Crise de Ceuta : une ingérence étrangère ? / Peut-on encore contrôler les traversées de la Manche ?
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10h-13h, les débats de l'été, Noémie Allioua.
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Sud Radio. Installez-vous confortablement, prenez un café, allumez la clim. Si besoin, nous allons passer les trois prochaines heures ensemble. Appelez-nous, la lignée grande ouverte au 0826 300 300, 0826 300 300. Vous pouvez aussi nous rejoindre sur les réseaux sociaux, sur sudradio.fr, sur Facebook, Instagram, X, TikTok. Pour poser vos questions, partager un témoignage ou simplement donner votre avis, ici c'est chez vous. Et vous le savez, et pour commencer ce matin, on va parler de l'après-incendie.
Parce que vous le savez, une fois que les flammes sont maîtrisées, il y a une autre bataille qui commence pour les sinistrés, celle de l'indemnisation, celle de la facture et notamment des assurances. Comme vous le savez, en Gironde et dans les Landes, des centaines d'habitations ont été détruites ou fortement endommagées par les incendies. Et une inquiétude commence à monter chez beaucoup de propriétaires. Comment vont-ils être indemnisés ? Et surtout, combien faudra-t-il payer demain pour assurer son logement ? Car avec l'enchaînement des catastrophes climatiques, les assureurs alertent sur une hausse possible des tarifs, notamment dans les zones les plus exposées.
Alors demain, certaines régions pourraient-elles devenir plus difficiles ou plus chères à assurer ? Est-ce normal de payer davantage quand on habite dans une zone à risque ? Amis auditeurs, appelez-nous, on attend vos réactions, votre avis, votre coup de gueule, votre coup de cœur au 0826 300 300, 0826 300 300. Si vous vivez dans une région touchée par les incendies, que votre assurance habitation a déjà augmenté, que vous avez des difficultés à trouver une assurance pour votre logement, appelez-nous, racontez-nous au 0826 300 300.
Et puis dans quelques instants, nous recevrons Stéphanie Durafour, chargée des relations presse pour Assureland, un comparateur d'assurance qui nous expliquera tout. Et puis dans la seconde partie de cette émission, on reviendra sur une injonction qui a fait réagir. Ce n'est pas chez vous, monsieur, ici. C'est la phrase lancée par Gabriel Attal, l'ancien Premier ministre et actuel député, lors d'un déplacement en Vendée où il a dénoncé les occupations illégales de terrain par des gens du voyage. L'enchaînement chef de gouvernement a voulu mettre en lumière le sentiment d'impuissance de certains élus locaux. face à ces installations qui peuvent provoquer des tensions face à ces habitants.
Et ces habitants, peut-être que cela vous concerne. Est-ce que votre commune a été aussi confrontée à cette situation ? Est-ce que vous avez eu le sentiment d'être laissé seul ? Et puis est-ce que les maires ont aujourd'hui les moyens d'agir ? Appelez-nous, racontez-nous, donnez-nous votre avis au 0826 300 300. Et dans un instant, d'ailleurs, nous serons en direct avec Nicolas Barthe, maire de Toulouse, dans les Pyrénées-Orientales. C'est un beau programme qui nous attend ce matin et ça commence tout de suite.
10h-13h, les débats de l'été, Noémie Alioua.
Et notre premier sujet du jour, c'est donc cette autre bataille qui commence après les incendies, une fois que les flammes sont éteintes. Les sinistrés qui entrent dans une nouvelle phase, celle des démarches, des expertises et de l'indemnisation. Et ces incendies posent une question qui dépasse largement les seuls sinistrés. Demain, combien coûtera le fait de s'assurer dans une région exposée aux risques climatiques ? Les tarifs des assurances-habitations sont déjà en hausse dans les zones les plus touchées. Et certains propriétaires craignent de voir les prix continuer à grimper, voire de rencontrer des difficultés pour assurer leur logement.
Alors, face à la multiplication des catastrophes naturelles, comment protéger les Français sans rendre l'assurance inacceptable ? On en discute tout de suite avec mon invité, notre invité ce matin, Stéphanie Durafour, chargée des Relations Presses pour Assureland, comparateur d'assurance. Bonjour Madame Durafour. Bonjour. Bonjour, merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio. Alors d'abord, pour les sinistrés de Gironde et des Landes, concrètement, est-ce que vous pouvez nous expliquer comment va se passer cette indemnisation ? Quels sont les délais, les démarches, les points de vigilance pour les habitants qui ont été touchés en premier lieu par les incendies ?
Oui, bien sûr. Donc, pour les particuliers, le délai de déclaration de sinistre a déjà été allongé. Normalement, vous avez cinq jours pour déclarer un sinistre incendie. Là, les sinistrés ont jusqu'au 31 août pour faire leur déclaration. Comment on fait ? On contacte son assureur. Aujourd'hui, les espaces clients en ligne sont plutôt bien faits. On l'informe qu'on a eu un sinistre. Et puis, il va falloir lister l'ensemble de ce qui a été endommagé. Donc, que ce soit sa voiture, son jardin, sa maison, ses biens mobiliers. Et comment va se passer l'indemnisation ? Eh bien, l'assureur va regarder ce pourquoi vous étiez couvert. Quelle est la formule que vous aviez souscrite ?
Est-ce que c'était un rééquipement à neuf ou une formule avec le calcul du fameux coefficient de vétusté ? Quel capital mobilier vous aviez déclaré ? Est-ce que votre voiture était assurée contre les incendies ou pas ? Est-ce que votre jardin était assuré ? Et puis, en fonction de tous les éléments que vous allez lui fournir, les factures, les photos, il va pouvoir déterminer le montant de ce que vous possédiez et vous proposer une indemnisation. Je rappelle que le sinistré n'est pas obligé d'accepter cette indemnisation. Il peut tout à fait demander une contre-expertise si ça ne le satisfait pas.
En tout cas, ce qui va se passer, c'est que pour les personnes dont la maison a été malheureusement complètement détruite, on va estimer le montant de la reconstruction, c'est-à-dire combien ça coûte de reconstruire la maison à l'identique. Donc, attention, ce n'est pas combien ma maison valait sur le marché immobilier si je l'avais revendue aujourd'hui, c'est combien ça coûte de la reconstruire. Donc là, on va faire intervenir des spécialistes du bâtiment pour estimer combien ça coûte de refaire la charpente, les murs, les huisseries, etc. Et là, ça peut prendre plusieurs mois.
La question importante, Madame Durafour, combien ça coûte ? C'est la question que beaucoup d'auditeurs se posent actuellement. Est-ce qu'il faut s'attendre, par exemple, à une hausse des tarifs, notamment dans les zones exposées aux incendies ?
Alors, ça fait quand même déjà plusieurs années qu'on constate que ces zones beaucoup plus exposées aux risques climatiques, que ce soit les tempêtes, les grêles, la sécheresse, les inondations, les incendies, ces zones-là coûtent beaucoup plus cher et au fur et à mesure des années augmentent. Et donc, oui, on peut effectivement s'attendre à des hausses de tarifs dans ces zones très exposées dans les mois, années qui viennent, d'autant plus qu'on n'a pas encore connaissance de ce qui va se passer dans la deuxième partie de l'année. Donc, on pourrait avoir aussi d'autres événements climatiques qui viendraient potentiellement alourdir la facture en 2027.
Est-ce qu'on pourrait arriver dans une situation où, par exemple, certaines maisons, certains territoires deviendront très difficiles, voire impossibles à assurer à cause des risques climatiques ?
Alors, aujourd'hui, on n'est pas dans une situation où il y a des zones inassurables, parce qu'en France, on a quand même une offre d'assurance qui est vraiment très, très large. On a beaucoup d'acteurs sur ce marché, donc on peut toujours trouver une offre d'assurance. La difficulté pour les particuliers, c'est que dans les zones qui sont beaucoup plus tendues, beaucoup plus à risque, on peut avoir effectivement une raréfaction de l'offre et moins d'offres, ça veut dire moins de compétitivité, donc des prix beaucoup plus chers pour les particuliers.
Donc, la question, ce n'est pas tellement est-ce qu'on pourra continuer à s'assurer, mais plutôt à quel prix ça coûtera beaucoup plus cher dans ces zones. On pourrait avoir des assurés qui décident, par exemple, de s'appauvrir en garantie, prendre des formules un peu plus low cost pour pouvoir payer leur assurance.
Et la question, c'est de savoir aussi le prix, le coût et surtout la responsabilité. Qui va endosser cette responsabilité de ces fameux coûts, de l'adaptation notamment au changement climatique ? Est-ce que ce sont les assureurs, l'État, les propriétaires eux-mêmes ? Est-ce qu'on prévoit une adaptation des changements dans les années qui viennent ? Parce qu'on sait que ce changement climatique et même ce dérèglement climatique dont on parle va être amené à se poursuivre dans les années qui viennent.
Quelles sont les adaptations ? Vous avez tout à fait raison. Et c'est vraiment le maître mot, c'est d'accentuer les efforts de prévention et d'adaptation de nos bâtis face à ces événements climatiques pour pouvoir avoir une résistance un petit peu plus importante dans les années qui viennent. En fait, c'est vraiment un choix collégial. Ce sont des décisions de l'État. Ce sont aussi des mesures notamment prises par les assureurs qui font beaucoup d'actions et qui font beaucoup de recherches sur le terrain de la prévention. Et puis, c'est également des mesures prises par les particuliers. Nous, en tant qu'individus, des réflexes à avoir quand il y a des événements climatiques.
Savoir, eh bien, c'est des réflexes tout bêtes, mais quand on sait qu'il va y avoir un orage, c'est rentrer tout ce qu'il y a dans notre jardin pour éviter que ça constitue des projectiles. Fermer ses volets pour éviter d'avoir des grédons qui viendraient endommager les vitres. Voilà, ces petits réflexes-là. Mais globalement, c'est vraiment un choix de société et c'est des efforts de tout le monde pour pouvoir adapter nos bâtiments face à ces événements climatiques.
Alors, c'est important parce que vous parlez justement de ces fameux réflexes à adopter pour mieux protéger les logements, peut-être pour les Français qui nous écoutent, qui habitent dans une zone à risque. Vous venez de nous en parler brièvement, mais qu'est-ce que vous leur conseillerez précisément pour éviter tout simplement les mauvaises surprises avec leurs assurances ?
Alors, déjà, faire le point sur son contrat. Là, on parle beaucoup des incendies. Il y a quand même beaucoup de personnes qui vont constater que leur jardin, par exemple, n'était pas assuré parce que ça fait partie des options à souscrire dans son contrat d'assurance habitation. Donc déjà, premier point, si on habite dans une maison, qu'on a un beau jardin avec la clôture qu'on vient de refaire, qu'on a fait installer une piscine, etc., vérifiez quand même que c'est pris en charge. On fait poser des panneaux solaires, on vérifie que c'est bien aussi... Ça fait bien partie du contrat d'assurance. Si on a un véhicule, on vérifie quel est le type de garantie.
Les personnes qui étaient assurées au tiers, en l'occurrence, s'ils ont eu un incendie sur leur voiture, ne seront pas indemnisées. Donc c'est important déjà de savoir ce pourquoi on est assuré. On peut également revérifier ce qu'on appelle le capital mobilier. Donc je pense malheureusement à toutes ces personnes qui ont perdu l'ensemble de ce qu'ils possédaient dans un incendie. Le capital mobilier, c'est ce qu'on déclare à l'assureur quand on signe le contrat. C'est l'ensemble de ce qu'on possède à l'intérieur des murs. Eh bien, bien souvent, on ne fait plus attention, mais au fur et à mesure des années, on fait des achats de grande valeur. Mais on oublie de réévaluer ce capital mobilier.
Donc ça, ça vaut la peine de regarder un petit peu ça. Et puis après, des réflexes aussi. Par exemple, avoir ces factures réunies au même endroit dans une pochette ou alors constituer un petit dossier sur le cloud pour pouvoir les récupérer facilement. Et puis connaître aussi tout simplement son assureur et son numéro de client. On a encore des gens qui ne savent pas chez qui ils sont assurés. Donc ça, c'est aussi des choses toutes bêtes à avoir en tête.
Oui, vous avez raison de le rappeler. Des choses toutes simples. Garder son contrat, le ranger à un endroit avec le numéro et le nom de son assureur au cas où, à un moment donné, on en aurait besoin. Peut-être une autre question sur les moyens de contestation. Est-ce qu'il existe à l'heure actuelle des moyens de contestation si on considère par exemple qu'une décision qui a été prise par un assureur n'est pas légitime ? Est-ce qu'il est possible de la contester ? Si un assureur décide de ne pas payer ou de ne pas payer suffisamment, que peut faire un administré ?
Alors, tout à fait. En tant qu'assuré, on n'est pas obligé d'accepter la proposition d'indemnisation qui a été faite par l'assureur. Il est tout à fait possible de demander une contre-expertise. Parfois, certains contrats prennent en charge la demande d'un contre-expert. Et puis, si les deux experts n'arrivent pas à se mettre d'accord, on demande un troisième expert qui va venir les départager. Donc, il ne faut pas hésiter, il ne faut pas attendre et accepter l'indemnisation. Si on n'est pas d'accord, il faut se manifester. Et puis, si on rentre également dans un conflit, il y a également un médiateur de l'assurance qui peut être saisi.
Donc, c'est un médiateur de l'assurance qui peut être saisi. C'est l'une des démarches par lesquelles il est possible de faire entendre sa voix si on considère qu'une décision qui a été prise n'est pas légitime, n'est pas juste ?
Oui, tout à fait. Alors, le premier réflexe, c'est tout de même de demander une contre-expertise. Ça, ça se fait très facilement et ça permet d'être rassuré aussi par rapport au fait que l'assureur a bien respecté les termes du contrat et que l'indemnisation est bien conforme à ce qui a été déclaré.
Parfait. Écoutez, merci beaucoup. Merci Stéphanie Durafour. Je rappelle que vous êtes chargée des relations presse pour Assurelande, comparateur d'assurante. Merci pour cet éclairage sur cette question qui va prendre de plus en plus de place, malheureusement, dans les années qui viennent. Celle de la facture, celle de l'assurance qui va payer pour ces nouveaux risques climatiques. Et puis, une pensée évidemment pour toutes les personnes touchées par les incendies en Gironde, dans les Landes, qui vivent aujourd'hui une période particulièrement difficile. On se retrouve tout de suite, juste après la pause, on se retrouve tout de suite avec notamment le maire.
Un maire qui va nous expliquer les difficultés auxquelles il est confronté tous les jours avec la question des gens du voyage. A tout de suite.
10h-13h, les débats de l'été, Noémie Alioua.
Et en notre retour sur l'antenne de Sud Radio, on poursuit notre tour de l'actualité avec une colère qui monte chez certains élus locaux. Des maires qui disent se sentir démunis face aux installations illégales des gens du voyage. Des terrains occupés sans autorisation. Des procédures jugées trop longues. Et des élus qui expliquent parfois avoir le sentiment de ne pas avoir les moyens de faire respecter les décisions prises. Le sujet a été relancé ces derniers jours après la prise de position de Gabriel Attal, ancien Premier ministre, qui a dénoncé en Vendée plusieurs occupations illégales de terrain. Mais derrière la polynmique, une question revient.
Les maires ont-ils aujourd'hui les moyens d'agir face aux occupations illégales ? Et vous, dans votre commune, avez-vous déjà été confronté à ce type de situation ? Appelez-nous, racontez-nous en détail ce qui vous arrive, ce que vous pensez d'ailleurs de cette question 0826 300 300, 0826 300 300. Et on en discute aussi ce matin avec notre invité Nicolas Barthe, maire de Toulouse, dans les Pyrénées-Orientales. Bonjour Monsieur le Maire.
Bonjour.
Bonjour, merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio. Voilà, vous êtes le maire d'une commune qui a été confrontée à ce type de problématiques. Concrètement, qu'est-ce qui se passe quand des caravanes s'installent sur un terrain sans autorisation ?
Alors là, on remonte aux souvenirs de l'année dernière, même si cette année, on a été encore confrontés. en juin dernier, un samedi, sur un samedi, je suis appelé par le club de foot et de rugby de ma ville de Toulouse qui subissait une invasion de 50 caravanes issues de la communauté des gens du voyage avec une entrée assez musclée sur le terrain où moi je me suis ce jour-là interpellé puisque j'étais pas loin et nous avons vécu des moments difficiles. Alors, il faut dire que ma ville et ma situation a été sûrement l'un des éléments déclencheurs de la prise de conscience de ce problème même si ce problème était vécu par plusieurs maires depuis de longues années.
Mais à partir de ce moment-là, nous avons été, et je tiens à le dire, sans faire de politique, c'est important de le souligner, bien accompagnés par l'État et le ministre de l'Intérieur de l'époque qui était M. Retailleau qui a réagi immédiatement. En clair, quand vous êtes au sein d'une ville qui siège dans l'agglomération qui est Perpignan-Méditerranée pour notre département, il faut que la communauté d'agglomération soit conformité avec ce que l'on appelle le schéma d'accueil des gens du voyage.
Il faut que, à l'échelle des 36 communes qui constituent l'agglomération, vous puissiez proposer à ces communautés une terre entre guillemets d'accueil où il y a de l'eau, où il y a une possibilité de branchement à l'électricité pour leur amener une solution. Et une fois que vous avez cela, vous êtes en conformité avec la loi et vous pouvez, par la force, après avoir notifié par arrêté l'occupation illégale, sortir les gens de la zone qui est occupée.
Voilà, donc c'est ça. Donc, à partir du moment où vous prenez des décisions, qu'est-ce qui se passe ?
Alors, il y a 24 heures. Ils ont 24 heures pour quitter les lieux. Et je le souligne également, sur le département, le préfet des Pyrénées-Orientales est intransigeant avec la loi et signifie et évacue par là, signifie administrativement l'occupation illégale et passer le délai, signifie par la force l'évacuation du lieu occupé. L'année dernière, sur cette situation qui a été douloureuse pour la ville, nous avons eu la possibilité d'évacuer ces gens-là avec la compagnie des CRS de Montpellier.
Enfin, il y avait plus de 100 hommes mobilisés pour amener ce signal qui est un signal important qu'une fois que la loi est respectée, que le schéma d'accueil territorial est respectée, les gens doivent se conformer à la loi et quitter les lieux. Et s'ils ne les quittent pas, eh bien là, le préfet emploie la force mais sur l'affaire de Toulouse, cela a duré deux heures et demie. Quand ils ont vu arriver la colonne de CRS, le PSIG, les drones, ces gens-là sont partis au bout de deux heures en laissant l'état du terrain propre avec quelques dégâts, mais c'était relativement en bon état. Donc, qu'est-ce que cela nous prouve ? Pardon, oui, allez-y, pardon. Qu'est-ce que cela nous prouve ?
C'est qu'une fois qu'on est en conformité avec la loi, qu'on est raccord avec la légalité, il ne faut pas hésiter à utiliser la force. Et finalement, le premier à nous accompagner sur ce modèle-là, c'est le préfet avec les forces qu'il a à disposition. Surtout nous, il y a un an, ça s'est vraiment bien passé et là, dernièrement, on a été, on a eu une petite invasion de, alors là, de huit caravanes, notification de l'arrêté, occupation illégale, schéma territoriel d'accueil en conformité avec la loi. La gendarmerie et l'état se sont mis ensemble pour amener cette preuve de force, ils sont restés 24 heures et ils sont partis.
