Stéphanie Galzy, députée Rassemblement National de l'Hérault | La politique et moi
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Elle a été maman solo, elle a aussi connu le RSA et les fins de mois difficiles et c'est d'ailleurs ce qui a en partie motivé son engagement en politique. Mon invité siège au sein du groupe Rassemblement National à l'Assemblée. Générique Bonjour, Stéphanie Galzy. -Bonjour, merci pour votre invitation. -De rien.
Au lendemain de votre élection aux législatives, il y a un journaliste qui est allé tendre le micro aux électeurs de votre circonscription. On va revoir un extrait de son reportage et on en parle après. -Chacun tente de mettre un visage et un nom sur la nouvelle députée de la cinquième circonscription de l'Hérault.
L'élection de Stéphanie Galzy en a surpris plus d'un. -Je l'ai vue sur le journal, c'est tout. Personnellement, non, je ne la connais pas. -J'avoue, je ne sais pas du tout. -Une campagne discrète, voire invisible, mais efficace avec Marine Le Pen en "guest".
Sur le terrain, les électeurs sont déboussolés. Tellement déboussolés qu'ils se trompent de circonscription. -C'est pas notre circonscription.
Non, je ne la connais pas. -Alors, si les électeurs ont eu un peu de mal à vous identifier pendant cette campagne, c'est parce que vous avez choisi de ne pas être très présente sur le terrain, mais c'est un choix que vous avez assumé. Pourquoi ? -Tout à fait.
Déjà, la circonscription est composée de 141 communes, donc c'est très difficile d'être présente sur toutes les communes pour se montrer et expliquer aux Français quel est notre projet. Et en étant maman célibataire, j'étais embauchée à la banque postale en tant qu'intérimaire. Et à ce moment-là, je ne pouvais pas me permettre de laisser mon emploi. -Ca veut dire que, d'une certaine façon, les citoyens qui sont peut-être un peu plus précaires que les autres ne partent pas sur un pied d'égalité dans une élection démocratique ? -Malheureusement, non.
Soit on a le temps de faire une belle campagne et on a un employeur qui comprend la problématique et qui nous laisse faire... -Parce que beaucoup de candidats sont salariés et ils posent des congés.
Parfois sans solde, mais en tout cas... -Un intérimaire, malheureusement, vous savez très bien que les congés n'existent pas. -Donc, on vient de voir qu'en 2022, beaucoup d'électeurs ne vous avaient pas forcément identifié.
Pourtant, c'était votre huitième campagne en huit ans, si j'ai bien compté. Vous êtes sacrément motivée quand vous vous engagez. -Vous savez, moi, j'ai fait un cursus professionnel dans le commerce.
J'ai très vite été confrontée à la réalité des choses puisque j'étais en alternance. Et donc c'est vrai qu'à ce moment-là, on se rend compte que la difficulté et l'injustice qu'on ressent quand on se rend compte que la vie est dure et qu'il faut y aller, ça détermine tout notre futur et tout notre engagement. Donc effectivement, je me suis rapprochée de la fédération de l'Hérault, du Rassemblement National, et après cette municipale, je me suis engagée sur toutes les élections jusqu'à aujourd'hui. -Justement, sur ce qui motive votre engagement, pendant votre campagne des législatives de 2022, vous avez expliqué : "L'enjeu, aujourd'hui, c'est que les électeurs puissent porter quelqu'un qui leur ressemble à l'Assemblée nationale et qui connaît les difficultés à boucler ses fins de mois." Est-ce que vous vous seriez engagée en politique si vous n'aviez pas connu ces fins de mois difficiles que vous évoquez ? -Je ne pense pas.
Je pense encore une fois que c'est le sentiment d'injustice que beaucoup de Français ressentent derrière leur écran et à un moment donné de se dire : "Qu'est-ce que je peux faire pour changer ça ?" Et mon objectif ça a été, effectivement, de me dire : "Si tu veux faire bouger les choses, il faut que tu t'engages." -A quoi ressemblait votre vie avant que vous ne soyez élue ? -J'ai ouvert deux commerces.
J'étais très engagée dans tout ce qui était le commerce. Ensuite, la vie a fait que j'ai divorcé, donc j'ai vendu mes commerces. Ensuite, j'ai retrouvé un emploi pour pouvoir garder le crédit de ma maison. -Mais vous avez évoqué le fait que vous avez été au RSA à un moment ? -Oui, j'ai eu une période où, effectivement, j'ai été obligée de quitter mon emploi par rapport à mon fils qui était en bas-âge et qui, finalement...
Avoir un enfant et être maman célibataire et un crédit maison, c'est très difficile. Il faut arriver à trouver un emploi qui corresponde aux dépenses que ça engendre, donc les frais de garde, de cantine, et donc tout ça, c'est pas évident. Donc oui, à un moment donné, j'ai été obligée de me retrouver au RSA. -Le mouvement des Gilets jaunes, en 2019, ça a été un moment important pour vous ? -Je vous remercie d'en parler parce que ça a été très vite oublié.
