"On a pris plus d'un mois d'avance en 50 ans" : des vendanges très précoces pour les rosés de Provence
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:01Locuteur 1Fait
« On a pris plus d'un mois d'avance en l'espace d'une cinquantaine d'années. »
- 1:29Locuteur 1Chiffre
« On dit qu'on vendange 90 jours après la fin de floraison. »
- 2:06Locuteur 1Chiffre
« C'est sur 12 degrés, 12 degrés et demi. »
Temps de parole
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- Locuteur 27 %
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Et les 7h42, Christophe Van Ven, chaleur, sécheresse, quelles sont les conséquences pour les viticulteurs du Var ? Avec nous ce matin pour en parler, Éric Pastorino, président du Conseil interprofessionnel des vins de Provence. Éric Pastorino, bonjour. Bonjour.
Alors la météo perd ses repères et ceux qui cultivent la terre aussi. Vous avez des collègues vignerons qui lancent déjà leur vendange ?
Ah mais je crois qu'il y a quelques... Dans le sud, vers la Londres, les vendanges ont commencé. Moi je suis sur le secteur de Gonfaron et la cave coopérative ouvre ses portes lundi. Donc on bat des records chaque année.
J'ai lu ce matin, dans Var Matin, le témoignage du domaine Quenel, dans la plaine de Pierre-Feu. Ils ont commencé cette nuit justement et il y a 20 ans, ils nous racontent que c'était le 25 août. Donc c'est fou quand même.
Oui, écoutez, moi j'ai des... Vous savez, chaque viticulteur note sur des cahiers les grandes étapes de la vie d'un vignoble et moi j'ai retrouvé les cahiers de mon père, jeune chose. Donc dans les années 70, la cave ouvrait le 25 septembre. Vous vous rendez compte, c'est énorme. On a pris plus d'un mois d'avance en l'espace d'une cinquantaine d'années et cette année particulièrement parce que la floraison des vignes, la date des vendanges est déterminée par la floraison des vignes. On dit qu'on vendange 90 jours après la fin de floraison et cette année, elle a été très précoce. Et donc, ce qui fait qu'effectivement, on va commencer ces vendanges très tôt.
Et c'est vrai que la sécheresse et ce temps très chaud accentuent la maturité des raisins. Et donc, on commence très très tôt. Et puis pour nos rosées de Provence, on doit les ramasser, je vous dirais, à un instant bien précis pour garder ce bel équilibre qu'on retrouve en bouteille.
Et l'équilibre, on sait quoi ? C'est 12 degrés aussi parce qu'il y a un impact direct sur le...
Oui, c'est sur 12 degrés, 12 degrés et demi. Bon, aujourd'hui, les consommateurs sont aussi attentifs au degré alcoolique, ce qui est normal. Et puis, pour un rosé, il ne faut pas qu'il soit très très... Autant un rouge, certains rouges, certains grands rouges, on peut faire monter jusqu'à 14 degrés parce que c'est très différent. Mais pour un rosé, à ce titre-là, je veux dire, c'est pas très intéressant.
Avec cette maturation à accélérer, ça a des conséquences sur la qualité aussi ?
Alors, ça n'a pas des conséquences sur la qualité. Ça a des conséquences sur la date des vendanges parce que quand on arrive à ce fameux équilibre pour avoir des rosés à la fois aussi clairs et avoir quand même gardé un petit peu d'acidité, parce que c'est ce qui est intéressant dans nos rosés, il faut avancer la date de vendange.
Et le volume, ça donne quoi au niveau des quantités
quand il y a cette sécheresse ? On avait ce qu'on appelle une belle sortie de grappe, c'est-à-dire que sur les vignes... Après, vous savez, ce réchauffement climatique nous apprend à vivre vraiment au jour le jour. Alors, on l'a toujours été dans notre milieu parce qu'on dépend de la nature. Mais là, de plus en plus... Alors, c'est vrai qu'on s'attendait vraiment à une très belle récolte. On fera les comptes à la fin, comme on dit. Mais très sincèrement, je pense que la sécheresse va faire perdre du poids. Et puis, il ne faut pas oublier, on a beaucoup de vigourons touchés par les incendies qui ont perdu des parcelles ou des parcelles endommagées.
Et je pense que ça jouera sur le volume global.
On en profite justement peut-être pour tordre le coup à une légende urbaine, enfin une légende rurale en l'occurrence par rapport à ces incendies. Est-ce qu'il y a un goût de fumée après, un goût de brûlée dans ce vin des incendies ?
Alors, ça se peut. Ça se peut, c'est déjà arrivé. Bon, ça reste anecdotique. Mais souvent, moi, vous savez, on avait été touchés à Gonfaron par des incendies il y a quelques années. Effectivement, alors là, c'est un grand travail après de séparation. Les parcelles qui sont concernées sont vinifiées à part. Certaines avaient un léger goût de fumée, d'autres pas. Donc, c'est très aléatoire. Mais on a de très bons zonologues qui savent y rémédier. Mais voilà, ça reste sur le tout assez rare. Mais c'est vrai que ça peut se produire.
Alors, vous l'avez dit, Eric Pastorino, vous êtes vraiment une profession qui s'adapte et qui continue à s'adapter par rapport à ce réchauffement climatique. qu'il y a de plus en plus d'herbes qui font son retour entre les vignes. Il y a du paillage. Est-ce qu'on laisse aussi un peu plus de feuilles, peut-être, pour faire un peu d'ombre ?
Oui, tout à fait. Alors, on a, notamment dans les côtes de Provence, on a un programme qui s'appelle Terra Appara, c'est-à-dire de protéger et que la vie du sol soit très active parce qu'on a des sols secs. C'est pour mieux retourner l'eau aussi. Donc, le côté enherbé, c'est pour qu'il y ait une vie microbiologique dans le sol toute l'année. Et effectivement, on avait l'habitude de voir aussi des vignes qui étaient ce qu'on appelait taillées au cordeau parce qu'il faut un peu les rogner. Et c'est vrai que de plus en plus, on laisse un port retombant qui permet de protéger les grappes du soleil. Un petit parasol.
Des fois, la grappe peut aussi, des fois, noircir à cause du soleil, prendre des coups de soleil. Et c'est vrai qu'effectivement, ce port retombant permet de faire un léger... On est vraiment... Vous savez, les vignerons travaillent beaucoup à ces sujets. Et c'est vrai que nous, en Provence, ça fait longtemps qu'on a quand même été touchés. Et tous nos services techniques travaillent effectivement sur comment on remédie et comment on fait évoluer la tenue de Norte-Origole pour s'adapter. Merci beaucoup, Éric Pastolino. Merci. Et bonne vendange.
Merci à vous. Et bon courage à ceux qui vont effectivement réaliser ces vendanges dans d'autres régions. Des reportages à revivre. Éric Pastolino, on va suivre sur ici.fr. C'est tout.