Bruno Retailleau, président des LR et ministre : oui mais jusqu’à quand ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
et qu'on se range sous telle ou telle couleur. E.Philippe, j'ai du respect et de l'estime.
Il conçoit son espace politique de la gauche à la droite. Je crois que ce "en même temps" conduit à l'immobilisme. - N.Saint-Cricq: F.Bayrou disait qu'il avait un Himalaya à franchir.
Lui, il a dit "colline après colline". - A.Casse: C'est "habemus papam" à droite? - J.-F.Copé: Ca fait combien d'années que nous souffrons d'une crise majeure à droite, à la fois de sincérité, d'efficacité et de leadership?
Pour la première fois, on a l'arrivée à la tête d'un parti de quelqu'un qui a envie de rassembler, d'être carré sur ses convictions, et d'avoir une ligne politique sur laquelle une majorité de Français de droite peuvent se retrouver. C'est pas mal. J'ai entendu la liste de toutes les raisons d'être inquiet.
Je vous en donne une d'être heureux. Pour ceux qui sont de gauche, ils ont tellement de problèmes avec l'extrême gauche...
Nous, on est clairs. - A.Casse: Combien de temps va-t-il pouvoir rester au gouvernement?
Il veut rester, pour l'instant. Est-ce que ça ne va pas poser un problème? Est-ce qu'il n'y a pas de risque d'être macronisé? - J.-F.Copé: On n'entend que ça depuis hier soir.
B.Retailleau l'a dit. Les gens qui ont voté ont tranché cette question.
L.Wauquiez en a fait le seul sujet de sa campagne. 75 %, c'est énorme.
Ils veulent suivre la ligne de B.Retailleau. On ne va pas cautionner un gouvernement qui, demain, refuserait toutes les lois en matière de sécurité ou les textes nécessaires, ou qui augmenterait les impôts, ou qui reviendrait en arrière sur la réforme des retraites...
On ne va pas voter ou cautionner n'importe quoi. - A.Casse: Ce sont vos 3 lignes rouges? - J.-F.Copé: Parmi d'autres. - A.Casse: Avec un ministre de l'Intérieur plus puissant que jamais.
Il est vice-Premier ministre? - J.-F.Copé: On ne pourra pas faire sans lui et faire sans cette famille politique.
Pour la première fois, je vois le tout début d'une adéquation entre ce que pense une majorité de Français aujourd'hui. Historiquement, les Français sont plutôt à droite. Il y a 30 ou 40 ans, sous Mitterrand, ils voulaient être à gauche.
Pour la première fois, il y a une incarnation. Ca a le mérite d'être mis sur la table comme un élément d'analyse politique majeure. - A.Casse: Vous ne craignez pas qu'il soit attaqué sur son bilan?
Quel est son bilan au ministère de l'Intérieur aujourd'hui? On a l'impression qu'il est empêché. - J.-F.Copé: Ca a été fait.
L.Wauquiez a pilonné B.Retailleau pendant toute sa campagne comme quoi le bilan de B.Retailleau serait nul.
Pourtant, les militants ont voté massivement pour B.Retailleau. Peut-être qu'il est bien meilleur que certains le font croire.
Pour qu'on soit efficaces sur le pôle régalien, et c'est le maire de Meaux qui vous le dit, il faut un continuum de sécurité depuis le ministère de l'Intérieur jusqu'au ministère de la Justice. Pour la première fois, on a 2 ministres qui connaissent bien des sujets régaliens et qui travaillent la main dans la main. Tout ça justifie qu'on continue à avoir cette action au gouvernement pour limiter les dégâts de la partie gauche du gouvernement qui n'est pas notre tasse de thé. - A.Casse: Vous n'êtes pas inquiet?
L.Wauquiez, quand il était chef des LR, a fait autour de 74 % des voix. - J.-F.Copé: Face à F.Portelli.
C'était il y a quelques années. L.Wauquiez a fait ce score en 2017 et il fait aujourd'hui le score de ceux qui l'avaient battu à l'époque.
Laurent avait de l'or dans les mains. On lui a tous fait confiance. "Allons-y, faisons les choses ensemble." Le fait qu'il n'y ait pas eu de ligne politique claire, qu'on n'ait pas assumé nos convictions tout en disant qu'on les assumait, mais sans le faire sur des sujets majeurs...
Je pense aux retraites. Il a eu des propositions démagogiques et populistes, donc pas réalistes, pour Saint-Pierre-et-Miquelon. Ce n'est pas une image qu'on veut rendre.
Un électeur du RN n'a pas la même mentalité qu'un électeur de droite. Un électeur du RN en a ras le bol. Il ne croit plus à la politique.
Il ne fait plus confiance. Un électeur des Républicains, de droite, veut qu'on s'en sorte. Il veut des solutions réalistes. - E.Tran Nguyen: Vous dites que L.Wauquiez est allé chercher des voix au RN contrairement à B.Retailleau? - J.-F.Copé: Il a choisi de tenir un discours qu'un Français de droite ne veut plus.
