Ils font le sud: Bruno Gilles (26/10/13)
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Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Attaque 5 %
Temps de parole
- Bruno Gilles79 %
- Présentateur21 %
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Station 7 présente, Ils font le Sud. Bonjour et bienvenue pour un nouveau numéro d'Ils font le Sud. Alors, cette semaine, je reçois un homme de l'ombre. Alors, non pas qu'il ne soit pas connu, bien sûr que non. Au contraire, je reçois un homme qui aime l'ombre. Il est resté longtemps dans celle de Renaud Miselier avant de demeurer dans celle de Jean-Claude Godin. Alors, il y en a qui vont dire qu'il y a plus de place dans celle de Godin, sans jouer les mauvaises langues. Bruno, Gilles, bienvenue chez moi, parce que tu es chez moi. Donc, tu es sénateur UMP. Moi, je voudrais savoir pourquoi tu restes tout le temps dans l'ombre d'autres personnes. Est-ce que tu as la peau sensible ?
Non, parce que j'ai politiquement été élevé comme ça. Moi, je suis un vieux jeune ou un jeune vieux, c'est-à-dire que je suis rentré... Quel âge tu as ? J'ai 52 ans, donc je ne suis plus un perdant de l'année. Tu ne les fais pas. Merci. Beau maquillage de LCM, merci. Mais moi, je suis rentré au RPR, j'avais 18 ans. Et à l'époque, qu'est-ce qu'on expliquait au RPR ? Le but, c'était le chef, le culte du chef. Un chef, c'est fait pour cheffé, et donc on accepte d'être cheffé. Et donc, moi, tout mon biberon... Ça a changé, tu as vu, maintenant il y a des courants. Oui, mais pas parfaitement. On n'est pas comme au Parti Socialiste, encore à droite.
Et donc, moi, j'ai été levé à ça, de dire, on travaille toujours pour le collectif, on travaille pour un chef. Et moi, je n'ai pas peur de le dire. Moi, il me faut quelqu'un que je vais suivre, quelqu'un qui ne va pas sonner, quelqu'un qui va me faire craquer. C'est pas un manque d'ambition, ça ? Pas du tout, pas du tout. Pourquoi un manque d'ambition ? Est-ce qu'à un moment, il faut toujours penser, obtenir mieux que ce qu'on a ? Moi, je vis une aventure extraordinaire. Quand j'étais jeune militant, en 1979, au RPR, si un jour on m'avait dit, tu seras maire de secteur, réélu trois fois, tu seras député, tu seras sénateur. Moi, j'ai une vie politique extraordinaire.
T'as pas envie d'être ministre ? Mais pas du tout. Pourquoi ? Pour galérer à Paris. Mais jamais de la vie. Honnêtement, moi, ça, quelquefois, ça, je ne sais pas, les gens, parfois, ne l'imaginent pas que dans la vie politique, il y a ceux qui veulent absolument toujours écraser les autres, ou même sans écraser les autres. C'est la majorité. C'est la majorité. Je fais partie de cette minorité qui aime effectivement l'ombre, parce que je pense qu'à un moment, il faut qu'il y en ait, comme moi, ce n'est pas de la fausse modestie, qui travaille un peu pour le groupe.
Et rappelle-toi, moi, il y a un an, suite à la défaite de mon ami Renaud Muselier, j'ai fait partie de ceux qui, d'entrée, ont s'y fait la fin de la récréation autour de Godin. Ceux qui disaient déjà, il faut faire des primaires à droite, il faut remplacer Godin, il n'y a plus Muselier. Moi, j'ai dit, attendez, le calabre de Godin, il n'est même pas chaud, puisqu'il n'est pas mort. Et vous voulez déjà le remplacer. Attendons un peu. Moi, je suis en train de pleurer, le calabre de mon ami Renaud Muselier, et vous, déjà, vous voulez enterrer Godin, qui est votre chef depuis des dizaines d'années.
Mais je pense qu'à un moment, il faut avoir l'humilité, la modestie de se considérer pas plus que ce qu'on est. Moi, je pense être un très bon maire de secteur. J'adore ce que je fais, même si c'est dur tous les jours. Je n'ambitionne pas à des hautes responsabilités. Donc, ma vie politique, honnêtement, pour moi, elle est géniale. Et puis, j'ai un à côté. Moi, j'ai une femme, j'ai des enfants, j'ai des amis. Je veux qu'on puisse accepter que la vie, c'est pas que la vie politique. J'y donne beaucoup, et les électeurs, pour l'instant, me le rendent. Mais à côté, j'ai une vie. J'ai une vie personnelle. Et je ne veux pas, à 52 ans, sacrifier cette vie personnelle.
