Déclaration du Président Emmanuel Macron et du Président des États-Unis d’Amérique, Joe Biden.
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« Nous avons collectivement réagi pour apporter notre soutien à cette nation européenne qui lutte pour sa survie et pour sa liberté, et nous continuerons de le faire aussi longtemps et avec autant d'intensité que nécessaire. »
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« l'autorisation que nous avons donnée pour que l'Ukraine puisse frapper ses agresseurs, en défendant son territoire »
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« un versement de solidarité à l'égard de l'Ukraine, de 50 milliards de dollars »
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« la Conférence de Paix, qui se tiendra en Suisse, où vous serez représenté »
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« nous voulons obtenir la libération immédiate des otages »
- 9:00Emmanuel MacronFait
« la situation à Rafah, comme le bilan humain, sont inacceptables »
- 10:00Emmanuel MacronFait
« une résolution à l'Agence internationale de l'énergie atomique »
- 12:00Emmanuel MacronChiffre
« une fondation inédite, à hauteur de 100 millions d'euros »
- 13:00Emmanuel MacronFait
« le premier TGV américain, construit par Alstom, sera mis en service aux États-Unis d'ici la fin de l'année »
- 14:00Emmanuel MacronChiffre
« la France va également lancer une fondation inédite, à hauteur de 100 millions d'euros »
- 16:00Joe BidenChiffre
« Hier, j'ai annoncé une enveloppe supplémentaire de 225 millions de dollars d'aide à la sécurité de l'Ukraine »
- 17:00Joe BidenChiffre
« Cela représente 61 milliards de dollars supplémentaires pour l'Ukraine »
- 18:00Joe BidenChiffre
« L'Union européenne a fourni plus de 107 milliards de dollars d'aides à l'Ukraine depuis le début de la guerre »
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Monsieur le Président, vous nous faites l'honneur d'une visite d'État en France, après votre présence et celle de votre épouse Dr Jill Biden lors du 80ᵉ anniversaire du Débarquement en Normandie. Merci pour cela. Je crois que vos vétérans, nos vétérans et ceux de toutes les forces alliées ont été honorés durant ces jours par votre présence, celle des nombreux leaders à vos côtés, le 6 juin dernier, et par la chaleur de l'accueil populaire qu'ils ont pu ressentir.
Vous avoir à nos côtés dans cette période dit beaucoup de la force de notre alliance et de ce qui lie les États-Unis d'Amérique à la France. Une union de sang versé au service de la liberté et de l'indépendance de nos nations. Et c'est ce fil, malheureusement de sang, qui lie nos deux drapeaux et nos deux nations.
Merci en tout cas infiniment de votre présence. Nous avons pu, avec le Président, aujourd'hui évoquer les grands dossiers qui font aujourd'hui le cours du monde et nous engagent, au premier chef duquel l'Ukraine. Aujourd'hui, en Ukraine, des femmes et des hommes se battent avec un courage remarquable, animés par la volonté de ne rien céder face à l'agression russe que rien ne venait justifier.
Nous avons collectivement réagi pour apporter notre soutien à cette nation européenne qui lutte pour sa survie et pour sa liberté, et nous continuerons de le faire aussi longtemps et avec autant d'intensité que nécessaire. Je veux ici à nouveau vous remercier, monsieur le président, pour l'engagement des États-Unis d'Amérique et les décisions encore récentes que vous avez confirmées, qui vous ont placé à nos côtés, surtout dans un rôle essentiel sur ce conflit, où je l'ai dit à plusieurs reprises se joue la sécurité et la stabilité de notre Europe. Merci pour cela et je crois que nous avons une vue commune sur la guerre qui se joue aujourd'hui en Ukraine.
Nous avons pris ensemble beaucoup de décisions communes : l'autorisation que nous avons donnée pour que l'Ukraine puisse frapper ses agresseurs, en défendant son territoire, les efforts importants consentis par nos pays pour armer, former, équiper l'armée ukrainienne, et nous avons, ces derniers mois, bâti plusieurs décisions fondamentales. Nous avons évoqué les détails sur la guerre qui se joue là bas, évidemment. Nous nous retrouverons sur ce sujet au sommet du G7 où, nous l'espérons l'un et l'autre, l'ensemble des membres du G7 pourront s'engager à nouveau à un versement de solidarité à l'égard de l'Ukraine, de 50 milliards de dollars, puis la Conférence de Paix, qui se tiendra en Suisse, où vous serez représenté, et qui sera une étape pour structurer les débats, et le Sommet de l'OTAN à Washington.
