đŽ DIRECT - L'intĂ©grale de l'interview de ClĂ©mentine Autain, dĂ©putĂ©e NFP de Seine-Saint-Denis, sur...
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12RelanceĂludĂ©e
Ă 8h34, on prend le temps de comprendre au nom de qui vous vous exprimez encore une fois.
- 0:35OuverteRéponse partielle
Est-ce que ça veut dire qu'avec ceux que vous avez cités, vous pourriez vous retrouver ensemble, soit tout seul dans un coin, soit aux cÎtés du Parti Socialiste ?
- 1:07OuverteRéponse partielle
C'est quoi ces méthodes ? C'est des méthodes antidémocratiques, les méthodes de Jean-Luc Mélenchon ?
- 1:42FerméeRéponse directe
Vous dites avoir découvert en quelque sorte en direct que vous étiez exclue de la France insoumise. Est-ce que c'est bien ça ?
- 2:15OuverteRéponse directe
Vous appelez donc à la création d'un nouveau groupe politique ?
- 3:09OuverteRéponse directe
Gouvernez donc avec qui ? Marine Tondelier dit qu'un bon Premier ministre doit apaiser le pays et fĂ©dĂ©rer dans son propre camp. Est-ce que lĂ -dessus, au moins, vous ĂȘtes d'accord ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:42Clémentine AutainFait
« Si Jean-Luc Mélenchon n'avait pas soustrait votre siÚge du nombre d'élus du premier tour ? Si j'ai bien compris, c'est comme ça aussi que vous expliquez les choses. »
- 2:25Clémentine AutainFait
« Je souhaite appartenir à un nouveau groupe politique qui soit capable à la fois de défendre fortement l'Union comme stratégie, le programme du Nouveau Front Populaire, et qui se fasse dans un cadre de démocratie, de pluralisme assumé et pas caporalisé. »
- 4:38Clémentine AutainFait
« Les Français ne veulent pas de cette retraite à 64 ans. Les Français veulent qu'on augmente les salaires et les minima sociaux. »
- 5:25Clémentine AutainChiffre
« 40 ans de politique nĂ©olibĂ©rale qui nous ont amenĂ©s dans cette situation de chaos, avec en plus des comptes publics, parce que je les entends tous de nous faire des leçons sur les comptes publics. C'est censĂ© ĂȘtre le chaos. Mais qui a mis les comptes publics dans le rouge ? Mais le rouge total ! Ce sont ceux qui gouvernent depuis tout ce temps-lĂ , et notamment depuis 7 ans, la Macronie. 1 000 milliards de dettes qui ont Ă©tĂ© faites pour engraisser les hyper-riches et les grands groupes Ă©conomiques. »
ModÚle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
C'est-à -dire qu'en fait, moi, si j'ai vérifié, il me semble bien qu'au premier tour, vous aviez l'étiquette à la fille. Oui, mais entre-temps, vous savez qu'il y a eu ce qu'on appelle une purge dans ma formation politique, puisque mes camarades, Alexis CorbiÚre, Raquel Garrido, Daniel Simonnet, Hendrik Davy et encore un autre aussi, Frédéric Mathieu. Bref, cinq camarades qui n'ont pas été investis par la France Insoumise au dernier moment.
François Ruffin lui-mĂȘme a Ă©galement annoncĂ© dans l'entre-deux-tours qu'il ne siĂšgerait pas Ă la France Insoumise. Est-ce que ça veut dire qu'avec tous ceux que vous venez de citer, vous pourriez vous retrouver ensemble, soit tout seul dans un coin, soit aux cĂŽtĂ©s du Parti Socialiste ? On n'a pas dĂ©cidĂ© d'ĂȘtre tout seul dans un coin.
On a dĂ©cidĂ© de rester nous-mĂȘmes, de dire trĂšs franchement qu'il faut qu'il y ait une gauche franche attachĂ©e Ă un projet de transformation en profondeur et dĂ©mocratique. Mais vous avez Ă©tĂ© virĂ© ou vous avez Ă©tĂ© ? C'est un enjeu.
