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interviewSUDRADIO· 29 juillet 2026 25 min

Incendies en Gironde : centres d'hébergement mobilisés et agriculteurs sur le terrain pour aider les pompiers

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur 4

Sud Radio, les débats de l'été, 10h-13h, Maxime Liedot.

0:05
Locuteur 1

Bonjour, bonjour à toutes, bonjour à tous, soyez les bienvenus sur Sud Radio, installez-vous confortablement avec la ligne directe que vous connaissez, c'est le 0826 300 300, vous avez également le site sudradio.fr, ainsi que les réseaux sociaux pour participer à l'émission, pour nous interpeller, pour réagir, vous le savez, durant ces 3 heures d'antenne, vous êtes les bienvenus Sud Radio, c'est chez vous. Vous le savez, de quoi on va parler ?

LVMH, l'entreprise de Bernard Arnault, le groupe Bolloré, avec à la tête un certain Vincent Bolloré, les deux ont rejoint le réseau social X, et hier, c'est Total, le groupe officiel du groupe Total, qui a répondu aux fameux économistes Gabriel Zuckman, vous savez, qui voulait tout simplement imposer sa taxe lors des débats budgétaires l'année dernière. Est-ce que les patrons doivent s'occuper de l'élection présidentielle ? Ça fait quelques semaines qu'on sent un peu de remous entre les prises de parole, des communiqués de presse, des réponses à des économistes, à des groupes politiques. Est-ce que vous le souhaitez ? Est-ce que vous le demandez ?

Est-ce que la campagne présidentielle qui s'annonce a besoin d'un peu de rationalité économique, que ce soit Bernard Arnault, tiens, que ce soit Patrick Pouyanné pour Total, ou que ce soit Vincent Bolloré, est-ce que les patrons doivent s'engager ? Doivent-ils le faire plus ? Ou au contraire, vous allez peut-être me dire au 0826 300 300 que surtout pas que les patrons restent éloignés de la politique, chacun son business. On va revenir bien entendu durant cette émission sur les incendies avec le prisme là aussi économique. Est-ce que l'État doit sortir le chéquier façon quoi qu'il en coûte ?

C'est une petite musique qui monte quand même entre la saison touristique qui va être épouvantable, entre les entreprises qui ont été obligées de bouger, les premières mesures qui sont en train d'être prises concernant le chômage partiel, concernant la simplification de certaines dispositions. Est-ce que pour une situation aussi exceptionnelle, l'État ne va pas devoir sortir le fameux chéquier, le fameux chéquier de l'État ? Dieu sait qu'il a été utilisé au cours des dernières années d'Emmanuel Macron. On avait promis que le robinet serait fermé.

Mais quand on regarde la situation des incendies, quand on voit les images, quand on voit les ravages de ces feux, ne faut-il pas sortir le chéquier de façon exceptionnelle ? Quoi qu'il en coûte, spécial incendie, vous êtes peut-être concerné par la situation. Tiens, à la tête d'un camping, à la tête d'une entreprise, à la tête d'un restaurant, à la tête d'un hôtel, dans ce coin-là, et vous auriez peut-être besoin d'un coup de main de l'État. Tiens, incendie, l'État et le chéquier de façon quoi qu'il en coûte. 0826 300 300. Et puis l'Arcom, vous connaissez l'Arcom, vous en entendez souvent parler.

Le patron a été l'invité hier de Benjamin Gleis, de Gilles Gansman et du patron de cette radio, Patrick Roger. Grande discussion sur son rôle, sur l'étendue de son pouvoir, sur la campagne présidentielle qui arrive. Quelques annoncées, une petite phrase qui n'est pas passée inaperçue concernant le contrôle de l'Arcom sur les influenceurs, sur les fameux réseaux sociaux, en disant qu'il ne va pas peut-être falloir que l'Arcom se mêle de tout ça, en imposant certaines règles, notamment d'équité, en imposant certaines règles, notamment sur la diversité du contenu, sur la fameuse pluralité des politiques. Est-ce que l'Arcom va devenir la police des réseaux sociaux ? Est-ce que ça vous inquiète ?

Est-ce que ça vous rassure ? Tout ça dans un contexte, rappelez-vous, on a déjà beaucoup évoqué ce rapport du Sénat qui a invoqué des ingérences intérieures, rien que ça. L'Arcom, la nouvelle police des réseaux sociaux, 0826 300 300. Pour le moment, 10h06, notre premier fait du jour.