En tout cas, sur la question de l'Ukraine, notre vue est commune, c'est celle du respect du droit international, de la liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes, de ce droit fondamental pour nos nations, et merci une fois encore d'être aux côtés de l'Europe. Cette coordination étroite entre les États-Unis et la France se prolonge sur d'autres terrains de crise, car il ne saurait y avoir deux poids, deux mesures. Bien que nous soyons confrontés à une multiplication de foyers de crise, nous agissons sur la base des mêmes principes, avec la même détermination.
À Gaza, nous voulons obtenir la libération immédiate des otages, et à ce titre, nous nous félicitons des quatre otages israéliens libérés ce jour par l'armée israélienne. Nous voulons parvenir à un cessez-le-feu immédiat et ouvrir la perspective d'une solution politique, la seule à même de créer les conditions pour une paix juste et durable, et répondre aux demandes de sécurité des deux peuples. C'est la raison pour laquelle nous soutenons la proposition d'accord global des États-Unis.
Après neuf mois de conflit, la situation à Rafah, comme le bilan humain, sont inacceptables. Il est aussi intolérable qu'Israël n'ouvre pas tous les points de passage à l'aide humanitaire, comme la communauté internationale le demande depuis plusieurs mois, et nous réitérons notre demande de cessez-le-feu, pour que l'aide puisse arriver massivement. Le Conseil de sécurité doit, à ce titre, pouvoir jouer tout son rôle.
En parallèle, nous allons redoubler d'efforts en commun pour éviter une explosion régionale, notamment au Liban, où nous partageons l'urgence à avancer sur des paramètres de désescalade sur la ligne bleue, comme sur le volet institutionnel, et nous avons acté une coordination étroite entre nos deux pays dans les discussions avec Israël d'une part, et avec le Liban et l'ensemble des parties prenantes d'autre part. S'agissant de l'Iran, nous faisons le même constat d'une stratégie d'escalade tous azimuts, qu'il s'agisse des attaques sans précédent contre Israël, des manœuvres de déstabilisation régionale ou bien sûr du programme nucléaire iranien. Nos deux pays sont déterminés à exercer les pressions nécessaires pour enrayer cette tendance, ce que nous avons encore démontré il y a quelques jours à peine en adoptant ensemble une résolution à l'Agence internationale de l'énergie atomique.
C'est la même coordination et la même volonté qu'il n'y ait pas de double standard, qui est au cœur aussi de notre coordination en Afrique, dans les crises au Soudan, dans l'Est de la République démocratique du Congo et dans l'ensemble des points de tension régionale. Au-delà des crises, nos deux pays, animés par le même sens du leadership, vont continuer d'agir pour répondre aux défis de notre temps, en particulier ceux qui touchent les pays les plus vulnérables. C'est cette unité que nous voulons, pour rendre justement l'ordre international plus juste.
C'est tout le sens du Pacte de Paris pour les peuples et la planète, sur lequel nous allons travailler ensemble, mais aussi des initiatives portant sur une fiscalité plus efficace, notre action pour accélérer la sortie du charbon ou les préparatifs en vue de la Conférence des Nations Unies sur l'océan, comme notre mobilisation sur la santé mondiale, avec un Sommet qui se tiendra pour l'Alliance du vaccin, auquel nous travaillons ensemble et qui se tiendra à Paris dans quelques semaines. C'est la même volonté aussi qui est au cœur de la trêve olympique, qui a été agréée par une résolution des Nations Unies il y a quelques jours. Sur le plan économique, nous avons exprimé également les mêmes inquiétudes à l'égard des pratiques potentiellement déloyales de la Chine, ayant pour conséquence la création de surcapacités, sujet d'une telle importance pour l'économie mondiale que nous devons agir de manière coordonnée.
Lors de ma visite en décembre 2022, j'avais eu l'occasion d'expliquer les conséquences de l'Inflation Reduction Act sur l'économie européenne. Nous en avons parlé à nouveau. Cette législation est utile, elle permet de contribuer et même d'accélérer la décarbonation de l'économie américaine, et donc la mise en œuvre de l'Accord de Paris.