Vous savez bien qu'il y a eu des dĂ©saccords, mais je ne suis pas venue ce matin pour vous parler de ça. Oui, mais j'avais besoin. Je vous demande pardon, ClĂ©mentine Autain, mais Ă 8h34, je veux qu'on prenne quand mĂȘme le temps de comprendre au nom de qui vous vous exprimez encore une fois.
Il y a eu des duels fratricides parce que la direction de la France⊠Mais lùchez-vous, c'est pour ça que je vous pose la question. Il y a eu, avec mes camarades, je vous les ai cités, des duels fratricides qui ont été remportés. Alexis CorbiÚre a gagné, Daniel Simonnet a gagné, Hendrik David a gagné.
Donc ça veut dire qu'un message a été envoyé par les électeurs. Assez clair dans ces circonscriptions, c'est que oui pour une force politique qui défend une gauche de rupture pour aller vite, mais non pour des méthodes qui tournent le dos au principe démocratique. C'est quoi ces méthodes ?
C'est des mĂ©thodes antidĂ©mocratiques, les mĂ©thodes de Jean-Luc MĂ©lenchon ? Ăcoutez, c'est des mĂ©thodes qui ne vont pas, vous le savez bien. Et puis par ailleurs, nous avons eu un dĂ©bat sur le profil politique qui est le nĂŽtre, vous le savez.
Tout cela n'arrive pas de rien. C'est un dĂ©bat qui a commencĂ© avec l'affaire Adrien Quatennens, qui s'est poursuivi sur la façon dont n'est pas correctement organisĂ©e la France insoumise. Et enfin, avec des dĂ©bats depuis le 7 octobre oĂč il y a des nuances sur notre profil politique.
Et si Jean-Luc Mélenchon n'avait pas soustrait votre siÚge du nombre d'élus du premier tour ? Si j'ai bien compris, c'est comme ça aussi que vous expliquez les choses. Vous dites avoir découvert en quelque sorte en direct que vous étiez exclue de la France insoumise.
Lorsque Jean-Luc MĂ©lenchon s'exprimant a dit qu'il n'y avait eu que 19 Ă©lus la France insoumise au premier tour, alors que vous ĂȘtes la 20e, vous avez donc compris que c'Ă©tait de vous qu'il s'agissait et que vous Ă©tiez exclue du groupe ? Oui, tout Ă fait. En tout cas, je n'Ă©tais pas invitĂ©e Ă siĂ©ger dans ce groupe.
Mais vous l'auriez souhaitĂ©e ? Vous auriez prĂ©fĂ©rĂ© rester ? Ăcoutez, je pense que justement, il faut sortir de tout ça.
Probablement, le fait que chacun soit désormais chez soi, doit permettre de retrouver des relations apaisées. Moi, je suis une militante acharnée du nouveau Front populaire et vous le savez, je suis pour l'Union depuis trÚs longtemps. Je pense que nous devons avoir un profil à vocation majoritaire sur une proposition politique qui permette de changer le quotidien des Français.
Je n'ai pas bougé d'un iota là -dessus. Et j'invite mes camarades insoumis qui eux aussi vont réfléchir, à savoir dans quel groupe ils siÚgent, à bien réfléchir. Parce que vous savez, la purge qui est arrivée à mes camarades là , demain peut arriver à d'autres s'ils bougent un orteil et qu'ils expriment des désaccords.
Ăa veut dire qu'Ă la France insoumise, on vit sous une forme d'intimidation, en quelque sorte ? Ăcoutez, oui, mais je n'ai pas envie de faire l'Ă©mission sur ça. Vous vous rendez compte, c'est l'avenir des Français.
Hier soir, il y a eu un bouleversement du champ politique. L'extrĂȘme droite n'a pas Ă©tĂ© Ă©lue et c'est un soulagement immense. Et donc maintenant, la question, ce n'est pas l'avenir de la France insoumise et nos dĂ©bats internes.
La question, c'est comment on gouverne et comment on trouve un Premier ministre, une PremiĂšre ministre proposĂ©e par l'ensemble du nouveau Front populaire. Et comment on se met au travail pour abroger la loi sur les traites et pouvoir d'achat. Excusez-moi, mais j'ai Ă©tĂ© prise un peu de cours parce que je pense que lĂ , on prend les choses dans un sens qui n'Ă©tait pas ce que j'avais dans ma tĂȘte.
