Echanges avec des jeunes et des chefs d’entreprise dans les locaux de L'Industreet à Stains.
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- 4:00Thibault GuilluyFait
« On a lancé une série d'initiatives. Il se trouve que le président Pouyanné était là. Il sortait d'une opération lourde, pardon de rappeler ces moments douloureux. Il avait une attelle, c'était très impressionnant, et une minerve et il est monté avec une jeune fille pour dire : moi je vais défendre les métiers de l'industrie. »
- 5:00Thibault GuilluyFait
« On a appelé "Un jeune, une solution" notre plan, il n'y a pas de modèle unique. On aime parfois des choses qui sont trop monolithiques dans notre pays, il n'y a pas de modèle unique. »
- 7:00Thibault GuilluyChiffre
« L'année 2020, parce qu'on s'est mobilisé, parce que l'État a mis en place des dispositifs, parce que les entreprises étaient là, on a battu le record de l'apprentissage dans notre pays : 500.000 jeunes en apprentissage. »
- 8:00Thibault GuilluyChiffre
« On a voulu que dans chaque parcours vers l'emploi on systématise le principe d'une rémunération qu'on pensait nécessaire. Chaque jeune peut avoir jusqu'à 500 euros par mois. »
- 9:00Ministre du TravailFait
« On a embauché quasiment autant de jeunes que les années précédentes, ce qui n'allait pas de soi. »
- 10:00Ministre du TravailChiffre
« On a décidé de revaloriser la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle. Ceux qui sont accueillis ici, ceux qui ont entre 18 et 25 ans auront 500 euros par mois. »
- 11:00Emmanuel DeschampsFait
« On va employer des jeunes mais malgré ces aides on n'embauche pas des jeunes parce que cela coûte moins cher. On embauche des jeunes parce qu'il y a un projet, et le projet c'est apprendre un métier bien sûr, se lancer dans la vie. »
- 12:00Patrick ToulmetFait
« Jamais de telles mesures pour l'apprentissage n'ont été prises, c'est du sans précédent. »
- 13:00Patrick ToulmetChiffre
« On a mobilisé 1 300 000 artisans de France pour pouvoir continuer de booster "Un jeune, une solution". »
- 14:00Romain FrogerChiffre
« On a mis en place un contrat CIE. Le contrat CIE représente une aide de 47% du SMIC limité à 30 heures. »
- 15:00Bénédicte DurandChiffre
« On a pris neuf alternants cette année, quatre stagiaires, on en a encore quatre qui arrivent. »
- 18:00Président de la RépubliqueChiffre
« Ce sont des dispositifs massifs, c'est 1,2 millions de jeunes qui ont accédé soit à un CDI soit à un CDD depuis trois mois. »
- 19:00Président de la RépubliqueChiffre
« C'est 7 milliards d'euros d'investissements. »
- 0:15inconnuFait
« il y a le plan "Un jeune, une solution" qui est venu en quelque sorte comme un accélérateur de l'initiative "La France, une chance" et "Les entreprises s'engagent" lancée dès 2018. »
- 0:30inconnuChiffre
« C'est 7 milliards d'euros d'investissements. »
- 0:45inconnuChiffre
« Ce sont des dispositifs massifs, c'est 1,2 millions de jeunes qui ont accédé soit à un CDI soit à un CDD depuis trois mois. »
- 1:00inconnuFait
« C'est un investissement massif sur des mécanismes du garantie jeunes, service civique, etc »
- 1:15inconnuChiffre
« On a 7 000 entreprises qui s'engagent désormais pour une société inclusive. »
- 1:30inconnuChiffre
« 2000 d'entre elles plus spécifiquement engagées dans "Un jeune, une solution" »
- 2:15inconnuChiffre
« on a 100 000 offres d'emploi spécialement sélectionnées qui sont disponibles en continu sur la plateforme »
- 2:30inconnuChiffre
« plusieurs milliers d'offres de stages qui seront mises à disposition »
- 3:00inconnuPromesse
« un simulateur d'aide qui sera mis à disposition des jeunes comme des étudiants »
- 3:45inconnuPromesse
« et nous doublerons ce chiffre l'année d'après »
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Bonjour à tous. Monsieur le Président, Mesdames les Ministres, Monsieur le Délégué interministériel et surtout chers tous, pour ceux qui ne me connaissent pas puisque j'ai suivi un peu à distance, je suis Thibault Guilluy, je suis Haut commissaire à l'emploi, à l'engagement des entreprises. J'ai le plaisir d'accompagner la ministre du Travail dans l'animation du plan "Un jeune, une solution" et d'animer ce mouvement que vous avez initié en 2018 "Les entreprises s'engagent".
Les entreprises s'engagent pour l'inclusion, pour la jeunesse, et c'est justement le sujet de cette rencontre. Monsieur le Président, peut-être avant de commencer à écouter tous les témoignages, j'ai quelques illustrations de ce mouvement qui s'est enclenché pour "Un jeune, une solution", est-ce que vous voulez nous partager un mot ? Merci beaucoup.
D'abord je suis très heureux d'être parmi vous et je veux saluer la présence de la présidente du Conseil régional, du président du Conseil départemental, de Messieurs les maires et de l'ensemble des parlementaires qui sont là et je les sais tous très engagés sur les sujets que nous allons évoquer aujourd'hui. D'abord je veux avoir un mot, parce qu'on est ici à Industreet, pour remercier Patrick Pouyanné, le groupe Total et la Fondation Total. Parce que je me souviens qu'en juillet 2018, ça devait être d'ailleurs le 17 juillet 2018 de mémoire, on avait convoqué à l'Élysée pour un événement qu'on avait appelé "La France une chance", les entreprises pour dire : le pays est en train de repartir.
On a des chiffres qui sont bons, on est en train de commencer à faire baisser le chômage, etc, mais on peut faire beaucoup plus si, au-delà des politiques publiques, chacun apporte sa petite part à l'édifice. Et en effet pour l'insertion, la formation des jeunes, les stages, pour l'inclusion aussi des personnes en situation de handicap, pour aider à trouver du travail, le travail en prison, en sortie de prison etc. On a lancé une série d'initiatives.
Il se trouve que le président Pouyanné était là. Il sortait d'une opération lourde, pardon de rappeler ces moments douloureux. Il avait une attelle, c'était très impressionnant, et une minerve et il est monté avec une jeune fille pour dire : moi je vais défendre les métiers de l'industrie.
Je m'engage à créer un grand centre de formation des jeunes. C'est fait et donc je suis très sensible aux engagements tenus. Les paroles ont été suivies d'actes donc merci pour cela.
Mais je crois qu'ici à Industreet on est dans un endroit qui montre qu'il n'y a pas de fatalité, d'abord dans la manière d'apprendre. On a appelé "Un jeune, une solution" notre plan, il n'y a pas de modèle unique. On aime parfois des choses qui sont trop monolithiques dans notre pays, il n'y a pas de modèle unique.
Ici c'est un modèle d'apprentissage où on n'apprend pas par le théorique mais tous les jeunes nous l'ont dit d'ailleurs, c'est faire pour apprendre et je crois que ça permet d'ouvrir, d'abord de complètement reconcevoir la relation au savoir, à l'accès à la qualification et cela permet de s'appuyer sur les forces de chacun. C'est ce qu'on veut développer à toutes les échelles dans la formation. On l'a fait pour l'apprentissage, l'alternance, dans des développements très en demande dans la période récente et c'est cet esprit d'innovation, ce pragmatisme qu'on doit aussi avoir pour l'emploi.
Ces jeunes vont ensuite trouver un emploi au bout de 12-18 mois dans des secteurs qui sont très demandeurs. Et notre responsabilité c'est ça, et au fond moi je suis très heureux d'être là avec vous aujourd'hui. Je vais surtout vous écouter et j'aurai l'occasion peut-être en conclusion de réinsister sur quelques points mais il n'y a pas de fatalité.
Notre pays traverse une crise très dure qui est liée à cette crise sanitaire et à ses conséquences économiques et sociales. Malgré tout, l'année 2020, parce qu'on s'est mobilisé, parce que l'État a mis en place des dispositifs, parce que les entreprises étaient là, on a battu le record de l'apprentissage dans notre pays : 500.000 jeunes en apprentissage.
Il n'y a pas de fatalité, il y a juste des solutions à trouver. Moi je n'ai pas à dire quel sera l'avenir de nos jeunes mais on a collectivement, entreprises, associations, Gouvernement à essayer de leur offrir la possibilité de se former ou d'accéder à une première expérience qui va ensuite leur donner la force et les moyens de bâtir leur propre carrière, leur propre vie. C'est ça notre responsabilité donc pour toutes ces raisons je suis très heureux d'être là, à la fois pour faire le point sur les dispositifs qu'on a mis en place depuis trois ans et ces derniers mois, sous l'autorité de la ministre du Travail et avec la complicité de l'Éducation nationale et du Secrétaire d'État et aussi pour lancer de nouvelles initiatives qu'on va en particulier mener sur le mentorat, et continuer ce chemin parce que chaque jour on doit l'améliorer.
