Reconnaissance d'un État palestinien : Emmanuel Macron choisit-il le bon moment ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Et comme à chaque fois, on retrouve notre tandem préféré du SD. Bonjour Fran Olivier Gisbert. Bonjour Laurence.
Bonjour Johann. Bonjour Johan Gillet. Bonjour Laurence.
Bonjour Franz. Alors la question du jour qu'on a posté à nos auditeurs sur nos réseaux. Le président Macron a-t-il choisi le bon moment pour annoncer la reconnaissance de l'État de la Palestine en septembre prochain à l'ONU ?
Ça provoque mou mou mou réaction aussi bien chez nous qu'à l'international. Pour nos auditeurs, c'est un gros nom à 88 %. Alors bon timing, pourquoi maintenant il était temps ?
François Olivier Gisbert, comment vous analysez cette annonce là qui n'est pas nouvelle hein ? D'abord oui, d'abord que les choses soient claires, évidemment, il faut un état juif et un état palestinien mais ça c'est absolument l'évidence mais évidemment cette décision pose question et là-dessus évidemment je rejoins les 88 % d'auditeurs de Sud Radio. C'est que dans dans cette décision enfin cette annonce parce que c'est toujours des annonces, c'est toujours de la com avec Maon, il y a beaucoup de fébrilité d'improvisation. il y a 3 mois, il posait quatre conditions, hein.
Il y avait la libération des otages, éviction du Hamas de la bande de de Gaza, la reconnaissance d'Israël par les états-hardes de la région et puis aussi évidemment des changements à la tête de l'autorité palestinienne. Bon, c'était intelligent. Que s'est-il passé entre-temps ?
Et ben, je pense tout simplement, il faut dire il faut qu'on parle de lui. Il fit du bruit, il en est là, il a besoin d'exister. Je crois que c'est un peu la panique avant le bah la fin de mandat et euh c'est un peu triste parce que on voit qu'il est très seul.
Euh ça bon ça ressemble tout simplement à l'agitation pour vous. C'est l'agitation Johanne Gilet. Euh c'est la gistation où là on est quand même aussi face à une urgence humanitaire à Gaza hein.
Je rappelle quand même que selon le programme totalement le il y a pas de lien avec euh excusez-moi évidemment la situation imméditaire à Gaza elle est là mais c'est pas reconnaissance c'est pas la reconnaissance qui pourrait changer les choses. OK. Agitation pas pour vous Johan Gilet euh je pense que Franz a raison.
C'est surtout du désespoir. C'est la volonté d'essayer d'exister dans un contexte diplomatique où la France n'est plus toujours en position de force. Tout ça est très compliqué.
Évidemment que c'est pas la reconnaissance d'un État qui va mettre fin à la famine comme ça. La enfin un État c'est pas une association de la loi de 1901. Enfin, je veux dire, on crée pas un état comme ça.
Un état, il faut une continuité territoriale, il faut une indépendance économique, faut évidemment, ça sous-entend d'avoir ensuite une armée régulière, d'avoir un système bancaire qui fonctionne. Enfin, il y a beaucoup de conditions évidemment à remplir. Euh, un état, ça sous-entend aussi qu'on ne le fasse pas sur les braesses de l'horreur.
Vous savez, les mêmes qui aujourd'hui nous disent, il ne faut pas aller déstabiliser les États comme on l'a fait en Afghanistan ou en Irak par exemple parce que croire qu'on va réussir à replacer un nouveau gouvernement sur les braises de la guerre, ça ne l'amène enfin ça ne se passe jamais bien. Alors là, il s'agit non seulement de le faire sur les braesses de l'horreur, mais en plus il s'agit pas simplement de changer un gouvernement mais de mettre en place un état. Donc évidemment que cette position n'est pas nouvelle.
Enfin, depuis le général de Gaulle, la France la position de la France est très bien connue. Euh pourquoi est-ce qu'on veut une solution à deux États ? Bah parce que une solution à un état n'est pas possible.
Elle n'est pas possible parce que bah parce que Israël, Netaniaou l'a rappelé, est un état juif et qu'il ne voudrait pas que pour des raisons démographiques et bien les populations arabes se retrouvent plus nombreuses par exemple que les populations que la population de confessions juive. Donc de toute façon, il y a pour des raisons religieuses, historiques, une impossibilité à une solution à un état. Donc ça, on évacue.
Maintenant, qu'est-ce qui reste ? Soit vous avez une région qui sera en proie en guerre à la guerre en permanence, soit vous avez deux États. Par contre, évidemment quand on pose la question de la création d'un état, on fait quand même un petit peu attention à qui va le diriger.
Aujourd'hui, vous avez Marmouabas qui a 89 ans, qui n'est plus du tout en situation de diriger ce pays. Et puis vous avez un Hamas très proactif qui d'ailleurs a salué la décision d'Emmanuel Macron, ça fait mal. et qui et qui évidemment à juré la disparition de l'État d'Israël, c'est dans sa constitution, dans sa charge.
