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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 15 novembre 2016 113 minAutoproduitFond programmatiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

MÉLENCHON - RÉUNION PUBLIQUE À CHAMBÉRY

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 54 %Attaque 39 %Défensif 7 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Le programme qui a donc été validé par la Convention de la France Insoumise à Lille sortira en livre le 1er décembre, aux Editions du Seuil pour la somme de 3€ »
  • 4:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Les dons qui sont faits, depuis que Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature, dépassent tous les dons qui avaient été faits en 2012 »
  • 15:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Pour faire le meeting du 5 juin, place Stalingrad, nous avons dû débourser 30.000 euros pour organiser le contrôle des gens qui venaient là »
  • 22:00Jean-Luc MélenchonFait
    « 2016 devrait être l'année la plus chaude jamais enregistrée depuis les premiers relevés »
  • 23:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Record historique du CO2 dans l'atmosphère. 2015 : le taux de CO2, principal gaz à effet de serre a définitivement franchi le seuil de 400 ppm dans l'atmosphère »
  • 24:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Dans 100 stations de sports d'hiver des Alpes sans neige d'ici 20 ans, les domaines skiables établis sous les 1800m d'altitude n'existeront plus dans 10 à 20 ans »
  • 26:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Il me faut 400.000 personnes pour faire l'agriculture paysanne dont je vous parle »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Le programme qui a donc été validé par la Convention de la France Insoumise à Lille sortira en livre le 1er décembre, aux Editions du Seuil pour la somme de 3€, et qu'il y aura une opération "1000 points de vente" le week-end des 3 et 4 décembre, donc, si l'envie vous prend d'aller distribuer, diffuser, défendre ce programme, n'hésitez pas. Ca sera donc le week-end des 3 et 4 décembre, cette grande opération, et donc, ce livret - alors, je peux, je vais vous proposer de regarder peut-être une petite infographie sur la façon dont il a été élaboré, le programme de la France Insoumise, qui donc s'appelle "L'Avenir en Commun", a été élaboré sur une base, il n'est pas parti de nulle part, en 2012, Jean-Luc Mélenchon défendait le programme - Vous avez déjà vu ? - ...L'Humain d'abord, voilà.

Oui, pardon. Et donc, ensuite, à partir de là, il y a eu des auditions, il y a eu des discussions, il y a des bénévoles qui ont compilé des tas de propositions qui ont été faites via la plateforme Internet, des synthèses ont été publiées, ensuite il y a eu donc le vote qui s'est déroulé ; donc toutes les personnes qui étaient répertoriées par le site de la France Insoumise ont pu voter. Et ensuite, il y a eu donc un tirage au sort qui a permis à tout plein d'Insoumis de se retrouver à Lille, pour valider ensemble le programme.

Aujourd'hui, on en est plutôt à une phase où certains livrets thématiques vont creuser des sujets, et existent déjà, comme celui sur l'agriculture, et d'autres sont en cours d'élaboration, hein, à ce titre, d'ailleurs, je fais partie de ceux qui travaillent sur le livre des déchets, s'il y a parmi vous des gens qui veulent s'y mettre, n'hésitez pas. Et donc, heu voilà. On est sur ce travail là du programme, et on va avoir beaucoup à faire pour le diffuser, et le défendre et continuer à travailler dessus.

Alors...

Il est aussi important maintenant de noter la grande fierté du mouvement de la France Insoumise. C'est que nous ne sommes financés que par les dons. Aujourd'hui, les dons qui sont faits, depuis que Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature, dépassent tous les dons qui avaient été faits en 2012.

On est sur un élan, un élan populaire où l'on - et où les gens n'hésitent pas à donner, à donner des sous pour que Jean-Luc Mélenchon puisse continuer sa campagne et pour que tous les Insoumis puissent continuer à faire cette campagne. Donc, ben je vais vous... (Applaudissements) (Rires) Vidéoprojection (Jean-Luc Mélenchon) : Mes amis, quand vous n'avez pas les parrainages, les banques ne vous prêtent pas.

Et si vous n'avez pas l'argent, comme c'est difficile de mener une campagne de cette ampleur. Il ne faut pas raconter d'histoires, la démocratie coûte de plus en plus cher dans ce pays. Vous allez pour aller faire du porte à porte : il y a des codes, vous ne pouvez pas entrer.

Vous voulez distribuer des tracts ? C'est à la grande surface, vous n'avez pas le droit d'entrer. Vous voulez faire un meeting sur une place ?

Alors on vous la fait payer, et on vous dit en plus : "C'est l'état d'urgence." L'état d'urgence ! Alors il faut fouiller les gens qui rentrent, écoutez moi, vous allez voir ce qu'il vous en a coûté.

Il faut fouiller les gens qui rentrent, on dit : "On va le faire." "Non, pas vous, une entreprise spécialisée." Et une fois qu'ils sont dedans, il faut qu'ils y restent.

Il faut mettre deux fois des barrières. Total de l'état d'urgence : 30.000€ de plus pour le meeting de Stalingrad.

Les campagnes sont de plus en plus réservées à ceux qui arrivent à collecter des moyens financiers considérables, à la condition qu'ils soient remboursés ensuite dans le plafond des remboursements. Nous avons cette étape à franchir. Pas le nombre de parrainages, pas d'argent.

Et bien, de l'argent, nous en trouverons. Le notre. Plus ce sera le notre, moins les banquiers auront prise sur nous.

Nous continuerons à être libres du premier au dernier jour, personne ne nous tirera des ficelles dans le dos. Vidéoprojection (Applaudissements) Vidéoprojection (Jean-Luc Mélenchon) : Voilà pourquoi, premièrement, je vous demande d'aller voir vos maires et ceux qui peuvent signer, et deuxièmement, si vous le pouvez, souscrivez, je vous prie, s'il vous plait, à la participation que nous appelons individuelle avec des versements mensuels, fusse à 1€, mais qui nous permettent de faire face. Alors, maintenant, en préparant cette soirée, on a souvent été interpellé. "Comment est-ce que je pourrais parler de mon idée ?

Moi, j'ai fait ça dans ma vie, mon travail, mon association, mon syndicat. Comment est-ce que je pourrais faire passer cette idée ?" Alors, il y a un outil qui existe, qui est dans le hall, là, si vous voulez à la sortie en faire partie, c'est le "vidéomaton".

Et bien, vous avez une bonne idée, vous avez quelque chose à dire, quelque chose qui vous importe, vous avez un vécu, vous avez un savoir que vous voulez transmettre, et bien, vous pouvez aller faire cette vidéo, vous pouvez faire votre propre interview, et ensuite, ben ça alimentera...

ça alimentera le site de la France Insoumise, ainsi que les réseaux sociaux. Alors, n'hésitez pas à le faire, et ce que je vous propose, c'est de voir cette vidéo sympa qui a été faite, justement dans un vidéomaton. Petite fille : Alors bonjour !

Aujourd'hui on va parler de Jean-Luc Mélenchon ! Le papa : Oui ? Et ?

Est-ce que...

Bon, t'as pas l'âge de voter mais...

Petite fille : J'ai pas l'âge mais je sais qu'il est bien, et puis qu'il veut être le président de la République ! Le papa : Et puis, tu me dis, qui c'est qui est méchant et qui a piqué le boulot à papa ? Petite fille : C'est Sarkozy !

Le papa : Voilà, c'est tout, hein, je pense qu'on a fait le tour ! Petite fille : Non, non...

Le papa : On a pas fait le tour ? Bon, t'appuies sur "stop" là maintenant, s'il-te-plaît ! Petite fille : Okay, attends ! (Applaudissements) Une manière originale de faire passer un message.

Alors, maintenant on va parler d'un message, enfin, plus exactement d'une lutte qui tient beaucoup à cœur à beaucoup de gens ici, c'est celle des Ecopla. Vous en avez certainement entendu parler d'ailleurs...

Ben ils sont dans la salle, pour certains d'entre eux, et on voudrait vraiment les soutenir, les accompagner. (Applaudissements) Pour resituer bien la lutte actuelle des Ecopla, qui est vraiment en pleine actualité, je vous propose de voir cette vidéo. Christophe Chevalier : Oui bonjour, Christophe Chevalier, je fais partie d'un collectif Ecopla, Ecopla Scop.

Voilà, donc c'est une entreprise qui transforme l'aluminium en barquettes pour l'agroalimentaire. Cette entreprise a été pillée par les fonds de pension américains, par des banques anglaises, et aujourd'hui elle est en liquidation. Voilà, nous avons monté un projet de reprise par les salariés en Scop, en société coopérative et participative, on a fait un tour de table avec des financiers, des banques coopératives, on a eu des financements de la part de la préfecture à hauteur de 400 000€, de le région aussi, 400 000€ ; on arrive aujourd'hui avec un total de budget de 3 millions d'euros.

Voilà. Ce collectif représente quinze personnes aujourd'hui, le projet est viable, et on est à huit mois de combat pour que ce projet voie le jour. Aujourd'hui devant la justice ils ont préféré vendre les presses et les outils à un concurrent italien, et nous on se bat pour récupérer cet outil de travail.

Donc le 20 octobre au tribunal de Grenoble nous aurons une décision suite à l'appel que nous avons énoncé avec notre avocat, et puis voilà. On espère retrouver vite cette entreprise, vite notre travail, qu'on reprenne notre vie sociale, vie familiale d'avant. Voilà, je vous remercie de m'avoir écouté.

Alors, pourquoi la lutte des Ecopla...

Oui, je crois vraiment qu'on peut les applaudir. (Applaudissements) En fait... en fait, il y a un deuxième film qui va arriver sur les Ecopla.

Parce que, ben, on les suit, parce qu'il y a ici un vidéaste qui les suit, qui suit tous leurs combats. Parce que, ben, en fait, tout simplement les salariés savent quoi faire de leur boîte, contrairement à ce que croient les actionnaires. Parce qu'en fait, tout simplement, ben, demain, ça va - va tomber le verdict de savoir si oui ou non, leur demande de reprendre en SCOP leur entreprise est recevable sur le fond, et donc, ben c'est demain que ça se joue en grande partie, même si, soyons clairs, on ne lâchera rien et on ne les lâchera pas. (Applaudissements) Vidéoprojection : ...révolutionnaires qui vont transformer la vie et changer la société de fond en comble.

Interview : C'est... donc c'est l'équipe à Ecopla.

Ça fait 16 ans que j'étais là-bas. Ecopla, c'est... c'était le dernier fabricant de barquettes d'aluminium en France.

Ben, nous, on voulait reprendre l'entreprise en SCOP suite à la liquidation de notre entreprise, on ne nous a pas donné l'opportunité au premier... au premier tour, en fait, ils ont voulu préférer prendre l'argent facile de nos concurrents italiens, plutôt que notre projet à nous.

On a les finances qui nous suivent, on a les carnets de commande, mais malheureusement, on a... on est bloqués par une décision de justice qui a donné notre entreprise, nos machines et nos moyens... de travailler à notre concurrent italien.

Sur la dimension écologique, on a entendu beaucoup de choses depuis le début de cette lutte de plusieurs mois aux côtés des salariés d'Ecopla, et notamment l'argument que l'aluminium ne serait pas une production écologiste. Je ne vois pas en quoi l'argument justifierait que, du coup, on aille le produire ailleurs, en Italie par exemple. On a tout intérêt, au contraire, à garder ces productions énergivores et potentiellement polluantes au plus près de notre regard, au plus près du contrôle citoyen et c'est précisément ce que proposent de faire les salariés d'Ecopla avec cette forme coopérative.

Ce qu'il y a de formidable, c'est que ces travailleurs ont réussi à faire vivre une devise qu'on a tendance à oublier : Liberté, Egalité, Fraternité. Au lieu d'une autre devise, qui actuellement est en train de prendre place dans notre pays, qui serait : Flexibilité, Libéralisme, Inégalités, Compétitivité. Donc, finalement, le choix qu'on aura face à nous, ça oppose deux philosophies : ça oppose la philosophie de la rentabilité au service des uns, toujours les mêmes, face à la défense, la préservation de nos emplois locaux, c'est la finance internationale contre la vie de la République et de tous ses territoires, donc ça pose un... une problématique encore supérieure qui est la solidarité entre les territoires, l'égalité des territoires.

Finalement toutes les facettes du projet Ecopla, ça défend une seule chose, si aujourd'hui, le projet de SCOP l'emporte, c'est l'intérêt général qui l'emportera, et c'est bien évidemment pour tout cela que la France Insoumise soutient ce projet. (Applaudissements) Voilà. Alors, du coup, ben pour finir cette petite introduction qui vous permet de retracer un peu la vie de la France Insoumise depuis plusieurs mois, on va finir, parce que, justement, des propositions, il y en a.

Des solutions, il y en a. On peut faire de la réindustrialisation sur la base... sur une base écologique.

Ce n'est pas un problème. Des tas de gens ont des propositions. Des tas de... des tas de salariés savent comment faire.

Alors, voilà, juste pour finir cette... cette séquence, et ben, il y a quelqu'un qui dans un vidéomaton, justement, a fait une proposition sur la réindustrialisation.

Intervenant : Bonjour, alors moi je voudrais intervenir sur la réindustrialisation. Tout en respectant bien entendu l'environnement et les conditions de travail des salariés. Voilà, ce qui m'intéresse aussi dans la France Insoumise c'est le projet du protectionnisme solidaire et écologique, qui permettra de réimplanter l'industrie en France, notamment ici comme dans le nord...

Voilà, on a eu des entreprises historiques de sidérurgie, d'aciérie qui ont fermé. Y'a quand même un avenir pour ces entreprises aussi. C'est en lien avec le protectionnisme.

S'il est solidaire, c'est l'économie de la mer. Pour l'économie de la mer on peut trouver des débouchés à ces industries de sidérurgie, pour l'éolien marin par exemple. Donc ce qui m'a séduit dans la France Insoumise c'est aussi ce projet de réindustrialisation dans le respect de l'environnement et des hommes.

Et c'est pour ça que j'invite tous les travailleurs à signer, à appuyer la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour recréer de l'emploi, et des emplois industriels on en a besoin aussi, parce qu'on a le savoir-faire en France et il faut cesser aussi de brader nos brevets à l'étranger. Voilà. (Applaudissements) Voilà. (Applaudissements) Alors n'hésitez pas à contribuer, contribuez tous et toutes.

Impliquez-vous. Impliquons-nous. Pour finir ce moment, je voudrais juste signaler... alors, c'est à la fois une joie et en même temps, je suis un petit peu désolée, en fait, il semblerait que nous soyons presque 1.400, entre la salle, les gens qui sont dans le hall à qui on a mis une retranscri... - une retransmission audio, les gens qui sont dans les deux salles à côté, enfin bon, j'espère qu'il y en a pas trop dehors qui gèlent de froid.

En attendant, ben quelque part, c'est une victoire et c'est un bel élan, donc merci aux insoumis de Savoie et de Haute-Savoie d'être ici nombreux. (Applaudissements) (Thème musical de la France Insoumise) Alors, je suppose que c'est à moi. Tout le monde m'entend bien ?

