MACRON, BAYROU, ETC. S'ESSUIENT LES PIEDS SUR LA JUSTICE ET LES LOIS
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Comme tous les présidents de la République avant lui, Nicolas SarkoZ a été fait grand croix de la Légion d'honneur. Mais la justice vient de le condamner définitivement dans l'affaire des écoutes. On a laissé dériver notre démocratie dans un système d'état de droit qui est maintenant dévoyé et qui condamne la politique à l'impuissance.
La justice en France est indépendante mais elle doit être aussi impartielle. Nicolas s'il vous plaît. Pardon.
Allez-vet ? Non, ce ne serait pas une bonne décision. On le rappelle, Nicolas Sarkozi, définitivement condamné par la justice française dans l'affaire dite des écoutes.
Il purge actuellement une peine de 3 ans de prison dont un enferme passé sous bracelet électronique. Et pour Emmanuel Macron, ce n'est pas une raison suffisante pour lui retirer sa légion [Musique] [Musique] d'honneur. Le groupe suisse Nesley, géant mondial de l'industrie agroalimentaire, est propriétaire de plusieurs marques françaises d'eau minérale et notamment de Perrier, dont la source se trouve dans le département du gare où son usine emploie 1000 salariés.
Comme l'a révélé le journal Le Monde au mois de janvier 2024, Terrier comme d'autres marques du groupe a utilisé pour résoudre un problème de pollution de plusieurs de ces puits un système de microfiltration illégal au regard de la réglementation européenne qui stipule que les eaux minérales naturelles ne doivent faire l'objet d'aucun traitement. Dans un premier temps, comme l'a également révélé le monde, le gouvernement français informé de cette infraction a très discrètement assouplé la législation en vigueur pour permettre à Nesselet d'utiliser des filtres qui étaient jusque-là jugés non conformes. Mais le 7 mai dernier, la préfecture du Gare a finalement mis le groupe en demeure de retirer dans un délai de 2 mois son système de microfiltration de l'eau minérale perrier.
Aussitôt, les élus locaux ont réagi non pour se féliciter de ce que la loi s'applique enfin à l'un des principaux acteurs mondiaux du secteur agroalimentaire, mais pour demander au contraire ce que Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie, appelle pudiquement une évolution législative afin de permettre aux embouteilleurs d'eau minéral de mieux adapter leur production à la réalité de la ressource, tout en garantissant la sécurité sanitaire et la qualité attendue par les consommateurs. fin de citation, c'est-à-dire pour l'exprimer de façon moins contournée, une modification de la réglementation en vigueur qui permettrait de continuer à embouteiller des eaux prélevées dans des nappes régulièrement polluées. À quelques centaines de kilomètres de là, la justice administrative saisie par des organisations écologistes a ordonné le 27 février dernier l'arrêt du chantier de l'autoroute A69 relié en Castre à Toulouse.
La mobilisation a été soutenue par des personnalités y compris par exemple Petberg. Donc cette décision, elle était attendue, elle est historique et il y aura un avant et un après 27 février 2025 et un avant et un après à 69. Et il va falloir que tous les porteurs de projet réfléchissent bien.
Ils peuvent pas se lancer comme ça dans des projets sur une simple décision d'utilité publique. La biodiversité est un enjeu plus important que tout un tas d'autres aspects. Car selon le tribunal, les bénéfices de la construction de ce tronçon autoroutier d'une petite soixantaine de kilomètres catastrophiques pour l'environnement sont, je cite, de portée limitée et les arguments présentés en faveur de ce projet ne justifient pas les atteintes du chantier à l'objectif de conservation des habitats naturels, de la faune et de la flore sauvage.
Fin de citation. Pour le dire plus simplement, la 69 est désastreuse et inutile. Pourtant, l'État français, manifestement décidé à persévérer dans la perpétration de ce ravage écologique pour le seul bénéfice de la pollution automobile, a fait appel en mars dernier de ce jugement administratif.
Et surtout, la semaine dernière, fort de ce soutien étatique, des sénateurs réunis en commission ont adopté une proposition de loi permettant de reprendre les travaux de la 69 en dépit du jugement ordonnant leur arrêt ou pour le formuler encore une fois plus simplement de passer en force en s'asseyant très tranquillement sur une décision de justice. Plus de 5000 personnes se sont mobilisées la semaine dernière dans le calme pour dire leur attachement au désenclavement du sud du département du TAR dans cette autoroute. Donc dans ce cadre là, il était important qu'au niveau parlementaire, nous fassions le nécessaire pour faire de telle sorte que cette reprise de chantier puisse se faire rapidement.
En résumé, des élus qui se présentent généralement comme les sentinelles d'une rigueur républicaine, justifiant désormais toutes les dérives sécuritaires, font aujourd'ui choix de contourner des lois de la République en demandant leur assouplissement pour la plus grande satisfaction de l'industrie agroalimentaire ou en choisissant de les ignorer purement et simplement pour la plus grande joie des concessionnaires d'autoroute et de l'industrie automobile, comme le relevait le journaliste Stéphane Fouard dans une chronique publiée par le monde le mois dernier lorsqu'il s'agit d'arbitrer entre intérêt économique et protection de la nature, l'état de droit se fait tout à coup discret. Il est vrai que l'exemple de ce mépris affiché pour les règles de droit vient de très très haut. Depuis qu'il a été nommé ministre de l'Intérieur, grâce à la confiscation du résultat des dernières élections législatives par le pouvoir macroniste, le républicain Bruno Retaillot, qui est par ailleurs candidat à la présidence de son parti, ne cesse d'afficher sa défiance à l'égard de cet état de droit dont il a décrété aussitôt après sa nomination qu'il n'était, je cite, ni intangible ni sacré.
