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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 19 mars 2025 13 minFond programmatiqueDéfenseEurope & internationalÉconomie & entreprises

Depuis Berlin, déclaration du Président Emmanuel Macron et du Chancelier Olaf Scholz.

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Olaf ScholzFait
    « Nous défaisons des liens qui nous ont empêchés de dédier assez de moyens financiers à notre défense. »
  • 0:30Olaf ScholzFait
    « La guerre en Ukraine a d'importants impacts sur la sécurité de l'Europe dans son ensemble. »
  • 1:00Olaf ScholzFait
    « Nous attendons des propositions de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans son livre blanc de la défense qu'elle présentera demain. »
  • 1:30Olaf ScholzFait
    « Il nous faut une économie européenne forte, résiliente et innovante pour agir. »
  • 2:00Emmanuel MacronFait
    « Nous avons tout fait, l'un et l'autre de concert, en février 2022, pour éviter une nouvelle opération après l'annexion de la Crimée. »
  • 2:30Emmanuel MacronChiffre
    « Les 18 milliards d'euros financés par les revenus des avoirs russes gelés pour financer, en particulier, du soutien militaire. »
  • 3:00Emmanuel MacronFait
    « Nous défendons, je dirais, depuis avant le premier jour, la paix, puisque nous avons tout fait, l'un et l'autre de concert, en février 2022. »
  • 3:30Emmanuel MacronFait
    « Il a fait, je crois, un très bon choix d'avoir le courage de prendre une initiative de paix avec le président Trump, en acceptant un cessez-le-feu pour 30 jours. »
  • 4:30Emmanuel MacronFait
    « Les décisions de fin février vont dans le bon sens : simplification réglementaire, allègement des charges, soutien à l'industrie. »

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Monsieur le Président, cher Emmanuel, bienvenue à Berlin. Je te souhaite la bienvenue à la Chancellerie fédérale. L'Europe est face à de très grands défis et qui le saurait mieux que nous deux, qui avions la responsabilité ces dernières années ?

Aujourd'hui, le Bundestag allemand a pris une décision que l'on peut appeler historique pour créer des conditions pour que l'Allemagne puisse assumer ses responsabilités avec trois modifications de la loi fondamentale. Nous défaisons des liens qui nous ont empêchés de dédier assez de moyens financiers à notre défense. Ce sont des accords importants, justes et adéquats.

La concertation au sein de l'Europe est plus étroite qu'elle ne l'était depuis un certain temps. Jeudi prochain, nous aurons le cinquième sommet des chefs d'État et de gouvernement en l'espace de quelques semaines. Lors de cette réunion ordinaire du Conseil européen, il s'agira de la question de savoir comment les Européens, nous pouvons relever ensemble les défis de la guerre qui ravage m'Ukraine avec la même intensité.

Il s'agit, en fin de compte, de la question de savoir comment nous pouvons continuer à renforcer la capacité de défense européenne. Nous sommes d'accord que l'Ukraine peut compter sur nous, qu'elle peut compter sur l'Europe. Nous n'allons jamais l'abandonner.

Mais, il est clair que le soutien des États-Unis est et reste indispensable. Voilà pourquoi il est important que Washington continue également son soutien militaire à l'Ukraine. Nous avons bien sûr [inaudible] avec le président Zelensky et les États-Unis et donc, peu avant cette conférence, nous avons pu échanger.

Nous sommes tout à fait d'accord que l'objectif de tous les efforts doit être une paix juste et durable pour l'Ukraine. Ce cessez-le-feu sur les frappes sur les infrastructures énergétiques peut être un premier pas et également un cessez-le-feu technique en mer. Il est bien sûr clair, et nous sommes tout à fait d'accord également, qu'il ne saurait y avoir de décision sans l'Ukraine et sans consulter l'Ukraine.

En Europe, bien sûr, nous allons assumer et nous acquitter de nos tâches dans le format 3 avec la Grande-Bretagne, la France, l'Europe et l'Allemagne, et également au sein du Conseil européen et avec tous nos partenaires. La guerre en Ukraine a d'importants impacts sur la sécurité de l'Europe dans son ensemble. Voilà pourquoi nous voulons renforcer notre capacité à nous défendre et vite.

Nous devons tous faire plus pour y arriver. Ce sera une tâche importante au niveau national et européen pour les années et les décennies à venir. En renforçant le pilier européen de l'OTAN, nous renforçons l'Alliance atlantique dans son ensemble.

