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AutreC dans l'air (sur YouTube)· 31 juillet 2026 66 minMixte

Epstein : une mystérieuse mort en France

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face aux taches coriaces. - S.Brakhlia: Bonsoir.

Bienvenue. C'est une nouvelle mort qui interroge et qui alimente forcément les spéculations et les théories du complot. Toujours aucune nouvelle sur les causes du décès de D.Siad, ce rabatteur présumé de femmes pour J.Epstein.

Des analyses complémentaires sont en cours. Une bonne partie des protagonistes de l'affaire Epstein sont décédés alors qu'on est loin de connaître la vérité sur cet immense trafic sexuel mondial au service du milliardaire. Une femme, qui sait tout, mais qui reste muette, la franco-britannique G.Maxwell, incarcérée et condamnée pour trafic sexuel pour le compte de J.Epstein.

Pourrait-elle être graciée par D.Trump? Ce dossier colle à la peau de D.Trump, à quelques mois d'élections cruciales.

En plateau pour en parler, A.Bellanger. Vous êtes éditorialiste pour franceinfo et spécialiste des questions internationales.

M.Peyraube, vous êtes journaliste et auteur de "Les Insatiables: Epstein, la France et l'industrie de la mode". L.Descamps bonsoir.

Vous êtes journaliste au service reportage du "Parisien". Vous avez coécrit le hors-série sur l'affaire Epstein parue en juillet. Il y a aussi le podcast du "Parisien", "Crime story", sur l'affaire Epstein, qui sort demain.

A.Goutard, vous êtes spécialiste des faits de société. Merci à tous les 4.

D'abord, le nom de Daniel Siad, qui apparaît plus de 2000 fois dans les dossiers Epstein. De quoi est-il accusé? - A.Bellanger: C'est un rabatteur.

Il est basé entre Paris, la Suède...

A l'époque pendant laquelle il a exercé sa profession, c'est-à-dire une sorte de rabattage mondialisé, de jeunes femmes et de mannequins, il exerçait plus particulièrement sur Paris, qui est la capitale de la mode. C'est là que se rassemblaient l'ensemble des jolies jeunes filles qui aspiraient à travailler dans le mannequinat ou la mode. C'était une espèce de terreau privilégié, de centre de répartition, presque de hub mondial de ce qu'on pouvait imaginer à l'époque.

On parle de 2000 et 2017, les années pendant lesquelles il a été clairement identifié comme étant en contact avec J.Epstein. - S.Brakhlia: Est-ce que le mot "rabatteur" est le bon? - A.Goutard: C'est bien sûr pas le bon mot.

C'est un agent de mannequins. C'est un homme comme il en existe plein dans ce milieu. C'est un intermédiaire soi-disant "talentueux" pour repérer, qui avait le nez qui lui permettait de repérer des mannequins.

Il est aussi soupçonné d'avoir violé des femmes. Il est accusé par des jeunes femmes, notamment une ancienne mannequin...

Elle dit avoir été violée par monsieur Siad en 1990. On voit qu'il a, comme dans toute cette affaire, comme les protagonistes de cette affaire, cette double casquette, celle de membre d'un réseau, d'une filière et, en même temps, de profiteur à titre personnel de ces filières et de ces jeunes filles. - M.Peyraube: C'est un personnage assez énigmatique.

Il s'est exprimé dans une vidéo postée sur les réseaux. Quand l'affaire Epstein éclate, il a 69 ans. Il est originaire d'un petit village assez pauvre de Kabylie.

Il y a la double nationalité. Il a d'abord commencé en France, puis en Finlande, avant d'atterrir en Suède au début des années 80. Cette décennie, c'est l'âge d'or de la mode et du mannequinat.

Il a un ami à Stockholm qui lui propose de devenir rabatteur, "scout". C'est le mot qu'on emploie. Comme une sorte de mercenaire.

Il est chargé de repérer un peu partout dans le monde des pépites, des femmes extrêmement jolies pour les présenter aux agences de mannequins. Ebba Karlsson, la première à avoir porté plainte contre lui pour viol et pour trafic, raconte qu'il la présentée à l'agence Elite et à G.Marie. - S.Brakhlia: Le patron de l'agence Elite. - M.Peyraube: D.Siad apparaît dans les dossiers Epstein.

On dit 2000 fois, mais il y a des doublons dans les mails. 800 fois, pour être précis. J'ai pu faire une interview avec lui, comme d'autres journalistes.

Il dit avoir rencontré J.Epstein au début des années 2000, à Cuba. Il a été présenté par le cofondateur de l'agence Ford, une agence de mannequins, la plus grande agence de mannequins de l'histoire.

C'est l'agence initiale, l'agence mère, qui a eu pignon sur rue pendant des décennies. - S.Brakhlia: On va revenir sur ce monde de la mode qui a permis cette organisation criminelle autour de J.Epstein.

Dans cette affaire quand même incroyable, le principal accusé est mort, suicidé en prison. Son ami français lui aussi mis en cause, J.-L.Brunel, mort en prison aussi, suicide toujours.

Et là, on a le rabatteur présumé de J.Epstein qui vient de mourir subitement. Il ne manquait que ça pour alimenter les théories du complot. - A.Goutard: Il faut ajouter le beau-frère de G.Maxwell, retrouvé mort en France, en bas d'une falaise, dans un très joli petit village de France, avec un pied et une main en moins, coupés.

C'était un escroc notoire, mais c'est le mort de plus... - S.Brakhlia: Audrey rajoute des éléments à nos théories du complot. - A.Bellanger: Sans parler du père de G.Maxwell, mort aussi dans des circonstances particulières. - S.Brakhlia: Que dire aux complotistes qui nous regardent? "Vous avez raison"? - L.Descamps: Non.

Qu'il y ait des morts dans une affaire qui a duré au moins 30 ans, c'est normal et logique. Le problème, c'est le manque de transparence et les lenteurs de la justice qui font que quelqu'un comme lui n'a jamais été inquiété ou entendu par la justice. Ca alimente la théorie du complot, à tort ou à raison. - S.Brakhlia: Question. - A.Bellanger: Sur le cas de D.Siad, il n'a jamais été entendu par la justice.

Il a été cité dans l'affaire J.-L.Brunel.

Il n'était pas inconnu des service de justice. C'est un rebondissement de l'affaire qui fait qu'il est inquiété. Dans les 10-15 ans qui allaient venir, il allait être entendu par la justice et aurait peut-être subi l'opprobre professionnel, social, l'opprobre tout court, isolé par ses amis.

Ce sont beaucoup de raisons qui pourraient tout à fait justifier un suicide de la part d'un homme qui a passé sa vie à voyager dans le monde, qui a profité de la mondialisation et de dizaines de femmes qu'il repérait et qu'il violait, pour une partie d'entre elles. Il y a de bonnes raisons de penser qu'à l'aune de ce qui allait être la fin de sa vie, il ait souhaité l'abréger. - S.Brakhlia: Mort à 69 ans à son domicile des Hauts-de-Seine.