Mais t'en veux pas, un peu, à ton ami Renaud, d'avoir lâché prise, d'avoir un peu abandonné un peu tous ses supporters, quoi ? Comme un peu l'a fait Lionel Jospin-Venlée. Alors, il y en a qui trouvent dans son geste du panache. Et puis, il y en a qui disent que, bah ouais, non, c'est un type qui baisse les bras. Et en politique, on n'a pas le droit de baisser les bras. Surtout lui. Et c'était le moment où jamais Godin, même s'il se représente, arrive en fin de cycle, il représentait un peu le dauphin. Je crois que Renaud, sans nous le dire,
dans sa tête, s'était préparé au cas où l'échec serait au rendez-vous. Et c'est vrai que sa décision, elle a été rapide. Le dimanche soir, il perd le deuxième tour. Le lundi, on se part la peine. Le mardi, il monte à Paris, il fait ses cartons après 19 ans de l'Assemblée nationale. Il prévient Copé qui va lâcher l'UMP départementale. Il prévient Godin qui va lâcher la présidence du groupe à la communauté urbaine. Et le mercredi, je passe 2h30 à Tros avec lui. Tu as essayé de convaincre ? Oui, mais c'était aussi quelqu'un qui avait... C'était la goutte d'eau. Et puis je crois qu'il avait fait trop de sacrifices.
Et puis à un moment, il a eu cette honnêteté de dire au stop, écoute, si les électeurs ne veulent pas de moi, moi je ne peux plus faire tous les sacrifices. Et Renaud a fait énormément de sacrifices. Personnels, familiaux. Je crois qu'à un moment, il avait aussi un peu envie de vivre. C'est ce qu'il fait depuis un an. Ça ne lui manque pas, la politique ? Oui, la politique, la politique, ça manque toujours.
Il en fait quand même encore un peu parce qu'on l'entend de temps en temps.
On attend la parole de Renaud et puis il balance quand même, même dans son camp. De temps en temps, il balance, y compris dans son camp. Mais je ne doute pas une seule seconde qu'il apportera son soutien à Jean-Claude Vaudin. Et puis aussi à Bruno Gilles dans les 4e et 5e arrondissements face à Marie-Arlette Carlotti.
Et justement, toi, tu es passé de Renaud à, après tu as été orphelin de lui. Donc maintenant tu soutiens, tu as joué au maire et tu soutiens la candidature de Jean-Claude Vaudin. Ce n'est pas trop dur ce grand écart quand tu entends justement ce que dit Renaud, qui a la parole un peu libérée, qui a retrouvé une parole libre et qui tacle un peu, parfois un peu méchamment, Jean-Claude Vaudin ?
Moi, je suis à titre personnel et à titre politique sans doute un des plus proches de Renaud. Tout le monde sait mon affection, mon amitié, ma fidélité. Vous étiez un duo. On était un duo de légende, comme l'avait dit Marjorie Chouraki dans son dernier papier dans la Provence avant de s'occuper de la communication de M. Cazelli.
Fidèle, ça pourrait être ton deuxième prénom.
Oui, fidèle, second et fier de l'être. Dans l'ombre, il y a plein peut-être de sûrements, mais je les revendique volontiers. Moi, je les revendique volontiers parce que je suis fidèle dans l'amitié. Je suis fidèle à l'affection, je suis fidèle en politique. Et ça, effectivement, alors, il n'y en a pas beaucoup. Il n'y en a pas beaucoup, je le reconnais. Alors, quelquefois, je reconnais que ça me peine aussi quand Renaud tape un peu fort sur la municipalité. Après, il y a aussi une forme d'injustice que je peux comprendre de sa part. Regarde aujourd'hui tous les projets qu'on est en train de mettre.
La municipalité n'a peut-être pas non plus été toujours très gentille avec lui.
Je crois qu'à un moment, il faut aussi reconnaître la place et ce qu'a apporté Renaud. Regarde aujourd'hui, on est en train de lancer des gros projets. Le casino, un pont, peut-être un pont de transbordeur, un funiculaire, une aréna, etc. C'est des projets que Renaud avait rêvé dès le premier mandat. Et à l'époque, on lui a dit un casino jamais, un pont de transbordeur, c'est de la folie, c'est sur les cartes postales en noir et blanc. Aujourd'hui, finalement, nous allons porter ces projets qui sont les projets dont parlait Renaud au premier mandat. Il faut lui rendre grâce. Et moi, je le vois bien se ranger derrière Jean-Claude Godin avec certaines différences.
Il n'y a pas d'animosité personnelle entre les deux. Et puis, de toute façon, Renaud ne fera rien contre son camp. Donc, il y a un rendez-vous en mars 2014 important. Et je sais que Renaud ne ratera pas ce rendez-vous et sera à nos côtés. Et toi, pour toi, Jean-Claude Godin, ce n'est pas le combat de trop qui va mener là ?
Non, ce n'est pas le combat de trop. Tu n'as pas préféré qu'il passe la main ?
Passer la main à qui ? À un moment, il faut poser cette question de tabou. Et cette question de tabou, je crois qu'on se le posait. Il y en a d'autres. Oui, mais enfin, celui qui fait quand même plutôt l'unanimité au sein de la droite républicaine et du centre.
Donc, l'âge, pour toi, ce n'est pas un handicap ?
