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Discours / meetingLe Média (sur YouTube)· 22 novembre 2019 6 minAutoproduitActualité / polémiqueSolidarités & familleInstitutions & élections

LE GOUVERNEMENT ABANDONNE LES ENFANTS VICTIMES DE VIOLENCES

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10Lyes LouffokChiffre
    « Chaque jour, 50 enfants sont victimes de violences sexuelles, 200 enfants sont victimes de violences. »
  • 1:00Michèle CréoffChiffre
    « Nous avons rendu en trois ans 45 avis, dont seulement cinq qui ont été demandés par le gouvernement. »
  • 1:20Michèle CréoffChiffre
    « Dans notre pays, nous avons actuellement 340 000 mesures de protection de l’enfance, et 2 enfants qui décèdent chaque semaine sous les coups de leurs parents. »
  • 3:20Lyes LouffokPromesse
    « On avait demandé à ce que la protection de chaque enfant au-delà de la majorité soit effective jusqu’à 21 ans minimum. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Toutes les semaines, un enfant décède sous les coups. Chaque jour, 50 enfants sont victimes de violences sexuelles, 200 enfants sont victimes de violences. Et c’est une personne sans-abri sur quatre qui est un ancien enfant placé à l’aide sociale à l’enfance.

Je suis Lyes Louffok, je suis un ancien enfant placé et je suis membre du Conseil national de la protection de l’enfance. Je suis Michèle Créoff, vice-présidente du Conseil national de la protection de l’enfance. C’est un conseil de 82 membres qui regroupent tous les acteurs de la protection de l’enfance, qui est chargé de donner des avis sur toutes les problématiques de la protection de l’enfance au gouvernement, aux parlementaires, et de communiquer sur ces avis et de mobiliser la société civile sur la protection de l’enfance.

Les raisons qui poussent le gouvernement, je dirais, à supprimer de fait le CNPE, c’est qu’il a envie de nous faire taire. Nous avons rendu en trois ans 45 avis, dont seulement cinq qui ont été demandés par le gouvernement. Ce qui veut dire qu’on s’est auto-saisi.

C’est nous-même qui avons décidé des sujets sur lesquels nous avions envie de donner un avis et sur les cinq avis que le gouvernement nous a demandés nous n’avons pas émis d’avis favorable aux textes gouvernementaux. Je suis venu ce soir, sur le plateau du Média pour dénoncer ce que le gouvernement, et particulièrement Adrien Taquet, est en train de faire subir à la protection de l’enfance. Depuis sa nomination qu’on a difficilement obtenue et qui fait suite d’ailleurs à la suppression du ministère de l’enfance laissé par le précédent gouvernement, le précédent quinquennat, avant l’élection d’Emmanuel Macron, la situation ne cesse de se dégrader.

Dans notre pays, nous avons actuellement 340 000 mesures de protection de l’enfance, et 2 enfants qui décèdent chaque semaine sous les coups de leurs parents. Quand on aura terminé la journée, 50 enfants auront été victimes de violences sexuelles. On attendait du gouvernement des actes forts.

On attendait du gouvernement et d’Adrien Taquet un plan d’urgence pour permettre aux enfants de retrouver leur place dans une société en totale sécurité et nous n’avons réussi qu’à obtenir la suppression du Conseil national de la protection de l’enfance qui est une instance chargée de conseiller le gouvernement sur une politique publique en matière de protection de l’enfance mais aussi de créer le consensus entre tous les acteurs qui sont aujourd’hui en contact avec les mineurs en danger. L’impact de la suppression du Conseil national de la protection de l’enfance, il est majeur parce qu’il laisse un précédent. Le précédent et le signal qu’envoie le gouvernement en supprimant le Conseil national de la protection de l’enfance, c’est que les nombreux enfants victimes de violences aujourd’hui ne valent rien.

C’est une trahison supplémentaire qui vient se rajouter à la liste des trahisons que nous avons déjà connues de la part de ce gouvernement. Prenons l’exemple de la loi de Brigitte Bourguignon sur les jeunes majeurs qui visait à nous garantir une protection au-delà de notre majorité puisqu’aujourd’hui dans notre pays, une personne sans-abri sur quatre a connu l’aide sociale à l’enfance. C’est une trahison à rajouter aussi à la liste qui est composée de l’annonce de la stratégie nationale de la protection de l’enfance et qui ne prend pas en compte les demandes que nous avions formulées et notamment en matière de contrôle des établissements, parce qu’actuellement dans notre pays encore, des enfants sont violés dans les foyers, sont violés dans les familles d’accueil et sont massivement victimes de violences.

Le rapport du Défenseur des droits présenté lundi d’ailleurs en fait l’écho. Et c’est assez dramatique donc la suppression du Conseil national de la protection de l’enfance finalement n’est qu’une suite logique de ce que ce gouvernement a entrepris, c’est à dire la démolition pure et simple du système de protection de l’enfance dans notre pays. Les enfants placés de notre pays qui ont eu la possibilité ces dernier mois de s’exprimer publiquement et qui ont contribué au mouvement de libération de la parole sur les violences qu’ils ont subies nous relatent presque tous la même chose : des violences qu’ils ont subies dans des familles d’accueil parce qu’elles ne sont pas contrôlées aujourd’hui, parce qu’on laisse des enfants livrés à eux-mêmes sans qu’aucune institution ne vienne vérifier ce qu’il se passe derrière ces murs.

Et on peut en dire de même pour les foyers de l’aide sociale à l’enfance, une étude de la Haute Autorité de santé d’ailleurs nous a expliqué que plus de 50 % des établissements de protection de l’enfance, des foyers qui accueillent des mineurs aujourd’hui, sont concernés par les violences institutionnelles. Mais ça va aussi être des problématiques rencontrées sur la transition à l’âge adulte. Puisque les enfants qui ont été confiés à l’aide sociale à l’enfance, à 18 ans, se retrouvent livrés à eux-mêmes sans aucun soutien financier, social, psychologique et affectif.

C’est une personne sans-abri sur quatre dans notre pays qui a connu les services de protection de l’enfance. On avait demandé à ce que la protection de chaque enfant au-delà de la majorité soit effective jusqu’à 21 ans minimum, l’âge auquel on pourrait normalement terminer ses études et rentrer dans la vie active. Ça n’a pas été accepté par ce gouvernement qui a fait voter une loi qui ne fait que reculer nos droits difficilement acquis.

Les mineurs non-accompagnés qui eux aussi souffrent de discriminations majeures, qui sont souvent mal évaluées et pour lesquelles les prises en charge mettent un temps fou à se mettre en place et qu’une fois placés, ne reçoivent pas les soins adéquats pour traiter les psycho-traumatismes dont ils ont été victimes. Enfin bon, la protection de l’enfance dysfonctionne à tous les niveaux, et notamment sur la formation des professionnels du travail social qui aujourd’hui traverse une grande crise. Certains, parfois même, tentent de se suicider parce qu’ils n’ont pas les moyens de remplir leurs missions correctement.

Un éducateur à l’aide sociale à l’enfance c’est parfois dans certains départements 60 enfants dont il a la charge. Comment faire un travail respectueux des droits des enfants quand on en a autant à devoir protéger et gérer ? Est-ce que aujourd’hui on y croit encore ?

Moi non, la situation ne pourra évoluer que si l’ensemble de nos concitoyens et concitoyennes se mobilisent concrètement.