Ça va ? Bon, il y a un petit larsen là. D'abord, je... j'envoie un petit signal amical pour cet accueil admirable à vous tous, à ceux qui se trouvent dans le hall, et qui ont dû suivre les films sans... sans voir les images.

A ceux qui sont dans les salles qui jouxtent celle-ci et, m'a-t-on dit aussi, d'autres qui se trouvent dehors. Je les embrasse de tout cœur pour les réchauffer. Qu'ils sachent que j'en suis marri.

Mais c'est comme ça. Je vois à cette affluence un signal que je comprends. Qui ne tient pas à ma personne, mais à ce que, à cet instant, je peux représenter pour vous.

Je sais... que... qu'en cette année si extraordinaire d'élection présidentielle, je figure dans les 4 premiers, sans qu'on puisse dire à quelle place exactement.

Et comme vous le savez comme moi et comme vous le sentez, vous éprouvez le besoin de vous retrouver, de vous fortifier en vous voyant les uns les autres, et pour d'aucuns, de venir entendre, apprendre, savoir de quoi il retourne avec ce personnage que l'on habille tantôt tout en rouge, tantôt en super bleu-blanc-rouge et d'une manière générale, dans des portraits si divers que parfois, moi-même, j'ai du mal à m'y reconnaître. Je remercie les Insoumis des deux Savoies qui ont organisé cette soirée. Naturellement, également les membres de mon cher Parti de Gauche qui donnent le coup de main indispensable.

Les élus qui me parrainent en Savoie, on me dit qu'il y en avait 3. Je leur en suis très reconnaissant. Je voudrais que vous sachiez que me parrainer ne signi... ne signifie pas que l'on est d'accord avec moi.

Avec vous, pour une part d'entre vous, car j'imagine que il doit y avoir ici aussi des gens qui n'ont pas encore pris leur décision pour savoir ce qu'ils feront comme vote dans quelques mois. Me parrainer, c'est seulement dire que l'on autorise ces 4 millions de Français qui, naguère, m'ont donné leur suffrage en 2012 ; on les autorise à trouver de nouveau à leur disposition celui pour lequel ils ont déjà voté une fois. On a, à la faveur de petits tripatouillages, aggravé les conditions dans lesquelles on peut être candidat dans notre pays.

L'invention des 500 parrainages avait été faite, au départ, pour éviter les candidatures dites folkloriques. Le général de Gaulle avait, parait-il, mal supporté la présence de M. Marcel Barbu en 1965, qui était un candidat très émouvant et qui était d'ailleurs lui-même très ému, puisqu'il pleurait la plupart du temps à l'écran.

Et donc on a inventé ça. On n'a jamais inventé à l'époque, me semble-t-il dans une Constitution qui, déjà, instaurait mille barrages pour accéder à la fonction de monarque présidentiel - on n'avait pas imaginé que ce serait un moyen pur et simple de verrouillage pour empêcher des gens d'êtres candidats. Alors... c'est une difficulté, vous savez, pour nous.

Bien sûr. Mais de quelle difficulté ne viendrions-nous pas à bout, du seul fait de notre volonté, de notre opiniâtreté et de notre engagement ? On m'avait dit que puisque personne ne m'aidait, je n'arriverais à rien.

Fort des 100.000 premiers qui ont accouru pour appuyer ma candidature, et à partir de ce soir, puisque nous avons atteint ce chiffre aujourd'hui, des 150.000, je me trouve déjà au niveau où la réforme que suggérait Lionel Jospin : pour être candidat, il aurait fallu, ou bien 500 parrainages, ou bien 150.000 parrainages de citoyens.

Et bien, quant aux citoyens, me voici déjà parrainé. Ensuite... (Applaudissements) Quant aux élus, mesdames et messieurs, mes chers amis pour ceux qui sont mes amis ici, et mes chers camarades pour ceux qui le sont, rien, personne, jamais, à aucun moment, n'est en état de nous empêcher d'avancer.

Nous creuserons les montagnes avec nos ongles et nous viderons la mer avec nos mains s'il le faut, mais nous atteindrons notre objectif, et nous sommes déjà 325 parrains et marraines autour de ma candidature. Nous arriverons donc à 500 le moment venu, c'est-à-dire lorsque, enfin, ici et là, certains qui se réservent viendront à la rescousse comme c'est leur devoir. A la rescousse, ai-je dit, parce que tout ça nous coûte de l'effort, de l'argent, bref.

Cette campagne, que vous appuyez à cet instant, est d'abord une campagne populaire. Au fond, c'est une bonne chose qu'ils aient essayé, tous, de faire en sorte que je n'y sois pas. Vous vous êtes même cotisés, alors que nous ne sommes pas un parti, la France Insoumise, nous sommes un mouvement, un label commun, nous tâtonnons, nous cherchons des formes nouvelles pour nous entendre et militer.

Et bien...

Vous vous êtes cotisés. Vous ne le savez peut-être pas, mais vous avez déjà donné un demi-million d'euros. Ça va.

C'est bien. Evidemment, on ne peut pas avoir les grandes salles qu'on aimerait avoir, parce que la démocratie, c'est de plus en plus cher dans ce pays. Déjà, c'est de plus en plus compliqué : vous partez à l'ancienne avec vos tracts et vous dites : "Tiens, je vais aller faire un porte à porte." Couic.

C'est pas possible. Il y a des digicodes. Alors après, vous dites : "Ben, je vais aller là où sont les gens." Où ils sont-y, les gens ?

Pas à la sortie de la messe, il y en a moins qu'avant. Donc - je ne dis pas ça pour ironiser, hein - donc on va où ? Là où ils sont !

Dans le centre commercial, misère, jusqu'au dimanche. Et dans le centre commercial, on ne peut pas, c'est une surface privée. Vous voulez une salle ?

C'est des dizaines de milliers d'euros, mesdames, messieurs. Vous devez le savoir. Des dizaines de milliers d'euros.

Et maintenant, si vous êtes dans la rue, en plus, on vous rajoute le tri de la population qui rentre. Pour faire le meeting du 5 juin, place Stalingrad, nous avons dû débourser 30.000 euros pour organiser le contrôle des gens qui venaient là.

Parce que ça n'est qu'une société agréée qui peut le faire. Je veux que vous le sachiez. C'est de plus en plus difficile de mener un combat démocratique.

C'est de plus en plus difficile de vouloir participer à la démocratie de son pays. Bon, je n'ai pas fini de remercier. Je remercie pas seulement les élus qui me parrainent, mais aussi les élus qui me soutiennent.

Et il y en a 3 ici qui me sont spécialement chers : Andréa Kotarac, Emilie Marche, Corinne Morel-Darleux qui sont vos élus au Conseil Régional. (Applaudissements) Et puis... (Applaudissements) Je remercie ceux qui me donnent une démonstration des propos qui, parfois, vous paraîtront abstraits ce soir, les opposants à la ligne Lyon-Turin et les militants... (Applaudissements) les salariés, les ouvriers et ouvrières d'Ecopla que j'ai rencontrés tout à l'heure et dont je vais vous parler. (Applaudissements) Chaque fois que je vais quelque part, on me demande pourquoi je viens là.

J'étais à Boulogne : "Pourquoi vous venez à Boulogne-sur-Mer ?" Bon, ben j'avais une bonne raison. C'est une des villes les plus pauvres de France.

La pauvreté, c'est cette lèpre qui gagne notre pays et qui fait basculer 9 millions de personnes. Et vous savez, quand on devient pauvre ? C'est quelqu'un qui, d'après les statistiques internationales, gagne moins de 1.000 euros par mois.

Et ben, vous savez quoi ? 1.000€, c'est une fortune pour bien des gens.

Le minimum vieillesse, c'est même pas 500 euros. 9 millions de personnes. Ce pays est en train de basculer dans une situation : ou bien vous vous y trouvez, et votre seul souci, c'est de savoir comment vous allez faire face à demain, voire à après-demain, et puis, pour les autres, de se dire : "Bon sang, pourvu que ça ne soit pas mon tour." Et ça gagne tout le monde, hein.

Il ne faut pas croire. Je suis sûr que des gens dans cette salle le savent. Il ne faut pas croire que c'est seulement ceux qui étaient déjà en grande difficulté avant et qui sont dans des difficultés supérieures aujourd'hui.

La pauvreté frappe à toutes les portes, à tous les étages. Tout le monde. Quelque soit sa classe sociale, enfin, à l'intérieur de la classe des salariés.

Dans combien de copropriétés, les copropriétaires ne peuvent plus payer les réparations ou les charges ? Et les copropriétés accumulent les dettes et les impayés. Et les gens vivent dans la peur de ne plus avoir leur logement demain si on les en expulse, alors qu'ils croyaient en être propriétaires et avoir garanti leurs vieux jours de cette manière.

Voilà pourquoi je suis allé à Boulogne. On me dit : "Pourquoi vous venez à Chambéry ?" Pourquoi je viendrais, après tout, hein ?

On se demande. Ben, déjà, parce que je n'y suis jamais venu. (Rires) J'ai cherché dans ma tête, dans ma longue... ma longue vie de... de militant et de lanceur d'alerte quand est-ce que j'étais venu à Chambéry.

J'en ai fait des villes, vous savez. Pour moi, c'est toutes les mêmes, hein. C'est la nuit, dans des salles glauques, pourtant celle-là est belle, hein. (Rires) Et après, ça m'est revenu : "Ah oui, je suis venu en stop quand j'avais 20 ans." Je ne me rappelle plus pourquoi, je devais passer par là.

En vérité, je suis venu parce qu'il y avait un croisement de symboles dont j'ai besoin pour faire mon discours. D'abord... c'est la Savoie.

Et la Savoie, ha ha, pour un homme comme moi, il y a un nom qui s'attache à la Savoie : c'est Ambroise Croizat. Le communiste qui a fondé la Sécurité Sociale. (Applaudissements) La Sécurité Sociale, ce n'est pas seulement un bon service, c'est une autre société, une autre manière d'organiser la société et de la penser, où les individus sont solidaires entre eux, où chacun donne selon ses moyens, mais reçoit selon ses besoins.

Et surtout, la Sécurité Sociale - je ne sais pas si vous avez vu le film "La Sociale", sûrement que vous avez dû le voir, pour un certain nombre d'entre vous - la Sécurité Sociale, c'était la victoire sur un fléau. Ce fléau, c'était la peur du lendemain. La peur de la maladie.

La peur de l'âge qui s'avance. Et ça, c'était radicalement nouveau, on avait trouvé le moyen. Des ouvrières, des ouvriers ont fait vivre les premières caisses de Sécurité Sociale et c'est eux qui ont porté ça sur leur dos.

Et bien voici que cette peur du lendemain que l'on avait vaincue, que l'on avait vaincue au lendemain d'une guerre épouvantable, alors que le pays était ruiné. Cette peur du lendemain, elle est revenue dans combien de foyers ? Depuis que l'humanité est humanité, elle lutte contre la précarité.

Et oui. Les premiers groupes humains allaient d'un endroit à l'autre, et tâchaient de s'installer dans les endroits où c'était le plus profitable pour y avoir les enfants et tâcher de les faire vivre le plus longtemps possible. Et c'est comme ça que l'élevage remplace la chasse, parce que c'était plus sûr.

A condition, bien sûr, de bosser dur. Et c'est comme ça que l'agriculture remplace la cueillette. Evidemment, il fallait travailler dur, mais c'était moins aléatoire.

Et ainsi de suite. L'humanité a toujours voulu vaincre la peur du lendemain. S'installer dans la sécurité pour pouvoir devenir l'humanité complètement.

Avoir du temps pour faire autre chose que survivre. Avoir du temps pour soi, pour les autres, pour l'art, pour la musique, bref. Toutes les choses qui comptent et qui nous font spécifiquement humains.

Voilà pour Croizat. Alors, après, moi, chaque fois que je vais quelque part, je tourne des pages : alors il parait que vous étiez des Allobroges. Bon.

Ca, c'est pour "nos ancêtres, les Gaulois", d'accord ? Il n'y a pas un Gaulois dans la salle, mais ce n'est pas grave. (Rires) Mais, ces Allobroges... moi, vous savez que je ne crois pas que l'identité du pays soit dans ces peuplades qui ont traversé l'Europe dans tous les sens dans le passé.

Moi, je crois que l'identité du pays, c'est son identité républicaine, ce qui fait que nous pouvons être tous Françaises, Français, vivre ensemble, c'est que nous sommes unis entre nous ni par la couleur de peau, ni par la religion, ni même par la langue, puisque nous la partageons avec 29 pays dans le monde, mais par un pacte politique : Liberté, Egalité, Fraternité. Et si nous sommes de cette façon, alors il faut que je regarde la Savoie de 1789. Et revoilà les Allobroges.

Il parait que vous avez tenu une Assemblée des Allobroges. Je dis "vous", tu parles, là-dedans, il doit y en avoir je ne sais pas combien qui ont un grand-père... déjà 1 sur 4, vous avez un... un de vos familiers qui est un étranger.

Alors, vous, ça doit être les Italiens, ça circulait pas mal dans le coin, hein. Moi aussi, j'en ai des Italiens. Ça ne se voit pas, hein ?

Des Siciliens, ça, ça doit se voir un peu. (Rires) Un peu ombrageux, vous voyez ? Bon.

Et donc, en 1792, vous avez formé l'Assemblée des Allobroges. Et la Savoie a décidé de se joindre à la République Française, chassé son monarque et tourné la page de l'Ancien Régime, avant qu'elle n'y soit précipitée de nouveau après nos défaites. Et la Savoie est revenue de son propre gré, par son vote, à la France.

L'histoire républicaine de la France a donc une part de ses racines dans la Savoie, par la volonté de... de ceux qui composaient ce territoire à cette époque là, on ne sait pas qui c'est, peut-être quelques uns de vos ancêtres, quand même, hein, s'y trouvaient.

Sa volonté républicaine et sa volonté française est parfaitement claire. C'est la même chose, je pense, dans l'esprit de tous ceux qui y ont participé. Donc, voilà pourquoi je suis là.

Je viens toucher cette terre tellurique, mais pas que. Bon, alors, sur mon papier, il est écrit qu'il faut parler de l'actualité. L'actualité, c'est l'élection américaine.

Evidemment que ça nous concerne, les amis. Pas parce que nous serions une espèce de grand Disneyland mondial, et qu'on regarderait toujours dans le pays d'où est arrivé Mickey ou Donald... (Rires) Bon, c'est Donald. (Rires) Mais... (Applaudissements) Ouais, ben... je parie que vous voyez à quoi je veux en venir, ça me brûle la bouche. (Rires) Ben oui, Donald, c'est Picsou, forcément. (Rires) Ce n'est pas le plus malin, dans l'histoire.

