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AutreSUDRADIO· 5 août 2026 24 minMixte

Incendies en Gironde : combien vont toucher les sinistrés / Gens du voyage : Gabriel Attal veut durcir les règles

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0:00
Présentateur

Et notre premier sujet du jour, c'est donc cette autre bataille qui commence après les incendies, une fois que les flammes sont éteintes, les sinistrés qui entrent dans une nouvelle phase, celle des démarches, des expertises et de l'indemnisation. Et ces incendies posent une question qui dépasse largement les seuls sinistrés. Demain, combien coûtera le fait de s'assurer dans une région exposée aux risques climatiques ? Les tarifs des assurances habitations sont déjà en hausse dans les zones les plus touchées et certains propriétaires craignent de voir les prix continuer à grimper, voire de rencontrer des difficultés pour assurer leur logement.

Alors face à la multiplication des catastrophes naturelles, comment protéger les Français sans rendre l'assurance inacceptable ? On en discute tout de suite avec mon invité, notre invité ce matin, Stéphanie Durafour, chargée des relations presse pour Assurland, comparateur d'assurance. Bonjour Madame Durafour. Bonjour. Bonjour, merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio. Alors d'abord, pour les sinistrés de Gironde et Deslandes, concrètement, est-ce que vous pouvez nous expliquer comment va se passer cette indemnisation ? Quels sont les délais, les démarches, les points de vigilance pour les habitants qui ont été touchés en premier lieu par les incendies ?

1:12
Invité

Oui, bien sûr. Donc pour les particuliers, le délai de déclaration de sinistre a déjà été allongé. Normalement, vous avez cinq jours pour déclarer un sinistre incendie. Là, les sinistrés ont jusqu'au 31 août pour faire leur déclaration. Comment on fait ? On contacte son assureur. Aujourd'hui, les espaces clients en ligne sont plutôt bien faits. On l'informe qu'on a eu un sinistre. Et puis, il va falloir lister l'ensemble de ce qui a été endommagé. Donc, que ce soit sa voiture, son jardin, sa maison, ses biens mobiliers. Et comment va se passer l'indemnisation ? Eh bien, l'assureur va regarder ce pour quoi vous étiez couvert. Quelle est la formule que vous aviez souscrite ?

Est-ce que c'était un rééquipement à neuf ou une formule avec le calcul du fameux coefficient de vétusté ? Quel capital mobilier vous aviez déclaré ? Est-ce que votre voiture était assurée contre les incendies ou pas ? Est-ce que votre jardin était assuré ? Et puis, en fonction de tous les éléments que vous allez lui fournir, les factures, les photos, il va pouvoir déterminer le montant de ce que vous possédiez. Et vous proposez une indemnisation. Je rappelle que le sinistré n'est pas obligé d'accepter cette indemnisation. Il peut tout à fait demander une contre-expertise.

Si ça ne le satisfait pas, en tout cas, ce qui va se passer, c'est que pour les personnes dont la maison a été malheureusement complètement détruite, on va estimer le montant de la reconstruction. C'est-à-dire combien ça coûte de reconstruire la maison à l'identique. Donc, attention, ce n'est pas combien ma maison valait sur le marché immobilier si je l'avais revendue aujourd'hui. C'est combien ça coûte de la reconstruire. Donc là, on va faire intervenir des spécialistes du bâtiment pour estimer combien ça coûte de refaire la charpente, les murs, les huisseries, etc. Et là, ça peut prendre plusieurs mois.

2:49
Présentateur

La question importante, Mme Durafour, combien ça coûte ? C'est la question que beaucoup d'auditeurs se posent actuellement. Est-ce qu'il faut s'attendre, par exemple, à une hausse des tarifs, notamment dans les zones exposées aux incendies ?

2:59
Invité

Alors, ça fait quand même déjà plusieurs années qu'on constate que ces zones beaucoup plus exposées aux risques climatiques, que ce soit les tempêtes, les grêles, la sèche-très, les inondations, les incendies, ces zones-là coûtent beaucoup plus cher et, au fur et à mesure des années, augmentent. Et donc, oui, on peut effectivement s'attendre à des hausses de tarifs dans ces zones très exposées dans les mois, années qui viennent, d'autant plus qu'on n'a pas encore connaissance de ce qui va se passer dans la deuxième partie de l'année. Donc, on pourrait avoir aussi d'autres événements climatiques qui viendraient potentiellement alourdir la facture en 2027.

