Réunion publique à Saint-Ébremond-de-Bonfossé (50) : discours de Jordan Bardella
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C'est évidemment un vrai plaisir d'être avec vous aujourd'hui à Saint-Ebrement de Bonfossé dans ces belles terres normandes de la Manche. Si nous avons tenu à venir ici aujourd'hui, ce n'est pas par hasard. C'est d'abord pour souligner l'importance de remettre de la vie dans nos villes et nos villages. Absolument tout depuis l'élection d'Emmanuel Macron, cela n'aura échappé à personne, montre que ces gens, que cette élite se fiche éperdument de la France, de cette France que l'on aime, de cette France à laquelle nous tenons et pour laquelle nous nous battons.
Je pense bien évidemment à la France des terroirs, à cette France sincère, méritante et combattante où les cloches des églises continuent de rythmer les journées. La réunion publique ici, dans cette commune de 700 habitants, s'est presque déjà fait racte de résistance à Emmanuel Macron. C'est lui montrer que la France des oubliés, aussi réfractaire soit-elle à ses yeux, ne se taira pas et qu'elle n'est plus décidée à baisser la tête. Cette France, vous le savez bien, elle est oubliée. Elle est abandonnée par des gouvernements qui se succèdent depuis des décennies sans que la vie des Français ne s'améliore pour autant.
Cette France, et vous le savez, seule Marine la défend et nous sommes à ses côtés depuis tant et tant d'années. Quand tous les autres, droite et gauche confondus, ne se soucient que des grandes villes, que des banlieues n'ayant Dieu que pour les bénéficiaires de la si coûteuse politique de la ville. « Voici la Nouvelle-France », disait encore il y a peu Mélenchon en parlant des cités de la Seine-Saint-Denis. Vous savez, ce département que je connais très bien, dont on a appris cette semaine que l'État était incapable de déterminer le nombre d'habitants à 30% près. Je vous laisse en imaginer les causes.
Cette Nouvelle-France, chère à Jean-Luc Mélenchon, ce sont tous ces quartiers d'où les habitants sont contraints de fuir ce qu'ils le peuvent. Et pourquoi ? Parce que ces quartiers sont submergés par l'insécurité, par le règne des caïds, des dealers et de l'islamisme qui a pris le pouvoir. Alors cette Nouvelle-France, nous la lui laissons bien volontiers. Moi, je me bats, mes amis, et nous nous battons tous pour la France. Nous nous battons pour les Français. Nous nous battons pour ces millions de Français qui, parce qu'ils vivent trop loin des grandes villes et de leurs banlieues, n'intéressent pas à nos dirigeants.
Nous nous battons pour ces artisans, pour ces commerçants, pour ces chefs d'entreprise qui se battent tous les jours pour maintenir leur activité et qui croulent sous les charges et la paperasse administrative. Nous nous battons pour ces mères de famille qui peinent à boucler les fins de mois. Nous nous battons pour ceux qui se lèvent tôt et qui aimeraient pouvoir vivre dignement de leur travail. et pas seulement survivre. Nous nous battons pour ces jeunes qui aspirent à vivre leurs rêves dans une France prospère, sans devoir s'exiler à l'étranger pour trouver du travail.
Nous nous battons pour nos anciens, qui ont cotisé pendant des décennies et qui aimeraient pouvoir vivre en paix, sans se soucier du gel honteux et indigne de leur pension de retraite par M. Macron. Nous nous battons bien sûr pour ces femmes et ces hommes qui ont revêtu depuis maintenant plusieurs semaines un gilet jaune. Qui ont revêtu un gilet jaune, qui ont revêtu un gilet jaune pas seulement pour être vus, mais pour être entendus, pour être respectés, pour vivre dans la dignité et je vous demande de les soutenir et de les applaudir. Les gilets jaunes, mes amis, les Français le savent, la France des oubliés n'intéresse pas les grands de ce monde. Vous ne les intéressez pas.
Alors pour eux, c'est très simple. Une fois qu'ils savent ce que vous rapportez, ce que vous coûtez à l'État, vous n'existez plus. Plus de professeurs, plus de place à l'école pour vos enfants, ce n'est pas leur problème. Plus un seul médecin près de chez vous, ce n'est pas leur problème. La maternité la plus proche à 30 km, ce n'est pas leur problème. 1 200 boulangeries qui mettent la clé sous la porte chaque année, 1 200 boulangeries qui mettent la clé sous la porte chaque année, pareil, ce n'est pas leur problème.