Voilà mes quelques mots mais vraiment un immense merci pour Industreet et un immense merci à toutes les associations et entreprises qui sont là aujourd'hui avec nous autour de mes ministres pour pouvoir avancer sur ces sujets. Merci Monsieur le Président. Comme vous l'avez dit, les entreprises et les clubs sont avec nous.
Ils le sont à distance mais de tous les territoires, parce que depuis maintenant trois ans ce sont 90 clubs dans 90 départements, plus de 7000 entreprises qui se sont mobilisées sur toutes les causes que vous venez d'évoquer. Ce mouvement-là, c'est un mouvement puissant qu'il nous appartient à la fois de célébrer et de renforcer dans les mois qui viennent. Merci à chacun d'eux de faire ce travail au quotidien.
Sans plus attendre, vous avez parlé d'ailleurs des chiffres de l'apprentissage, on a Morgane qui a 20 ans, qui a le goût de consacrer sa vie aux autres et qui a rejoint justement un apprentissage de LogiVitae. Est-ce que vous pourriez nous parler de votre parcours et de ce que vous faites aujourd'hui ? Bonjour.
Je m'appelle Morgane, j'ai 20 ans. J'ai effectué un Bac Pro en ASSP (Accompagnement, soins et services à la personne), ce qui m'a permis de commencer les vacations à l'APF, l'Association des Paralysés de France. J'ai commencé en faisant office d'aide-soignante parce que je n'avais pas tout de suite le diplôme d'aide-soignante donc j'ai commencé en étant aide-soignante.
J'ai ensuite fait de l'aide à domicile auprès des personnes dépendantes, ce qui me plaît beaucoup parce que j'adore aider et donner de mon temps. J'ai ensuite été embauchée chez LogiVitae, j'ai appris qu'un poste se libérait. J'ai postulé donc j'ai été retenue et ce que j'adore chez LogiVitae c'est que c'est vraiment un service au service des auxiliaires de vie.
On les y aide. S'il y a quelque souci elles nous appellent. Si elles n'arrivent pas à rentrer par exemple chez une personnage âgée, elles nous appellent, si elles ne trouvent pas leur chemin également.
L'équipe m'a tout de suite fait confiance et donné une responsabilité. Je ne pensais vraiment pas que j'étais capable moi-même de pouvoir faire certaines choses. On m'a tout de suite fait confiance, on m'a tendu la main.
On m'a accueillie et par la suite j'aimerais pourquoi pas continuer chez LogiVitae parce que je m'y suis vraiment trouvée. J'adore vraiment y aller et pouvoir aider les gens chaque jour. C'est moi qui suis en apprentissage en fait aujourd'hui parce qu'elle n'est pas en apprentissage.
Elle a été recrutée à LogiVitae. Elle a été recrutée par Dafna Mouchenik qui a créé cette entreprise de l'économie sociale et solidaire et c'est très important parce qu'elles sont aussi très actives sur le plan "Un jeune, une solution". Tu peux peut-être nous dire, Dafna, comment tu accueilles des jeunes et comment peut-être le plan "Un jeune, une solution" peut soutenir la dynamique dans laquelle se trouve LogiVitae.
Bonjour. Effectivement LogiVitae compte à présent 160 salariés, énormément d'auxiliaires de vie mais aussi des professionnels, travailleurs sociaux ou coordinateurs, pour les accompagner au mieux dans leurs missions. Comment on accueille les jeunes ?
En réalité c'est aussi une chance pour nos entreprises d'accueillir ces jeunes. La démarche de Morgane est très engagée. Il faut avoir envie de faire ce métier dans des conditions qui ne sont pas toujours très simples, en pleine crise sanitaire, cela relève de qualités assez exceptionnelles et quand on a la chance, nous employeurs, de croiser leur chemin et de pouvoir leur faire une place dans nos équipes, cela s'avère assez fabuleux.
Et effectivement plus on lui a laissé de place et plus elle a été au devant des difficultés. Elle a tendu la main, elle a rassuré, elle a consolé. Ce sont vraiment des métiers de liens très forts.
Justement on voulait aussi commencer par ce premier témoignage parce que vous avez écrit aussi un livre qui raconte un petit peu ces hommes et ces femmes en première ligne sur le soin à domicile, sur le service à domicile, sur l'accompagnement à domicile. Est-ce que vous voulez partager peut-être une anecdote ou quelque chose qui vous a marqué, un message que vous avez envie de faire passer sur ce métier pour tous les jeunes qui veulent peut-être rejoindre, ou leur donner envie peut-être, Morgane ou Dafna, de rejoindre ce métier ? Comment vous donner envie de faire ce métier ?
Peut-être en quelques mots. Je pense que tout le monde a vu "Intouchables" et ces liens incroyables qui se passent entre Omar Sy et l'autre acteur, c'est cela en fait le métier d'aide à domicile. C'est tous les jours, pas dans ces conditions-là malheureusement parce que le monsieur qu'Omar Sy accompagne dans cette histoire a les moyens, mais toute la journée une auxiliaire de vie va se déplacer de maison en maison et soutenir, accompagner une personne qui en a besoin et ce sont des rencontres et des liens exceptionnels.
Et pour les soutenir, puisque ce sont des travailleurs souvent isolés, elles ont normalement toute une équipe comme Morgane. Moi j'ai une quinzaine de personnes avec moi qui, toute la journée, accompagnent, rassurent, orientent, appellent les pompiers quand les gens sont tombés. Ce sont des métiers qui font sens.
Je crois qu'aujourd'hui, et d'ailleurs mon équipe compte beaucoup de jeunes, et c'est ce qu'ils me disent, ils ont besoin d'être utiles et de mettre du sens dans l'action qu'ils mènent. Et dans l'engagement des entreprises je voulais juste rebondir sur ce que vous soulignez. Moi, je suis travailleur social de formation.
Je me suis improvisée cheffe d'entreprise il y a plus de dix ans maintenant, et finalement je mesure tous les leviers qui sont à notre disposition, nous employeurs, dans une toute petite mesure évidemment parce qu'on intervient dans un monde qu'on ne contrôle pas. Mais on a des leviers pour faire un peu mieux, pour rajouter un peu de supplément d'âme et c'est dans le service d'aide à domicile qu'on peut aider les gens et ça va de pair avec accompagner son équipe et accueillir de nouvelles personnes. Par rapport à ça, ce que vous venez de dire est très important.
On a vu ce matin les métiers de l'industrie. Je suis très heureux d'ailleurs qu'on recrée dans notre pays des emplois industriels qu'on avait pendant plus de douze ans surtout détruits et que des jeunes aillent vers ces métiers de l'industrie qui ont complètement changé et c'est vrai qu'il faut en faire la promotion. Mais les métiers du soin sont extrêmement importants et sont au cœur de plusieurs révolutions que notre pays est en train de vivre, parce qu'on a trois grandes révolutions : celle de la santé.
On va devoir de plus en plus prévenir et, comme on soigne de mieux en mieux, on va devoir de plus en plus longtemps accompagner des gens avec des maladies chroniques. C'est cela la santé aujourd'hui, ce n'est plus traiter simplement de manière aiguë pendant un temps donné à l'hôpital. Ça va se passer plus à la maison.
Deuxièmement on a une société qui vieillit et donc il va falloir apporter du soin pendant ces années de vie où on est plus vulnérables. Troisièmement on est une société qui assume et veut être pleinement inclusive et donc qui veut redonner toute leur place, leur dignité, aux personnes en situation de handicap, y compris lourd. Ces trois révolutions supposent d'avoir des femmes et des hommes qui s'engagent au quotidien, pas simplement dans des établissements qui sont dédiés, mais dans le quotidien de la vie de femmes et d'hommes pour permettre cela.
Ce sont les métiers du soin dont vous parlez. On a commencé avec ce qu'on a appellé le Ségur de la santé à revaloriser certains de ces métiers. On va devoir aller beaucoup plus loin et plus fort, parce que la valorisation n'est pas toujours à la hauteur du rôle social, de l'utilité sociale, mais ce que vous faites, qui est aussi de donner un lien entre ces femmes et ces hommes qui sont engagés mais parfois assez seuls, est extrêmement important et d'y accompagner des jeunes en particulier est formidable.
Merci, merci pour ça effectivement, pour ce métier d'aide à domicile. Bonne continuation à Morgane et derrière cette illustration, cette aide à l'embauche qui a donné un petit coup de pouce pour pouvoir faciliter les recrutements d'une dizaine de jeunes chez LogiVitae, il y a le plan "Un jeune, une solution". Je me tourne vers la ministre du Travail peut-être pour nous dire derrière "Un jeune, une solution" qu'est-ce qu'on peut y retrouver pour les entreprises qui nous écoutent ?
