce n'est pas vraiment une taxe, ils l'appellent plutôt caution. Elle est à l'importateur de payer, qui n'est pas forcément d'ailleurs quelqu'un de cognac, mais ça peut être aussi un Chinois, en Chine, sauf pour les grandes maisons qui ont leur réseau de distribution.

Alors, qu'est-ce que ça produit pour l'instant ? Et est-ce que vous pensez qu'en fait c'est la taxe avant l'heure, cette caution ? -C'est tout à fait possible, en réalité.

Il faut revenir quasiment un an en arrière, et avec cette enquête anti-dumping de la Chine contre l'Europe, mais il faut savoir que l'Europe en mène régulièrement, et puis tous les pays du monde et les continents, c'est les règles de l'OMC, alors on peut aussi les regretter, qui peuvent s'attaquer et se reprocher d'avoir des subventions du pays pour pouvoir baisser les prix, par exemple, et être des plus grands exportateurs sur les marchés. -L'idée c'est pour gérer la concurrence. C'est une grande règle. -De l'OMC. -Pour gérer la concurrence. -L'OMC, l'organisation mondiale du commerce.

Et donc, il faut savoir que ce n'est pas les seuls. L'Europe, visiblement, en a lancé des centaines, comme d'autres pays. On peut le regretter que ça se passe comme ça.

C'est pour ça que...

Je fais juste une petite parenthèse pour l'instant, mais pour dire qu'en connaissant de mieux en mieux cette filière, depuis sept ans que je représente mon territoire, je comprends mieux l'enjeu d'avoir des traités de commerce négociés, parce que c'est la garantie de protéger ce qu'on va vendre et ce qu'on va recevoir sur le territoire, c'est-à-dire en volume, en qualité. C'est vraiment de la négociation. Moi, j'ai voté la finalisation du CETA, par exemple, parce que j'ai compris... -Car, on sait ce qu'il y a dedans et c'est contractuel. -C'est contractualisé, c'est négocié.

Et donc, le cognac, de toute manière, même sans contrat, il est exporté sur toutes les mers du globe depuis des siècles. Donc, j'ai envie de dire, il y en a eu avant de commercer, et avant nous, il y en aura après nous. Et là, cette enquête anti-dumping, effectivement, elle est tombée en janvier dernier.

Il y avait déjà eu, effectivement, cette problématique, vraiment, de la montée en puissance, de la défossilisation des énergies, notamment pour les véhicules. Et les Chinois, c'est vrai, sont aussi en avance sur nous depuis des années. Donc, ils veulent vendre partout sur le monde, sur la Terre.

Pour répondre à ma question, ces 35 % de cautions, ils vont se transformer très vite, vous en êtes persuadée, en taxes ? -Non, je ne suis pas persuadée, mais c'est possible, et c'est pour ça qu'il ne faut pas qu'on lâche le morceau jusqu'à la fin, parce qu'il s'agit aussi de négociations au plus haut niveau, au niveau européen notamment. -Mais on l'entend, il ne faut pas qu'on lâche.

Annie Gennevard, aussi la ministre de l'Agriculture, dit qu'il ne faut pas qu'on lâche. Mais qu'on lâche quoi ? -C'est compliqué aussi pour moi parce que je ne suis pas dans ces négociations de haut niveau.

Heureusement, malheureusement, chacun a son rôle à jouer. Mais c'est au niveau européen, entre les représentants de la Commission et les représentants du commerce chinois. Il y a des réunions où ils se voient presque toutes les semaines en ce moment.

Il ne faut pas lâcher parce que c'est jusqu'au bout. -Tous les pays européens ne sont pas d'accord. Les Français ont voté pour les taxes sur les voitures électriques et les Allemands contre. -Je sais, je sais. -Parce que chacun défend aussi son bout de gras, même s'il y a des intérêts communs. -Car il y a des impacts sur les véhicules allemands, puisqu'il y a beaucoup...

Une grande marque allemande qui...

Voilà... -Qui produit en Chine. -Qui produit et qui vend beaucoup en Chine.

L'Espagne avec le porc. Nous, les produits laitiers. Je ne vous cache pas, depuis que j'ai posé la question d'actualité il y a dix jours, à peu près, ou une grosse semaine, j'ai des collègues qui ont des produits phares laitiers sur leur territoire qui disent : "Sandra, c'est quoi une enquête anti-dumping ?" Parce qu'il faut qu'on s'y attelle.