Les gares, les commerces, le dernier bistrot du village ferme autour de vous, rappelons que parfois ces bistrots sont les derniers lieux de vie des villages, et bien encore une fois, ce n'est pas leur problème. Voilà la triste réalité, et les chiffres n'ont jamais été aussi catastrophiques. 10 millions de Français vivent dans une ville sans médecin. 8 millions de Français vivent dans une ville sans bureau de poste. 3 millions de Français vivent dans une commune sans école. Cette France, au fond, Emmanuel Macron ne la connaît pas. Quand on gouverne un pays, on ne détourne pas le regard de la souffrance de son peuple, on ne se cache pas les yeux, on ne se bouge pas les oreilles. Non, M.
Macron, quand on gouverne un pays, on écoute le peuple, on entend le peuple, et on agit pour le peuple. On dit souvent qu'en politique, il n'y a pas de fatalité. Faire de la politique, c'est faire des choix. Mais ces choix, il faut les assumer. Emmanuel Macron doit assumer ses choix, et les Français devront le juger dans les urnes le 26 mai prochain. Quand il supprime l'ISF pour les très riches, il doit assumer d'avoir augmenté la CSG pour les retraités. Quand il dédouble des classes, à l'école primaire, dans les banlieues, il doit assumer d'avoir fait fermer 300 classes dans la ruralité.
Et quand il finance grassement l'immigration de masse, il doit assumer d'avoir ensuite fait des économies sur la santé, sur l'éducation, et même sur la sécurité des Français. Emmanuel Macron est un président qui a fait ses choix. Et il en est donc aujourd'hui, devant les Français, le seul et unique responsable. Il est responsable d'avoir choisi le migrant plutôt que le français, d'avoir choisi la multinationale du CAC 40 plutôt que nos PME, les banques et la grande finance plutôt que les intérêts du peuple français, comme lorsqu'il a choisi de liquider notre fleuron industriel Alstom au profit des Américains. Mon choix, notre choix, est à l'exact opposé.
Ce que je veux, ce que nous voulons, mes amis, c'est défendre la France, défendre tous les Français sur l'ensemble du territoire national. Oui, les Français ont le droit de bien vivre chez eux. Non, notre avenir ne se trouve pas ailleurs, dans les métropoles, loin des campagnes, à l'étranger ou loin de la France. Parce que, c'est ça en réalité, le projet de M. Macron. La mobilité pour tous, la mobilité partout. Les écoles ferment, les gares ferment, la gendarmerie ferme, les commerces ferment. Pourquoi lutter ? Il suffit de déménager. Il n'y a plus de boulot ? Traversez la rue, selon M. Macron.
Partez, abandonnez votre maison, vos amis, vos habitudes, votre chez-vous et traversez les régions, peut-être même les pays, tant qu'on y est. Dans l'empire de la mobilité, ce ne sont plus les outils, les machines et les marchandises qui se déplacent, mais c'est nous, les femmes et les hommes. Cette sacro-sainte mobilité si chère à Emmanuel Macron en réalité, déracine des hommes et appauvrit des terres. En plongeant la France dans une course folle au prix bas, course imposée par la concurrence et la mondialisation sauvage, les gouvernements français ont fait exploser le nombre de délocalisations et de destructions d'emplois dans notre pays.
Notez-le et ne l'oubliez pas, tous les deux jours, une entreprise française délocalise. Une entreprise française tous les deux jours, voilà le résultat, voilà leur bilan. Ici, dans la Manche, c'est 20% des Syries normandes qui ont fermé en six ans. Et face à cela, l'Union européenne est plus qu'impuissante, elle est même complice. Nous ne cesserons de le dire, l'Union européenne est complice de la délocalisation de nos entreprises et de la suppression d'emplois dans tout notre pays. Et si certains en veulent la preuve, je leur répondrai simplement que la moitié des entreprises françaises qui délocalisent le font dans un autre pays de l'Union.
