ARTICLE 49.3 - «Ne vous laissez pas faire !»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Locuteur 1Fait
« Le premier Ministre a procédé d'abord pour ce qui est de la forme, d'une manière totalement déloyale. Il ne prévient personne, Il surgit à l'Assemblée Nationale à 17h40 et j'ai fait ce que j'ai pu comme Président de groupe pour être présent, mais je suis arrivé après son départ. »
- 0:45Locuteur 1Fait
« Il n'a donc salué personne, prévenu personne, et nos camarades qui étaient dans la salle n'ont pas eu droit à la parole. »
- 1:15Locuteur 1Fait
« Le discours du 1er Ministre était lui aussi, extrêmement offensant sur la forme puisqu'il a recommencé le petit numéro d'après lequel l'opposition - les oppositions - et en particulier les insoumis seraient responsables du dépôt du 49-3. »
- 2:15Locuteur 1Fait
« Le 49-3 s'applique après qu'on ait eu comme dernière discussion une discussion sur les publics auxquels s'applique la nouvelle loi. »
- 3:00Locuteur 1Fait
« Le coronavirus sert de prétexte dans cette histoire pour faire oublier ou pour faire avaler la brutalité de la décision. »
- 3:45Locuteur 1Promesse
« Le 49-3 ne s'applique qu'à l'une des deux, l'autre, nous allons la serrer très fort. »
- 5:15Locuteur 1Fait
« La limite, c'est toujours la résistance qu'on oppose à la loi du plus fort. »
- 6:45Locuteur 1Fait
« M. Macron ne peut pas croire qu'on peut gouverner comme ça, de force contre le peuple français. »
- 7:30Locuteur 1Fait
« Tout a toujours été pris par la lutte. »
- 9:00Locuteur 1Promesse
« Il faut que les retraites soient sauvées par la lutte. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour ou bonsoir plutôt. Je vous parle depuis l'Assemblée Nationale où nous venons d'apprendre de la bouche du premier Ministre, que l'article 49 alinéa 3 de la Constitution s'appliquerait aux débats sur la loi de réforme des retraites. Le premier Ministre a procédé d'abord pour ce qui est de la forme, d'une manière totalement déloyale.
Il ne prévient personne, Il surgit à l'Assemblée Nationale à 17h40 et j'ai fait ce que j'ai pu comme Président de groupe pour être présent, mais je suis arrivé après son départ. Il n'a donc salué personne, prévenu personne, et nos camarades qui étaient dans la salle n'ont pas eu droit à la parole. Ils étaient 3 comme c'était le tour de rôle qui était organisé.
Le discours du 1er Ministre était lui aussi, extrêmement offensant sur la forme puisqu'il a recommencé le petit numéro d'après lequel l'opposition - les oppositions - et en particulier les insoumis seraient responsables du dépôt du 49-3 ils le seraient à cause de leurs amendements qui ont été qualifiés d'amendements d'obstruction. Ceux qui parmi vous ont suivi les débats savent que si nous n'avions pas eu la sagesse de déposer un grand nombre d'amendements dès les premiers articles de la loi eh bien, nous nous exposions à ce que les questions essentielles ne soient jamais évoquées parce qu'elles se seraient trouvées plus loin et que le gouvernement aurait déposé le 49-3 pour empêcher que le débat ait lieu. Regardez comme c'est symbolique.
Le 49-3 s'applique après qu'on ait eu comme dernière discussion une discussion sur les publics auxquels s'applique la nouvelle loi. et nous allions arriver aux articles qui traitent de la manière dont cette loi est organisée. C'est à dire : la valeur du point etc etc...
Il y a donc en quelques minutes beaucoup de symboles qui sont rassemblés. · La volonté délibérée qu'on ne puisse pas discuter, · La volonté d'humilier l'opposition, de lui couper la parole, · Et lui imputer la responsabilité de la situation. Car de tout ce que j'entends déjà c'est cela le plus infâme.