Il disait il y a encore quelques semaines être prêt à être entendu par la justice. Son avocate s'est dite surprise par cette disparition soudaine. Il emporte avec lui ses informations. - Il n'aura jamais pu s'expliquer devant la justice. *-Rebondissement Dans le volet français de l'affaire Epstein.

D.Siad retrouvé mort... *-Le rabatteur présumé en France du pédocriminel américain a été retrouvé dans son pavillon de Colombes. - D.Siad, 69 ans, retrouvé mort, emporte avec lui la réponse à cette question: a-t-il participé au trafic sexuel mis en place par J.Epstein?

Son décès soudain, l'autopsie n'a pas encore permis d'en déterminer la cause. Son avocate s'interroge. - Je suis très surprise de sa disparition.

Encore une fois, je ne suis pas médecin légiste. Peut-être que c'est vraiment son corps qui a lâché parce que c'était trop, trop à supporter pour un homme. Ou peut-être qu'aucun homme n'arrive jusqu'à la justice dans ce dossier.

On sait qu'il est mort après avoir sollicité de la justice qu'elle l'entende. Et après avoir été condamné publiquement par le monde entier. - Le nom de Siad apparaît plus de 2000 fois dans les Epstein files, publiés par le ministère de la Justice américain fin janvier.

Il est même cité par le FBI comme "recruteur présumé" de femmes pour le compte de J.Epstein. Cette ancienne mannequin avait 20 ans quand elle rencontre D.Siad. - Il se présente comme Daniel, chasseur de têtes. "Je cherche actuellement des mannequins pour travailler à New York.

Ca vous intéresse? N'hésitez pas, contactez-moi." - Il lui envoie, selon elle, des billets d'avion pour New York où elle rejoint J.Epstein. - Je me rappelle d'un immense immeuble.

Je vois un homme qui s'approche, assez grand, avec un costume. Il m'emmène dans une chambre un peu plus loin, au fond du couloir. Il me demande de me dévêtir et de me mettre en sous-vêtements. "Qu'est-ce que c'est que ce bordel?" - La jeune femme s'enfuit.

Autre témoignage recueilli par les enquêteurs français, celui d'une femme que D.Siad aurait emmenée dans le palace de J.Epstein de 800 m2, avenue Foch.

Elle dit avoir été son esclave sexuelle. ...

Quelques mois avant son décès, dans une rare apparition, D.Siad avait démenti toutes ces allégations. - D.Siad: J'ai fait mon travail en tant que scout, pas comme rabatteur.

Je suis prêt à confronter toute la presse de tout ce qui se passe dans cette situation. - Accusé de viol et de traite d'êtres humains, D.Siad reste présumé innocent.

L'affaire tentaculaire semble largement dépasser les frontières américaines, comme l'admettait à demi-mot E.Macron il y a 6 mois. - Il y a des personnalités françaises qui sont citées aussi. - E.Macron: Oui.

La justice fera son travail. Mais elle concerne surtout les Etats-Unis d'Amérique. Il faut que la justice là-bas fasse son travail. - Après la publication des Epstein files, des dizaines de noms de personnalités françaises plus ou moins liées à l'affaire émergent.

Des mails retrouvés aussi avec l'ancien député C.Villani, la banquière Ariane de Rothschild ou le chef d'orchestre Frédéric Chaslin. Une affaire également marquée comme de par de nombreux décès.

Le Français J.-L.Brunel, mais aussi J.Epstein lui-même en 2019. - Le nombre de morts autour de ce dossier, dont le principal accusé, pose vraiment question et nourrit cette idée qu'on ne veut pas découvrir ce qu'il y a dans ce dossier.

C'est dangereux. Ca renvoie un message de défiance à l'égard de la justice sur ces réseaux pédocriminels. - Pour autant, cette avocate continue de recevoir des témoignages de victimes présumées chaque semaine.

Des paroles précieuses pour enfin espérer un jour obtenir des réponses. - S.Brakhlia: L'autopsie de D.Siad n'a pas permis de connaître les causes du décès.

Ca arrive souvent? - A.Goutard: Oui! - S.Brakhlia: Pardon... - A.Goutard: Ca arrive souvent.

Cette affaire est quand même terrible. On en parlait hors antenne. On se disait que c'est incroyable.

On aurait pu faire une autopsie et trouver une mort évidente à D.Siad, qui a eu une vie plutôt dissolue, une santé pas défaillante, mais l'autopsie a montré qu'il y avait eu un infarctus ancien...

Ca aurait pu être une évidence, mais non. On n'a pas déterminé les causes. Ca arrive.

Les analyses toxicologiques vont prendre du temps, à peu près 15 jours ou 3 semaines. - S.Brakhlia: Vous qui avez travaillé sur le dossier et qui avez rencontré D.Siad, est-ce qu'il a pu se suicider? - M.Peyraube: A titre personnel, vous me posez la question? - S.Brakhlia: Oui.

Quel personnage vous aviez en face de vous quand vous l'avez rencontré? - M.Peyraube: Le suicide, dans son cas, est inenvisageable.

Il avait envie de dire sa vérité. Il avait envie d'être entendu. Il l'a dit, son avocate l'a répété, il n'attendait qu'une chose: être placé en garde à vue.

Il voulait raconter...

Il se disait très affecté par ces accusations qui jetaient l'opprobre sur sa carrière de scout. La thèse du suicide me semble... - S.Brakhlia: Vous n'y croyez pas. - M.Peyraube: Mais je ne crois pas non plus à la thèse de l'assassinat.

C'était un monsieur d'un certain âge, 69 ans. L'autopsie n'a pas révélé de trace de violence récente pouvant être en lien avec le décès. Elle a déterminé un état de santé altéré et la trace d'un ancien infarctus, compatible aussi avec cette mort subite. - S.Brakhlia: Il y a des analyses complémentaires en cours.

On attend d'avoir les informations. L'association Innocence en Danger a dénoncé la lenteur de la justice et annonce vouloir poursuivre l'Etat pour déni de justice. - L.Descamps: Le nom de D.Siad est arrivé dans le dossier très tôt, en 2022.

Il n'y a jamais eu de poursuites. Ils ont fermé le dossier Brunel et ils ne se sont pas penchés du tout sur D.Siad, déjà présenté comme un rabatteur par une victime.

On est a minima à 7 plaintes contre lui. Ils ont du mal à comprendre qu'il n'ait jamais été entendu par la justice alors que les victimes ont été entendues. Ca commence à faire plusieurs mois. - M.Peyraube: Beaucoup de victimes ont déjà été entendues. - S.Brakhlia: Comment ils expliquent qu'il n'ait pas été entendu? - M.Peyraube: Parce que ça prend du temps. 24 jeunes femmes se sont manifestées, 24 victimes présumées.

La justice en a entendu 16. Il en manque 8. Il y avait 8 auditions à venir.