Et notre premier fait du jour, ça tarde évidemment sur ce qui se passe du côté de la Gironde, encore et toujours, avec, depuis le début de l'incendie, 42 000 hectares qui ont été ravagés, et plus de 220 000 personnes qui ont été obligées de quitter les lieux, avec, on le dit souvent, une solidarité qui se met en place, une spontanéité que l'on peut apercevoir absolument partout, dans beaucoup de communes, notamment lorsqu'il s'agit d'accueillir les fameux évacués, parce que c'est un peu comme ça qu'on les appelle maintenant. Bonjour Xavier Paris. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin sur Sud Radio, maire de Gugent-Mestrasse et du côté de la Gironde.

Et on a eu envie de vous appeler ce matin, tout simplement, parce que vous, vous faites partie des communes qui avaient, j'ai envie de dire, assez spontanément, ouverts ces portes pour accueillir les évacués, pour faire preuve de solidarité. Comment ça s'est passé ? Comment ça s'est organisé ? Vous avez notamment deux centres d'hébergement dans votre ville, sur lesquels on reviendra, mais racontez un peu comment tout cela s'est mis en place d'abord.

4:11
Locuteur 3

Alors effectivement, nous sommes une ville qui accueille les sinistrés. Nous avons d'abord ouvert un premier centre à la patinoire de Gugent-Mestrasse, où nous avions accueilli au tout début des incendies des habitants de la ville de Sanguinée. Et quelques jours après, nous avons dû ouvrir un second centre, suite à l'évacuation de trois villes du bassin de l'Arcachon, deuxième centre qui se situe dans la salle Omnisport du lycée de la Mer. Donc c'est toute une organisation à mettre en place, bien entendu, accueillir comme ça un nombre très important, et dans des délais assez courts de personnes.

Nous avons accueilli jusqu'à 500 personnes samedi soir, lorsque les trois villes du Sud-Bassin ont été évacuées. Aujourd'hui, je suis à 200 personnes encore accueillies, puisque d'autres personnes ont trouvé d'autres solutions. Nous avons aussi logé des personnes chez des habitants, énormément de Gujanais se sont proposés spontanément pour héberger ces personnes-là. Donc certains sont partis chez l'habitant, d'autres sont restés dans les centres d'accueil et d'hébergement.

5:24
Locuteur 1

Et comment, justement, en tant que maire, on organise, on essaie de superviser tout ça ? On parle beaucoup de la spontanéité, de la générosité, de l'entraide de la plupart des habitants. On voit les restaurateurs, on voit les agriculteurs, on voit les artisans. Vous, en tant que maire, Xavier Paris, du côté de Gujan-Mestrasse, comment ça s'est passé ? Comment vous avez essayé de tout coordonner pour que cela se passe au mieux ?

5:45
Locuteur 3

Alors, c'est vraiment un travail collectif qui a été réalisé. Bien entendu, la municipalité, les élus, les agents municipaux qui ont fait un travail aussi extraordinaire. J'ai la chance d'avoir sur ma commune une réserve communale de sécurité civile que j'ai créée il y a trois ans. Ce sont une trentaine de personnes qui se sont totalement mobilisées. Et puis ensuite, d'une manière générale, ce sont les habitants qui ont proposé d'être présents, de soutenir moralement les personnes, j'y reviendrai, ou d'apporter des denrées, des produits, etc. Donc c'est vrai, c'est une mobilisation générale, sans compter, bien entendu, aussi les entreprises qui jouent vraiment le jeu.

Là, aujourd'hui, les deux centres sont ouverts 24 heures sur 24. Y compris la nuit, le centre est ouvert. Nous nous relayons, il y a tout un planique qui a été fait. Les entreprises, quelques entreprises locales nous fournissent les repas, puisque nous faisons petit déjeuner, déjeuner et dîner, bien entendu. Nous avons aussi un petit pôle médical qui s'est créé, parce que imaginez bien que ces personnes que nous avons accueillies sont aujourd'hui un peu fatiguées, un peu désappointées, un peu à bout, il faut le dire. Moralement, c'est très dur depuis plusieurs jours. C'est plus que pénible. Voilà, c'est plus que pénible. Elles n'ont plus rentré à leur domicile.