Voilà quels sont les effets directs, concrets, qui se cachent derrière ce si joli mot, mobilité. Je le disais, cette mobilité déracine des hommes et appauvrie des terres. Quand elle ne menace pas directement de délocalisation votre entreprise, c'est votre emploi, votre santé et votre identité qu'elle met en péril avec l'abolition des frontières.
Si une entreprise française refuse de délocaliser pour baisser ses coûts de production, elle se retrouve quand même concurrencée chez elle, ici en France, par des millions de produits importés directement de pays comme l'Inde, la Chine ou le Bangladesh, des pays qui ne sont d'aucune manière soumis aux mêmes normes sociales, sanitaires et environnementales que nous. De la même manière, si un agriculteur, si un éleveur refuse de baisser ses prix de vente pour augmenter les profits de la grande distribution, celle-ci va quand même aller gaver des grandes surfaces et donc l'assiette des Français de porc allemand, de bœuf espagnol et vous l'avez vu cette semaine, de viande avariée polonaise.
Demain, au pouvoir, nous combattrons ces traités de libre-échange qui tuent notre économie, qui détruisent nos emplois et livrent nos agriculteurs à une concurrence insoutenable. parce que les Français doivent savoir ce qu'ils ont dans leurs assiettes. Nous imposerons l'étiquetage obligatoire et la transparence totale sur les produits importés, y compris sur les aliments vendus en grande surface. Les Français doivent pouvoir consommer local et pas global. Nous soutiendrons les filières françaises par la mise en place du patriotisme économique et l'obligation pour l'État et les collectivités de privilégier nos producteurs pour qu'ils puissent enfin vivre décemment de leur travail.
C'est au nom de cette libre-circulation de tout et n'importe quoi que l'on autorise l'importation en France de bœuf aux hormones, du saumon transgénique ou encore du poulet lavé au chlore. C'est aussi au nom de cette mobilité, de cette libre-circulation à tout prix que nos dirigeants nous font subir chaque année une immigration de masse. Quand bien même vous aurez préféré à la grande ville bruyante notre si belle ruralité et sa sérénité sans pareil pour y faire grandir vos enfants, la Commission Européenne vous imposera au coin de la rue des migrants.
J'entendais cette semaine le candidat des Républicains, François-Xavier Bellamy de Versailles, nous expliquer qu'il faudrait remettre en cause la répartition des migrants dans l'Union Européenne. Mais cher M. Tartuffe, qui a voté ces quotas et obligé les États à accueillir ces migrants dans nos villages ? C'est vous, les Républicains. Qui est aujourd'hui aux manettes de la Commission Européenne ? C'est vous, le groupe des Républicains. Qui parle en campagne comme le Rassemblement National mais gouverne au pouvoir comme les socialistes ? Ce sont eux, les Républicains. L'Union Européenne, c'est 3 millions de clandestins arrivés en 2 ans. L'équivalent de Paris et Marseille réunis en 2 années.
L'Union Européenne, c'est aussi 500 000 travailleurs détachés qui concurrencent chaque jour artisans et travailleurs français. L'Union Européenne, c'est en fin de compte un étranger qui entre en France toutes les 2 minutes. Soyons clairs, mes amis, nous ne cesserons de le dire, la France n'est ni un hôtel ni un guichet social. Nous devons réserver les moyens de l'État aux Français. Nous devons, bien sûr, abolir la directive détachement des travailleurs dont la Cour des comptes a encore rendu un rapport alarmant cette semaine en dénonçant les abus qui privent les 5 millions de chômeurs français de 500 000 emplois détournés au profit de travailleurs très souvent venus d'Europe de l'Est.
Je vois que nos amis gauchistes s'amusent à l'extérieur. Il en reste déjà plus beaucoup en France. Soyons clairs, mes amis, la frontière n'est pas un mur ou un barbelé comme nos adversaires essaieraient de le caricaturer. Elle est une porte au seuil de la Maison France que les Français peuvent décider d'ouvrir ou de fermer quand cela leur semble juste. La frontière est une limite, un instrument de défense et de protection de l'ensemble des peuples du monde. de leur identité, de leur emploi et bien sûr de la démocratie.