Alors, vous dites quand même qu'il y a eu une mobilisation assez exceptionnelle, d'abord du préfet, du ministre de l'Intérieur de l'époque, 100 personnes des forces de l'ordre mobilisées, ce n'est peut-être pas les moyens qu'ont toutes les communes de France pour pouvoir lutter contre ce fléau.
Non, mais il faut être accompagné. Il suffit de la volonté des préfets et de l'état d'accompagner les maires de terrain que nous sommes.
Oui, c'est ça.
La première des choses qui est importante, c'est que la ville qui siège au sein de la communauté d'agglomération doit être en conformité avec le schéma d'accueil. Si vous n'avez pas d'air, comme la loi le demande, capable d'accueillir ces gens-là, vous ne pouvez pas mettre en avant la signification administrative et après la force. Et je pense que l'État, et vous l'avez vu dernièrement avec M. Attal, vous l'avez dit, qui était en Vendée, a pris conscience de la lourdeur de ces occupations et du stress que cela pouvait générer pour les maires et pour les populations.
Si vous deviez donner un conseil aux maires qui sont confrontés à cette situation, quelle est la meilleure démarche selon vous pour pouvoir faire en sorte de lutter contre ça ?
Déjà, savoir si au sein de leur agglomération le schéma d'accueil territorial des gens du voyage est respecté. Ça, c'est la première des choses. passer l'arrêté d'occupation illégale quand cela arrive et de se tourner directement vers le préfet de leur département et si encore je m'en tiens à ce que je vis sur les Pyrénées-Orientales, les préfets sont à l'écoute et mobilisent les forces qu'il faut, enfin du moins c'est ce que je vis ici dans les Pyrénées-Orientales pour faire évacuer les communautés vers des aires mises à disposition préparées pour les accueillir. C'est un investissement que Perpignan-Méditerranée-Métropole a mis en place.
Ça nous coûte beaucoup d'argent mais au moins on est en conformité avec la loi et là on peut agir avec la force passer le délai administratif de signification.
C'est ça parce que certains rappellent quand même que les communes ont le devoir, elles doivent prévoir des aires d'accueil pour les gens du voyage. Est-ce que les collectivités jouent suffisamment leur rôle selon vous ?
Nous c'est une compétence qu'on a délivrée à Perpignan-Méditerranée, à l'agglomération. Donc les aires d'accueil sont mutualisées. Je ne veux pas vous dire de bêtises mais au sein de Perpignan-Méditerranée, je crois que nous avons trois aires capables d'accueillir les gens du voyage qui sont équipés en eau, en électricité. Donc il faut se mettre en conformité avec la loi, c'est normal. Et une fois qu'on est en conformité avec la loi, là on peut agir. Mais le préfet, il ne peut pas agir par la force si au préalable la communauté d'agglomération ou la ville ne s'est pas mise en conformité.
Est-ce que vous pouvez nous raconter aussi les témoignages des habitants ? Comment ont vécu vos habitants cette situation ? Est-ce que certains sont venus se plaindre auprès de vous de nuisances, d'inquiétudes ? Comment vous avez senti, vous avez pris le pouls de votre population au moment où c'est arrivé ?
Alors j'ai eu déjà un pouls, on va dire, direct par les associations qui occupaient le stade. Parce que vous savez, quand ces gens rentrent, là ils sont rentrés par la force, avec une idée en tête, rentrer. Coute que coûte. C'est-à-dire que j'avais les gens des associations qui fermaient les portes, il y a eu des dames qui ont été malmenées, moi je me suis opposé, ils sont venus à 7, ils m'ont déplacé sur le côté, ils ont ouvert les portes et ils rentraient à toute blinde dans le stade. Parce que leur seul objectif c'était rentrer. Il y avait 55 caravanes ce jour-là, sur un stade c'était impressionnant. Vous comptez...
Attendez, vous voulez dire que vous, en tant que maire, on vous a déplacé pour pouvoir rentrer dans le stade ?
Ah oui, moi je me suis opposé, je me suis opposé physiquement à ces gens-là.
Vous avez porté plainte ?
Oui, oui, il y a une plainte qui est en cours, ça va être jugé là prochainement.
Et vous étiez avec d'autres administrés ? Expliquez-nous un petit peu comment est-ce que ça s'est organisé.
Alors il y avait les associations, les associations fréquentaient le stade, de football et de rugby, donc fréquentaient le stade. Ils sont arrivés, ils ont pété le cadenas, donc ils ont ouvert en grand les portes du stade et ils se sont introduits dans le stade. Et leur but, à ce moment-là, c'est rentrer coûte que coûte et ils doivent rentrer rapidement, très rapidement, pour ne pas être repoussés. Donc les voitures accélèrent, sans regarder les piétons, les personnes qui s'imposent sont menacées physiquement et sont mises de côté et c'est parti. Et les voitures arrivent, s'installent, tout est organisé, c'est travaillé au sein des communautés.
C'est ce que j'ai pu sentir, c'est que les rôles sont bien répartis. Il y a des gens qui sont missionnés, c'est le plus dur finalement de ces communautés-là, qui sont missionnés pour favoriser le passage. Et après, une fois que c'est passé, vous avez les plus anciens qui viennent et qui commencent à négocier avec l'élu, avec les associations, avec le propriétaire du terrain, que ce soit la ville ou un propriétaire privé.
Donc ils arrivent avec leur caravane et ils négocient avec vous pour pouvoir rentrer sur le terrain quand même ils savent que c'est illégal.
Ils ne négocient pas. Ils rentrent coûte que coûte. C'est un coup de force. Ils ne négocient jamais. Ils ont dans leur communauté des gens qui sont chargés de réaliser cela, c'est-à-dire rentrer coûte que coûte par la force. Et c'est quoi ?
Ils vous intimident par la force ? Ils ont des gros bras bien musclés, c'est ça ?
Oui, c'est ça. C'est ça. En clair, c'est ça. Et une fois qu'ils sont rentrés, qu'ils ont réalisé leur coup de force, là, on arrive sur la période de négociation. Mais moi, je l'ai bien senti ça, je l'ai bien vu. Et là, vous avez des personnes un peu plus âgées, un peu plus posées qui viennent, qui viennent entamer le dialogue. Et ils se répartissent les rôles comme cela. Il y a les personnes fortes de la communauté qui, elles, rentrent par la force et les négociateurs qui sont souvent les personnes un peu représentatives de la communauté et elles, elles négocient avec vous en douceur. C'est très organisé
ce que vous nous décrivez là. Ah, mais c'est très organisé, bien sûr. C'est aussi organisé. Est-ce qu'il y a les moyens de contrer ce fléau rapidement à partir du moment où on sait qu'il y a eu une installation illégale ? Là, on voit que tout est très organisé, tout est très pensé. Est-ce que du côté de l'État, du côté de la préfecture, du côté de l'agglomération, les procédures sont aussi bien organisées ?
Oui, oui. Oui, oui. Dans les Pyrénées-Orientales au sein de Perpigny-en-Métropole, oui.
Et ailleurs ?
Eh bien, ailleurs, je l'espère. Par la mise en conformité. Parce que si les maires
ne se sentent pas aussi protégés et accompagnés que vous, malheureusement.
Mais il faut que, politiquement, déjà, ils se mettent en conformité. On a voté tous, nos parlementaires ont voté un cadre légal. C'est que chaque communauté d'agglomération ou chaque ville doivent bénéficier d'une aire devant accueillir les jeunes du voyage. une fois que ça, c'est respecté. Il y a la signification administrative. Et après, s'ils ne veulent pas partir, c'est la force. Il n'y a pas d'autre solution. Et généralement, ce n'est pas des gens
qui rentrent... De la part des élus et ensuite, par la force, par la procédure plus directe. Par le respect
du cadre légal.
Par le respect du cadre légal.
Et j'ai l'impression, et j'ai l'impression quand même que ça fait son chemin. Cette démonstration, j'avais pris la parole il y a quelques mois sur cette antenne-là. Oui, oui, vous nous avez raconté... Mais on sait bien que maintenant, il faut muscler nos interventions face à ces personnes-là.
Le respect du cadre légal. On retiendra ça. Merci beaucoup, Nicolas Barthes. Je rappelle que vous êtes maire de Toulouse, dans les Pyrénées-Orientales. On est bien sur Sud Radio. Il est 10h29. Et dans un instant, comme vous en avez habitude, vos grands débats de l'été. Les chroniqueurs sont déjà là. Ils sont entrés. Ils sont installés autour de la table. Ils se préparent à des débats enflammés. A tout de suite sur Sud Radio.
10h-13h, les débats de l'été. Noémie Alioua.
Bonjour à tous et bienvenue sur Sud Radio. Il est 10h32. Et c'est parti. Top départ. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h pour décrypter, analyser et surtout, surtout, débattre de l'actualité. Et on commence avec un sujet qui a beaucoup fait réagir ces derniers jours. Ceuta, les images de la crise migratoire sont-elles utilisées contre l'Europe ? La semaine dernière, vous l'avez vu sûrement, ces dizaines de milliers de migrants qui ont tenté de franchir la frontière entre le Maroc et l'enclave espagnole qui l'ont franchi d'ailleurs dans un mouvement d'une ampleur exceptionnel. des images spectaculaires qui ont fait le tour du monde.
On y voit de nombreux jeunes hommes courir vers les postes frontières, escalader les grillages ou tenter de rejoindre le territoire espagnol par la mer. Une crise qui a marqué les esprits avec plusieurs dizaines de morts, 75 alors qu'il est, et qui a poussé les ministres européens de l'intérieur à se réunir en urgence. Mais, mais, mais, mais, derrière ces images, une autre question se pose. Sont-elles seulement le reflet d'une crise migratoire ou peuvent-elles aussi être utilisées, instrumentalisées, comme on dit, comme un outil d'influence ? Derrière ces images, une autre bataille se joue pour le ministre délégué chargé de l'Europe, Laurent Nunez.
Le sujet ne se limite pas à la question migratoire. Selon lui, ces images peuvent être instrumentalisées par des États étrangers pour influencer les opinions publiques européennes, alimenter les divisions et fragiliser les démocraties. Alors que la question est posée, les images du Southa sont-elles devenues une arme de guerre informationnelle ? Pour certains, ces vidéos sont utilisées comme un outil d'influence pour diviser les Européens. Pour d'autres, parler d'instrumentalisation ne doit pas faire oublier la réalité humaine derrière cette crise migratoire. Amis auditeurs, vous en pensez quoi ? Aujourd'hui, est-ce que les images sont devenues une arme politique ?
Quand vous voyez ce type de vidéos, vous vous demandez encore ce qu'elles vous montrent ou quel intérêt on a à les diffuser ? Appelez-nous 0826 300 300 0826 300 300 Et aujourd'hui, on débat sur ce sujet en priorité avec la fine fleur de nos chroniqueurs, de nos invités. Michael Sadoun, bonjour.
Bonjour, la fine fleur carrément. La fine fleur, je dis ça tous les jours mais il ne faut pas le répéter.
Il ne faut pas le répéter aux autres. Vous êtes, Michael Sadoun, vous êtes chroniqueur politique et consultant en communication. Amor Hidrelais, bonjour. Bonjour Nami. Vous êtes journaliste et on attend vos livres, on espère, un de ces quatre. Céline Benz, vous êtes conseillère municipale à Sarbours et romancière. Bonjour Céline. Bonjour à vous. Et le débat commence tout de suite sur Sud Radio.
10h-13h, les débats de l'été, Noémie Alioua.
Je vais me tourner vers vous, Amaury. Selon vous, est-ce qu'au fond, on assiste simplement à une crise migratoire telle qu'elle est, telle qu'elle a été montrée, une réalité objective, factuelle ? Ou au fond, est-ce qu'on assiste aussi à une guerre de l'information ?
À une guerre de l'information, je ne crois pas. à des tentatives d'influence et possiblement, probablement, du Maroc dans cette affaire, oui. Pour en revenir au propos que vous évoquiez du ministre de l'Intérieur français, Laurent Nunez, qui lui parle d'ingérence informationnelle opérée par des pays étrangers, j'en reste stupéfait. Pour le ministre de l'Intérieur français, le problème ne serait donc pas finalement ce que montrent ces images, c'est-à-dire la réalité d'une crise migratoire, un avertissement pour l'Europe, mais ce serait que ces images puissent circuler et finalement alimenter la critique de la politique migratoire européenne.
C'est invraisemblable de la part de l'homme chargé de la sécurité des Français qui, par ailleurs, a un véritable problème depuis qu'il est nommé avec la réalité et avec les chiffres. Un ministre qui, depuis le début, nous a expliqué qu'il y avait entre 200 et 300 000 clandestins en France, alors qu'ils sont au minimum 800 000, ce qu'il avait d'ailleurs reconnu son prédécesseur Gérald Darmanin qui considère qu'il n'y a pas de lien entre l'immigration et la délinquance selon pourtant les propres statistiques de son militaire attestent depuis des années.
Donc on a là un discours qui est bien connu qui est celui de la Macronie, qui est celui de l'extrême-centre qui vise finalement à expliquer aux Français que tout cela n'existe pas et qu'ils sont manipulés que tout cela relèverait du fantasme de l'extrême-droite avec la volonté on le sent bien et qui a été exprimé par le chef de l'État lui-même ces dernières années et par ses gouvernements de vouloir contrôler les médias le récit médiatique et même les réseaux sociaux les méchants réseaux sociaux qui ont montré ces images avant même que les grands médias français ne le fassent de ces dizaines de milliers de migrants déferlés sur l'enclave espagnole quand l'AFP nous expliquait qu'ils étaient 1500 à avoir traversé la frontière.
Donc je trouve ces propos absolument stupéfiants et particulièrement inquiétants notamment dans la bouche du ministre de l'Intérieur. Céline Benz Alors le Maroc est un pays qui a des questions de souveraineté territoriale qui se posent on le voit donc c'est le cas avec le conflit au Sahara occidental et on le voit avec ces deux enclaves espagnoles dont on comprend que le Maroc a saisi qu'il pouvait utiliser ça qu'il pouvait utiliser le fait d'ouvrir finalement des vannes pour faire arriver éventuellement de manière non concertée non coordonnée 72 000 personnes dans des enclaves qui sont finalement très petites.
Moi j'ai envie de vous dire du point de vue des Marocains ils auraient tort de se priver. Ils ont parfaitement compris qu'ils avaient là un moyen d'influer sur les politiques européennes et éventuellement de se positionner en force sur des territoires dont peut-être ils auraient le souhait de récupérer et bien sur lesquels ils auraient le souhait d'imposer une souveraineté marocaine. On constate la même chose avec la Libye qui a parfaitement compris qu'elle avait un levier migratoire très fort parce qu'elle a des prisons qui sont remplies de tout un tas de migrants qui proviennent d'Afrique subsaharienne.
Donc ces pays aujourd'hui disposent de ce levier-là ils le savent ces pays du Maghreb et ils savent qu'ils peuvent utiliser ce levier migratoire pour imposer un rapport de force à une Union européenne qui est très embarrassée il faut quand même le dire on sait que la réunion qui a duré hier avec justement dont vous parliez à Amaury a duré plus de trois heures en visio avec des difficultés à se mettre d'accord entre Etats européens il y a eu des divergences très fortes qui ont été exprimées notamment par l'Italie aujourd'hui la vraie question c'est de savoir avec quoi on va négocier avec les pays du Maghreb qu'est-ce qu'on va leur dire parce que cet épisode-là c'est un épisode mais c'est assuré qu'il se reproduira et qu'il aura de fortes répercussions dans les opinions publiques donc aujourd'hui il faut arriver avec des armes avec un dialogue fort puissant et il faut avoir des choses à opposer à des pays qui seront inévitablement dans la contestation et qui ont ce très puissant levier de l'arme migratoire
Qu'est-ce qu'on peut opposer à l'arme migratoire ?
On peut opposer de la fermeté et des lois inflexibles si tant de gens veulent venir chez nous c'est parce qu'on a quand même un régime extrêmement privilégié et que ça donne évidemment envie et on le comprend à toute l'Afrique et pourquoi pas tous ceux qui viennent de pays qui sont dans la misère dans le monde donc la première chose c'est pas de détester le Maroc c'est d'abord de s'armer nous-mêmes contre ces invasions migratoires parce que je le dis ce sont des invasions migratoires ça veut pas dire que les gens qui viennent sont des guerriers
Alors rappelons que sur les à peu près 70 000 Marocains ou en tout cas personnes qui venaient du Maroc qui ont traversé cette frontière et qui ont été dans l'enclave espagnole de la Ceuta plus de 90% sont retournés chez elles quasiment dans les 24 heures
Bien sûr bien heureusement mais malheureusement il y a une masse beaucoup plus importante de gens qui viennent tout à fait légalement en France chaque année au nombre de 500 000 pour diverses raisons mais en général c'est pas pour travailler c'est pour des motifs familiaux c'est l'extension indéfinie du droit d'asile c'est etc donc moi je vais vous dire dans cette affaire je n'aime pas le régime espagnol d'accord j'aime pas Pedro Sanchez j'aime pas ses positions géopolitiques je n'aime pas sa politique intérieure etc j'ai plutôt de la sympathie pour le Maroc son positionnement international sa royauté millénaire qui vous savez a tant de sympathie notamment chez les juifs et notamment chez le juif marocain que je suis donc je ne suis pas tout à fait objectif dans ce conflit mais il faut dire quelque chose en tant qu'européen on ne peut que se solidariser vis-à-vis de l'Espagne même avec le régime gauchiste qu'il a donc quand je vois parfois une certaine droite en France qui sourit en disant bah au fond le Maroc a bien raison parce que le régime de Sanchez il nous emmerde un peu je trouve qu'ils ont tort ils ont tort parce qu'on devrait se solidariser en tant qu'européen parce que cette menace migratoire elle ne date pas d'hier d'abord ni concernant le Maroc ni concernant d'autres pays je vous rappelle que la Turquie le faisait aussi avec nous au moment de la crise migratoire en 2015 donc on devrait quand même se solidariser et personnellement nous la France serait armée séparément des contraintes de l'Union Européenne
et c'est ce que disait d'ailleurs Laurent Nunez hier au cours de sa conférence de presse il expliquait justement qu'il fallait que l'Europe se renforce qu'il fallait qu'il y ait plus de solidarité vis-à-vis des pays qui accueillent sur leur territoire massivement ces migrants notamment l'Espagne notamment l'Italie souvenez-vous l'Italie avait été abandonnée avec l'affaire Lampedusa c'est ce qui a permis d'ailleurs à Giorgia Meloni ensuite de passer avec son parti Fraterra d'Italia qui avait passé de 4 à 22% en seulement quelques années donc elle a été élue précisément sur cette question de la lutte contre l'immigration illégale contrairement d'ailleurs à Pedro Sanchez qui lui a promis une régularisation assez massive 500 000 sans-papiers sur son territoire et qui a été considérée par certains également comme un appel d'air mais la question c'est de savoir si au fond l'Europe je me tourne vers vous à mourir brûler est-ce que l'Europe peut être à la fois la solution c'est ce que dit Laurent Nunez ou est-ce que c'est le problème ?
c'est évidemment la solution seulement aujourd'hui nous payons mais nous européens et français nous payons le prix d'une trahison c'est la trahison d'une promesse qui avait été faite dans les années 80 lorsqu'on a mis en place l'espace Schengen il s'agissait à l'époque de conditionner la fin des frontières nationales et donc des contrôles évidemment à la sécurisation totale des frontières extérieures de l'Europe ce qui n'est jamais arrivé les frontières de l'Europe notamment du sud ce sont des passoires ils passent tout et n'importe quoi depuis des années migrants évidemment marchandises la drogue notamment donc rien n'a été fait on a renforcé les moyens de Frontex mais qui sont largement insuffisants c'est bien pour ça qu'aujourd'hui beaucoup y compris en France et notamment Marine Le Pen demandent à ce que l'espace Schengen soit réservé aux seules ressortissants de l'Union Européenne à minima mais il faut bien il faut bien dire aujourd'hui que si les frontières extérieures de l'Europe ne sont pas protégées il faut remettre en cause l'espace Schengen et ces règles ça n'est plus supportable nous vivons dans un continent où finalement 27 pays membres ont 27 politiques migratoires différentes alors de plus en plus j'allais dire convergentes pour l'écrasante majorité d'entre eux à l'exception de l'Espagne qui aujourd'hui fait figure de mouton noir avec sa politique immigrationniste absolument délirante et contrairement à ce qui a été dit hier y compris à nouveau dans la bouche du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez non il n'y a pas d'unité en Europe c'est une unité de façade c'est une opération de communication à laquelle on a cité hier puisque vous avez 22 pays sur 27 pays membres qui ont signé cette fameuse lettre ouverte pour dénoncer entre les lignes cette politique délirante de Pedro Sanchez
avec ces divisions au sein de l'Europe qui sont de plus en plus visibles on se retrouve tout de suite dans un instant sur Sud Radio et on se posera cette question qui profite le plus de la diffusion de ces images les médias les plateformes certains états vous avez un avis appelez-nous 0826 300 300 0826 300 300 à tout de suite sur Sud Radio
Sud Radio 10h-13h les débats de l'été Noémie Aliwa
et on est de retour sur Sud Radio avec nos invités qui continuent de débattre hors antenne Michael Sado Namoury-Brelé et Madame Benz sur cette fameuse question sur ces images de Saouta mais la suite le nouvel épisode autour de cet événement à savoir les propos de Laurent Nunez qui part d'une instrumentalisation des images par des états étrangers la question c'est de savoir au fond est-ce que les réseaux sociaux sont devenus aujourd'hui le principal champ de bataille de l'influence qu'en pensez-vous Madame Benz ?
