Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLCP (sur YouTube)· 31 mai 2026 17 min

Quelles solutions à la crise démographique de l'UE ? | Ici l'Europe - 30/05/26

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Merci de nous rejoindre à Strasbourg au Parlement européen pour parler d'une Europe qui n'a jamais aussi bien porté son surnom de vieux continent. Le vieillissement de la population dans les pays européens ne cesse de s'accélérer alors que la natalité elle est en chute libre. le taux de fécondité moyen au sein de l'Union européenne et de 1,3 enfants par femme très loin du taux de 2,1 nécessaire au renouvellement naturel des générations.

Et on évoquera dans cette émission les causes de cette chute de la natalité en Europe, mais aussi les solutions pour résoudre cette crise démographique. Faut-il mettre le paquet sur la politique familiale comme l'ont fait certains pays sans obtenir de résultats probans ou alors faut-il miser sur l'immigration afin de maintenir à niveau la population active et de ne pas remettre en cause les modèles sociaux en Europe ? Alors pour en parler deux femmes, c'est bien normal hein, deux eurodéputés.

Martha Temindo, bonjour, vous êtes député européenne portugaise des socialistes et démocrates. Isabelle le Calenec, bonjour. française du Parti populaire européen, ce qui correspond aux républicains en France.

Bonjour. Alors, on va commencer par votre analyse déjà sur vos pays respectifs. Isabelle le le Calenc, la France fait partie des pays européens qui font le plus d'enfants avec la Bulgarie, mais ce pays est aussi touché par cette baisse de la fécondité.

Tout à fait. Nous sommes nous aussi maintenant en dessous des 2,1 enfants par femme. On doit être autour de 1,53.

Donc c'est une tendance de fond qui nous inquiète parce qu'évidemment ça a des conséquences sur l'économie, sur nos finances et sur les relations intergénérationnelles. Alors c'est le Portugal qui connaît aussi ce qu'on appelle un hiver démographique, un nombre de naissances inférieur au nombre de décès comme dans d'autres pays d'ailleurs du sud, l'Italie, l'Espagne. C'est une crise démographique qui inquiète beaucoup dans votre pays.

On en parle quotidiennement. Oui, bien sûr, quotidiennement. Euh et on essaie comme partout en Europe euh et dans le vieux continent euh à euh invertir euh la tendance euh ou du moins à euh maîtriser ses conséquences.

Ce qu'on sait et ce qu'on sait d'après les derniers euh chiffres euh de estimation euh des Rostat, c'est que on estime qu'Europe va perdre 53 millions d'habitants jusqu'à 2100. C'est beaucoup, c'est énorme. On va encore avoir un petit accroissement dans les prochaines 3 années, d'accord ? d'après les estimations et après on subira une inflexion, une décroissance et ça va affecter notamment énormément le Portugal.

Ce vieillissement de la population c'est un défi majeur pour nos sociétés en Europe. Mais quelles sont les causes de cette baisse de la natalité ? Écoutons une association française qui alerte depuis des années sur ce phénomène.

Ce sont beaucoup des freins matériels en fait qui s'opposent à la concrétisation. euh une inquiétude euh de la part de nombreux parents aussi euh inquiétude par rapport au contexte international, par rapport au contexte économique et social. Et puis l'idée selon lesquelles bah d'avoir un enfant, c'est compliqué de pouvoir garder euh son emploi, son activité et on a besoin de son activité évidemment pour pouvoir faire vivre une famille. inquiétude de trouver des services pour faire garder son enfant quand il est petit.

Inquiétude sur le fait de comment on va financer d'ailleurs plus tard ces études supérieures. Donc c'est un peu de tous ces éléments conjugués. Alors, vous voyez en France Isabelle le Calenek, on est plutôt avancé en effet par rapport aux autres sur les structures d'accueil de petite enfance, les crèches et cetera mais il y a une popérisation des jeunes couples qui leur qui les empêchent de penser à élever des enfants.