Voilà. Après, il y a les 3 autres qui s'agitent, là, je vous laisse attribuer les rôles. Riri, Fifi, Loulou. (Rires) Mais, plaisanterie mise à part, le Président de la nation dominant le monde, ça nous implique ; en tout cas, ça nous interpelle et ça nous oblige à savoir quoi faire.

Mais d'abord - ça ne sera pas le sujet de ce soir, je ne vais pas vous parler des Etats-Unis d'Amérique, pas plus que ça - mais, vous avez vu cette immense surprise de ceux qui sont tout le temps surpris ? Vous avez remarqué qu'ils sont tout le temps surpris ? C'est comme s'ils préparaient quelque chose, que ça n'a pas lieu et ils se disent surpris, alors qu'en réalité, ils sont en colère, parce qu'ils n'ont pas réussi à obtenir des gens ce qu'ils voulaient leur faire faire.

Voilà. Etonnés, surpris, toujours. Que se passe-t-il là-bas ?

Il se passe là-bas ce qui se passe dans le monde entier. Les sociétés telles que nous les avons connues depuis la fin de la 2ème guerre mondiale, qui avait engendré l'émergence d'une classe moyenne, partout, assez puissante, ce qui veut dire que le partage de la richesse entre le travail et le capital s'était fait d'une manière un peu plus juste, tant et si bien qu'est apparu ce qu'on appelait cette classe moyenne, c'est-à-dire des gens sachant, des gens travaillant et vivant avec une paie et un environnement qui leur permettaient de mener une vie digne. En tout cas, ils essayaient de l'améliorer, ils avaient la certitude que leurs enfants vivraient mieux qu'eux-mêmes, comme eux-mêmes avaient mieux vécu que leurs parents.

Et bien, le système néo-libéral, le libre-échangisme, c'est-à-dire les marchandises qui circulent d'un bout à l'autre du monde avec un unique critère de sélection : le prix. Car si au XVIIIème siècle, on pouvait dire, aussi sottement que l'a dit le Président Hollande, que l'offre crée la demande, c'est-à-dire qu'il suffit qu'on vous amène une marchandise, si elle est assez peu chère, vous l'achèterez. Si vous y réfléchissez, c'est absurde dans tous les cas.

Allez essayer de vendre des frigos à des Esquimaux. Allez vendre des radiateurs à des Sahraouis. Bien sûr que non, il ne suffit pas qu'une marchandise soit là et qu'elle ne soit pas chère pour que vous l'achetiez, mais ils le croient.

Et par conséquent, ils font tout pour qu'elle ne soit pas chère. "Pas cher" est devenu une sorte de morale collective, d'objectif. Chacun doit se procurer à pas cher. "Pas cher" égal souffrance, car au bout de "pas cher", il y a quelqu'un qui souffre.

Qui travaille et qui est payé dans des conditions lamentables, qui travaille dans des conditions lamentables, qui est surexploité à l'autre bout du monde. Ce sont des enfants. Ce sont des adultes mal payés, toujours plus mal payés, car il y a toujours plus "pas cher" à un endroit qu'à un autre.

Voilà que les Ukrainiens coûtent le tiers d'un Chinois. Pauvre Chinois. Pauvre Ukrainien.

Et ainsi de suite. Et bien, sur cette base, nos sociétés sont en train d'être détruites. La vague s'est levée d'abord dans l'Amérique latine.

De sociétés qui ne sont pas composées d'indigènes folkloriques qui jouent de la guitare, fument des cigares, dansent la salsa et boivent du rhum, comme le croient bien des nantis ici qui s'en moquent assez facilement, je trouve. Ce sont des peuples avec des sociétés complexes, organisées, bien plus de différences sociales qu'on ne se l'imagine, et bien, leurs sociétés ont été rasées par le néo-libéralisme. J'ai vu, de mes yeux vu, à Montevideo dans la gare principale, comme vous diriez la gare de Lyon à Paris ou la vôtre ici, les arbres pousser.

Parce qu'il n'y a plus de train. J'ai vu en Argentine démonter les rails pour vendre l'acier, parce qu'il n'y avait plus de trains, et qu'il fallait tout faire passer sur la route. Tout ce que je vous raconte ici aujourd'hui, tout ça a déjà été fait.

J'ai vu des gens se retrouver dans le noir parce que le réseau électrique s'est effondré parce que personne ne s'en occupait assez sérieusement, etc., etc. Et alors, cette vague a atteint aussi les Etats-Unis d'Amérique, comme elle atteint en ce moment l'Europe.

C'est une énorme vague. C'est le peuple. Le peuple qui n'en peut plus d'avoir deux ou trois boulots par jour pour arriver à survivre, et des fois, pour ne pas arriver à survivre.

Il y en a assez de se ruiner pour payer les études des enfants. Des jeunes qui sont à l'université, endettés jusqu'au cou pour 25 ou 30 ans, comme c'est le cas aux Etats-Unis d'Amérique. Alors cette vague, elle a d'abord fait sortir M.

Obama, parce que M. Obama, c'est un afro-américain, comme on dit. Donc les gens disaient : "Celui-là, il a réussi, ça prouve qu'il va nous comprendre, il vient de notre milieu." Et puis c'est un afro-américain, comme Chavez, la peau mate.

Comme Correa, en Equateur. Comme tous les autres. C'était la revanche de ce peuple moyen, de ce peuple populaire, qui, à peine arrivé au pouvoir en Amérique latine commence d'abord par extraire des millions de gens de l'extrême pauvreté et subissent les jets permanents de sarcasmes, de cailloux, d'insultes, mais ils le font.

Des millions de gens sortent de l'extrême pauvreté. Ils font ce que personne ne croyait capable de... possible de faire.

Ils rendent la vue à ceux qui n'y voyaient plus, parce qu'ils avaient la cataracte et que personne ne les soignait. Ça s'appelait la mission Milagro. Voilà ce qui s'est passé.

Ça a atteint les Etats-Unis d'Amérique, et là, qu'est-ce qui se passe ? Pas grand-chose. Mais en tout cas, assez pour avoir exaspéré les puissants et les importants.

Et à l’élection suivante, mes amis, c'est celle qu'on vient de vivre, la vague, elle est toujours là. De quel côté va-t-elle aller ? Va-t-elle aller du côté de M.

Trump ou du côté du camp progressiste ? Va-t-elle aller du côté de ceux qui affichent des convictions, qui, à nous, nous paraissent insupportables, ou est-ce qu'elle va aller de l'autre côté ? Et bien, M.

Trump a d'abord commencé par faire quelque chose : il a exprimé les volontés du peuple, là-bas, de droite. Ça existe, vous savez, la droite populaire. Ça existe.

Et les gens, ils croient de bonne foi que c'est de ce côté là que va se faire leur avenir, que c'est bien comme ça. Et puis, vous avez ceux qui préfèrent le camp progressiste. Qui pensent qu'il faut faire ensemble.

Bref, je ne vais pas vous raconter la droite et la gauche, vous la connaissez aussi bien que moi, à supposer que là-dedans, on arrive à s'y retrouver, de savoir qu'est-ce qui est de droite et qu'est-ce qui est de gauche. Et bien, on l'a bouchée, la voie. D'un côté, vous aviez cet homme qui s'impose, il gagne dans sa primaire en chassant tous ces bigots qu'il y avait, du Parti Républicain, qui venaient parler de toutes sortes de choses, du bon Dieu, des choses importantes, hein ?

Je ne vous dis pas le contraire, m'enfin les gens, ils ne vont pas voter pour ça, quoi. Ils ont beau être de droite, leurs problèmes c'est aussi la paie, le boulot, l'éducation, la santé, ça les intéresse. Et ils entendent un type qui leur dit : "Nous, on va arrêter de fermer les usines." Et ben, vous êtes de ce que vous voulez politiquement, si c'est vous qui êtes dans l'usine, vous êtes pour le type qui vous dit qu'on ne va pas la fermer.

C'est clair, non ? Et ben oui, ça s'appelle le peuple. Et ce n'est pas parce qu'il y a un peuple qui pense de deux manières différentes que ça cesse d'être le peuple.

Le peuple a des intérêts, des aspirations, des revendications qui sont communes à tout le peuple. Mais qui s'expriment différemment, avec des solutions de droite, des solutions de gauche, des solutions de ce que vous voulez. Et de l'autre côté, que s'est-il passé ?

On a eu un phénomène qui s'appelle Bernie Sanders. Alors, je vous garantis que moi, à côté, c'est presque la pop music, parce que Sanders, des cravates à ne pas sortir, des tenues pas racontables, même pas coiffé, il ne faisait aucun effort sur la forme. Mais sur le fond, mes amis, il n'a parlé que de revendications sociales.

Et il battait Mme Clinton dans les Etats populaires dominés par les Républicains, ceux qui, ensuite, ont fait la différence. Vous comprenez ? Il a fallu tricher pour en venir à bout.

Il a fallu l'invisibiliser médiatiquement, il a fallu le traiter de tous les noms. Tous les noms, je vais vous dire : un, il est trop énervé, deux, il est antisémite, c'est la croix qu'on porte tous. Dès qu'on est pas de leur bord, c'est qu'on est antisémite.

Et lui, pas de pot, si j'ose dire, pour ceux qui l'accusaient, sa famille est morte en déportation, et ben, ça ne les gêne pas, les autres. Et ainsi de suite. Les mêmes injures, les mêmes caricatures d'un bord à l'autre de l'univers.

Et malgré ça, il a fallu qu'ils trichent et qu'ils trichent et qu'ils trichent encore, pour l'empêcher de gagner. Mais il y avait des foules immenses qui s'assemblaient, comme les Etats-Unis n'en avaient pas vu depuis des décennies. Figurez-vous qu'à New York, à deux occasions, des foules gigantesques se sont réunies dans les parcs.

Voilà ce qu'il s'est passé. Le peuple est sorti de son lit et il a rencontré un bouchon qui s'appelle Mme Clinton. C'est-à-dire cette gôche millionnaire, corrompue, liée au système.

On dit : "Mais l'autre aussi." "Ben, peut-être bien, mais, au moins, il le dit." Il ne fait pas semblant d'avoir de la compassion pour les autres, lui.

C'est ça que les gens ne supportent pas. C'est le mensonge, la duplicité. L'évidence que la personne qui parle ne fera pas ce qu'elle dit.

Et caetera. Ça nous importe, bon, il a gagné. Il y a de l'eau, là-dedans ?

Il a gagné. Alors, je ne vais pas commenter. Je vais vous dire ce que je lui reproche le plus.

Aujourd'hui... enfin là, depuis deux trois jours, a commencé la COP 22.

D'accord ? Maintenant, les gens... il faut faire de la politique sérieusement.

Nous tous, quelque soit notre étiquette, quelque soient nos habitudes de penser, nous sommes tous impliqués par le changement climatique. On ne doit pas oser présenter un programme qui ne parte pas de ce constat initial. Et nous, les Français, spécialement.

Pourquoi nous ? Parce que nous sommes une grande nation, riche et puissante. Parce que nous avons, dans nos rangs, les milliers d'hommes, de femmes de tous âges, qui savent faire.

J'ai connu des amis et des camarades qui dirigeaient des gouvernements et qui voulaient faire des grands changements. Mais quoi qu'ils décident, ils avaient un problème énorme : il n'y avait personne pour le faire. C'est-à-dire qu'il n'y avait pas la qualification, les compétences professionnelles, le savoir qui permet de tourner, et nous, nous avons tout ça.

Donc, nous devons marcher devant pour ce qui est du changement de nos manières de produire, d'échanger et de consommer. Pour nous mettre à la hauteur de la tâche. Le changement climatique est commencé.

L'humanité toute entière est mise au pied du mur de savoir ce qu'elle va faire face à ce qui s'annonce, à ce qui est déjà commencé, à ce qui est en cours. Ben, ça commence mal, figurez-vous, quand le maître du monde, peu me chaut qu'il soit de droite, de gauche ou de ce que vous voulez, mais qu'il dise : "Je ne crois pas au changement climatique." Je le cite, là, hein. "Je ne crois pas au changement climatique.

On a appelé ça le réchauffement de la planète." Je ne sais pas qui lui a dit ça. Le changement climatique, maintenant ils appellent ça une météo extrême, c'est nouveau.

Et voici ce qu'il dit : "C'est juste la météo. Ça a toujours été comme ça, le temps change. Il y a des tempêtes, de la pluie et des belles journées." (Rires) "Mais", dit Trump, "je ne pense pas qu'on doive mettre les gens de notre pays en danger." Voilà.

Donc cet homme dirige la première puissance du monde, et il pense que le changement climatique, c'est une invention. Voilà qui est très dangereux. Et comme il le pense, ben il prend les mesures qui vont avec.

Et notamment celle-ci : "La réglementation qui oblige des centaines de centrales à charbon à fermer, et qui bloque la construction de nouvelles, est stupide." "On va tout enlever." Tout enlever, mes chers amis.

Les Etats-Unis d'Amérique et la Chine sont les deux premiers pollueurs du monde. La Chine est en train de... d'appliquer un plan - puisque chez eux, ils planifient - et cette année, ils ont un meilleur résultat que l'année précédente.

Même si ce n'est pas extraordinaire, c'est un début. J'ai lu que même M. Jadot le disait.

Alors... je peux donc parler des Chinois sans être aussitôt suspecté d'être un membre actif du bureau politique du Parti Communiste de ce pays comme on me l'a fait dans le passé.

Donc... si les Etats-Unis, qui déjà, ne faisaient rien, décident de faire moins que rien, c'est-à-dire de ré-ouvrir les centrales à charbon, alors ils vont aggraver le situation.

La situation est la suivante : nous avons signé un accord à Paris, la COP 21. Moi, je fais comme tout le monde, je dis : "Bravo, c'est très bien, tout le monde a signé." Mais comme un certain nombre d'entre vous, il se trouve que j'ai lu ce qu'il y avait dedans.

Et dans ce qu'il y a dedans, on se donne pour objectif que l'on augmente pas plus de deux degrés la température. On dit : un et demi, ça serait mieux. Forcément, parce que si on ne mettait pas un et demi, tous ceux qui habitent les îles n'auraient pas signé, vu qu'ils vont être noyés.

Mais, ça c'est l'engagement que tout le monde a signé, à peu près. Pas les Etats-Unis d'Amérique. Ils ont signé, mais ça n'est pas ratifié.

Ils ont d'ailleurs signé dans des conditions telles qu'il n'y ait pas besoin de ratifier. Donc là où il y avait des verbes à l'impératif, ils les ont mis au conditionnel. Mais dans cette COP 21, les engagements de chaque Etat, ce que chaque Etat a promis de faire, quand vous mettez bout à bout, c'est 3 degrés. 3 degrés et demi. 3,5 degrés, c'est la catastrophe assurée.

Je ne suis pas venu pour vous faire peur, mais juste pour qu'on regarde en face au moins un soir le problème qui se pose à nous et pourquoi il faut changer tous nos programmes politiques. Pour partir de là, et croyez-moi que si on part de là, alors on va au bon endroit. Pas seulement parce qu'on est utiles à l'intérêt général humain, parce qu'on est utiles à notre pays, pour relever les principaux défis qu'il doit relever, mais parce qu'on l'est au genre humain, dont nous sommes membres.