Ca prend du temps. - S.Brakhlia: Première plainte en 2022. - M.Peyraube: Son nom apparaît dans le dossier Epstein avec l'instruction Brunel en 2020.

Il y a eu des dysfonctionnements, certainement. - A.Goutard: A la mort de monsieur Siad, il y a eu un communiqué de presse du parquet de Paris.

La procureure dit: "On a travaillé." Elle dit aussi: "Notre idée, c'était de faire le tour de cet énorme travail que représentent les fameux dossiers Epstein. On voulait entendre toutes les victimes." Soit. "Avant d'entendre D.Siad." Soit.

Mais les victimes l'accusent de viol. Donc ça le concerne lui. Rien à voir avec le dossier Epstein.

Pourquoi ne pas l'avoir entendu sur l'affaire de viol? Dans ce dossier, on peut dire que la justice a été lente. Je dirais qu'elle a été dysfonctionnante.

Ils auraient pu l'entendre sur le volet viol. Mais dans l'affaire Brunel...

Il s'est suicidé, a priori, dans sa cellule, en 2022. A ce moment-là, ils arrêtent l'enquête. Ils promulguent un non-lieu.

Ils décident de clore toute l'enquête Epstein en France. C'est étonnant. Si vous comparez ça avec une affaire de stups, comme la DZ Mafia...

C'est ce groupe de malfaiteurs et trafiquants de stupéfiants. Imaginez le patron de la DZ Mafia qui meurt. Est-ce qu'on arrêterait toutes les enquêtes sur eux?

Non. Là, pourquoi avoir décidé, en France, en 2022, d'arrêter toute enquête sur Epstein sur la base de la mort d'un lieutenant d'Epstein? - A.Bellanger: Ce n'est pas la 1re fois que les affaires sexuelles de viol sur ou de harcèlement sur les femmes posent un problème à la justice française.

La comparaison n'est pas raison, mais l'affaire Lyhanna montre très bien que les dysfonctionnements, surtout dans des affaires dont on ne sait pas bien caractériser ou bien monter, où il n'y a pas de parquet spécialisé dans l'affaire, où il y a plusieurs volets...

Dans l'affaire Epstein, vous avez un volet international, un volet national, un appartement avenue Foch... - M.Peyraube: Avenue Hoche, c'était J.-L.Brunel. - A.Bellanger: Un appartement qui n'a pas été visité. - M.Peyraube: Un mois pour être perquisitionné. - A.Bellanger: On n'a pas regardé dans les ordinateurs, perdus depuis.

Ces dysfonctionnements dans les affaires sexuelles en France, ça a fini par devenir un pattern. - S.Brakhlia: Maintenant que D.Siad est mort, qu'est-ce qui se passe pour la suite de l'enquête? - A.Goutard: A voir si on réitère la même stratégie qu'en 2022 en prononçant un non-lieu sur l'ensemble de l'affaire Epstein.

Ca m'étonnerait. Les mentalités ont peut-être changé. Les enquêtes des journalistes ont quand même fait bouger les lignes. - M.Peyraube: La procureure de Paris a spécifiquement dit: "l'enquête cadre..." Elle l'avait lancée en février 2026.

Elle continue. - S.Brakhlia: L'enquête s'arrête en 2022 après la mort de J.-L.Brunel, mais une nouvelle enquête reprend en février 2026 à la faveur de la publication des Epstein files par le département de justice américain. - M.Peyraube: Ca a tout relancé.

C'est là que la France prend peut-être la mesure de ce scandale interplanétaire avec un volet français qui est quand même extrêmement important. - S.Brakhlia: C'est intéressant de revenir sur la parole du président de la République quand il est interrogé.

E.Macron dit que cette affaire est surtout une affaire américaine. Il se trompe. - L.Descamps: Et ça met en rage les victimes américaines, qui l'ont été sur le sol français.

Un avocat m'a répondu que c'était à Paris qu'il avait commis les pires méfaits. - M.Peyraube: Paris est vraiment un élément central, la plaque tournante de l'écosystème. - A.Bellanger: Mais aussi Madrid, où il y a eu un début d'affaire Epstein parce qu'une partie de la grande bourgeoisie madrilène avait confié son argent à Epstein dans un volet financier d'escroquerie.

Vous avez une partie britannique... - A.Goutard: Norvège... - A.Bellanger: Dans la partie britannique, P.Mendelson, le "dark knight", le "chevalier noir" de la politique britannique qui se fait prendre ridiculement en slip sur des photos et livré en pâture...

A mon avis, il a fait quasiment tomber l'ex-Premier ministre britannique, remplacé il y a quelques jours. L'affaire norvégienne est plus intéressante. On peut parler d'instrumentalisation de l'affaire Epstein par la Maison-Blanche.

La Maison-Blanche ne reçoit pas...

D.Trump ne reçoit pas le prix Nobel de la Norvège. Il appelle le Premier ministre norvégien.

Quelques semaines plus tard, il y a des dizaines de mails publiés qui mettent en cause la princesse héritière de Norvège, Mette-Marit. C'est une femme un peu légère d'avoir laissé traîner ce type de mails où elle tutoie Epstein. La princesse héritière de Norvège doit s'excuser en public à la télévision pour avoir entretenu ces liens avec Epstein.

C'est une façon pour la Maison-Blanche de faire diversion et de se venger de la Norvège qui ne lui a pas donné le prix Nobel de la paix. - S.Brakhlia: Question. - A.Goutard: La mort des protagonistes dans cette affaire arrange obligatoirement tous ceux qui veulent encore cacher des choses.

Qui dit rabatteur dits clients. Qui dit clients dit suspects. A un moment, on va peut-être remonter, la justice va peut-être remonter à des clients en France, français.

Ceux qui savaient, c'est obligatoirement D.Siad, J.-L.Brunel et G.Marie.

Tous ces gens ont les noms de ceux qui ont pu profiter de ces jeunes mannequins, souvent mineures. - S.Brakhlia: G.Marie, c'est un autre protagoniste, toujours vivant. - M.Peyraube: On pourrait dire que c'est le dernier des Mohicans.

C'est le seul survivant de toute cette histoire. J.Epstein, c'est un peu l'arbre qui cache la forêt.

C'est facile de le détester. Il nous fait peur. C'est le pédocriminel le plus haï des Etats-Unis, du monde.

C'est un personnage qui draine énormément de fantasmes, de dégoût, de théories du complot, mais il est un peu loin. G.Marie, la France en particulier, ont créé cet écosystème, bien avant J.Epstein.

Les années 80, à la faveur des boîtes de nuit, de la création artistique, de la mode et de cette industrie en plein essor, ont créé un écosystème de prédation sexuelle de très jeunes filles. On parle de jeunes mannequins qui venaient tenter leur chance à Paris, parfois de 12, 13 ou 14 ans. On est dans le même sordide que J.Epstein.

Au début des années 90, J.Epstein fréquente tous ces agents de mannequins. Il y avait aussi John Casablancas, le président d'Elite.