J'en pense qu'effectivement la manière dont on peut faire de la politique c'est un peu intrusme de le dire mais a été fortement influencée par les réseaux sociaux il faut réagir tout de suite ça implique des réunions d'urgence en plein milieu de l'été là où sans doute que par le passé on aurait pris le temps de coordonner une réflexion bon aujourd'hui moi j'ai envie de dire il faut avoir une pensée pour sans doute ces pauvres gens enfin moi je pense que c'est 70 000 personnes là c'est probablement des personnes qui sont dans la misère qui se sont retrouvées à bénéficier d'un appel d'air etc mais si elles sont marocaines c'est à leur état au Maroc de leur offrir une solution c'est-à-dire une formation un travail enfin voilà c'est à l'état marocain de prendre en charge ses ressortissants ses citoyens et certainement pas à l'Union Européenne d'aller régler les problèmes des Marocains même s'il peut y avoir des coopérations internationales ou des coopérations qui peuvent exister nous ce qu'on a à faire c'est effectivement de sécuriser nos frontières extérieures pour avoir c'est ce qu'était la promesse de l'Union Européenne un marché intérieur à la fois des biens et des personnes qui soit un marché ouvert et libre je vous raconte ma vie il y a une semaine de ça je pars en Allemagne en train en prenant la ligne qui relie Strasbourg à Offenburg qui est le grand nœud ferroviaire de l'ouest allemand il y a la douane allemande qui rentre dans le train et qui contrôle tout le monde retour Offenburg Strasbourg je ne vois personne je refais le trajet une deuxième fois pour retourner en Allemagne la douane allemande à nouveau qui arrête tout le monde qui contrôle etc retour en France personne je pense que si l'Allemagne à un moment donné juge utile de remettre en place des contrôles aux frontières avec la France même si c'est de manière sporadique ça signifie quelque chose pourquoi nous considérons-nous que ça n'est pas nécessaire et si ça n'est nécessaire pour personne ça doit être respecté de part et d'autre donc à un moment Schengen c'est très bien je pense que c'est une promesse qu'on s'est collectivement faite mais elle doit être appliquée par tout le monde et rendue effective par le fait d'avoir des frontières extérieures qui soient uniformément sécurisées et respectées
Miquel ça donne mettons aussi les pieds dans le plat lorsque Laurent Nunes parle de guerre informationnelle disons-le il parle de la Russie du fait que la Russie a une stratégie d'influence pour déstabiliser les puissances occidentales nous sommes à l'approche vous le savez d'une élection particulièrement importante l'élection présidentielle est-ce qu'il n'y a pas malgré tout un risque que ces images soient exploitées sur mises en avant particulièrement sur les réseaux sociaux par la Russie
alors d'abord j'aimerais faire un tout petit retour en arrière sur le sujet de l'Europe parce que j'étais pas du tout d'accord avec Amoré Brolet qui prétendait que c'était une solution j'estime que c'est évidemment le problème puisque pour des raisons de droit d'infrastructures juridiques qui nous empêchent de modifier les sujets relatifs à l'immigration autrement que par l'unanimité des pays ou par la majorité qualifiée or on voit bien que les pays d'Europe évidemment c'est toujours un chassé croisé quand l'un passe à gauche l'autre passe à droite et puis on n'arrive jamais à trouver d'accord sur ce genre de sujet il y a aussi une question de volonté politique de la commission européenne qui depuis toujours et notamment depuis Ursula von der Leyen prend ses sujets par dessus la jambe on l'a vu avec le limogeage de Fabrice Leggeri à l'époque où il s'occupait de Frontex il n'y a aucune volonté politique et d'ailleurs ce serait très compliqué à mon avis de gérer ce sujet du contrôle des frontières au niveau de l'Europe parce que vous l'avez dit les routes d'immigration sont trop nombreuses il y a celles qui passent par la Méditerranée Ouest celles qui passent par la Méditerranée Est et évidemment celles qui passent par l'Europe de l'Est donc pour moi c'est très compliqué ensuite sur la guerre informationnelle dont parle Laurent Nunez je pense qu'on assiste de plus en plus puisque lui il parle d'instrumentalisation moi je dis qui l'instrumentalise la guerre en Ukraine et l'épouvantail qui est devenue la Russie pour faire passer des messages et des lois de plus en plus liberticides et on le voit ça s'égrène dans l'actualité la Macronie est en train de durcir son discours sur l'information en train de devenir je dirais un discours libéral vis-à-vis de l'information les réseaux sociaux désolé de vous dire qu'ils ne sont que le véhicule de l'information mais ceux qui sont producteurs de l'information c'est ceux qui étaient sur place et qui ont pris les vidéos quand on voit de l'autre côté comme l'a rappelé Amaury que les médias officiels et l'AFP font circuler eux de fausses informations mais comment ne pas voir les réseaux sociaux non pas comme une désinformation mais au contraire comme un secours absolu de l'information il n'y aurait plus de démocratie sans ça sans rire on assiste à un contrôle des médias officiels je trouve qui est vachement inquiétant quand on a des soi-disant journalistes formés cinq ans d'études j'en sais quelque chose je connais les écoles de journalisme et qui arrivent au bout de tout ça et qui disent je suis désolé de le dire des conneries pareilles c'est des monstrueuses conneries heureusement qu'il y a les réseaux sociaux pour nous dire et bien non il y en a un peu plus que ce qu'on vous a dit sans faire du catastrophisme vous l'avez dit tout à l'heure 90% sont rentrés chez eux on n'est pas obligé de verser dans le n'importe quoi mais il n'y a que le gouvernement qui pense que les gens sont stupides et versent dans le n'importe quoi sinon ils se contentent de regarder les images et ils ont raison de le faire
Amor et Brélé on voyait acquiescer de la tête
ah mais oui mais tout à fait il y a une volonté de la Macronie depuis dix ans de renforcer le contrôle les régulations sur les réseaux sociaux qui aujourd'hui sont un champ de liberté pour tous ceux qui souhaitent se réinformer face à la désinformation massive qui nous est infligée par les médias du service public et par les grands médias en général on l'a vu à nouveau dans la propagande qui nous a été faite de ces chiffres ridicules qui a pu penser à l'instant y compris les journalistes en voyant les images qui étaient diffusées sur les réseaux sociaux au même moment qu'il y avait seulement 1500 migrants qui déferlaient sur ce
peut-être qu'ils n'avaient pas encore été dénombrés vous savez que malheureusement c'est comme parfois après des catastrophes on n'a pas tout de suite le nombre de personnes qui sont décédées il faut un certain temps pour réussir à les compter
on les aurait invités un petit peu de modestie conséquemment à la simple vue des images on pouvait se douter que le chiffre de 1500 évidemment était très très loin de la réalité non on veut faire une fois de plus les réseaux sociaux les boucs émissaires souvenez-vous de ce qui s'est passé quand même en Roumanie c'était un précédent gravissime où on nous a expliqué pendant des mois que les réseaux sociaux étaient responsables d'une propagande qui avait finalement poussé le candidat d'extrême droite à l'époque alors qu'il y avait des rapports qui ont été faits sur le sujet et qui ont montré que c'était le contraire et que donc les réseaux sociaux n'avaient eu aucune influence d'ailleurs aucun rapport n'a pu démontrer sérieusement depuis plus de 30 ans que les réseaux sociaux 20 ans que les réseaux sociaux existent qu'ils ont pu influencer d'une façon ou d'une autre une élection quelque part dans le monde nulle part donc tout cela ce sont des mensonges qui sont évidemment professés par aujourd'hui par la Macronie qui s'assume totalement dans cette dérive liberticide il faut le dire liberticide qui veut restreindre la liberté des français sur les réseaux sociaux qui interdit les réseaux sociaux au moins de 15 ans que la Macronie commence et le gouvernement commence par demander aux plateformes de respecter la loi ce qu'elles ne font pas quand on voit qu'il y a des dizaines des centaines des milliers de messages haineux antisémites islamistes qui font l'apologie du terrorisme sur les réseaux sociaux et que rien ne se passe c'est ça il me semble d'abord la priorité Céline Bent il me paraît évident qu'il y a un espèce de liberté absolue si chacun était capable de se discipliner ce serait très bien or c'est pas le cas et à partir du moment où c'est pas le cas il me paraît normal qu'une puissance de régulation en l'espèce un état impose des règles ne serait-ce que pour la protection des mineurs moi il me paraît quand même heureux qu'il y ait des sanctions qui puissent être imposées pour la diffusion de contenu pédopornographique on a vu que c'était très régulièrement le cas et qu'on puisse interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans mais ma foi si on met des interdictions pour tout un tas de dispositifs on a des films qui sont déconseillés au moins de 16 ans ça n'a jamais dérangé personne enfin un jeune n'a pas à être exposé à l'entièreté des contenus disponibles que tout contenu haineux qui est proscrit par la loi soit banni des réseaux sociaux ça me paraît normal qu'il soit antisémite qu'il soit anti-musulman voilà mais après qu'il y ait une régulation de ce qui peut y être diffusé notamment à l'heure de l'intelligence artificielle où on peut générer des contenus en créant des deepfakes qu'on diffusera pour étant de vraies images ça me paraît être une mesure de bon sens qu'il y ait qu'il y ait des avertissements qu'il y ait des pare-feux et qu'on ne tienne pas pour une information vraie parce que si vous êtes journaliste autour de cette table vous le savez une information c'est quelque chose qui est sourcé et qui est vérifié sans quoi on n'a plus besoin de journalistes on est tous journalistes à nos heures avec nos téléphones et qu'il y ait un filtre qui soit opéré avec des avertissements en disant voilà là vous allez voir un contenu qui est généré par de l'intelligence artificielle qui en émane qui a été filmé par monsieur un tel à tel lieu à telle heure la liberté absolue ça ne fonctionne que dès lors que chacun est capable de se discipliner et jusqu'à preuve du contraire ce n'est pas le cas sinon on n'aurait plus besoin de dénominateur commun et donc plus besoin d'État j'ai envie de vous dire la diffamation ou l'insulte sont déjà condamnés par la loi française pour le reste concernant la protection des mineurs je suis désolé de vous dire que la protection des mineurs elle ne revient pas à l'État elle revient aux parents pourquoi est-ce que des petits de 10 ans sont exposés à des contenus pénopornographiques sur leur téléphone parce que leurs parents leur ont foutu un smartphone dans les mains c'est ça l'erreur mais on ne va pas interdire ou contrôler le passage de tout adulte éclairé qui va sur les réseaux sociaux parce que il y a des gens qui font n'importe quoi avec leurs enfants ça c'est un mauvais motif qui permet d'écraser la liberté de tous donc on n'écrase pas la liberté de tous parce qu'il y a des excès de certains je trouve que c'est une mauvaise logique et on voit comment ça peut dériver parce que désolé de vous dire qu'au moment du Covid là pour le moment on nous dit il y a des tiers de confiance vous inquiétez pas c'est pas l'État directement qui va réguler votre entrée et votre sortie des réseaux sociaux et qui va contrôler votre carte d'identité il y aura un tiers de confiance mais désolé de vous dire qu'on a vu les évolutions législatives pendant le Covid qui ont permis finalement de retrouver les gens qui avaient une parole dissidente sur la vaccination vous voyez de soumettre à la question ceux qui n'étaient pas d'accord avec les politiques officielles désolé de vous dire que cette dérive liberticide moi elle m'inquiète et je sais très bien dans quel sens ça va avancer donc vous parliez tout à l'heure de la liberté absolue je préfère la foire à la prison je vous le dis je suis pas un grand libéral je suis pas un libertarien mais on voit comment les choses évoluent et actuellement je suis plus pour une liberté d'expression vachement large que pour une liberté d'expression qui a tendance à se resserrer au nom de motifs de sécurité d'éducation d'ingérence étrangère de je ne sais quoi
et notre chroniqueur Michael S. Adone qui je cite préfère la foire à la prison c'est un sujet c'est en tout cas un point de vue qui manifestement créé du débat créé de la polémique on se retrouve dans un instant sur Sud Radio on parlera de ces traversées dans la Manche et on se posera cette question peut-on contrôler les traversées migratoires ou est-ce une fatalité est-ce qu'il faut se faire une raison parce que tous les étés on a malheureusement les mêmes images les mêmes informations on se retrouve tout de suite sur Sud Radio
10h-13h les débats de l'été Noémie Alioua
et merci d'être avec nous sur Sud Radio il est 11h02 nous sommes de retour il est le temps de continuer ce débat avec nos trois débatteurs trois débatteurs chevronnés et enflammés disons-le Michael Sadeau Namoré Brûlé et Céline Benz avec cet autre sujet qui nous intéresse ce matin et qui concerne ces nouveaux drames dans la Manche peut-on encore contrôler les traversées migratoires vous le savez ces derniers jours une nouvelle opération de secours a rappelé la dangerosité de ces traversées une embarcation transportant près de 160 migrants a pris freux en pleine Manche les secours français sont intervenus pour venir en aide aux passagers et éviter un nouveau drame en mer malgré les contrôles renforcés et la coopération entre la France et le Royaume-Uni les départs se poursuivent et les opérations de sauvetage particulièrement en été mais derrière ces drames en mer une question revient pourquoi ces traversées continuent-elles malgré les risques pour certains cela montre que les politiques actuelles ne permettent pas de maîtriser les frontières pour d'autres le vrai problème reste l'action des réseaux de passeurs qui exploitent la détresse des personnes prêtes à risquer leur vie alors la question est posée peut-on encore contrôler les traversées de la Manche faut-il renforcer davantage les contrôles aux frontières ou faut-il surtout s'attaquer aux passeurs et trouver d'autres solutions pour éviter ces départs dangereux amis auditeurs qu'en pensez-vous appelez-nous est-ce que la France et le Royaume-Uni peuvent réellement empêcher ces traversées est-ce un phénomène impossible tout simplement à endiguer appelez-nous 0826 300 300 0826 300 300 je vais me tourner vers vous Amaury Brolet est-ce que vous pensez au fond que c'est un problème contre lequel on ne peut rien faire est-ce qu'il y a une forme de fatalité parce que chaque été nous vous voyons à la fois les mêmes problèmes se répéter ces mêmes embarcations qui prennent le large qui prennent des risques elles sont chaque fois ou presque chaque fois secourues et il y a comme ça une sorte de répétition de situations qui sont à la fois illégales et dangereuses chaque année et particulièrement en été
en tout cas c'est un constat d'échec évident depuis 30 ans de politique de coopération entre le Royaume-Uni et la France les deux pays signent régulièrement des traités traités du Touquet traités de Sandhurst qui a été à nouveau prolongé en avril dernier traités un pour un qui a été signé par les deux pays il y a un an en août 2025 qui consistait au Royaume-Uni à renvoyer des clandestins illégaux arrivés chez eux vers la France et en même temps à accueillir des migrants de façon légale depuis notre pays l'objectif c'était 2500 les derniers chiffres qui ont été publiés font état d'un gros millier de migrants échangés de part et d'autre donc c'est évidemment un échec l'idée était de dissuader les passeurs et les filières criminelles et évidemment surtout les migrants de faire la traversée ce qui n'est pas arrivé on a enregistré plus de 40 000 traversées de la Manche l'an passé les chiffres sont un peu en baisse depuis le début de l'année mais ils risquent malheureusement de repartir à la hausse à la faveur de l'été donc la vérité c'est que la frontière entre nos deux pays est une passoire comme elle l'est d'ailleurs partout ailleurs que l'on a beau mettre de l'argent que l'on a beau mettre des moyens que l'on a beau renforcer les services de renseignement sur place notamment pour lutter contre ces filières criminelles malheureusement ça ne fonctionne pas si l'on ne tarie pas les flux au sud de l'Europe on continuera à accumuler les stocks au nord de la France et aujourd'hui la situation dans le Calizy est dramatique elle est dramatique pour les migrants qui sont en effet des victimes exploitées par des criminels et des passeurs qui sont là pour faire du business y compris au prix du sang et puis je pense évidemment à ces dizaines de milliers ces centaines de milliers de français qui dans le nord Pas-de-Calais aujourd'hui subissent aussi les nuisances et même la délinquance liées à la présence de ces milliers de migrants partout disséminés donc une fois de plus c'est le constat un constat d'échec de nos politiques
Célimens vous faites aussi le même constat d'échec avec cette situation qui se reproduit chaque année ces drames ces catastrophes ces traversées de la manche illégale parfois ces personnes qui décèdent dans la noyade et cette difficulté à endiguer ce problème
C'est un peu ce que disait Amory c'est-à-dire que si ces migrants qui sont là en situation souvent irrégulière voient en le Royaume-Uni une sorte d'eldorado c'est que manifestement elles quittent un lieu de misère à l'origine et souvent cette traversée de la manche arrive au bout d'un très long parcours en réalité c'est des gens qui sont là qui demeurent dans des conditions enfin qui sont des conditions épouvantables des personnes qui voyagent depuis très longtemps qui ont quitté leur domicile si elles sont arrivées effectivement jusqu'à Calais c'est qu'a priori elles ont traversé un bon morceau d'Europe de manière irrégulière le problème c'est que là on arrive à une sorte de goulot d'étranglement où on se dit on va régler le problème entre la France et la Grande-Bretagne alors on n'y arrive pas vraiment c'est-à-dire qu'on sait que depuis le début de l'année 2026 on a entre 14 et 15 000 personnes qui ont procédé ou tenté de procéder à cette traversée souvent au péril de leur vie dans des conditions qui sont indescriptibles avec des personnes affaiblies etc mais si on prend le problème en amont c'est-à-dire déjà comment elles sont arrivées jusqu'à Calais et si on le prend encore en amont quelle situation quel pays elles ont quitté pourquoi leur état peut-être qu'il est en guerre pourquoi leur état n'a pas réussi à leur proposer quelque chose qui leur donnait envie de rester chez elles de faire prospérer leur propre pays la dernière idée en date qui a été proposée par le parti de Nigel Farage c'est de dire bon bah on va envoyer la Royal Navy pour faire en sorte d'aider les Français qui ne parviennent pas à assurer la sécurité à leurs frontières moi je veux bien mais est-ce que premièrement c'est le travail de la Marine Nationale et deuxièmement on voit bien que c'est une solution de briquet de broc alors si elle pouvait fonctionner tant mieux mais on sait bien que c'est le travail des gardes-côtes normalement c'est le travail de la sécurité civile certainement pas de l'armée et surtout le problème c'est pas là qu'il faut le résoudre c'est aux frontières de l'Union Européenne premièrement et si c'est possible encore en amont ce qui devrait être le rôle à la fois de la diplomatie à la fois de nos politiques éventuellement d'accompagnement de state building pour faire en sorte d'avoir des états qui soient attractifs dans lesquels les personnes restent qu'elles aient envie de bâtir de construire leur société à elles et que ça leur fournisse un avenir désirable chez elles
C'est ça la solution d'abord et avant tout c'est-à-dire faire de la co-construction du co-développement apporter de l'aide aux pays déjà dans leurs propres frontières c'est ça la solution ?