Cette COP 21 prévoit que pour tenir l'objectif, il faut qu'il y ait une quantité de carbone, x, que l'on a le droit d'émettre. D'accord ? Là, on vient de faire le point. 80% de ce à quoi on avait droit d'ici à 2030, on l'a déjà émis.

OK ? Maintenant, on est dans la situation du changement climatique et si on se laisse aller à des "trumperies" (sic), on va au désastre. Alors, on va dire : "Ah oui, tu t'en prends à l'Américain, et ben, je vous garantis que les nôtres, ils ne valent pas plus chers.

Il y a des gens qui en doutent, ici, à propos ? On est bien en Savoie, j'ai un papier pour ça. 2016 devrait être l'année la plus chaude jamais enregistrée depuis les premiers relevés.

Bon. Record historique du CO2 dans l'atmosphère. 2015 : le taux de CO2, principal gaz à effet de serre a définitivement franchi le seuil de 400 ppm dans l'atmosphère.

La Savoie : Alpes et crise écologique. 58 jours de pollution aux particules fines en 2013. L'air de notre vallée est mortel : Dr Frédéric Champly.

Vallée de l'Arve. Depuis 30 ans, les taux d'enneigement dans les Alpes ont diminué de 30% en moyenne. Cette diminution, causée par le réchauffement climatique, s'exprime en durée, mais aussi en épaisseur : la hauteur de neige moyenne est notamment passée de 1m20 à 50cm.

Dans 100 stations de sports d'hiver des Alpes sans neige d'ici 20 ans, les domaines skiables établis sous les 1800m d'altitude n'existeront plus dans 10 à 20 ans. Ça, c'est la réalité. Je vous ai donné la réponse de Trump.

Et maintenant, voilà les autres. C'est-à-dire les simili-Trump... français.

Sarkozy : "L'écologie, ça commence à bien faire." 7 mars 2010. Et ça, ça se prétend être puissant. "Il faut être arrogant comme l'homme pour penser que c'est nous qui avons changé le climat." Mais si, M.

Sarkozy. Le climat est un système métastable, c'est-à-dire à la limite de l'équilibre, qu'un rien peut déséquilibrer. Par conséquent, même s'il est vrai qu'il y a eu des variations climatiques extrêmement importantes au fil de l'Histoire, il n'empêche que ce que la part de l'homme rajoute par les émissions de gaz carbonique et l'effet de réchauffement est déterminant.

Donc ça n'est pas du tout être immodeste ou arrogant que de le constater, c'est juste être sachant. M. Juppé : "En ce qui concerne l'exploitation des gaz de schiste", alors là, il n'y a pas au-dessus, hein.

Il n'y a pas au-dessus. Si, il y a le charbon allemand, la lignite... le lignite, hein.

Alors, eux, ils rasent des villages entiers et ils extraient du lignite à ciel ouvert. Mais ne me regardez pas comme ça, hein, je ne suis pas germanophobe, je vous dis juste ce qui est. Je vous dis qu'il y a 400 personnes par an qui sont repérées comme étant mortes à cause de ces particules de charbon dans ce pays-ci.

Ça, c'est aussi un fait. Et alors, puisque c'est le sujet, je viens du barrage, je vais vous en parler dans un instant. Vous le savez que j'étais au barrage tout à l'heure.

Lui, il est pour privatiser EDF. "L'Etat n'a pas vocation à diriger des entreprises." Il y a des ballots ici qui comptaient aller voter Juppé ?

Il parait que c'est un modéré. Moi, je n'ai pas encore compris en quoi il était modéré, mais là, je vais vous dire, sur l'écologie, il n'est pas du tout modéré, il est carrément de l'autre côté. Dans le cas spécifique d'EDF, il détient 85% du capital.

Et ben il pense qu'il faut réduire ça, parce que entre 85 et 51, il y a une marge. Oui, oui, entre 51 et 0, il y en a une autre. On connait.

Vous commencez par un bout et vous finissez. Pendant que je suis à la droite, Macron : (Rires) "Le diesel..." (Applaudissements) "Le diesel reste au cœur de la politique industrielle française." Bon appétit, les gens ! "Et du projet industriel français de la mobilité environnementale." Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire la "mobilité environnementale", mais on entend "environnement".

Et comme on entend "environnement", peut-être qu'on ne se rend pas compte qu'au passage, on a absorbé les particules fines. Dont on meurt, beaucoup dans notre pays, beaucoup. J'ai voulu vous lire ça après avoir commencé d'une manière un peu dramatique, pour vous faire mesurer le véritable écart qui existe entre ceux qui dirigent, ceux qui veulent diriger et les plus grands problèmes qui nous sautent à la figure.

J'ai commencé par le plus grand de tous. Celui qui nous rattache à tous les autres êtres humains. Et donc la nécessité d'avoir une pensée politique qui part de l'humanisme et qui se pose la question de savoir comment il peut régler ce grand problème posé à tous les êtres humains.

Et je sais pourquoi ils ne veulent pas en parler. Pourquoi ils ne veulent pas l'affronter. Parce que le capitalisme de notre époque est incapable d'y faire face.

Il y est profondément hostile. Je vous l'explique en quelques mots. Dès lors qu'il organise le grand déménagement permanent du monde, il le fait par la multiplicité des acteurs qui interviennent sans aucune règle commune, chacun va à moins cher.

C'est la première raison. La seconde, c'est que pour changer la manière de produire, la manière d'échanger, la manière de consommer, il faudrait, d'une part, consacrer des sommes considérables qui ne seraient plus dans les profits mais seraient dans l'investissement. Et ça, le capitalisme financier de notre époque l'interdit.

Pour pouvoir servir des rendements supérieurs à 10%, à 11%, à 15% ! Alors qu’autrefois, on faisait du 3 ou du 4% de profits dans l'industrie. Pour ça, il ne peut pas consacrer les sommes à changer les machines, changer les process de production, changer les matériaux, payer de la recherche fondamentale qui, pendant des années, ne produit pas directement les résultats que l'on obtient de la recherche appliquée, etc., etc.

C'est une incompatibilité qui ne doit rien au complot ni à la méchanceté de ceux qui sont dedans, c'est une affaire de système. C'est le système lui-même qui produit ça et qui fait que chacun de ses acteurs ne peut pas faire autrement que comme ça, on vous le dit assez, non ? "Puisque c'est moins cher là-bas, je ne peux pas faire autrement." Et ainsi de suite.

Voilà la grande contradiction. Voilà pourquoi on ne peut pas en parler. Parce que ça remettrait en cause le fait qu'il y a deux manières de répondre aux situations.

Soit maintenir la compétition de chacun contre tous en pensant que c'est ça qui fait avancer la société, soit partir de l'inverse, c'est-à-dire de la coopération entre tous. Mais nous, qui sommes pour la coopération entre tous, nous n'avons jamais dit que nous ne voulions pas de compétition. Nous l'acceptons, à la condition qu'elle ne mette pas en cause la solidarité et la coopération.

Et de la même manière, j'estime qu'il doit y avoir aussi des gens de droite qui réfléchissent comme nous. Ils votent à droite. Bon, hé, ce n'est pas la guerre civile dans ce pays, quand même.

Il y a des opinions contraires. Mais comme nous, leurs enfants respirent les particules fines. Comme nous, quand ça ne va pas fort, et bien, on mange moins bien.

Et quand on mange moins bien, on est malade. Il y a une épidémie d'obésité dans notre pays, il y a une épidémie de diabète dont ces pauvres gens ne sont pas responsables, quoiqu'on les montre du doigt, souvent, ou qu'on les moque. Par conséquent, je pense que ce moment et cette prise de conscience pour quelqu'un qui vient comme moi de cette tradition là, de l'émancipation, de l'égalité, c'est un moment particulièrement favorable.

Parce que nous sommes obligés de réfléchir. Nous sommes obligés de chercher des solutions et de ne pas nous en tenir aux routines. On a toujours fait comme ça, on fera toujours comme ça.

Et si on continue à faire comme ça, on sera tous morts. Après avoir dévasté la planète. Voilà pourquoi c'est important après de regarder ce que chacun fait et met sur la table.

Alors aujourd'hui, moi...

Ah oui, j'ai oublié de vous dire ça. Je vous ai lu les citations de droite, et là, il est marqué : "Il faut leur dire que Le Pen n'a pas voté la COP 21." Si vous êtes d'extrême droite, vous avez intérêt à avoir des gros poumons. (Rires) Bon, est-ce qu'on y peut quelque chose ?

Ben, bien sûr qu'on y peut. On peut plein de choses. Notamment en matière de production d'énergie.

Parce que c'est par là que se font une énorme quantité de pollutions : les énergies carbonées, tout ce qu'on tire des ressources fossiles. Ma thèse est qu'on peut s'en passer. Ce n'est pas que la mienne, hein.

Vous connaissez peut-être ma position, parce que c'est celle qui s'appliquera si c'est moi qui suis élu. Je suis partisan de la sortie du nucléaire. Pourtant, on me dit : "Mais c'est une énergie propre." (Applaudissements) Je n'ai pas l'intention... (Applaudissements) Je n'ai pas l'intention de montrer du doigt les gens qui ont mis en place l'énergie nucléaire, parce qu'ils pensaient bien faire et qu'ils ont agi dans des conditions que je juge assez remarquables, puisqu'en 50 ans, on n'a pas eu de catastrophes.

Mais vous le savez comme moi. Maintenant, nous savons que c'est dangereux. Que c'est très dangereux.

Il y a 58 réacteurs dans notre pays. Je ne vais pas recommencer à vous faire peur à tous, hein. Mais comme je sais où ils sont, moi, j'ai peur.

Et je n'attends pas qu'il y ait un incident pour prendre des décisions. Parce que pour sortir du nucléaire, mes amis, il y en a pour 20 ans. Plus vous retardez la décision, plus vous augmentez la durée des risques.

Par conséquent, il faut décider maintenant, et se mettre en mouvement, s'organiser. Il ne faut pas croire que sortir du nucléaire, c'est : on rentre dans une pièce, on appuie sur un bouton, ça y est c'est fini. Non.

C'est long. Et il faut remplacer l'énergie que le nucléaire donnait par des énergies renouvelables. Nous pouvons planifier, m'entendez-vous.

Planifier. Planifier, ça veut dire organiser. Je ne sais pas pourquoi, les gens, maintenant, ils se font peur avec un mot.

Je le sais pourquoi, c'est justement pour ça que j'ai utilisé le mot. Planifier pour obliger à réfléchir... (coupure vidéo) ... qu'ils gesticulent d'une réunion à l'autre en lisant des papiers où, visiblement, ils ne savent pas ce qu'il y a dedans.

C'est ça la vérité. C'est exaspérant. Lancer l'économie de la mer, ça donne 300.000 emplois.

Ce n'est pas moi qui l'ai inventé dans un bureau avec ma bande de copains, c'est ce que disent les professionnels de la mer. "Voilà ce qu'on arrive à faire, si on développe les différents secteurs : construction, déconstruction navales..." "Mais, nous on habite dans la montagne, ça nous regarde pas." S'il vous plait, pardon.

Bien sûr que ça vous regarde, c'est toute l'économie qui sera remise en mouvement. Voilà la clé de mon plan économique. C'est de relancer la machine d'une manière écologiquement responsable.

Par l'économie de la mer, et ses 300.000 emplois, et l'argent qu'on va investir et les autres boulots qui viennent derrière. Tiens, par exemple, l'économie de la mer, c'est une affaire pour les coiffeurs.

Ça n'a pas de rapport ? Ben si, ça en a un. Si vous avez des gens qui vont au travail, ils ont une paie.

S'ils ont une paie, et ben ils peuvent aller chez le coiffeur. La première chose qu'ils suppriment quand il n'y a plus de paie ou quand il y a une mauvaise paie, c'est le coiffeur. Je prends cet exemple, je pourrais vous en dire 10 comme ça, pour vous montrer comment les choses se tiennent l'une à l'autre.

Il faut tout changer. Pour installer une éolienne en mer, une pale, ça fait 70m de long. Il faut donc équiper autrement les ports, du travail pour mettre les ports en route. ensuite, il faut mettre les navires de service pour emmener les pales en mer, les installer, et une fois qu'elles sont installées, aller les surveiller.

Et ainsi de suite. C'est donc une masse considérable de travail, et de travail hautement qualifié. Il faut donc que les gens, les jeunes, on les trouve, on leur propose ces métiers là.

Donc qu'on arrête de tout désorganiser dans l'enseignement professionnel. Comment admettre que continuent à fermer des lycées d'enseignement professionnel du service public ? Avec des gens qui font des gargarismes du matin au soir avec l'apprentissage.

Combien, parmi ceux qui recommandent ça, ont un gosse en apprentissage ? Est-ce qu'ils ne savent pas pourquoi on y allait ? Bien sûr qu'il y a des métiers où il en faut de l'apprentissage, mais ce n'est pas avec l'apprentissage qu'on va régler les problèmes de formation qui nous sont posés.

Ils veulent en mettre 500.000, en apprentissage. Nigauds !

Depuis qu'ils ont décidé d'en mettre 500.000, depuis qu'ils donnent des prix pour qu'on aille en apprentissage, il y a moins de gens en apprentissage. Il se passe quelque chose, vous ne croyez pas ?

Ben, les gens ne sont pas fous. Ils voient bien que... 25% des contrats d'apprentissage sont rompus dans les 3 premiers mois.

Pas vu, pas pris. Le môme, il est en apprentissage, il est parti, il n'est plus nulle part. Donc il n'est plus dans aucune statistique, et tout le monde est content.

Moi, voilà comment je vois les choses, comment on peut organiser, et donc pour ça, planifier. De ceux qui apprennent à faire, ensuite faire, et ensuite, partir de l'exigence écologique. Si vous vous occupez de la mer, vous êtes obligés de vous occuper de la terre.

Parce que si vous vous occupez de la mer, vous vous apercevez que les coquillages, que les algues, que toutes les choses que vous y installez ne peuvent pas tenir le coup si vous continuez à faire l'agriculture de brutes que vous êtes en train de faire et qui est en train de tout détruire : la terre, l'air et ceux qui travaillent la terre. Ça, c'est la vérité dans le pays, record d'Europe de consommation des pesticides. Et ce que je raconte, je ne l'invente pas.

Il y a déjà un territoire grand comme la France entière dans le Golfe du Mexique où il n'y a plus trace d'organisme vivant. Vous m'entendez ? Il n'y a plus rien.

Rien de rien. Du sable au fond de la mer, et encore, il n'y en aura pas si longtemps que ça parce qu'à force de prendre du sable pour faire du béton, il n'y aura plus de plages d'ici à 50 ans. Alors, ça vous a... ce soir, vraiment, il n'y a plus ni plages, ni air, ni...