Ah, moi, je trouve ça trÚs important puisque je ne peux pas vous définir comme députée LFI de savoir comment est-ce que je peux vous définir. Clémentine Autain, vous dites donc que vous appelez les différents députés de gauche à se mettre ensemble pour sortir en leur sein la personne qui pourra incarner ce nouveau gouvernement. D'abord, quelle méthode ?
C'est-à -dire que vous dites à tous les députés, qu'ils soient issus de LFI, du Parti socialiste, des écologistes ou du Parti communiste, on se met tous ensemble, on oublie les étiquettes, on vote ? Moi, je pense qu'il faudrait qu'il y ait trÚs vite une réunion de l'ensemble des députés du Nouveau Front populaire qui ont une partie de la clé puisqu'il faut que le ou la nouvelle PremiÚre ministre ait l'assentiment de ces députés du Nouveau Front populaire. Les formations politiques ont également leur mot à dire, ça je l'entends parfaitement.
Donc il faut qu'il y ait une discussion Ă la fois avec les chefs de parti et avec l'ensemble des dĂ©putĂ©s du Nouveau Front populaire et qu'au plus vite, nous soyons capables de faire Ă Emmanuel Macron une proposition qui nous mette en situation de gouverner. Au plus vite, dites-vous, encore un point que j'aimerais Ă©claircir avec vous, quand mĂȘme je vous repose la question de la mĂ©thode, c'est-Ă -dire qu'Ă©videmment le rĂ©sultat sera diffĂ©rent si c'est chaque groupe qui de son cĂŽtĂ© regarde qui dans ses rangs il pourrait proposer. Et quand j'Ă©coute Jean-Luc MĂ©lenchon, il dit qu'il est logique que cette personne sorte des rangs de LFI et que LFI seule se rĂ©unisse pour dĂ©cider par consensus qui doit ĂȘtre la personnalitĂ© Ă proposer, puisqu'en effet ils ont 75 dĂ©putĂ©s lĂ oĂč le Parti Socialiste n'en a que 65.
Alors attendez, vous savez comment les groupes se répartissent, je pense que c'est un petit peu plus compliqué que cela. Ils n'ont pas 75 députés à LFI pour vous ? Je ne sais pas, je ne sais pas qui va siéger et qui ne va pas siéger dans le groupe LFI.
Je ne sais pas quelle est la composition du groupe socialiste. Il n'est donc pas du tout sûr à cette heure-ci que LFI soit le groupe majoritaire au Sénat ? Voilà , ça ne me paraßt pas absolument certain.
Et c'est pourquoi d'ailleurs je pense que cette mĂ©thode n'est pas la bonne mĂ©thode Ă retenir. Ce qu'il faut, c'est qu'il y ait un consensus sur une candidature pour que tous les dĂ©putĂ©s puissent s'y retrouver et non pas le fait majoritaire chez les majoritaires s'impose Ă tous. Et donc je pense que c'est bien d'avoir une rĂšgle qui respecte l'ensemble des dĂ©putĂ©s et qui nous permette d'ĂȘtre crĂ©dibles aussi dans cette capacitĂ© de rassemblement.
Mais pour ça, encore une fois, c'est beaucoup de confusion. Est-ce que ça veut dire, Clémentine Notin, que je dois comprendre que dans les 24 heures qui viennent, vous, François Ruffin, vous pourriez par exemple siéger avec le Parti Socialiste, ce qui mécaniquement, c'est une histoire de vaste communiquant. Je ne vous parle pas de ça, nous n'avons pas prévu de siéger avec le Parti Socialiste.
Mais vous quittez la France Insoumise, il y a une histoire de vaste communiquant encore une fois, non ? Non, ça n'est pas communiquant. Nous ne quittons pas le groupe de la France Insoumise, ou plus exactement, nous ne sommes pas mis à l'écart de la France Insoumise pour aller rejoindre le groupe du Parti Socialiste avec François Hollande.