Merci Thibault et je voudrais remercier Morgane et Dafna Mouchenik pour leur témoignage parce qu'il illustre effectivement un des volets du plan ''Un jeune, une solution". On a voulu effectivement accélérer les recrutements de jeunes grâce aux aides à l'embauche, aux aides à l'apprentissage et on peut dire que le message a été reçu cinq sur cinq par les entreprises puisque, malgré la crise, au cours des six derniers mois on a embauché quasiment autant de jeunes que les années précédentes, ce qui n'allait pas de soi. Et puis, vous l'avez dit Monsieur le Président, il n'y a pas un modèle unique donc on a aussi voulu répondre à la diversité des situations et des aspirations des jeunes.
On a des jeunes qui sont proches de l'emploi, qui sont prêts à être embauchés. Il y en a d'autres qui se cherchent comme ceux qu'on a pu voir ce matin, qui peuvent vouloir une formation puis on en a qui sont plus en difficulté, plus éloignés de l'emploi. C'est pour cela que dans le plan "Un jeune, une solution" il y a des formations vers des métiers d'avenir, les métiers du soin, les métiers de l'industrie, les métiers de la transition écologique ou du numérique.
Et puis il y a des parcours d'insertion individualisés pour ceux qui sont le plus en difficulté mais c'est vraiment l'idée que la jeunesse n'est pas un concept uniforme, que c'est à chaque fois des parcours de vie auxquels on a voulu apporter toute une palette de solutions. Et puis peut-être dire aussi qu'il y a un point qui nous tenait à cœur, c'est qu'aucun jeune ne renonce à une formation ou à un parcours vers l'emploi parce qu'il aurait eu des difficultés financières. C'est pour cela qu'on a décidé de revaloriser la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle.
Ceux qui sont accueillis ici, ceux qui ont entre 18 et 25 ans auront 500 euros par mois et on a voulu que dans chaque parcours vers l'emploi on systématise le principe d'une rémunération qu'on pensait nécessaire. Chaque jeune peut avoir jusqu'à 500 euros par mois. Puis peut-être, dernier point, on a voulu conjuguer dans le plan "Un jeune, une solution" à la fois la diversité des réponses et la simplicité d'accès pour les jeunes et pour les entreprises.
C'est tout l'objectif de la plateforme 1jeune1solution.gouv.fr qui présente toutes les solutions pour les jeunes et qui permet aussi aux entreprises de trouver toutes les aides qu'on va même compléter à partir d'aujourd'hui par un numéro d'écoute et conseil pour les jeunes et pour les parents.
L'objectif c'est aussi divers que la situation des jeunes et c'est simple pour les jeunes et pour les entreprises. Je vais laisser Thibault maintenant nous présenter le deuxième témoignage qui nous parle justement de l'apprentissage qui est une des grandes réussites du plan. Merci Madame la Ministre.
En effet je vais me tourner vers mon voisin, Tarek Batrous, qui a finalement repris les études à travers l'apprentissage et a rejoint Boulanger, d'ailleurs il est dans la tenue, et peut-être, Tarek, tu peux nous dire comment tu en es arrivé finalement à Boulanger. Bonjour, tout d'abord j'ai commencé par faire une filière scientifique. Après mon baccalauréat j'ai décidé d'arrêter les cours parce que cela ne me plaisait pas forcément.
J'avais déjà l'idée en tête de démarrer l'alternance donc d'associer le travail et les cours et j'ai commencé par un petit CDD dans différentes entreprises. Puis j'ai été recruté chez Boulanger et là j'ai eu une belle opportunité vraiment de faire quelque chose qui me plaisait puisque l'alternance qui était avec Boulanger, c'était en tant que vendeur et c'est un métier qui me plait énormément, dans lequel j'ai beaucoup de plaisir. Et comme je souhaite évoluer j'ai décidé de reprendre mes études et je trouve que c'est beau parce que ça m'a permis de reprendre mes études dans un rythme qui me convient parfaitement et franchement j'apprécie fortement.
On a partagé tout à l'heure avec Patrick Pouyanné sur le "faire pour apprendre". Ce qui est intéressant aussi c'est que finalement d'abord tu as fait de la gestion des stocks dans l'entreprise, ce n'était pas forcément ton truc on va dire, et ensuite finalement c'est dans l'échange avec les managers de terrain que vous avez trouvé votre voie. Je tiens à remercier particulièrement ma directrice de l'époque qui m'a permis effectivement de changer de métier à l'intérieur de l'entreprise et de trouver quelque chose qui me convient plus.
Cela m'a vraiment fait plaisir que l'entreprise m'ait fait confiance. Si j'ai un message à donner aux entreprises c'est : faites confiance aux jeunes et proposez-leur le plus d'opportunités possibles parce que si vous nous faites confiance on vous le renvoie. Merci pour le message.
Je pense que ce qui est important aussi dans l'apprentissage c'est qu'il y a aussi le rôle des maîtres d'apprentissage, des tuteurs, de ceux qui sont autour de l'apprenti et qui aident aussi parfois à trouver la voie ou à trouver le chemin. Mais pour en parler évidemment je vais passer la parole à Emmanuel Deschamps qui est Directeur général de Boulanger. Je tiens à souligner aussi que Boulanger était l'une des premières entreprises à s'engager dans le mouvement "Un jeune, une solution" avec "1000 jeunes, 1000 solutions".
Merci d'avoir participé un peu à créer ce mouvement-là. Emmanuel Deschamps, pourquoi cet engagement dans "1000 jeunes, 1000 solutions" ? Bonjour à toutes et à tous.
Je suis ravi d'être là aujourd'hui, d'accompagner Tarek puisque Tarek est l'un des milliers de jeunes que nous avons recrutés depuis la dernière rentrée, depuis septembre dernier. Les entreprises qui fonctionnent bien ont souvent de bonnes recettes, et dans les bonnes recettes il faut avoir une grande utilité et une grande qualité de mise en œuvre de son métier. Et cette qualité de mise en œuvre elle est faite chaque matin, au quotidien, par des femmes et des hommes des entreprises.
J'ai à cœur chaque jour d'avoir la plus belle et la meilleure équipe. C'est ce qui m'anime peut-être en premier et, comme le disait le Président, ce n'est pas qu'une filière, il y en a plein, et notamment les jeunes. Avec ce qui s'est passé l'an passé, dans le courant de l'été on s'est rendu compte qu'effectivement il y avait une vraie préoccupation autour de l'emploi.
Et je crois, nous croyons, que les entreprises ont une responsabilité sociétale autour de l'emploi, sur ce sujet. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, si l'emploi va bien la société va bien et si la société va bien les entreprises vont bien.
Participer en tant qu'entreprise à favoriser la qualité de la société, c'est faire en sorte que l'entreprise se donne les moyens d'être performante demain. Ça c'est sur l'emploi. Et puis après il y a les jeunes comme Tarek.
Habituellement on recrutait environ 200- 300 jeunes en alternance chaque année. On s'est dit que cette fois-ci il fallait faire plus. Un autre témoignage que je veux faire aussi : déjà je veux remercier tout ce qui est fait au niveau du Gouvernement parce qu'il faut quand même le dire, les aides qui sont mises en œuvre sont exceptionnelles.
Notre entreprise est présente dans d'autres pays, on a le meilleur accompagnement du monde. Et je le dis, c'est ce que nous pensons. Donc il faut quand même le souligner et j'en profite que vous soyez là quand même pour le faire.
On va employer des jeunes mais malgré ces aides on n'embauche pas des jeunes parce que cela coûte moins cher. On embauche des jeunes parce qu'il y a un projet, et le projet c'est apprendre un métier bien sûr, se lancer dans la vie. Je me rappelle de mes 26 ans, le jour où je suis rentré chez Boulanger il y a quelques années.
Il y a quelqu'un qui m'a fait confiance, malgré une petite expérience et pourtant il fallait le faire. Quelque part c'est un juste retour et embaucher des jeunes c'est la vie. Une des grandes préoccupations des entreprises c'est de se transformer pour être dans l'air du temps.
En embauchant des jeunes comme vous, comme Tarek, c'est déjà un début de transformation puisque les jeunes amènent dans l'entreprise leurs codes, leurs modes de vie et donc nous obligent à nous adapter. Et puis c'est sûrement aussi des valeurs que d'embaucher les jeunes, c'est tout simplement la vie. Si j'avais un petit témoignage à faire aujourd'hui c'est celui-là.
En tout cas je suis fier des jeunes qu'on a recrutés. On en a recrutés mille en quelques mois. C'était beaucoup plus que d'habitude.
Mille à l'échelle de la France ce n'est pas suffisant mais c'est notre part en tout cas, voilà. Merci, Emmanuel. Effectivement d'ordinaire je crois que c'est 300-400 apprentis chaque année qui sont recrutés et là ce sont mille apprentis et c'est aussi dans une logique d'accélérer la transformation de l'entreprise, de développer les services et on cherche les solutions pour chaque jeune, et les jeunes sont aussi la solution.