Mélenchon, c'est terrifiant comme meeting, hein. Mais bon, c'est un défi, c'est ça qui est intéressant. C'est un défi donc on va le régler par de la technique, par de l'invention, par de la solidarité.

Vous êtes obligés de vous occuper de l'agriculture, je viens de vous le dire, donc vous voulez une agriculture bio, hein ? Et ben oui, c'est l'agriculture paysanne, comme on dit. Ben, il faut les payer.

Vous êtes d'accord ? Et ben oui, il faut les payer. Ça prend plus de temps.

Donc si vous voulez les payer correctement, il vous faut une meilleure paie. Par conséquent, si le SMIC augmente, c'est écologique. (Applaudissements) Mais bien sûr ! (Applaudissements) Ou alors... ou alors, le bon manger, c'est seulement pour ceux qui ont des sous ?

Et vos gosses, qui c'est qui est d'accord pour lui faire boire du lait plein d'antibiotiques ? Qui sort de la ferme des mille vaches ? Et ben oui.

Tout est comme ça. Si vous voulez que ça aille mieux, il faut que tout le monde aille mieux. Et pour que tout le monde aille mieux, il faut partager.

Il faut répartir la richesse autrement. Je veux bien qu'on me traite de bolchévik pour ça, de rouge, d'exagéré, et tout ce qu'on veut, mais est-ce que quelqu'un est capable de me montrer comment on peut faire autrement, pour atteindre le même résultat ? Non.

Non. Et ceux qui, pendant 10 ans, 20 ans, 30 ans nous ont bourré la tête avec leur flexibilité, leur compétitivité, leur mondialisation qui semblait tomber du ciel, à quel résultat sont-ils arrivés ? Où ça va mieux pour nous ?

Dans quel domaine ? Ce n'est pas vrai. Ah ben, je vous ai parlé de l'agriculture, je termine juste là-dessus : il me faut 400.000 personnes pour faire l'agriculture paysanne dont je vous parle.

Mes amis qui ont préparé le programme agricole, ils étaient tout contents, ils ont tout prévu, je vous garantis qu'il ne manque pas un bouton de guêtre. Evidemment, la FNSEA va être très fâchée. Et ben, qu'est-ce que vous voulez, c'est comme ça, hein.

Si c'est eux qui gagnent, ils continueront à tout pourrir. Si c'est nous, ben... on changera la manière de faire.

Sauf que je ne fais pas le fier, parce que 400.000 personnes pour faire de l'agriculture paysanne, mes amis, il faut les trouver. Il y en a déjà 200.000 qui bossent, il va falloir qu'ils changent leur manière de bosser.

Mais quand même qu'il y ait 100.000 jeunes qui attendent pour pouvoir être paysans eux-mêmes, il faut encore que j'en trouve 100.000, ou 150.000.

Et ceux-là, je ne vais pas aller leur dire : "Ah, j'ai une idée formidable pour toi ! Toute ta vie au cul des vaches. Pas de vacances, pas de loisirs, une paie de misère.

Ça te va ?" C'est ça, paysan, en France. Il s'en suicide un tous les deux jours.

Dans une indifférence totale, on en parle jamais. Une misère, une détresse, une solitude totale. Des gens qui, au départ, se disaient : "Je vais faire des animaux, je vais faire des céréales", ou que sais-je encore, ils se retrouvent à faire des paperasses pour avoir droit à ceci, droit à cela.

Bon, il faut qu'on en trouve 100.000 ou 200.000.

Pareil, on va donc changer la condition paysanne. Il va falloir surtout changer l'éducation en amont, c'est-à-dire que ceux qui vont au lyc...

Il y a plein de jeunes, hein, qui veulent y aller à la terre. Et dans... dans les fermes bio que j'ai visitées, ceux qui me racontent que c'est l'âge de la pierre, ils feraient bien d'y aller, hein.

Parce que c'est tout bac+1, bac+2, bac+5. Je suis allé dans une, dont je n'arrive jamais à me rappeler le nom, ils avaient là 70 vaches, ils vivaient à 10 dessus. Avec des paies, bon, moyennes, mais... tu te payes bien, quoi, pour vivre, hein.

Ils vendaient en circuit court. Vendre en circuit court. Relocaliser.

Je ne dis pas qu'on peut le faire tout le temps, mais on ne doit pas avoir comme objectif qu'on ne le fera jamais, et que la seule manière de produire qui vaut la peine, c'est celle qui permet de faire de l'exportation. Non. Le circuit court est rentable.

Ceux qui arrivent à installer des circuits courts paysans en vivent. Et il n'y a pas que dans la paysannerie que c'est comme ça. Il faut arrêter le grand déménagement du monde, dont je vous ai parlé tout à l'heure, qui est la cause numéro un du changement climatique et du reste des autres catastrophes écologiques.

Ça, ça va m'amener à Ecopla. Parce qu'après tout, c'est un exemple, non ? C'est un exemple de deux choses : d'abord, du fait qu'il y a un problème avec les tribunaux de commerce.

Je le laisse pour ce soir, j'ai assez d'ennemis pour aujourd'hui. Mais, regardez, c'est toujours la même logique : une entreprise est là. Vous avez des gens dedans et qui est-ce qui fait la fortune de l'entreprise ?

Apparemment, ce n'est pas le capital, c'est bien les gens qui sont là-dedans qui savent le faire. Bref, vous connaissez l'histoire mieux que moi, puisque vous êtes du coin. Primo, six fonds de pension, un derrière l'autre, achètent cette entreprise.

D'où elle sort, cette entreprise ? Ceux qui ont mon âge, là, vous vous en rappelez. Pechiney !

Pechiney, c'était le grand groupe aluminium français. Privatisé, cœur de métier, blabla, découpé en tranches, en petits morceaux, et à la fin, il ne reste plus rien. Il reste Ecopla.

Ecopla, c'est une lointaine subdivision de la grande entreprise intégrée qu'était Pechiney. Et maintenant, voilà que un derrière l'autre, alors forcément, les types, ils viennent là placer de l'argent, pourquoi ? Ben, parce que cette petite entreprise produit 70% ou 60% des emballages aluminium qui sont utilisés dans notre pays.

Les clients sont contents. Le fonds de pension fout le camp. Deux leçons à apprendre.

Premièrement, on se rappelle que c'est les gens qui font la fortune de l'entreprise, deuxièmement, que le capital ne peut pas avoir tous les droits, et là, il a un droit incroyable. Il rentre, il sort, il fait ce qu'il veut. Non, moi, je ne suis pas d'accord.

Je ne suis pas d'accord. Donc, comme je ne vous propose pas de nationaliser toutes les entreprises, comme on me l'accuse souvent. Heu, pff... si c'était possible, moi, je n'y verrais pas d'inconvénient, mais comme ça a l'air compliqué à faire d'un seul coup, je ne m'y prends pas par ce bout là, et en plus, vous trouveriez toujours des raisons d'avoir peur et moi, je m'épuiserais à essayer de vous convaincre.

Bon. Ben dans quoi je suis parti, là ? C'est parce que dans ma tête, il y a, vous savez que la seule solution qui reste maintenant pour rattraper tout ça, c'est de nationaliser ce machin microscopique.

Parce que comme la justice est passée là-dessus, on ne peut plus rien faire. La... la leçon numéro deux, je disais, c'est les droits du capital.

Je suis pour qu'il y ait un droit différent de vote, pour le capital, suivant la durée de l'investissement. C'est-à-dire, si vous refusez de signer le papier qui dit : "Je m'engage à maintenir mon investissement pour 4 ans, 5 ans ou 6 ans", et ben vous avez zéro droit de vote. Parce qu'il n'y a aucune raison que vous ayez le pouvoir de décider dans une entreprise que vous vous apprêtez à quitter.

Et ça, tout le monde peut le comprendre. Ne me dites pas que c'est du communisme. Parce que j'ai connu pire que ça.

Au Brésil, ils mettaient un dépôt de garantie, c'est-à-dire ils investissaient, mettons 100, et ils mettaient un dépôt de garantie, disons 10. Et si ils ne tenaient pas la durée de l'investissement, pfuit, 10, ils les perdaient. Ça restait pour l'Etat.

Donc vous voyez qu'il y a des mesures très dures qui ont été appliquées dans le monde pour contrôler la circulation des capitaux. Et notamment des capitaux investis dans l'activité productive, c'est celle-là qui nous intéresse. Deuxième conclusion : puisque c'est les gens - et vous aviez l'air d'être d'accord - qui font la richesse d'une entreprise, quand ils veulent, lorsque le patron s'en va, quand ils ont le bonheur de savoir qui c'est, et bien, s'ils veulent, eux, reprendre l'entreprise, ils doivent avoir un droit de préemption.

C'est-à-dire que le premier qu'on écoute, dont on regarde le projet et à qui on donne l'entreprise, ce sont les salariés constitués en coopérative. Et ça, on peut le faire dans des tas d'activités. Là, c'est ce qu'ils se proposaient de faire, comme vous le savez.

Mais vous avez vu, au cours des 2 ou 3 dernières années, comment, dans le mouvement ouvrier, je dis bien le mouvement ouvrier, parmi les ouvriers, les salariés, cette idée de l'utiliser, la coopérative, comme un moyen de maintenir un instrument de production, parce que seuls les salariés, les ouvriers savent le faire tourner, et ils savent qu'ils en tirent un rendement, qui, certes, est insuffisant pour un fonds de placement ou pour un capitaliste qui veut faire du 10 ou du 15, mais eux, ils se contentent du 2 ou du 3 et d'avoir leur boulot. Et bien, il faut que ceux-là aient la priorité. C'était ce qui était prévu.

Pourtant, je l'ai marqué sur mon papier : "On ne parle pas du PS." Je suis obligé, c'est eux qui gouvernent. Alors, il était prévu qu'il y aurait ce droit de préemption inscrit dans la loi.

M. Hamon se vante de l'y avoir mis. Hé, pas de bol, non.

Juste : "Les travailleurs ont le droit de présenter leur projet." Ben, ils sont contents avec un droit pareil. Et quand un entrepreneur vend l'entreprise, et bien, il y avait obligation - c'était ça qu'on avait dit - si ils vendent l'entreprise, il y a obligation qu'ils cherchent que... qu'ils le donnent à un repreneur.

Non. Maintenant, la loi a été arrangée à la sauce - comme toujours, hein, on fait les choses à moitié, et quand on les fait à moitié, ben, on ne les fait pas du tout - ils ont fait les choses à moitié. On me dit : "Ah, non, obliger à retrouver un repreneur, non.

A rechercher." Voilà. Ça veut dire rien, quoi.

Le droit de préemption, ils ont le droit de présenter leur plan. Ça veut dire rien. Voilà.

Donc, ça, c'est deux sujets sur lesquels il faudra qu'on intervienne très rapidement, parce qu'avec ça, on tient en respect un tas de monde. Parce que des entreprises très profitables en France qui ferment, il y en a. Parce qu'elle ne produisent pas assez pour le repreneur.

J'ai connu Kem One, peut-être que ça vous dit quelque chose ici, ils fabriquent... c'étaient les seuls qui fabriquaient du PVC dans le pays.

Alors, c'était encore une subdivision de l'ancienne grande chimie en France. Et puis, de fil en aiguille, la boite tournait, hein, forcément, ils étaient seuls, mais elle ne faisait que ; que du 10%, et donc le fonds de placement, lui ce qu'il voulait, c'était 15%. Parce que le fonds de placement, ce n'est pas qu'il est cruel, c'est qu'il a promis à des gens de leur payer des retraites avec ce qu'il va ramasser comme argent.

Donc, il faut bien qu'il fasse son boulot, c'est-à-dire vous presser au sang pour... pour verser aux autres.

C'est comme ça... c'est pour ça que l'Allemagne marche comme ça.

Parce qu'ils ont des retraites par capitalisation. Donc ils ont besoin qu'il y ait beaucoup de dividendes, donc des salaires bas, et deuxièmement, un Euro très fort pour qu'ils achètent à bas prix tout ce qui vient du reste du monde. Il ne faut pas chercher plus loin, hein.

C'est pour ça qu'ils sont comme ça et c'est ça qu'ils imposent à tout le reste de l'Europe. Bref, donc ce Kem One, et ben, la boite a été fermée, liquidée parce qu'elle ne faisait pas 18, et à chaque fois, qu'est-ce qui se passe ? Vous avez un vautour qui arrive.

Il achète les murs, il regarde la trésorerie, comme à Ecopla, il regarde ce qu'il y a dedans, tchouf, il le prend pour rembourser l'emprunt qu'il a fait pour acheter l'entreprise en question, il fout tout le monde dehors, ça, c'est vous qui payez et puis lui, il vend le terrain, les murs, les machines en pièces détachées. Aux uns, aux autres, d'un côté, de l'autre. Et voilà comment, comme un véritable vautour, une entreprise est tuée, détruite, les gens foutus dehors, les risques écologiques, c'est pour vous.

Et voilà comment tout ça fonctionne dans un même système, dans un même registre qui aboutit à ces résultats là. Donc il faut que les travailleurs puissent reprendre leurs entreprises. Je ne sais pas si je vous ai convaincus.

J'espère bien. Mais moi, je pense que si on fait comme ça, on va donner un poids supplémentaire à l'économie sociale et solidaire dans notre pays. Et ça va nous servir à autre chose, c'est quand on va voter, les amis, les patrons, pas vous.

Parce que dans ce pays, le MEDEF a une trop grosse bouche, et son organe principal, la glande lacrymale, pour pleurer et mendier de l'argent public en diminutions d'impôts, en contributions de cela, en subventions de ceci, ces gens là nous coûtent beaucoup trop cher. D'une façon générale, les patrons du CAC40 coûtent beaucoup trop cher. Et puisqu'ils arrivent à trouver des ouvriers à moins cher, nous, on est capable de trouver des patrons à moins cher. (Applaudissements) C'est une blague du syndicat des métallos allemands.

Parce que vous avez vu que cette année, ils sont record d'Europe dans l'art de s'être goinfrés. Nous avons les patrons qui sont les mieux payés, et cette année, ils se sont augmentés à peine de 20%, quand même. Eh, attendez, compte tenu des efforts.

Et c'est comme ça sans arrêt. Alors, record d'Europe des dividendes versées. Et vous apprenez ça l'année où vous apprenez qu'on leur a filé 20 milliards de crédits d'impôts.

Où ils sont passés les 20 milliards ? C'est où, les emplois ? C'est où, les machines nouvelles ?

Où elles sont ? Où c'est ? Montrez-les nous, qu'on y aille.

On ira même avec Hollande sous le bras pour inaugurer. (Rires) Montrez-nous ! Pillards, bons à rien, parasites !

Tout cet argent a été perdu. Perdu. Pas pour tout le monde, mais perdu.

Et pendant que eux s'enrichissaient comme ça : "Ah, vous êtes trop simpliste, M. Mélenchon." Ah non, c'est vous qui êtes simplistes.

