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interviewFrance Culture — Le Temps du débat (sur Site radio)· 30 juillet 2026 43 min

Après António Guterres, y a-t-il quelqu'un pour sauver l'ONU ?

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Locuteur 2

France Culture, question du soir, Antoine Dulster.

0:08
Locuteur 3

Est-il encore possible de sauver l'ONU ? Ils sont au moins 7 à y croire ce 30 juillet 2026. C'est aujourd'hui qu'est organisé à New York le premier vote entre les candidats à la succession d'Antonio Guterres. En 10 ans et 2 mandats successifs, le secrétaire général des Nations Unies aura vu s'effriter comme rarement le fragile édifice mis en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Multiplication des conflits de l'Ukraine à l'Iran, blocage persistant au Conseil de sécurité, impuissance mondiale à protéger les civils, en particulier à Gaza.

Le retrait américain de la plupart des instances onusiennes a aussi provoqué une crise financière inédite pour cette institution, aujourd'hui contrainte de se réinventer. 7 candidats se présentent donc devant les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies. Avec quel projet et quelle marge de manœuvre pour relever ce défi ? Nous en discutons avec trois invités. Vous êtes docteur en sciences politiques de l'Université de Poitiers, chercheuse associée au Centre Thucydide de l'Université Paris, Panthéon-Assas. Vincent Pasquini, bonsoir. Bonsoir.

Vous êtes vous-même, vous êtes vous aussi rattaché au Centre Thucydide de l'Université Paris, Panthéon-Assas, ancien fonctionnaire international aux Nations Unies, enseignant en relations internationales. Pierre Baudot-Livinek, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes professeur de droit public au Centre de droit international de l'Université de Nanterre, et vous êtes avec nous en duplex depuis Quimper. Merci à tous les trois d'être avec nous au micro de questions du soir.

1:42
Locuteur 5

Monsieur le Président élu, vous prenez la reine de la 81e session de l'Assemblée générale, alors que les défis sont profonds et que l'organisation a aussi des possibilités comme jamais par le passé. Les conflits, les divisions sont partout, l'inégalité est en plein essor et le chaos climatique nous menace. Nous sommes en retard sur les ODD, notre feuille de route, pour l'avenir, qui devrait être meilleure, c'est inacceptable. Seuls 20% des objectifs sont en bonne voie. Et en outre, les institutions et les structures sont bloquées dans le passé de 1945, que ce soit le Conseil de sécurité de l'ONU ou l'architecture financière internationale.

C'est inadapté au monde d'aujourd'hui, et le déficit de confiance mondiale s'accentue avec des pays qui se regardent en chien de faillesse. Les souffrances humaines augmentent, et les besoins humanitaires atteignent des records, et les financements diminuent. Ces défis sont immenses, bien sûr, mais le travail assidu de la diplomatie, du dialogue et de la collaboration, qui ont lieu ici au quotidien à l'Assemblée générale, me donne un nouvel espoir. Nous pouvons transformer les fractures en ponts qui nous enjoindront à travailler, mis par un objectif commun.

Le pacte pour l'avenir et l'initiative NU80 sont des feuilles de route pour l'action, pour des solutions, des réformes audacieuses, afin de propulser notre organisation dans l'avenir. Le travail de cette Assemblée est indispensable, afin que ces engagements se traduisent en résultats, et pour trouver des solutions, des résultats qui peuvent renouveler la foi du monde dans notre travail.

3:19
Locuteur 3

Voilà, quelques mots traduits en français, évidemment, d'Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU devant l'Assemblée générale des Nations Unies. C'était le 2 juin dernier. Vincent Pasquini, j'ai envie de commencer avec vous ce débat, pour vous demander où en est l'ONU aujourd'hui, au terme de deux mandats d'Antonio Guterres.

3:37
Locuteur 4

Oui, bonjour. En réalité, vous l'avez très bien décrit, l'ONU est un reflet, je dirais, de l'évolution du monde, et de l'évolution notamment du rapport de l'État au multilatéralisme. Et donc, il faut bien, à mon avis, essayer de séparer l'homme des circonstances historiques. Donc, le secrétaire général a fait face à la fois à l'affirmation de la puissance des États, au retour de la guerre inter-étatique, et puis aussi à une certaine privatisation de certains sujets qui étaient le champ du multilatéralisme.

Et là-dedans, la réalité est que l'ONU ne trouve pas en ce moment sa place, et notamment sa place à la table des négociations sur son mandat, je dirais, fondamental, qui est le mandat de paix et de sécurité. Et ça, c'est un sujet que tous les candidats au poste de secrétaire général des Nations Unies soulignent, et en parlent. L'ONU doit retrouver sa place sur les questions de paix et de sécurité. L'autre enjeu pour cela, c'est effectivement, l'autre enjeu majeur, c'est comment retrouver cette place dans un contexte d'absence de liquidité et dans une nécessité de réformes très importante.

5:02
Locuteur 3

L'ONU, on est là. Pardonnez-moi de vous interrompre, mais cette absence de liquidité, vous faites référence évidemment au retrait américain d'un certain nombre d'instances onusiennes qui se traduit très concrètement par une crise de financement.

5:15
Locuteur 4

C'est ça, mais pas seulement. Il faut comprendre que la crise de financement a précédé le retrait américain et est due à des retards de paiement de beaucoup d'autres États membres et à une ambiance générale de diminution historique, en réalité, des financements pour la paix, la sécurité et le développement.