Ăa ne va pas se passer comme ça. Ce n'est pas ce comptage-lĂ . Je vous appelle juste Ă ĂȘtre raisonnable dans ce qu'on peut anticiper.
Donc les chiffres tels que la plupart des rĂ©sultats nous les donnent, en tout cas nous les catĂ©gorisent, y compris dans les journaux ce matin, c'est-Ă -dire 182 dĂ©putĂ©s de Nouveau Front Populaire, LFI Ă 75, PS 65, Europe Ăcologie Les Verts 33, PCF 9. Pour vous, ces chiffres ne sont pas stables ? Mais bien sĂ»r que ça n'est pas stable.
Imaginez que nous crĂ©ions un nouveau groupe politique. Ăa aura des incidences serment. Donc les choses ne sont pas figĂ©es.
C'est juste ça que je vous dis. Vous appelez donc à la création d'un nouveau groupe politique ? Moi, je souhaite appartenir à un nouveau groupe politique qui soit capable à la fois de défendre fortement l'Union comme stratégie, le programme du Nouveau Front Populaire, et qui se fasse dans un cadre de démocratie, de pluralisme assumé et pas caporalisé.
C'est ça que je ne veux plus. Et je pense que c'est d'autres crĂ©dibilitĂ©s aussi sur ce terrain-lĂ de la dĂ©mocratie que d'avancer vers une logique qui soit celle qui nous ressemble Ă ce qu'est la gauche. Et j'entends Ă©videmment, et ça me rappelle des propos, ici mĂȘme j'avais reçu Manuel Bompard au moment oĂč il avait Ă©tĂ© dĂ©signĂ© coordinateur de la France insoumise.
Et alors que je lui avais demandé, mais par qui et sur quelle méthode ? Est-ce que c'est un vote ? Il répondait que ce n'était pas un vote.
Par consensus, disait-il, et il avait répondu cette phrase, le vote n'est pas l'alpha et l'oméga de la démocratie. C'est bien à ça que vous répondez. C'est un désaccord que j'ai avec Manuel Bompard.
Je pense que le consensus est une bonne méthode, mais quand il n'y a pas consensus, alors le vote est la meilleure méthode démocratique. Je n'en connais pas d'autres. Avant d'en venir au programme et au contenu de ce que vous pourriez proposer, gouvernez donc avec qui ?
On a entendu Marine Tondelier tout Ă l'heure qui, elle, disait « Un bon Premier ministre doit apaiser le pays et fĂ©dĂ©rer dans son propre camp ». Elle dit que par consĂ©quent, ce n'est pas parti pour ĂȘtre Jean-Luc MĂ©lenchon. Est-ce que lĂ -dessus, au moins, vous ĂȘtes d'accord ?
Oui, cela me paraĂźt tout Ă fait Ă©vident. Et d'ailleurs, nous l'avons dit dans la campagne fortement, nous Ă©tions trĂšs nombreux Ă dire, qu'Ă©videmment, cela ne pouvait pas ĂȘtre Jean-Luc MĂ©lenchon, comme cela ne peut pas ĂȘtre François Hollande. Et il faut bien comprendre qu'il faut trouver le barycentre de cette nouvelle construction politique.
Ni Jean-Luc MĂ©lenchon, ni François Hollande, vous-mĂȘme vous ĂȘtes candidate ? Je fais partie des noms qui sont citĂ©s, et Ă©videmment que je rĂ©pondrai favorablement s'il y a cette possibilitĂ©. Mais je pense que le moment n'est pas Ă dire « moi », que chacun arrive et dit « c'est moi, moi, moi ».
La bonne personnalitĂ© sera celle qui sera choisie par notre rassemblement. Est-ce que Marine Tondelier vous paraĂźt ĂȘtre un bon profil ? Elle fait partie des candidatures, bien sĂ»r.
Bien sĂ»r. Vous avez dit, elle a dit, c'est pas parti pour ĂȘtre Jean-Luc MĂ©lenchon, et pourtant, Ă 20h05, c'est lui qui s'est exprimĂ©. Et je voudrais qu'on puisse l'Ă©couter.