Donc, il faut aller jusqu'au bout du bout car on sait aussi que les Chinois, a priori, ça je l'ai appris, dans la filière, c'est les plus grands négociateurs. Ils ne lâchent jamais eux-mêmes, jusqu'au dernier moment. Et là, l'enquête anti-dumping, c'était du 5 janvier pour un an maxi. -Oui ? -Donc là, c'est une forme aussi de pression on peut considérer qu'ils mettent, en mettant cette caution, cette prétaxe, mais c'est aussi un signal.

Donc, je pense que c'est dans les dernières semaines que ça peut se jouer. -Le couperet c'est en janvier ? -C'est le 5 janvier.

Donc même avant fin décembre, ça peut être définitif. Alors, définitif pour quelques années. Mais alors on nous dit : "Oui, mais alors l'Europe, on va aider la filière cognac".

Mais déjà, la filière cognac n'a jamais vraiment demandé de subvention. Ce n'est pas une filière qui a eu besoin de ça. Et ce qu'ils disent, nous, c'est juste : "On veut pouvoir vendre." Donc aider, ce n'est pas parler de l'OMC et de dire : "Ecoutez, il y aura la taxe peut-être début janvier." Alors d'ailleurs, à quelle hauteur ?

Parce que si jamais il y avait taxe, il faudrait que ce soit la plus petite possible. Mais derrière, ça impacte les coûts de production, les revenus, tout ça. Et c'est ça qui est problématique, n'attendons pas des aides pour avoir un règlement, au niveau de l'OMC, avec des avocats de chaque pays, chaque filière.

On ne peut pas risquer ça, parce que les vins australiens ont été taxés à plus de 200 %, je crois, il y a quelques années, le règlement devant l'Organisation Mondiale du Commerce a pris cinq ans, à peu près, quatre, cinq ans, et au final, ça a été levé, on ne vend plus du tout. -Divisé, moi j'ai regardé, divisé par 90 les exportations de vins australiens en Chine, à cause de ça. Effectivement, une fois que l'OMC est passé, c'est compliqué. -Une fois qu'on a dit tout ça, qu'est-ce qu'on répond ?

Qu'est-ce que vous leur dites, vous, là, concrètement, à vos producteurs de cognac que vous rencontrez dans votre région, et circonscription ? -Alors, moi, déjà, je suis aussi...

Ce que je leur dis, c'est d'abord ce que je fais pour eux, parce que c'est plutôt un échange. C'est-à-dire qu'ils ont des rendez-vous, j'ai des rendez-vous en échange sur qui avait, cette dernière semaine, tel conseiller au ministère de l'Agriculture. Bon, auprès du Premier ministre, je dois dire que ça a été un peu tendu.

Bon, ils prenaient leur fonction, mais ils sont censés connaître le sujet. Quand on me répond à l'agriculture, qu'il y a une question de règlement, et de commerce, je me suis mise un peu en pétard quand on est chez moi. On se tient au courant de nos...

En fait, c'est tout un écosystème qui se met un peu en branle, où chacun joue son rôle. Moi, élue nationale, les représentants des filières, les représentants des filières au niveau national, c'est-à-dire la Fédération Française des Spiritueux, tout le monde a un rôle à jouer. Et, en ce moment, ce qu'on fait, c'est qu'on a une forme de collectif où chacun a les rendez-vous et on indique... -Et vous espérez quoi ? -Alors, eux, ce qu'ils espèrent, c'est que la taxe ne soit pas mise. -OK. -Voilà.

Voire que la taxe soit la plus petite possible. Parce qu'on sait très bien que...

Moi, je suis contre l'idée d'opposer aussi ceux qui produisent des voitures électriques et parce que c'est énormément de centaines de milliers d'emplois en France aussi. -Bien sûr. -Quatorze millions d'emplois en Union européenne, à côté, le cognac, c'est peanuts. -Ca pourrait mettre en danger aussi notre transition écologique. -C'est ça qui est problématique.

Moi, ce que je leur dis, c'est que : "OK, bon, le cognac, il se trouve que c'est une appellation d'origine contrôlée". Donc, c'est géographique. C'est sur une carte.

C'est tout petit. Sauf que c'est 3,6 milliards à l'export. Et dans la balance du commerce extérieur, ça peut en proportion, peut-être faire même mieux que les bagnoles. -Mais on ne peut en produire qu'à Cognac, ça n'intéresse pas les pays européens. -Je vous propose de rejoindre la ferme de Bérénice en Gironde.