5:37
Locuteur 3

Alors, Pierre Baudot-Livinet, est-ce que vous rejoignez ce constat, c'est-à-dire une crise qui remonterait finalement à une période antérieure à la grande liquidation, ce qu'on pourrait appeler à la grande liquidation de l'ère Trump ? Et que penser également du bilan d'Antonio Guterres à la tête de cette instance en crise depuis 10 ans ?

5:55
Locuteur 6

Oui, bonsoir. Sur le premier point, je rejoins ce qui vient évidemment d'être dit. Je pense que la crise, elle est beaucoup plus ancienne. On pourrait dire qu'il y a eu un peu un âge d'or du Conseil de sécurité avec la fin de la guerre froide et l'action des Nations Unies pour libérer le Koweït de l'Irak. Ça, c'était en 1990-1991. Et puis après, les attentats du 11 septembre 2001. Et puis, bien sûr, l'invasion de l'Irak en 2003. Là, les choses ont commencé à se dégrader très fortement. Donc, en fait, cette crise, elle est ancienne. Elle est multiforme. Elle ne concerne pas uniquement le Conseil de sécurité. Mais elle concerne aussi essentiellement le Conseil de sécurité.

Et elle est aggravée aujourd'hui par ce qu'a évoqué M. Pasquini. C'est-à-dire, effectivement, une crise qui est une double crise. Il y a une crise financière et une crise de liquidité financière parce que tous les États, effectivement, ne payent pas l'intégralité de leurs contributions. Mais même ceux qui payent, payent en retard. Les États-Unis sont toujours membres des Nations Unies. Ils sont retirés d'autres organisations du système des Nations Unies. Mais ils sont toujours membres des Nations Unies. Donc, ils ne sont pas les seuls responsables de cette crise. Quant au bilan de Guterres, vous l'avez dit vous-même tout à l'heure, il a évolué dans un contexte extrêmement difficile.

Il faut le prendre en compte. Après, je pense que son second mandat, peut-être, a été peut-être plus décevant, finalement, que ce que l'on aurait pu espérer parce que le secrétaire général, on aura sans doute l'occasion d'en reparler. C'est d'abord une voie qu'il doit porter. Et comme il n'était pas rééligible, si vous voulez, eh bien, il aurait pu utiliser cette autonomie du second mandat pour peut-être faire face davantage aux puissants. Mais je reconnais bien volontiers que c'est un exercice extrêmement difficile.

7:35
Locuteur 3

C'est une occasion qui a été manquée, selon vous, cette autonomie qu'il aurait pu prendre à l'occasion de ce second mandat ?

7:40
Locuteur 6

Ce qu'il faut comprendre, je pense, c'est que le poste de secrétaire général des Nations Unies, ce n'est pas du tout un poste de président du monde, bien évidemment. C'est surtout un gouvernement de la parole. Il a une petite administration, 40 000 personnes. Il n'a pas de budget propre, le secrétaire général des Nations Unies. Donc, c'est sa parole qu'il doit porter. Et il y a eu neuf secrétaires généraux dans l'histoire. Je laisse de côté le cas tout à fait pathétique de Kurt Waldheim. Mais si on regarde les autres secrétaires généraux, on voit que leur profil, leur personnalité a influé aussi sur leur mode d'action. Et qu'encore une fois, Gouterès n'est pas du tout le pire.

Moi, j'ai travaillé aux Nations Unies avant de devenir professeur. J'ai commencé, c'était la fin du mandat de Kofi Annan. Et puis après, j'ai eu Ban Ki-moon. Honnêtement, Ban Ki-moon, ce n'est pas la personne. Mais c'était un secrétaire général beaucoup trop discret. Gouterès a essayé de corriger cela. Mais je pense que, sur certains points, sa parole aurait pu porter davantage.

8:38
Locuteur 3

Bal Ki-soi, quel bilan dressez-vous de l'action d'Antonio Gouterès à la tête de l'ONU ? Et même question qu'aux deux autres co-intervenants. Pouvez-il faire mieux dans ce contexte ?

8:48
Locuteur 2

Le bilan d'Antonio Gouterès, il est mitigé, on peut dire. Dans la mesure où il a tenté, n'est-ce pas, de faire passer un ensemble de réformes. Réformes déjà de l'institution qui s'est toujours posée de manière accrue. On sait bien qu'au niveau de l'Assemblée générale, il existe un ensemble de négociations sur des points comme la question de la répartition équitable des sièges et de la représentation des États. Et c'est une discussion qui perdure depuis 1982, donc plus d'une quarantaine d'années.

Et on voit bien dans, justement, le premier mandat d'Antonio Gouterès, cette volonté de montrer la posture de médiateur, de facilitateur, d'un secrétaire général qui veut que les discussions se poursuivent, que la réforme avance. Il a beaucoup évoqué l'aspect du Sud global, par exemple, en rappelant que le Sud global méritait sa place et un peu plus de représentation au sein de l'organisation. Et on voit sur le deuxième mandat les efforts qu'il fait en termes de promotion, par exemple, du programme ONU 80, le pacte de l'avenir qui est...

10:19
Locuteur 3

ONU 80, pour préciser, donc il s'agit d'un grand programme...