J'y crois pas beaucoup je pense que l'Europe d'abord n'est plus en situation elle-même d'améliorer sa situation alors je suis pas sûr qu'elle soit en mesure d'améliorer la situation des autres pays et notamment des pays les plus pauvres et puis voilà l'histoire nous montre qu'on exporte rarement la démocratie on exporte aussi rarement la prospérité en général ces deux choses viennent des forces intérieures d'un pays de la maturité d'un peuple qui a compris qu'il était arrivé à un certain stade de son histoire ou pas d'ailleurs donc sur la partie quand est-ce qu'ils arrivent chez nous là je suis un milliard de fois d'accord avec vous c'est-à-dire que si à un moment ils repartent de nos côtes c'est qu'à un moment ils y sont arrivés d'une manière ou d'une autre donc la première chose c'est le contrôle on en parlait sur le sujet précédent on va aussi en parler ici quelque part sans faire de mauvaise comparaison on joue un peu le rôle du Maroc vis-à-vis de la Grande-Bretagne c'est-à-dire qu'on a un rôle de rétention alors évidemment on ne va pas leur faire des menaces comme le Maroc le fait à l'Espagne mais on a un rôle de rétention notamment en vertu d'un accord et il faut en parler d'un accord unique qui est l'accord du Touquet de 2003 et qui fait en sorte que la frontière et le contrôle de la frontière reviennent à la France en échange de subsides du Royaume-Uni qui en fait nous paye qui sous-traite en fait la gestion de cette frontière en plus on le fait très mal parce que bon voilà on a un problème d'organisation et de contrôle de nos frontières mais de manière générale ça ne devrait pas être à la France de régler ça donc moi je pense que la solution c'est évidemment de lutter contre les passeurs ça a déjà été fait visiblement je crois qu'il y a 500 passeurs qui ont été arrêtés sur les deux dernières années grâce à la coopération franco-britannique c'est tant mieux il y a je crois 40 000 passages aussi qui ont été évités ces deux dernières années sous le dernier gouvernement britannique grâce à la coopération franco-britannique c'est très bien mais la solution number one c'est que la France ferme ses frontières je ne sais pas vous dire autre chose ça peut avoir l'air simpliste ça peut avoir l'air débile mais c'est l'unique solution pour moi
mais Mickaël ça donne que la France ferme ses frontières ça voudrait dire sortir de Schengen parce que vous savez que la France a délégué une partie de sa souveraineté et de ses frontières justement à l'espace Schengen qui est devenu le nouvel espace de la frontière supranationale mais en tout cas qui entoure l'Europe la France aujourd'hui a des frontières qui sont davantage européennes en tout cas au sein de l'Europe oui pour moi
c'est une grande bêtise mais vous savez que légalement on a déjà le droit de suspendre Schengen jusqu'à deux ans pour des raisons d'absence de contrôle migratoire etc l'Allemagne l'avait déjà fait je crois il y a trois ou quatre ans dans les landers de l'Est parce qu'il y avait un manque de contrôle des pays qui étaient plus à l'Est de l'Allemagne Georgia Meloni a annoncé elle aussi qu'elle voulait suspendre Schengen vis-à-vis de ce qui s'est passé en Espagne et de la régularisation massive annoncée par Pedro Sanchez pardon donc la France serait en mesure de le faire aussi dès aujourd'hui alors après il faudrait le prolonger dans le temps mais pour moi oui le fait de retrouver de la sécurité à un contrôle migratoire ne passera que par le détricotage de l'Europe c'est hyper important il faut que l'Europe s'affaiblisse parce que si l'Europe est faible nous serons plus forts désolé de le dire comme ça je sais que je fais exprès d'utiliser un slogan un peu choc
non mais c'est intéressant écoutez vous avez votre point de vue manifestement c'est pas exactement celui d'Amoury Brûlé qui il y a encore quelques minutes nous disait il faut plus d'Europe Amoury Brûlé expliquez-nous vous êtes d'accord avec cette idée de Michael Sadoun qui considère qu'il faut rétablir les frontières en France et sortir de l'espace Schengen parce que c'est quand même ça rentre en contradiction avec ce que nous disiez tout à l'heure vous posez la question de savoir s'il fallait plus ou moins d'Europe pour régler ce problème de la crise migratoire et vous nous disiez que ça passerait par une meilleure justement un meilleur développement et de la solidarité entre les pays européens
alors nulle contradiction j'ai justement rappelé que la fin des frontières nationales devait coïncider avec la sécurisation des frontières extérieures ce qui n'existe pas aujourd'hui ce qui n'a d'ailleurs jamais existé c'est bien pour cela que tant que les frontières notamment au sud de l'Europe ne seront pas sûres oui il faut suspendre l'espace Schengen pour la France c'est tout et on peut le faire de façon tout à fait dérogatoire ça existe et puis j'ai envie de vous dire qu'est-ce qui empêche la France pays fondateur de l'Union Européenne poids lourd en Europe avec l'Allemagne de décider unilatéralement de suspendre Schengen qu'est-ce qui va se passer ?
Madame Van der Leyen va s'énerver elle va nous imposer une amende donc non donc si demain la France si Marine Le Pen au lendemain de son élection à l'Elysée si jamais elle était élue parce que c'est la seule qui veut sérieusement lutter contre l'immigration illégale en France décide que la France se retire de Schengen et bien la France se retirera de Schengen voilà voilà comment ça se passera et c'est comme ça que ça se passe d'ailleurs depuis 20 ans que chaque pays en Europe décide finalement de faire comme il veut avec les réglementations européennes le fait et il ne se passe pas grand chose ou au pire on vous impose des amendes bon ben on les paiera les amendes de toute façon on en paie déjà tellement donc c'est pas un sujet non vous l'avez dit moi je pense au contraire de vous que la solution elle est à la fois nationale dans notamment la question du droit d'asile de l'immigration familiale etc mais aussi la solution est européenne du fait de fait il faut que nous puissions à l'échelle continentale sécuriser nos frontières extérieures
c'est le point de vue de Mickaël Sadeau de Naboré-Brelé la France doit reprendre le contrôle de ses frontières restez avec nous il est 11h14 et on se retrouve dans un instant sur Sud Radio on parlera de ces compagnies pétrolières qui s'en mettent plein les fouilles pendant que les prix de l'essence augmentent faut-il les taxer plus ? faut-il les taxer plus ? donnez-nous votre avis appelez-nous 0826 300 300 0826 300 on attend votre point de vue sur la question à tout de suite sur Sud Radio
10h 13h les débats de l'été Noémie Alioua
et on est de retour sur Sud Radio avec nos trois débats débatteurs chevronnés enflammés Mickaël Sade ou Namori Brûlé et Céline Benz et pour cette dernière partie de l'émission on reviendra sur ce sujet cet autre sujet ce troisième sujet les grands groupes gagnent-ils trop d'argent pendant que les automobilistes paient la facture aux Etats-Unis une scène a surpris Donald Trump s'en est pris directement aux géants du pétrole pourtant d'ordinaire plutôt ses amis leur reprochant de faire trop de bénéfices alors que les prix à la pompe restent très élevés le président américain leur lance un message clair faites baisser les prix maintenant now maintenant pour lui les compagnies pétrolières doivent faire un effort et redonner une partie de leurs profits aux consommateurs une sortie qui relance un vieux débat vieux comme le pétrole quand les prix augmentent qui doit payer les groupes pétroliers répondent que le prix de l'essence dépend surtout du marché mondial du cours du brut et des tensions internationales mais les critiques accusent ces grandes entreprises de profiter des crises pour augmenter leurs bénéfices pendant que les automobilistes voient la facture grimper alors la question se pose les pétroliers profitent-ils des crises pour s'enrichir pour certains les grands groupes doivent faire preuve d'un petit geste quand le pouvoir d'achat des consommateurs est sous pression et pour d'autres il est tout à fait injuste de désigner les entreprises responsables des prix qu'elles ne contrôlent pas totalement amis auditeurs vous en pensez quoi quand vous voyez le prix de l'essence augmenter est-ce que vous avez le sentiment que les grandes compagnies s'en mettent plein les fouilles qu'elles profitent de la situation est-ce qu'il faut davantage par exemple encadrer les profits des grandes entreprises quand les consommateurs sont en difficulté appelez-nous dites-nous ce que vous en pensez votre avis votre point de vue 0826 300 300 0826 300 300 et je vous ai vu réagir Michael Sadoun lorsque j'ai présenté ce sujet vous étiez déjà en train de défendre je cite ceux qui semblent attaquer à savoir ces grandes compagnies qui font beaucoup de bénéfices vous voulez dire que vous défendez le grand capital
expliquez-nous la première chose d'abord c'est que le prix du pétrole sur les marchés financiers n'est pas décidé par les compagnies pétrolières le résultat comme toutes les actions les obligations les matières premières d'une interaction entre l'offre et la demande donc c'est pas Patrick Pouyanné qui décide est-ce que le pétrole est cher ou pas le pétrole est cher parce qu'on connait la situation en Iran que l'Iran est un grand exportateur de pétrole qu'il y a 20% du pétrole mondial qui transite par le détroit d'Hermouz donc que ça complexifie les échanges et quand il y a plus de rareté c'est comme ça c'est une loi du marché le prix augmente après les compagnies pétrolières elles n'ont pas vocation à faire le bien de l'humanité elles ont vocation à gagner de l'argent comme toute entreprise c'est normal c'est ce que Milton Friedman disait dans un article de 78 il faut que les entreprises soient d'abord intéressées par leurs profits elles n'ont pas vocation à être bienfaitrices de l'humanité donc est-ce qu'elles tirent partie de tout ça ?
évidemment elles sont expertes de ce marché donc elles font des opérations financières en plus de ce qu'elles vendent qui leur permettent de gagner de l'argent sur les marchés financiers la deuxième chose que j'ai envie de dire c'est que j'entendais une interview de Patrick Pouyanné à l'époque où le pétrole était un petit peu moins haut qu'aujourd'hui il disait écoutez le prix moyen à la pompe est de 1,70€ aujourd'hui en France sur du sans-plomb 95 ou du sans-plomb 98 je ne sais plus duquel les deux il parlait il disait sur les 1,70€ il y a 70 centimes qui vient dans la poche de Total et il y a 1€ qui va dans la poche de l'Etat donc si les dirigeants de par le monde je ne parle pas de Donald Trump parce que je ne connais pas la situation fiscale des Etats-Unis sur les produits pétroliers qui ne doivent évidemment pas être la même que la nôtre mais si les dirigeants de par le monde étaient intéressés par le fait de redonner du pouvoir d'achat aux consommateurs je pense que la première solution serait de baisser les taxes la TICPE et la TVA sur la TICPE c'est la première solution pour moi mais se tourner vers les compagnies pétrolières qui sont en fait les productrices de ces biens dont tout le monde raffole et dont l'économie se nourrit je trouve que c'est un peu injuste et un peu grotesque
Amor et Brelet il faut baisser les taxes c'est ça la solution ?
Ah oui il faut évidemment baisser les taxes ça n'est pas Total qui se gave c'est l'Etat qui se gave qui se gave sur le dos des Français avec la moitié du prix à la pompe qui lui termine dans les fouilles pour vous citer donc tout cela pour en faire quoi d'ailleurs la gabegie financière la gabegie budgétaire enfin je veux dire 1300 milliards d'euros de dettes ajoutés depuis 10 ans de Macron bon tout le monde le sait c'est une catastrophe non moi j'en ai surtout marre de ce Total bashing c'est à dire Total aujourd'hui est un grand groupe c'est l'un des derniers grands fleurons industriels français qui payent 25 milliards d'euros d'impôts chaque année dans le monde alors beaucoup moins en France parce qu'évidemment il n'y a pas ou très très peu de pétrole en France ça n'est pas ça n'est pas une surprise donc non non c'est insupportable cette façon de s'en prendre à ces grands groupes qui font la réputation de la France dans le monde qui permettent d'alimenter notre économie il y a 100 000 employés dans cette entreprise dont un tiers en France donc ce sont des emplois directs en France qui permettent à beaucoup de familles de vivre et de survivre donc voir aujourd'hui l'extrême gauche parce que c'est quand même l'extrême gauche aujourd'hui qui s'en prend à Total et à d'autres grands groupes de façon totalement démagogique idéologique et même marxiste parce qu'on est là dans la lutte des classes évidemment c'est absolument scandaleux c'est démagogique marxistes véritablement
qui sont capables de critiquer cette idée
qui fait
rappelons-le que oui Donald Trump n'est pas vraiment un grand marxiste il y a aussi un certain nombre de Français qui vont remplir l'essence dans leur voiture et qui voient des prix augmenter et qui voient parallèlement aussi des entreprises faire des profits qui sont très importants et qui se disent qu'à un moment donné peut-être dans une situation de pression maximale sur la population peut-être qu'il faudrait parfois faire un effort
alors moi j'ai tendance à penser que l'écrasante majorité des Français sont des socialistes des socialistes en l'âme sans même forcément le savoir et par ailleurs en grande partie désinformés là aussi par des médias Total on l'a dit il n'y a pas de pétrole en France Total paie énormément d'impôts dans le monde respecte toutes les réglementations il y a des accords qui sont conclus avec les pays producteurs ils sont même plus vertueux que les autres grandes entreprises tout à fait et qui ont d'ailleurs fait beaucoup puisqu'ils ont plafonné ils n'étaient pas obligés de le faire ils ont plafonné eux-mêmes les prix à la pompe c'est un geste qui a été fait par Total et à côté le gouvernement n'a quasiment rien fait donc c'est au gouvernement d'agir aujourd'hui pour baisser les prix à la pompe en diminuant drastiquement les taxes évidemment cela représente des milliards d'euros et donc cela suppose de faire des économies ailleurs on en revient au même problème général c'est-à-dire un état en France totalement socialiste et qui mène une politique socialiste depuis 50 ans et qui est incapable de gérer son budget
Céline Ben c'est à l'état de baisser les taxes est-ce que vous pensez comme Michael Sadoun et Amoribrelet que c'est davantage à l'état de faire un effort qu'aux entreprises qui produisent ce bien si cher si rare et si demandé
Alors là où je rejoins messieurs et où je suis complètement d'accord avec eux c'est qu'à l'origine tout ça est bien une affaire d'état c'est-à-dire c'est bien parce qu'on est dans un conflit entre états que les prix à l'origine se sont envolés d'ailleurs vous l'avez rappelé Amori donc moi je trouve que le président des Etats-Unis d'Amérique a beau jeu de s'en prendre à ExxonMobil et à Chevron en disant que les profits sont complètement inadmissibles ce qui est quand même une sorte de populisme crasse parce qu'on sait bien combien le ménage américain est dépendant de sa voiture dans un pays qui est extrêmement étendu avec des distances considérables à parcourir et donc qui a besoin d'accéder à un pétrole à un tarif abordable en même temps c'est ce même président des Etats-Unis d'Amérique qui s'est engagé dans cette guerre contre l'Iran contre quand même une partie à la fois de son appareil et de son opinion publique et qui aujourd'hui est quand même un peu embourbée dans cette histoire-là donc qu'est-ce que je fais je suis à l'origine d'une guerre et je m'aperçois qu'elle devient impopulaire en conséquence pour essayer de calmer la situation politique intérieure je désigne des responsables qui finalement bah oui je veux dire sont dans une situation qui leur est profitable donc ça c'est la première chose la deuxième chose c'est que il va se passer parce que le marché est ainsi fait qu'il s'adapte et c'est heureux il va se passer une situation de diversification si vous avez vu ça passer il y a environ une semaine on apprend que l'Inde qui a des réserves pétrolières considérables va se lancer dans une extraction pétrolière d'ampleur en France on est dans une situation où on n'a pas forcément de pétrole mais on a des idées et donc on se dit mais on a probablement une solution qui est intéressante au plan énergétique c'est qu'on sait qu'on est très leader en matière d'une énergie décarbonée qui est le nucléaire bon est-ce que c'est pas l'occasion pour nous de se réinterroger sur la façon dont on rénove notre parc de centrale dont on sanctuarise notre autonomie sur ce plan là et par ailleurs on sait que c'est quelque chose qui nous est tout à fait profitable dans la mesure où on vend également de l'énergie nucléaire à d'autres pays européens donc il est possible de se lancer dans un mix plus diversifié de laisser une plus grande marge pour le nucléaire cela dit ça ne se fait pas en un jour ça c'est une certitude de revoir une politique économique surtout qu'elle n'a pas été revue en profondeur depuis les grands plans centrales des années 70 on en a beaucoup parlé ces derniers temps surtout c'est pas exactement les mêmes postes de l'économie qui sont nourris par les si on parle du mix énergétique on parle du mix électrique quand on parle de l'essence alors sauf à parler de l'électrification du parc de véhicules en effet et d'ailleurs en effet c'est une marche longue c'est-à-dire que les français ne sont pas encore équipés en véhicules électriques majoritairement de la même manière que les autres habitants dans les pays occidentaux donc le sujet du pétrole est un peu je dirais autre que le sujet du nucléaire c'est-à-dire le sujet du pétrole est un sujet immédiat c'est-à-dire que c'est un sujet immédiat et aujourd'hui qu'est-ce qu'on fait ?