3:33
Présentateur

Est-ce qu'on pourrait arriver dans une situation où, par exemple, certaines maisons, certains territoires deviendront très difficiles, voire impossibles à assurer à cause des risques climatiques ?

3:43
Invité

Alors, aujourd'hui, on n'est pas dans une situation où il y a des zones inassurables parce qu'en France, on a quand même une offre d'assurance qui est vraiment très, très large. On a beaucoup d'acteurs sur ce marché. Donc, on peut toujours trouver une offre d'assurance. La difficulté pour les particuliers, c'est que dans les zones qui sont beaucoup plus tendues, beaucoup plus à risque, on peut avoir effectivement une raréfaction de l'offre. Et moins d'offres, ça veut dire moins de compétitivité, donc des prix beaucoup plus chers pour les particuliers.

Donc, la question, ce n'est pas tellement est-ce qu'on pourra continuer à s'assurer, mais plutôt à quel prix ça coûtera beaucoup plus cher dans ces zones. On pourrait avoir des assurés qui décident, par exemple, de s'appauvrir en garantie, prendre des formules un peu plus low cost pour pouvoir payer leur assurance.

4:21
Présentateur

Et la question, c'est de savoir aussi le prix, le coût et surtout la responsabilité. Qui va endosser cette responsabilité de ces fameux coûts, de l'adaptation notamment au changement climatique ? Est-ce que ce sont les assureurs, l'État, les propriétaires eux-mêmes ? Est-ce qu'on prévoit une adaptation des changements dans les années qui viennent ? Parce qu'on sait que ce changement climatique et même ce dérèglement climatique dont on parle va être amené à se poursuivre dans les années qui viennent.

4:46
Invité

Quelles sont les adaptations ? Vous avez tout à fait raison. Et c'est vraiment le maître mot, c'est d'accentuer les efforts de prévention et d'adaptation de nos bâtis face à ces événements climatiques pour pouvoir avoir une résistance un petit peu plus importante dans les années qui viennent. En fait, c'est vraiment un choix collégial. Ce sont des décisions de l'État. Ce sont aussi des mesures, notamment prises par les assureurs, qui font beaucoup d'actions et qui font beaucoup de recherches sur le terrain de la prévention. Et puis, c'est également des mesures prises par les particuliers. Nous, en tant qu'individus, des réflexes à avoir quand il y a des événements climatiques.

C'est des réflexes tout bêtes, mais quand on sait qu'il va y avoir un orage, c'est rentrer tout ce qu'il y a dans notre jardin pour éviter que ça constitue des projectiles, fermer ses volets pour éviter d'avoir des grêlons qui viendraient endommager les vitres. Voilà, ces petits réflexes-là. Mais globalement, c'est vraiment un choix de société et c'est des efforts de tout le monde pour pouvoir adapter nos bâtiments face à ces événements climatiques.

5:53
Présentateur

C'est important parce que vous parlez justement de ces fameux réflexes à adopter pour mieux protéger les logements, peut-être pour les Français qui nous écoutent, qui habitent dans une zone à risque. Vous venez de nous en parler brièvement, mais qu'est-ce que vous leur conseillerez précisément pour éviter tout simplement les mauvaises surprises avec leurs assurances ?

6:11
Invité

Alors, déjà, faire le point sur son contrat. Là, on parle beaucoup des incendies. Il y a quand même beaucoup de personnes qui vont constater que leur jardin, par exemple, n'était pas assuré parce que ça fait partie des options à souscrire dans son contrat d'assurance habitation. Donc déjà, premier point, si on habite dans une maison, qu'on a un beau jardin avec la clôture qu'on vient de refaire, qu'on a fait installer une piscine, etc., vérifiez quand même que c'est pris en charge. On fait poser des panneaux solaires, on vérifie que c'est bien aussi... Ça fait bien partie du contrat d'assurance. Si on a un véhicule, on vérifie quel est le type de garantie.

Les personnes qui étaient assurées au tiers, en l'occurrence, s'ils ont eu un incendie sur leur voiture, ne seront pas indemnisées. Donc c'est important déjà de savoir ce pourquoi on est assuré. On peut également revérifier ce qu'on appelle le capital mobilier. Donc je pense malheureusement à toutes ces personnes qui ont perdu l'ensemble de ce qu'ils possédaient dans un incendie. Le capital mobilier, c'est ce qu'on déclare à l'assureur quand on signe le contrat. C'est l'ensemble de ce qu'on possède à l'intérieur des murs. Eh bien, bien souvent, on ne fait plus attention, mais au fur et à mesure des années, on fait des achats de grande valeur. Mais on oublie de réévaluer ce capital mobilier.