J'ai été très fière de faire partie des Gilets jaunes. Et je pense que c'est un...
Vous savez, le peuple français est un peuple très fier. Et aller se dévoiler sur les ronds-points en allant dans le froid, exposer ses faiblesses, c'est quelque chose de très courageux. Et nos dirigeants ont fait le choix de mettre le couvercle sur la cocotte minute France, mais je pense que les Français n'oublieront jamais la douleur et l'humiliation qu'ils ont subi.
Aujourd'hui, je suis députée. Je ne sais pas encore pour combien de temps, les Français le décideront. Mais toute ma vie, je resterai un gilet jaune. -Dans un entretien à "Midi Libre", vous avez expliqué que vous vous sentiez légitime à porter la colère des Français parce que vous avez vécu des moments difficiles que vous êtes passés par le RSA.
Est-ce que ça veut dire que ceux qui n'ont jamais connu ces moments-là sont moins légitimes à porter la colère des Français ? -Non, je ne pense pas, mais...
On le voit, nous, on est des personnes de terrain. Quand on vient du civil, comme ça, on n'a pas fait de formation politique, en fait. La seule chose qui fait qu'on se bat, c'est pour les personnes qui croient en nous. -Par exemple, là, on voit Marine Le Pen.
Elle n'a jamais été au RSA. Et elle revendique de porter la colère des Français. Ca la rend moins légitime à le faire ? -Pas du tout.
Mais Marine Le Pen est quelqu'un de très proche des Français. C'est une femme de terrain. C'est une femme qui a un rôle de maman. qui sait ce que c'est, la difficulté de faire garder ses enfants, etc.
Donc on a un côté humain chez Marine Le Pen qu'on a difficile à trouver chez d'autres personnalités politiques. Et c'est ce qui me plaît en elle. -Vous avez expliqué que parmi les moteurs de votre engagement, il y a donc cette envie de porter la colère des Français.
Et puis vous avez évoqué le fait que vous êtes ce qu'on appelle une maman solo, que vous avez élevé seule votre enfant. Et vous avez expliqué: "Mon engagement a vraiment commencé quand je suis tombée enceinte." -Oui. -Quel est le lien que vous faites entre votre maternité et votre engagement en politique ? -La peur du futur pour mon fils.
Je pense qu'il y a beaucoup de parents qui vont se reconnaître là-dedans. C'est le poser le matin à l'école en se disant : "Est-ce que tout va bien se passer ?" Le laisser sortir avec des amis, faire une fête de village pour se dire : "Est-ce que ça va bien se passer ?" Lui garantir un avenir stable, ne serait-ce que pour l'emploi.
Aujourd'hui, le chômage de masse fait peur aussi. Donc tout ça, me dire : "J'y vais, mais je le fais aussi pour lui, pour son futur." -Mais c'est-à-dire qu'avant d'avoir un enfant, la politique ne vous intéressait pas ? -Je m'y intéressais, mais l'engagement...
C'était un engagement général. Ce n'était pas un engagement : "Allez, j'y vais, je fonce, je le fais pour lui." -Et au-delà de cette idée d'offrir un meilleur monde, si on peut dire, à votre enfant, est-ce qu'il n'y a pas aussi l'idée de prendre votre destin en main, agir, ne pas subir votre situation à vous ? -Oui, j'aimerais, par le témoignage que je porte aujourd'hui, faire comprendre à beaucoup de personnes qui hésitent à se lancer en politique ou qui ne se sentent pas capables que s'ils portent de véritables valeurs, qu'ils y croient, ils peuvent le faire.
Si moi, je l'ai fait, eux, ils peuvent le faire aussi. -En tant que députée, vous auriez pu vous sentir légitime à porter la colère des mamans solos dans l'hémicycle. Alors dites-moi si je me trompe, mais je n'ai pas l'impression que vous ayez évoqué ce sujet-là à l'Assemblée, qui est pourtant porté par pas mal de députés. -Je l'ai fait à travers une proposition de loi lors de la dernière législature, notamment pour défendre les assistants maternels victimes d'impayés.
Parce que sans assistants maternels, on ne peut plus faire garder nos enfants. Et donc indirectement, effectivement, oui, ça passe par là. -Alors il y a un domaine en revanche où vous avez été très active depuis votre élection en 2022, c'est celui de la défense de la ruralité et en particulier la défense des viticulteurs.
Vous avez pendant deux ans été la présidente du groupe d'études sur la vigne, le vin et l'oenologie. Alors on présente souvent ce groupe d'études comme le lobby du vin à l'Assemblée, ça vous agace ? -Oui.
Le lobby, non. Un groupe d'études sert à travailler. C'est un outil qui nous sert effectivement à rencontrer tous les professionnels et trouver des solutions législatives.