bon effectivement on voit que Total entre autres a fait un certain nombre d'efforts et c'est tant mieux mais il y a quand même quelque chose qu'il faut entendre c'est qu'aujourd'hui on a un certain nombre de ménages en France qui sont vraiment dans la difficulté et si vous regardez en particulier le monde rural la dépendance à la voiture est totale en tout cas elle est très importante avec des distances encore une fois qui sont importantes vous êtes infirmière libérale dans le monde rural je donne cet exemple vous dépendez de votre voiture et bien vous êtes bien obligé d'aller vous approvisionner à la pompe et on peut comprendre qu'à un moment donné il y ait une forme de ras-le-bol et de dire ah bah oui c'est pas grave on va les français sont socialistes l'état est socialiste et puis on a qu'à baisser oui mais attendez dans un état qui a 3350 milliards de dettes la solution aujourd'hui pour boucler le budget qui sera de toute façon un grand objet de débat cet automne c'est à mon avis pas de se dire je vais commencer par couper là il y a peut-être d'autres postes de dépense qu'on pourrait couper mais je ne suis pas sûr que la fiscalité sur le pétrole notamment sur la TICPE ce soit le premier poste dans lequel taper je crois qu'il y a déjà eu des aides ciblées aussi de l'état il y en a eu notamment sur l'agriculture par exemple sur les pêcheurs il y en a eu voilà exactement il y a eu des aides ciblées donc il ne faut pas donner l'impression non plus j'adore taper sur la macronie mais je ne veux pas donner l'impression qu'ils ne font totalement rien sur ce sujet là ils ont fait un petit peu moi pour revenir sur les entreprises sont les grands méchants il faut que les gens comprennent aussi que le bénéfice des entreprises laquelle réalisent actuellement il est complètement exclusif le baril de Brent il est monté à 100 dollars c'est exclusif il va évidemment redescendre après les tensions en Iran le profit de Total Energy il est monté de 67% en un an au deuxième trimestre mais c'est des situations exclusives et comprenez que quand Total Energy perd de l'argent ce n'est pas l'état qui compense
les pétroliers profitent-ils des crises pour s'enrichir manifestement Michael Sadoun n'est pas d'accord qu'est-ce que vous en pensez appelez-nous est-ce que vous avez un avis un point de vue un coup de gueule un coup de coeur d'ailleurs ce sera aussi l'occasion dans quelques instants de revenir sur les coups de gueule et les coups de coeur de nos trois chroniqueurs à tout de suite sur Sud Radio Sud Radio
Parlons vrai cet été 10h-13h les débats de l'été Noémie Alioua
et on est de retour sur Sud Radio il est 11h32 avec nos chroniqueurs qui continuent de débattre pendant l'émission en dehors de l'émission Céline Ben Samoury Brulé Michael Sadoun et on se posait cette question les pétroliers profitent-ils des crises pour s'enrichir faut-il davantage les taxer que proposer pour faire en sorte d'accompagner et d'aider tous ceux qui se retrouvent avec des prix qui sont exorbitants actuellement lorsqu'ils vont tout simplement pour pour leur voiture lorsqu'ils vont mettre de l'essence dans leur voiture que proposer Amoury Brulé
Baisser les taxes concernant les carburants c'est une évidence et globalement baisser les impôts et le niveau d'imposition partout où c'est possible en France la France fait partie des champions du monde en matière de prélèvement obligatoire évidemment tout cela pèse sur l'économie sur la croissance on a une croissance qui est quasiment à zéro donc c'est évidemment dramatique et c'était la conséquence il faut le rappeler du poids dans notre pays de l'état et de la dépense publique nous avons un taux de dépense publique en France qui est supérieur à celui de la Chine communiste voilà donc il faut réformer l'état en France il faut réformer nos systèmes sociaux 400 milliards d'euros qui partent chaque année dans les dans les dans les retraites les retraites des boomers qui ont cotisé deux fois moins qu'ils ne touchent donc il faut évidemment toucher à cela il faut réformer notre système de santé qui confine à l'irresponsabilité qui fait croire aux français que tout est gratuit alors qu'évidemment tout cela nous coûte des sommes folles je le rappelle depuis le début de la présidence d'Emmanuel Macron c'est 1300 milliards d'euros ajoutés à la dette il n'y a pas eu un budget en équilibre dans notre pays depuis 1974
vous êtes très nombreux à nous appeler d'ailleurs à l'antenne amis auditeurs pour réagir vous avez manifestement beaucoup d'entre vous en tout cas ont un point de vue sur la question 0 826 300 0 826 300 pour réagir à notre débat passer un coup de gueule un coup de coeur et justement Olivier vous venez de nous appeler bonjour Olivier
bonjour à tous
bonjour vous nous appelez de Melun c'est ça ?
absolument
alors vous je crois que vous partagez plus ou moins l'avis d'Amorey Brulé c'est à dire que la solution serait peut-être de baisser les taxes expliquez-nous
alors je trouve l'analyse assez fine tout ce qui a été dit de par monsieur j'adhère totalement je voulais rapporter ma petite pierre à l'édifice en posant un petit coup de gueule contre tous les gens qui disent qu'il faudrait qu'on taxe Total en rappelant ce qui a été dit tout à l'heure 10% du chiffre d'affaires de Total est fait en France sauf que quand vous écoutez les gens de gauche qui disent que Total devrait faire un effort massif il devrait faire un effort massif à hauteur de tout son chiffre d'affaires mondial mais que pour la France et ça c'est un comportement de supracapitaliste 10% du chiffre d'affaires fait en France on prend les bénéfices de Total sur plus cette année on les divise par 10 on en laisse 10 pour la France on en distribue 90 aux tous les autres pays où les pauvres gens qui peinent à payer leur pétrole doivent récupérer une partie de la manne mais quand vous écoutez les gens de gauche de mon pays ils récupèrent la totalité du bénéf ça si c'est pas du capitalisme à la Trump je sais pas ce que c'est et ça me fait rire après après 80% du prix du pétrole enfin de l'essence en France c'est la taxe de l'Etat donc on pourrait aussi râler au niveau de l'Etat qui est en train d'être fait sur ce plateau et pour élargir un peu le débat si on avait des écologistes qui soient de vrais écologistes et pas des pignouf je suis désolé je les supporte pas parce que imposer des éoliennes partout sans imposer que la filière soit européenne c'est un non-sens même si ça avait pris 10 ans je trouve ça complètement stupide et donc l'énergie c'est un concept global quand notre électricité est partie en flèche parce qu'il nous manquait une centrale nucléaire qui a été fermée alors qu'elle était toute neuve plus d'autres centrales qui n'étaient pas en rénovation parce qu'on avait bloqué les trucs pour faire plaisir aux écologistes et qu'on se retrouve à payer 10 fois plus d'électricité ça laisse moins d'argent pour payer un petit surplus le jour où l'Iran se fait envahir et qu'on a un prix du pétrole qui augmente pendant 5 mois tout ça c'est lié mais si on avait des lances sérieuses qui s'occupent du problème on aurait peut-être des réflexions plus intéressantes faits dans le même état même si le problème de l'énergie est que c'est une dépense contrainte et qu'on est pieds et poignets avec les gens qui possèdent le produit Climbens, vous voulez réagir ?
Oui, merci monsieur parce que je partage complètement votre avis et notamment en ce qui concerne le fait que l'énergie ça se réfléchit globalement avec les différents modes d'approvisionnement et pas exclusivement à l'échelle du pétrole par ailleurs il y a un autre sujet qu'on n'a pas abordé jusqu'à présent sur le contexte donc on a beaucoup parlé des conséquences d'Hormuz et de l'Iran sur l'inflation récente des cours du pétrole mais il y a un autre sujet c'est que la Russie qui est quand même un important producteur de pétrole et un important exportateur est complètement sortie du jeu et puis de gaz par ailleurs est complètement sortie du jeu pour les Européens au regard de la situation actuelle donc aujourd'hui on est dans une situation de double guerre et de double difficulté sur nos approvisionnements extérieurs alors la France en était moins dépendante que d'autres Etats européens mais effectivement comme c'est une réflexion globale ça pose de sérieuses difficultés et pour terminer les Etats-Unis et le Canada eux-mêmes pour leur marché intérieur donc n'ont pas exactement la même réflexion que nous dans la mesure où ils disposent d'hydrocarbures dans leur sous-sol et c'est ce que je disais tout à l'heure il faut vraiment qu'on se concentre sur le nucléaire en ce qui nous concerne parce que c'est notre vrai avantage comparatif c'est notre vrai avantage comparatif et c'est notre vraie assurance de souveraineté
Merci Céline Merci Olivier vous êtes très nombreux à nous appeler pour réagir manifestement vous avez des choses à dire sur cette question merci Olivier n'hésitez pas d'ailleurs je rappelle le numéro du standard 0800 26 300 300 0800 26 300 300 et parmi vous Gilles qui vient nous appeler bonjour Gilles Bonjour Bonjour vous nous appelez de Biarritz c'est ça ? est-ce que vous pouvez nous expliquer votre point de vue sur le sujet vous êtes aussi plutôt en défense des pétroliers si j'ai bien compris
alors en défense oui et non c'est pas forcément en défense mais évidemment qu'ils feront des profits à chaque fois qu'il y a un conflit une hausse des prix mais il y a aussi énormément de matières premières énormément de produits transformés qui augmentent quand il y a des conflits parfois en raison particulière parce qu'ils ne sont pas tous menacés de pénurie c'est des marchés où il y a énormément d'intermédiations donc il y a plein de gens invisibles et inconnus du grand public qui en profitent allègrement en France on a souvent tendance à montrer du doigt en premier lieu les pétroliers déjà parce qu'on en est dépendant et on ne produit pas et en plus parce que assez habilement depuis plusieurs décennies l'état ponctionneur et ses défenseurs ont tendance à montrer du doigt les profits des pétroliers en premier en faisant à chaque fois oublier qu'il y a quand même la TITPE plus la TVA et un impôt sur l'impôt et que le premier profiteur de guerre c'est quand même l'état c'est quand même Bercy et après on entend bah oui mais on ne peut pas baisser ces taxes là parce qu'on en a trop besoin on est en déficit en surdéficit etc donc on les baissera jamais mais le premier profiteur de guerre c'est quand même le trésor public et on en finit à avoir des situations ubuesques où on dit oui mais on va aider les agriculteurs les marins pêcheurs etc on va même faire des chèques énergiques c'est quand même assez drôle puisqu'on va traiter de l'argent aux gens pour payer leurs impôts donc on va leur leur prêter leur propre argent pour payer les taxes c'est quand même hallucinant et ce qui est quand même un signe d'effondrement d'effondrement de l'état et et de crétinisation presque j'ai envie de dire je suis désolé de l'opinion publique pour accepter ça parce que c'est quand même incroyable donc à chaque fois on a les plateaux télé et radio qui sont envahis de gens qui vont nous expliquer que Total etc etc mais au final on fait quand même 75% de plein de taxes quand on va à la pompe et ça c'est un revenu sacrofain auquel on ne peut pas toucher parce que ça rapporte tellement et on est tellement dans la mouise au niveau des comptes qu'on ne peut pas y toucher
donc si je résume Gilles vous êtes plutôt d'accord avec Michael Sadoun et Amaury Brelet baisse des taxes de l'Etat
baisse des taxes de l'Etat baisse des dépenses de l'Etat et ce débat là il n'aura pas lieu donc moi la campagne j'y ai vécu je travaille dans l'immobilier mais dans une autre vie j'ai été gérant de centre équestre il y a tout un tas de gens à la campagne qui ne bénéficient pas d'aides ciblées on ne leur prête pas leur propre argent pour payer des taxes il y a énormément de particuliers il y a pas mal de précarité dans les campagnes et ça c'est des voix un peu silencieuses et le problème c'est que quelle que soit l'opinion politique finalement dans un pays où même la droite est socialiste on ne touchera pas à ça et ceux qui sont plus pragmatiques et qui disent c'est quand même un petit peu scandaleux vous disent tout de suite après oui on le sait bien mais hélas on ne peut rien faire parce qu'on a trop besoin donc ça va continuer à chaque fois qu'il y aura un conflit ça va augmenter à chaque fois on dira les pétroliers c'est des profiteurs de guerre et au final on va finir ça ne changera jamais ces crises là moi je les connais depuis que je suis gamin j'ai 47 ans
écoutez c'était intéressant merci beaucoup Gilles merci pour votre point de vue vous êtes très nombreux à nous appeler pour réagir au 0800 26 300 300 0800 26 300 300 et parmi vous il y a Philippe bonjour Philippe
oui bonjour à tous
bonjour Philippe vous nous appelez de Corée c'est ça ?
oui
et vous aussi vous partagez le point de vue qui vient plus ou moins d'être exprimé ?
oui oui tout ce qui a été argumenté en faveur des baisses des taxes de l'Etat me convient parfaitement mais moi j'ai une autre solution pour Total et je suis très étonné que personne n'en parle jamais j'ai entendu vos interlocuteurs dire qu'on n'avait pas de pétrole en France c'est faux nous avons entre l'Afrique de l'Est
et le Managascar
nous avons des îles qui s'appellent les îles Épars qui nous appartiennent des toutes petites îles qui sont occupées de temps en temps par des gendarmes pour montrer que la République française est chez elles et autour nous avons une zone économique exclusive qui est plus grande que la France 640 000 km2 il y a des sondages qui ont été faits très sérieux par des sociétés américaines notamment on est assis sur des réserves de pétrole énormes 12 milliards de barils 5 milliards de mètres cubes de gaz mais on ne veut pas aller les chercher alors vous savez ce qui va se passer à un moment le gouvernement français voulait rendre ces îles à Madagascar quand les malgaches les auront sous la coupe des russes ou des chinois eux ils vont venir mettre des plateformes parce que les Norvégiens qu'on admire et tout qui ont un fonds souverain monumental eux ils sont allés chercher leurs propres ressources pourquoi on n'y va pas nous ça fait 20 ans qu'on aurait dû y aller
d'accord écoutez Philippe on a entendu votre point de vue merci beaucoup vous êtes très nombreux à nous appeler pour réagir au 0826 300 300 0826 300 300 au standard Sud Radio Hakim bonjour
oui bonjour
bonjour Hakim vous nous appelez de Paris c'est ça ?
oui tout à fait
alors pour vous il faut faire des calculs c'est ça ?
ah oui alors attendez moi je suis très content de passer à l'antenne d'avoir vos experts parce que j'ai l'impression que ce sont des pros pétroliers c'est leur droit je ne sais pas s'ils ont des liens avec eux alors je tiens quand même à préciser quelque chose je suis tout à fait d'accord pour qu'on protège les grandes entreprises nous tous qu'on arrête de taper sur Total qu'on arrête de taper sur LVMH qu'on arrête de taper sur les belles entreprises où on est en train de les vendre je suis bien d'accord je suis nationaliste de ce côté là et j'aime beaucoup Total parce qu'on se met bien d'accord ce sont de belles stations c'est agréable et quand on s'arrête sur les autoroutes j'ai une préférence pour Total voilà que les choses soient claires je n'ai rien contre eux par contre j'aimerais bien que nos experts nous expliquent quelque chose tous les Français veulent savoir pourquoi quand le pétrole baisse il est 15-20 jours et pourquoi quand il augmente c'est tout de suite alors qu'on nous explique un exemple aujourd'hui le pétrole il a 70 euros le dollar ou le baril le dollar d'accord on a dit qu'il était 1,70 en moyenne ok c'est-à-dire que là toutes nos réserves que nous avons en France on l'a acheté à 1,70 sans compter les pétroliers oui les pétroliers qui sont en chemin nous sommes d'accord ensuite dès qu'il y a une guerre au bout de 2 jours ça augmente de 20-30% alors qu'on nous explique pourquoi les bateaux qui sont en chemin et ceux qu'on a acheté à 170 montent carrément à 2 euros 2,20 et j'aimerais bien qu'on nous explique ça voilà alors j'ai pas tout à fait compris Noémie parce que désolé le son est pas mais
c'était une question intéressante alors écoutez on va partir en pause on revient tout de suite justement voilà moment de tension transition parfaite on revient tout de suite Hakim restez bien avec nous vous allez pouvoir développer vos propos et surtout les débatteurs à qui vous posez ces questions vont pouvoir vous répondre tout ça c'est dans quelques instants sur Sud Radio et puis si vous voulez réagir aussi n'hésitez pas participez à la conversation avec Hakim avec nos chroniqueurs sur cette question des revenus des industries pétrolières faut-il les taxer est-ce que c'est à l'état au contraire de faire baisser les charges appelez-nous 0826-300-300 0826-300-300 à tout de suite sur Sud Radio
10h-13h les débats de l'été Noémie Alioua
et on est de retour sur Sud Radio avec nos trois chroniqueurs qui sont chevronnés enflammés Céline Benz Amoury Brelet Mickaël Sadoun et puis Hakim Hakim qui est avec nous de Paris bonjour Hakim vous êtes toujours là ?
toujours là j'en vais au parleur comme ça ça fonctionne bien
voilà on vous entend beaucoup mieux alors vous nous dites est-ce qu'il faut faire des calculs et vous vouliez poser des questions à nos chroniqueurs allez-y on vous écoute
alors c'est la question que tous les français se posent c'est pourquoi alors comme je vous ai dit nous avons une réserve de pétrole et quand ils achètent admettons il est à 70 euros à 70 dollars le baril nous sommes d'accord ce qui fait que grosso modo je ne suis pas un expert je travaille dans le bâtiment je n'ai pas fait l'état ce qui fait que pourquoi dès qu'il y a une guerre le pétrole que nous avons déjà acheté qui est sur place sans compter celui qui est en route il augmente d'un seul coup c'est-à-dire qu'on se retrouve voire 40 centimes maximum et quand il baisse il met 15-20 jours pourquoi ce ne serait pas l'équivalent on se met une moyenne c'est-à-dire il augmente aujourd'hui et bien on a quand même des réserves les pétroliers l'ont acheté à un certain prix pourquoi tout de suite c'est pour ça qu'on leur en veut en fin de compte c'est tout de suite ils augmentent le prix par contre dès que le baril a baissé ils mettent du temps à le baisser alors expliquez-nous pourquoi le trajet la chronologie exactement dès que le tanker est chargé est plein le tanker arrive ça met combien de jours 15 jours à moi et nous d'expliquer pourquoi ça ne baisse pas aussi vite que ça a augmenté au bout de deux jours alors que nous l'avons acheté comme je vous ai dit 70 ou 75 euros le baril
Merci beaucoup Hakim pour votre question parce que je pense qu'il y a beaucoup d'auditeurs qui se posent exactement cette question à ces techniques et on va se tourner peut-être vers Michael Sadoun vous avez une réponse à donner à Hakim ?