C'est un petit peu je pense le message qui va passer par ce programme. Derrière Boulanger il y a bien d'autres entreprises. On aurait pu proposer par exemple à Nexity qui anime un programme avec nous, à chaque fois qu'ils recrutent un apprenti.
On aurait pu citer aussi le mouvement du Centre des jeunes dirigeants, ils sont 4 000 jeunes dirigeants en France et ils se sont engagés, à chaque fois qu'il y a un jeune dirigeant, pour un jeune dirigeant, un apprenti. On est dans ce mouvement-là. Chacun prend sa part, comme vous dites, pour qu'on puisse avoir les résultats dont a parlé Madame la Ministre.
Mais, si on parle d'apprentissage et de prendre sa part, on pourrait pas ne pas parler du premier employeur de France, l'artisanat, Monsieur le Président de la République. Et qui mieux que Patrick Toulmet qui a été prothésiste dentaire et est maintenant Délégué interministériel à l'apprentissage dans les quartiers, pour pouvoir nous dire un mot sur ce rôle de l'artisanat dans cette mobilisation pour "Un jeune, une solution". Merci.
D'abord Monsieur Pouyanné, bravo parce que sincèrement je me sens bien chez vous et j'ai envie d'y travailler, parce qu'un jeune qui vient ici a tous les atouts. Je vous félicite encore une fois parce que vous êtes un exemple en matière d'apprentissage. Vous étiez à une époque à 5% donc je me doute qu'aujourd'hui vous êtes quand même certainement un peu plus.
Bravo pour cette belle réalisation et vous savez ce qui m'a le plus surpris, Monsieur le Président, c'est la réaction de ces jeunes. Ils sont heureux, ils se sentent bien. Oui l'artisanat Thibault, tu as raison, j'ai été maître d'apprentissage pendant trente ans, Monsieur vous avez raison, jamais de telles mesures pour l'apprentissage n'ont été prises, c'est du sans précédent.
J'ai fait de l'apprentissage pendant trente ans. Pendant trente ans j'ai pris des jeunes tous les ans et on est plus que le formateur professionnel, on est le parrain, on est le tonton, on est le cousin. On est là on lui forme la vie.
Vous prenez un jeune qui a 16 ans, vous êtes le formateur de sa vie, professionnelle bien sûr mais tout ce qui va autour. Donc oui Thibault, moi je suis très heureux parce que "Un jeune, une solution", cette application, ce dispositif j'aurais bien voulu le connaître il y a 25 ou 30 ans parce que c'est vrai que très souvent je disais à des jeunes : des fois on a des patrons qui n'ont pas des jeunes ou des jeunes qui n'ont pas de patrons. Là je crois Madame la Ministre qu'on a l'une des meilleures solutions.
Bravo Thibault, bravo Madame la Ministre pour ce dispositif. Merci Patrick. J'en profite pour remercier les boulangers, toute la fédération des boulangers parce qu'ils s'engagent dans la même solution, on a aussi la fédération des bouchers et la semaine dernière avec Joël Fourny, le président de CMA France, on a mobilisé 1 300 000 artisans de France pour pouvoir continuer de booster "Un jeune, une solution".
On a parlé de l'artisanat mais il y a aussi le monde agricole, Monsieur le Président de la République, qui se mobilise sur "Un jeune, une solution". Comme le monde agricole ne pouvait pas venir à nous, je vous propose juste une petite vidéo pour pouvoir partager le témoignage de Romain Froger qui est éleveur bovins et qui a recruté récemment Camille Surget, une jeune femme handicapée mais, vous allez voir, qui a énormément de volonté et de passion dans son métier. Bonjour je suis Romain Froger, je suis en agriculture avec mon épouse et nous venons d'embaucher Camille Surget dans le cadre de la CIE le 1er janvier.
On s'est rapproché de Pôle emploi et par l'intermédiaire de la conseillère entreprise de Pôle emploi on a trouvé Camille Surget. On a d'abord démarré par un programme de TPME, ce qui nous a permis d'aborder une période de formation de quasiment six mois pour un coût nul puisque la formation était prise en charge par Pôle emploi. Donc à l'issue de cette période de formation TPME, on a considéré, ensemble avec Camille et avec Pôle emploi, qu'on avait encore besoin d'un peu de temps et donc on a mis en place un contrat CIE.
Le contrat CIE représente une aide de 47% du SMIC limité à 30 heures. Camille est en situation de handicap. En tant que chefs d'entreprise, on sent dans Camille l'envie de venir travailler chez nous, on la sent proche des animaux, on la sent investie donc c'est pour ça qu'on considère que même s'il y a encore de la formation à parfaire, on souhaite lui faire confiance, on souhaite se donner le temps.
C'est ce que le CIE nous permet. Et pour elle aussi, ça lui permet de prendre ses marques en toute tranquillité. Et suite à cette année, on va donc continuer sur un CDI à 35 heures.
Vous, chefs d'entreprise, je ne peux que vous encourager à prendre votre téléphone et à appeler Pôle emploi. Il y a des jeunes qui veulent travailler et il y a des organismes et des aides qui sont mises en place pour nous accompagner. Voilà donc on est aussi là pour informer toutes les entreprises qui nous écoutent.
Il y a 50 000 contrats initiatives emploi en 2021 donc engagez-vous comme ce témoignage. D'ailleurs il y a 1200 coopératives agricoles qui vont rejoindre le mouvement "Un jeune, une solution" grâce à la coopération agricole. On les remercie de nous rejoindre dans cette dynamique.
N'hésitez pas si vous voulez intervenir, rebondir là dessus et sinon je vais passer la parole à Gloria d'Almeida. Gloria a rejoint l'entreprise du Crédit Lyonnais, LCL et Crédit Agricole et c'est le sport finalement qui a permis de faire ce pont. Gloria, est-ce que vous pourriez nous dire votre parcours et comment vous en êtes arrivée là?
Bonjour à tous, je m'appelle Gloria d'Almeida, j'ai 21 ans. Je suis sportive de haut niveau, inscrite sur liste ministérielle, membre de l'équipe de France et je fais partie des espoirs des Jeux olympiques de Paris 2024. Si je suis présente aujourd'hui, c'est parce que le sport, en dehors de la pratique, c'est une école de la vie et c'est le sport qui m'a donné l'occasion de rentrer dans le monde du travail.
J'ai commencé la boxe à l'âge de 14 ans. C'est un peu par hasard, j'ai intégré le club de boxe de Garges-lès-Gonesse, ma ville, et jusqu'à présent le sport m'a ouvert beaucoup de voies et aujourd'hui, par exemple je n'étais pas française au moment où j'ai commencé le sport et grâce au sport j'ai obtenu ma nationalité française, j'ai découvert une passion et j'ai trouvé ma voie professionnelle. Par le sport j'ai appris à me surpasser, à me fixer des objectifs et à faire un travail d'équipe.
Quand j'ai rencontré le directeur régional du LCL, ma banque, il m'a clairement dit : "Votre sport vous a apporté des qualités dont mon entreprise a besoin. Il m'a tout de suite proposé si j'étais intéressée par un emploi fixe, et il m'a tendu la main, il a su me faire confiance. On parlait de confiance et c'est vrai que la notion de confiance envers les jeunes c'est très important, en tout cas pour eux.
C'est ce que je pense. Et après quelques entretiens j'ai intégré le LCL en janvier 2020, dans un premier temps en CDD de six mois et en juillet 2020, après avoir fait quelques formations en interne et avec un Bac Pro Gestion et Administration, j'ai signé mon tout premier CDI au sein du LCL donc en pleine crise sanitaire. Si je suis là aujourd'hui, c'est vraiment grâce au sport et mon objectif maintenant n'est plus seulement les Jeux olympiques de Paris 2024, là je cherche vraiment à associer ma carrière professionnelle et mon activité sportive.
Je vise à trouver un équilibre entre les deux pour que l'un ne fonctionne pas sans l'autre. Des jeunes comme moi il y en a mille en France qui ont été accompagnés par l'Agence pour l'éducation par le sport, l'APELS, et on est accompagnés par des coachs d'insertion. Moi pour ma part mon coach a été mon entraîneur de club et il est ensuite devenu mon coach d'insertion par le sport.
Et aujourd'hui ce que j'aimerais faire passer comme message, c'est justement faire confiance aux jeunes, et surtout les jeunes de quartiers, on ne leur fait pas souvent confiance mais quand on tombe sur un éducateur qui vous tend la main, ça nous donne envie de réussir et d'atteindre nos objectifs. J'espère aujourd'hui ouvrir la voie pour d'autres jeunes, d'autres cultures si tout se passe bien. Merci Gloria pour ce témoignage.
