On s’est rendu dans l’institut de formation des imams mis en cause par le rapport sur l'entrisme
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'IESH, exactement. L'Institut européen des sciences humaines. Là-bas, 200 étudiants suivent des formations de théologie et d'arabes pour devenir imam.
L'islam qui est enseigné est plutôt strict. Nous, on a pu y aller aujourd'hui. Mais juste avant, petite présentation.
L'Institut européen des sciences humaines est installé dans le village de Saint-Léger de Fougera dans la Nièvre, près de Château Chinon. Le but de cet institut formé des imames made in France. Petite présentation sur leur chaîne YouTube.
C'est ici au cœur du Morvent qui né la volonté de former les imames de demain. Très vite, ce petit coin de paradis est devenu un véritable temple de la connaissance, un refuge de l'âme, un guide solide pour la communauté où règne la paix et le partage. Un institut qui communique beaucoup et ouvre souvent ses portes aux caméras pour dissiper les fantasmes.
Le message qu'on peut adresser aux fidèles, il est beaucoup plus adapté à l'attente et au besoins des fidèles que des imams qui viennent apporter du bled comm on dit entre guillemets chez nous. Sauf que cet institut est très controversé. Il a été créé en 1992 par l'UOIF, l'Union des organisations islamiques en France, la vitrine française des frères musulmans et déjà le jour de son ouverture, les journalistes s'interrogaient sur son orientation et sur ses financements.
L'aide financière provient des musulmans français mais surtout des pays du golf, Arabie Saoudite, Coète, Qatar. La communauté musulmane française est loin d'être unanime. L'ouverture de ce centre en plein Morvent près de Château Chinon fait déjà beaucoup parler.
Et en décembre dernier, l'école faisait encore la une. Nouvelle illustration de la présence des frères musulmans en France. Un établissement dans le viseur des autorités.
Il a été perquisitionné ce matin. Ses dirigeants sont soupsés de ne pas avoir déclaré tous ses financements. Certains dissimulés proviendraient directement du Qatar.
Il y a quelques mois, le renseignement français a contrôlé cette institution et affirme avoir trouvé des livres qui encourageaient le dhad, l'antisémitisme et les violences contre les femmes. Il parle d'un pivot notoire des frères musulmans en France et le rapport publié normalement à la fin de semaine décrit cet institut comme la le principal institut d'enseignement de la mouvance frériste. Nous, on a voulu aller sur place pour voir à quoi ça ressemblait.
Paul Moisson, Cécile Bonté, Baratsi et Baptiste Gondouin ont pris la direction de la Nièvre. C'était ce matin. L'institut nous a ouvert ses portes et dès le parking, on tombe sur des looks inattendus.
Le style est très fort. Style traditionnel. Ouais, c'est un mélange rural mais halal.
Voici le responsable pédagogique. Il y a des cours qui sont en cours par exemple. Il y a un cours qui va commencer là à 14h30 si vous voulez rentrer pour OK. pour suivre le cours, direction la salle de classe.
Ça c'est donc ça c'est la salle Ouais. Euh de Bukhari, c'est un grand servant. Bukhari.
Bukhari, c'est un grand savant. Comment on dit par exemple ça ? Le Rousseau ça le Et ben c'est ça c'est un grand savoir cet après-midi pour ses étudiants c'était cours de cosmologie.
Il faut savoir que l'islam dans la vision classique de l'Islam il y a une réflexion qui est faite sur l'univers. Depuis que le rapport fait la une des médias, l'établissement a donc choisi de communiquer. À la sortie du bureau du doyen, on croise une équipe de France 3.
Et voici le doyen, l'Arabie Béché. suivant. En fait, ça c'est un trophée qu'on a reçu euh comme meilleur institut de Coran du monde.
Du monde. Oui. D'accord.
Voyez, la France est aussi meilleure au monde, même dans le Coran. Ouais. Sur son bureau, le fameux rapport.
Pour le résumer, le doyen a demandé à Chat GPT. Ah je vous montrer le juste la conclusion de j'ai trouvé intéressant. Allez vous êtes conclusion.
Ce rapport est un outil politique orienté. Il ne répond pas au critères académiques rigoureux mais constitue un document d'influence conçu pour alerter et orienter la politique publique. Il est donc utile à connaître mais doit être lu avec esprit critique surtout dans un contexte français où les débats sur laité l'islam et la sécurité sont très politisés.