Donc il y a aussi un accompagnement à faire. Donc j'ai des infirmières, des psychologues, des kinés qui viennent, pour essayer d'apaiser tout ça.

7:19
Locuteur 1

En tant que maire, Xavier Paris, généralement, quand vous êtes dans les médias, c'est souvent pour dénoncer une certaine bureaucratie, pour dénoncer des manques de budget, pour dénoncer un certain comportement de l'État vis-à-vis de certaines communes. Là, c'est assez extraordinaire de voir que la plupart des maires qu'on a au téléphone, avec bien sûr la plupart du temps des motifs légitimes encore dans cette situation, pour se plaindre de certains éléments concrets, mais tous, à un moment dans la discussion, sont étonnés, sont bluffés, sont épatés par la solidarité entre les habitants et en fait la générosité qu'ils sont obligés d'organiser dans un moment comme celui-ci. C'est votre cas ?

7:53
Locuteur 3

C'est totalement mon cas et je peux vous assurer que ça fait vraiment chaud au cœur. On a plutôt tendance à dire qu'aujourd'hui, c'est plutôt une forme d'égoïsme. Là, aujourd'hui, c'est tout le contraire. C'est tout l'inverse, c'est tout l'inverse. Et dans des moments difficiles comme ça, parce que même si Gujan-Mestras n'est pas une ville évacuée, on sent quand même une ambiance un peu anxiogène, etc. Donc cette générosité fait vraiment chaud au cœur, elle fait plaisir et on sent que dans des moments difficiles, les gens se serrent les coudes pour passer au mieux cette période qui malheureusement va durer encore quelques jours.

8:32
Locuteur 1

Quelques jours, c'est vrai qu'on a appris dans la nuit que le feu est en tout cas présenté comme stabilisé, pas encore fixé. On sait qu'aujourd'hui, c'est malheureusement une canicule qui redémarre avec un risque de reprise de feu qui est forcément amplifié. Vous, de votre côté, comment vous vous préparez à ces prochaines heures, à ces prochains jours ? Est-ce que vous vous apprêtez éventuellement à renforcer certains centres, à en agrandir certains ? Est-ce que vous avez changé le message ? Peut-être que vous faites déjà passer dans votre commune. Expliquez-nous un peu.

8:59
Locuteur 3

Alors effectivement, on se prépare à toutes les éventualités. Aujourd'hui, comme vous l'avez très bien dit, le feu est stabilisé, il n'est pas fixé. Et les gens ne pourront rentrer à leur domicile que lorsque le feu sera fixé. Et ça, ça va prendre effectivement quelques jours. En fonction de l'évolution de la météo, aujourd'hui, les fortes chaleurs, le vent, effectivement, ne favorisent pas cela. Donc, on se prépare. Moi, j'ai un troisième centre qui est prêt à être ouvert. Voilà, nous avons déjà tout installé. Et si d'autres communes devaient être évacuées, nous pourrions effectivement accueillir ces personnes dans ce troisième centre sans difficulté.

9:37
Locuteur 1

Donc, véritable préparation, non pas au pire, mais préparation à recevoir un peu plus de personnes et à accueillir les personnes dans le besoin.

9:44
Locuteur 3

J'espère qu'on ne va pas le faire, mais il faut se préparer. Mais il y a une anticipation, de ce côté-là, au cas où. Voilà, une anticipation à faire. Et nous, nous sommes prêts comme les communes voisines. Il y a quatre communes du Sud-Bassin qui, aujourd'hui, ne sont pas évacuées. On est dans la même logique que là. Se préparer à accueillir, si besoin, des personnes sinistrées.

10:03
Locuteur 1

Quel message, éventuellement, vous aimeriez passer aux habitants de votre commune qui souhaitent aider ou qui pourraient eux-mêmes être évacués ? Je ne sais pas du tout si Gugent Mestras, pour l'instant, est concerné d'une quelconque façon, par un risque ou par une éventuelle anticipation d'évacuation. Non, rien de ça, pour l'instant.

10:20
Locuteur 3

Non, non. Et puis, merci de me poser la question, parce que sur les réseaux sociaux, on entend et on voit un peu tout et n'importe quoi. La ville de Gugent Mestras, comme les autres villes, la Teste, le Tèche et Arcachon, ne sont pas évacuées. Il n'y a pas de crainte à ce niveau-là. C'est vrai qu'on peut recevoir, ce matin, il y avait de la fumée, une odeur, bien entendu, mais il n'y a pas de risque d'évacuation.