Je pense que c'est très important. On l'a vu d'ailleurs ce matin, il y avait un des jeunes qui a rejoint Industreet par le biais de Sport dans la ville et tous ces clubs de sport peuvent être engagés dans l'insertion et vont créer des ponts entre ces coachs de vie, ces coachs sportifs, et les opportunités qui sont dans "Un jeune, une solution". En tout cas maintenant il y a des plateformes aussi qui vont faciliter ce passage de témoin.
Je vous remercie pour ce que vous avez dit parce que cela a beaucoup de sens. Il y a beaucoup de débats dans la société sur évidemment notre jeunesse dans le contexte où nous sommes et vous montrez qu'il n'y a pas de fatalité, comme je vous le disais tout à l'heure et vous l'avez dit aussi tout à l'heure, Monsieur, avec beaucoup de force. Moi je voudrais insister sur ce que vous venez d'évoquer.
La vie ce n'est pas simplement avoir un revenu. C'est avoir un revenu pour vivre dignement de son travail mais c'est avoir un travail ou une formation parce que c'est quelque chose qui donne sens à sa vie, et qui permet d'abord de s'insérer dans un ensemble, un tissu de relations, de connaître des gens qui vous feront ensuite évoluer, qui vous permettront de vous questionner sur vous-même et c'est ce qui va vous permettre aussi de donner un sens. Et, vous l'avez très bien dit par le sport, ça peut être par le sport, ça peut être par la musique ou autre chose.
C'est construire ces passerelles et c'est cette espèce de chemin qu'il nous faut tracer et réussir à ouvrir. Mais je voulais insister là dessus parce qu'on a besoin en effet des accompagnants qui sont dans l'entreprise. On a besoin des associations qui sont en dehors de l'entreprise, dans la vie citoyenne.
On a besoin de nos professeurs qui sont finalement ces premières mains qui tirent un jeune et qui lui font confiance. Et puis on a besoin de gens comme vous qui donnent confiance à d'autres parce que vous allez être un modèle pour d'autres. Mais moi je voulais simplement insister sur cette chose toute bête : on oublie parfois, on a l'impression que face à un problème il faut juste appliquer un chiffre, c'est que notre jeunesse a besoin, en effet de travail, d'une rémunération juste pour le travail, de continuer à se former, de choisir au fond sa vie et de lui donner le sens qu'elle veut.
C'est exactement ce que vous êtes en train de faire les uns et les autres. C'est beaucoup plus fort et beaucoup plus exigeant que de simplement avoir un [INAUDIBLE]. Ce que vous avez dit était très beau et très fort.
Moi je pense qu'il faut faire confiance à la jeunesse, y compris celle des quartiers comme de la ruralité parce que c'est vous qui avez la solution. Merci à vous. Merci Gloria et du coup pour toutes les entreprises qui parfois disent qu'elles ont du mal à trouver des candidats, des jeunes, rejoignez aussi ces programmes d'insertion par le sport, à l'image de ce qu'a fait le Crédit Agricole.
Je vais passer la parole à votre voisin, Monsieur Yatera, Demba Yatera, qu'on a rencontré en Ile-de-France qui est dans la sécurité. Vous avez une histoire un peu particulière parce que vous avez repris l'entreprise qui vous avait recruté et aujourd'hui c'est florissant et vous rendez ce que vous avez reçu. Vous pouvez nous en dire un peu plus ?
Bonjour à tous. Oui c'est exactement cela. Pour la petite histoire moi je suis originaire de Trappes.
Ce qui s'est passé c'est que j'ai travaillé en tant qu'agent de sécurité depuis l'âge de 20 ans. Je travaillais pour une société qui était en train de déposer le bilan. C'était une société à l'époque qui comptait une dizaine de salariés.
Je me suis retrouvé par hasard dans les bureaux des dirigeants et je les ai entendu dire que leur société était en train de couler et qu'ils allaient la fermer. Là j'ai été les voir. Je leur ai dit : écoutez, moi si vous voulez je peux reprendre cette société.
Au début ils étaient un peu réticents. Ils m'ont dit : non ça ne sert à rien, que la société allait mourir. J'ai insisté et ils m'ont dit ok.
Donc j'ai repris cette société. On s'est battus, on a travaillé dur. Aujourd'hui j'ai réussi à redresser cette société.
La société compte aujourd'hui 200 salariés donc ça me fait plaisir. Et au-delà de tout ça, ce que j'ai fait c'est que j'ai vraiment essayé, tout au long de mon parcours, d'aider les jeunes, d'accompagner des jeunes de quartiers à travers la formation jusqu'à l'emploi. Je les ai aidés sur le terrain et on va dire qu'ils me l'ont bien rendu parce que c'est grâce à eux que je suis là aujourd'hui.
Ils se sont donnés sur le terrain et avec eux j'ai vraiment réussi à faire grandir cette société et à construire quelque chose de beau je pense. Aujourd'hui on est 200 salariés. J'ai appliqué ensuite la diversité sur d'autres domaines.
J'ai agrandi et j'ai créé mon groupe et j'ai tout au long de mon parcours créé des partenariats, notamment avec l'association FAS avec qui on travaille en étroite collaboration. Je travaille beaucoup aussi avec l'école de la sécurité à Trappes avec qui nous accueillons beaucoup de stagiaires et des alternants. On travaille depuis toujours dans ce sens-là.
C'est vrai que c'est important d'accompagner ces jeunes, de leur donner leur chance parce qu'en leur donnant leur chance ils nous le rendent au centuple, moi c'est ce que j'ai fait tout au long de mon parcours et donc ça marche. Un petit mot aussi sur les emplois francs. Je trouve que c'est vraiment un très bon dispositif qui a été mis en place parce que moi aujourd'hui ma société compte 60% de gens issus des quartiers, et ça va encore plus nous pousser à recruter dans ces quartiers et c'est une très bonne chose.
Nous travaillons aussi en étroite collaboration avec la Fédération française de la sécurité privée qui s'engage avec "Un jeune, une solution". Donc vous pouvez dire que dans "Un jeune, une solution" il y a une attention particulière pour les jeunes des quartiers prioritaires de la ville et de la ruralité. Il y a des emplois francs que vous avez évoqués qui ont été boostés, c’est 17 000 euros sur trois ans pour les emplois francs + et il y a d'autres types d'emplois aidés comme les CIE qu'on a vus tout à l'heure.
Il y a des emplois aidés qui sont spécifiquement listés pour les jeunes des quartiers prioritaires de la ville et de la ruralité dans le plan "Un jeune, une solution". Merci beaucoup. On va espérer que votre entreprise continue de se développer.
Avec toutes les opportunités des Jeux olympiques on a besoin d'entreprises comme vous qui deviendront peut-être entreprises de taille intermédiaire, des entreprises de taille intermédiaire qui ont aussi rejoint et qui sont extrêmement mobilisées sur le plan "Un jeune, une solution". Vous nous aviez accueilli pour le plan Nation ETI pour l'apprentissage. Elles sont au rendez-vous, elles sont déjà plus d'un millier à nous avoir rejoints.
Pareil, les PME sont très mobilisées. Nous étions en échange avec la CPME aujourd'hui qui est très mobilisée aussi sur le recrutement auprès du programme animé par la Ministre. Je crois que le point commun dans cet élan c'est aussi le travail avec le monde associatif. cette conjugaison des énergies (...) aujourd'hui quand l'association se conjugue avec l'entreprise et se conjugue dans la société, alors on arrive à faire converger.
Parmi les jeunes qu'on a rencontrés, il y en a plein qui sont arrivés par l'école de la deuxième chance, par un engagement associatif. Le plus important c'est de croiser celui qui te fait confiance, celui qui pose son regard. Quand l'entreprise regarde le monde associatif, que le monde associatif regarde et qu'il n'y a plus aucune suspicion, qu'il n'y a plus de crainte et qu'au contraire on accélère et qu'on aide, c'est pour cela qu'on réussit.
Vous avez parlé de la fondation FAS, vous avez parlé du sport. Et aujourd'hui c'est pour cela que moi j'ai une solution, c'est évidemment les chemins vers l'emploi apportés par la ministre du Travail et complétés par des chemins par l'engagement avec le service, avec des associations qui s'engagent. Et c'est bien le fait de faire vivre ces deux jambes qui donnent tout ce sel à ce plan.
Ce sont des jeunesses et donc ce sont des solutions et des chemins. Je pense que c'est utile d'insister sur les rôles modèles et la confiance qu'on acquiert parfois dans le monde associatif pour rentrer sur le marché du travail galvanisés. En tout cas c'était ce rôle-là que je souhaitais souligner.
Merci Madame la Secrétaire d'État et une bonne transition pour se tourner vers Loris qui nous disait qu'il avait eu des difficultés pour trouver un stage. Finalement il a trouvé chez Mecelec. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ?