Belle conclusion. Ça veut dire que c'est faux ce qui écrit en ce rapport. J'ai pas Il y a du faux bien sûr en ce qui me concerne nous aussi la statut il y a du faux.
Ouais, tout est faux. On n'est pas en territoire frériste ici. Non.
Comment on peut juger que cet institut fait du frérisme ou de l'islamisme ou il ne fait pas ? Comment la situ critère sur quel fondé ? C'est autre chose ?
Il a été fondé par des frères musulmans. Alors je sais pas. Elle a été fondée par une association qui s'appelle l'UIF et par un frèiste libanais.
Ouais. Marlaoui, c'est ça si tu prononces bien. Fait Salmaou Laoui ou Salmaoui qui était un frèiste libanais.
Moi je peux pas vous dire qu'il est frériste ou pas frèiste. Est-ce que vous osez aller aujourd'hui à lui le grand pour leur dire que vous avez été fondé par des jésuites ? Donc vous êtes des jésuites.
Vous pouvez le dire ça les gens évoluent. H donc peu importe. Moi, quand on veut juger l'instituture, on le juge sur ce qu'elle est maintenant.
H Il y a eu une perquisition aussi le 3 décembre 2024. Oui. Ouais.
Il aurait été retrouvé 300000 € en cage provenance d'Arabie Saoudite. Pas du tout. C'est faux.
Est-ce qu'il peut y avoir de la fumée sans feu ? Je sais pas. Par magie parfois.
Oui. Hugo, une réaction. Il y a pas il y a pas un frère qui dit je suis frère musulman, je suis encarté, enfin ça marche pas comme ça.
Donc non mais en fait c'est toujours la même chose. C'est les les faisceau d'indice. Le journaliste, votre journaliste soulève très bien.
Ça a été fondé par l'UOIF. L'UOIF c'est historiquement et ça répond sur les Jésu et Louis le Grand. Oui.
Bah ça c'est un ce qu'on appelle une un déplacement tactique que lui soit ou pas membre. À la limite, ça importe peu, mais l'ISH c'est le premier institut du supérieur de la mouvance frériste en Europe. Il y en a sep aujourd'hui.
Il y en a deux en France. Ça c'est le l'historique, c'est le premier en Europe, le de château chinon en Bourgogne. Euh vous en avez un autre à Saint-Denis où il y a un peu plus d'élèves.
Il y a 900 900 élèves à l'année à peu près en distantiel, en présentiel. Euh et euh et l'UIF encore une fois qui a fondé ça, c'est enfin je veux dire c'est c'est de notoriété publque que c'est la première officine des frères musulmans euh en en France. Donc il peut ils peuvent dire que c'est pas le cas, mais euh on peut aussi nier euh quand on est d'extrême droite, qu'on est d'extrême droite.
Ça veut pas dire qu'à un moment donné on n' pas tous les éléments probants. Et ça c'est quelque chose que je pense qui est très important de de de comprendre avec euh la mouvance frériste, c'est que le noyau dur, il est pas si grand que ça. Et en fait, quand vous prenez les différentes associations, vous allez vite voir ce sont les mêmes personnes qui sont tous dans les différentes assauts.
Et en fait le réseau à l'échelle de l'Europe, c'est quelques centaines, quelques milliers de personnes. Et ça, on peut l'objectifier. Voilà, c'est des c'est très clairs.
Rapidement, quel point vous vouliez relever de de ce rapport personnellement qui vous paraît intéressant. Ouais, il nous reste assez peu de temps. Ce qui me semble ce qui me semble important, c'est que p au réseaux sociaux, vo par exemple réseaux sociaux, il y a deux éléments très importants.
Pour moi, je le vois comme la diplomatie publique. Ça paraît pas clair pour tous les Français, mais on est on est le seul pays en Europe qui fait ça. L'Angleterre avait essayé en 2015 à faire un rapport, ça avait ça avait vraiment fait pit.
Là, le fait que l'État dise bon ben voilà, on prend nos responsabilités, on a des infos qu'on veut mettre dans le débat public et après les chercheurs, les les journalistes et le grand public peuvent se faire un avis. Je trouve que c'est bien. Après voilà, ça va être récupéré politiquement mais c'est bien.