10:21
Locuteur 2

Un grand programme avec des propositions, des recommandations...

10:24
Locuteur 3

À l'occasion des 80 ans de l'ONU pour se projeter dans les années à venir.

10:27
Locuteur 2

Voilà. Et pour améliorer, justement, le travail même de l'ONU qui est constamment critiqué. L'efficacité de l'organisation qui est parfois critiquée. Pas seulement sur les questions de paix et de sécurité internationale, mais aussi sur les questions de développement. On voit bien que l'agenda, par exemple, 2030, d'après les experts, ne sera pas atteint. L'objectif 2030. Donc, il y a un problème, justement, de mise en œuvre des objectifs de l'organisation.

11:00
Locuteur 3

Vincent Pasquini, justement, cet agenda 2030 qui n'est pas mis en œuvre, on parle aussi des conséquences concrètes du retrait américain et de la crise financière de l'ONU. Concrètement, ça donne quoi sur le terrain ? Ce sont des projets médicaux, des projets éducatifs, des projets de défense des droits humains qui sont menacés ?

11:20
Locuteur 4

Alors, oui, beaucoup de choses. Je pense que, de manière générale, il ne faut pas forcément parler de l'agenda 2030, du fait que l'agenda 2030 ne soit pas atteint comme quelque chose de si problématique, dans la mesure où il a une dimension aspirationnelle. Il donne des objectifs de très long terme et il permet de structurer des programmes de l'ONU autour de ces objectifs. Mais il permet aussi, bien entendu, de mesurer. Donc, quand on dit que l'agenda 2030 n'est pas atteint, la question, c'est qu'il n'est pas atteint et de très loin, et surtout sur certains objectifs, il y a eu des reculs. Les raisons sont multiples.

Elles sont dues à des développements géopolitiques, comme la guerre au Soudan, par exemple, ou la guerre à Gaza, par exemple, qui affectent certains endroits du monde. et il est effectivement dû au fait que de nombreux projets ont ralenti, se sont arrêtés, de nombreuses agences des Nations Unies, mais pas seulement, aussi des ONG internationales qui n'appartiennent pas au système des Nations Unies, ont moins de moyens d'intervenir sur le terrain.

Mais comme je le disais, à cause du retrait américain, qui a été spectaculaire, mais aussi dû à une réorientation globale des financements, qui est aussi liée, par exemple, à une certaine bascule de financement, de l'aide au développement, aux dépenses militaires, qui est réelle. Alors, Balkissou Ayatou,

12:49
Locuteur 3

vous voulez réagir sur ce point ?

12:51
Locuteur 2

Oui, je voulais rajouter que, quand on parle du secrétaire général des Nations Unies, on ne doit pas oublier aussi que l'organisation, elle reflète l'état du monde, donc les rapports de puissance, et que, justement, pour que son action soit efficace, il faut qu'il ait une marge de manœuvre, et qu'il soit soutenu par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Donc, pour rajouter l'aspect du bilan du secrétaire général Guterres, au-delà du fait qu'il soit seulement un administrateur de l'ONU avec une figure politique, il a toujours besoin, n'est-ce pas, du soutien des grandes puissances pour pouvoir mettre en œuvre son action du secrétaire général.

13:37
Locuteur 3

Donc, une institution onusienne en crise, mais un rôle de vigie, un rôle de lanceur d'alerte dans les crises en cours pour l'ONU, toujours donc, de l'Ukraine à Gaza.

13:47
Locuteur 1

Le premier anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie est un triste jalon pour la population de l'Ukraine et pour la communauté internationale. Cette invasion est un affront à la conscience collective. C'est une violation de la Charte des Nations Unies et du droit international.

14:11
Locuteur 10

Les Palestiniens de Gaza endurent ce qui peut être la phase la plus cruelle de ce conflit. Les Palestiniens de Gaza endurent ce qui peut être

14:23
Locuteur 7

la phase la plus cruelle de ce conflit. Pendant près de 80 jours, Israël a bloqué l'entrée de l'aide humanitaire internationale. L'entièreté de la population de Gaza est confrontée à un risque de famine.

14:35
Locuteur 10

Voici mon appel à l'aide humanitaire d'urgence

14:39
Locuteur 7

pour le peuple de Gaza qui souffre depuis si longtemps. Faisons-le bien et faisons-le tout de suite. Merci.

14:45
Locuteur 3

Voilà quelques échos et en l'occurrence deux interventions d'Antonio Gutiérrez à propos de l'Ukraine en 2023 et à propos de Gaza en 2025. Donc des alertes lancées par ce secrétaire général de l'ONU ces dernières années. Donc ce rôle comme lanceur d'alerte ou vigie des droits humains à l'international, c'est le cœur de sa mission. Pierre Baudot-Livinet, qu'est-ce que vous rejoignez cette conception selon laquelle le secrétaire général de l'ONU aurait ce rôle de vigie ou de lanceur d'alerte d'abord et avant tout ?

15:15
Locuteur 6

Oui, je pense qu'il a trois rôles mais c'est celui que l'on retient évidemment.