Bonjour à tous. J'ai eu la chance d'être sélectionné pour être parmi vous aujourd'hui. Moi je suis originaire de Privas, donc c'est la préfecture de l'Ardèche, dans le sud de la France.
J'ai 23 ans. Depuis mon enfance j'ai toujours eu une forte affinité pour le secteur de l'environnement. C'est pour cela que dès mon baccalauréat je me suis orienté vers un Bac technologique, Sciences et technologies de l'industrie et du développement durable.
J'ai sélectionné toujours l'option énergie-environnement et à l'époque c'était toujours pour garder ce fil conducteur de l'environnement. Après j'ai eu l'opportunité de m'orienter vers une classe préparatoire aux grandes écoles, et c'est là que je me suis rendu compte qu'il me manquait de généraliser maths, physique, sciences de l'ingénieur. Il me manquait justement ce fil conducteur de l'environnement.
J'ai poursuivi mes études en Bretagne, à Rennes, à l'École des Métiers de l'environnement. J'ai fait deux années en classe préparatoire intégrée et j'ai poursuivi après en Bachelor Coordinateur environnement que j'ai obtenu. Et c'est là que je me suis rendu compte que l'environnement tout seul ne faisait pas tout avancer, et donc je me suis orienté vers un Master qui comporte tous les aspects du développement durable, donc environnement, social et économie, toujours à Rennes, en partenariat avec l'École du Commerce de Rennes, Rennes School of Business.
C'était en anglais et c'est là que j'ai passé mes examens. Il y a eu la pandémie de Covid, ça a été un peu compliqué mais j'ai eu vraiment la chance d'avoir une école qui a été très active pour mettre en place des cours à distance. Pour cela ils nous ont vraiment facilité la tâche.
Il y a eu les partiels de fin d'année, tout s'est très bien déroulé. J'ai commencé à chercher des stages du coup, parce que je suis resté confiné dans 15 ㎡dans mon studio étudiant à Rennes. Ça a été une période assez compliquée mais ça va, ça s'est fait.
Heureusement qu'il y avait Internet, ça m'a permis de pouvoir m'évader un peu on va dire. Et voilà, j'ai commencé à chercher un stage. Premier confinement donc beaucoup de refus, beaucoup de réticence de la part des employeurs.
Le temps a passé. J'ai eu l'opportunité de redescendre dans le sud en Ardèche chez mes parents et j'ai continué mes recherches, ça avançait très peu, et vraiment beaucoup de refus et je commençais presque un peu à baisser les bras parce que le temps passait et toujours aucune nouvelle positive. Et je consultais beaucoup les annonces sur Internet en ligne.
J'ai fait beaucoup de candidatures spontanées et malgré ça pour trouver un stage c'était très compliqué et l'idée de mes parents a été de faire des courriers avec mon CV et de les envoyer directement aux entreprises de la région pour postuler pour ce stage. Et j'ai eu la chance d'avoir un retour positif de la part de Mecelec Composites. J'avais déjà eu un contact avec cette entreprise pour mon stage de Bachelor et j'ai vraiment eu la chance d'avoir une entreprise engagée pour employer des jeunes.
Et du coup c'est Bénédicte Durand qui a répondu positivement à cette candidature spontanée. Vous dirigez la société Mecelec. On parlait d'industrie, Monsieur Pouyanné, on est en plein dans l'industrie et pour accompagner votre croissance, on parlait de PME de croissance, vous faites le pari du recrutement de la jeunesse.
Vous pouvez nous en dire un peu plus ? Bonjour à tous. Je dirige l'entreprise Mecelec Composites.
On fait de la transformation de matériaux composites. L'entreprise est sur les territoires, c'est compliqué aujourd'hui de faire de l'industrie en région parisienne. J'ai quatre usines en région Auvergne-Rhône-Alpes, dont deux usines en Ardèche.
Évidemment l'industrie moi je crois que c'est une formidable opportunité de croiser des ressources et des talents et c'est des opportunités de carrière. Quand j'ai repris l'entreprise il y a cinq ans maintenant, l'entreprise avait des difficultés. On a fait le choix, on était à ce moment-là nous-mêmes en crise au sens grec, dans le sens de la décision à regarder différemment : la société, le business model et ce qu'on peut en faire.
Et là on a fait le choix de faire le pari d'une croissance durable et inclusive. Évidemment, au sens durable quand on parle de matériaux composites, il faut chercher des solutions qui sont différentes, des solutions qui sont responsables. On travaille notamment pour mettre au point et industrialiser des matériaux biosourcés.
Et puis inclusive c'est donner la chance à ceux qui sont plus éloignés de l'emploi. Je co-anime le club "La France, une chance" en Ardèche et je suis également l'ambassadrice de "Un jeune, une solution" pour la région Auvergne Rhône-Alpes, Madame la Ministre, mais je suis aussi pour l'index égalité hommes-femmes puisque l'entreprise que je dirige en plus est cotée. J'ai 200 collaborateurs donc c'est une humble PME mais on essaye d'être plutôt poil à gratter, donc on essaye un peu de se faire remarquer différemment.
Et sur les jeunes c'est vrai que déjà préalablement on avait un engagement fort puisque je suis sur un territoire où malheureusement le chômage est extrêmement important. On arrive à vivre en Ardèche finalement sans avoir besoin d'aller travailler, d'avoir systématiquement un emploi, alors que moi je considère qu'un emploi c'est le lien social et je crois que la crise que l'on traverse depuis l'an dernier prouve cela. Et quand mes collaborateurs sont fiers de venir travailler parce qu'ils sont fiers de voir leurs collègues dans les usines et de continuer à avoir ce lien, moi ça me donne parfois même beaucoup d'émotion parce que c'est un retour très fort.
Et pour les jeunes c'est vrai qu'on a tous été très sollicités donc on a pris neuf alternants cette année, quatre stagiaires, on en a encore quatre qui arrivent parce que je considérais que c'est notre rôle sociétal, c'est notre rôle de tendre la main. Et moi je suis fan de ces échanges intergénérationnels où les jeunes viennent nous chercher sur plein de petites choses différentes. Évidemment tout à l'heure on parlait en attendant de Twitter ou d'Instagram, évidemment par exemple on demande des conseils.
C'est sympa et cet échange dans l'industrie, on a malheureusement une pyramide des âges souvent défavorable, ce que vous avez dit, Monsieur le Président, nos métiers jugés peu attractifs. Et moi je considère qu'en apportant du sens avec une vraie stratégie, où notre ambition c'est de créer un écosystème industriel symbiotique, et cette notion de symbiose c'est avec les jeunes et une population plus éloignée de l'emploi qu'on souhaite le faire. Merci beaucoup Bénédicte.
Je pense que derrière ces remerciements il y a d'abord les remerciements aux 90 clubs qui sont aussi tous mobilisés, puisque c'est sur ce travail de terrain du quotidien qui se fait aussi dans la co-construction entre les services de l'État et les entreprises. C'est cela aussi la particularité des clubs de "La France, une chance", c'est que c'est l'un ou l'autre. Quand on dit co-leader c'est que c'est le service de l'État et les chefs d'entreprise qui sont ensemble pour faire avancer ces causes que vous avez citées.
Aussi pour les stages j'espère que cela aidera les futurs comme Loris à un peu moins galérer puisqu'on a ouvert aussi depuis aujourd'hui le service de recherche de stages sur 1jeune1solution.gouv.fr Monsieur le Président, vous avez évoqué en introduction un sujet qui est très cher au cœur de Sarah El Haïry et de la ministre du Travail, c'est le mentorat éducatif, le mentorat professionnel.
Et donc pour cela on va d'abord passer la parole à Hélène qui a bénéficié sûrement d'un mentorat avec l'association Article 1 et peut-être de nous dire ce qu'est le mentorat pour vous dans votre quotidien, ce que ça vous a apporté. Bonjour à tous. Je m'appelle Hélène, j'ai 20 ans.
Je suis actuellement en troisième année de licence à l'IAE Lyon, c'est une Licence de Gestion, parcours Management et Sciences Humaines . Je suis originaire de la ville de Montbrison située dans la Loire où j'ai obtenu mon bac STMG, sciences et technologies du management et de la gestion. Après cette obtention, j'ai effectué deux ans de classe préparatoire au lycée Claude Bernard à Villefranche sur Saône.
Et c'est lors de ces deux années que le professeur de philosophie nous a présenté l'association Article 1. Article 1 est une association qui œuvre pour l'égalité des chances et qui met en place un programme de mentorat dont je fais partie depuis 2019. Grâce à cette association je suis en contact environ une fois par mois avec une professionnelle qui s'appelle Valérie Langlois et qui est responsable des achats chez General Electric, et cette personne m'a beaucoup apporté tant sur le plan humain que professionnel car elle m'a par exemple aidée à la rédaction de mes lettres de motivation.