Alors j'ai plusieurs éléments de réponse la première chose Hakim et moi je le disais tout à l'heure la mission d'une entreprise c'est pas d'être bienfaiteur de l'humanité donc s'il y a des petits troublardis que vous dénoncez et qui sont des petits décalages de calendrier qui permettent à Total Energy de faire un peu plus de profit j'ai envie de vous dire d'abord c'est un petit peu normal la deuxième chose d'abord c'est que les marchés financiers anticipent des hausses donc c'est pas seulement le prix à un instant donné qui influence le cours je dirais de l'essence que vous prenez à la station c'est aussi l'anticipation de marché donc vous voyez dès qu'il y a un événement qui se produit en Iran vous parliez de l'essence qui est déjà sortie du détroit d'Hormuz et bien en fait il vaut déjà plus cher parce que les anticipations de marché prévoient que ce produit-là qui est en train de transiter vers la France et bien en fait il vaut plus cher que le prix auquel on l'a acheté ensuite vous pensez qu'il y a des réserves il n'y en a pas tellement les stations essence vous savez quand elles achètent de l'essence elles l'achètent à un certain prix et donc elles doivent l'écouler conséquemment à ce prix-là par contre quand le pétrole rebaisse et bien elle doit encore écouler les stocks qu'elle a donc évidemment ça ne rebaisse pas tout de suite après vous voyez ce que je veux dire donc en effet vous avez raison il y a un décalage dans le calendrier mais il peut s'expliquer par le fait que Total Energy d'abord a le droit de faire du profit a le droit de faire du profit par les anticipations de marché et par je vous dis ce truc un peu logistique qui fait que quand le prix baisse et bien on a encore un petit peu de pétrole donc on l'écoule au prix où on l'a acheté voilà
Merci beaucoup Agui pour votre question en tout cas je suis sûre qu'elle aura intéressé votre réponse aussi Michael Sadone elle aura intéressé beaucoup d'auditeurs qui se posaient exactement cette question donc sur les revenus des compagnies pétrolières comment ça fonctionne pourquoi ça augmente pourquoi le prix de l'essence augmente et baisse aussi facilement merci beaucoup merci à Kim de nous avoir appelé et tout de suite on passe au coup de gueule et au coup de coeur de nos chroniqueurs
10h-13h les débats de l'été Noémie Aliwa
alors Amoury Brelet vous avez un coup de gueule c'est ça ?
un coup de gueule contre le projet scandaleux de madame Gail Broun-Pivet présidente de l'Assemblée Nationale de démolir le pavillon d'accueil de l'Assemblée Nationale qui est un édifice qui date du 19ème siècle empire de taille superbe historique qui fait face à la scène l'idée étant de le remplacer de le détruire de fond en comble et de le remplacer par une horreur en verre tout en verre avec d'immenses cylindres j'invite d'ailleurs nos amis auditeurs à aller sur les réseaux sociaux et sur internet pour aller voir les images du projet c'est une horreur qui défigurera évidemment le bord de scène c'est un projet qui coûte une fortune plus de 50 millions d'euros alors que l'Etat est censé faire des économies c'est un projet par ailleurs qui ne respecte ni le site patrimonial remarquable du 7ème arrondissement de Paris ni le bien UNESCO des rives de la Seine qui est inscrit au patrimoine mondial ni l'avis de la commission du vieux Paris qui s'est opposée fermement et unanimement à ce projet donc il est temps encore de mettre fin à cette funeste entreprise dont je précise que des députés RN que Ségolène Royal ancienne ministre socialiste et que même l'ancien rappeur Joe Estar ils sont opposés alors quand vous avez autant de gens aussi différents qui finissent par s'opposer à un projet aussi délirant c'est qu'il y a vraiment un problème
il faut se poser les bonnes questions effectivement Mickaël Sadoun
ah ouais non mais moi j'ai vu ça je pense que c'est le sujet qui m'a le plus révolté cette semaine Yael Brown-Pivet qui est
la pire présidente
de l'Assemblée nationale de notre histoire d'un niveau à mon avis vraiment j'ai pas envie de faire de polémique mais vraiment d'un niveau technique intellectuel charismatique qui est largement en dessous de ce que demande la fonction a décidé de laisser son empreinte par la pire des manières en détruisant un bâtiment qu'il a précédé de 100 ans ou 200 ans pour le remplacer par une infâme bouse il faut vraiment voir
une infâme bouse vous êtes dans la nuance
vous alliez voir vraiment les vidéos c'est une infâme bouse en vert apparemment en plus il y a eu un concours d'architectes qui avait mis en concurrence aussi un architecte japonais qui avait fait un truc qui n'était pas si dégueulasse que ça mais bien sûr ils ont privilégié la construction en vert parmonieuse avec le décor c'est très révélateur de ce qu'est la Macronie c'est à dire une volonté de liquider l'héritage de la France de le liquider complètement pour le remplacer par une substance informe technocratique moche de verre et de métal qui ne convient à personne je vous rassure
il y a beaucoup d'artistes contemporains qui ne sont pas particulièrement macronistes ou en tout cas qui ne s'affichent pas comme tels et qui ont à peu près le même goût pour les choses mais c'est l'esprit du progressisme citadin sans doute puisque vous avez la parole on va vous la laisser vous avez un coup de gueule un coup de coeur
c'est plutôt un coup de gueule en fait contre la loi d'interdiction des réseaux sociaux aux 10-15 ans qui est passée récemment en Australie en fait c'est un coup de gueule sur la loi qui est passée chez nous concernant le contrôle des réseaux sociaux qui arrive bientôt pour tout le monde en France cette loi elle s'est révélée assez inefficace en Australie on a constaté qu'en fait les 10-15 ans fréquentaient toujours les réseaux sociaux quelques mois après la mise en place de cette loi par exemple il y a toujours 20% des 10-15 ans qui fréquentent Instagram quotidiennement et ça c'est sans parler de TikTok Snapchat etc et tout ce qu'on sait ça montre d'abord quelle est la cause de cette persistance de la fréquentation alors il y a un peu d'utilisation des VPN mais c'est pas majoritaire la cause majoritaire c'est que les réseaux sociaux eux-mêmes ne font pas le travail de contrôle des utilisateurs parce que d'abord c'est pas dans leur intérêt plus il y a d'utilisateurs sur les réseaux sociaux désolé plus les réseaux sociaux sont contents c'est comme ça c'est des business qui marchent en termes de masse critique et puis la deuxième chose c'est qu'ils n'ont pas envie de déployer des moyens considérables en disant est-ce que vous avez 15 ans 10 ans etc après il y a évidemment le sujet des comptes familiaux c'est-à-dire que les enfants peuvent utiliser des comptes familiaux par exemple sur YouTube et ça j'ai envie de vous dire qu'on n'arrivera pas à l'éteindre complètement par la loi ce que je veux dire c'est évidemment que l'accès des plus jeunes aux réseaux sociaux ne doit pas être régulé par l'État il doit être régulé par les parents eux-mêmes il faut responsabiliser les gens et j'invite les gens ici à mener la même réflexion en France puisqu'on a une loi gravissime qui est passée il n'y a pas longtemps sur ce sujet-là ça n'est pas à l'État de contrôler ce que font vos enfants ça vous revient pleinement vous voulez les éduquer dans les livres et dans l'éducation traditionnelle grand bien vous fasse vous voulez leur donner une tablette dans les mains il faut en assumer les conséquences mais quand on développe un nouveau média de toute façon il faut en assumer les conséquences on ne peut pas dénoncer la démocratisation générale de l'information c'est comme ça l'invention du journal a démocratisé l'information l'invention de la radio a démocratisé l'information aujourd'hui on est à l'air des réseaux sociaux et la solution ce n'est pas de les censurer la solution c'est d'installer un degré d'éducation supérieur qui correspond aussi à cette évolution technologique c'est tout
vous partagez ce coup de gueule de Michael Sadoun au fond il n'est pas forcément nécessaire il est même peut-être inutile de vouloir interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans parce que ça s'est pratiqué en Australie que ça n'a pas fonctionné pourquoi est-ce que ça fonctionnerait en France vous en pensez quoi ?
alors moi je pense que de dire qu'il doit y avoir une liberté d'expression je pense qu'on en est tous d'accord ici il est traduit en justice et ce serait normal d'ailleurs ça c'est la première des choses donc par ailleurs ce qu'il faut se dire c'est qu'une plateforme qui diffuse chaque jour des milliards de contenus ce n'est pas un simple hébergeur la plateforme le réseau social il a un algorithme qui va mettre en avant un certain nombre de choses donc à partir du moment où vous êtes un jeune de 10 ans qui est tombé dans une boucle qui est tombé dans une bulle vous allez vous retrouver à vous voir sans cesse proposer les mêmes types de contenus qui vont vous quelque part vous matrixer il y a quand même quelque chose dans cet ordre là le réseau social il fonctionne sur cette base ce n'est pas un simple hébergeur c'est un élément d'information qui va mettre en avant vos propres préférences et c'est sur cette base qu'il fonctionne et la dernière des choses c'est à dire l'argument de monsieur Sadoun qui consiste à dire les parents s'en chargeront c'est l'argument principal pour moi et je vais vous dire l'éducation elle-même est une bulle informationnelle parce que comment est-ce que vous contrôlez que les parents eux-mêmes ne vont pas mettre toujours le même contenu dans les mains de leurs enfants il y a un moment on ne peut pas contrôler tout ce qu'on met dans les mains des gens il faut s'assurer de leur niveau d'éducation c'est tout et ça c'est l'école qui s'en occupe c'est l'école qui s'en occupe mais vous aurez constaté comme moi qu'on se casse la figure dans toutes les enquêtes PISA mais ça c'est un sujet par ailleurs mais on ne peut pas dire les parents se chargeront de surveiller toute la journée ce que font leurs enfants sur les réseaux sociaux et c'est un peu comme de dire les contrôlés finalement les conducteurs vont s'assurer eux-mêmes de la mise en place de la sécurité routière et puis voilà on ne peut pas laisser à chacun Céline Benz
c'est plutôt du côté du contrôle voilà peut-être un peu plus en tout cas pour éviter la jungle un peu de contrôle peut-être permet d'éviter la jungle on comprend Céline Benz puisque vous avez la parole Céline Benz vous avez un coup de gueule
un coup de gueule très rapidement Oui j'ai un coup de gueule très rapide donc on a appris que le mois de juillet était le plus chaud qui était enregistré en France depuis qu'on fait des mesures c'est-à-dire début XXe siècle tout le monde s'en est étonné dans deux mois on aura tous oublié concrètement qu'est-ce que peuvent faire nos territoires et qu'est-ce que peuvent faire nos communes pour s'adapter pour s'adapter à ces 40 degrés et à ces vagues de chaleur répétées donc il me semble qu'il y a un certain nombre de choses qui doivent être mises en oeuvre et qu'on ne peut pas tout attendre de l'État en la matière ça, ça devrait vous plaire messieurs donc comment on fait pour accompagner éventuellement si ça doit être fait les hôpitaux les publics fragiles les EHPAD les écoles et donc comment on n'attend pas de l'État Voilà, c'est terrible
Ne pas tout attendre de l'État je crois qu'il y aura eu plutôt un consensus sur cette question autour de cette table merci beaucoup à tous les trois à nos trois chroniqueurs Céline Benz Amoré Breulet Michael Sadoun merci à tous les trois vous avez été d'ailleurs très nombreux à réagir au standard 0826 300 300 0826 300 300 et dans quelques instants la France au bout du fil appelez-nous vous avez un point de vue un coup de gueule un coup de coeur pour revenir notamment sur cette question de la gestion des incendies nous reviendrons notamment sur cette difficulté parfois à obtenir des remboursements de la part des assureurs est-ce que vous avez été confronté à cette situation appelez-nous 0826 300 300 sur Sud Radio on est de retour sur Sud Radio il est midi 3 pour un petit point d'actualité on l'a appris ce matin l'un des fondateurs du groupe criminel marseillais DZ Mafia a été arrêté en Algérie Clément racontez-nous ce qui s'est passé
il s'agit du franco-algérien Mehdi Laribi de 36 ans suspecté d'être l'un des chefs de l'organisation criminelle installé en Algérie depuis une date indéterminée il était soupçonné de piloter le réseau depuis le pays qui n'extrade pas ses ressortissants surnommé Attic il reste associé à l'un des épisodes les plus sanglants de l'histoire récente du narcomanditisme marseillais le déclenchement du conflit contre le clan Yoda qui avait fait de l'année 2023 l'une des plus meurtrières de la cité phocéenne en matière de règlement de compte Mehdi Laribi était visé par un mandat d'arrêt français lié à l'opération Octopus le dégel des relations franco-algériennes a permis cette arrestation il a été placé sous contrôle judiciaire fin juillet le ministre de la justice Gérald Darmanin remercie ce matin sur Twitter les autorités algériennes pour cette avancée et pour en parler avec nous on accueille sur Sud Radio Frédéric Ploquin journaliste d'investigation spécialiste de la police et du grand banditisme auteur notamment du livre journal d'un maton la vérité sur la corruption au coeur des prisons aux éditions Fayard
bonjour Frédéric Ploquin
bonjour
bonjour est-ce que vous pouvez nous dire exactement ce que l'on sait du rôle de Mehdi Laribi au sein de la DZ Mafia
pour moi selon les éléments que j'ai pu accumuler depuis une vingtaine d'années sur ce personnage c'est quelqu'un qui passe pour être le véritable on va dire fondateur de ce qu'on appelle aujourd'hui la DZ Mafia c'est-à-dire que c'est lui qui crée c'est le créateur de la marque c'est celui qui imprime le ton qui donne un petit peu la première image de ce que va devenir ce monstre totalement incontrôlable qui est devenu la DZ Mafia aujourd'hui au départ c'est vraiment une poignée d'individus lui il a grandi Mehdi Laribi il a grandi dans le quartier de Bassins en plein Marseille à vingt ans il était déjà très en pointe on va dire c'est quelqu'un qui était toujours dans l'innovation puisqu'à vingt-vingt-et-un ans il dirigeait déjà un gros ce qu'on appelle un drive c'est là où les clients peuvent passer en voiture comme s'ils allaient chercher un McDo sauf qu'ils vont chercher un McDo on va dire un fast-food sauf que là ils vont chercher du shit de l'herbe ou de la cocaïne donc ils passent en voiture on leur donne le pochon ils repartent ils donnent un billet ils repartent c'est donc quelqu'un de très en avance toujours en avance sur son temps c'est aussi quelqu'un en avance sur son temps sur l'usage le recours à la violence c'est quelqu'un qui moi je me souviens d'un jeune trafiquant de Marseille qui me disait mais ce type vous savez il tue les gens comme ces types ils tuent les gens comme ils mangent un paquet de chips et donc il y a une espèce de et ça c'était il y a 10 ans donc il tue des gens
comme certains mangent un paquet de chips vous voulez dire avec une telle facilité un tel sang-froid
exactement et ça c'est ce que disaient des jeunes dealers on va dire de Marseille à propos de Medi-Laribi et de son équipe c'était il tue au pluriel et donc effectivement c'est quelqu'un qui a imprimé une espèce de marque et son premier on va dire fait d'armes notoire qu'il fait passer du statut de petit vendeur de barrette de chips à celui de de de Marseille alors attention Frédéric Ploquin n'hésitez pas
à vous mettre proche de la fenêtre pour qu'on ait pas de soucis de réseau on est très intéressé par ce que vous dites alors surtout ne nous abandonnez pas on vous écoute
d'accord donc je disais le premier fait d'armes important qui qui le fait rentrer on va dire dans l'ère des grands caïds et qui fait qu'il n'est plus tout à fait le petit le petit vendeur de chips qu'il était c'est qu'il a arrêté en 2012 parce qu'il est soupçonné à l'époque d'avoir orchestré on va dire l'assassinat de trois de ses camarades qui sont dont les corps ont été retrouvés calcinés dans un véhicule à Marseille il a je dis il a été soupçonné puis ensuite il a été condamné pour ça donc je peux en parler librement il a même fait dix ans de prison pour cela et c'est en sortant de cette de cette longue incarcération de cette incarcération enfin dix ans il a fait trois ans
de prison pour l'assassinat dix ans
dix ans pour trois cadavres
dix ans
pour trois cadavres voilà c'est ça et donc il sort et tout le monde tout le monde le craint parce qu'effectivement c'est le premier enfin c'est pas tout à fait le premier mais c'est le premier à industrialiser d'une certaine manière ce qu'on appelle le barbecue à la marseillaise c'est à dire une balle dans la tête dans le coffre d'une voiture on fait cramer la voiture et on laisse et on laisse et on laisse aux familles un tas de charbon c'est le premier à avoir fait ça
c'est ce que vous êtes en train de nous décrire
c'est des méthodes mafieuses et c'est surtout parce qu'aujourd'hui on dit des aides mafias incarnent effectivement une forme de violence etc mais c'est on peut dire que c'est lui un peu qui a imprimé cette patte on va dire donc ensuite bon on va pas tout raconter mais il y a eu cette fameuse guerre avec le clan le clan Yoda c'est la des aides mafias qui a gagné une trentaine de morts et puis sur ses entrefaits sachant qu'il était recherché à la fois par la police la justice française et par on va dire les membres du clan adverse il sait il est parti en Algérie son arrestation moi voilà me surprend ça signifie enfin nous surprend tous ça signifie
il n'y a pas d'accord d'extradition avec l'Algérie
c'est pas ça c'est qu'on était quasiment la France était quasiment sur le plan diplomatique en guerre froide avec l'Algérie depuis plusieurs années donc quelqu'un comme Mehdi Laribi on a largement profité et bénéficié puisqu'il n'était pas question pour les Algériens on va dire de donner suite au mandat d'arrêt envoyé par la justice française durant cette longue période de glaciation donc là il y a un dégel comme vous avez dit tout à l'heure c'est une forme de dégel et c'est un signal assez fort après je ne sais pas ce que les autorités algériennes attendent en échange mais vous savez très bien comme moi qu'entre la France et l'Algérie ça se passe comme ça c'est donnant-donnant
oui dans toute diplomatie d'ailleurs c'est toujours du donnant-donnant il y a peut-être aussi un tournant dans la coopération judiciaire entre la France et l'Algérie est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qui va se passer concrètement maintenant qu'il est sous contrôle judiciaire en Algérie est-ce qu'il peut être extradé jugé sur place envoyé en France quelles sont les perspectives judiciaires là ?