Le président a le pouvoir. Le président a le devoir d'appeler le nouveau Front populaire à gouverner. Le nouveau Front populaire respectera le mandat que lui ont donné les votes pour ses candidats.
La parole donnée sera tenue. Le nouveau Front populaire appliquera son programme. Rien que son programme, mais tout son programme.
Comment vous avez rĂ©agi hier soir, ClĂ©mentine Autain ? Au mĂȘme moment, je crois que Marine Tondelier faisait aussi une confĂ©rence, tenait des propos publics, et les chaĂźnes ont choisi de reproduire. Je vais prĂ©ciser des choses.
Marine Tondelier savait que Jean-Luc MĂ©lenchon s'exprimerait Ă 20h05. Il a Ă©tĂ© le premier Ă nous en informer il y a longtemps dĂ©jĂ , et Marine Tondelier le savait parfaitement. Comme au premier tour d'ailleurs, elle a malgrĂ© tout fait le choix de s'exprimer en mĂȘme temps.
Vous comprendrez bien que Jean-Luc Mélenchon, ayant représenté la troisiÚme force du pays aux élections présidentielles, il serait étrange que les chaßnes de télévision n'en fassent pas le choix. Et elle le savait parfaitement. Alors écoutez-moi, Apolline de Malherme, je vais vous dire ce qui ne va pas.
Je vais vous dire ce qui ne va pas du tout dans tout ça. Donc ils auraient dĂ» juste se mettre d'accord, peut-ĂȘtre tous les deux, pour dire on parle d'un plus. Non, ce n'est pas tous les deux.
C'est le nouveau Front populaire qui aurait dĂ» ĂȘtre uni hier soir. Et Ă 20h10, l'image qu'on aurait dĂ» avoir, c'est une image avec tous les chefs de parti, de l'ensemble des composantes de ce nouveau Front populaire. Et mĂȘme Ă©largie, parce que le nouveau Front populaire, ce n'est pas qu'un cartel d'organisation.
Et cela ne doit pas ĂȘtre seulement un cartel d'organisation. La mobilisation de la sociĂ©tĂ© civique, comme on dit. Vous avez eu des syndicalistes, des activistes, des militants associatifs, des citoyens et citoyens qui ont permis la bascule, qui ont fait ce barrage, qui ont envoyĂ© des convois de la victoire.
Pour vous, ils auraient dĂ» s'exprimer ensemble, comme ils l'ont fait au moment oĂč le nouveau Front populaire est arrivĂ© Ă un accord. VoilĂ . Si nous voulons gouverner dans ce pays, si nous voulons gagner, il faut impĂ©rativement que ce nouveau Front populaire ait un visage uni, cohĂ©rent, et qu'on supporte cette diversitĂ©-lĂ .
VoilĂ . C'est ce message-lĂ que je veux envoyer ce matin. Olivier Faure.
C'est que nous avons une responsabilitĂ© vis-Ă -vis des Françaises et des Français qui nous ont placĂ©s dans cette situation hier soir. Et je les en remercie. La France ne veut pas de l'extrĂȘme droite et c'est nous qui pouvons apaiser.
Et pourquoi nous pouvons apaiser Apolline de Malherbe ? Parce que nous avons des mesures de justice sociale. Et ce qui est demandé à corps et à cri dans ce pays, c'est plus d'égalité.
C'est que les gens arrĂȘtent de ne pas pouvoir vivre de leur travail. C'est qu'on arrĂȘte d'avoir des services publics qui sont en dĂ©crĂ©pitude. C'est ça que demandent les Français.
Et c'est ça qu'ils peuvent rassembler et non pas fracturer. MĂ©lenchon disait hier soir, tout le programme, rien que le programme, et il parlait de mesures qui pouvaient ĂȘtre prises dĂšs cet Ă©tĂ© par dĂ©cret. L'abrogation des retraites, le blocage des prix, le SMIC Ă 1600 euros.
LĂ -dessus, vous ĂȘtes pour le coup Ă 100% d'accord ? Bien sĂ»r. Bien sĂ»r qu'il faut...
Si nous gouvernons, ce n'est pas pour faire un bricolage, c'est pour essayer d'améliorer le quotidien des Français. Et sur les mesures citées, nous avons une majorité dans le pays. Les Français sont d'accord.