Donc à un moment donné éton rappeler le principe et l'objectif et le timing n'est pas le bon. C'est-à-dire que le le timing en plus je termine par excusez-moi Laurence euh c'est que euh on va le faire effectivement aux Nations- Unies de manière un peu unilatérale, hein. Euh euh premier du G7 aussi à le faire par ailleurs euh et euh on le fait mais en remettant en place les conditions qui sont celles depuis toujours, c'est-à-dire le fait qu'il y a plus le Hamas en place, le fait que ceci, le fait que cela.
Donc c'est un effet d'annonce. Voilà, il c'est sérieux he la création d'un état évidemment hein. Un effet d'annonce.
Oui, vous le disiez, le Hamas effectivement a salué cette décision à parler de de pas positif, mais en même temps, ça confirme la solution à deux États. C'est pas du tout ce que souhaite le Hamas finalement. Président Macron d'ailleurs a promis aussi le désarmement du Hamas et des élections 2026 en excluant les islamistes.
Il est assez clair là-dessus Franz Olivier Gisbert ? Enfin, il est clair mais enf je vois pas très bien ce que ça change. C'estàd en fait tout ça, on remonte toujours l'histoire de 47 48 au moment de la création de l'État d'Israël.
Euh je crois que c'est c'est une chose d'ailleurs qu'on sait pas mais le le mot Palestine, vous savez autrefois le mot palestinien, ça voulait dire juif hein. C'était euh l'empereur adréen au début du Mélénaire, l'empereur romain euh qui euh très fâché contre les Juifs qui avaient fait plusieurs révoltes avait décidé de les appeler Philistins. C'est du nom du peuple et de l'ancien peuple ennemi traditionnel des Juifs qui habitaient sur la côte.
Et euh donc les Philistes, hein, c'est devenu peu à peu les Palestiniens, mais les Juifs acceptaient ce mot puisque il y avait le grand journal, il s'appelait le Palestine Post, aujourd'hui c'est le Jéros Post. Euh le enfin vous vous vous si en 1948 donc les juifs ont euh quand quand on leur a donné euh l'État un état juif euh ils étaient là depuis 4000 ans, c'était normal, c'était même la moindre des choses et ben ils ont préféré le nom d'Israël et le donc le nom Palestine était libre et c'est les Arabes qui l'ont adopté et à partir de là on a fait une fable comme si les Arabes étaient là depuis 4000 ans aussi. C'est pas vrai.
C'est pas vrai. Les juifs sont là depuis longtemps. Ils ont Et je pense que quand une fois que j'ai dit ça, je pense que évidemment j'ai toujours cru je pense pour pas je je crois que les Arabes ont le droit à un état un état leur état à eux qu'on appelle aujourd'hui l'État palestinien.
Mais ça c'est absolument une évidence. Mais si vous voulez le le tout ce qu'on tout ce que vous racontez autour de Macron, vous dites "Oui, oui, euh en fait vous vous semblez accepter euh comment dire ce cette espèce de d'annonce baclée, improvisée au cœur de l'été, sans consultation préalable avec qui que ce soit. On a l'impression qu'il essaie de de prendre la priorité, de griller la la politesse." Je veux dire, c'est absurde.
C'est pas comme ça qu'on fait de la diplomatie, mais ça c'est du Macron depuis le début parce que c'est un sujet très important. Ça mérite pas. Enfin, je veux dire, évidemment, il faut un état euh euh il faut un double état, il faut deux états, mais je veux dire, on peut pas faire la la diplomatie comme ça.
Je sais pas ce que c'est ça devient, mais quand on regarde de près la diplomatie, quand on regardera de près plus tard la diplomatie de Macron, c'est quand même un immense bazar entre euh on se devant l'Algérie et puis ensuite on fait un petit cadeau à le le le méga programme du 7 octobre. Tout ça est absurde et je veux dire ça mérite mieux parce qu'effectivement ce sont des sujets importants et il faut les traiter bah en temps qu quand enfin je veux dire je suis heureux c'est c'est j'ai de la peine à utiliser ce mot-là mais il faudrait être un peu adulte dans cette affaire voilà on n'est pas assez dans cette affaire le président Macron en même temps Jul quelque chose d'infantile et d'enfant voilà ouais euh vous je vais être sur la photo. Je vais être le premier je vais être sur la photo. pas le sujet et alors en même temps ça ça fait réagir le monde entier.
Oui, enfin vous avez vu le mépris aussi en général des réactions enfin c'est pas Oui entre Trump qui le président Macron n'a pas de poids Israël mais oui mais ça ça prouve aussi que peut-être que la France c'est pas de Gaulle hein de Gaulle de Gaulle ça c'était un coup de tonner et les gens faisaient attention là c'est c'est la la France est devenue comment dire il y a quelque chose de comique. dégradant pour nous autres Français enfin d'être représenté par quelqu'un comme ça. Ah oui, dégradant Gilet.