10:38
Locuteur 1

Mais pour l'instant, pas de risque à ce jour.

10:40
Locuteur 3

Voilà, pas de risque d'évacuation à ce jour de ces communes. Moi, je voudrais dire aux Guggenais, déjà, les remercier de leur générosité, de leur mobilisation, et puis les rassurer, voilà, rassurer à la fois les Guggenais. J'essaie, moi, d'avoir des contacts très réguliers, tous les jours, avec des personnes que nous accueillons dans les centres d'hébergement, puisqu'ils ont besoin, voilà, de ce lien, d'être peut-être un peu rassurés et d'avoir des informations un peu plus fiables. J'ai la chance de faire un point chaque jour avec mes collègues maires et avec le sous-préfet de l'arrondissement d'Arcachon. Donc, on essaie de tenir informé ces personnes-là au mieux que nous pouvons.

11:19
Locuteur 1

Et, en effet, pour le reste, toujours appel peut-être à la prudence si jamais on veut aider dans les centres d'hébergement. J'imagine qu'il y a tout ce qu'il faut sur le site de la mairie, directement.

11:29
Locuteur 3

Aujourd'hui, il y a vraiment tout ce qu'il faut, peut-être même un peu trop, mais ça, ce n'est pas grave, il vaut mieux que ça soit... Jamais trop. Jamais trop, oui. Mais, non, non, aujourd'hui, nous avons tout. Et puis, si un jour, il devait manquer quelque chose, on ferait, bien entendu, un appel. Et dans les minutes qui suivent, je sais très bien qu'on aura une réponse favorable. Donc, aujourd'hui, voilà, la mobilisation, elle a été là, elle est présente. Beaucoup de bénévoles, tenir des centres d'hébergement 24 heures sur 24, c'est très, très lourd. Oui, c'est des présences, y compris la nuit, etc. Des personnes se sont inscrites, on a pu faire un planning.

Là, moi, j'ai un planning qui va au moins jusqu'à dimanche soir. Et on continuera s'il faut. Donc, c'est organisé, oui.

12:08
Locuteur 1

Donc, c'est organisé et c'est préparé du côté de Gujan-Mestras, dont vous êtes le maire. Merci beaucoup, Xavier Paris, d'avoir été avec nous. Et puis, on le répète, des centres d'hébergement du côté de votre commune, que ce soit à la Patinoire, que ce soit du côté du fameux lycée de la mer, avec le centre sportif qui a été réquisitionné. Et vous nous avez même dit qu'un troisième centre s'apprêtait potentiellement à être ouvert si jamais de nouvelles évacuations devaient avoir lieu.

Et je vous remercie de l'avoir dit sur Sud Radio et d'avoir précisé la situation en rappelant peut-être ce point, contrairement à certaines informations qu'on voit circuler ici et là, notamment sur les réseaux sociaux. Non, Gujan-Mestras n'est pas du tout concerné par les évacuations ou par les incendies. Tout va bien, c'est au contraire une commune qui peut vous accueillir et dans laquelle vous pouvez vous arrêter. Il est 10h15 sur Sud Radio. Dans un instant, puisqu'on parlait de la solidarité, de l'entraide, d'une certaine générosité, de spontanéité, eh bien, on sera avec les agriculteurs, notamment par la voix de Théo Hernandez, qui est le président des jeunes agriculteurs de la Gironde.

Il va nous dire comment ça se passe sur le terrain, quand il aide les pompiers, quand il aide actuellement les forces de l'ordre, quand il aide les habitants. Eh bien oui, de temps en temps, on a même une entraide entre tout ce petit monde.

13:13
Locuteur

Eh bien, c'est beau à voir, je peux vous le dire. A tout de suite sur Sud Radio.

13:16
Locuteur 4

Sud Radio. Sud Radio. Les débats de l'été, 10h-13h, Maxime Liedot.