Elle m'a fait passer des simulations d'entretiens. Elle m'a aussi apporté un grand soutien moral pendant le confinement où j'ai du préparer du coup l'entrée aux écoles de commerce à travers mes cours. Par exemple elle nous organisait des séances visio où on échangeait sur certaines matières, elle nous donnait des clés pour réviser mon travail.
Donc je dirais qu'avoir un mentor c'est pouvoir avoir une première ouverture sur le monde professionnel, c'est avoir accès à un réseau qui n'est pas toujours à notre portée lorsque nos parents ne sont pas cadres, et c'est pouvoir aussi avoir une personne à qui se confier, ce qui est d'autant plus nécessaire en ces temps de pandémie où on est un peu isolés. Donc si je suis là aujourd'hui c'est justement pour encourager les jeunes et les étudiants à suivre un programme de mentorat car cela nous aide beaucoup pour notre insertion professionnelle. Merci.
Merci Hélène pour ce témoignage. Derrière ce témoignage il y a 25 000 autres jeunes qui auraient pu témoigner de cette année du mentorat grâce à des associations comme l'association Télémaque qui s'est alliée finalement avec l'Article 1, avec l'AFET, avec toutes ces associations de mentorat dans le collectif mentorat pour essayer, Monsieur le Président, d'apporter une réponse à tous ces jeunes qui ont besoin de trouver leur voie et de tresser des liens de soutien. Peut-être Ericka Cogne de Télémaque, pourriez-vous nous en dire un peu plus sur le mentorat et puis ce que vous voulez et ce que nous pourrions faire ensemble.
Merci Thibault. Effectivement, en complément du témoignage d'Hélène, ce qui est intéressant de dire sur le mentorat c'est que c'est vraiment un apprentissage mutuel gagnant-gagnant entre le jeune et le mentor, les mentors qui peuvent être de l'entreprise, de la société civile, des étudiants finalement, et de tous niveaux hiérarchiques. Par exemple chez Total on a des mentors de tous niveaux hiérarchiques, dans plein d'entreprises, AXA, Sanofi, EDF mais aussi des TPE, des PME, des ETI, comme le disait Thibault, c'est-à-dire qu'aujourd'hui dans le collectif mentorat on a plus de 800 entreprises engagées.
Alors c'est rien, je pense qu'on pourra aller beaucoup plus loin grâce à vous et à d'autres, et ce qui est intéressant aussi c'est que c'est un échange effectivement, comme le disait Hélène, on en avait parlé ensemble, qui s'inscrit dans la durée. Parce que finalement la confiance ça prend un peu de temps et ce sont des échanges en général de plus de six mois et avec des objectifs évolutifs, c'est-à-dire qu'au départ le jeune a besoin peut-être d'une aide sur une lettre de motivation et au fur et à mesure on réévalue l'accord avec le mentor qu'on peut apporter. Ce qu'apporte le collectif mentorat effectivement c'est une association, je vais me permettre de les citer parce que ça fait depuis septembre 2019 qu'on travaille plusieurs heures par mois ensemble : l'Afev, Chemins d'avenirs, l’ESA, Proxité, NQT, Socrate ou effectivement Article 1 et Télémaque et ce qui est important dans le fait de structurer le mentorat, c'est que souvent on nous dit : mais on ne peut pas le faire un peu comme ça, juste mettre en lien un jeune et un mentor qui est bénévole ?
Mais non, c'est important déjà d'identifier les critères de matching, de former nos mentors et de suivre la qualité de ce qui est fait pour que justement on puisse avoir des jeunes comme Hélène de territoires fragiles comme Montluçon qui avancent dans la vie, qui ont envie de prendre confiance en eux, de lutter contre l'autocensure. Aujourd'hui en France il n'y a encore que 10% des jeunes des classes ouvrières qui poursuivent leurs études supérieures. C'est dommage, je pense qu'on peut vraiment travailler sur la confiance en soi dans notre pays.
Et puis, pour terminer, le mentorat je pense que c'est vraiment effectivement un apport gagnant-gagnant qui est un vecteur de fraternité, on en avait aussi parlé ensemble. C'est important en ce moment, et surtout on vient quand même de loin sur la discrimination en Europe. On est un des pays les plus discriminants.
C'est vraiment un bon levier pour travailler ensemble. Merci beaucoup Éricka. Du coup pour ce changement d'échelle il faut des associations qui sont motivées et mobilisées pour accompagner plus de jeunes.
Il faut aussi des entreprises qui sont là pour apporter les collaborateurs et les soutiens nécessaires pour cela. Et du coup je me tourne évidemment vers Patrick Pouyanné, il y a Industreet, il y a l'apprentissage mais Total est aussi très engagé dans le mentorat. Le mentorat je crois que pour une entreprise c'est presque évident.
Dans une entreprise industrielle fondamentalement quand on accueille des nouveaux embauchés, on met en place des mentorats. Il y a une transmission du savoir, le savoir-faire, donc quelque part dans une entreprise comme la nôtre c'est presque évident. Après la question c'est de savoir comment on peut aider les jeunes, il y a l'alternance.
Je suis assez fier cette année d'avoir maintenu mon 5%, 5,1%. Premier réflexe de mes collègues lorsque la pandémie a été déclarée, on a plein de problèmes. J'ai dit : non plus que jamais, vous maintenez.
Donc o n a 1600 jeunes en ce moment en alternance chez Total et c'est la première action de mentorat. La deuxième bien évidemment après ça va être soutenir des associations. Je crois beaucoup à l'idée de démultiplier notre capacité, Télémaque, Proxité, à venir ensemble.
J'en préside une, Alliance pour l'éducation - United Way Nous accompagnons en ce moment, et l'idée c'est de mettre des employés de nos entreprises en mentors dans les quartiers défavorisés, plus de 6000 jeunes dans des collèges de la banlieue de Paris notamment. Il n'y a pas que Total, vous avez une vingtaine d'entreprises, et c'est très efficient et je vais vous dire l'idée derrière c'est que ça forme aussi nos employés. Quand vous permettez à des collaborateurs d'un groupe comme Total d'être confrontés à ces jeunes, quand ils acceptent de faire la démarche, ils en sortent eux-mêmes plus riches.
C'est pour cela que dans l'entreprise d'ailleurs j'ai donné trois jours par an à un employé de Total pour consacrer trois jours par an à des actions dans des associations qui soutiennent notre fondation. C'est vraiment pour nous un complément de la formation. Et puis je dirais qu'il faut aller plus loin, Madame la Ministre, Monsieur le Président merci d'être venus.
Vous l'avez vu, faire pour apprendre c'est aussi du mentorat. Vous avez vu ces jeunes et ces accompagnants. Je crois qu'il faut aller plus loin et si peux jouer un rôle dans votre action, vous avez 25 000 jeunes soutenus par le mentorat, c'est petit, c'est une goutte d'eau mais on doit pouvoir faire beaucoup mieux et j'espère, à travers cette visite et cet exemple que nous donnons, que d'autres entreprises vont se joindre à ce mouvement.
C'est très puissant. C'est un moyen d'aider ces jeunes que de leur répondre et de leur faire connaître le monde de l'entreprise qu'ils ne connaissent pas souvent, le leur faire découvrir. J'ai vécu de belles expériences lors d'une soirée chez Télémaque et effectivement dans le groupe Total il y a des mentors à tous les niveaux.
Il n'y a pas le PDG même s'il consacre une soirée par trimestre à aller voir des associations mais qu'il y ait des membres du comité exécutif pour montrer l'exemple, en prenant eux-mêmes des jeunes. Et c'est très puissant en termes de motivation collective et donner du sens à ce qu'on fait. Le mentorat, oui, et si je peux vous aider à faire croître cette ambition, je n'hésiterai pas à vous rejoindre.
Merci en tout cas encore une fois, Monsieur le Président. Je crois que tous ces jeunes sont garants de cette visite et ce sera un élan et un prochain pari maintenant ce sera d'inviter mes autres collègues du CAC40 ici pour qu'ils créent vingt autres Industreet et pas seulement en région parisienne mais ailleurs. Merci.
Merci beaucoup Monsieur Pouyanné pour cet appel. Nous sommes évidemment prêts à vous associer à cette mobilisation pour réussir ce pari-là. Monsieur le Président, c'est évidemment très frustrant comme exercice parce que, vous l'aurez compris, des initiatives ou des témoignages comme ceux que vous venez d'entendre il y en a dans les petites entreprises comme dans les plus grandes, il y en a dans tous les territoires.
Il y aurait tellement d'autres choses à partager mais c'est pour vous dire que "Un jeune, une solution" ce n'est pas juste un plan gouvernemental, c'est un plan de mobilisation nationale où la bataille se gagne sur les territoires. Les élus étaient là ce matin et le savent mieux que personne. C'est cela que nous voulons amplifier avec les clubs "des entreprises s'engagent" que je remercie encore aujourd'hui de cette mobilisation.