Ce qui est intéressant dans ce groupe d'études, c'est qu'on travaille avec des députés de différents bords politiques. Et jusqu'à présent, on a réussi à travailler sur des amendements ou des propositions de loi, ou même envoyer des courriers aux ministres pour les alerter, notamment sur l'augmentation des taxes sur les accises, sur la taxe sur le GNR. Donc tout ça... -Gazole non routier. -Tout à fait.
Et donc, effectivement, ce qui est intéressant dans ce groupe d'études, c'est qu'on peut travailler de façon transpartisane et sans sectarisme. -Si je vous dis que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, y compris le vin. -Oui, tout. -Vous êtes d'accord ? -Tous les excès sont mauvais pour la santé.
Maintenant qu'on pointe du doigt une profession, ça me met en colère. -Je vous dis ça parce que vous avez co-signé la proposition de loi de votre collègue, Christophe Barthès, qui veut assouplir les restrictions de la loi Evin, mais uniquement pour le vin et pas pour les alcools forts. Ca peut donner l'impression que, pour vous, l'alcool qui est présent dans le vin est moins dangereux que celui qui est présent dans le whisky. -Je dirais presque ça, oui.
Parce que le vin est une... -C'est pas ce que disent les scientifiques, quand même. -C'est une culture ancestrale chez nous.
C'est notre identité. Protéger les Français, je pense qu'ils sont assez grands. Il faut arrêter de les infantiliser Ils sont assez grands pour savoir ce qu'ils ont à faire.
Ils savent très bien que le vin est dangereux pour la santé s'ils vont dans l'excès. Mais ça reste quand même un plaisir et ça reste quelque chose qui est notre identité. -Vous défendez le vin parce que c'est quand même un secteur très important sur votre territoire, dans l'Hérault.
Est-ce qu'on peut ne pas boire de vin si on est élu de votre département ? -Bien sûr. -Ce n'est pas mal pris, mal vécu ?
Est-ce que ça ne se paye pas après dans les urnes ? -Non, pas du tout, non. Il suffit juste de défendre la profession.
Les personnes qui ne boivent pas de vin boivent autre chose. Ca ne pose aucun problème. On fait de très bons jus de raisin, d'ailleurs. -A présent, vous faites partie du groupe d'études sur la chasse et la pêche.
Est-ce que vous chassez ? Est-ce que vous pêchez ? -Je ne chasse pas.
Je ne pêche pas. -Là, on vous voit, vous avez participé à une battue. -C'est une battue photographique.
J'ai adoré. C'est très intéressant parce que, vous voyez, on a des randonneurs, on a des personnes qui ne connaissent pas le monde de la chasse. Et là, les randonneurs se sont retrouvés toute une journée avec les chasseurs qui leur ont expliqué ce qu'était vraiment la chasse.
Et c'est très pédagogique. Et ça, je pense qu'il faut continuer à le promouvoir. -Donc si vous êtes dans ce groupe-là, c'est là aussi parce que c'est un secteur important dans votre territoire ? -Ce qui est le plus important, au-delà que ce soit important dans mon territoire, c'est que je souhaite préserver nos traditions.
Je ne souhaite pas que notre pays devienne un pays d'un nouveau monde. Je veux préserver et les transmettre à mon fils. Donc, je suis très présente en circonscription auprès de nos chasseurs.
D'ailleurs, j'ai décidé d'intégrer ce groupe chasse-pêche parce que je suis en train de travailler sur une proposition de loi pour modifier l'indemnisation des dégâts sur le grand gibier. Ca, ça pose problème. Nos chasseurs... -Dans les champs pour les agriculteurs ? -Tout à fait, oui.
Donc aujourd'hui, c'est à la charge des fédérations de chasse. La totalité des dégâts sont remboursés par les fédérations. Je souhaite modifier cela et que ce soit pris en charge plutôt peut-être par des grandes métropoles qui interdisent la chasse sur leur territoire et encouragent la prolifération du grand gibier. -On va conclure l'émission avec notre petit quiz habituel.
Je vais donc vous proposer des débuts de phrases et vous allez devoir les compléter. "Le dry january permet de..." On reste sur l'alcool. -Il permet d'embêter les vignerons et les agriculteurs. -Vous n'aimez pas ça ? -Non. "De tous les châteaux que j'ai visités..." J'ai lu que vous adoriez les châteaux et l'architecture. -J'adore. -Il y en a un particulièrement ? -Oui, le château de Cassin, à côté de Roujan.
C'est vers chez vous ? -Oui. Enfin, "Chaque tatouage que j'ai..." Il y a une histoire derrière ? -Evidemment, comme tout le monde.
Chaque tatouage que j'ai est un témoignage de ma vie. -On vous voit là, sur cette photo. Vous avez plusieurs tatouages, je crois, sur le bras. -Plusieurs. -Donc il y a une histoire mais vous la gardez secrète.
Je la garde secrète. C'est personnel. Merci beaucoup, Stéphanie Galzy, d'être venue dans "La politique et moi".
Générique
Stéphanie Galzy