Les Français ne veulent pas de cette retraite à 64 ans. Les Français veulent qu'on augmente les salaires et les minima sociaux. Les Français ont un problÚme avec les prix.
Quiconque fait ses courses le voit bien. L'autre jour, j'étais au marché de Sevran, il y avait un monsieur, il avait 5 kilos de patates dans les mains. Il me dit, « Vous voyez, Madame Autain, ça, c'est ce qu'on va manger cette semaine. » « Vous voyez, ça, c'est plus possible. » C'est insupportable.
Et ça crĂ©e du ressentiment. 40 ans de politique nĂ©olibĂ©rale qui nous ont amenĂ©s dans cette situation de chaos, avec en plus des comptes publics, parce que je les entends tous de nous faire des leçons sur les comptes publics. C'est censĂ© ĂȘtre le chaos.
Mais qui a mis les comptes publics dans le rouge ? Mais le rouge total ! Ce sont ceux qui gouvernent depuis tout ce temps-là , et notamment depuis 7 ans, la Macronie. 1 000 milliards de dettes qui ont été faites pour engraisser les hyper-riches et les grands groupes économiques.
Aurez-vous les moyens, si vous arrivez Ă vous mettre d'accord pour avoir un gouvernement, aurez-vous les moyens de gouverner, Ă la fois parce que la situation Ă©conomique, comme vous le dites, est extrĂȘmement tendue, mais aussi parce que malgrĂ© tout, Ă un moment, il faut quand mĂȘme regarder les chiffres. 182 dĂ©putĂ©s et nouveaux fonds populaires, ça ne fait pas une majoritĂ© ? Oui.
Vous ĂȘtes arrivĂ©s en tĂȘte, mais vous n'avez pas la majoritĂ©. Tout Ă fait. Et elle suppose donc de changer de mĂ©thode.
On peut gouverner comme l'a fait...
Alors il y a l'autre option. Bon, soit c'est changer de méthode en faisant des décrets, c'est-à -dire sans majorité, comme le dit Jean-Luc Mélenchon, soit quoi ? Vous pourriez tendre la main à d'autres formations politiques ?
Non, c'est-à -dire qu'il faut chercher des majorités au Parlement. Et sur un certain nombre de sujets, on peut trouver des majorités au Parlement. Lesquels ?
Sur quels sujets et avec qui ? Avec qui, c'est pas...
C'est chaque député. Moi, je ne suis pas en train de faire un mercato. Ce n'est pas comme ça que ça va se passer.
C'est des propositions concrÚtes. Chaque député, devant son bouton, en conscience, devra voter. Est-ce qu'il y a une majorité à l'Assemblée nationale totalement décalée avec le pays pour dire on n'abroge pas la retraite à 60 ans ?
Ce n'est pas sĂ»r. D'ailleurs, il n'y a pas eu de vote. Donc, peut-ĂȘtre que ça se tĂȘte.
Effectivement, c'est passĂ© par 43. VoilĂ . Donc, peut-ĂȘtre que ça se tĂȘte.
Et peut-ĂȘtre qu'il y a une majoritĂ©. Et la question est, chaque dĂ©putĂ©, en conscience, dans son rapport au pays, qu'est-ce qu'il fait pour l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral des Français ? Pourquoi vous voulez faire sauter les groupes ?
Sauter mĂȘme les partis ? Non, je ne veux pas faire sauter les groupes. Et que chacun se dĂ©cide en conscience ?
Je ne veux pas faire. Les groupes politiques existent et chacun prendra ses responsabilités, à la fois comme groupe et comme individu, sur les mesures que nous proposons. Il y a cette logique de décret.
Il y a aussi la possibilité de faire des référendums sur des grands sujets, de demander aux Français, enfin, leur avis sur si ça coince. Sur quoi, par exemple ? La réforme des retraites, si ça coinçait, il faudrait demander l'avis aux Français.
Je vous assure, je pense qu'on pourrait gagner. Donc pour vous, la solution ? Ce n'est pas « je pense qu'on pourrait gagner », c'est sûr qu'on gagnerait.