En fin de semaine, nous allons également parler, lors du Conseil européen, de la compétitivité européenne. Pour nous et pour moi, il est très important que nous simplifiions les règles au sein de l'Union européenne pour le développement et l'achat en commun des équipements de défense. Nous attendons des propositions de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans son livre blanc de la défense qu'elle présentera demain.

Demain, la présidente de la Commission va également concrétiser son plan "Réarmer l'Europe". Nous devrions le mettre en œuvre rapidement et associer également nos partenaires européens en dehors de l'Union européenne, comme la Grande-Bretagne et la Norvège. Il nous faut une économie européenne forte, résiliente et innovante pour agir.

Voilà pourquoi nous allons discuter de la manière d'améliorer la compétitivité européenne. Tous deux, Emmanuel et moi, ont appelé à plusieurs reprises à des améliorations dans la matière, comme nous l'avons fait en mai 2024 à Meseberg. L'Europe a besoin de se réactualiser d'une modernisation profonde.

Premièrement, nous avons besoin de plus de vitesse et plus de pragmatisme pour renforcer l'Union européenne en tant que site de production industrielle, notamment en matière de planification et d'autorisation. Deuxièmement, il nous faut réduire la bureaucratie pour diminuer la charge pesant sur les entreprises. La Commission a déjà présenté et soumis une proposition pour réduire de manière drastique les obligations de rapports en matière de durabilité.

Je pense que ces négociations devraient aboutir d'ici juin pour donner de la prévisibilité aux entreprises et il faudrait déjà, avant, mettre en œuvre la suspension des actes juridiques. Et troisièmement, il nous faut plus de capital privé. Je ne me lasserai pas de souligner qu'il faut enfin avancer vers l'union des marchés de capitaux afin que nous puissions utiliser le pouvoir financier en Europe au profit de l'Europe.

Permettez-moi de parler également de la situation actuelle au Proche-Orient après la reprise des combats. En Allemagne, bien sûr, nous sommes très inquiets pour le sort des otages qui restent. C'est la même chose en France et le plus grand groupe, ce sont des otages ayant la double nationalité allemande et israélienne.

Mon appel vers le Hamas : Mettez fin à la barbarie et libérer les otages. Il faut bien sûr parler de l'avenir de la bande de Gaza et le plan présenté par la Ligue arabe en est une bonne base. Mesdames et Messieurs, nous avons un agenda européen chargé qui ne peut pas attendre.

En ces temps, il est très important d'avoir un bon ami à mes côtés et c'est ce qui caractérise l'amitié franco-allemande : la concertation étroite et pleine de confiance, notamment quand les temps sont difficiles. Merci d'être venu. Merci beaucoup, Monsieur le Chancelier, cher Olaf, merci pour l'accueil.

Aujourd'hui, la discussion que nous avons eue ensemble, à l'instant, sur l'actualité la plus brûlante, le Chancelier vient d'y revenir, sur la préparation du Conseil européen, suite, d'ailleurs, aux échanges que nous avions pu avoir avec la Présidente de la Commission et le Président du Conseil. Le Chancelier a été détaillé, je souscris à tout ce qui a été dit à l'instant. Je voudrais revenir sur quelques points, d'abord pour vous féliciter du vote historique du Bundestag qui est une bonne nouvelle pour l'Allemagne et une bonne nouvelle pour l'Europe.

C'est une bonne nouvelle, parce qu'il va permettre de faire davantage pour la défense et les investissements et nous en avons besoin. Ensuite, sur la question de l'Ukraine, nous continuons le soutien à l'armée ukrainienne dans sa guerre de résistance face à l'agression russe et nous avons raison de le faire. Nous sommes aussi en train de mobiliser les financements sur lesquels nous nous sommes pleinement engagés.

Je pense à la part européenne du prêt du G7, les 18 milliards d'euros financés par les revenus des avoirs russes gelés pour financer, en particulier, du soutien militaire. Il est important de continuer à accompagner dans ce moment où la Russie, ces derniers jours encore, ces dernières heures, a intensifié les conflits, de rester aux côtés du peuple ukrainien et de sa défense. Vous savez la position qui est la nôtre.

Nous défendons, je dirais, depuis avant le premier jour, la paix, puisque nous avons tout fait, l'un et l'autre de concert, en février 2022, pour éviter une nouvelle opération après l'annexion de la Crimée et une première annexion partielle du Donbass qui fait suite aux opérations de 2014. Donc, nous avons toujours été du côté de la paix. Il ne faut céder, à cet égard, à aucune forme d'inversion des valeurs ou des discours.