Notre volonté est véritablement que nous puissions aller vers une resynchronisation de nos économies, entre les États-Unis d'Amérique et les économies européennes, en termes de régulation, en termes de niveau d'investissement et sur les grands domaines comme aussi ceux des cleantech, de l'intelligence artificielle, mais également des sujets agroalimentaires. Enfin, nous voulons construire aussi, sur le plan bilatéral, une coopération renforcée. Les étudiants américains, les chercheurs américains, les entrepreneurs américains sont les bienvenus dans notre pays et nous souhaitons qu'ils soient encore plus nombreux.
Nous avons aussi des coopérations bâties lors de la visite d'État de décembre 2022, en tout cas renforcées à cet égard, je pense au nucléaire civil et au spatial où nous souhaitons aller plus loin. Et d'ailleurs depuis, plusieurs accords ont été signés entre le CNES et la NASA, sur l'observation de la Terre, entre autres, ou sur le sujet du programme Artemis. Je suis aussi fier de pouvoir dire aujourd'hui que le premier TGV américain, construit par Alstom, sera mis en service aux États-Unis d'ici la fin de l'année, ce qui est la marque aussi d'une coopération accrue entre nos industries ferroviaires, réussite qui marque notre ambition économique et de transition énergétique, en ayant recours à l'excellence technologique française.
Je veux aussi saluer ici l'importance des investissements américains en France, encore très présents lors du Sommet Choose France il y a quelques semaines, et la France va également lancer une fondation inédite, à hauteur de 100 millions d'euros, qui va nous permettre d'augmenter massivement les échanges universitaires et de recherche entre nos deux pays. Et je veux remercier les entreprises qui se sont jointes à cet effort, en particulier l'engagement de CMA-CGM. Cette nouvelle initiative fera suite au succès de la Villa Albertine qui, dans plusieurs villes de votre pays, a d'ores et déjà accueilli 180 créateurs et intellectuels en l'espace de deux ans, au total dans une cinquantaine de villes.
Je ne serai pas plus long, mais je veux dire là que sur les guerres aujourd'hui, qui endolorissent le cours du monde, sur les grands sujets internationaux, comme sur la relation bilatérale, nous avons à cœur avec le président Biden d'avancer sur une feuille de route commune, qui est la confiance dans le progrès, la confiance dans l'investissement, la relance, l'innovation, une volonté de créer des emplois, aux États-Unis comme en Europe, pour nos travailleurs, une volonté d'être au rendez-vous de la décarbonation de nos économies et de bâtir la paix, de le faire sans naïveté, c'est-à-dire d'être aux côtés de ceux qui résistent, de le faire sans naïveté, c'est-à-dire de chercher des accords, y compris les plus exigeants. Et pour cela, monsieur le président, je vous remercie d'être le président de la première puissance mondiale, mais de le faire avec la clarté et la loyauté d'un partenaire qui aime et qui respecte les Européens, et celui qui veut justement bâtir ces accords, de l'Ukraine au Proche-Orient, en passant par ce que nous voulons maintenant reprendre sur le plan économique. Merci d'être présent sur tous ces dossiers et merci une fois encore d'honorer Paris, la Normandie et la France de ces célébrations et de cette visite d'État avec votre épouse.
Merci, président. Monsieur le Président, je vous remercie. J'ai été très honoré d'être ici en Normandie, lors des événements là-bas.
Ce fut une expérience de l'histoire franco-américaine de parcourir les Champs-Elysées aujourd'hui. C'était très émouvant pour nous, pour toute la délégation. Vous savez, la France était notre premier ami, et vous demeurez l'un de nos meilleurs amis.
Cette semaine nous avons réaffirmé cette amitié de façon significative. Mais avant de faire des remarques, je vais faire écho aux commentaires du président Macron, qui salue le retour de ces quatre otages auprès de leurs familles. Nous allons continuer œuvrer pour que tous les otages rentrent chez eux, pour qu'il y ait un cessez-le-feu.
Ensemble, nous avons commémoré le 80e anniversaire de l'opération alliée qui a sauvé l'Europe, et les incroyables héros qui l'ont réalisée. J'ai vu que 180 de ces hommes braves, ils étaient jeunes à l'époque, sont retournés en Normandie cette semaine, montrant leur sens du devoir. Tous ceux qui ont pu leur serrer la main, les rencontrer, rencontrer leurs récits, les voir dans les yeux, ont pu pleurer et comprendre ce qu'ils ont fait.