Ça a été dit hein, il y a une question de pouvoir d'achat et puis le contexte est quand même assez anxiogène he quand vous êtes jeune aujourd'hui que vous regardez les nouvelles, ça ne donne pas confiance dans l'avenir. Donc je pense que comme ça a été dit, il y a tout un environnement aujourd'hui qui fait que les jeunes couples retarde le choix d'avoir un enfant. Aujourd'hui en France, je crois que la moyenne est à 29 ans pour avoir un premier enfant.

Donc il y a un environnement qui n'est plus là. Et j'ai envie de dire que par le passé, il y a des politiques qui ont été menées en particulier en France. Moi, j'ai été député au moment où du temps de François Hollande, on a arrêté finalement cette politique familiale pour en faire une politique sociale avec une baisse du quotient familial, avec une baisse des aides et une mise sous conditions de ressources des allocations familiales.

Donc, il y a eu quand même un choix au niveau national qui fait que on n' pas été volontariste en matière de politique familiale et ça effectivement, il faudrait que ça puisse changer. On va parler de cette politique familiale mais d'abord sur le constat sur les causes Martha Temido. Est-ce qu'il y a aussi au Portugal un manque de confiance des jeunes des jeunes couples dans l'avenir et qui explique et bien leur leur refus d'avoir un enfant ?

Oui, c'est c'est l'incertitude. À ce moment-là, on pourrait parler de plusieurs incertitudes parce que le monde n'est pas en paix et la situation économique mondiale est instable. Mais depuis euh des années euh on sent le mêmes les mêmes euh peurs euh de la part des jeunes générations.

Ils craignent euh la stabilité de l'emploi, les baisses salaires, les questions du logement, les questions de du soutien social euh et économique à à la parentalité. Il soutient le prix des des maternels et cetera. ils sont loin parfois des des parrains qui sont qui ont resté dans l'intérieur du pays eu et c'est chaque fois plus difficile euh à incentives générations à avoir des enfants euh même si et ils nous confi qu'ils ont envie d'avoir des enfants.

Alors pour nous politiquement dans la politique nationale ce qu'on a pris comme motus c'était que mesure c'était chaque couple pourrait avoir le nombre d'enfants qu'il voulait avoir. Euh c'est en son TV à euh créer les conditions économiques, sociales pour soutenir les décisions des cap. Alors ça vous dites ça mais en même temps parlons de ces ces politiques familiales.

Vous ça recouvre pas toujours la même chose. Certains gouvernements très à droite comme l'Italie Georgia Méloni, la Hongrie de l'ancien premier ministre Victor Orban ont multiplié les aides financières à l'enfant 1, enfant 2, enfant 3 et cetera des salaires maternels aussi. Et ça le résultat est pas du tout probant.

Ils sont parmi les plus mauvais élèves. C'est la bonne stratégie ou pas du tout ? Moi, je pense que euh les stratégies euh démographiques, elles s'inscrivent dans le temps long.

D'ailleurs, ici au Parlement européen, depuis le début du mandat, on a beaucoup insisté pour dire que on devait se pencher sur la question, de même qu'on se penche sur la transition écologique, la transition démographique comme vous l'avez dit, c'est quand même très inquiétant pour euh pour l'Union européenne. Et je vous rejoins, le désir d'enfant n'a pas baissé lui. En France, il est évalué autour de 2,3, c'est-à-dire au-dessus des 2,1.

Donc effectivement, faut se poser la question de l'efficacité finalement des politiques publiques et je pense qu'il faut avoir une une variété de solution. Là, vous citiziez euh de pays, moi j'ai envie de dire attendons, ça ne se fait pas comme ça d'un clinquement de doigts. Euh ce qu'il faut à mon avis, c'est s'attaquer aux causes comme on le disait tout à l'heure.

Ça veut dire effectivement l'emploi, le pouvoir d'achat, concilier la vie familiale et la vie personnelle, le logement. Moi, je siège ici dans la commission spéciale logement. On a beaucoup insisté euh quand on on a travaillé sur ces sujets-là de façon tout à fait consensuel sur la nécessité euh d'aider de soutenir l'accession à la propriété des jeunes ménages.

Vous ne construisez pas votre famille entre guillemets si vous ne avez pas déjà votre logement. Donc je pense qu'il y a une une multiplicité de de propositions. Ça reste une compétence des États-membres, la démographie bien évidemment.