L'une de ces vaches a malheureusement été touchée par la tuberculose bovine et avec elle, on met Les pieds dans le plat. Jingle Lors d'un contrôle sanitaire organisé tous les ans, dans chaque exploitation, Bérénice découvre que l'une de ses 200 vaches, l'une de ses filles, comme elle les appelle, est testée positive à la bactérie de la tuberculose bovine et là, le protocole est sans appel. Il impose d'envoyer à l'abattoir toutes les vaches qui ont eu contact avec celle qui est contaminée.

On parle ici de 200 animaux. L'éleveuse de 33 ans doit se séparer de ses bêtes. Un véritable crève-coeur raconté par les journalistes de France Télévisions. -L'heure est au dernier coup de fourche.

A la ferme de Bérénice, l'étable est comme coupée en deux. Vide d'un côté, bientôt dépourvue des autres vaches. -C'est des jeunes qu'on a fait naître l'année dernière.

On va les charger dans quelques jours pour qu'elles puissent rejoindre les abattoirs. -En novembre dernier, l'une d'elles est testée positive à la tuberculose bovine. La maladie s'est transmise au contact de la faune sauvage, contaminée par un blaireau. -On est dans un secteur où il y aurait une présence de tuberculose bovine.

Donc, on va dire qu'on ne s'y habitue jamais, mais on est rodé à ce genre de contrôle. Et cette année, une vache sur 120 qui a réagi positive. -L'abattage des troupeaux comme conséquence radicale, difficile pour cette agricultrice de 33 ans, dont l'élevage de bazadaises se voulait en prise avec le bien-être animal.

Des heures de travail pour adapter ses ventes en circuit court. -C'était ma vitrine dans laquelle je proposais les produits pour mes clients, on est dans la boutique que j'ouvrais deux jours par semaine. -Et l'impression d'un retour à la case départ. -Ca représente énormément.

C'était ma vie. Tout ça, ça ne se crée pas comme ça. J'ai mis 13 ans pour le construire.

J'étais presque arrivée au rêve que je me faisais depuis longtemps d'avoir une ferme un peu exemplaire. -Lassée, Bérénice vient de publier une vidéo pour expliquer sa situation. -Rejoint sur les réseaux sociaux par une vague de soutien pour la plupart agriculteurs déjà confrontés à la maladie.

Elle, plaide pour une meilleure indemnisation de la part des autorités. -J'ai un peu de mal à me projeter pour le moment. Il faut continuer à assumer les charges de l'exploitation qui vont continuer à courir avec ou sans vaches.

J'ai un salarié à temps plein qui était là pour les vaches. Il est à deux ans de la retraite et je ne me vois pas le licencier parce qu'on est tous victimes de la situation. -Une cagnotte vient d'être mise en ligne pour la soutenir. -On vient de le voir, c'est une maladie qui est très difficile à juguler parce qu'elle est présente dans la faune sauvage.

C'est-à-dire qu'il faudrait en gros vacciner tous les renards et les blaireaux. C'est complètement impossible. Alors, est-ce que ce protocole est beaucoup trop lourd pour les agriculteurs ? -C'est vrai qu'il est considéré comme lourd forcément quand on abat votre troupeau et puis parfois, deux ou trois fois d'affilée.

Dans le sud de Charente, c'est ce qui s'est passé aussi. Mais c'est une maladie qui est difficile à comprendre pour plein de raisons. Et alors moi, quand je me suis mis dans le sujet, ça a été aussi compliqué pour moi parce qu'il y a à la fois beaucoup de technicité et beaucoup d'acteurs autour de cette maladie.

D'abord, c'est la détection de la maladie. On ne peut savoir vraiment qu'une bête est touchée que quand elle est abattue et qu'on ouvre ses poumons pour voir qu'il y a la tuberculose. -Donc en fait, les tests ne sont que des tests de suspicion ? -Oui, c'est ça.

Et donc, c'est très compliqué. Donc déjà, moi, j'avais poussé avec certains de mes collègues, qui notamment, en Nouvelle-Aquitaine, je pense à mon collègue Jean-Pierre Cubertafon, qui était élu en Dordogne. C'est la Dordogne, le département le plus touché de Nouvelle-Aquitaine.

Donc d'abord, c'est vrai qu'on est surtout saisi par les familles des agriculteurs parce que c'est l'abattage la première, deuxième, troisième fois. Et puis, on nous dit qu'on ne comprend pas car le protocole il est comme ça en Charente, il est différent en Gironde et encore différemment interprété en Dordogne. Parce qu'il y a des abattages de troupeaux partiels et puis on attend de voir s'il y a des suspicions qui arrivent et après on peut finir par l'abattage total.