13:25
Locuteur 1

10h19 sur l'antenne de Sud Radio. On poursuit notre balade dans l'actualité du jour, en restant, bien sûr, principalement concentré sur ce qui se passe avec les incendies et les images qui frappent énormément, qui font le tour de la France, peut-être même du monde, et notamment via l'intermédiaire des réseaux sociaux. C'est ces agriculteurs qui viennent aider nos pompiers avec leur fameuse citerne réserve d'eau qui participent justement à la lutte contre les incendies. Bonjour Théo Hernandez. Théo Hernandez, ce que vous êtes avec nous ? Je crois qu'on est avec vous, à moins qu'il y ait un léger problème technique. C'est simple, c'est très simple. Oui, il y a eu un problème technique.

Est-ce que ce n'est grave ? Absolument pas. C'est le camarade Zach et le camarade Anthony qui sont en technique qui vont assurer ça. Je pense qu'entre du côté de la Gironde, le réseau n'est pas non plus des meilleures qualités. Et on aimerait vous avoir, parce que cette solidarité, elle est importante quand même à mettre en avant. Puis on sait à quel point les agriculteurs, le territoire est important. Et je crois que la magie de la technique et la magie des deux personnes qui sont en régie ont fait qu'on vous a retrouvé. Théo Hernandez, bonjour.

14:27
Locuteur 2

Oui, bonjour. Au milieu des bois, on ne capte pas forcément.

14:30
Locuteur 1

C'est ce que je disais. Il n'y a absolument aucun problème, Théo Hernandez. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes président des jeunes agriculteurs de la Gironde. Je le disais quand même, des images qu'ont fait le tour des réseaux sociaux, le tour des chaînes info, le tour du pays, ces agriculteurs qui aident les pompiers. Vous, c'est le cas en Gironde. Vous êtes en total soutien des pompiers. Et si oui, comment ça se passe concrètement ?

14:49
Locuteur 2

Oui, tout à fait. On n'a pas hésité à venir et à se mobiliser dans le réseau GIA, mais aussi plus largement l'ensemble des agriculteurs de la Gironde, des départements limitrophes et même limitrophes de la Nouvelle-Aquitaine. Donc, ça fait un bel élan de solidarité. Voilà. Donc, nous, notre job, c'est d'aller à des points d'eau, de ravitailler, de charger nos tonnes à eau, de ravitailler les pompiers, de les charger directement, leurs camions au plus près des flammes et des colonnes, tout en se mettant en sécurité. Il faut toujours allier les deux, la rapidité et la sécurité.

Et ça leur fait gagner un temps précieux et surtout une rapidité de chargement pour qu'ils soient le plus efficaces possible sur les fautes.

15:37
Locuteur 1

Mais racontez un peu comment, quand même, tout ça s'est organisé parce qu'on comprend la volonté d'aller aider. Maintenant, entre le moment où on a envie d'aller aider et le moment où tout d'un coup on se retrouve au milieu des flammes, en train d'essayer de remplir des cuves d'eau pour aider, pour les rapprocher des pompiers, ça a dû mettre un petit peu de temps, non ? Comment ça s'est passé ? Vous vous êtes coordonné avec eux, c'est ça ?

15:54
Locuteur 2

Oui, tout à fait. En moins de 24 heures, on avait des convois qui étaient prêts. Nous, chez Jeunes Agriculteurs, on a décidé de diviser nos convois pour avoir de la relève. Parce que moi, je suis arrivé vendredi et j'avoue que la nuit dernière, j'ai pu dormir un petit peu. C'était quand même très agréable parce que j'ai d'autres GIA du Blayé qui sont arrivés pour prendre un peu la relève. Et là, depuis ce matin, on a été officiellement réquisitionnés par la préfecture. Donc là, on suit une colonne de 80 pompiers pour les ravitailler. Là, on se dirige vers le port pour avoir le briefing et savoir où on part.

16:31
Locuteur 1

Ce qui est quand même toujours un peu hallucinant dans ce type de situation parmi celles que vous décrivez, Théo Hernandez, en rappelant que vous êtes le président des Jeunes Agriculteurs de la Gironde, c'est de voir à quel point, bon, entre le moment où vous êtes mis en place, le moment où la préfecture vous réquisitionne d'une certaine manière, le moment où toute la chaîne, en réalité, se construit officiellement, vous me dites que ça a commencé vendredi, on est mercredi, bon, disons qu'il ne fallait pas être pressé, quoi.