Je pense qu'on peut s'inspirer les uns des autres euh de bonnes pratiques. Il faut regarder euh ce qui est fait. Moi, je siège dans un intergroupe sur la démographie et on a commencé à regarder euh euh ce qui était efficace ou pas. ce qui ne l'est pas, c'est ce qui a été fait en France en particulier à considérer qu'il fallait une politique sociale et non pas familiale.

Donc nous l'idée euh que nous avons euh en particulier chez LR euh c'est vraiment de relancer une politique universelle familiale euh qui relance en effet la natalité, la classe moyenne et qui donne les moyens finalement d'avoir comme vous le disiez le nombre d'enfants qu'on souhaite à toute liberté. Alors, il y a peut-être un point de désaccord. Martha Tamido.

Est-ce qu'il faut peut-être davantage aider les jeunes couples qui sont dans la précarité, dans la pauvreté pour les inciter à avoir des enfants ? Je vois pas les réponse sociales. Oui, je je vois je vois pas la la solution euh pour gérer politiquement la situation comme séparé en ce qui concerne le soutien pour la famille et le soutien social.

Je pense que ce sont les deux faces d'une monnaie euh parce que les familles euh bien sûr elles sont les la cellule basique de nos sociétés et il faut les soutenir mais et elles elles sont plus vastes euh que ceux qui habitent dans une maison. Euh c'est tout le réseau social aussi. Mais en même temps, la social-démocratie européenne, elle préconise non pas d'aller vers un salaire maternel et cetera qui oblige les femmes à rester à la maison, mais plutôt des structures d'accueil pour la très petite enfance qui leur permettent d'aller travailler.

L'équilibre, je pense que l'équilibre entre la vie professionnelle et familiale euh est un un point essentiel du soutien à la parentalité. Mais à mon avis, à notre avis, c'est au couple de décider si c'est la femme, euh si c'est l'homme, si c'est la maternelle qui va s'occuper euh des premières années des enfants. Euh et euh je peux imaginer que euh pas pas euh beaucoup de femmes préféreront de rester avec ses enfants s'ils ont les moyens et d'autres préféreront de les laisser dans les maternelles si elles existent parce qu'en Allemagne, on a vu qu'elles existait pas tellement.

Alors, l'une des solutions pour éviter cette crise démographique, c'est le recours aussi à l'immigration. Euh c'est la politique menée par l'Espagne expliquée à l'automne 2024 par le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez. L'Europe a l'obligation de construire un discours positif sur l'immigration.

Si nous ne faisons rien au cours des 20 prochaines années, l'Europe perdra 30 millions de personnes en âge de travail. Alors Isabelle Kalenek, votre famille politique en France, les républicains critiquent beaucoup la politique migratoire du premier ministre espagnol Pedro Sanchez qui vient de régulariser un demi million de travailleurs sans papier. Mais est-ce que l'Union européenne a vraiment le choix de recourir à l'immigration pour maintenir son sa population active ?

En fait, il y a deux choses pour nous. Il y a pas de fatalité par rapport à à cette baisse de la natalité et on évoquait les solutions. Euh typiquement Bruno Retaillot, le président de LR suggère aujourd'hui, c'est assez nouveau en France, un revenu dès le premier enfant, 240 € par mois et jusqu'à 1000 € quand on a trois enfants.

Il préconise aussi et ça va dans le sens, je pense c'est assez consensuel ça de repousser de 6 mois finalement le congé naissance et de proposer aux entreprises de financer davantage les modes de garde. Ça c'est le premier volet. Le deuxième, il est effectivement sur la question migratoire.

Ce qu'on propose donc chez les républicains euh c'est qu'on ait quand même l'obligation d'avoir séjourné au moins 5 ans dans le pays et de travailler pour pouvoir bénéficier des aides et ce revenu. Mais sur le principe, est-ce que vous êtes d'accord qu'on va avoir besoin d'immigrés travailleurs pour résoudre cette crise démographique dans la décennie à venir ? On a un vrai problème de pénurie de main d'œuvre et aujourd'hui l'immigration c'est une réalité.