Il est fasciné par ce monde. Il voit un puits sans fond de jeunes femmes qui veulent réussir et qui se tairont. C'est un filon.

Il va s'infiltrer dans notre système. - S.Brakhlia: C'est Paris qui a inspiré... - M.Peyraube: La bombe Epstein a été activée en France.

C'est la France qui a créé le système Epstein. Lui s'est infiltré dedans. G.Marie...

Il y a eu un non-lieu. Des jeunes femmes avaient déposé plainte il y a 5 ans contre lui. Il y a eu une enquête.

Il y a eu un non-lieu pour prescription des faits. Il est tout à fait présumé innocent, mais G.Marie est le dernier qui sait énormément de choses. - S.Brakhlia: Qu'est-ce qu'il vous a dit sur J.Epstein? - M.Peyraube: J.Epstein s'est tourné vers G.Marie via J.-L.Brunel...

G.Marie était le plus charismatique, le plus puissant. L'agence Elite avait la réputation d'avoir les plus belles femmes du monde.

J.Epstein, par J.-L.Brunel, s'est tourné vers G.Marie en lui proposant de fusionner l'agence MC2, de J.-L.Brunel, que J.Epstein avait financée, et de créer une joint-venture pour créer une agence commune et avoir accès au vivier d'Elite.

G.Marie m'explique qu'il a rencontré J.Epstein dans son penthouse new-yorkais, que c'était un homme très élégant, très "good looking", charmant.

Ils ont tenté de faire des affaires. Leurs échanges s'arrêtent net avant l'arrestation d'Epstein, la 1re arrestation. G.Marie me dit que c'était pour des raisons commerciales et qu'il ne savait pas qu'il était inquiété. - S.Brakhlia: Est-ce qu'il est possible qu'il ne sache rien? - A.Bellanger: Je voulais faire un petit point de géopolitique.

Il faut se rendre compte que dans les années 80, vous avez un événement géopolitique planétaire, l'effondrement de l'Union soviétique et des Républiques soviétiques. Des milliers de jeunes femmes issues de ces Républiques...

Je parle de l'ex-Yougoslavie, mais aussi de Bulgarie, Roumanie, de la Tchéquie...

Elles sont grandes, blondes, très jeunes, sans le sou et elles rêvent de Paris. Et très abordables. Vulnérables, pardonnez-moi.

Mais aussi abordables. Elles sont vulnérables. Elles rêvent de Paris.

Je me souviens parfaitement avoir vu débarquer des cars entiers de Bulgares...

Mais surtout, de ces jeunes filles attirées par ce qui était la ville phare de l'époque. Un peu Milan, un peu Londres, mais beaucoup Paris. Paris est devenue la plaque tournante de ce monde qui s'effondrait, qui avait faim...

Ca faisait fantasmer toutes les agences parisiennes, ces grandes, blondes, minces, très jeunes, arrivant à Paris. On retrouve cette fascination pour l'Europe de l'Est, pour ces femmes d'Europe de l'Est chez D.Trump, qui n'a cessé de se marier avec ces femmes, qu'il rencontre par le biais de J.Epstein. - M.Peyraube: J'ai interviewé G.Marie.

Il se défend. Il dit n'avoir jamais violé personne. Il dit qu'il ne connaissait pas D.Siad et qu'il n'avait rien à voir avec tout ça, que l'agence Elite était au-dessus de tout soupçon. - S.Brakhlia: Vous le croyez? - M.Peyraube: Je ne sais pas. - S.Brakhlia: Ce n'est pas un oui franc. - M.Peyraube: Je ne sais pas s'il a mesuré ce qu'il s'est passé dans ces années-là, ce qui était son rôle...

Il est quand même accusé... 7 plaintes ont été déposées contre lui, le 15 juillet, pour viol, trafic d'êtres humains...

Il va probablement être entendu par la justice. - A.Goutard: Je voudrais ajouter un point pour compléter ce que dit Anthony.

On entend beaucoup des gens qui disent: "Si ce réseau Epstein était si énorme, pourquoi il n'y a pas plus de plaintes?" Il faut comprendre qui était leurs proies et à qui ils s'adressaient. Ces petites jeunes filles qui débarquaient, à qui on prenait souvent le passeport...

Elles n'avaient pratiquement rien à manger, elles étaient logées par l'agence, elles vivaient au travers de l'agence. Ces jeunes filles n'avaient pas de moyens de protester. Leur demander, 20 ans après, alors qu'elles ont vu la puissance d'Epstein qui étaient les clients qu'elles étaient obligées de mettre dans leur lit et leur puissance...

Comment voulez-vous, alors qu'elles sont peut-être reparties dans les pays de l'Est, elles portent plainte? - S.Brakhlia: Elles ont enfoui l'histoire au plus profond d'elles pendant 20 ans.

C'est difficile de la ressortir aujourd'hui avec toutes les conséquences... - M.Peyraube: Et la peur.

Il s'agit de pouvoir, de domination. - A.Goutard: Et des enquêtes qui n'avancent pas. - A.Bellanger: Beaucoup des plaignantes viennent de pays qui n'ont pas eu faim.

Ce sont souvent des jeunes femmes issues des pays scandinaves, des Etats-Unis, de France, des pays où la question d'être perdues à l'étranger ou abandonnées... ...

Elles étaient l'espoir d'une famille...

C'est toutes ces centaines de jeunes femmes qui n'ont pas porté plainte...

Celles qui ont porté Plainte, c'est celles qui étaient solides, qui venaient de pays où elles n'avaient pas faim et où le rapport à la beauté et au sexe n'était pas le même. - M.Peyraube: C'est quand même aussi grâce à MeToo et à tout ce mouvement de libération de la parole...

D'un coup, chacune, dans sa propre intimité, relit son histoire et se rend compte que ce n'était pas normal. Il y a aussi toute cette relecture. - S.Brakhlia: La frustration et la colère que peuvent ressentir certaines victimes, c'est de voir ces disparitions s'enchaîner.

Question. - L.Descamps: Sans doute. - S.Brakhlia: C'est une source supplémentaire qui disparaît, dans une enquête qui a du mal à progresser. - L.Descamps: Qui a été longue... - S.Brakhlia: Comment s'organise la justice française?

Comment ça marche sur ce dossier Epstein? - L.Descamps: Il y a 2 magistrats.

Normalement, il devait y en avoir 3. A priori, ils ne font pas ça entièrement de leurs journées. - S.Brakhlia: Ils ont autre chose à faire. - L.Descamps: Ils devaient normalement rouvrir le dossier Brunel, relire les "files", les fichiers américains. - S.Brakhlia: Leur rôle, c'est aussi d'éplucher tous les fichiers américains publiés? - M.Peyraube: Un magistrat me disait: "On nous a donné cette mission noble, extraordinaire, et on y a mis tout notre coeur, mais on n'a pas les moyens d'éplucher tous les 'files'". - A.Goutard: Il est intéressant de regarder ce que dit le parquet.