C'est-à-dire que, comme je le disais tout à l'heure, le secrétaire général des Nations Unies c'est d'abord une parole et une parole qui doit porter, là on l'a très bien entendu dans les deux cas, avec des mots qui sont pesés à chaque fois qui sont fondés aussi sur la charte des Nations Unies qui est le texte évidemment commun aux 193 États membres donc il a cette parole qu'il porte et encore une fois c'est là que sa personnalité ou en tout cas ses convictions et sa capacité à parler, je rejoins ce qui a été dit tout à l'heure, à la fois aussi aux membres permanents mais aussi aux autres parce qu'aujourd'hui il faut trouver cet équilibre les autres ne sont plus aussi dociles qu'avant et bien évidemment c'est une excellente chose et donc cette parole elle doit porter, elle a été très claire sur l'agression de la Russie contre l'Ukraine l'agression c'est vraiment dans la charte des Nations Unies un mot qui clignote en rouge parce qu'il déclenche le droit de légitime défense et puis on voit que sur Gaza il a à la fois alerté sur la situation humanitaire et puis il a choisi également ses mots alors que pour montrer quelle était la réalité de ce conflit sur ce terrain donc il a ce rôle là qui est absolument essentiel mais il ne faut pas oublier ces deux autres fonctions d'abord il est le plus haut fonctionnaire de l'organisation c'est ce que dit l'article 99 de la charte donc il doit tenir cette administration et aujourd'hui la faire survivre la réformer parce qu'elle est face à une crise fondamentale et puis il a aussi un rôle plus souterrain si vous voulez dans le règlement des différents comme médiateur comme chargé de bons offices donc ça par définition c'est un rôle moins voyant parce que ces actions là se font souvent dans les couloirs plutôt de manière confidentielle mais c'est un rôle qui est essentiel

17:04
Locuteur 3

Vincent Pasquini c'est important cette dimension d'incarnation dans la fonction de secrétaire général on voit parfois sous la plume de diplomate l'expression de pape laïque donc ça dit bien ce que ça veut dire donc une incarnation très forte et puis au-delà de cette incarnation il y a peut-être aussi la capacité à faire de la politique avec des acteurs qui ont des intérêts divergents

17:23
Locuteur 4

exactement oui et d'ailleurs on pourra reparler de ce rôle de cette comparaison de pape laïque dans le contexte de la mécanique de l'élection mais pour ce qui est de la parole comme le disait Pierre l'un des rôles c'est de porter les bons offices des Nations Unies et donc d'incarner quelque chose d'impartial qui ne veut pas dire neutre donc un acteur impartial mais engagé sur des valeurs sur les aspects politiques et c'est vrai que sur son dernier mandat notamment le secrétaire général Guterres a eu tendance à plutôt être écrasé par l'urgence qui est énorme humanitaire comme on vient de l'entendre et à ne pas réussir à s'engager sur la solution politique qui est en fait la solution et à mettre l'ONU en retrait sur la question de quelles sont les solutions politiques que propose l'ONU sur les solutions politiques au conflit du moment que ce soit l'Ukraine que ce soit Gaza d'une certaine manière mais que ce soit aussi la guerre en Iran l'ONU aurait pu le secrétaire général aurait pu être beaucoup plus rapide sur une question comme le détroit d'Ormousse par exemple

18:38
Locuteur 3

alors Vincent Pascuini on reste avec vous quelques instants quelle piste de réforme justement pour à la fois l'action du secrétaire général l'action du conseil de sécurité c'est un organe qui suscite aujourd'hui dont le fonctionnement suscite un certain nombre de critiques notamment dans une utilisation abusive qui serait faite du droit de veto des membres permanents quelles sont les pistes de réflexion en présence pour réformer aujourd'hui cette organisation des Nations Unies

19:01
Locuteur 4

alors je pense que la question de la réforme du conseil de sécurité de fonctionnement n'est plus vraiment d'actualité surtout en ce moment dans le contexte dans le contexte très polarisé que l'on que l'on connaît donc très difficile en ce moment de parler de réformes structurelles des Nations Unies en revanche la piste ce qu'il faut comprendre c'est que la charte des Nations Unies est un document très vague sur lequel beaucoup de pratiques des Nations Unies ne sont pas inscrites dans la charte par exemple juste pour donner un exemple les casques bleus le maintien de la paix n'est pas dans la charte des Nations Unies il y a beaucoup de choses qui peuvent être faites qui ne sont pas dans la charte des Nations Unies et à ce titre on dit aussi que moins le conseil de sécurité fonctionne bien plus le secrétaire général devrait avoir un rôle politique pour justement essayer de remplir ce vide politique laissé par le conseil je pense que c'est plutôt vers là qu'il faut que le prochain secrétaire général s'oriente pour essayer de replacer et de reprendre un peu le rôle politique des Nations Unies

20:09
Locuteur 3

qu'il soit il y a tout vous partagez ce constat de réformes très difficiles mais peut-être une marge de manœuvre tout de même à inventer à trouver à mettre en œuvre