Donc ça veut dire, Clément Tinotin, c'est trÚs intéressant. Vous dites, au fond, pour contourner d'éventuelles motions de censure qui feraient qu'un gouvernement ne pourrait pas tenir, eh bien, il faut s'en remettre aux Français réguliÚrement. Moi, ce qui m'intéresse, c'est de gouverner avec des mesures qui ont l'assentiment de la majorité des Français.
Et je pense que notre programme...
Non, ne pas passer en force. AprÚs, s'il y a un décalage trÚs grand entre l'Assemblée nationale et la majorité des Français, vous voyez bien qu'il y a un problÚme. Et auquel cas, on peut recourir au référendum.
Mais je ne veux pas brutaliser. Je pense qu'il faut apaiser notre pays, et y compris dans la mĂ©thode. Les Français ont trop soupĂ© de cette mĂ©thode oĂč Emmanuel Macron, les premiers ministres...
Je comprends parfaitement ce que vous dites. ...ont gouverné à base de 49-3 contre la majorité.
Soyons un peu rĂ©alistes. Si vous vous retrouvez demain le groupe qui donne un gouvernement Ă la France avec vos 182 dĂ©putĂ©s, vous-mĂȘme, vous aurez recours aux 49-3. Vous n'aurez pas le choix.
L'idée n'est pas de passer sa vie à faire des 49-3. Oui, mais j'ai l'impression d'un dialogue de source. Mais non, ce n'est pas un dialogue de source.
Vous avez changĂ© dans les mĂ©thodes, etc. Et en mĂȘme temps, Ă l'Ă©preuve de l'exercice du pouvoir, vous ne pourrez pas faire autrement, puisque vous avez encore moins de dĂ©putĂ©s que n'en avaient les Macronistes. Oui, mais c'est mesure par mesure et nous verrons bien.
Nous verrons bien. Je veux dire, il faut aussi que la vĂ©ritĂ© des prix Ă©clate, si j'ose dire. Par exemple, sur des sujets trĂšs importants pour les Français qui permettent d'amĂ©liorer le quotidien, est-ce que vous ĂȘtes sĂ»r qu'il ne va pas y avoir des prises de conscience ?
Si on ne veut pas...
LĂ , on a eu un sursaut. Mais faisons trĂšs attention. L'extrĂȘme droite est en embuscade.
Et si on continue avec des politiques d'injustice sociale, si on continue avec une fiscalitĂ© qui n'est pas juste, si on continue Ă faire que les salaires ne permettent pas de vivre dans la dignitĂ© et que nos services publics soient dĂ©labrĂ©s, si on continue comme ça, alors le ressentiment va continuer de prospĂ©rer dans notre pays et c'est le carburant de l'extrĂȘme droite. Donc nous, ce qu'on propose, c'est de prendre le problĂšme Ă la racine. C'est que si on veut apaiser, il faut qu'on ait des mesures qui amĂ©liorent le quotidien des Français.
C'est ça qui va permettre de nous renouer de la confiance aussi entre celles et ceux qui gouvernent et le pays. ClĂ©mentine Autain, Marine Tondelier dit qu'il faudra prendre des jours, peut-ĂȘtre des semaines. Ăa prendra le temps qu'il faudra pour qu'on se mette d'accord.
Olivier Faure, Ă l'instant, dit qu'il faut un nouveau candidat du nouveau Front populaire, un candidat pour Matignon dans la semaine. Vous continuez Ă dire qu'il faut que ce soit aujourd'hui ou demain ? Le plus vite sera le mieux.
Je ne peux pas vous dire autrement. Je pense qu'il y a urgence Ă ce que nous nous mettions d'accord. Et je pense que c'est possible.
Si ça prend la semaine, ça prend la semaine. Si ça prend 10 jours, ça prend 10 jours. Mais je crois que notre responsabilité est en tout cas de dégager la meilleure méthode pour arriver à un consensus ou en tout cas à un vote et à dégager au plus vite une solution.
Merci ClĂ©mentine. Merci Ă vous. Je rappelle que vous ĂȘtes donc...
Clémentine Autain