Trump est un séisme dans la politique occidentale. On a vu pour la première fois un leader populiste gagner sur des idées populistes. En quelques mois, il a mis le monde dans un état de déséquilibre total.
Beaucoup de Français qui pouvaient avoir une sympathie pour le discours "je renverse la table et j'écrase les autres" voient les dégâts. - E.Tran Nguyen: Il y a eu la surenchère du côté de B.Retailleau lors de cette campagne.
Sur le voile, par exemple, son discours sur l'immigration...
On a dit que c'était la campagne de la surenchère. - J.-F.Copé: Ce n'est pas parce qu'on le disait que c'était vrai.
Je ne suis pas en train de dire que tout est parfait. On vient des profondeurs de la terre. On a trouvé du pétrole dans la décadence complète de la droite depuis 10 ans.
Pour la première fois, j'ai l'impression que nous avons une cohérence dans le discours que nous tenons. D'un côté, le régalien, le rétablissement de l'ordre, et de l'autre, le progrès économique, social, environnemental, numérique. Il faut se mettre au boulot sur ces sujets.
Je ne crois pas à l'idée d'une surenchère. B.Retailleau, on peut l'aimer ou non, je note qu'il est assez carré.
On ne lui fera pas dire ce qu'il n'a pas envie de dire. Il n'est pas dans une espèce de démagogie qui exaspère beaucoup de gens. - A.Casse: On écoute des militants... - J.-F.Copé: Je peux comprendre qu'on aime ou qu'on n'aime pas. - A.Casse: On écoute des militants qui prédisaient que la droite était de retour. - Il faut retenir que la droite a un chef et que la droite a des ambitions pour le futur. - Ca symbolise le retour de l'espoir et une vraie droite qui ne se renie pas et qui assume ses convictions. - Il y a un petit parfum de 2007.
Il y a chez B.Retailleau ce qu'on a connu chez Sarko avant sa conquête du pouvoir. - A.Genevard: Ca montre que la droite qu'on a dit tant de fois absente du paysage est bien là. - P.Juvin: Le temps des gens sérieux est revenu. - B.Retailleau: J'ai tout de suite senti que dans cette élection, il y a eu un élan.
Je veux qu'on puisse l'amplifier auprès des militants et auprès des électeurs. - MARCHONS, MARCHONS, QU'UN SANG IMPUR ABREUVE NOS SILLONS. Acclamations. - A.Casse: On a entendu un des militants qui fait la comparaison avec 2007.
On sait que la route est longue. Le plus dur reste à venir. Est-ce qu'il faut aller vite en anticipant une prochaine dissolution peut-être très bientôt? - J.-F.Copé: Une dissolution serait catastrophique, objectivement.
On prendrait un risque historique. Si, par malheur, on trouvait un résultat comparable à celui qu'on a connu il y a un an, le président serait obligé de partir pendant un an, on ne pourrait plus dissoudre à nouveau. Vous m'avez parlé de dissolution de l'Assemblée. - A.Casse: Une crise politique qui s'enfoncerait pourrait provoquer une présidentielle anticipée? - J.-F.Copé: A droite, il faut qu'on soit prêts le plus rapidement possible.
Il faut un programme. Il faut que les Français sachent que les Républicains vont se mettre au travail pour proposer une alternance. Qu'est-ce qu'on fait sur le front de l'immigration, sur la sécurité, sur l'emploi, sur l'impôt, sur les charges sociales, sur le numérique... - A.Casse: Avec qui?
Est-ce que L.Wauquiez va participer au programme? - J.-F.Copé: Tout le monde est le bienvenu.
Il faut un leadership. - A.Casse: Est-ce que ces 25 % pèsent lourd? - J.-F.Copé: Non.
Une élection est une élection. 50-50, ce n'est pas la même chose que 75-25. 75 %, c'est écrasant. - N.Saint-Cricq: Est-ce qu'il ne risque pas d'y avoir une situation de porte-à-faux?
Est-ce que B.Retailleau essaiera de sortir par le haut? Le Conseil des ministres mercredi, il va y avoir... - J.-F.Copé: Je ne peux pas être dans les boules de cristal.
On ne sait pas comment tout ça va tourner. Il y a une telle instabilité. Il ne faut pas se tromper.
Nous sommes au gouvernement pour limiter les dégâts. Si la droite n'avait pas accepté les postes régaliens, ça serait l'extrême gauche qui aurait pris la main. Quand vous voyez le désastre que ça constitue...
C'était notre devoir. Personne n'a jamais pensé qu'on allait faire des réformes structurelles. On ne peut pas passer une réforme aujourd'hui.
Il n'y a pas une loi qui passe. On n'a jamais vu ça dans l'histoire de la Ve République. Il y a eu des grèves de ministères qui ont abouti dans une démission du président de la République.