Donc ça, ça vaut la peine de regarder un petit peu ça. Et puis après, des réflexes aussi, par exemple, avoir ses factures réunies au même endroit dans une pochette ou alors constituer un petit dossier sur le cloud pour pouvoir les récupérer facilement. Et puis connaître aussi tout simplement son assureur et son numéro de client. On a encore des gens qui ne savent pas chez qui ils sont assurés. Donc ça, c'est aussi des choses toutes bêtes à avoir en tête.

7:38
Présentateur

Oui, vous avez raison de le rappeler. Des choses toutes simples. Garder son contrat, le ranger à un endroit avec le numéro et le nom de son assureur au cas où, à un moment donné, on en aurait besoin. Peut-être une autre question sur les moyens de contestation. Est-ce qu'il existe à l'heure actuelle des moyens de contestation si on considère, par exemple, qu'une décision qui a été prise par un assureur n'est pas légitime ? Est-ce qu'il est possible de la contester si un assureur décide de ne pas payer ou de ne pas payer suffisamment ? Que peut faire un administré ?

8:09
Invité

Alors, tout à fait. En tant qu'assuré, on n'est pas obligé d'accepter la proposition d'indemnisation qui a été faite par l'assureur. Il est tout à fait possible de demander une contre-expertise. Parfois, certains contrats prennent en charge la demande d'un contre-expert. Et puis, si les deux experts n'arrivent pas à se mettre d'accord, on demande un troisième expert qui va venir les départager. Donc, il ne faut pas hésiter, il ne faut pas attendre et accepter l'indemnisation. Si on n'est pas d'accord, il faut se manifester. Et puis, si on rentre également dans un conflit, il y a également un médiateur de l'assurance qui peut être saisi.

8:44
Présentateur

Donc, c'est un médiateur de l'assurance qui peut être saisi. C'est l'une des démarches par lesquelles il est possible de faire entendre sa voix si on considère qu'une décision qui a été prise n'est pas légitime, n'est pas juste.

8:54
Invité

Oui, tout à fait. Alors, le premier réflexe, c'est tout de même de demander une contre-expertise. Ça, ça se fait très facilement et ça permet d'être rassuré aussi par rapport au fait que l'assurant a bien respecté les termes du contrat et que l'indemnisation est bien conforme à ce qui a été déclaré.

9:12
Présentateur

Parfait. Écoutez, merci beaucoup. Merci Stéphanie Durafour. Je rappelle que vous êtes chargée des relations presse pour Assurelande, comparateur d'assurante. Merci pour cet éclairage sur cette question qui va prendre de plus en plus de place malheureusement dans les années qui viennent. Celle de la facture, celle de l'assurance qui va payer pour ces nouveaux risques climatiques. Et puis, une pensée évidemment pour toutes les personnes touchées par les incendies en Gironde, dans les Landes qui vivent aujourd'hui une période particulièrement difficile. On se retrouve tout de suite juste après la pause. On se retrouve tout de suite avec notamment le maire.

Un maire qui va nous expliquer les difficultés auxquelles il est confronté tous les jours avec la question des gens du voyage. A tout de suite.

9:51
Locuteur non identifié

Sud Radio. Les débats de l'été. Noémie Alioua.

9:54
Présentateur

Et en eau de retour sur l'antenne de Sud Radio, on poursuit notre tour de l'actualité avec une colère qui monte chez certains élus locaux. Des maires qui disent se sentir démunis face aux installations illégales des gens du voyage. Des terrains occupés sans autorisation. Des procédures jugées trop longues. et des élus qui expliquent parfois avoir le sentiment de ne pas avoir les moyens de faire respecter les décisions prises. Le sujet a été relancé ces derniers jours après la prise de position de Gabriel Attal, ancien Premier ministre, qui a dénoncé en Vendée plusieurs occupations illégales de terrain. Mais derrière la polynémique, une question revient.

Les maires ont-ils aujourd'hui les moyens d'agir face aux occupations illégales ? Et vous, dans votre commune, avez-vous déjà été confronté à ce type de situation ? Appelez-nous, racontez-nous en détail ce qui vous arrive, ce que vous pensez d'ailleurs de cette question 0826 300 300, 0826 300 300. Et on en discute aussi ce matin avec notre invité Nicolas Barthe, maire de Toulouse, dans les Pyrénées-Orientales. Bonjour, monsieur le maire.