20:15
Locuteur 2

moi je ne me porte pas exactement de la même manière je verrais ça d'une autre approche déjà je repars toujours vers le cadre c'est-à-dire le cadre juridique qu'on parle de la charte justement le fait que ce soit vague mais le cadre au niveau sous-régional on voit émerger par rapport par exemple aux pays africains qui maintiennent leur volonté de voir la réforme aboutir même si des spécialistes relèvent que c'est pratiquement impossible et que les personnes qui pas les personnes les les africains se sont en train de en fait de se tromper en pensant que cette réforme là pourrait avoir lieu pourquoi parce que le droit de veto demeure la pierre angulaire du conseil de sécurité c'est un instrument qui a un aspect positif parce qu'il permet justement aux cinq puissances permanentes de ne pas sortir totalement du cadre du droit international et c'est aussi un aspect qui relève la faiblesse du conseil de sécurité parce que lorsque les cinq puissances ne s'entendent pas et bien la tâche devient compliquée pour l'organisation et notamment pour le secrétaire général mais dire que la réforme n'est pas d'actualité ce serait aussi ne pas tenir compte de la voie des moins puissants la voie des puissances moyennes et du sud global

22:06
Locuteur 3

Pierre Baudolivinec est-ce que vous entendez justement ce que vient de dire Belkissou Ayatou sur la fois cette aspiration cette demande générale à des réformes et puis des choses qui bloquent notamment au niveau du conseil de sécurité qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui pour faire mieux fonctionner cette organisation des Nations Unies

22:22
Locuteur 6

oui oui je rejoins ce qui vient juste d'être dit par Belkissou Ayatou par réforme du conseil de sécurité je crois que parfois on confond plusieurs choses évidemment tout le monde pense d'abord à la réforme de la composition du conseil de sécurité puisqu'aujourd'hui elle est honnêtement indéfendable il n'y a aucun état africain par exemple qui est membre permanent du conseil de sécurité

22:46
Locuteur 3

on peut rappeler que tout ça est issu des rapports de force issus de la deuxième guerre mondiale les puissances de l'époque qui se retrouvent au titre de membre permanent

22:54
Locuteur 6

et Vincent avait raison la charte elle a survécu parce qu'elle est très vague donc on peut l'interpréter de différentes manières mais vous seriez surprise si vous la lisez on parle encore de l'union des républiques socialistes soviétiques etc donc c'est un texte qui quand même a fait son temps et la structure du conseil de sécurité le représente mais ça c'est pas modifiable aujourd'hui parce que pour modifier la composition du conseil de sécurité il faut l'accord des cinq permanents et donc voilà sans être devin on peut penser qu'effectivement dans un avenir proche il n'y aura pas d'accord pour un élargissement du conseil de sécurité il y a d'autres modes de réforme du conseil de sécurité possibles notamment dans ces méthodes de travail c'est un organe qui est vraiment décrédibilisé aujourd'hui complètement et donc il y a depuis assez longtemps maintenant des pistes de réformes portées notamment par les français pas seulement mais notamment par les français pour rendre le conseil plus transparent plus ouvert aussi aux autres membres et d'ailleurs l'élection du secrétaire général en est une en est une illustration puisque vous savez le conseil recommande un ou une candidate on espère que ce sera une femme cette fois-ci et l'assemblée générale vote mais l'assemblée générale maintenant résiste au fait qu'on lui impose finalement un nom donc elle demande que tous les candidats y compris celui qui s'est présenté hier passent devant elle pour répondre à des questions passent des oraux etc.

donc vous voyez l'assemblée générale elle fait pression sur le conseil de sécurité il ne faut pas penser que l'ONU évidemment se limite au conseil de sécurité il y a l'assemblée générale il y a la cour internationale de justice donc des organes qui ont aussi voix au chapitre et qui dans ce mouvement de réforme et de rénovation des Nations Unies ont un rôle très important à jouer

24:32
Locuteur 3

alors il faut évoquer aussi le budget de l'ONU qui est en forte baisse donc l'assemblée générale des Nations Unies a adopté un budget 2026 de 3,4 milliards de dollars donc une baisse de 7% c'est considérable par rapport à 2025 avec 2400 postes supprimés Antonio Guterres avait même proposé de couper plus avec un budget encore plus revu encore à la baisse Vincent Pasquini que faire face à cet impératif de gestion avec ces ressources en crise comment réformer cette organisation

25:07
Locuteur 4

ça c'est c'est vraiment un sujet que rencontrent tous les secrétaires généraux et que le prochain ou la prochaine rencontrera aussi les Nations Unies sont une organisation ancienne qui repose beaucoup sur son personnel c'est-à-dire c'est pas c'est pas un ministère qui a plusieurs siècles derrière lui non plus et donc toute toute discussion de réforme rencontre effectivement effectivement des pratiques qui sont en place depuis longtemps ce qu'il faut savoir c'est que actuellement l'idée du secrétaire général était de lancer ce grand processus de réforme qu'il appelait UN4 Nations Unies 80 qui consistait dans un premier temps à réduire le personnel et à réduire les chiffres aussi dans une perspective de montrer de la bonne volonté vis-à-vis des états membres qui financent et puis qui devrait consister dans un deuxième temps en beaucoup de réformes structurelles qui sont en cours pour notamment fusionner un certain nombre de départements de bureaux des Nations Unies qui sont assez similaires.

26:24
Locuteur 3

On comprend qu'il y a aussi une volonté de reprendre la main sur les missions de l'ONU à l'occasion pour le coup tirer parti si je puis dire de cette crise de financement et donc repenser peut-être les modalités d'action de l'ONU il s'agit de ça ?