Ils disent : C'est eux qui ont provoqué cette situation, c'est les insoumis, c'est les communistes, en s'opposant. Et par conséquent en gros, ils l'ont bien cherché. Le raisonnement d'après lequel la victime a bien cherché son malheur, vous est connu, et il est aussi insupportable ici qu'il l'est ailleurs.
Le procédé enfin est aussi rustre, grossier, parce que convoquer un conseil des ministres par surprise un samedi pour y parler du coronavirus et ensuite avoir comme décision, au passage et dans la foulée, le 49-3 c'est évidemment pas très élégant. Et on peut dire que le coronavirus sert de prétexte dans cette histoire pour faire oublier ou pour faire avaler la brutalité de la décision. La bataille continue.
Ne vous laissez pas impressionner, ne croyez pas que ce soit fini parce que le prince l'a décidé. Il y a deux lois qui sont ici. Le 49-3 ne s'applique qu'à l'une des deux, l'autre, nous allons la serrer très fort.
Le texte va partir au Sénat. Le Sénat, les marcheurs y sont fort heureusement minoritaires, la loi reviendra à l'Assemblée et nous on ne lâchera rien. Par conséquent, je vous appelle à manifester de toutes les façons possibles dans le respect de la loi et de la tranquillité publique bien sûr !
Mais de faire connaître le dégoût que vous suggère comme il nous suggère à nous ici un procédé pareil, une interdiction de parler, la volonté de passer en force une loi qui va modifier la vie de millions de personnes et pour des générations si cette loi finit par passer ce qui je l'espère bien, ne sera pas le cas. Ici dans l'Assemblée Nationale, on entend déjà quelques-unes des clameurs qui viennent de la place qui jouxte l'Assemblée. Les syndicats CGT de la région parisienne ont appelé à se rassembler vers l'Assemblée Nationale.
On me dit que des avocats convergent, ici. Et… j'ai reçu l'information que dans plusieurs villes de province en régions des regroupements s'opéraient. Mes amis de Toulouse viennent de me le dire, mes amis de Lille me le confirment.
En toute hypothèse, sachez que la limite, c'est toujours la résistance qu'on oppose à la loi du plus fort. Le plus fort l'est pour l'instant. Il est du fait d'une constitution qui donne des pouvoirs monarchiques au Président de la République et à son collaborateur le premier Ministre.
Mais ce qui reste toujours le plus fort, c'est l'expression que donnent les citoyens à leurs sentiments. M. Macron ne peut pas croire qu'on peut gouverner comme ça, de force contre le peuple français.
Il ne peut pas croire que toute opposition est vouée en définitive, à la fin, à lui obéir. Nous ne lui obéirons pas, vous ne lui obéirez pas. Vous prendrez vos dispositions pour être présents, pour montrer que vous vous opposez à cette décision du 49-3 que votre cœur demeure fermement républicain et démocratique De la même manière, quand le 49-3 va passer à l'Assemblée, je vous appelle partout où vous le pouvez à vous rassembler.
Rassemblez-vous pour montrer que nous ne sommes pas, les parlementaires seuls dans l'hémicycle et que dans l'hémicycle nous ne sommes que la représentation du peuple profond de la France, qui s'oppose à ce qu'on la prive (d'un) de ses plus beaux acquis issus des luttes… la sécurité sociale, le régime des retraites. Tout cela ce sont des choses essentielles de notre vie commune l'unité de la nation est fondée d'abord et avant tout non pas sur des histoires de religions, de couleurs de peau, de genres. L'unité de la Nation c'est d'abord son unité sociale celle de son peuple qui se rassemble en pensant au soin des autres.
Défendre la retraite, c'est défendre le soin des autres et c'est cela qui nous fait un seul et même peuple. C'est ça que vous allez montrer. C'est (ce) pourquoi vous devez vous mobiliser.
Les gens… Ne vous laissez pas faire. Si vous vous laissez faire vous serez tondus… Ces gens ne nous ont jamais rien donné. Tout a toujours été pris par la lutte.
Et bien, il faut que les retraites soient sauvées par la lutte … et améliorées, le moment venu bien sûr. Ce moment viendra. Je vous dis bonsoir… en vous appelant à vous mobiliser.
Jean-Luc Mélenchon