Et je vous passe la parole pour vos mots de conclusion. En tout cas, merci à tous pour ce temps de partage. Merci beaucoup.
Merci à vous Mesdames la Ministre et merci à Thibault Guilluy, commissaire, et à notre délégué. Merci encore véritablement à Total et à son PDG. Je crois que toutes ces histoires que vous avez racontées, d'abord ce sont des parcours de vie et des histoires d'engagement.
Pour moi c'est ça qui me plait parce que la réponse que nous avons à apporter au moment que vit la nation passera par l'engagement, je vous l'ai dit à plusieurs reprises, c'est-à-dire la volonté de faire, de réaliser ce en quoi on croit, de tenir dans ces moments qui sont particulièrement difficiles, mais en effet parfois de lutter contre des automatismes. Mais parce que des femmes et des hommes décident simplement qu'on va tenir ensemble pour passer ce cap si difficile parce que le thème est particulièrement difficile pour nos jeunes, parce que c'est à ces âges-là que les transitions se font. On l'a tous vécu.
C'est le moment où les inquiétudes existentielles sont en même temps doublées par des inquiétudes professionnelles, personnelles et intimes. Et donc ces années de vie, si on est en quelque sorte laissés au bord du chemin, les conséquences peuvent être dramatiques. Et donc moi je considère que la nation a une responsabilité énorme pour nos enfants qui sont à l'école, nos jeunes qui sont en formation et en train d'accéder à un emploi et de construire leur vie.
Fort de cela, en effet il y a le plan "Un jeune, une solution" qui est venu en quelque sorte comme un accélérateur de l'initiative "La France, une chance" et "Les entreprises s'engagent" lancée dès 2018. "Un jeune, une solution" c'est un engagement gouvernemental, cela a été dit. C'est 7 milliards d'euros d'investissements.
Ce sont des dispositifs massifs, c'est 1,2 millions de jeunes qui ont accédé soit à un CDI soit à un CDD depuis trois mois. Ce sont les 500.000 apprentis.
C'est un investissement massif sur des mécanismes du garantie jeunes, service civique, etc, donc je dirais que pour tous les niveaux de qualification et tous les profils on a essayé de booster les choses et de les amplifier. Ceci ne vaut que s'il y a cet engagement sur tous les territoires et partout dans le pays. Moi je veux vraiment remercier l'ensemble des clubs, des 90 clubs que je vois à l'écran et je vous salue toutes et tous pour cet engagement depuis maintenant un peu plus de deux ans qui est le vôtre.
On a 7 000 entreprises qui s'engagent désormais pour une société inclusive. Regardez les chiffres, 2000 d'entre elles plus spécifiquement engagées dans "Un jeune, une solution" et merci vraiment à toutes celles et ceux, comme vous Madame, qui sur les territoires portez cette responsabilité. L'idée c'est de poursuivre cet engagement et d'avoir 30.000 entreprises engagées à la fin de l'année 2021 dans cette initiative "Les entreprises s'engagent" sur toutes nos actions pour pouvoir démultiplier leurs forces.
Et je pense que c'est très bien si on a à la fois les grands groupes du CAC40, comme Total l'a montré aujourd'hui en entraînant les autres, nos ETI et puis les PME et également les start-up. Ensuite c'est la mobilisation de plus de start-up. Wizbii a un rôle important et je veux les en remercier avec vous mais il va falloir faire continuer à évoluer la plateforme "Un jeune, une solution" mais ils sont à vos côtés un acteur important de celle-ci et c'est ce qui va nous permettre d'aller plus loin.
Les prochaines étapes, ça va être d'abord aujourd'hui d'ores et déjà on a 100 000 offres d'emploi spécialement sélectionnées qui sont disponibles en continu sur la plateforme. Dès aujourd'hui, vous l'avez évoqué, ça va être plusieurs milliers d'offres de stages qui seront mises à disposition pour essayer de résoudre des problèmes comme le vôtre même si vous avez eu la ténacité d'une part et la chance de trouver quelqu'un qui vous a fait confiance et donc, en partenariat avec des grandes entreprises, plusieurs acteurs comme Jobteaser et Hello Work que je remercie ici. Il va y avoir ces milliers d'offres de stages dès aujourd'hui qui seront mises en ligne je souhaite qu'on puisse continuer parce que c'est une amorce importante et dans ces périodes qui sont difficiles ça fait partie aussi de la palette de solutions, avec évidemment des contrats plus longs et ce qu'on souhaite tous avoir c'est le CDI à la clé.
Mais le stage est une étape qu'il ne faut pas négliger dans cette période et c'est à ce moment-là qu'ils sont le plus actifs. Dans les prochaines semaines on aura sur la plateforme "Un jeune, une solution" un simulateur d'aide qui sera mis à disposition des jeunes comme des étudiants, pour véritablement permettre à chaque jeune d'obtenir la bonne aide, le bon accompagnement. Aujourd'hui c'est un portail où il y a à peu près tout.
Maintenant on va mettre en place des simulateurs pour mieux accompagner les parcours, pour que là aussi il y ait un guide qui soit fait dès le début pour qu'on aide aussi sur les sujets de mobilité, d'accès à l'emploi, des choses très concrètes qui ne sont pas forcément stricto sensu une formation ou un emploi. Enfin on va donc lancer en complément "un jeune, un mentor" parce que je veux que chaque jeune qui en a besoin puisse avoir justement un mentor et aussi qu'on offre la possibilité à des cadres en entreprise, à des jeunes qui ont déjà une expérience, de faire ce travail d'aider d'autres jeunes, de leur faire confiance, de les accompagner, de leur apporter leur propre exemple de vie et ce qu'ils ont appris. Et donc par rapport à cela, ça a été présenté et la Ministre l'a aussi évoqué, les prochaines semaines seront utilisées à finaliser le dispositif et c'est dès le début d'avril qu'il sera possible de signaler son intérêt en ligne pour avoir accès à un mentor ou être mentor soi-même.
Et en 2021 l'objectif est d'avoir 100 000 jeunes qui pourront bénéficier du dispositif et nous doublerons ce chiffre l'année d'après. J'espère même qu'on pourra aller plus loin, plus vite et plus fort, d'abord parce que je pense que pour beaucoup de jeunes être mentoré a un intérêt extrêmement fort. C'est l'idée de l'instituteur et du professeur de la République qu'on poursuit hors de l'école, au-delà quand parfois on n'a pas eu la chance d'avoir une main tendue.
Et je pense qu'être mentorant, si je puis dire, comme ça a été évoqué, donne beaucoup de sens et ça apporte énormément. Donc je crois beaucoup à cette solution qui vient compléter un peu le dispositif. Voilà, "un jeune, un mentor" c'est cet objectif de 100 000 cette année, 200 000 l'année prochaine.
Plus largement et pour conclure, il y a deux mots qui pour moi résument tout ce qu'on est en train de se dire : l'engagement individuel, collectif, territorial, national et celui de fraternité, parce que je crois que c'est exactement le principe qui irrigue tout ce qu'on est en train de se dire. Ce n'est pas une langue morte, Ce n'est pas un mot mort. C'est l'idée de se dire qu'on partage une même société et d'ailleurs les chefs d'entreprise ici présents l'ont dit avec leurs mots et avec beaucoup de force et, si cette société va mal, les entreprises ne peuvent pas aller bien.
Si on laisse notre jeunesse à ses doutes, si on ne lui tend pas la main, ça ne peut pas aller bien, y compris pour les entreprises, même quand elles font à un moment donné beaucoup d'argent. Et donc je crois très profondément que c'est ça la fraternité, c'est-à-dire que nous sommes liés indéfectiblement. Et c'est aussi pour cela que toutes ces initiatives que vous conduisez, que vous portez, et que je souhaite qu'on puisse démultiplier, ont énormément de sens parce que ce n'est pas de l'argent simplement qu'on dépense, c'est un investissement humain.
C'est un investissement dans ce que certains appellent le capital humain, c'est-à-dire les hommes et les femmes qui font un pays. C'est un investissement parce que ces dispositifs qu'on met en place, ces aides, elles ne sont pas là parce qu'il y aurait simplement des droits en face, ce sont des devoirs aussi. C'est du sens qu'on donne à sa vie.
Moi je ne sais pas ce que sera le monde de demain. Je me bats de toutes mes forces pour qu'on résiste aujourd'hui et qu'on en crée les fondations les plus sûres. Ce que je sais c'est que ce sont les jeunes qui sont là aujourd'hui qui le feront.
Et comme j'aime notre pays, j'ai envie que ces jeunes soient très bien formés et qu'on leur donne toutes leurs chances parce que la meilleure récompense c'est qu'ils arrivent à rendre le pays encore plus beau, plus fort, plus résiliant et plus solide. Ce sera à vous de jouer ! On va vous y aider Merci beaucoup pour votre engagement et on continue sur cette voie.
Merci à vous.
Emmanuel Macron