Et parfois, c'est l'abattage total d'un coup. Et ça, c'est très incompris. -Il n'y a pas d'explication ? -Ca dépend des protocoles, avec les services vétérinaires, quand même, qu'il faut saluer... -Oui, qui font un super boulot, évidemment. -Dans les directions départementales de l'Etat, en lien avec les laboratoires départementaux qui dépendent des départements, les services sanitaires. -Bien sûr. -Il y a une difficulté d'abord de détection de la maladie.

Ensuite, il y a des protocoles d'abattage qui peuvent différer suivant si autour de la... même les rayons de dix kilomètres, il y a déjà eu la maladie.

Et puis derrière, les agriculteurs, souvent, ce sont des professions où ils sont isolés seuls sur leur exploitation. Donc on a eu des suicides aussi. -Bien sûr ! -Parce qu'ils sont seuls, ils ont le sentiment d'être incompris.

Je ne pense pas que ce soit la réalité, mais on est loin de l'exploitation. Le service vétérinaire, il arrive pour prendre les vaches ou pour faire le test et puis après, il repart. Donc, il y a un sujet d'accompagnement.

Mais il y a aussi ce qu'on appelle les groupements de défense sanitaire qui sont pilotés par les syndicats agricoles, donc par des agriculteurs et qui, eux, sont sur le terrain en présence avec eux qui les accompagnent. Et c'est pareil, ils ne sont pas là tout le temps. Donc il y a vraiment d'abord le départ des bêtes.

Et quand ça arrive régulièrement, c'est terrible. -Et alors vous dites quoi ? Il faut trouver d'autres solutions ?

Je lisais en travaillant sur ce sujet qu'on pouvait isoler les bêtes suspectées en attendant de voir si justement la maladie se déclare ou pas. Est-ce que ce serait une solution ? -Alors le confinement dans une étable, c'est hyper compliqué. -C'est un confinement.

Interdiction de pâturage. -Oui, bien sûr. Mais vous avez dit aussi quelque chose qui pour moi est, qu'il faut dire en amont, il y a effectivement la question du renard, du blaireau, mais il y a eu des études.

Donc moi, en tant que parlementaire, avec mes collègues, on est en lien vraiment avec l'ANSES, l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire. Et en réalité, parce qu'il y a beaucoup d'agriculteurs, on leur a mis dans l'idée, c'est pas faux pour le fait de véhiculer la maladie. Mais certaines fois, ils sont porteurs et ils véhiculent pas.

L'étude sur le renard, elle a conclu que c'était pas forcément le renard. L'étude blaireau, c'est pas forcément ça. Ca peut véhiculer.

Il y a quand même sur aussi l'état sanitaire immunodéprimé des bêtes. Et ça, c'est le laboratoire des services vétérinaires Charente, que je salue, qui ont émis un protocole. Et on a eu toutes les peines du monde, mais maintenant, avec l'ANSES ils sont en relation.

Il y a des études en cours pour étudier si ça ne peut pas venir aussi sur l'état sanitaire des bêtes, qui pourraient peut-être avoir plus facilement certaines, la maladie que d'autres. -Donc si on améliore leurs conditions de vie tout court, peut-être qu'elles développeraient moins cette maladie ? -Il y a aussi le directeur départemental des services de l'Etat, qui est parti malheureusement à la DRAAF Nouvelle-Aquitaine à Bordeaux, qui a fait Dordogne chez nous, Charente, qu'il connaît très très bien, qui nous a dit : "Moi, j'arrive dans un élevage, quand je fais mes visites, et quand je vois un élevage qui est composé de bêtes de races différentes, de différentes couleurs, c'est une souche à tuberculose bovine.

Mais oui, parce qu'en fait, le statut des bêtes suivant leur race, elles peuvent se le refiler, on va dire, plus facilement. Mais ça, on n'a pas encore...

La science n'a pas encore totalement avancé, mais l'ANSES travaille vraiment dessus. Je peux vous dire qu'à chaque Salon de l'agriculture, je prends rendez-vous. avec le directeur ou sa directrice, je crois, adjointe.

Je les salue d'ailleurs. Et on fait un point d'étape tous les ans au Salon de l'agriculture là-dessus car, c'est vraiment très complexe. Puis, il y a le sujet d'indemnisation derrière, des bêtes. -J'allais vous en parler.

Quoi ? Il faut aussi... -Alors ça, ça a été revu.