10:53
Invité

Bonjour.

10:54
Présentateur

Bonjour, merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio. Voilà, vous êtes le maire d'une commune qui a été confrontée à ce type de problématiques. Concrètement, qu'est-ce qui se passe quand des caravanes s'installent sur un terrain sans autorisation ?

11:06
Invité

Alors là, on remonte aux souvenirs de l'année dernière, même si cette année, on était encore confrontés. En juin dernier, un samedi, sur un samedi, je suis appelé par le club de foot et de rugby de ma ville de Toulouse, qui subissait une invasion de 50 caravanes issues de la communauté des gens du voyage, avec une entrée assez musclée sur le terrain, où moi, je me suis ce jour-là interpellé, puisque j'étais pas loin, et nous avons vécu des moments difficiles. Alors, il faut dire que ma ville et ma situation a été sûrement l'un des éléments déclencheurs de la prise de conscience de ce problème même, si ce problème était vécu par plusieurs maires depuis de longues années.

Mais à partir de ce moment-là, nous avons été, et je tiens à le dire, sans faire de politique, c'est important de le souligner, bien accompagné par l'État et le ministre de l'Intérieur de l'époque, qui était M. Retailleau, qui a réagi immédiatement. En clair, quand vous êtes au sein d'une ville qui siège dans l'agglomération qui est Perpignan-Méditerranée pour notre département, il faut que la communauté d'agglomération soit conformité avec ce que l'on appelle le schéma d'accueil des gens du voyage.

Il faut qu'à l'échelle des 36 communes qui constituent l'agglomération, vous puissiez proposer à ces communautés une terre, entre guillemets, d'accueil où il y a de l'eau, où il y a une possibilité de branchement à l'électricité pour leur amener une solution. Et une fois que vous avez cela, vous êtes en conformité avec la loi et vous pouvez, par la force, après avoir notifié par arrêter l'occupation illégale, sortir les gens de la zone qui est occupée.

13:02
Présentateur

Voilà, donc c'est ça. Donc, à partir du moment où vous prenez des décisions, qu'est-ce qui se passe ?

13:08
Invité

Alors, il y a 24 heures. Ils ont 24 heures pour quitter les lieux. Et je le souligne également, sur le département, le préfet des Pyrénées-Orientales est intransigeant avec la loi et signifie et évacue par là, signifie administrativement l'occupation illégale et passer le délai signifie par la force l'évacuation du lieu occupé. L'année dernière, sur cette situation qui a été douloureuse pour la ville, nous avons eu la possibilité d'évacuer ces gens-là avec la compagnie des CRS de Montpellier.

Il y avait plus de cent hommes mobilisés pour amener ce signal qui est un signal important qu'une fois que la loi est respectée, que le schéma d'accueil territorial est respecté, les gens doivent se conformer à la loi et quitter les lieux. Et s'ils ne les quittent pas, eh bien là, le préfet emploie la force mais sur l'affaire de Toulouse, cela a duré deux heures et demie. Quand ils ont vu arriver la colonne de CRS, le PSIG, les drones, ces gens-là sont partis au bout de deux heures en laissant l'état du terrain propre avec quelques dégâts mais c'était relativement en bon état. Donc qu'est-ce que cela nous prouve ? Pardon, oui. Allez-y, allez-y, pardon. Qu'est-ce que cela nous prouve ?

C'est qu'une fois qu'on est en conformité avec la loi, qu'on est raccord avec la légalité, il ne faut pas hésiter à utiliser la force. Et finalement, le premier à nous accompagner sur ce modèle-là, c'est le préfet. Avec les forces qu'il a à disposition. Surtout l'ouge il y a un an. Ça s'est vraiment bien passé. Et là, dernièrement, on a été, on a eu une petite invasion de, alors là, de huit caravanes. Notification de l'arrêté, occupation illégale, schéma territoriel d'accueil en conformité avec la loi. la gendarmerie et l'État se sont mis ensemble pour amener cette preuve de force. Ils sont restés 24 heures et ils sont partis.

15:15
Présentateur

Alors, vous dites quand même qu'il y a eu une mobilisation assez exceptionnelle, d'abord du préfet, du ministre de l'Intérieur de l'époque. sans personne des forces de l'ordre mobilisées, ce n'est peut-être pas les moyens qu'ont toutes les communes de France pour pouvoir lutter contre ce fléau.