Ce qu'il faut faire, moi j'ai été maire dans ma commune, c'est non seulement effectivement quand on dit OK sur l'immigration, c'est d'être capable d'accueillir dignement d'insérer les personnes qui viennent effectivement travailler mais à condition de le choisir hein. C'est l'immigration choisie hein à droite républicaine, c'est l'immigration choisie de apprendre la langue et effectivement d'accueillir dignement les personnes. Mais la première chose qu'on veut dire, c'est qu'il y a pas de fatalité et que aujourd'hui, on n' pas encore mis en place les politiques volontaristes familial que nous nous préconisons en espérant que ça fonctionne mais sur du long terme.

Alors ce qu'il y a quand même étonnant c'est que voyez bien que des gouvernements de gauche Pedro Sanchez mais des gouvernements de droite Georgia Méoni million pareil le Portugal de droite Montenegro 400000 euh régularisation régularisation un discours très différent sur l'immigration he la droite qui dit oh là là il faut faire attention [grognement] et la gauche qui dit bah non c'est c'est véritablement ce qui fait un boom économique par exemple en en Espagne et ce qui nous permet de payer nos retraites de payer peut-être notre système social et même plus de natalité chez nous. Malheureusement le le Portugal c'est un bon exemple de des deux politiques qui ont prendre envers la l'immigration pendant les 10 dernières années. après surtout moi et surtout après le Covid, on a on a subi euh la la le besoin de main d'œuvre et on a essayé de euh mettre en marche une politique euh plus souple euh dans le l'accueil humain de de des migrants et euh la la plus fort en ce qui concerne l'immigration. euh le peut-être que le choc euh qui était très rapide euh a créé des euh des anticorps dans la société et euh à ce moment-là, on on le le pays euh essaie de mettre en œuvre une politique euh tout à fait différente.

Euh et la critique politique, c'est qu' on a utilisé une politique de portes ouvertes et que maintenant on a une politique de porte fermée. Ce qu'il faut dire, c'est que vous êtes en train de revenir sur cette politique migratoire favorable. Moins moins favorable.

Je pense que pour être équilibré, on doit avoir l'immigration comme une opportunité. Si elle est bien réalisée, elle nous permet avoir des opportunités, mais elle n'est pas un utile et surtout elle n'est pas ne peut pas être un outile démographique. Isabelle le Kenc, peut-être une dernière question environnementale car dans cette crise démographique, il y a un aspect de crise de la fertilité.

Alors concrètement à cause de nos produits de consommation, de certaines substances qui sont utilisées notamment en agriculture, quand la droite européenne assouplit certaines normes environnemental, est-ce que ce n'est pas un mauvais coût porté à cette fertilité ? Bah, c'est un débat qui s'invite effectivement ici au Parlement européen, mais comme je le disais tout à l'heure, dans la mesure où on repousse l'âge euh de faire des enfants, effectivement, il est prouvé hein scientifiquement que plus vous avancez en âge, moins vous êtes fertile entre guillemets et donc vous avez ce souci là. Oui, bien sûr, l'alimentation, l'environnement a un impact sur notre propre santé, évidemment sur la fertilité.

Donc, ce sont des sujets absolument majeurs. Euh, on le disait tout à l'heure, la démographie c'est une politique quand même des États-mes. Mais moi, je me réjouit qu'ici au Parlement, on est conscience que c'est absolument stratégique et qu'il faut trouver des solutions.

Je crois que c'est la commission qui a proposé une toolbox sur la question de la démographie. Je trouve que on ne va pas assez loin aujourd'hui sur l'analyse des bonnes pratiques et c'était très intéressant ce que vous disiez tout à l'heure. On a quand même destin lié les différents États-membres.

Et c'est pour ça qu'il y a eu des réactions en France sur la question de l'immigration en Espagne. En fait, on ne peut pas raisonner tout seul sur ces questions là d'immigration et ni sur ces questions de démographie. Et sur les questions de démographie, moi je suis certaine et j'ai de l'espoir que si on rend confiance à la jeunesse, elle aura de nouveau envie de fonder sa famille.

Ce sont des défis européens à relever tous ensemble. Merci à vous de nous avoir suivi. Rester sur nos antennes pour plus d'informations.