26:37
Locuteur 4

Alors ça c'est un autre aspect donc d'un côté d'un point de vue bureaucratique par exemple il y a deux bureaux de formation à l'ONU ils seront fusionnés voilà ça fait des économies ensuite il y a la question effectivement des missions de terrain qui est un autre aspect de la réforme qui a lancé le secrétaire général qui a lancé une grande revue de toutes les opérations de terrain qui va être publiée qui vient d'être approuvée donc qui va être publiée et qui effectivement essaye de donner des pistes pour à quoi pourrait ressembler une mission de terrain de l'ONU que ce soit une opération de maintien de la paix ou une mission politique dans ce contexte qui est le contexte financier mais aussi le contexte politique c'est-à-dire que l'ONU est moins forcément la bienvenue est moins acceptée pour des grandes missions comment être plus flexible comment utiliser mieux les ressources sur le terrain effectivement

27:28
Locuteur 3

Alors qu'il soit il y a tout sur ces pistes de réforme de l'ONU à la fois sur les missions et sur ses moyens

27:33
Locuteur 2

Je vais commencer par les moyens S'agissant des moyens il est très intéressant et important de porter une attention aux contributions des états membres parce que en 2026 on s'est rendu compte que sur les 193 il y en avait environ 52 qui n'étaient pas à jour de leur contribution et ça relève aussi ça met en lumière la notion de responsabilité des états membres de ces organisations il y a aussi le défaut c'est-à-dire côté des Etats-Unis qui sont quand même le plus grand en termes de financement budgétaire qui a un déficit de 4 milliards de dollars qui ne contribuent plus au même niveau que c'était il y a un certain nombre d'années donc déjà par rapport aux questions budgétaires que le constat c'est quoi c'est que les états doivent être tous responsables qu'ils soient des états qui sont en voie de développement ou des états développés ça montre que quand même que ce soit les Etats-Unis grandes puissances qui ne contribuent plus de manière régulière au même taux vu que le congrès américain a établi la limite de 24 à 25% du budget et les pays du sud qui revendiquent parfois leur place mais qui majoritairement ne sont pas à jour de leur contribution donc ça c'est sur l'aspect budgétaire maintenant en ce qui concerne les missions je rejoins totalement monsieur Paschini parce qu'il y a l'aspect réforme des opérations de maintien de la paix qui ont montré leurs limites on voit bien que malgré l'existence de ce mode de règlement de conflit les conflits perdurent dans le monde avec très peu de solutions dans certains pays depuis des trentaines quarantaines d'années en république démocratique du Congo au Soudan on a eu le cas de Gaza on a eu l'Ukraine donc on a on a constaté les soufflements de ces opérations de maintien de la paix qui complètement ont été donc revisées pour voir dans quelles mesures elles peuvent être reformulées de manière adaptée avec la contribution et l'implication directe des états eux-mêmes parce qu'il y a des réticences aussi observées au niveau des états qui doivent être d'accord dans l'option où on leur propose une opération de maintien de la paix sur leur territoire voilà

30:21
Locuteur 3

Pierre Baudolivinec vous ferez réagir vous aussi sur cette façon dont l'ONU peut se projeter vers l'avenir en se transformant à la fois sur la question de ses moyens et de ses missions

30:30
Locuteur 6

oui alors évidemment elle peut toujours mieux faire et effectivement il y a des doublons qu'on peut éviter dans tout un tas de domaines mais je voudrais quand même mettre ça un petit peu en perspective vous l'avez dit le budget des Nations Unies c'est 3,4 milliards de dollars honnêtement lorsqu'on s'arrête un petit peu à ce chiffre si on compare au budget de certains états ou même au budget de certaines dépenses militaires c'est vraiment pas grand chose 3,4 milliards de dollars et il y a quand même une mauvaise volonté des états membres de certains états membres qui a une responsabilité énorme dans la crise que l'on vit aujourd'hui le deuxième point c'est que les Nations Unies elles peuvent être très critiquées encore une fois elles ne sont pas parfaites on sait bien qu'il y a de la bureaucratie etc mais pour prendre un exemple très concret qui vous paraîtra peut-être anecdotique mais pour moi il ne l'est pas tout à fait il y a 6 langues officielles il y a 2 langues de travail alors ça il faut traduire les documents il faut interpréter ça coûte cher donc effectivement ce type de dépense on peut s'interroger mais moi je crois que les Nations Unies elles sont riches de leur diversité c'est un endroit encore une fois où on doit pouvoir se parler et que donc la diversité elle a aussi un prix et qu'il faut il faut le prendre en considération alors après une fois qu'on a dit cela effectivement je rejoins mes amis ce soir à ma distance voilà on peut toujours faire mieux dans l'émission et on peut aussi peut-être par exemple penser à identifier ce que l'ONU fait bien c'est un excellent forum de négociation de traités là il y a des traités qui sont négociations sur l'énergie la fin des énergies fossiles sur le plastique récemment il y a eu un traité adopté sur la protection des fonds dans la haute mer donc tous ces points ce sont des points importants et puis dans le maintien de la paix dans le coeur de la mission des Nations Unies et bien aujourd'hui il y a des organisations régionales qui peuvent aussi être le relais non pas supplanter l'organisation il est important que le monopole de l'interdiction de l'usage de la force et ses rares exceptions restent aux Nations Unies mais l'articulation entre l'ONU et des organisations régionales pourrait certainement être améliorée si vous voulez et ça ça peut être une piste importante pour le ou pour la prochaine secrétaire générale