15:29
Invité

Non, mais il faut être accompagné. Il suffit de la volonté des préfets et de l'État d'accompagner les maires de terrain que nous sommes.

15:39
Présentateur

Oui, c'est ça.

15:40
Invité

La première des choses qui est importante, c'est que la ville qui siège au sein de la communauté d'agglomération doit être en conformité avec le schéma d'accueil. Si vous n'avez pas d'air comme la loi le demande capable d'accueillir ces gens-là, vous ne pouvez pas mettre en avant la signification administrative et après la force. Et je pense que l'État, et vous l'avez vu dernièrement avec M. Attal, vous l'avez dit, qui était en Vendée, a pris conscience de la lourdeur de ces occupations et du stress que cela pouvait générer pour les maires et pour les populations.

16:22
Présentateur

Si vous deviez donner un conseil aux maires qui sont confrontés à cette situation, quelle est la meilleure démarche selon vous pour pouvoir faire en sorte de lutter contre ça ?

16:34
Invité

Déjà, savoir si au sein de leur agglomération, le schéma d'accueil territorial des gens du voyage est respecté. Ça, c'est la première des choses. passer l'arrêté d'occupation illégale quand cela arrive et de se tourner directement vers le préfet de leur département et si encore je m'en tiens à ce que je vis sur les Pyrénées-Orientales, les préfets sont à l'écoute et mobilisent les forces qu'il faut. Enfin, du moins, c'est ce que je vis ici dans les Pyrénées-Orientales pour faire évacuer les communautés vers des airs mises à disposition, préparées pour les accueillir. C'est un investissement que Perpignan-Méditerrané Métropole a mis en place.

Ça nous coûte beaucoup d'argent mais au moins, on est en conformité avec la loi et là, on peut agir avec la force, passer le délai administratif de signification.

17:35
Présentateur

C'est ça, parce que certains rappellent quand même que les communes ont le devoir, elles doivent prévoir des airs d'accueil pour les gens du voyage. Est-ce que les collectivités jouent suffisamment leur rôle, selon vous ?

17:45
Invité

Nous, c'est une compétence qu'on a délivrée à Perpignan-Méditerranée, à l'agglomération. Donc, les airs d'accueil sont mutualisées. Je ne veux pas vous dire de bêtises mais au sein de Perpignan-Méditerranée, je crois que nous avons trois airs capables d'accueillir les gens du voyage qui sont équipés en eau, en électricité. Donc, il faut se mettre en conformité avec la loi, c'est normal. Et une fois qu'on est en conformité avec la loi, là, on peut agir. Mais le préfet, il ne peut pas agir par la force si au préalable, la communauté d'agglomération ou la ville ne s'est pas mise en conformité.

18:26
Présentateur

Est-ce que vous pouvez nous raconter les témoignages des habitants ? Comment ont vécu vos habitants cette situation ? Est-ce que certains sont venus se plaindre auprès de vous de nuisances, d'inquiétudes ? Comment vous avez senti, vous avez pris le pouls de votre population au moment où c'est arrivé ?

18:46
Invité

Alors, j'ai eu déjà un pouls, on va dire, direct par les associations qui occupaient le stade. Parce que vous savez, quand ces gens rentrent, là, ils sont rentrés par la force, avec une idée en tête, rentrés. Coute que coûte. C'est-à-dire que j'avais les gens des associations qui fermaient les portes, il y a eu des dames qui ont été malmenées, moi, je me suis opposé, ils sont venus à 7, ils m'ont déplacé sur le côté et ils ont ouvert les portes et ils rentraient à toute blinde dans le stade. Parce que leur seul objectif, c'était rentrer. Il y avait 55 caravanes ce jour-là, sur un stade, c'était impressionnant. Attendez,

19:24
Présentateur

vous voulez dire que vous, en tant que maire, on vous a déplacé pour pouvoir rentrer dans le stade ?

19:28
Invité

Oui, moi, je me suis opposé, je me suis opposé physiquement à ces gens-là.

19:34
Présentateur

Vous avez porté plainte ?

19:35
Invité

Oui, il y a une plainte qui est en cours, ça va être jugé la prochaine.

19:39
Présentateur

Vous étiez avec d'autres administrés ? Expliquez-nous un petit peu comment ça s'est organisé.