Quand la mort de D.Siad apparaît, il y a ce communiqué. Le parquet se justifie. "La diffusion des Epstein files a conduit le parquet de Paris à solliciter des enquêteurs sur une nouvelle exploitation des scellés.

Courant juin, les enquêteurs ont trouvé un logiciel d'analyse de masse permettant d'analyser les données, soit environ 1,5 million de documents." Il y a maintenant 5 magistrats qui passent leurs journées...

On voit bien le malaise au parquet de Paris. - A.Bellanger: C'est parfait, ce que vous avez raconté.

Je vais le compléter. Une enquête a été publiée aujourd'hui et vient montrer que ce dossier publié par le ministère de la Justice américain sont entièrement manipulés au quotidien. La Deutsche Welle s'est rendu compte que les 3 millions de dossiers publiés le 30 janvier par le ministère de la Justice américain, il n'y en a 500 000 qui ont disparu. 1/6 à 1/7 a disparu.

Une partie de ces fiches a aussi été remanipulée. Ils ont eu d'autres fiches...

Des fiches qu'ils avaient déjà eues et qu'ils ont reconsultées et qui se retrouvent ajoutées du nom des victimes. Comme une façon de la part des Etats-Unis de négligence ou d'intimidation à l'encontre des victimes... - L.Descamps: C'est aussi parce qu'ils avaient mal fait le travail de caviardage et qu'ils avaient dévoilé des noms, des adresses, des photos de victimes. - S.Brakhlia: Une victime française a été "outée" par la justice américaine. - A.Goutard: J.D.Vance s'est exprimé dans un podcast très populaire aux Etats-Unis sur cette affaire et sur la façon dont ces documents sont sortis. "Je dis en toute franchise que nous avons raté notre communication sur les dossiers Epstein." Ce qui est intéressant dans ce qu'il dit...

Il rappelle que 6 millions de documents ont été trouvés, dont 3 millions qu'il qualifie de pertinents. Il dit que tous ont été publiés, à l'exception de certains documents que les tribunaux leur ont demandé de censurer, et de certains documents qu'ils ne peuvent pas rendre publics. "Des dossiers que nous ne sommes pas autorisés à rendre publics." On se demande par qui et pourquoi. - S.Brakhlia: Des documents cachés, des zones d'ombre dans les morts...

Il y a une mort qui intrigue le plus dans cette affaire, celle de J.Epstein. Il est aussi décédé avant d'être jugé.

S'est-il vraiment suicidé dans sa cellule? C'est la version officielle, mais de nombreuses zones d'ombre alimentent encore une fois les spéculations. - C'est un document qui vient épaissir encore un peu plus le mystère autour de la mort de J.Epstein. - Selon les informations de NBC News, un juge fédéral vient de rendre publique une lettre de suicide potentiellement rédigée par Epstein. - Il est écrit dans la note que "c'est un vrai bonheur de choisir le moment où on fait ses adieux". - Une note énigmatique, non signée, peut être écrite par J.Epstein, restée dans les cartons de la justice pendant 7 ans.

C'est son ancien codétenu qui l'aurait découverte. Le prédateur sexuel y aurait écrit son intention de se suicider. Un nouvel élément qui relance les spéculations sur sa mort déjà bien mystérieuse.

Le 10 août 2019, J.Epstein est retrouvé pendu dans sa cellule. Le suicide est rapidement évoqué puis confirmé quelques jours plus tard par une autopsie. - Je n'ai rien vu qui puisse remettre en cause la conclusion du médecin légiste selon laquelle il s'agissait d'un suicide. - Mais rapidement, des premiers doutes.

J.Epstein se serait-il suicidé ou aurait-il été assassiné afin de protéger certaines personnalités publiques? Plusieurs éléments, dont ces images de vidéosurveillance de sa cellule, interrogent.

La seule caméra en fonctionnement cette nuit-là est mal positionnée. Elle ne couvre pas l'entrée de sa cellule, ici en rouge à droite. Surtout, l'heure affichée saute brusquement d'une minute aux alentours de minuit.

Les images auraient été coupées, selon ce journaliste d'investigation américain. - La vidéo était assemblée à partir de 2 clips distincts et exportée à plusieurs reprises. Lorsque nous avons examiné les métadonnées, nous avons constaté que 2 minutes et 53 secondes avaient été supprimées De l'un des fichiers originaux qu'ils avaient utilisé. - Le média américain CBS a aussi enquêté et révèle un autre élément troublant.

Aux alentours de 22h30, un flash orange apparaît succinctement sur la vidéo. Une personne aurait été aperçue de la cellule d'Epstein quelques heures avant sa mort. - Des documents récemment publiés par le département de la justice révèlent qu'une note du FBI indique que le flash pourrait être un détenu. - Autres zones d'ombre: l'autopsie d'Epstein.

Un médecin légiste Mandaté par le frère du milliardaire contredit la thèse du suicide. - Il était mort depuis plusieurs heures quand son corps a été découvert. Il y avait de multiples fractures de la pomme d'Adam, du cartilage thyroïdien et de la thyroïde, ce qui indique davantage un étranglement meurtrier qu'un suicide. - Face à ces théories, le directeur du FBI maintient la thèse du suicide. - En tant que personne ayant été avocat, procureur, je connais la prison où était Epstein.

Je sais reconnaître un suicide quand j'en vois un. C'est ce que c'était. - Suicide ou assassinat?

Chaque nouvel élément semble soulever plus de questions que de conclusions. 7 ans après sa mort, J.Epstein continue d'obséder l'Amérique. - S.Brakhlia: Je vous repose la question.

Le suicide par pendaison de J.Epstein, vous y croyez? - M.Peyraube: Autant D.Siad et J.-L.Brunel, je crois à la thèse du suicide.

L'arrêt cardiaque pour D.Siad...

Autant J.Epstein, je suis quasiment convaincue qu'il a été assassiné. - A.Goutard: Je voudrais m'appuyer sur des faits. - S.Brakhlia: C'est ça que je voulais dire depuis le début.

Il vaut mieux le répéter plusieurs fois. Il y a des théories du complot dans tous les sens. - A.Goutard: On parle de théories du complot dans plein de domaines de la vie politique.

Dans cette affaire, je comprends que certains doutent. Je trouve pas que ce soit pour autant être complotiste. - S.Brakhlia: On peut s'interroger. - A.Goutard: Voilà.

Il se suicide. 2 semaines avant, il avait fait une tentative de suicide. Le "New York Times" a sorti en juin un document très intéressant.

Cette tentative de suicide qu'il fait 2 semaines avant, il est avec un copain de cellule, un détenu condamné 4 fois pour meurtre. Quand Epstein se réveille après sa tentative de suicide, il dit "on a essayé de me tuer". Il dénonce ce gars.