16:56
Locuteur 2

Exactement. Le feu, ça fait huit jours qu'il y a un mercredi de la semaine dernière. Heureusement qu'on n'a pas attendu d'être réquisitionnés pour intervenir. Après, on reste très attachés à notre patrimoine. Les agriculteurs, on travaille avec la nature. Et quand on voit cette nature partir en fumée, il fait une évidence d'y partir. On a encore en tête 2022, où un grand nombre de nous étaient là-bas. Et donc, on a pris de notre expérience en 2022 pour arriver le plus rapidement possible.

17:31
Locuteur 1

Mais il y a deux éléments quand même que je retiens dans la discussion qu'on a depuis quelques minutes maintenant, Théo Anandès. La première, c'est que généralement, quand on parle des agriculteurs, c'est souvent parce que vous traversez des périodes plus que pénibles, c'est souvent parce que vous avez des revendications. On filme souvent les grands cortèges sur les autoroutes qui font des blocages, des points de blocage, etc. Là, malgré toute cette période de tension, malgré les difficultés que vous traversez, la lutte contre les incendies, les différents avec les pouvoirs publics, peut-être même avec les autres professions, ça disparaît. C'est l'urgence d'abord.

18:03
Locuteur 2

Tout à fait. Dans des situations d'urgence, on n'est pas sur une crise, on est sur de l'urgence. Tout disparaît. J'ai envie de dire, il n'y a même plus de syndicats. On travaille tous ensemble pour essayer d'éteindre cet incendie. Là, on est sur de l'urgence. Mais on saura rappeler à la fin de cet épisode au pouvoir public que même s'ils nous aident, mais pas forcément comme on a envie ou c'est très long, nous, on sait être réactifs et en moins de 24 heures, quand il y a un problème comme ça, on sait être sur le terrain. Si on avait essayé comme l'État nous traite parfois, on serait peut-être arrivé dans un mois ou deux sur le terrain.

18:52
Locuteur 1

Ça, ce n'est pas faux. Il y a aussi un rapport, j'imagine pour vous, Théo Hernandez, au territoire, à la terre, au paysage, à la nature, qui est très important en tant qu'agriculteur parce que les ravages que tout cela provoque, on va peut-être en saisir entièrement les conséquences dans deux, trois semaines pour pâtir plus de temps. Vous, vous avez ce rapport-là qui fait que pour vous, ce qui se passe, c'est un véritable drame, beaucoup plus, et vous le vivez peut-être encore plus profondément que certaines personnes.

19:17
Locuteur 2

Bien sûr, nous, on travaille tous les jours dehors avec la nature et on a quand même autour de l'estas et dans tous ces coins-là, on a quand même des agriculteurs. Moi, j'ai des adhérents qui sont là-bas.

Je m'entretenais ce matin avec Jean-Yves Carlier de la DDTM parce que nos agriculteurs ne peuvent plus aller travailler sur leur terre alors qu'on est en pleine récolte de pommes de terre, pleine semis d'haricots verts et récolte de maïsou et ça pose aussi un problème parce que des exploitations qui sont déjà en crise, qui ont des cultures qui arrivent à terme, ne peuvent pas ramasser et des cultures qui doivent mettre nos sols pour nourrir aussi la population parce que le maïsou, c'est du maïsou, c'est de la consommation humaine et les haricots verts aussi, ne peuvent plus travailler. Donc, on est en plus obligé, nous, de travailler sur deux choses, c'est le fond et la forme.

C'est-à-dire qu'on est sur le terrain pour aller amanter les pompiers mais on est aussi obligé d'être à l'écoute des agriculteurs qui sont dans le secteur qui essayent de protéger leur maison comme ils peuvent et leur culture et faire en sorte qu'ils puissent continuer à travailler pendant les incendies.

20:22
Locuteur 1

Sachant que, il y a aussi, vous parlez des agriculteurs, c'est très important, il y a aussi, je crois, vos confrères viticulteurs qui vont traverser une salle passe parce que, quand bien même ils ne sont pas touchés par les incendies, il y a toutes les conséquences que peuvent provoquer les grands écrans de fumée qu'on peut voir partout sur le territoire de la Gironde dont on va là aussi, je pense, mesurer les conséquences seulement dans quelques semaines.