Il n'est bien sûr pas le seul à droite de la droite à s'aventurer de plus en plus loin sur ce dangereux terrain. C'est aussi le cas, par exemple, du député républicain Laurent Veoquet qui brigue lui aussi la présidence de son parti et qui est donc le concurrent direct de Retaillot dans une campagne où ces deux personnages multiplient les surenchères droitières. La semaine dernière, Vokier participait ainsi à une discussion portant sur l'état de droit organisé par le Figaro et durant laquelle un collaborateur de ce journal, après avoir évoqué les récentes condamnations de Nicolas Sarkozy et de Marine Le Pen, lui a d'abord posé cette question discrètement orientée.
Est-ce que la la justice aujourd'hui fait de la politique ? le renvoquer. Manifestement ravi de la perche qui lui était ainsi tendue, le député a répondu "On a laissé dériver notre démocratie dans un système d'état de droit qui est maintenant dévoyé et qui condamne la politique à l'impuissance.
Il faut d'abord commencer par bousculer ce système et avoir le courage de remettre l'état de droit dans son lit initial alors qu'aujourd'hui il a débordé de son lit comme un fleuve en cru. Retaillot évoqué qui avait été unanime à protester après la condamnation de Marine Le Pen à 2 ans de prison ferme pour détournement de fond public au mois de mars dernier, communie donc aussi dans le dénigrement de l'état de droit, garante de l'application des lois et de l'indépendance des juges et le présente tous les deux comme un risque pour la démocratie alors qu'il en est au contraire l'un des piliers. Mais l'exemple de ces attaques contre le droit vient de bien plus haut encore.
Après avoir été définitivement condamné à un an de prison ferme au mois de décembre dernier, l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozi, aurait ainsi dû se voir retirer sa légion d'honneur conformément à la règle selon laquelle cette distinction doit automatiquement être reprise à toute personne condamnée à une peine définitive de prison ferme d'un an minimum. Le 4 mars dernier, le grand chancelier de la Légion d'honneur, le général Le Coinre, qui n'est pas exactement un gauchiste énervé, avait d'ailleurs déclarer "Je suis citoyen français, je peux pas imaginer que la loi ne s'applique pas." C'était en effet inimaginable, mais c'est pourtant bien ce qui s'est passé puisque Emmanuel Macron, usant de sa prérogative présidentielle, a décidé de ne pas retirer sa décoration à son prédécesseur. "Allez vous faire moi je je fais ce que je veux." C'est donc du plus haut sommet de l'État qui est venue cette nouvelle attaque contre le droit.
C'est au plus haut sommet de l'État qu'on entérine désormais l'idée que les lois, qui sont en principe les mêmes pour tous, ne doivent en réalité pas du tout s'appliquer de la même manière à tous les justiciables et cela vient d'être très distinctement formalisé par l'un des plus hauts personnages de ce même état. Lundi dernier, le mai, en effet, le très droitier ministre macroniste de la justice, Gérald Armanin, a envoyé à tous les juges de France une lettre de quatre pages présentant son projet de réforme de l'institution judiciaire, évidemment placé sous le signe du bon sens, sous le couvert de cette prétendue sagesse dont se réclament toujours les politiciens qui s'apprêtent à abîmer la démocratie, le ministre explique notamment qu'il souhaite que la délinquence financière, à laquelle s'adonne régulièrement d'éminents représentants du personnel politique français, ne soit plus sanctionné par des peines de prison ferme, ce qui signifie concrètement que Marine Le Pen et Nicolas Sarkozi, par exemple ne pourraient plus être condamné à l'emprisonnement pour les faits qui leur ont précisément valu des copines. Lorsqu'il formule cette proposition d'arr qui ne cesse par ailleurs de réclamer toujours plus de sévérité dans la répression de certains délises ordinaire suggèrent donc très distinctement que les politiciens reconnus coupables de corruption ou de détournement de fonds public devraient bénéficier de ce qu'il est difficile de ne pas appeler un traitement de faveur.
On sait qu'aux États-Unis, Donald Trump, après avoir très explicitement prévenu pendant sa campagne qu'il n'avait aucune intention de trop se laisser ralentir par le respect du droit, a installé depuis son élection à la présidence une justice à deux vitesses qui s'acharne contre certaines catégories présentées comme forcément délinquantes et qui attaquent désormais les juges qui osent protester contre cette injustice, mais qui épargne des personnalités engluées dans des affaires de corruption comme le maire de New York. C'est très exactement l'avenir que prépare de ce côté-ci de l'Atlantique les droites qui semaines après semaine multiplient les entors à la loi et les attaques contre l'état de droit. Merci d'avoir suivi cette chronique.
À la semaine prochaine. La justice en France est indépendante mais elle doit être aussi impartiale. Une partie de la justice, une partie des magistrats et politisé. [Musique]
Nicolas Sarkozy