32:42
Locuteur 3

alors Vincent Pasquini alors je le disais en introduction et je crois que ça n'a échappé à personne il y a donc un processus de désignation du prochain secrétaire général de l'ONU en cours qui devrait aboutir peut-être ces prochaines semaines ces prochains mois pour un début de mandat prévu pour janvier 2027 il faut peut-être se tourner vers le profil de ces candidats on va peut-être pas tous les citer mais on peut rappeler qu'il y a par exemple Michel Bachelet ancienne présidente du Chili Raphaël Grossi directeur de l'AIEA Maria Fernandez-Espinoza ex-présidente de l'Assemblée générale des Nations Unies voilà ils sont sept quelles propositions portent-ils est-ce qu'on retient un élément dans leur profil leurs compétences et la façon dont ils se projettent pour le futur de cette institution

33:25
Locuteur 4

alors je pense qu'au fond la manière dont ils ont présenté leur projet tous sauf un d'ailleurs puisque le dernier candidat Olana O'Tounou s'est déclaré qu'il y a 48 heures et on ne connaît pas son projet mais plus ou moins tous ont parlé des mêmes choses c'est-à-dire en premier lieu de la fonction politique du secrétaire général et de son rôle de médiateur sur la question de la paix et de la sécurité et de remettre les Nations Unies sur le devant de la scène de ce point de vue-là et ensuite en deuxième lieu de la question de la réforme des questions financières donc de ce point de vue-là c'est assez difficile en fait de les distinguer sur leur programme c'est aussi assez difficile de se dire qu'on n'est pas dans une élection politique où vraiment un programme va être appliqué on est dans quelque chose d'autre et je pense que ce qu'ils ont dit ou ce qu'ils ont présenté ne préjugent pas forcément de ce qu'ils feront ce qu'on peut regarder chez les candidats c'est leur nationalité leur origine géographique leur genre il y a bien sûr on parle beaucoup du temps des femmes

34:41
Locuteur 3

aujourd'hui à la tête de l'ONU vous pensez que les conditions sont réunies pour qu'une femme prenne la tête du secrétariat général de l'ONU ?

34:47
Locuteur 4

Alors avec 80 ans d'existence il n'y a jamais eu de femme comme secrétaire général de l'ONU donc c'est dans l'air le fait que le tour d'une femme est arrivé néanmoins c'était aussi le cas il y a 10 ans quand le secrétaire général Guterres a été élu ça devait être le tour d'une femme et d'une femme de l'Europe de l'Est et finalement ça a été un homme de l'Europe de l'Ouest là ce qu'on dit c'est que c'est le tour d'une femme et de l'Amérique latine c'est le tour de l'Amérique latine donc si on regarde ça il y a bien entendu quatre femmes de l'Amérique latine qui sont sur la ligne de départ et certaines avec des profils plus ou moins politiques donc c'est peut-être plutôt de ce côté-là qu'il faut se pencher mais ensuite ce qui va véritablement déterminer leur élection c'est énormément d'autres facteurs qui sont liés à leur position politique passée leur profil pour rappeler aussi

35:38
Locuteur 3

qu'ils doivent ne pas avoir de veto contre eux des membres permanents du conseil de sécurité ça c'est un point extrêmement important

35:43
Locuteur 4

exactement et surtout surtout finalement à partir d'aujourd'hui ce qui va vraiment compter c'est la dynamique du vote qui est en train de se lancer avec ce premier straw poll comme on dit au conseil de sécurité et qui peut prendre différents tours il peut y avoir des négociations sur d'autres postes de haut niveau il peut y avoir une dynamique qui s'enclenche pour un candidat sans qu'on comprenne très bien pourquoi et puis on peut atterrir sur le plus petit dénominateur commun comme vous le disiez c'est-à-dire la personne qui finalement ne se verra présenter aucun veto

36:20
Locuteur 3

alors qu'il soit il y a tout est-ce que le temps des femmes est arrivé à la tête de l'ONU et voilà quel profil et quelles propositions pour réformer cette institution

36:29
Locuteur 2

je vais rejoindre mon prédécesseur c'est vrai que c'est le temps des femmes mais ça doit être aussi par rapport aux enjeux et aux défis auxquels l'organisation est confrontée ça doit être la meilleure candidate d'abord avant de penser à la femme je pense d'abord à la meilleure candidate parce que l'organisation est confrontée à une crise profonde et certes comme il a relevé tout à l'heure c'était une femme qui devait passer en 2016 et c'est monsieur Guterres qui était passé ce serait une très bonne chose pour l'évolution de la parité homme-femme qui est promue par les Nations Unies mais je reste sur le fait que lors des débats devant l'Assemblée générale le débat qui s'est tenu le 23 la plupart de ces candidats insistaient elles-mêmes sur les compétences le leadership et donc c'est quelque chose qui doit pouvoir c'est-à-dire transparaître dans le critère de sélection du futur candidat du futur secrétaire général de l'organisation cette élection révèle en fait que effectivement ça révèle les problèmes qui entraient dans le monde les défis auxquels les peuples sont confrontés notamment les femmes mais personnellement je ne fais pas une fixation sur le fait que ce soit une femme