Que B.Retailleau soit en situation dans les mois qui viennent pour proposer aux Français une plateforme politique qui sera un élément-clé...
Dès qu'on est prêts, on avancera. - N.Saint-Cricq: On avance comment? - A.Casse: Avec qui?
Quelle alliance possible? Ce n'est pas un hasard si E.Philippe tenait un grand meeting ce week-end à Marseille. - E.Philippe: Une partie de la violence qui s'exprime dans notre société est liée à l'immigration.
Un étranger, lorsqu'il est accueilli en France, doit être irréprochable avec les Françaises et les Français, irréprochable envers la France. Sinon, il doit être reconduit dans son pays. Je ne vois pas au nom de quoi il pourrait en être autrement.
Rien ne sera fait de grand et de sérieux dans notre pays si nous ne remettons pas la justice au coeur de notre action. Les Français ne sont pas dupes de ceux qui font du trumpisme. Soyons sérieux.
Refondons la justice. Remettons de la justice dans ce pays. - A.Casse: Le prochain match, ce sera contre lui, déjà candidat à la présidentielle. - J.-F.Copé: Le prochain match sera surtout pour empêcher la France d'être prise en main par l'extrême gauche et de faire en sorte qu'on remette de la sagesse et du sérieux dans la gouvernance du pays. - A.Casse: Vous voulez faire une alliance avec le centre?
L.Wauquiez disait que ça allait jusqu'à S.Knafo, de G.Darmanin à S.Knafo. - J.-F.Copé: Vous connaissez ma ligne.
C'est l'étanchéité totale vis-à-vis des dirigeants du RN. Les électeurs attendent une espérance. D'autre part, on ne peut pas gagner tout seul.
Commençons par incarner quelque chose. C'est l'intérêt d'une dynamique avec B.Retailleau.
E.Philippe est respectable. Son discours est un discours de grande qualité.
Nous verrons ce qu'il en est. Je souhaite que ma famille politique l'emporte. Il ne faut qu'un seul candidat au premier tour, sinon, ce sera une finale Mélenchon-Le Pen.
Personne ne doit prendre la responsabilité de faire perdre la droite. Rappelez-vous ce qui est arrivé à L.Jospin lorsque monsieur Chevènement et madame Taubira, en 2002, ont voulu être candidats pour voir.
Il a été exclu du 2e tour. C'est un sujet qui nous engage tous. C'est à nous de passer ces messages. - E.Tran Nguyen: C'est la condition à la candidature de B.Retailleau? - J.-F.Copé: C'est la condition de tout le monde. - E.Tran Nguyen: E.Philippe a dit qu'il y irait. - J.-F.Copé: Il y a un principe de réalité. - E.Tran Nguyen: Un autre ministre pense à 2027: le garde des Sceaux, G.Darmanin.
G.Darmanin a annoncé hier la création d'un quartier de haute sécurité dans une future prison. Il a annoncé la création d'un quartier de haute sécurité dans une prison de 500 places qui doit voir le jour en 2028 en Guyane.
Annonce qui a provoqué la colère des élus locaux. - Je rappelle que cet espace n'est pas le lieu où nous devons faire revenir des prisonniers déportés dans l'Ouest. Cette page de l'histoire est tournée.
J'espère qu'elle ne reviendra pas. - G.Darmanin: Je suis étonné de votre discours.
Vous m'avez demandé beaucoup de sécurité, beaucoup de moyens de police et de gendarmerie. Encore tout à l'heure à l'aéroport. Votre tonalité est différente.
J'imagine que c'est la campagne des municipales qui veut ça. Huées. Je regrette qu'on ne soit pas davantage soutenus parfois à l'Assemblée et au Sénat pour donner les moyens supplémentaires contre le narcotrafic ici.
C'est notre sujet principal. - E.Tran Nguyen: Vous comprenez la colère des élus locaux? - J.-F.Copé: Je voudrais saluer le courage de G.Darmanin.
J'en ai fait, des meetings et des déplacements quand j'étais ministre. Il faut toujours le courage de ses convictions. Ce qu'il a dit, c'est majeur.
C'est une vraie chance pour la Guyane. C'est un investissement massif de l'Etat aux côtés des Guyanais qui sont rongés par le trafic de drogue. La Guyane est une des grandes plateformes, plaques tournantes, du trafic de drogue sur toute cette partie de l'Amérique du Sud.
En Guyane, on va voir comment, dans un même lieu, on peut sécuriser les conditions de détention de narcotrafiquants à la dangerosité extrême. - A.Casse: Certains font le parallèle avec Saint-Pierre-et-Miquelon. - J.-F.Copé: C'est idiot.
Ca concernait les OQTF. Ce sont des personnes en situation illégale en France et pour lesquelles la justice a provoqué une obligation de quitter le territoire. Vous pensez qu'il n'y avait pas de bagne en métropole?
Le bagne de Toulon...
On peut tous les faire. Quand on a envie de faire de la récupération historique,
Bruno Retailleau