Je connais même quelqu'un qui m'a dit une fois : "Mais moi, ça ne me dérange pas qu'il y ait des riches. Ce qui m'embête, c'est qu'il y ait des pauvres." Vous ne voyez pas le rapport entre les deux ?

Vous ne voyez pas le rapport ? Vous n'allez quand même pas me dire que c'est les riches qui prennent l'argent des pauvres ? Ben, si.

Hé hé, à qui voulez-vous qu'ils le prennent ? C'est parce que vous avez tout déréglementé que vous avez amené ces gens à travailler pour des... pour des paies aussi misérables qui ne permettent pas de faire vivre la famille, c'est parce que vous avez tout déréglementé que tout se casse la figure, et que des gens qui vivaient chichement vivent dans la rue, et que ceux qui vivaient moyennement vivent chichement.

C'est vous qui êtes responsables de ça. Personne d'autre. Arrêtez de culpabiliser les gens.

De leur dire qu'ils ne travaillent pas assez, que sais-je, je ne sais pas encore, tout ce qu'ils ont bien pu dire, d'ailleurs, vous les écoutez, j'espère. Ils ont fait des primaires. Alors ça, c'est intéressant. (Rires) Pour une fois, je suis resté devant la télé, d'habitude, je ne la regarde pas.

D'abord, il y a une chose dont ils ne parlent pas. On est tranquilles. C'est d'écologie.

Ça ne les concernent pas, ils ne sont pas des êtres humains comme les autres, eux ils respirent très bien le fioul... (Rires) le charbon, ça leur va.

Heu, le manger dégoûtant aussi. D'ailleurs, ils n'en mangent pas, ils mangent autre chose. Et caetera.

Moi, je vous ai dit tout à l'heure, je suis pour relocaliser. Pour relocaliser autant qu'on peut, il faut utiliser un mot dont il ne faut pas avoir peur : c'est le protectionnisme. Et je parle de protectionnisme solidaire.

Alors, il y a M. Lenglet qui m'a dit : "Pfou, vous mettez deux mots côte à [côte, ça] ne veut rien dire. Ben si, ça veut dire.

Ça veut dire qu'on protège et on négocie. Comprenez bien ça : la différence entre protéger et négocier d'un côté, ou bien dire : "Il y a une règle, c'est le libre-échange." Le libre-échange, c'est ce que je vous ai raconté tout à l'heure.

L'Union Européenne actuelle, elle prévoit le libre-échange. Non seulement pour elle-même, mais avec le reste du monde. Et non seulement elle et le reste du monde, mais dans le reste du monde, elle veut qu'il y ait le libre-échange.

Et c'est ce libre-échange qui permet aux uns d'inonder les autres de productions, et ces autres productions détruisent les productions locales. C'est le cas notamment dans toute l'Afrique. Avec les accords de partenariats économiques où on dit : "Vous avez le droit d'amener chez nous tout ce que vous voulez, et nous, on a le droit d'amener chez vous tout ce qu'on veut." C'est ce qui a été traité de "sinistre plaisanterie" par le Président de l'Afrique du Sud, et même le Président libéral du Sénégal a dit : "J'espère que vous n'y croyez pas." Ben, si, ils y croient et ils le font.

Donc tous ces Etats perdent leurs ressources de droits de douane, et surtout, ça démantèle tout ce qu'il y a derrière. Vous, vous ne le voyez pas. On me dit : "Mais, M.

Mélenchon, mais pourquoi est-ce que vous n'êtes pas content ? Regardez tel pays, il produit maintenant du riz qui se vend en dollars dans le monde." Ouais, ouais, d'accord, il produit du riz qui se vend en dollars dans le monde.

D'ailleurs, ça tombe bien, ils ne mangent pas le riz, donc ils peuvent le vendre aux autres, hein. Ils mangent autre chose. Mais ce que vous ne voyez pas, c'est que tout ça, ça apparaît pour la première fois, parce que c'est à l'export et c'est en dollars et c'est pour le reste du monde, mais là où il y a du riz aujourd'hui - je dis du riz, je pourrais dire autre chose, hein - il y avait avant des agricultures vivrières qui, elles, n'apparaissaient pas en dollars, mais dans la monnaie locale, et des fois dans des trocs.

C'étaient les productions pour vivre. Pour le petit marché du coin, et vous aviez des familles de paysans qui vivaient comme ça, et qui, du jour au lendemain, ne peuvent plus en vivre, donc ils vont en ville, et en ville, il n'y a pas de travail, donc de la ville, on part, et on se déplace. Et on émigre.

Et on a le bonheur de faire de la navigation en Méditerranée. Après avoir consulté le Code du travail de chaque pays pour savoir dans quel endroit c'est le plus favorable. Enfin, je vous dis ça, si c'est que je les écoute eux.

Nous, on sait ce que c'est. Nous, on sait ce que c'est : c'est des milliers de pauvres gens. Obligés de partir.

Obligés, parce que si c'était vous, vous le feriez. Vous ne resteriez pas là, à vous regarder mourir et mourir vos enfants. Vous le feriez.

Je ne vous parle même pas des guerres. Je vous parle de ça, de la vie de tous les jours, du mécanisme du libre-échange qui broie, détruit tout autour de lui. Et puis là-dessus arrive la sécheresse.

Le changement climatique. L'ONU a prévu 250 millions de réfugiés. Tant que vous ne les aurez pas aux portes, vous ne comprendrez pas qu'il faut arrêter ?

Et quand ils arrivent, que vous ne pouvez pas simplement dire : "Je vais les refoutre à la mer." Parce que ce n'est pas... ce n'est pas jouable, ce n'est pas possible, donc il faut bien intervenir sur la cause de départ.

Bien sûr qu'il y a un problème, quand des foules pareilles se déplacent. Et si je le dis moi, ça ne fait pas de moi un xénophobe. J'ai vu qu'on me reprochait ça.

Mais c'est absurde. Depuis l'origine du mouvement auquel j'appartiens, du camp progressiste, enfin, je ne veux pas choquer ceux qui ne seraient pas de ma famille politique, mais depuis le début, on dit qu'il faut que les gens puissent vivre et travailler au pays. Ça vaut pour nous, ça vaut pour les autres.

Il faut qu'ils puissent développer leurs pays. Que c'est une honte qu'on leur prenne les meilleurs éléments, les plus courageux. Et même moi, il m'arrive de dire des bêtises, une fois, j'ai dit - on me dit : "Alors, et l'immigration, vous croyez que c'est une bonne chose ?" J'ai dit : "Ça dépend." J'aurais mieux fait de me taire.

Alors, comme je m'étais rendu, j'ai dit : "Ben oui, s'il y a des médecins qui viennent." Mais non, Mélenchon, tu as tort. Tu as tort, on ne va pas leur prendre leurs médecins, en plus.

C'est eux qui ont payé la formation. La bonne ligne, c'est arrêter les guerres, arrêter les accords de partenariats économiques, arrêter le libre-échange, tant qu'on peut, graduellement, en s'organisant. Avec des méthodes de travail.

Je vous ai dit tout à l'heure : la relocalisation. Relocalisez l'agriculture, vous verrez que vous ferez vivre plus de monde de la terre, donc vous aurez de l'emploi, produisant des choses de meilleure qualité, et à la fin, tout le monde sera content. Enfin, pas mal seront contents.

En tout cas, on ne sera plus dans la situation dans laquelle on est aujourd'hui. Et si vous ne voulez pas faire ce que je suis en train de vous dire, dites-moi voir ce que vous allez faire au juste. Le marché !

Voilà. Ça, ça marche pour l'agriculture. La dernière fois, c'était le lait.

On fait du lait, ici ? Oui, hein. Dans les années 1970, on a mis les quotas laitiers.

Déjà, une série de très intelligents ont hurlé contre. "Ah, vous voulez nous empêcher de travailler, vous mettez une limite aux quotas laitiers." "Avec du bon quota laitier, tout ça..." Bon, bon.

Très bien, on fait les quotas laitiers. Arrivent tous les libéraux : "Assez, à bas les quotas laitiers, la politique agricole commune." Tout le monde oublie que c'est grâce à ça que le continent est devenu autonome sur le plan alimentaire.

D'accord ? En moins de 20 ans. Que les paysans ont donné un bon paquet.

Tous les gens qui vivent en ville peuvent leur dire merci, parce que, plutôt que d'augmenter les salaires des ouvriers, pfuit, on serrait la vis aux paysans, donc le prix de la nourriture baissait, donc le gars, avec le même SMIC, il avait l'impression qu'il avait plus d'argent qu'avant. C'est comme ça que ça s'est passé pendant les fameuses 30 glorieuses. C'est les paysans qui ont tiré la langue jusqu'à par terre pour que le reste se mette en route.

Donc, les quotas laitiers, ils ont fait un marché. Voilà. Depuis que l'humanité est humanité, on fait des stocks, on essaye de ne pas être trop dans le cyclique, hein, parce qu'une année est bonne, l'autre est moins bonne donc on essaye un peu de faire des réserves, etc., et ben, le marché il a inventé : il n'y a plus de saison.

Il s'en fout. Parce que tantôt c'est l'hiver ici, là-bas c'est l'été, blabla, blabla, blabla. Tout le monde va faire du lait.

Et bien, il y a une année, c'est bon, donc tout le monde fait du lait, il y a trop de lait, les prix s'effondrent, les paysans sont ruinés, l'année d'après, il n'y a pas assez de lait, le prix monte pour vous tous. OK ? C'est ça qu'ils ont fait.

Et ils continuent comme ça, compartiment par compartiment. Le libre-échange, la concurrence libre et soi-disant non faussée, tout ça, c'est ça qui est en train de tuer tout le système productif. Je vous ai parlé de protectionnisme solidaire.

Je l'assume. Vous voulez un exemple ? Non, c'est trop tard.

Sur mon papier, il y en a un. Ah oui, j'ai lu ça, tiens. M.

Juppé, qui n'en rate pas une : "Le protectionnisme est un grand danger pour l'économie mondiale et pour la paix du monde." "Je n'aime pas le mot de protectionnisme. Un mot du passé et rétrograde." Bon.

Allez, un partout : "Je n'aime pas le mot concurrence libre et non faussée, et libre-échangisme, un mot du passé et rétrograde." Ça, c'est Mélenchon. (Applaudissements) Alors... (Applaudissements) un des instruments du protectionnisme solidaire, c'est les taxes à l'entrée des frontières, ou les visas, appelez ça comme vous voulez.

Visas, c'est mieux. Parce qu'il y a l'idée de taxer les produits, et en même temps d'en autoriser. Visa social, visa écologique.

Parce qu'aller produire à l'autre bout du monde, en éreintant des gens au travail, en les sous-payant, et surtout en ne s'occupant de rien pour l'environnement, pour que vous puissiez avoir moins cher, le tee-shirt que vous avez déjà en 3 exemplaires. Donc ces taxes, elles permettraient de filtrer. Ah, voilà encore une invention bolchevique.

Et il y a un nouveau bolchévik dans la famille, c'est M. Sarkozy. Parce qu'il y a quelques jours, il a dit que si M.

Trump ne respectait pas l'accord de Paris...

On fait une pause, hein. Si M. Trump ne respecte pas l'accord de Paris, point.

Hé, pourquoi il le respecterait, ils ne l'ont pas signé. Mais il n'a pas l'air d'être au courant, M. Sarkozy.

Il n'y a pas d'engagement des Etats-Unis à appliquer l'accord de Paris. C'est une déclaration d'intention du Président Obama et ça n'a pas valeur de loi, bref. Il dit : "Si il n'applique pas l'accord de Paris, la COP 21, alors nous mettrons une taxe carbone." Une taxe carbone ?

C'est exactement ce qu'on raconte depuis 10 ans. Qu'on dit : "Il faut mettre - les marchandises qui viennent de loin doivent avoir une taxe kilomètre." Parce que... leur cheminement a coûté à l'équilibre de la planète.

Donc, il faut mettre une taxe. Et puis surtout, comme eux, ils ne respectent pas les normes environnementales qu'on respecte nous, c'est exactement ce que vient de dire Sarkozy, et bien, alors on leur impose de les respecter. Parce que s'ils ne les respectent pas, leurs marchandises ne rentrent pas chez nous.

C'est facile à comprendre, ça. Ça passait pour une lubie il y a encore un an. Et bien maintenant, vous le retrouvez, y compris dans des programmes de gens qui ne sont pas de mon bord, non ?

Alors...

ça prouve que je réfléchis plus vite qu'eux. (Rires) Et pas que moi. (Applaudissements) Bon.

Donc ils font une primaire. Ils ne parlent de rien. Si, ils parlent de quelque chose.

Franchement, j'espère que vous avez des copains qui votent à droite, ou des copines. Non mais, parce qu'attendez, ils vont être en grande détresse. Ils assistent à 3 débats.

On ne leur parle pas une seule fois d'écologie. En fait, on leur parle de rien. Ou de choses étranges.

Alors, d'abord, je commence par le modéré. M. Juppé, lui, il veut mettre la retraite à 65 ans.

Et vous savez que ça veut dire...

Vous savez, il y a toujours un décalage pour la toucher à taux plein. Enfin...

à taux plein... parce qu'il y a une décote qui est lié au fait que, ben, tout le monde, maintenant, a eu des périodes d'inactivité, etc.

Donc, ça veut dire que pour la toucher à taux plein, il faut attendre 70 ans. Vous le croyez, un truc pareil ? Le pays est plus riche qu'il ne l'a jamais été, on est plus développés que jamais, et on va mettre des gens au travail, on va les maintenir jusqu'à 70 ans.

Alors, bien sûr qu'il y a des métiers où c'est possible. Hein. Mais il y a des métiers où ce n'est pas possible.

Parce que déjà à 50, on n'en peut plus. On est déjà cassés. Physiquement, je ne parle pas mentalement, hein.

Mais on ne peut plus continuer. Regardez le nombre de métiers où c'est comme ça. Ils sont fous, ces gens là.

Ils ne vivent pas dans la vie réelle. Qui c'est qui monte dans un avion piloté par un type qui a 70 ans ? Pas moi. (Rires) Ah, ben moi, avant de monter en avion, je demande qui c'est qui le pilote.

Quel âge il a, d'où il vient, tout ça. Bon. Je blague, mais c'est pour vous faire comprendre - alors peut-être qu'un pilote de 70 ans, il peut être tout à fait capable de conduire un avion - mais c'est pour dire que ce n'est pas raisonnable de travailler comme ça.

Vous imaginez, des instituteurs, des institutrices de 70 ans ? Allez les mettre en maternelle, pour voir. (Rires) Ma mère y était, en maternelle.

Moi, j'y suis allé une fois pour faire un reportage, j'étais journaliste. Je n'ai pas tenu une demi-journée. Vous le savez que ce n'est pas possible.

Alors pourquoi ils le disent ? Ils savent très bien que personne ne va embaucher quelqu'un de 60, 65, déjà qu'ils ne les prennent pas à 55. Alors pourquoi ils disent ça ?