C'est le rôle historique de l'Allemagne et de la France ensemble et de toute l'Europe aux côtés des Ukrainiens. Les dernières discussions vont dans le bon sens et nous voulons en effet un règlement solide et durable pour l'Ukraine et pour la sécurité en Europe. À ce titre, grâce au travail avec le Royaume-Uni et l'Allemagne, nous avons, je crois, œuvré utilement pour convaincre le président Zelensky.

Il a fait, je crois, un très bon choix d'avoir le courage de prendre une initiative de paix avec le président Trump, en acceptant un cessez-le-feu pour 30 jours. Monsieur le Chancelier a rendu compte des échanges que nous avions eus avant cette conférence. Les premières étapes se mettent en place, mais l'objectif doit rester le même : avoir un cessez-le-feu mesurable et vérifiable, pleinement respecté, lancer des discussions de paix détaillées et complètes qui permettront d'avoir une paix solide et durable et les garanties qui vont avec.

Cela reste notre objectif et évidemment, cela n'est pas concevable sans que les Ukrainiens ne soient autour de la table. C'est là aussi, avec constance, que nous avons défendu. Au-delà de l'Ukraine, sur la défense, la Commission présentera demain son livre blanc et notre volonté, là aussi en commun, est de pouvoir accélérer la mise en place du plan que nous avons validé en Conseil il y a quelques jours, de pouvoir décliner les processus les plus rapides et les plus efficaces pour avoir des programmes communs et, au fond, continuer de nous défendre, de mieux nous défendre, d'accroître nos capacités de dissuasion collective et de le faire en développant davantage d'équipements et de capacités en Europe, ce qui suppose de la recherche et des programmes en commun, plus de simplicité, plus de rapidité.

Mais cette valeur ajoutée européenne, qui va dans le sens de l'autonomie stratégique que nous défendons l'un et l'autre, est, pour nous, absolument critique. C'est celle que nous avions lancée ensemble en mars 2022 lors de l'agenda dit de Versailles, après l'agression russe. Nous sommes maintenant à la phase de réalisation et d'action pour les questions de défense, production, acquisition conjointe, simplification, standardisation, mobilisation des financements disponibles de la Banque européenne d'investissement et de nos capacités budgétaires nationales.

Sur la question de l'économie, l'un ne va pas sans l'autre, car il n'y a pas d'autonomie stratégique en matière de défense et de sécurité s'il n'y a pas aussi une compétitivité forte de l'Europe. Nous avons, à Meseberg, bâti ensemble une feuille de route pour nous, stratégique, et qui demeure totalement valide, comme l'a rappelé Monsieur le Chancelier, qui a d'ailleurs largement inspiré les lignes directrices de la commission et qui est en train, elle aussi, de se dérouler. Réforme nécessaire, justement, pour simplifier.

Et, à cet égard, les décisions de fin février vont dans le bon sens : simplification réglementaire, allègement des charges, soutien à l'industrie, cleantech, intelligence artificielle, défense des plans qui ont été présentés pour l'automobile ou pour l'acier, ces derniers jours, à nos industriels européens, et la chimie, évidemment, qui tous, vont dans le même sens, qui sont des mesures d'accompagnement face aux dérèglements du monde, des mesures de simplification, des mesures de plus grande compétitivité. Au-delà de la simplification, le renforcement du marché unique, les politiques de défense et les clauses de sauvegarde, c'est l'union des marchés de capitaux sur lesquels nous avons bâti un accord historique à Meseberg, avec cette volonté qu'en effet, l'épargne européenne puisse pleinement financer les grands projets d'innovation et d'investissement européens. Sur chacun de ces point, nous œuvrons ensemble et Monsieur le Chancelier a été très complet.

Je ne veux pas ici le paraphraser, mais je voulais revenir, avant ce sommet qui traitera essentiellement de l'Ukraine, de la mise en œuvre de notre stratégie de défense et de la compétitivité, sur ces quelques points. Nous nous retrouverons donc après-demain pour poursuivre ce travail et, à coup sûr, dans les jours et les semaines qui viennent pour poursuivre ce travail, à la fois pour l'Europe, mais aussi cette action commune aux côtés de l'Ukraine, pour la souveraineté de nos amis ukrainiens, mais aussi pour la défense et la sécurité de nous tous, Européens. Je vous remercie et merci, Monsieur le Chancelier, cher Olaf.

Merci, messieurs-dames.