écoutez je ne sais pas si l'Algérie va faire vous savez il y avait donc je le disais tout à l'heure deux équipes qui se sont affrontées le chef du clan adverse Félix Bengui a été arrêté au Maroc alors que les relations précisément diplomatiques entre la France et le Maroc étaient en train de se réchauffer il a été placé sous écrou là-bas et au bout d'un certain temps d'un certain nombre de mois il a été extradé vers la France à ce stade je suis incapable de vous dire si Mehdi Laribi va être ou pas parce qu'il est franco-algérien extradé par l'Algérie c'est pas gagné d'avance ce que je peux vous dire c'est que c'est plutôt ce serait plutôt dans son intérêt si l'internative pour lui c'est de faire 10 ou 15 ans de prison en Algérie ou 10 ou 15 10h-13h les débats de l'été Noemi Alioua
et on est de retour sur Sud Radio il est midi 16 vous êtes bien sur Sud Radio la France au bout du fil c'est maintenant c'est vous qui avez la parole c'est votre émission vos témoignages vos questions vos coups de gueule et peut-être aussi vos coups de coeur sur les réseaux sociaux n'hésitez pas à réagir sur Facebook sur TikTok sur Instagram écrivez-nous on vous lit on vous écrit on vous répond et puis surtout appelez-nous 0826 300 300 on vous prend au téléphone on vous écoute on vous donne la parole c'est chez vous ici Sud Radio et pour ce premier sujet on voulait revenir sur ce qu'on a évoqué tout à l'heure avec ce maire qui racontait comment est-ce qu'il avait dû gérer dans sa commune une situation de personnes de gens du voyage qui s'étaient installés au mépris de toutes les règles et de toutes les lois et justement nous avons Philippe qui vient de nous appeler au 0826 300 300 bonjour Philippe
bonjour Noémie
bonjour vous nous appelez de Conflans Saint-Honorine c'est ça ?
c'est ça oui
alors vous Philippe vous faites partie de la communauté des gens où vous voyagent et vous aviez pas mal de choses à nous dire on vous écoute
oui parce qu'en fait quand on aborde ce sujet des gens du voyage on n'a toujours qu'un seul son de cloche en fait on n'a jamais quasiment jamais la vie des personnes concernées et donc il y a beaucoup de préjugés il y a beaucoup d'inconnaissances tout à l'heure ce matin il y avait déjà le sujet a déjà été abordé à l'antenne et j'entendais des personnes des intervenants qui parlent d'un sujet qu'ils ne connaissent pas du tout ils ne savent pas qui sont les gens du voyage en fait
alors expliquez-nous racontez-nous Philippe justement c'est très intéressant de vous avoir au téléphone
déjà les gens du voyage vous les côtoyez tous les jours sans le savoir quasiment dans votre quotidien c'est l'élagueur qui vient chez vous c'est le maçon qui vient chez vous ça peut être le couvreur ça peut être le je ne sais pas ça peut être la personne sur un marché aujourd'hui les gens du voyage ils sont partout dans la société française et en fait le problème c'est que les gens ils reconnaissent les gitans que quand ils les voient attroupés avec leur caravane mais en fait ils les côtoient tous les jours sans le savoir et en fait les gitans sont de plus en plus intégrés dans la société française parce qu'en fait il y a des gens du voyage la première trace des gitans en France c'était il y a 600 ans déjà donc la société française en réalité elle a toujours tourné le dos aux gens du voyage c'est pour ça qu'il y a une méconnaissance c'est parce qu'en fait c'est aujourd'hui vous savez en 2026 moi ça me fait de l'air rigoler quand j'entends parler de racisme anti-blanc ça n'existe pas quand j'entends parler de racisme les gens qui s'offusquent aujourd'hui pour n'importe quelle réaction qu'il peut y avoir moi je vais vous dire ce que c'est que la vie d'un gitant la vie d'un gitant c'est que quand on dit qu'on est gitant aux gens aux sédentaires les mâchoires elles se décrochent souvent rien que le fait de dire qu'on est gitant déjà les préjugés qu'il y a sur les gitants la méconnaissance qu'il y a des gitants déjà les mâchoires se décrochent quand on dit qu'on est gitant parce que c'est tout de suite connoté au vol violence escroquerie c'est ça dans l'inconscient des gens c'est ça le gitant attention le gitant c'est un voleur il va venir chez vous il va vous voler je veux dire moi voilà vous ressentez
les préjugés la discrimination en tant que personne du voyage
quand on est gitant on peut pas ouvrir de compte en banque si on va à la banque quand on dit je suis gitant je dois ouvrir un compte en banque on n'y a pas le droit quand on est gitant une assurance auto c'est une galère pour l'avoir je parle même pas d'un crédit bancaire quand on est gitant c'est très compliqué pour scolariser les enfants à l'école souvent ils sont au fond de la classe c'était comme ça pendant des générations quand on est gitant il y a encore sous François Hollande c'est pas très vieux c'est sous François Hollande on avait encore un carnet de circulation qu'il fallait aller faire signer tous les 3 mois dans les commissariats ou dans les gendarmeries c'était un contrôle on était passé au fichier clairement en fait on était passé au fichier tous les 3 mois alors moi ça m'a fait rigoler quand j'entends parler de racisme et de ségrégation en France les gitants on peut tout dire sur les gitants d'ailleurs quand il y a un truc on dit tout de suite communauté des gens du voyage on dit pas communauté maghrébine on dit pas communauté africaine mais quand c'est gitant on le dit tout de suite
alors justement Philippe c'est très intéressant c'est très intéressant et on voulait justement vous faire réagir aux propos de Gabriel Attal qui vous le savez s'est régulièrement exprimé sur cette question on voulait que vous l'écoutiez et qu'ensuite vous réagissiez à ses propos on l'écoute tout de suite Gabriel Attal
il y a une inversion totale de tout concept de règles et de valeurs avec des gens qui expliquent que parce qu'il n'y a pas d'air de grand passage sur le territoire de la commune ils ont le droit de venir occuper de manière illégale un terrain qui est un terrain privé moi je respecte tous les modes de vie mais tous les modes de vie doivent respecter la république la république elle a des lois et des règles et vous avez notamment une loi Besson qui dit que vous devez avoir des aires d'accueil permanente et des aires de grand passage dans tous les départements
est-ce que vous entendez ça Philippe c'est-à-dire qu'il ne s'agit pas de discriminer les gens du voyage bien au contraire mais simplement de dire qu'il y a parfois des lois qui ne sont pas respectées et notamment ces occupations illégales qui provoquent malgré tout dans certaines communes des vraies difficultés
la première loi qui n'est pas respectée c'est la loi Besson en elle-même chaque commune depuis 5000 habitants et moi j'ai 50 ans j'entends parler de ça depuis que je suis gamin la loi Besson la loi Besson stipule que chaque commune de plus de 5000 habitants doit avoir un air de grand passage les gens du voyage ou ce qu'on appelle plus communément un terrain désigné c'est-à-dire c'est ces petits ces petits camps de gitans ce que ça ture ça ture aussi cette connotation du camp le gitans vous savez le camp chez nous vous savez chez les gitans au même titre que les juifs on a beaucoup souffert durant la seconde guerre mondiale la France ne s'est toujours pas excusée et il n'y a pas eu réparation pour les gitans la Shoah les gitans on n'en parle pas on en parle très rarement elle a eu lieu il n'y a pas eu réparation les gitans ça fait des décennies qu'on les met en marge de la société et on leur dit maintenant on est en 2026 il faut prendre le train il est déjà passé depuis 30 ans mais il faut le prendre et il faut se mettre à la page non il y a une façon de faire avec les gitans si on veut vraiment avoir quelque chose en contrepartie il faut déjà respecter le mode de vie gitant une mode de vie gitant c'est un mode de vie itinérant en France aujourd'hui on est en train de nous dire que par exemple avec la loi Schengen n'importe quel Européen il peut se déplacer sur le territoire européen sans avoir de compte à rendre à personne nous en tant que gitans français on doit avoir des comptes à rendre à l'Etat en permanence de plus en plus
on entend ce que vous ce que vous nous dites Philippe merci pour votre cri du coeur c'est très intéressant et vous savez quoi il y a d'autres auditeurs qui aimeraient peut-être confronter leurs idées avec les vôtres Alain bonjour
oui bonjour
bonjour Alain vous nous appelez de la Rochelle est-ce que vous vouliez peut-être réagir aux propos de Philippe lui donner votre point de vue
il y a tellement de choses à dire alors effectivement il a raison sur un certain nombre de choses mais moi je suis dans une petite vie un petit village qui touche la Rochelle de 2500 habitants donc on n'est pas soumis à la fameuse loi et pour autant tous les ans on voit débouler entre 80 et 100 carvanes qui s'installent illégalement alors là vous voyez on est en restriction d'eau vous y allez là maintenant tout de suite ils sont debout sur les toits des carvanes avec les karchers en train de laver ils ont créé une piscine ils lavent leurs bagnoles avec de l'eau évidemment qu'ils prennent sur un poteau d'incendie donc c'est de l'eau volée ils prennent l'électricité moi ça serait bien s'ils disaient en partant ben voilà on estime on a mis un compteur on a consommé tant de mètres cubes d'eau voilà un chèque on a consommé tant de kilowatts qu'on a piqué sans demander
mais alors vous comprenez bien que c'est pas parce que certains se comportent mal que tous se comportent mal
ils sont toujours sages j'habitais dans un village avant où ils se sont installés sur le stade qu'ils ont saccagé et sont repartis avec la robinetterie il y a eu deux cambriolages dans mon village chez des gens qui avaient une caméra dans leur jardin donc c'était facile ils identifiaient qui volaient alors je dis pas que c'est tous des voleurs évidemment des voleurs heureusement qu'il n'y a pas qu'eux qui volent parce qu'il y aurait très peu de vols il y a beaucoup de vols en France donc il y en a d'autres qui le font ça pourrait même être moi pourquoi pas mais ce que je veux dire c'est qu'ils s'installent sans vergogne voyez là moi à 600 mètres de chez moi le matin ils vont vider des pots des pots de déjection le long des murs des maisons puisqu'ils sont à ras des maisons les gens ils sont obligés de subir je peux même vous dire que dans la commune de Saint-Rogatien ils ont même tiré des pigeons dans le quartier il faut demander à la mairie appelez la mairie vous verrez vous le confirmez on comprend
votre coup de gueule on comprend les arguments que vous nous avancez l'expérience que vous avez on comprend aussi bien sûr ce que vous nous racontez Fred vous êtes au téléphone bonjour Fred vous venez de nous appeler au 0826 300 300 vous aussi vous vouliez réagir et puis ensuite peut-être on demandera à Philippe qui lui-même nous a appelé parce qu'il fait partie de cette communauté des gens du voyage il aura sans doute aussi un point de vue pour réagir à tout ce qui vient d'être dit mais Fred dites-nous pourquoi est-ce que vous vouliez réagir à ce sujet
je donne une question très simple comment est-on gens du voyage qui au niveau alors qu'est-ce que c'est ces gens-là c'est une communauté qui est reconnue comment peut-on pour devenir moi je voudrais être gens du voyage comment je fais je ne sais pas
on peut poser peut-être la question à Philippe Philippe dites-nous comment est-ce qu'on fait partie de cette communauté des gens du voyage
c'est par la naissance en fait les gens du voyage c'est à la base c'est des gens qui sont légionnaires des Indes il y a eu une exode massive il y a plusieurs centaines d'années c'est des gens qui sont venus des Indes c'est pour ça que vous avez des gens du voyage qui sont typés physiquement plutôt hindous ou alors pakistanais des gens assez mat de peau à la peau mate et aux cheveux noirs mais c'est des gens itinérants depuis qu'ils ont été poussés sur les routes et on ne devient pas gens du voyage on est gens du voyage parce que moi je suis fils de gitans et mes parents étaient fils de gitans et ainsi de suite en fait c'est comme ça je ne vous montre pas comment on fait pour être français de souche c'est une transmission en fait tout simplement juste pour info juste pour info les attroupements de caravanes que vous voyez passer l'été dans vos communes c'est des attroupements évangélistes il y a souvent un chapiteau de montée et tous les soirs il y a des messes à la gloire de Dieu vous savez le dieu des chrétiens le dieu des chrétiens en France vous savez celui qui sait que la France était la qui est né de l'église et celle qui sait qu'il y a des alors Philippe
on a entendu votre point de vue peut-être Fred vous voudriez répondre on vous écoute Fred
simplement savoir comment comment les autorités ici officielles parce que ces gens-là bénéficient quand même d'un statut je pense les prestations sociales comment les touchent-ils qui les reçoit à quel endroit parce que les maires se disent on pourrait en hésite ils commettent des dégâts on pourrait peut-être avoir une pression là-dessus récupérer une partie de l'argent parce qu'ils ont des véhicules et croyez-moi vous regardez c'est pas des Peugeot ou des Renault qui tirent les on sait pas d'où vient toute cette manne ils bénéficient de tout ce que nous on a ici en tant que sédentaires parce qu'il faut bien des sédentaires et vous voyez il y a déjà des cadeaux qui ont été faits qui sont quand même faramineux de part de notre société parce que c'est quand même le statut social qu'on leur donne je sais pas qui leur donnerait donc voilà et puis alors comment fait-on au niveau des naissances qui reconnaît au niveau des préputés je sais pas il y a un grand un grand vivi là-dessus bon voilà tout simplement très pratique mais comment on est état civil dans du voyage bon moi je viens on peut peut-être
poser la question à Philippe alors Philippe répondez-nous
mais en fait c'est dingue c'est clairement c'est un monsieur d'un certain âge clairement ce monsieur-là il sait pas qui sont les gens du voyage
s'il vous plaît on se respecte on pose des questions on se répond on se respecte on se respecte on n'attaque pas ni l'âge ni l'origine etc il pose une question
je crois que
c'est une question presque naïve pour être gens du voyage
on est français on bénéficie des mêmes droits que les français des mêmes devoirs que les français vous savez et puis les prestations sociales monsieur une famille de gens du voyage qui a trois enfants il touche ses allocations familiales comme tout français en fait puis il travaille vous savez puis il déclare ce qu'il gagne aussi monsieur et puis en fait son seul statut monsieur qu'il a c'est que l'été il prend une caravane et puis il va voyager c'est tout pendant deux mois et en fait les attroupements de caravanes que vous voyez là en amont en amont parce que c'est des lumières le mouvement religieux c'est ce qu'on appelle des missions évangéliques ils se dispatchent dans toute la France tous les étés et ils envoient au préalable des mois auparavant à chaque préfet des régions où ils vont aller et à chaque commune des dates où ils vont arriver mais souvent c'est mis de côté par les maires qui oublient de vous le dire ça les maires reçoivent les courriers des gens du voyage ils reçoivent et chaque commune de plus que 5000 habitants depuis 40 ans elle reçoit des subventions tous les ans pour construire les terrains des gens du voyage et ça n'a pas été fait et quand c'est fait les terrains sont placés à côté de la déchetterie ou de la rocade et c'est payant et bien payant comme il faut ne croyez pas que la vie du gitan c'est une vie de rêve loin de là c'est une vie de racisme et de dégrégation
c'est une phrase très forte que vous venez de prononcer Philippe ne croyez pas que la vie d'un gitan c'est une vie de rêve Fred qu'est-ce que vous répondez à ça ?
Oui bah écoutez bon j'ai pas de réponse à ma question c'est pas grave mais voilà bon tout simplement on est là je pense que quand il y a des dégradations les maires pourraient quand même bon avoir le droit bon je sais pas ces gens sont immatriculés donc il y a bien il y a bien une préfecture qui gère ou c'est le central qui gère les immatriculations des véhicules on a les propriétaires et puis on pourrait leur dire écoutez vous avez vu c'est sale c'est pas sale il y a de l'eau toute la consommation d'eau d'électricité quand c'est ici vous avez quelqu'un qui prend un peu d'eau vous allez voir comment ça se passe bon je pense que les choses pourraient être plus simples de ce côté là voilà et puis qu'il y ait des responsables il y a des moyens il y a des moyens de pression financiers je dirais toujours parce que bon il y a quand même les allocations et tout ça bon tout ça s'attende on pourrait faire quelque chose de manière à éviter ces dégradations et puis quand il y a des dégradations c'est pas tout le temps bien sûr c'est pas tous c'est pas ça mais au moins bon il y a des énuméstaculations quand vous voyez les voitures là dedans comme je vous dis il n'y a pas beaucoup de Renault ni de Peugeot bon il faut bien qu'elles aient été achetées quelque part et avec des sommes assez rondes et puis voilà on fait une ponction là-dessus et puis on résout le problème et la prochaine fois tout le monde se tient à carreau mais écoutez
on a entendu vos deux points de vue c'était particulièrement intéressant merci Fred merci Philippe merci de nous avoir appelé au standard 0826 300 300 c'était la France au bout du fil et dans un instant un tout autre sujet notre grand entretien du midi nous évoquerons une figure qui continue de traverser les générations et de nourrir le débat politique à savoir Charles de Gaulle et oui quelle est la place du général dans la France d'aujourd'hui son héritage est-il toujours d'actualité nous en parlerons avec l'historien Arnaud Tessier à tout de suite sur Sud Radio
Et notre grand entretien
de ce midi porte sur une figure qui continue de traverser les générations Charles de Gaulle plus de 50 ans après sa disparition le général reste l'homme préféré des français l'homme politique préféré des français un récent sondage IFOP réalisé par la Tribune dimanche montre que Charles de Gaulle demeure de très loin la personnalité historique qui inspire le plus de confiance et le plus de respect aux français et ce n'est pas un hasard en quelques semaines les deux films consacrés à Charles de Gaulle ont franchi la barre des 4 millions d'entrées au cinéma un succès spectaculaire qui a relancé le débat sur son héritage et sur ce qu'il représente encore pour les français d'aujourd'hui alors pourquoi fascine-t-il encore autant est-il le chef de guerre l'homme du 18 juin le fondateur de la 5ème république ou tout simplement l'image d'un dirigeant qui incarnait l'autorité la souveraineté une certaine idée de la France à une époque où beaucoup de français disent ne plus retrouver leur repère pourquoi Charles de Gaulle parle-t-il autant aux jeunes qu'à ceux qui l'ont connu que dit cette fascination de la France d'aujourd'hui pour répondre à toutes ces questions nous avons le plaisir et l'honneur d'accueillir l'historien Arnaud Tessier historien essayiste auteur de Charles de Gaulle L'angoisse et la grandeur publié aux éditions Tempus est sorti en poche au début du mois de juin bonjour monsieur Tessier
bonjour
bonjour plus de 50 ans après sa disparition Charles de Gaulle reste la personnalité politique préférée des français comment expliquez-vous cette fascination qui ne faiblit pas y compris chez des générations qui ne l'ont pourtant jamais connue
alors je pense d'abord que s'il est vrai que c'est un personnage historique qui appartient donc au passé de la France et un passé assez largement glorieux c'est quand même quelqu'un qui reste assez proche de nous dans le temps même si pour les jeunes évidemment plus de 50 ans c'est très loin mais nous vivons quand même dans des institutions qui même si elles sont un peu abîmées sont quand même des institutions que de Gaulle nous a données donc nous vivons dans un univers institutionnel qui a été voulu par de Gaulle même s'il ne marche pas évidemment de la même manière et nous vivons dans un monde qui par certains côtés n'a pas finalement tellement changé même s'il y a la mondialisation des nouvelles technologies qui n'a pas tellement changé par rapport au monde de de Gaulle parce que c'est un monde dangereux avec des phénomènes de puissance avec la menace de la guerre tout cela le monde de de Gaulle n'est pas si éloigné du nôtre donc ça c'est le premier point et puis le deuxième point c'est que de Gaulle dans la conscience collective c'est d'abord l'homme qui a su dire non qui a pris des risques personnels et qui a pris la parole et qui a pris en charge la légitimité française et puis c'est un homme qui s'avait décidé et qui n'avait pas peur de se mesurer au grand voilà donc je crois qu'il y a une nostalgie qui est assez compréhensible
et justement est-ce que vous pensez que les français admirent plus l'homme du 18 juin l'homme qui a dit non le fondateur de la 5ème république ou qu'il recherche simplement une figure d'autorité qui pourrait peut-être leur manquer aujourd'hui