Non, mais pas du tout. Surtout dans une période difficile, dans une période... On ne va pas élire pour la première fois quelqu'un qui a plus de 70 ans. Mais on peut le réélire. Il a envie, tu crois, vraiment ? Je crois qu'il s'est posé la question pendant un an. Il y retourne parce qu'il n'y a personne. Il y retourne parce qu'après, il s'est posé la question, il y a répondu. C'est un secret quand même de polichinelle, aujourd'hui, de savoir que Jean-Claude Godin, dans quelques semaines, va annoncer sa candidature. Il a une réelle envie, il a envie de continuer. Et puis, moi, ce n'est pas dire du mal de mes petits copains que de dire que c'est le seul aujourd'hui qui va nous rassembler.
Après, moi, j'ai beaucoup de respect pour Guy Tessier, pour Dominic Thien, pour Valérie Boyer. Mais le chef, le commandeur, celui qui inspirera quand même une certaine confiance, une certaine assise, un certain sérieux. C'est Jean-Claude Godin, malgré son âge.
Alors, je sais que tu as une passion pour Tintin. Tu es tintinophile, et même un tintinophile reconnu. Et alors, je voudrais savoir, qu'est-ce qui te fascine chez Tintin ?
D'abord, ce qui me fascine chez Tintin, c'est que je suis souvent très nostalgique, moi, de mon enfance. D'un moment où j'ai eu la chance de vivre dans une famille très soudée. Et à l'époque, il n'y avait pas tout ce qu'ont aujourd'hui les jeunes. Internet, les iPad, les iPod, les ordinateurs, les ceci, les cela.
Tu dis iPod, toi.
Oui, iPod, iPod, il y a les deux. Donc, moi, à cette époque, c'était une génération de bandes dessinées. C'est-à-dire qu'au-delà des livres traditionnels qu'il fallait lire pour l'école, ou qu'il fallait lire pour avoir une certaine culture générale. Les spirou. Voilà. Et moi, j'étais passionné par Pif Gadget, Rang, Spirou, Pilote. Et j'ai découvert, à travers le journal de Tintin, les bandes dessinées de Tintin. Et je suis devenu un passionné des bandes dessinées de Tintin. Ça se traduit comment, ta passion ? Tu collectionnes ? Je collectionne beaucoup les bandes dessinées. Puis après, j'ai commencé à collectionner tous les produits dérivés. Ce qui veut dire qu'aujourd'hui, j'ai...
Dans ton bureau, il y a une fusée, la fusée.
Il y a la fusée, il y a les tournesols. Et puis bon, ça, c'est un peu ce qui fait que j'ai des amis qui me ramènent du monde entier, maintenant, des figurines de Tintin. Alors, j'ai un super tournesol avec l'écharpe à l'OM. Bon, voilà. Mais je crois que c'est ça. Bon, c'est pas être passéiste, là aussi. C'est avoir un peu ce petit clin d'œil de nos agis.
C'est que tu partages cette passion de la BD avec Gene Cazelli.
Avec Gene Cazelli. Et je vais même te faire une petite confidence. Tu vois, comme quoi, je ne lui en tiens pas rigueur, même si on est adversaire politique. La dernière fois qu'on s'est vu en tête à tête, il m'a amené des voitures de collection qu'il a trouvées dans un vide grenier. Il me les a amenées pour me les offrir. Comme quoi, il peut y avoir des relations personnelles, la trêve. Et puis après, ça n'empêche pas qu'il faut se taper un peu sur la tête parce qu'on ne partage pas les mêmes convictions et parce que je pense que ça n'a pas été un excellent présent de la communauté urbaine pendant 6 ans. Et il aime Tintin.
Et toi, si tu étais un personnage de Tintin, tu serais lequel, à ton avis ?
Je pense que je serais bien évidemment Tintin. C'est évident parce que... Non, mais parce que... Mais non, tu es toujours le deuxième. Tu es toujours le capitaine d'adoptes. Oui, mais le deuxième, Tintin, c'est le personnage, le héros de la bande dessinée. Mais il est souvent d'ailleurs derrière d'autres personnages dans beaucoup de bandes dessinées. Il y a les Duponts qui sont quand même en avant. Il y a Haddock, il y a la Castafiore qui lui volent parfois la vedette.
Donc je veux dire, Tintin, c'est celui qui met souvent du liant, de l'huile un peu dans les rouages quand le capitaine Haddock s'emporte, quand la Castafiore va péter les verres, quand les deux Duponts ne cessent d'échanger leur canne ou leur chapeau. Donc je crois que c'est aussi celui qui essaie un peu d'arranger les choses. Et ça, c'est souvent un peu ma mission politique, d'essayer de mettre de l'huile dans les rouages. Ce n'est pas facile.
Eh bien, écoute, merci Tintin d'être venu. Merci d'être venu répondre à mes questions. J'ai été ravi de te recevoir. Je dirais même plus. J'ai été ravi de te recevoir. Bonne chance pour la suite. Et quant à nous, je vous dis à la semaine prochaine pour un nouveau numéro d'Ilefond-le-Sud.
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Bruno Gilles