Cet homme dit: "Je sais qu'il a voulu se suicider. Dans une bande dessinée, j'ai trouvé cette lettre. C'est une lettre d'adieu." Ceux qui pensent que J.Epstein s'est vraiment suicidé, notamment au sein du gouvernement américain, ceux qui veulent tout aplanir, sortent cette lettre en disant qu'il voulait se suicider.

Cette lettre, c'était aussi pour dire "je n'ai pas tenté de tuer mon copain de cellule Epstein". - S.Brakhlia: Il y a d'autres circonstances douteuses dans sa mort? - L.Descamps: Ce qui fait s'interroger, c'est le déroulé de la soirée.

Les gardiens de prison qui ne font pas leur ronde comme ils sont censés la faire, les caméras... - M.Peyraube: Ils n'ont d'ailleurs pas été poursuivis. - L.Descamps: Les caméras qui avaient été vérifiées mais qui n'enregistraient pas ce soir-là, le codétenu qui était parti la veille au soir...

De l'argent qui a été retrouvé sur le compte en banque d'une des 2 gardiennes...

C'est plutôt le déroulé de la soirée qui fait s'interroger. Et cet os du cou cassé qui est plus souvent cassé quand c'est une strangulation qu'une pendaison. - S.Brakhlia: Question. - A.Bellanger: Pour le coup, on va aborder une théorie du complot antisémite.

Il y a un relent antisémite dans toute cette affaire. Il pointe vers Israël. Cette théorie souligne que J.Epstein est juif, qu'il serait lié au Mossad et que le Mossad se serait servi de lui comme d'un kompromat.

C'est assez invraisemblable, pour plein de raisons. - S.Brakhlia: Epstein ancien agent du Mossad, ça a été vérifié? - A.Bellanger: Ca évite de regarder ailleurs.

Ailleurs, ce serait dans d'autres pays, qui ont aussi pas mal de choses à se reprocher. Je pense aux pays du Golfe, notamment, dans lesquels D.Siad s'est beaucoup rendu ou dans lesquels il a beaucoup rabattu de jeunes filles.

Les Emirats arabes unis, la Russie aussi, qui fascinaient à la fois Trump et Epstein. Les mafias d'Europe de l'Est...

Il y a beaucoup d'autres hypothèses. L'obsession pour la filiale Mossad et la judaïté d'Epstein empêche de voir. - A.Goutard: Un autre point est très troublant.

En principe, un réseau de proxénètes, c'est fait pour gagner de l'argent. On se rend compte que là, ça n'était pas pour gagner de l'argent qu'il prostituait ces jeunes filles. C'était pour maintenir son influence et avoir un maximum de clients haut placés et bien placés.

On le voit dans tous les pays où l'affaire Epstein dégouline, il y a toujours des gens qui peuvent apporter des éléments, mais pas à lui vraiment...

Quand il s'intéresse à un conseiller spécialiste en agriculture qui apparaît dans les "files", on se demande pourquoi. Ce gars était en train de gérer à Bruxelles un contrat important. Il y a toujours un intérêt.

Après, Israël...

C'est peut-être plus complexe que ça, pardon. Son beau-père, qui était un magnat de la presse britannique, a toujours été accusé d'être un agent du Mossad. Si vous voulez, ça a dégringolé jusqu'à son beau-fils, Epstein. - S.Brakhlia: En 2018, déjà, malgré des preuves accablantes, J.Epstein a bénéficié d'un accord avec la justice américaine.

Il a écopé de quelques mois de prison seulement. Après, il a été libéré. Il s'en est sorti grâce à son argent.

Il y a eu un deal avec la justice américaine. - M.Peyraube: 13 mois de prison. - A.Bellanger: La justice américaine est faite comme ça. - M.Peyraube: Il revenait dormir en prison mais il avait le droit de sortir plusieurs heures par jour. - S.Brakhlia: Il ne s'est jamais arrêté.

Aujourd'hui, où on en est dans l'enquête américaine? - L.Descamps: Il y a des auditions au Congrès qui sont plus pour de la transparence qu'une vraie enquête judiciaire.

Le Nouveau-Mexique a rouvert une enquête en février. C'est là qu'il avait son ranch, une de ses propriétés, qui n'avait jamais été fouillée. - S.Brakhlia: L'enquête continue aux Etats-Unis.

On a l'impression que c'est très lent. - A.Goutard: Pas grâce au ministère de la Justice.

Ce ranch, c'est l'Etat qui a décidé de prendre l'initiative d'organiser des perquisitions. - A.Bellanger: On est raccord!

Revenons au ministère de la Justice américain, qui était d'abord entre les mains de P.Bondi. Elle a été jugée trop légère sur l'affaire J.Epstein.

Elle a commis des erreurs de communication et des erreurs de procédure. Elle a été remplacée par le porte-flingue de Trump. - S.Brakhlia: G.Maxwell est la complice de J.Epstein. - A.Bellanger: C'est la seule qui a survécu et qui pourrait tout donner.

T.Blanche, l'avocat personnel de D.Trump, son porte-flingue, celui qui déclenche des enquêtes plus vite que son ombre...

Dès qu'on évoque, qu'on associe le nom d'Epstein à celui de Trump...

Il vient d'hériter du ministère de la Justice. Il est là pour garder la niche. Il devient le chien méchant, celui qui s'assied sur les dossiers Epstein et qui ne laissera rien paraître, qui grogne à chaque fois qu'on s'approche.

Il est là pour garder la niche. - S.Brakhlia: Sa nomination est stratégique.

Il faut que les sénateurs confirment sa nomination. T.Blanche a rencontré G.Maxwell.

G.Maxwell, qui sait tout, mais qui ne dit rien. - A.Bellanger: Il n'est au ministère de la Justice que pour ça.

Il n'est là que pour s'asseoir sur les dossiers Epstein et ne rien laisser filtrer, être le garde-chiourme de ces dossiers. - S.Brakhlia: On a dit qu'il y avait des documents qui n'avaient pas été publiés et qui sont bien gardés par l'administration américaine.

Il y a aussi G.Maxwell qui sait tout et qui ne dit rien. Elle est d'accord pour parler, mais à une condition: qu'elle soit graciée. - M.Peyraube: C'est très intéressant.

Elle est la clé de voûte du système Epstein, l'entremetteuse. Au Moyen Age, il y avait...

Criminologiquement, c'était la trotteuse de couvents en Espagne. Elle aidait les prêtres à opérer des raids dans les campagnes pour prendre des paysannes. Dans les annales du crime, la figure de la femme est toujours...

Il faut faire attention: quel était le degré d'emprise de G.Maxwell? On a beaucoup parlé ici de l'affaire Fourniret.

M.Olivier... - S.Brakhlia: G.Maxwell permettait de rassurer les jeunes filles. - M.Peyraube: Elle est la clé de voûte du conditionnement.

Elle recrutait des jeunes filles. Elle les formait aux préférences sexuelles de J.Epstein.

Elle leur expliquait comment il aimait être massé. C'était une figure à la fois féminine, un peu maternelle, rassurante. Elle avait tous les codes de la bourgeoisie.