alors un peu les deux je pense que c'est quand même d'abord l'homme du 18 juin parce que et d'ailleurs le film très réussi qui est sorti sur les écrans avec une très belle interprétation de Simon Abkarian montre bien l'homme du refus c'est-à-dire l'homme qui se bat l'homme qui refuse la défaite l'homme qui n'a pas peur de défier le destin et ça je crois que c'est vraiment l'homme du 18 juin qui compte d'abord mais il y a aussi quand même l'homme de gouvernement parce que malgré tout même pour les plus jeunes il y a des images celles des documentaires celles qu'on voit sur internet c'est-à-dire un homme qui était capable de parler au monde de parler au monde sans que ça paraisse de la pure rhétorique j'insiste beaucoup là-dessus les hommes politiques aujourd'hui savent parler même quelques fois un peu trop mais ils ne savent pas s'imposer aussi aisément que le faisait De Gaulle et qui par ailleurs avait un discours politique je voudrais bien insister là-dessus qui était simple et accessible il parlait de grandes choses il parlait de choses très sérieuses il ne méprisait pas son public mais il était capable de dire des choses simples avec vigueur et en peu de mots aujourd'hui on a l'impression que les hommes politiques parlent beaucoup pour dire moins il y a une formule que j'aime beaucoup qu'a utilisée un grand journaliste au sujet de De Gaulle il ne parle pas à la foule mais à un peuple c'est quelqu'un qui ne s'adresse pas des tranches sociologiques de la population mais qui a le sentiment de parler à un peuple qui a une histoire qui a un présent qui a un avenir
il ne parle pas à la foule mais à un peuple c'est une jolie phrase pour résumer justement la façon dont De Gaulle s'adressait au peuple français justement le peuple français les jeunes vous veniez d'en parler à l'instant il y a un sondage qui montre que De Gaulle séduit justement aussi les plus jeunes comment expliquez-vous qu'un homme du XXe siècle parle encore à une génération qui a grandi avec les réseaux sociaux la mondialisation et les crises successives
vous savez De Gaulle était un très bon professeur il faut le savoir il a enseigné il a enseigné à l'école de guerre dans les années 20 quand il avait 35-40 ans et il y a une très belle conférence dont on a le texte qu'il avait donné aux élèves de Saint-Cyr où il leur disait vous savez en gros il le disait mieux que je ne veux le faire de mémoire il disait vous savez on vous expliquera qu'il y a un sens de l'histoire qu'il y a des choses pour lesquelles on ne peut rien qu'il faut quelquefois accepter le destin détrompez-vous gardez la tête haute il n'y a pas de sens de l'histoire il suffit de quelques fois de quelques hommes et quelques femmes pour rester le destin d'un pays et pour affronter les difficultés De Gaulle c'est l'homme qui ne se résigne pas et je trouve que c'est un message qui est très beau pour la jeunesse et je suis très heureux que la jeunesse le comprenne et encore une fois c'est quelquefois des valeurs simples et fortes qui permettent de parler à la jeunesse au lieu de la plater De Gaulle n'est pas quelqu'un qui flattait à la jeunesse c'était quelqu'un qui savait lui parler qui était un pédagogue
Oui alors cette façon justement de s'exprimer facilement droitment si vous voulez c'est peut-être quelque chose qui fait qu'aujourd'hui c'est un personnage qui manque on entend souvent dire il nous faudrait un nouveau De Gaulle est-ce que selon vous c'est une formule nostalgique ou est-ce qu'au fond il pourrait y avoir demain des circonstances qui peut-être pourraient faire émerger le général qu'on attend aujourd'hui ou c'est tout simplement impossible à reproduire selon vous
Alors je crois qu'il ne faut pas vivre en attendant un nouveau De Gaulle d'abord parce qu'on risque d'attendre longtemps et ensuite parce que ce n'est pas ce qu'il souhaitait Vous savez ce qui m'a toujours frappé on dit toujours une bêtise sur la Ve République on dit toujours c'est des institutions qui ont été taillées sur mesure par un homme hors normes et donc c'est normal qu'on n'arrive pas à gouverner aussi bien que lui De Gaulle avait fait des institutions qu'il voulait fort avec un gouvernement fort un exécutif fort des outils puissants parce que justement il savait que ceux qui viendraient après lui n'auraient pas forcément la même stature historique ou la même stature tout court donc je crois qu'il ne faut pas attendre un nouveau De Gaulle mais qu'il faut essayer de s'inspirer de De Gaulle on n'est pas obligé d'être un personnage comme De Gaulle mais on peut s'inspirer de ses leçons et les leçons de De Gaulle c'est de dire il ne faut jamais se résigner il ne faut jamais baisser les bras il faut savoir être ferme constant dans ses projets dans ses dessins et puis surtout il faut savoir trancher le gouvernement c'est l'art de trancher quelquefois c'est difficile quelquefois ça oblige à écraser de nombreux petits intérêts privés ou quelquefois des intérêts privés très organisés le grand message de De Gaulle c'est qu'il faut toujours faire prévaloir l'intérêt public sur les intérêts particuliers c'est pas facile il y avait un grand intellectuel sous la troisième qui disait régner est doux gouverner est difficile c'est ça le message de De Gaulle on n'est pas là pour régner mais pour gouverner et ça même des hommes moyens peuvent s'en inspirer et puiser une ressource de volonté
la ressource de volonté en tout cas de se prendre pour De Gaulle vous avez vu le nombre de personnalités politiques aujourd'hui qui s'inscrivent ou en tout cas qui annoncent s'inscrire dans la filiation du général De Gaulle c'est presque une mode est-ce qu'il y en a à votre sens est-ce qu'il y a une personnalité politique qui vous paraît peut-être un peu plus incarnée ce refus du déclin du général De Gaulle est-ce qu'il existe encore des De Gaulle d'aujourd'hui qui ne sont pas complètement De Gaulle mais qui peut-être portent certaines de ses valeurs la défense de la souveraineté française le refus du déclin du désespoir une façon aussi de dire les choses avec une forme d'honnêteté
alors il y a des personnalités politiques plus ou moins crédibles effectivement tout le monde invoque un peu De Gaulle il y a des personnalités politiques plus ou moins crédibles je ne vais pas faire de décerner de diplômes ce serait un peu compliqué pour moi ce que je peux dire c'est que il y a une tendance quand même qui est un peu un peu regrettable qui est de prendre De Gaulle à la découpe c'est-à-dire chacun prend ce qui lui convient chez De Gaulle alors que chez De Gaulle c'est un tout la vision de la France et de la politique chez De Gaulle c'est un tout et en particulier il y a un point quand même qui me permet à mon avis de dire que certains sont plus ou moins fondés à se réclamer De Gaulle il y a quelque chose qui est très important chez De Gaulle c'est d'abord le rôle de l'État c'est-à-dire que De Gaulle était pour l'économie évidemment libérale c'était quelqu'un qui a adhéré aux valeurs de l'Occident même s'il considérait que le système capitaliste avait une sorte disait-il d'infirmité morale qui se retournerait contre lui un jour donc c'est quelqu'un qui est pour l'économie libre mais c'est quelqu'un qui a attribué une grande importance à l'État donc je pense qu'on peut difficilement se réclamer De Gaulle si on n'a pas un discours un peu construit sur le rôle de l'État dans notre pays qui pour De Gaulle était essentiel et puis c'était un homme pour qui la politique sociale était importante bien sûr De Gaulle n'était certainement pas porté vers un État social obèse mais il y avait une dimension sociale dans l'État qui était nécessaire parce que pour lui la société française devait être une société qui n'était pas en guerre avec elle-même il devait y avoir un désir de cohésion sociale qui devait s'affirmer à travers le rôle pondérateur de l'État donc voilà ce sont des traits si vous voulez qui à mon avis on ne peut pas les faire passer par-dessus bord et puis prendre le reste de ce qui convient chez De Gaulle De Gaulle c'est un tout c'est l'idée d'une société qui doit être forte à l'intérieur si le pays veut être fort à l'extérieur ça c'est l'idée clé c'est qu'avant que d'avoir de grandes ambitions extérieures et de proclamer des grandes phrases il faut d'abord faire en sorte que le pays intérieurement soit fort et en paix avec lui-même je trouve que c'est une leçon politique pour aujourd'hui qui n'est pas négligeable
alors Arnaud Tessier vous êtes vous êtes Tessélise vous êtes surtout écrivain spécialiste de Charles De Gaulle vous n'êtes pas Madame Irma mais malgré tout dans quelques instants je vous poserai la question de savoir peut-être si vous avez une idée du regard que porterait le général De Gaulle sur la vie politique d'aujourd'hui vous répondrez à cette question difficile n'hésitez pas d'ailleurs si vous avez des questions au standard appelez-nous 0826 300 300 0826 300 300 à tout de suite sur Sud Radio
10h-13h les débats de l'été Noémie Alioua
et nous sommes de retour sur Sud Radio toujours en compagnie d'Arnaud Tessier historien essayiste auteur de Charles De Gaulle l'angoisse c'est la grandeur pluée publiée aux éditions Tempus et on revenit avec vous monsieur Tessier sur l'actualité de Charles De Gaulle ou en tout cas est-ce qu'il était possible au fond de voir dans notre vie politique le regard de Charles De Gaulle quel regard Charles De Gaulle porterait sur la société d'aujourd'hui sur notre vie politique sur l'état de l'autorité de l'état sur la place de la France dans le monde alors
je ne vais pas faire parler les morts mais je pense qu'il ne serait pas surpris parce que je connais assez bien la vie de Charles De Gaulle et De Gaulle a traversé l'histoire de France au XXème siècle et donc traversé une histoire très difficile avec des crises des moments de faiblesse collective énormes il a connu les défaites militaires donc la première chose c'est qu'il ne serait pas surpris parce que De Gaulle savait il l'a souvent dit et c'est pour ça d'ailleurs qu'il a fait la Vème République que les institutions d'une démocratie sont fragiles parce qu'elles sont manipulées elles sont maniées par des êtres humains et que les êtres humains sont exposés à la faiblesse à l'incertitude aux doutes donc il savait que le pays traverserait à nouveau des difficultés mais il a essayé quand même de laisser aux pays les institutions les plus adaptées à ce genre de situation donc il ne serait pas surpris à mon avis et je pense que surtout il ne serait pas désespéré parce qu'il ne s'est jamais laissé aller au désespoir et il avait des moments de doute d'angoisse il avait de grandes angoisses mais il n'était pas dépressif comme a pu l'être Churchill à certains moments de son existence c'est-à-dire c'est quelqu'un qui ne lâchait jamais prise de Gaulle c'est quelqu'un qui ne lâchait jamais prise donc je dirais qu'aujourd'hui il serait peut-être un peu accablé par un certain nombre de choses pas vraiment surpris à mon avis mais il ne lâcherait pas prise et je crois que il dirait son message serait de ne pas lâcher prise je crois que c'est ça qui est important
il avait aussi une conviction une conviction totalement inaltérable dans l'idée de la grandeur de la France il était très attaché à l'idée que la France s'exprime dans le monde qu'elle est une voix singulière qu'elle continue d'avoir cette place si particulière justement qui n'est pas rattachée qui n'est pas vassale ni des Etats-Unis ni de la Russie ni de l'URSS qu'elle continue d'avoir sa propre voix est-ce que vous pensez que cette opinion-là cette idée-là ce récit-là national pourrait encore perdurer aujourd'hui ?
Alors la grandeur pour De Gaulle je crois qu'il est important de le comprendre ce n'est pas une exaltation un peu rhétorique pour lui la grandeur c'est un peu le synonyme de l'ambition c'est-à-dire qu'il pense que c'est le rôle des politiques c'est le rôle des élites les élites qui dirigent ou qui qui dirigent un pays c'est le cas le rôle des élites dirigeantes de porter une ambition pour le pays tout entier donc la grandeur c'est ça donc c'est quelque chose de fragile et qui n'est pas acquis mais il faut une ambition et à partir du moment où on a cette ambition il pensait que oui les français étaient capables de grandes choses simplement il faut que cette ambition soit portée au plan politique portée aussi au plan intellectuel c'est vrai qu'on a un regard un peu sévère sur la politique française mais on a quand même quelques grandes figures intellectuelles ou morales qui n'ont pas disparu donc c'était ça qui comptait pour lui c'était qu'il y ait toujours cette ambition alors il peut y avoir des périodes creuses il peut y avoir des périodes difficiles qui peuvent durer plus ou moins longtemps mais encore une fois il ne faut pas lâcher prise et la grandeur c'est ça la grandeur encore une fois ce n'est pas dire on est les meilleurs on porte des valeurs universelles c'est un peu la tendance quelquefois des dirigeants français de donner des leçons à la terre entière ça c'est un petit peu un travers que nous avons De Gaulle ne donnait pas de leçons il disait simplement il faut être à la hauteur de notre propre histoire il faut que le peuple français soit à la hauteur de lui-même et il faut que ceux qui le dirigent soient à la hauteur de leur fonction donc voilà je crois que c'est une idée d'ambition c'est l'idée d'avoir une grande ambition pas au sens évidemment matériel du terme mais une grande ambition politique et morale et tout dépendra de cela de savoir si la France est portée si elle est dirigée par des gens qui peuvent lui donner une grande ambition
La grande ambition gaullienne la grande ambition gaulliste en tout cas c'est un sujet qui passionne les français encore des années 50 ans après sa disparition les français sont encore fascinés par la figure du général de Gaulle et pour vous dire il y a de très nombreux auditeurs qui nous appellent pour réagir à vos propos pour réagir à ce sujet débat et parmi eux César bonjour César
Bonjour à toute l'équipe de Sud Radio
Bonjour César vous nous appelez de Bayonne vous vouliez réagir peut-être à ce que vient de nous dire Arnaud Tessier peut-être vous avez une question pour lui ?
Oui alors j'aimerais réagir et j'aimerais que Arnaud Tessier me dise ce qu'il en pense
Alors on vous écoute on vous écoute César
Alors si j'ai appelé c'est parce que j'ai une remarque que je fais mûrir depuis des mois j'observe que depuis des années dans de nombreux médias de masse en France on fait passer tous les gaullistes de France tous les gens qui se revendiquent du gaullisme pour des gens d'extrême droite et des fascistes et donc j'aimerais avoir son avis j'observe en fait qu'à travers des idées souvent d'une forme c'est intéressant ce sujet d'une forme d'antiracisme corrompu parce que l'antiracisme c'est magnifique mais beaucoup de gens utilisent des phrases d'antiracisme corrompu pour mélanger les gens les uns contre les autres et au final on se retrouve avec des propos anti-gaullistes et je voudrais avoir son avis là-dessus sur Charles de Gaulle il s'est battu contre le fascisme aujourd'hui il y a des gens qui se revendiquent du gaullisme ils sont tous traités d'extrême droite je fais en l'occurrence je vais être plus précis je fais référence à Marine Le Pen et au Rassemblement National je voudrais avoir son avis sur le sujet ces gens-là ne font que se revendiquer du gaullisme Nigel Farage en Angleterre c'est pareil il se fait traiter de fasciste alors que lui-même est un grand souverainiste il n'y a pas que en France que c'est le même système en fait mais tout est fait pour traiter les gaullistes dans chaque pays de fascistes Trump pareil est traité de fasciste etc donc voilà j'aimerais avoir son avis au niveau national au niveau un peu plus loin mais j'observe cette tendance générale de traiter les gaullistes ou les grands souverainistes de France de fascistes
alors on a entendu votre question merci beaucoup César pour votre question qui c'est vrai se pose je pense que beaucoup d'auditeurs se posent ce genre de question c'est-à-dire est-ce qu'il n'y a pas une forme de disons-le de fascisation de la pensée du général de Gaulle aujourd'hui qu'est-ce que vous en pensez Arnaud Tessier ?
c'est-à-dire que c'est une tendance un peu naturelle même de fond vivant il ne faut pas oublier que Roosevelt le soupçonner d'être un dictateur en puissance il ne faut pas oublier que dans les années 60 la gauche française jusqu'au départ de de Gaulle du pouvoir en 69 où il était difficile puisqu'il est parti volontairement alors que personne ne l'y obligeait parce qu'il avait perdu son référendum que personne ne l'obligeait organisé quand même ça devenait difficile de le présenter comme un dictateur mais il faut pas oublier que de Gaulle a été à la fois pendant la guerre et ensuite pendant toute la partie de la 5ème république où il est gouverné a été considéré par une partie du milieu politique et puis par certains dirigeants étrangers comme un dictateur en puissance comme un esprit autoritaire anti-libéral etc donc c'est pas tout à fait nouveau l'idée en France une partie des élites et du milieu dirigeant n'aime pas l'autorité il considère que l'autorité est en contradiction avec la liberté et que ceux qui gouvernent avec une certaine poigne sont des crypto-fascistes non de Gaulle a respecté il l'a dit lui-même il avait rétabli les libertés en France il a respecté les libertés et surtout il avait le respect du peuple c'est un homme quand même je le répète qui organise en 69 un référendum sur des sujets qui lui paraissaient importants qui n'ont pas été très bien compris à l'époque il n'était pas obligé d'organiser ce référendum comme il l'a fait il n'était pas obligé de démissionner parce qu'il l'a perdu d'autant qu'il l'a perdu de très peu en réalité donc c'est quelqu'un qui respectait le peuple et qui encore une fois ça avait dû parler il ne parlait pas à des morceaux sociologiques de la société ce n'était pas des parties de la société qui s'adressaient donc c'est pour ça que de Gaulle en fait il y a toujours je pense en France une méfiance vis-à-vis du suffrage universel qui date du 19ème siècle qui date de l'époque où le suffrage était restreint et c'est le mépris aussi dans lequel est tombé le référendum qui pour de Gaulle était un moyen de gouvernement essentiel et qui l'a imposé dès la libération 45 la création de la 4ème république le fait de se doter de nouvelles institutions de Gaulle a fait en sorte que ce soit adopté par référendum donc je pense que ce que monsieur sent à mon avis de manière assez juste c'est que derrière cette défiance vis-à-vis de l'autorité et du pouvoir qui tranche et qui gouverne il y a en fait une défiance envers le suffrage universel
oui et puis il y a une sorte de paradoxe dans cette idée même de fascisation de la pensée de l'oeuvre de la personnalité du général de Gaulle parce que lui-même s'est battu contre le fascisme toute sa vie il s'est battu en tout cas contre la collaboration il a complètement ça a été ça a été l'homme qui a dit non mais qui a dit non à tout ce qu'incarnait justement la collaboration de Pétain c'est l'homme par définition qui a lutté contre ce fascisme-là
et puis en même temps c'était un homme qui refusait d'être classé politiquement il ne n'yait pas qu'il y eut une droite et une gauche il savait qu'il y avait une droite et une gauche dans la politique qui s'exprimait au Parlement qui s'exprimait dans les médias que c'était normal mais il considère le rôle du président de la République c'était de dépasser ces clivards qui n'étaient ni de droite ni de gauche et qui gouvernaient pour tous les français et je crois que ça c'est pour l'élection présidentielle aussi l'élection présidentielle ce n'est pas faire une campagne présidentielle ce n'est pas faire une campagne législative avec un programme de gouvernement détaillé c'est proposer une vision au pays une vision qui soit susceptible d'entraîner le plus grand nombre de français donc c'est ça la logique du gaullisme qui est très rassembleuse c'est l'unité nationale qui compte pour De Gaulle alors évidemment il avait un style de gouvernement on parle toujours on dit toujours que nos institutions sont trop verticales oui ils gouvernaient de manière assez verticale mais c'était une verticalité où le pouvoir et l'autorité venaient encore une fois je n'ai jamais vu de dictateur quitter volontairement le pouvoir alors que personne ne l'est obligé c'est l'homme qui démissionne quand il a le sentiment qu'il n'a plus la confiance absolue du peuple voilà si c'est ça être fasciste aujourd'hui c'est à désespérer
c'est l'homme qui défendait l'autorité mais qui ne versait jamais non plus dans l'autoritarisme écoutez merci beaucoup Arnaud Tessier d'avoir été avec nous sur Sud Radio c'était un plaisir et un honneur de vous avoir reçu sur notre antenne merci de nous avoir éclairé sur cette fascination intacte des français pour Charles de Gaulle à moins d'un an de l'élection présidentielle cette popularité n'est sans doute pas anodine elle dit peut-être quelque chose des attentes des français envers leurs dirigeants autorité vision indépendance sens de l'état autant de qualités qui reviendront forcément au coeur du débat dans les prochains mois je vous souhaite une excellente fin de journée il est bientôt 13h sur Sud Radio et dans un instant vous retrouvez Jacques Pessis Jacques Pessis bien sûr avec son invité Pierre Perret passez un excellent après-midi et rendez-vous demain dès 10h sur Sud Radio