Pourquoi ? Pour que vous payiez des assurances avant. Pour que vous ayez des assurances-vie, pour que vous soyez obligés d'avoir des fonds de capitalisation.

Voilà pourquoi. Pour que vous prépariez une retraite que vous ne pourriez pas toucher autrement, à partir d'un certain âge, blabla, blabla. Voilà pourquoi ils le font.

Et parce que votre vie ne les intéresse pas, mais moi, j'en connais des gens de 60, des gens de droite qui travaillent. Il ne faut pas croire, on ne va pas faire les malins, il n'y a pas que nous, hein. Qui travaillent, des fois dans des métiers durs, mais ils votent de droite.

C'est ballot. Mais c'est comme ça. Ah ben tiens, du temps du programme commun, je ne veux pas rappeler de mauvais souvenirs à ceux qui seraient de droite dans la salle, mais 70% des travailleurs votaient avec nous.

Moi, j'ai fait programme commun. Mais il y en avait 30%, ils ne voulaient rien savoir, hein. La retraite à 60 ans, ils ne voulaient pas en entendre parler, l'augmentation du SMIC, ça ne les concernait pas, bref, ils croyaient tout ce que leur disait le patron.

Et bon, voilà, le patron, il leur avait dit : "Ils vont ruiner l'économie." Ils l'ont cru. Bon, c'est pour dire, il y a toujours eu une partie du monde du travail qui a voté avec les gens de droite, et je le redis, ce n'est pas la guerre civile dans ce pays, on a le droit d'être d'un autre avis, n'est-ce pas ?

Ce n'est pas la condition sociale qui fait votre conscience. Elle y est, ça c'est clair. Mais on a tous une tête, hein, quelque soit notre place dans la société.

Bref. Tout ça pour dire que ces gens là, ils doivent bien être comme nous. Ils doivent se dire : "Ben moi, je n'en peux plus à 50 ans." Ou bien l'autre va dire : "Je n'en peux plus à 60." Alors, ils écoutent le débat.

Et qu'est-ce qu'ils entendent ? Qu'ils vont gratter jusqu'à 70. Ils doivent être désespérés.

Je ne sais pas pourquoi ils disent qu'ils attendent beaucoup de monde pour venir voter entre des gens qui leur proposent des horreurs pareilles. Alors, 64 ans la retraite pour Sarkozy, 65 pour Juppé. Les autres, je ne les ai pas dans ma feuille.

Voilà. Fin des 35h et retour aux 39h. C'est M.

Juppé. Le type, il n'est pas au courant que les 35h, il y a déjà un moment qu'il n'y en a plus. Parce que si vous baissez... si vous baissez le tarif des heures supplémentaires, c'est comme s'il n'y en avait plus.

Hein ? Voilà. Merci Mme El Khomri.

Fin de la durée légale dans le privé. Vous comprenez ? Non, vous n'avez pas compris, je parie.

Ben, ça veut dire qu'il n'y a plus de durée légale. La durée légale, aujourd'hui, c'est 35h, et après, c'est les heures supplémentaires. Ben, il n'y en aurait plus.

Voilà. Ou sinon, tiens, je vais vous prendre un autre type de droite, Macron. Ben lui, il propose que la durée soit négociée entreprise par entreprise, vous savez, "au plus près du terrain." (Rires) Là où vous êtes avec votre pote, le patron. "Salut Marcel." "Salut Paul." (Rires) "On va négocier ma paie : tiens, ce mois-ci..." (Applaudissements) "Ce mois-ci, j'ai besoin de 4 heures sup', là, parce que il y a les impôts locaux qui sont arrivés, j'ai quand même besoin un peu...

On est d'accord ?" "Ouais, ouais, bien sûr. Vas-y.

Reste au boulot, je te paye." Voilà. Dans quel monde vivent tous ces gens ?

Dans quel monde vivent-ils, hein ? Ben, dans le leur. Alors, moi, je ne comprends pas les gens de droite qui vont voter pour des types pareils, des allumés pareils.

Fin du CDI, pour M. Juppé. Dégressivité des allocations chômage.

Vous savez pourquoi : "Parce que vous êtes des fainéants. Vous aimez les allocs, et vous ne cherchez pas du travail." Quand quelqu'un vous dit ça, mais il vous insulte.

Pourquoi il propose la dégressivité ? Vous avez moins besoin quand vous êtes depuis plus longtemps au chômage ? Ce n'est pas vrai, c'est le contraire, vous avez plus besoin.

Pas moins. Pourquoi alors ils font baisser l'allocation ? Pourquoi ?

Parce qu'ils partent de l'idée que vous êtes en train de truander. Dans leur esprit, tout le monde passe sa vie à truander, parce que eux truandent. Le fisc, sans arrêt. (Applaudissements) Alors ils pensent que tout le monde est pareil. (Applaudissements) 85 milliards par an de vol fiscal. 1.000 milliards par an en Europe.

Alors, évidemment, ils se figurent que les gens normaux sont comme eux, et passent leur temps à essayer de voler les autres. Quoi, encore ? Ah, les cadeaux.

Déjà, on leur a donné 40 milliards, n'est-ce pas ? Au MEDEF et au CAC40, ça c'est à M. Hollande.

Ben comme, évidemment, l'autre, il a lâché la bride, alors, du coup, maintenant, tout le monde y va. 14 milliards de plus veut leur donner M. Sarkozy. 35 milliards, M.

Juppé. En avant, c'est la fête au MEDEF. 35 milliards, et qui va les payer ?

Alors, les gens écoutent ça : "Oui, c'est vrai, il faut baisser le prix du travail." Non, ils disent le coût, eux. C'est moi qui dis le prix.

Baisser le coût du travail. Ah ouais. D'accord.

Enfin, il n'y a que le travail qui produit de la richesse, hein, j'espère que vous l'avez compris, ça. Il n'y a pas une machine qui marche toute seule, hein. Ça n'existe pas.

Il y a toujours des êtres humains. Donc c'est les êtres humains qui font... c'est leur travail qui produit la richesse.

Alors qui c'est qui va les payer, les amis ? Puisque vous êtes tous d'accord, vous êtes tous devenus tellement intelligents, que vous avez compris qu'il faut baisser le coût du travail pour améliorer l'économie, la compétitivité, la-globalisation-dans-le monde-mondialisé. Hein ?

En un seul mot, s'il vous plait, avec des traits d'union. (Rires) Qui c'est qui va payer ça ? Parce que vous croyez, vous, qu'on supprime les cotisations sociales et que vous continuez à avoir la Sécu ?

Ah, ben, non, vous ne pouvez pas. Il faut que quelqu'un paye. Donc si vous ne le mettez pas là, il y a une loi.

Et la loi, elle dit que chaque euro dont l'Etat décide qu'il est pris aux caisses de Sécurité Sociale, parce qu'on ne la leur fait pas, il doit le rembourser. Donc c'est vous, les vrais intelligents. C'est vous qui devrez payer, par vos impôts, ce que ne sera plus payé dans l'entreprise en cotisations.

Parce que c'est la loi. Et si vous enlevez 35 milliards d'euros, et bien, vous les retrouverez à l'autre bout. Et c'est pour ça que le même M.

Juppé, il vous propose d'augmenter la TVA à 23,5%, c'est intelligent, ça. Augmenter la TVA. Non seulement c'est un impôt injuste, mais vous allez payer pour le savoir, c'est que plus ça coûte cher, moins vous achetez.

Vous êtes comme ça, vous êtes radins, vous. Sous prétexte que c'est trop cher, vous n'achetez pas. Alors que normalement, vous devriez acheter.

Bon, ben, si vous n'achetez pas, qu'est-ce qui va se passer ? Ben l'activité va réduire. Et si l'activité réduit, ben, il y aura moins de TVA qui rentrera.

Moins d'impôts, moins de travail. C'est le cycle que ces gens là amorcent, et ils vous racontent ça pendant des heures. Et tout le monde est assis en face et trouve ça très intelligent.

Oui, oui, comme ça, nous allons pouvoir vendre davantage de je ne sais pas quoi à je ne sais quel Lapon perdu dans un coin, à qui on va venir proposer notre marchandise qui coûte moins chère parce qu'on a extorqué les gens dans le pays d'origine. Tout ça est absurde. Ça ne marche pas.

Ça ne marche pas. 100 milliards d'euros de coupes dans les services publics. Ah ouais, il l'a même répété, Sarkozy. 100.000...

Je ne sais pas, c'est une espèce de compétition, on ne sait plus les chiffres, il y en a un qui veut en enlever 300.000, l'autre 100.000, bon.

Tout ça est absurde. Ca veut dire que des tas de choses vont se désorganiser. Alors évidemment, il y a quand même des gens, tiens, des fois, il y a des journalistes qui disent : "Mais vous croyez que c'est raisonnable ?

Dans quoi vous les enlevez ?" Alors, ils ne vont pas les enlever... pas dans l'armée, pas dans la police, dans l'éducation ?

Ah, non, non, pas dans l'éduc... si, si, on peut quand même.

Mais bon, pas trop. Alors, pas dans ci, pas dans là, alors où ? Vous vous moquez de nous.

Dans l'éducation, comme d'habitude. Dans les soins aux personnes, comme d'habitude. C'est-à-dire tout ce que les pauvres gens et les gens normaux se payent par le service public.

Le service public, c'est notre mutuelle. C'est... nous finançons tous quelque chose qui nous sert à tous.

Voilà ce que c'est, le service public. Donc, vous n'aurez plus votre service public, vous serez responsabilisés. Voilà, autrement dit, vous êtes des irresponsables.

J'ai déjà vu ça pour les soins. Vous ne l'avez pas vu, celle-là ? Il faut responsabiliser les patients.

Et bien, moi, je suis d'accord pour avoir une petite grippe en août. Pas de bol, ça tombe en même temps que tous les autres en novembre. C'est absurde.

Tout ces mots sont fous. Ils ne parlent pas de la réalité humaine. Tout ça n'existe pas.

Ils nous font un monde qui va être un enfer, c'est-à-dire ce qu'il était avant qu'il y ait, par exemple, la Sécurité Sociale, Ambroise Croizat et le reste. Alors, la seule chose qui profite de ça, écoutez, il y a une justice, il doit y avoir une justice, il faut absolument qu'il y ait une justice, sur quoi ils sont tous d'accord. Sur le chiffre des fonctionnaires, ils ne sont pas tous d'accord, l'un veut enlever 100.000, l'autre 300.000, sur les cadeaux à faire aux patrons, ils ne sont pas tout à fait d'accord, l'un veut leur donner 35 milliards, l'autre, seulement 17, enfin bon.

Sur la retraite non plus, l'un veut vous faire travailler jusqu'à 64, l'autre jusqu'à 70. Bon, vous comprenez, il y a débat. Et il faut enrichir le débat.

Voilà. Mais il y a un point sur lequel ils sont tous d'accord. Il faut supprimer l'ISF.

L'impôt sur la fortune. Parce que si vous comprenez qu'il y a une chose qui plombe l'économie française, mine le moral des producteurs, abat notre joie de vivre, c'est l'ISF. Ils sont tous d'accord. (Applaudissements) Vous applaudissez, vous ne comprenez rien à l'économie. (Rires) Parce que je vous explique : si l'assiette du riche est bien pleine, tellement pleine qu'elle est trop pleine, alors il en coule.

Et ça s'appelle le ruissellement. Je vous jure, c'est dans les manuels d'économie. Ça va couler jusqu'à la vôtre, d'assiette.

Donc si vous permettez aux très gros d'être encore plus riches, ça va ruisseler un jour sur l'autre sur vous. Pourquoi vous ne le croyez pas ? C'est des gens intelligents qui vous le disent.

Mince, ils ont fait des études, et pas vous. Allons, allons. Allons, ressaisissez-vous, je vous prie.

L'ISF, vous savez quoi, ils mériteraient... d'abord, moi, je me demande combien il y a des gens de droite, parce que, franchement, hein, ce n'est pas parce que quelqu'un est de droite qu'il paie l'ISF, forcément.

Hein. Il y a des gens qui paient l'ISF qui sont de gauche, en plus, alors bon, c'est vous dire. Non, mais c'est possible, la conscience, ça dépend de plein de choses.

Combien ça concerne de monde, ce sujet qui les passionne ? Qu'ils sont tous là à vouloir à tout prix le régler. A qui ils parlent, quand ils parlent comme ça ?

Combien ils ont eu d'électeurs la dernière fois ? Un peu plus de 20 millions, non ? A qui ils parlent, à combien de gens ? 342.000.

Tout ce baratin, toute cette histoire, toutes ces postures, c'est pour 1,7% des contribuables. 1,7%. Et bien, voilà, ils mériteraient d'avoir comme score 1,7%.

Ceux qui ont l'ISF votent pour eux. (Applaudissements) Bon. Allez, il faut aller à la fin, là, hein. (Rires) Vous savez, j'ai eu un courrier cette semaine, terrible.

Mon adresse, c'est : agenda@jeanlucmelenchon.fr. Qu'est-ce que je reçois à mon adresse ?

Une lettre : Mes propositions pour les entrepreneurs. Alain Juppé, Pour la France. Pardon ? "Cher ami, lundi 17 octobre, j'étais au salon Planète PME." Ben, tant mieux. (Rires) "Le 29 septembre, je visitais, avec Xavier Niel, le chantier de la station F, et déjeunais avec des entrepreneurs." Tant mieux pour vous.

J'espère que c'était bon, le manger. "Un mois auparavant, je m'exprimais aux universités d'été du MEDEF." Là, je suis en train de vous lire du Juppé, ce n'est pas tous les jours que ça arrive, dans un meeting comme ça, hein.

Donc, d'abord, il me raconte sa vie. OK. Avec qui il mange, où il était, qu'est-ce qu'il fait.

Bon, très bien, mais je...

Pourquoi je recevrais une carte postale de M. Juppé ? (Rires) Alors, après, il me dit que je peux lire son livre, etc.

Après, il me dit : "Pour revenir au plein emploi, il faut avant tout relancer l'investissement en supprimant l'ISF." Ce n'est pas beau, ça ? "En baissant l'impôt sur les sociétés à 24%." 24%.

Je l'ai entendu dire à la télé, c'est confiscatoire. J'étais jeune parlementaire, l'impôt sur les sociétés, c'était 45%. D'accord ?

Et on réduisait l'impôt sur les sociétés. Maintenant, c'est à 24%, on est pas loin du taux irlandais, 12%. "Pour les PME et 30% pour les grandes entreprises." Alors, là, les grandes entreprises, elles vont hurler, hein.

Parce que c'est déjà à plus de 30%, mais eux, ils ne payent que 8%, tellement ils trafiquent. Bon, je vous passe le reste, parce que ça devient saoulant, à force. Bon, vous avez compris le truc, l'ISF, baisser les charges, blabla, blabla, tout ça. "Il est aussi nécessaire de supprimer les freins à l'embauche." Le frein à l'embauche. "Je veux revenir une fois pour toutes sur les 35h, et baisser les charges qui pèsent sur les entreprises.