Elle rendait aussi ses crimes...

Comment dire? Presque acceptables socialement. Elle était un élément très important. - A.Bellanger: Il y a aussi un autre aspect de G.Maxwell.

Etant la fille de R.Maxwell, toute son enfance, jusqu'à la mort de son père, elle était dans la très haute aristocratie britannique. C'est elle qui a introduit J.Epstein, notamment au prince Andrew et à toute l'aristocratie... - M.Peyraube: A B.Clinton. - A.Bellanger: Elle avait un des carnets d'adresses les plus fournis de la jet-set britannique.

Britannique et américaine. Ils se sont rencontrés à New York. Ils se sont trouvés. - M.Peyraube: Elle présente J.-L.Brunel à J.Epstein. - A.Bellanger: G.Maxwell est incarcérée, aujourd'hui.

Elle a écopé d'une peine de 20 ans pour trafic sexuel sur mineures pour le compte de J.Epstein. Elle est dans une prison où le traitement est plutôt sympathique. - L.Descamps: Elle a commencé dans une prison un peu plus difficile. - S.Brakhlia: Et ensuite? - L.Descamps: Elle a été transférée dans une prison aux conditions beaucoup plus... - A.Bellanger: Grâce à T.Blanche. - A.Goutard: Il y a un deal qui est certainement passé.

Il n'y a aucune raison qu'il assouplisse à ce point le régime carcéral de cette dame. Ce deal, on ne le connaît pas. Mais il existe obligatoirement.

Ils se sont tapé dans la main pour qu'elle, d'un côté, ne dise rien...

Enfin, rien, pas vraiment. Elle dit quand même: "J'ai des choses à dire. Je ne les dirai que si je suis graciée.

Je peux dire que monsieur Clinton et monsieur Trump sont des gentlemen." Ca, elle le dit. Est-ce que ça fait partie du deal?

A partir de ce moment, elle change de prison. On lui ouvre sa cellule. Elle peut circuler.

Elle a un régime alimentaire qui n'est plus le même. C'est important, j'imagine, quand on écope de 20 ans de prison. Elle peut recevoir qui elle veut. - A.Bellanger: Elle a même un petit chien. - S.Brakhlia: Cette affaire Epstein est devenue un véritable boulet pour D.Trump, lui qui doit faire face dans quelques semaines à des élections de mi-mandat.

Il a de quoi s'inquiéter au regard des derniers sondages. - Partout où il se rend, l'affaire Epstein ne cesse de lui coller à la peau. Dernier exemple ici lors du dîner des correspondants de la Maison-Blanche.

D.Trump forcé d'assister en silence à la remise d'un prix au "Wall Street Journal". - Les reportages courageux du journal sur les relations passées du président Trump avec le financier J.Epstein ont permis la publication des dossiers Epstein. - Trump a rapidement intenté un procès de 20 milliards de dollars contre le journal, révélant l'adresse personnelle d'une journaliste.

Sa famille a dû être relogée. - Le président américain préfère en rire, mais cette semaine, nouveau revers. Le Sénat s'est opposé à toute grâce présidentielle de G.Maxwell, la complice de J.Epstein.

D.Trump l'avait envisagée, dans l'espoir d'être disculpé. - Envoyons un message à la Maison-Blanche et au ministère de la Justice dès maintenant.

Il ne doit y avoir aucune grâce pour G.Maxwell. Il ne doit jamais y avoir de grâce pour quelqu'un qui a aidé un monstre à abuser de mineures pendant des années! - L'affaire Epstein ou le poison lent du second mandat Trump.

Il est cité des milliers de fois, notamment dans une plainte pour viol par une jeune fille mineure. Des liens que le président américain a toujours niés en bloc. - D.Trump: Je n'ai rien à voir avec lui.

Je l'ai jeté de mon club il y a des années parce que je pensais que c'était un sale pervers. Je crois que je ne m'étais pas trompé. - L'administration Trump est aussi accusée d'avoir entravé l'enquête.

Il y a 2 semaines, le vice-président reconnaissait des erreurs. - J.D.Vance: On a complètement foiré la com sur les fichiers Epstein.

Est-ce que je pense que la raison pour laquelle on a foiré la com, c'est parce qu'on essayait de cacher quelque chose? Non. Je sais que ça a eu pour effet de faire perdre confiance. - De nombreux Américains désapprouvent la gestion de l'affaire Epstein par Trump.

Le président est enlisé dans de nombreux dossiers. Parmi eux, la guerre contre l'Iran et l'effet sur les prix de l'essence, qui restent élevés pour les Américains. - Je ne soutiens pas sa politique.

Il est en grande partie responsable des problèmes que connaît ce pays. Ils ont recommencé à bombarder hier soir et le pétrole remonte déjà. - Je compatis avec les gens qui payent plus cher à la pompe. - L'inflation a battu son record depuis 3 ans, aggravée notamment par la politique de droits de douane de D.Trump.

Là aussi, c'est un revers pour le président américain, car ils ont été jugés illégaux par la Cour suprême. Le Trésor américain a dû commencer à rembourser cet argent. -166 milliards de dollars de remboursement plus les intérêts!

Même pour le gouvernement américain, ce n'est pas une petite somme et c'est un cauchemar logistique parce que ça va s'étaler sur 60 à 90 jours. Seuls les importateurs peuvent demander ce remboursement. Il s'agit donc des grandes entreprises comme Walmart et Costco.

Vous et moi, on a payé ces droits de douane et on n'aura rien. - Mais pas question d'admettre un quelconque échec pour le milliardaire. A 3 mois des élections de mi-mandat, l'heure est plutôt à l'autosatisfaction.

D.Trump: Il y a un an, notre pays était moribond. Aujourd'hui, nous sommes le pays le plus en vue au monde.

Tout le monde nous respecte. Ils nous respectent à nouveau. Ils respectent les Etats-Unis.

Je pense qu'ils nous respectent plus que jamais et nous avons accompli cela en un an et demi. - Ce discours tranche avec la cote de popularité du président américain: 34 %, soit son plus faible score depuis le début de son second mandat. - S.Brakhlia: Question. - A.Bellanger: Absolument, oui!

Evidemment, il s'en préserve, notamment en mettant T.Blanche à la tête du ministère de la Justice. Il y a aussi K.Patel à la tête du FBI.

Ils font très peur à ceux qui pourraient servir de lanceurs d'alerte. Je donne un exemple. Pour dépiauter les 6 millions de dossiers Epstein, le ministère de la Justice américain a fait appel à des centaines d'avocats.

Ces centaines d'avocats sont en ce moment partout dans Washington et rêveraient, meurent d'envie...

Ils meurent d'envie de parler. 2 choses les en empêchent. Ils ont signé une clause de confidentialité.

Ca, à la limite, c'est pas ça qui les effraie le plus. Mais c'est parce qu'il y a T.Blanche et K.Patel qui leur chercheraient immédiatement des noises.

Tant que D.Trump a un peu de pouvoir...