L'indemnisation, non seulement n'était pas satisfaisante niveau délai, mais aussi en termes de monnaie. Trébuchante. Donc ça, normalement, on l'a fait avancer avec Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture et après Marc Fesneau. -Oui, Annie Gennevard va-t-elle reprendre le dossier en main, là ? -Ah, forcément.

De toute manière, je n'ai pas eu le temps de la saisir de tout. Parce qu'on a beaucoup... -Après le cognac aussi. -Voilà.

Et puis tous les collègues qui ont les problématiques avec toutes les autres maladies qu'on a sur les bovins, les ovins, les volailles. Mais bien sûr...

Mais de toute façon, ça, c'est dans les clous. C'est du réglementaire, on va dire maintenant. Et les services indemnisent selon des grilles actées. -Très bien. -Petite question qui a éveillé ma curiosité.

J'ai vu un projet d'arrêté ordonnant la capture de blaireaux dans votre département pour surveiller et prévenir. -C'est ça. -Ca veut dire quoi ? -C'est lié à ces comités de pilotage départementaux dans les départements où il y a de la tuberculose.

Pyrénées-Atlantiques, Gironde, Dordogne, Charente, Charente-Maritime. Ces comités de pilotage, moi j'y ai assisté à certains, en préfecture. Et on fait le tour de la maladie et on fait des tests.

En testant les blaireaux, on peut se dire, comme ça, on ne teste pas forcément les bêtes. Ca permet d'avoir une idée de la progression de la maladie. C'est les blaireaux tués par les voitures dans les fossés, principalement. -D'accord, je ne comprenais pas bien.

Très bien, on a compris. -On les récupère, on les teste. C'est un signe. -Très bien, merci beaucoup pour ces informations.

Et on ne termine jamais un repas sans une note sucrée. Vous le savez, c'est l'heure du Péché mignon. Jingle -C'est un gâteau aux citrouilles et aux pommes.

Je crois que c'est d'abord le gâteau de votre grand-mère et c'est plus en pensant à votre grand-mère qu'à Halloween que vous avez proposé cette recette sucrée. -Tout à fait. Je pense vraiment à elle et j'ai redemandé quand même la recette à ma mère même si moi je le fais. -Donc, vous avez donné la vraie recette de votre grand-mère, pour fabriquer ce gâteau. -Oui.

Alors, on peut appeler ça aussi un millas. Et voilà, localement. Et en fait, ma grand-mère et son jardin, c'était quelque chose dans la famille.

Et on a beaucoup vécu autour du jardin. Donc, un jardin de plus de 600 mètres carrés. Elle faisait des petits pois, elle faisait tout.

Et au fond, le fameux tas dit de fumier, ou plutôt des déchets verts. Et elle mettait tous les ans des courgettes, des citrouilles. Et donc, c'est la période de récolte des citrouilles.

Donc, avec la citrouille, chez nous, on fait de la soupe. On peut faire une poêlée... -Vous dites citrouille, c'est potiron ? -C'est citrouille, là.

Moi, j'adore le potiron. Oui, le potiron, pardon. Et le potimarron aussi.

J'ai un petit truc avec le potimarron. -Vous dites millas...

J'ai l'impression qu'un invité nous en a parlé, un gâteau au maïs. -Oui, M. Biteau. -Oui, on peut le faire avec de la farine de maïs et blé. -Oui, mais il ne mettait ni pommes ni citrouilles. -Non, pas trop. -On sent plutôt les pommes que les citrouilles. -C'est normal, ça a moins de goût, je pense, la citrouille.

Et la citrouille, chez nous, dans ma famille, et comme dans beaucoup, évidemment, de familles, je ne dis pas...

Pour nous, en plus, la citrouille, ça se garde tout l'hiver. Donc on peut faire des soupes. C'est ce que j'allais vous dire, la citrouille, tout se mange, même les feuilles. -Les feuilles ou plutôt les fleurs comme les courgettes. -Peut-être. -On peut faire de la soupe.

On peut faire une poêlée persillade pommes de terre, citrouille, pour accompagner une viande,... -Délicieuse. -On peut faire aussi ce dessert et on fait ce que ma mère réussit beaucoup mieux que ma grand-mère : la confiture de citrouille.

Merci beaucoup d'avoir partagé notre table, ce repas et la cuisine de votre terroir. Merci beaucoup Sandra Marsaud, merci infiniment. -Merci à vous. -Merci, Jean-Pierre.

Et puis on remercie évidemment le restaurant Le Bourbon qui a cuisiné tout ça pour nous aujourd'hui. Et on se retrouve très très vite pour un prochain numéro