Ben ouais, c'est-à-dire que je rejoins la thèse de France, c'est-à-dire que il y a là-dedans une affaire qui est plus que diplomatique, enfin qui est plutôt moins que diplomatique. Elle est politicienne. La preuve, regardez, dès que Emmanuel Macron a fait cette annonce, panique à bord chez les mélanchonnistes.
Jean-Luc Mélenchon qui a réagi en disant "Non, non, le fait d'attendre de septembre alors c'est une victoire morale pour nous parce que pour eux, la Palestine, ça leur appartient à la cause palestinienne he ! On attend qu'il s'occupe d'ailleurs par exemple de ce qui se passe au au Cambodge en Thaïlande et puis aussi en République démocratique du Congo et et au Rwanda. Mais là ça c'est pas intéressant, c'est pas c'est pas ce qui l'intéresse.
Mélanchon électoralement c'est pas ce qui va lui rapporter. Et donc tout de suite il a dit mais le fait que Macron le dise pour septembre il creuse encore plus le fossé et cetera. Ça l'arrange pas que Macron aille là-dessus parce que c'est à eux.
C'est un enjeu politique. Vous vous rendez compte ce qu'on est en train de faire. Il y a des gamins qui sont en train de mourir et sous prétexte de défendre des causes magnifiques, on est en fait en train d'accentuer la notion, comment dirais-je, enfin le conflit par la binarisation du débat alors que c'était extrêmement complexe parce que Fran a raison sur l'histoire euh de de de cette terre de cette région du monde.
On va quand même pas remonter à il y a 3000 ans en disant oui, les juifs étaient là il y a 3000 ans, donc c'est eux qui ont le plus de droit. Oui, mais la population arabe est là depuis le 7e siècle euh ou 4000 ans et oui, la population arabe est là majoritairement depuis le 7e siècle et et notamment après sous l'Empire ottoman. Donc c'est elle qui a plus le droit, l'Empire ottoman qui d'ailleurs dans les années 1830 euh bah n'a pas manqué non plus euh d'oppresser les juifs au moment de la guerre avec euh avec l'Égypte.
Donc on nen finit pas. Donc ce qu'il faut maintenant c'est qu'est-ce qu'on veut ? Ce qu'on veut c'est que les populations arrêtent de se faire la guerre.
Ouais, vous savez, c'est très difficile cette affaire parce que nous nous parlons, enfin pour ma part en tout cas en tant que laïque et comme en réalité vous avez des gens qui ne se basent pas que sur des réalités politiques mais sur des réalités mystiques, c'est la terre euh sacrée, c'est ceci cela, comment voulez-vous y arriver hein quand on convoque Dieu à l'étape des négociations, il y a pas de solution. H en tout cas bon, réaction effectivement, vous dites aussi bien de à gauche qu'à droite, le RN aussi qui condamne. Ça divise aussi forcément LR, ça ébranle le socle commun. euh isoler euh le président Macron dans le socle commun avec un Bruno Rotaillot qui prend de plus en plus de place aussi euh euh plus en tant que candidat que ministre d'ailleurs hein.
Fran Olivier Végesbert. Ah bah oui, mais ça c'est oui l'existence de de Bruno Motorotaillo, ça fait quoi quand même euh excusez-moi, ça fait quand même 6 mois que la la fusée est en haute, même s'il est premier ministre de de s'il est ministre de l'intérieur depuis plus longtemps que ça. Oui, mais j'aurais dû dire président si j'avais fait un vrai, j'aurais dû dire président.
Bon enfin, mais vous Patrick, c'est voyez ça, tout ça nous ramène à la politique politicienne. C'est-à-dire que c'est un grand sujet qui mérite vraiment l'attention de tous et pour essayer de comprendre, regarder l'histoire et puis s'arranger pour que créer quelque chose de définitif. Ça a failli se faire.
Ça a failli se faire autant d'Arafat et de Rabine et Perez. Vous savez les le premier ministre israélien et l'ancien dirigeant euh palestinien terroriste d'ailleurs du langasant terroriste, ça ça a failli se faire à ce momentlà. Ça a presque marché.
Bon donc ce n'est pas tout à fait impossible mais en même temps ça peut se faire compris de bah d'une très longue préparation quoi. Ouais. En tout cas merci beaucoup pour vos lumières mon cher François Olivier Gisbert.
Merci beaucoup Johann Gil. Merci à vous et à samedi prochain si vous le voulez bien. Merci.
Merci. Enfin, vous voyez qu'on pense comme le les comme les auditeurs de Sud Radio hein, les auditeurs vrai aussi. Voilà.
Ah bah oui, surtout vous hein. Surtout vous vous parlez vrai hein. Non non, on parle vrai tous.
Allez, grand merci à samedi prochain.
Yoann Gillet