Tant que les 2 chambres ne sont pas passées du côté démocrate...

Il fait encore assez peur pour maintenir au carré tous ceux qui pourraient avoir des choses à raconter. - S.Brakhlia: Mais il y a les midterms. - A.Goutard: C'est un regard politique...

Ce sont les élections du mois de novembre. Ca peut impacter D.Trump.

Mais si on parle judiciairement...

Pour le moment, D.Trump ou M.Trump ne sont pas inquiétés par la justice.

Je ne suis pas sûre que, dans les documents, on trouve des points qui pourraient inquiéter judiciairement D.Trump. La grande amitié entre D.Trump et J.Epstein dure 15 ans.

Elle remonte aux années 90 et au début des années 2000, c'est-à-dire avant la condamnation de J.Epstein. Grâce à la justice américaine, la condamnation a effacé tous les dossiers précédents.

Juridiquement, pas sûr qu'il y ait le moindre élément qui surnage... - A.Bellanger: Par ailleurs, une chose très étonnante s'est passée dans les 3 derniers jours, mercredi.

Le Sénat a voté une résolution déconseillant à D.Trump de gracier, présidentiellement G.Maxwell.

C'est sorti de nulle part. On s'est demandé pourquoi le Sénat se mettait à voter cette résolution. - S.Brakhlia: C'était des sénateurs républicains et démocrates. - A.Bellanger: A l'unanimité.

Il se dit que D.Trump aurait l'intention, après les midterms, de gracier...

La 1re partie du contrat passé avec G.Maxwell, c'était les conditions plus avantageuses. 2e partie du contrat: on laisse passer les midterms et on vous gracie, tout ou partie. - M.Peyraube: Sa base Maga va être folle. - A.Bellanger: C'est la raison pour laquelle cette stratégie a des limites.

Mais il pourrait le faire. - M.Peyraube: D.Trump a été condamné pour agression sexuelle.

Il est lui-même un prédateur. - S.Brakhlia: La résolution du Sénat n'est pas contraignante. - A.Bellanger: Que le Sénat ait pris la peine de voter ça à l'unanimité, c'est d'une part pour prévenir T.Blanche qu'il ne pouvait pas faire tout et n'importe quoi, et, d'autre part, pour signaler à D.Trump que les accords passés entre gens de bonne compagnie ne peuvent pas se traduire par une grâce présidentielle.

Le vrai problème, c'est pas tellement les élections qu'il va perdre. C'est sa base Maga qu'il compte mobiliser jusqu'au bout pour exercer son pouvoir. Pendant 2 ans, si G.Maxwell devient dangereuse, il pourra la gracier à partir du moment où il pensera qu'il n'a plus rien à perdre. - S.Brakhlia: Il y a plein de questions. - A.Goutard: Très bonne question!

Oui, dans le cadre de l'entraide judiciaire entre la France et les Etats-Unis, c'est possible. La France peut faire cette demande. Les Etats-Unis seraient bien embarrassés de refuser. - L.Descamps: En plus, elle est franco-britannique. - S.Brakhlia: Idée pour la justice française: interroger G.Maxwell.

Question. - M.Peyraube: Oui.

Il vivait dans un appartement à Colombes. Il n'avait pas encore été entendu par les services de police ni placé en garde à vue. Il était en liberté. - A.Bellanger: Il continuait à exercer son métier de rabatteur.

C'est ce qu'il disait, en tout cas. - S.Brakhlia: Question. - A.Goutard: Oui... - L.Descamps: Non... - A.Goutard: C'est possible.

Dans cette affaire qui dure si longtemps, on a compris les inquiétudes des témoins. Quand on les interroge, ils ont peur. Certains osent témoigner à visage découvert, d'autres pas.

On voit bien qu'il s'agissait de jeunes filles fragiles. Et des témoins sont encore en activité dans le milieu de la mode ou l'ont été il n'y a pas si longtemps. C'est compliqué d'aller taper sur le monde dans lequel on a vécu, où on a peut-être été témoin de choses compromettantes. - L.Descamps: Il y a la crainte de représailles et la peur de ne pas être entendu. - A.Bellanger: Aux Etats-Unis, le fait que T.Blanche et K.Patel, 2 chiens méchants, soient devant les niches des dossiers Epstein, ça fait peur à beaucoup de monde. - S.Brakhlia: Question. - A.Goutard: C'est des recherches...

Ils ont creusé. C'était sur la base de témoignages qu'on a retrouvés dans les Epstein files de jeunes filles qui disaient avoir été emmenées. L'idée était que 2 jeunes filles avaient disparu et auraient été tuées dans ce ranch et enterrées un peu plus loin, sur une colline.

Ce ranch est immense. Il y a eu plus de 3 semaines de recherches. Malheureusement ou heureusement, je ne sais pas, rien n'a été retrouvé.

On peut imaginer que, vu le temps long qui s'est passé avant la perquisition, tout a été nettoyé avant. - L.Descamps: Ils n'ont rien trouvé à l'intérieur.

Ils espèrent pouvoir corroborer les témoignages de filles sur le placement précis de telle ou telle pièce. Ca permettrait de dire que si une fille témoigne en disant qu'elle est allée là, c'est possible. - A.Bellanger: Ce ranch a été racheté par une secte ultra chrétienne.

Ils ont fait énormément de réaménagements. - S.Brakhlia: Question. - M.Peyraube: Ils appartiennent à la justice française.

Ils sont probablement sous scellés et à disposition des enquêteurs pour la procédure à venir. Elle n'est pas éteinte. - S.Brakhlia: Question. - A.Bellanger: Pour le coup, aucun doute.

Elle s'est vraiment suicidée. C'est presque Le parachèvement de son témoignage de victime. Elle a publié un livre. - M.Peyraube: "Nobody's Girl". - A.Bellanger: C'est elle qui a fait éclater l'enquête.

C'est grâce à elle que le prince Andrew ne s'appelle plus le prince Andrew. Peut-être, comme parachèvement de ce témoignage, que son suicide fait partie d'un cri des victimes. - S.Brakhlia: Question. - A.Goutard: Pour le moment, ils ne se prononcent pas.

Ils attendent la fin des analyses toxicologiques, que la boucle soit bouclée pour réfléchir au sens à donner à l'enquête. - S.Brakhlia: Question. - M.Peyraube: Sous protection policière?

Non, je ne pense pas. Son lieu de résidence est tenu secret. Je ne pense pas que les victimes présumées viennent... - S.Brakhlia: Il est en danger? - M.Peyraube: Judiciairement ou physiquement? - A.Goutard: Il n'a pas été entendu. - M.Peyraube: C'est surtout ça. - A.Goutard: Ce serait bien de l'entendre rapidement pour des raisons d'enquête. - M.Peyraube: Les victimes considèrent que la France ne fait rien. - S.Brakhlia: Merci à tous les 4.

On a tellement de choses à dire sur cette affaire Epstein...

Merci d'avoir participé à l'émission.