38:13
Locuteur 3

Alors il y a un autre élément dont on parle beaucoup aussi c'est la question de l'origine géographique on vient de parler de l'Amérique latine alors est-ce qu'il s'agit d'une alternance qui est bien logique après tout à la tête de cette grande institution il y a aussi deux candidats africains est-ce qu'une zone géographique du monde ou en l'occurrence la candidature de Macky Sall ou celle d'Olara O'Tounou pourrait aussi avoir leur chance en fonction de ses attentes de la société civile internationale

38:35
Locuteur 2

Pas forcément parce que justement ce sont des principes informels en fait ce sont des principes informels que ce soit le cas de la représentation féminine c'est souhaité ce n'est pas mentionné ou encadré par une résolution certes on a une résolution qui promeut la paix les femmes dans la paix et la sécurité mais pour revenir sur la question par exemple de la représentation de l'Afrique c'est pareil le Nigeria l'a relevé lors du sommet de l'Union africaine par rapport à la candidature de Macky Sall qui n'a pas respecté la procédure de l'organisation que c'était au tour de l'Amérique latine d'occuper le poste de secrétaire général mais ce n'est pas un élément déterminant ce qui est important et ce qui sera déterminant c'est déjà le soutien de ses membres permanents parce que leur veto ils peuvent poser un veto sur un des candidats et ils peuvent soutenir un candidat sans que cela ne soit forcément en lien avec l'appartenance géographique ou avec le fait d'être une femme

39:51
Locuteur 3

Vincent Pasquini je crois que vous vouliez réagir sur ce point précis

39:53
Locuteur 4

de manière plus générale je voulais juste rajouter deux choses rapides la première c'est que la prochaine secrétaire générale n'est peut-être pas dans cette liste des candidats c'est-à-dire que le processus pourrait continuer avec des veto consécutifs et il n'est pas du tout exclu que d'autres candidats arrivent puisqu'il y en a un qui s'est présenté il y a seulement 48 heures donc il faut bien comprendre ça et surtout que la durée du processus d'élection va être un révélateur réellement aussi de l'état de l'institution c'est-à-dire vraiment de la volonté des membres du conseil de sécurité et des états membres à impulser une dynamique et c'est vrai que plus le processus va durer et plus il va se bloquer si c'est le cas moins ce sera un bon signe pour les Nations Unies

40:43
Locuteur 3

Alors Pierre Baudot Livinek à la fois sur ce processus de désignation sur des surprises qui seraient peut-être à attendre comme vient de suggérer Vincent Pasquini et puis de manière plus générale aussi sur les demandes peut-être de représentativité qui émanent de la société civile internationale pour avoir peut-être un secrétaire général représentatif d'une zone géographique du monde qui n'a pas encore été très bien représentée dans ces instances

41:05
Locuteur 6

Alors oui effectivement je crois qu'on n'est pas tout à fait au bout de nos surprises ce qui se passe actuellement c'est le début d'un processus qui va prendre du temps je voudrais revenir sur un point évidemment le fait d'être une femme c'est pas un argument en tant que tel je rejoins tout à fait ça ceci dit deux des trois candidats hommes se sont pour l'instant assez affranchis des règles le dernier en date d'ayant pour l'instant évidemment pas du tout répondu à l'appel à s'entretenir avec les états membres de l'Assemblée Générale et puis surtout on a parmi les candidats je n'ai pas de favoris évidemment je suis totalement objectif mais on a parmi les candidats quand même des profils qui sont tout à fait a priori adéquats pour les Nations Unies Guterres il a été premier ministre du Portugal et puis il a dirigé le commissariat aux réfugiés avant de devenir secrétaire général des Nations Unies Michelle Bachelet elle a été présidente du Chili elle a été au commissariat aux droits de l'homme elle a été à la tête d'ONU-Femmes donc ce sont des personnes qui remplissent vraiment les critères pour pouvoir à la fois qu'ils connaissent très bien la machine onusienne mais qui ont aussi par leur stature et les fonctions qu'ils ont exercées dans le passé qui sont capables de parler à des chefs d'Etat et de gouvernement et encore une fois lorsqu'on est secrétaire général c'est essentiel alors après effectivement en quelques mots

42:21
Locuteur 3

s'il vous plaît parce qu'on arrive malheureusement au terme de cette émission il faut conclure

42:23
Locuteur 6

c'est pas la société civile qui décide je crois que la question régionale ça peut pas du tout être un européen etc c'est leur tour mais ça pourrait être un candidat ou une candidate tirer les chapeaux s'il y a des blocages il faut pas négliger un point qui me paraît essentiel certes il y a la question du veto mais en un mot l'Assemblée Générale est beaucoup moins docile qu'elle l'était avant et il faudra convaincre que le candidat ou la candidate est la bonne aussi pour l'Assemblée Générale

42:49
Locuteur 3

et bien affaire à suivre et grand merci en tout cas à tous les trois Belkissua, Yatou, Vincent Pasquini Pierre Baudot-Livinek merci d'avoir été au micro de questions du soir grand merci à toute l'équipe qui a préparé cette émission Juliette Mouillik à Loïs Guérin Tom Hemenstock à Del Triol à Coline Guillot à la réalisation Jean-Christophe Francis à la technique Raphaël Rousseau merci aussi à Fabien Bourlier de Ici Quimper à Bresizel qui a rendu possible cette émission à distance à Bresizel

Après António Guterres, y a-t-il quelqu'un pour sauver l'ONU ? — Pierre Antoine · Pourquijevote