Vous le voyez, la mobilité sans limite est celle qui pousse des peuples à quitter leur terre d'origine pour traverser des continents entiers, celle qui nous pousse à devenir des consommateurs nomades. Alors, mes amis, il est temps de se lever et de se battre pour que la France que nous aimons continue de demeurer elle-même, pour que les Français retrouvent confiance dans l'avenir et qu'ils affrontent tête et haute les défis qui s'annoncent devant nous. Et les Français le savent pertinemment, ils n'ont rien. Rien à attendre d'un Emmanuel Macron ou d'une commission européenne qui ont largement prouvé leur incompétence.
Alors, à tous les Français, nous leur disons haut et fort « Tenez bon, on arrive ! » On arrive, comme l'ont démontré Matteo Salvini et nos alliés de la Ligue en Italie. Comme en Italie, on peut dire « basta » à l'immigration, on peut stopper la signature des traités de libre-échange et on peut tout simplement défendre les intérêts du peuple d'abord. Si c'est possible en Italie, si c'est possible en Autriche, alors c'est possible en France demain. Arrêter l'immigration, c'est possible. Baisser les impôts, c'est possible. Protéger les entreprises et l'emploi en France, c'est possible. Protéger et promouvoir nos agriculteurs, c'est possible. Choisir la révolution du bon sens, c'est possible.
C'est possible et c'est à vous, à vous seuls, qu'il revient désormais d'en décider. Allez voter et faites voter le 26 mai prochain, chers amis, pas d'abstention, chaque voix va compter. Laisserez-vous Macron, Castaner, Griveaux, Schiappa, Belloubet, vous méprisez encore et encore sans rien dire. Les laisserons-nous nous traiter de fainéants, de gaulois et fractaires ou de gens qui ne sommes rien. Les laisserez-vous décider à votre place, décider du prix de l'essence à la pompe, de ce que vos enfants auront dans leurs assiettes, de l'installation de clandestins en face de chez vous, décider de tout sans que vous n'ayez jamais rien à leur dire. La démocratie ne nous fait pas peur.
À nous qui l'aimons et la défendons et doit exister y compris lorsque les Français sont en désaccord avec leurs dirigeants et c'est la raison pour laquelle nous défendons et nous nous battons depuis des années pour l'instauration du référendum d'initiative citoyenne, pour la proportionner aux élections et bien sûr pour rendre leur juste place à ceux qui partout dans nos villes et nos villages incarnent cette démocratie de proximité, je pense bien sûr au maire, qu'Emmanuel Macron a tant méprisé et dont il se sert au passage pour repartir en campagne électorale. Macron veut faire un référendum ? Très bien.
Qu'il interroge les Français sur l'une de leurs préoccupations majeures et dont il ne parle jamais, faut-il, oui ou non, continuer de dépenser des milliards d'euros chaque année dans la prise en charge de l'immigration massive ? Mes amis, si vous êtes ici aujourd'hui, c'est parce que vous aussi, comme moi et comme nous tous, vous refusez la fatalité. Ce que je veux, ce que nous voulons au travers de cette liste du Rassemblement National pour les élections européennes, c'est vous rendre ce que vous, on vous a pris, le pouvoir.
Alors oui, donnons le pouvoir au peuple sur l'immigration, sur l'impôt, sur l'emploi, sur l'institution, sur l'environnement, l'éducation, sur tous les sujets, c'est au peuple qu'il en revient de décider et personne, personne n'est plus légitime que lui pour cela, ni la Commission européenne, ni Juncker, ni Macron, ni Merkel. Donnez le pouvoir au peuple, voilà ce que nous voulons, car en France, chez nous, le seul qui décide, c'est le peuple, le peuple français. Vive le peuple français, vive la République et vive la France ! Merci de votre présence ici, l'intervenant qui me succède a choisi de nous rejoindre dans ce combat essentiel pour la France et pour les élections européennes.
Il est, vous le connaissez, candidat en cinquième position sur notre liste, essayiste reconnu, économiste, il est notamment spécialiste des questions environnementales et géopolitiques, auteur de très nombreux ouvrages. Il a écrit dans son dernier livre « France, le moment politique », les mots suivants. « Je ne me résigne pas à ce que la France que j'aime, que je veux, s'évanouisse comme un souvenir du passé. Sans la France, je ne me sens pas moi-même. Sans la France, le monde n'aurait pas tout à fait le même goût ni la même saveur. Il y a un projet français à proposer au monde. Il y a une vision française à exposer au monde et le moment est venu de les dire.
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Jordan Bardella