19:42
Invité

Il y avait des associations fréquentées de football et de rugby donc fréquentaient le stade. Ils sont arrivés, ils ont pété le cadenas, donc ils ont ouvert en grand les portes du stade et ils se sont introduits dans le stade. Et leur but, à ce moment-là, c'est rentrer coûte ou coûte. Ils doivent rentrer rapidement, très rapidement, pour ne pas être repoussés. Donc, les voitures accélèrent, sans regarder les piétons, les personnes qui s'imposent sont menacées physiquement et sont mises de côté. Et c'est parti. Et les voitures arrivent, s'installent, tout est organisé, c'est travaillé au sein des communautés. C'est ce que j'ai pu sentir, c'est que les rôles sont bien répartis.

Il y a des gens qui sont missionnés, c'est le plus dur finalement de ces communautés-là, qui sont missionnés pour favoriser le passage. Et après, une fois que c'est passé, vous avez les plus anciens qui viennent et qui commencent à négocier avec l'élu, avec les associations, avec le propriétaire du terrain, que ce soit la ville ou un propriétaire privé.

20:52
Présentateur

Donc, ils arrivent avec leur caravane et ils négocient avec vous pour pouvoir rentrer sur le terrain quand même ils savent que c'est illégal.

20:59
Invité

Ils ne négocient pas. Ils rentrent coûte que coûte. C'est un coup de force. Ils ne négocient jamais. Ils ont dans leur communauté des gens qui sont chargés de réaliser cela. C'est-à-dire rentrer coûte que coûte par la force. Et c'est quoi ?

21:11
Présentateur

Ils vous intimident par la force ? Ils ont des gros bras bien musclés, c'est ça ?

21:14
Invité

Oui, c'est ça. C'est ça. En clair, c'est ça. Et une fois qu'ils sont rentrés, qu'ils ont réalisé leur coup de force, là, on arrive sur la période de négociation. Mais moi, je l'ai bien senti, je l'ai bien vu. Et là, vous avez des personnes un peu plus âgées, un peu plus posées, qui viennent, qui viennent entamer le dialogue. Et ils se répartissent les rôles comme cela. Il y a les personnes fortes de la communauté qui, elles, rentrent par la force, et à les négociateurs, qui sont souvent les personnes un peu représentatives de la communauté. Et elles, elles négocient avec vous en douceur. C'est très organisé

21:49
Présentateur

ce que vous nous décrivez là. Est-ce que, du côté de l'État, c'est aussi organisé ? Est-ce qu'il y a les moyens de contrer ce fléau rapidement ? À partir du moment où on sait qu'il y a eu une installation illégale, là, on voit que tout est très organisé, tout est très pensé. Est-ce que, du côté de l'État, du côté de la préfecture, du côté de l'agglomération, les procédures sont aussi bien organisées ?

22:12
Invité

Oui, oui. Oui, oui. Dans les Pyrénées-Orientales au sein de Perpignan-Méditerranée et de la métropole. Oui.

22:19
Présentateur

Et ailleurs ?

22:19
Invité

Ailleurs, je l'espère. Parce que tous les maires

22:25
Présentateur

ne se sentent pas aussi protégés et accompagnés que vous, malheureusement.

22:32
Invité

Mais il faut que, politiquement, déjà, ils se mettent en conformité. On a voté tous, nos parlementaires ont voté un cadre légal. C'est que chaque communauté d'agglomération ou chaque ville doivent bénéficier d'une aire devant accueillir les jeunes du voyage. Une fois que ça, c'est respecté, il y a la signification administrative et après, s'ils ne veulent pas partir, c'est la force. Il n'y a pas d'autre solution. Donc, généralement, ce n'est pas des gens

22:57
Présentateur

qui rendent... De la part des élus et ensuite, par la force, par la procédure plus directe. Par le respect

23:03
Invité

du cadre légal.

23:04
Présentateur

Par le respect du cadre légal.

23:05
Invité

J'ai l'impression et j'ai l'impression quand même que ça fait son chemin. Cette démonstration, j'avais pris la parole il y a quelques mois sur cette antenne-là. Oui, oui, vous nous avez bien raconté. On dit que maintenant, il faut muscler nos interventions face à ces personnes-là.

23:27
Présentateur

Le respect du cadre légal. On retiendra ça. Merci beaucoup, Nicolas Barthe. Je rappelle que vous êtes maire de Toulouse, dans les Pyrénées-Orientales. On est bien sur Sud Radio. Il est 10h29 et dans un instant, comme vous en avez habitude, vos grands débats de l'été. Les chroniqueurs sont déjà là. Ils sont entrés, ils sont installés autour de la table. Ils se préparent à des débats enflammés. A tout de suite sur Sud Radio.

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