C'est de la diplomatie publique et moi je pense qu'il faut le plus le faire. Ça permet aussi un peu de sortir du bois et de passer le message à d'autres pays européens. L'Angleterre rêverait de faire ça.
Ils y arrivent pas. Euh en Belgique, en Allemagne sont totalement coincés sur le sujet. Là, vous voyez, ça c'est aussi de passer un message en Europe en disant bon bah si on veut commencer à documenter un peu le phénomène, ben les États peuvent prendre leur responsabilité et sortir des rapports quit d'ailleurs à s'exposer à des critiques.
Moi je trouve ça très très bien. Deuxième élément sur les réseaux sociaux, si on parle d'islamisme, du frérisme ou djihadisme, peu importe lequel, on ne résoudra pas on ne résoudra pas ces sujets-là sans s'attaquer de front à la question des réseaux sociaux et plus précisément des algorithmes. parce que aujourd'hui la prédication, elle se fait beaucoup moins à l'ISH que voilà sur les réseaux sociaux et là c'est beaucoup plus dur à cerner qui est qui et a priori il y a pas de même pas besoin je veux dire d'être frèiste ou frère musulman pour reporter on aurait peut-être dû commencer par ça non ?
Oui, moi je crois que c'est fondamental et là-dessus on il y a il y a vraiment un gros sujet. Je veux vous prendre un exemple typique TikTok. Là, moi j'ai 50 élèves, on leur a fait créer, c'était l'année dernière, un des comptes neutres sur TikTok, Paris 7e, voyez tout ce qui est a priori de d'assez lointain avec des sujets de radicalisation.
Euh, il tape Islam dans la barre de recherche avec des nouveaux comptes. En en combien de temps il tombe sur du contenu salafiste indiscutable ? C'était le test.
Je pensais qu'on est arrivé au bout de 10 vidéos. On n jamais dépassé 5 vidéos. C'était entre 3 et 5 vidéos et du contenu indiscutable.
Des gens qui entièrement volaient qui disaient qu'il fallait voiler des fillettes de 7 ans. Juste en mettant islam. Juste en mettant islam.
Donc là, ça veut dire quoi ? C'est-à-dire qu'une mouvance radicale ultra minoritaire est propulsée par un algorithme chinois qui est le même qui censure tous les avis contraires au parti communistes chinois qui censure lesour qui est le même qui fait la promotion d'un candidat inconnu en Roumanie qui finit 8e tendance mondiale sur TikTok et qui fait 40 % au premier tour des élections roumaines. Et là en fait ce que c'est en train de dire c'est que notre espace informationnel qu'on pense parce qu'on est habitué que c'est que c'est des plateaux comme celui-ci que c'est les médias, que c'est les grandes matinales, euh en réalité se passe aussi beaucoup sur les algos qui ont une politique éditoriale que personne ne contrôle.
Et donc en fait faut qu'on ait des contrealgos. Et moi, je pense que là l'avenir de tous ces sujets, c'est quand même de se positionner sur les enjeux d'IA qui sont des enjeux politiques et qui sont pas que des enjeux techniques. Et il faut arrêter de laisser ça vraiment aux ingénieurs.
Faut s'en saisir, faut construire des outils. Nous, c'est ce qu'on fait à Sciencep. On a des ingénieurs, ça y est, on y va. on construit des on des des systèmes d'IA qui nous permettent de comprendre aussi qui dit quoi, sur quoi, quand, comment, en ligne et sur de la donnée publique, hein, c'est entièrement accessible.
Mais ça nous permet juste de comprendre aussi que il y a une guerre idéologique, une guerre informationnelle et qui va de la Russie si vous voulez aux islamistes. Les démocraties doivent en prendre conscience pour se défendre. Je pense qu'on en est là.
Voyez, c'est pas tout à fait des sujets d'islamistes, mais c'est très lié. Et euh en fait tout ça ce qui à mon sens est nécessaire, on peut agir. Faut arrêter euh de croire que tout ça doit être aussi dans les mains de l'État.
Euh l'État, ils peuvent faire des rapports, ils peuvent dire ce qu'ils savent, mais il y a un moment donné, c'est aussi aux chercheurs, c'est aussi à la société civile de s'emparer et je suis très heureux de pouvoir en parler euh ce soir avec vous. Merci. puis comme à chaque fois c'est pas
Bruno Retailleau