Ils ont également vu la mort de leurs camarades, et franchement, je sais que moi, je ne l'oublierai jamais. Je souhaite remercier le président Macron, Mme Macron et tout le peuple français d'avoir réservé ce chaleureux accueil à nos héros, car effectivement ils se sont sentis très bien accueillis. Nous n'oublierons jamais ce qu'ils ont fait.
Et cette semaine, nous avons montré encore une fois au monde la puissance des Alliés, ce que nous pouvons accomplir ensemble lorsque nous luttons de façon solidaire. C'est cela qu'incarne la relation entre la France et les États-Unis. Cela s'illustre en Ukraine, où nos deux pays se tiennent aux côtés du peuple ukrainien, dans le cadre de sa résistance à l'agression brutale de Poutine.
Hier, j'ai annoncé une enveloppe supplémentaire de 225 millions de dollars d'aide à la sécurité de l'Ukraine. Il s'agit du sixième paquet d'aides que nous avons livrés depuis que j'ai signé la loi de sécurité nationale en début d'année. Si seulement on avait pu le faire plus tôt, six mois auparavant.
Cela représente 61 milliards de dollars supplémentaires pour l'Ukraine. Et là, je salue la France et nos alliés européens pour leur leadership. L'Union européenne a fourni plus de 107 milliards de dollars d'aides à l'Ukraine depuis le début de la guerre, parce que nous savons ce qui se passera si Poutine réussit à subjuguer l'Ukraine.
Et cela ne s'arrêtera pas, vous le savez, Poutine ne s'arrêtera pas à l'Ukraine. Il ne s'agit pas que de l'Ukraine. Cela va bien au-delà de l'Ukraine.
Toute l'Europe sera menacée. Nous ne le permettrons pas. Les États-Unis se tiennent au côté de l'Ukraine.
Nous nous tenons fermement aux côtés de nos alliés et de la France. Nous, je le répète, nous ne nous déroberons pas. Et partout dans le monde, la France et les États-Unis œuvrent de concert pour renforcer la sécurité et la prospérité partagées. [INAUDIBLE] Nous sommes unis pour défendre la liberté de la navigation, la gouvernance transparente et des pratiques commerciales loyales au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Nous coopérons sur les dossiers essentiels à la paix, à la stabilité, tels que la sécurité alimentaire et le contre-terrorisme. Et sur la menace existentielle que constitue le changement climatique, nous travaillons ensemble pour accélérer la transition vers le Net Zero. Il s'agit d'une menace existentielle pour l'humanité, pas la seule, y compris les armes nucléaires, si nous ne faisons rien pour ce changement climatique.
Je pourrais citer bien d'autres choses encore, et tous les jours le peuple français et le peuple américain sont connectés de manière innombrable, par des liens économiques, scientifiques et technologiques, des échanges éducatifs. Et bien sûr, il y a beaucoup d'Américains qui viennent ici, parce qu'il s'agit d'un pays absolument formidable et merveilleux. Et il s'avère que ces liens entre nos familles et nos amis continuent de croître.
Ces liens entre nos nations sont forts, vastes et ancrés, dans les valeurs partagées. Cela est vrai aujourd'hui et cela était vrai dès le premier jour. Dans quelques semaines, les États-Unis commémorerons le 4 juillet, notre fête de l'Indépendance.
Cet exploit n'aurait pas été possible, je n'exagère pas, cela n'aurait pas été possible sans l'aide de la France. Nous sommes un pays grâce à la France, pour une large part. Vous avez été à la hauteur quand nous avions besoin d'aide.
C'est cela que constitue le 4 juillet. Cet exploit n'aurait pas été possible, encore une fois, sans l'aide de la France. Aujourd'hui, nous nous tenons aux côtés de la France pour soutenir la liberté et la démocratie de par le monde.
C'est cela qui a constitué le thème dominant de cette semaine spectaculaire. Nous avons parlé de beaucoup de dossiers. Nous allons continuer de le faire.
Vous êtes un excellent ami. Je vous remercie de cette coopération. Encore une fois, merci, merci, merci.
Emmanuel Macron