Je propose aussi de supprimer toutes les charges patronales pour les salaires entre 1 et 1,8 SMIC, et d'alléger de 2 milliards d'euros les charges pour les indépendants." Allez, 5 minutes, je fais l'indépendant. Où il parle du RSI ?

Le RSI, c'est la Sécu des indépendants. Comme arnaque, il n'y a pas au-dessus. Non, mais, sans blague.

Il n'y a pas au-dessus. Donc, moi, j'ai quelque chose à dire aux indépendants, que je vous propose, qui est dans le programme : si c'est moi le Président, tous ceux qui relèvent du RSI pourront revenir dans le régime général de la Sécurité Sociale. (Applaudissements) Voilà.

Bon. Allez. Maintenant, il faut passer aux choses sérieuses, tout ça, c'était la mise en bouche. "Tout cela, nous n'avons pas osé le faire entre 2007 et 2012." Non, ce n'est pas qu'ils n'ont pas osé, c'est qu'on ne les a pas laissés le faire.

Ce n'est pas pareil, parce que M. Juppé, il est quand même le vainqueur du Juppéthon, vous vous en rappelez ? Vous n'avez pas oublié, j'espère.

Tous les jours, on comptait combien il y avait de monde dans la rue. Donc ce n'est pas qu'ils n'ont pas osé, c'est qu'ils ne l'ont pas fait, et c'est lui qui s'est dégonflé, et oui, parce qu'on était plus nombreux. "Il est temps de passer à l'action : dans moins d'un mois, les 20 et 27 novembre, se tiendra la primaire de la droite et du centre, ouverte à tous." Mais je m'en fous. (Rires) "Vous pouvez dès à présent localiser l'emplacement de votre bureau de vote grâce au lien suivant : http://www.alainjuppe2017/ouvoter/trouvervotrebureau.

J'ai besoin de vous pour cette échéance majeure pour le redressement du pays." (Rires) Mais c'est une blague ? C'est à moi qu'il envoie ça ? (Rires) Vous me voyez ?

Non, mais je vous dis ça parce que j'ai entendu dire qu'il y avait des ballots qui se faisaient des nœuds au cerveau, en se demandant s'ils n'allaient pas, quand même, aller voter à la primaire de... de la droite, pour que ça soit Juppé plutôt que machin, que Pierre, que Paul, que truc, parce que de toute façon, comme ils pensent d'avance qu'ils ont perdu, et que de se battre, ça ne sert à rien et qu'essayer de convaincre les gens, ça ne sert à rien, ce que, moi, je pense le contraire et que je vais y arriver, bon.

Donc ils vont aller faire ça. Vous vous rendez compte ? Vous vous imaginez, si vous avez une conscience, oh, il doit y en avoir des gens de gauche, quand même, dans cette salle.

Supposez que vous soyez de gauche. Et que ça fait un moment, en général. Alors, vous vous voyez ?

Vous rentrez, vous avez la honte. D'ailleurs, je l'ai lu dans un article du Monde, que, il y a des gens qui : "Ouais, mais moi, je ne peux pas, parce que dans mon village, tout le monde me connait." Ben, oui, quoi.

La honte. Vous rentrez en rasant les murs. Déjà, vous donnez deux euros aux Républicains. (Rires) Et vous en êtes là de la honte, et là, il vous dit : "Attendez, il faut signer là." Voilà ce que vous êtes censés signer, les malins, là : Je partage les valeurs républicaines de la droite et du centre et je m'engage pour l'alternance, afin de réussir le redressement de la France.

Et bien, quoi qu'il arrive, je peux vous dire que, je pense que ce sera le cas de tout le monde dans la salle, parce que le premier qui était tenté par autre chose, maintenant, il a tellement honte qu'il n'y pense même plus, il dit : "Moi, je n'y ai pas pensé." Le minimum, mes amis, on a tellement dénoncé le cynisme, à juste titre, des dirigeants politiques ; ça serait bien que les électeurs ne deviennent pas aussi cyniques que leurs dirigeants. Ça serait bien qu'on se respecte. (Applaudissements) On se respecte soi-même assez pour ne pas aller signer un papier qui dit le contraire de ce à quoi on croit.

Et que l'on respecte assez ses compatriotes, des gens qui ne sont pas de votre avis, qui doivent être respectés. Parce qu'il n'y a pas de démocratie sans points de vue contraires, et on a besoin des points de vue contraires pour faire avancer la discussion. Donc il faut respecter ceux qui ne sont pas de notre avis.

Et nous ne devons pas aller truquer leurs élections, en désignant, nous, à leur place qui va les représenter. Et peu nous chaut qui ils vont décider. Parce que des gens comme nous ne voteront jamais pour eux.

En aucune circonstance. (Applaudissements) Voilà la vérité. (Applaudissements) Je vous appelle à ne pas truquer l'élection des Républicains qui ont le droit de voter comme ils l'entendent et de choisir les leaders qu'ils veulent.

Parce que c'est à cette condition qu'on vit en démocratie. Et après, moi, j'ai une autre question à vous poser. On me dit : "C'est un listing." Ah ouais, c'est un listing, vous croyez que ça me rassure ?

Comment ça se fait que mon adresse est dans le listing de M. Juppé ? (Rires) Non, mais sérieusement.

Il y en a peut-être d'autres, ici, qui ont reçu une lettre de ce type. Comment se fait-il qu'il aie mon adresse dans son listing ? Est-ce que quelqu'un peut me répondre ?

M. Juppé, vous pouvez me répondre ? Vous êtes tellement aux abois que vous avez besoin d'un gars comme moi pour faire la différence ? (Rires) Non, non.

Pour battre M. Sarkozy, je compte sur les urnes, celles auxquelles va tout le monde. Et puis après, je vais vous en dire encore une autre.

Non seulement je ne sais pas pourquoi je suis sur son listing, deuxièmement, je n'ai pas envie de l'aider, troisièmement, je n'ai pas envie de signer ce papelard, mais j'aimerais bien savoir pourquoi je ferais confiance à quelqu'un qui envoie des lettres à des gens, et il ne sait même pas à qui. Ce n'est pas un grave problème ? Et après, le même vient vous dire qu'il vous regarde au fond des yeux et qu'il sait de quoi vous avez besoin.

Supprimer l'ISF. Bon, voilà. Je vous ai dit tout ce que j'ai à vous dire.

Je n'irai pas non plus dans la primaire du Parti Socialiste. Vous savez pourquoi. Par loyauté.

Par loyauté. (Applaudissements) Je ne participe qu'aux élections pour lesquelles je suis prêt à me soumettre au résultat. Je participe au vote de ma patrie, et je me soumets au résultat du vote.

Quand c'est un gouvernement de droite qui fait voter des lois de droite, je me soumets aux lois qui sont votées parce que c'est les lois de mon pays. Même si je continue à protester contre elles, même si j'agis avec mes camarades dans la rue pour ne pas qu'elles s'appliquent, mais je les respecte. Je n'irai pas dans une élection dont je ne suis pas prêt à respecter le résultat, parce qu'aucune des personnes que je vois ne correspond au degré de sincérité, d'opiniâtreté, d'application auquel je crois que nous avons le droit, maintenant.

Je ne veux plus faire de compromis. Je pense qu'à chaque fois, on s'abîme, bien sûr que des compromis, on en fait dans la vie sans arrêt. Et tous ceux qui sont au travail, comme je le dis souvent aux camarades, je leur dis : "Chaque jour que vous vous levez, que vous allez à l'entreprise, vous faites un compromis avec le capital." Donc, ce n'est pas la question.

La question, c'est de renoncer à soi. Je vois des gens, il y a quelques jours, on m'a dit : "Ah, mais tu pourrais t'accorder avec Montebourg." Mais pourquoi ?

Pourquoi je m'accorderais avec lui ? "Parce qu'il pense presque comme vous." Ben, dans ce cas là, je préfère moi. (Rires et applaudissements) Parce que c'est quoi le "presque" ?

C'est quoi le presque ? Le presque, c'est qu'il a dit qu'il voulait vendre des logements sociaux, les vendre aux gens qui sont dedans. Je ne vais pas vous faire à cette heure-ci la démonstration de l'idiotie que c'est.

Qui est-ce qui a inventé ça ? Thatcher. Pourquoi ?

Parce que, ben, qu'est-ce qu'on vend ? Les bons appartements. Puis les autres, ils restent sur les bras de l'office.

C'est lui qui doit les entretenir, puis les gens qui sont assez ballots pour avoir acheté l'appartement, après, ils découvrent qu'il faut les entretenir, ils n'ont pas les sous pour ça, et puis si vous venez en disant...

Vous ne croyez pas qu'on vend un appartement oui, un appartement non. Hein ? C'est : on vend tout.

Et vous avez celui qui est là ou celle qui est là qui a passé les 60 ans, qui a eu sa vie et qui était là, dans un logement social, on lui dit : "Il faut le racheter." "Mais, je n'ai pas les sous." "Ben, vous n'avez qu'à aller voir la banque." La banque, bien sûr, dès qu'elle voit quelqu'un qui a 65 ans ou 66 ans, elle dit : "Ah, oui, oui. combien vous voulez ?

Pour combien d'années ? Allez, tiens, pouf, on vous la met pour 25 ans." Tout ça n'existe pas.

La vie des gens n'est pas faite comme ça. Ben, c'est une trouvaille stupide. Et de la même, on lui dit : "Vous voulez... il faut augmenter les salaires ?" Oui, moi je dis : "Il faut augmenter les salaires." Je reprends les slogans d'un certain nombre d'organisations syndicales.

Dont l'augmentation du SMIC, et donc de tout le reste qui va avec. Mais lui, il dit : "J'augmenterai les salaires après avoir proposé une négociation en Europe." Ben, fous-toi de nous.

Pourquoi continuer à parler comme ça ? Dis : "Je ne peux pas, je ne veux pas, ça n'est pas possible." Dis-le franchement.

Dis-le ouvertement aux gens. Et les gens sont capables de comprendre si tu as de bons arguments pour le dire. Pourquoi tu leur mens ?

Pourquoi tu dis oui, pour, dans le reste de la phrase, dire non ? C'est de tout ça dont on meurt. Assumez ce que vous voulez faire.

Dites comment vous allez le faire. Réfléchissez-y. De même, vous voulez changer les institutions, vous voulez en finir avec la monarchie présidentielle, et avec tout ce qui va avec, à qui voulez-vous confier ça ?

Une nouvelle fois, trois personnes qui écrivent ça dans un bureau et qui vous le proposent ensuite par référendum ? Ou bien à une assemblée ? Est-ce que ce n'est pas le peuple lui-même qui peut changer les conditions dans lesquelles on doit faire la politique dans le pays ? (Applaudissements) Voilà.

Allez. Voilà pourquoi il ne faut pas avoir peur, il ne faut pas... il faut y aller.

Il faut convaincre. Chacun de vous, qui partagez mon opinion. Alors quand vous applaudissez, je suppose que vous êtes d'accord.

Ce n'est pas tout de m'applaudir, il faut faire. Il faut faire. Il faut prendre sa petite liste, marquer ses 10 noms et puis faire le travail.

Ce n'est pas compliqué, vous savez. On a fait 4 millions de voix, la dernière fois. Un pour un.

On en fait 8, on a gagné. Ben oui. On est au deuxième tour et le piège se referme sur eux. (Applaudissements) Ce n'est pas si compliqué que ça.

Il faut donc convaincre. On est en démocratie, on a cette chance. Et ben, on doit convaincre.

Pas hypnotiser, subjuguer, abrutir, tromper, tricher, à quoi bon ? A quoi bon ? Convaincre.

Un après l'autre. Une après l'autre. Voilà.

Et puis ça fait une majorité. Ou ça fait en tout cas le nombre suffisant pour ensuite rassembler une majorité. Moi, je pense qu'on peut y arriver.

Et puis, je ne vois pas ce qu'on pourrait faire d'autre. Ah, il y a des gens, bon, ils veulent se rassurer, ben, ils se rassurent, hein. Mais ils ne vont pas se rassurer longtemps.

Parce que si c'est pour aller voter dans les primaires de droite parce que Juppé, je ne sais pas quoi, au deuxième tour, machin, etc. : retraite à 70 ans, bonhomme. C'est pour ça que tu as fait tout ça ?

Toutes ces combines, ces arrangements avec toi-même, avec ta conscience, aller signer des papiers auxquels tu ne crois pas, et donner de l'argent à des gens que tu n'aimes pas. Tout ça pour ça ? Pour vous renier ?

Pour tout abandonner alors qu'on peut faire tant de choses magnifiques, belles, immenses, j'espère que tout à l'heure, je vous en ai convaincu. De toutes ces choses qu'on va pouvoir faire dans ce pays, qui ne demandent que de la volonté. Ça ne manque ni d'argent, ni de savoir-faire.

Il faut qu'il y ait des gens qui arrêtent d'avoir peur. De tout, de rien. S'ils veulent être les bons élèves de la mondialisation.

Du courage. De la volonté. Oh, il n'y en a pas besoin de tant que ça, hein.

Bon, maintenant, c'est fini. Alors, je lis une petite citation, toujours. D'habitude, je vous lis des poèmes, mais pas là.

Comme c'était sur un moment un peu tendu, là, sur les primaires de la droite. Je vous lis juste une chose que j'ai lue, qui m'a bien plu, ça parle aussi de moi, alors c'est pour ça, peut-être. Tandis que trouver quelque chose qui parle de moi dans Victor Hugo, je peux toujours chercher, mais bon.

C'est Laurent Binet qui est un écrivain. De notre pays. Il dit, après le vote des Etats-Unis, hein.

Il dit ça : "L'histoire des luttes politiques en résumé, deux-points : on espère avec Bernie Sanders, on se résigne avec Clinton", suivez mon regard, "et à la fin, on a Trump. Ça marche bien aussi avec Mélenchon, Hollande et Le Pen." C'est un grand auteur. (Applaudissements) Bon.

Et comme je suis chez vous, et pour finir pour de bon, juste 4 lignes d'Ambroise Croizat - moi, je ne suis pas communiste, hein, mais je pense qu'il y a des communistes dans la salle, ça va leur faire plaisir, et puis comme Ambroise Croizat est un grand Français, et un grand militant, et bien ça nous fera plaisir à tous. Voilà. Parce que c'est homme là, il appartient à tout le monde, comme toutes les belles pages de l'histoire sociale de la patrie.

Alors, il dit ça : "La lutte continue pour la renaissance française." C'est un communiste, hein, qui parle. "La lutte continue pour la renaissance française.

L'indépendance nationale et l'instauration d'un bien-être pour tous - l'indépendance nationale et l'instauration d'un bien-être pour tous sont indissociables." Vive la Sociale, mes amis. (Applaudissements) La Marseillaise