Une question, Théo Hernandez, puisqu'on se penche sur cette histoire de la nature, vous êtes le président des jeunes agriculteurs de la Gironde, on a beaucoup de débats ces derniers temps sur les mesures écolos qui empêcheraient parfois de prendre certaines mesures contre les incendies où on pense au débroussaillage, on pense à certaines normes en forêt, on pense à certaines normes justement aussi dans les champs. Vous, en tant qu'agriculteur, vous êtes confronté aussi à ça, parfois à une idéologie écolo qui empêche le pragmatisme, vous le voyez sur le terrain ?

21:08
Locuteur 2

Oui, tout à fait, on le voit parce qu'on a quand même de la chance dans le secteur où on est d'avoir des sablières, mais on créerait des retenues d'eau, ça nous ferait aussi des points de pompage pour justement ce genre d'incendie et s'il y avait des réels pare-feux, alors oui, un pare-feu c'est peut-être pas joli, mais on se rend compte qu'en cas d'incendie de cette ampleur, les pare-feux, il n'y a pas besoin de les créer en urgence et de se battre contre le feu, enfin hier soir, hier après-midi pardon, j'étais au milieu sur une piste forestière à alimenter les pompiers, on était à 400 mètres des flammes et on avait des bulles pour nous protéger et pour créer un pare-feu, donc je pense qu'on n'a pas retenu les leçons de 2022 pour des histoires d'idéologie et surtout de bureaucratie et de paperasse, mais je pense que pour le bien-être de la faune et la flore, parce qu'il ne faut pas oublier la faune et la flore qui est en train de s'éteindre et qui va mettre du temps à revenir sur le terrain, ces pare-feux-là auraient évité d'avoir autant d'hectares, d'avoir autant d'impact, et j'en profite aussi pour remercier quand même, parce que ça, il faut quand même en parler, tous les bénévoles qui sont dans les salles communales, les maires de toutes les villes.

22:26
Locuteur 1

On était avec un maire, justement, il y a 5 minutes de cela, en effet.

22:30
Locuteur 2

Parce qu'on a eu un super accueil, on a dormi ce soir, hier soir, pardon, à Brache, commune qui est à 10 km de Lacanau. On a été reçus, on arrivait tard, on arrivait après minuit, on a été très très bien reçus. Moi, j'avais pas prévu de rester aussi longtemps, je pensais que le feu allait s'atténuer. Ils ont pas hésité à prendre mon sac et à me laver mon linge parce que je n'avais plus de linge propre à me mettre. Ils nous ont nourris jusqu'à 1h du matin. Ce matin, à 6h, ils nous ont préparé le café.

Je tiens vraiment à remercier toutes ces personnes et il faut absolument les mettre en valeur parce que sans eux, on serait épuisés et voilà, ça fait quand même chaud au cœur tout cet élan de solidarité.

23:16
Locuteur 1

On voit bien que de toute façon, Théo Hernandez, actuellement, la France tient par cet élan de solidarité que vous avez formidablement décrit. Merci beaucoup d'avoir été avec nous, président des Jeunes Agriculteurs de la Gironde. Bon courage encore pour cette journée. On a bien compris que vous étiez sur les routes à destination d'autres lieux justement pour apporter le soutien des agriculteurs à nos soldats du feu qui sont encore en train de lutter contre cet incendie, contre ce méga-feu comme il est appelé désormais, stabilisé, mais toujours pas fixé avec un risque de reprise particulier aujourd'hui avec la canicule et certains vents qui vont certainement se remettre à souffler.

Dans un instant, sur Sud Radio, alors qu'il est 10h29, vous en avez l'habitude, vos grands débats de l'été, les éditorialistes approchent, entrent et s'installent autour de la table. On va causer notamment de l'ARCOM et ce qu'elle va devenir la police des réseaux sociaux.

Hier, son grand patron était l'invité de Sud Radio au micro de Patrick Roger, Benjamin Glaze et Gilles Gansman et vous allez le voir, il a développé une petite idée qui n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd, encore moins l'oreille de nos auditeurs, à savoir commencer à contrôler un peu comme ils le font du côté des médias certains influenceurs en parlant de diversité des politiques, en parlant de, non pas de surveillance, mais forcément de vigilance sur les contenus, sur le temps de parole, bref, est-ce que l'ARCOM va devenir la police des réseaux sociaux ? Eh bien, on en débat dans une poignée de secondes. On a tout de suite sur Sud Radio.

Incendies en Gironde : centres d'hébergement mobilisés et agriculteurs sur le terrain pour aider les pompiers — Alexandra Martin (Gironde) · Pourquijevote