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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 24 juin 2014 6 minAutoproduitActualité / polémiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprises

Assemblée Nationale - Intervention de Marion Maréchal - Le Pen

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Présentateur

La parole est à madame Marion Maréchal-Le Pen pour les non-inscrits. Vous avez cinq minutes. Merci madame la présidente, monsieur le ministre, chers collègues. Où sont dans ce texte tous les chocs annoncés depuis des semaines par le gouvernement ? Choc de confiance, de compétitivité, de responsabilité. Je ne vois rien de tout cela, pas même la première étape, monsieur le ministre. Comme d'habitude avec les socialistes, le changement c'est toujours pour demain. Aucune des baisses d'impôts promises aux entreprises, aucun bol d'air pour nos TPE-PME. Vous vilipendez les paradis fiscaux sans voir que vous avez transformé avec vos prédécesseurs la France en enfer fiscal.

Le tout pour un service public de moins en moins performant. En début d'année, vous aviez prévu un déficit de 3,8% du PIB. Avant même la mi-parcours, la Cour des comptes craint que le déficit soit à peine réduit à 4%. En effet, les recettes fiscales ne rentrent pas et vous avouez qu'il manque 5 milliards d'euros de recettes cette année encore. Si les recettes de l'impôt sur le revenu ne rentrent plus, c'est que le niveau de vie des Français stagne, voire régresse. Si les recettes de l'impôt sur les sociétés ne rentrent plus, c'est que les entreprises ne gagnent plus d'argent et que leurs marges s'effondrent.

Alors, ignorant l'échec continu de vos choix économiques, vous remettez une couche en milieu d'année, 500 millions par-ci, 500 millions par-là. Il n'y a aucune ligne directrice, simplement le réflexe comptable de passer un coup de rabot supplémentaire, oubliant par la même toute politique de relance indispensable pour faire repartir la création de richesses et équilibrer le budget. Vos choix sont aveugles et aucune rationalisation sérieuse des dépenses n'est proposée. On attend toujours, par exemple, la suppression de la clôture générale de compétences pourtant annoncée.

Malgré toutes vos promesses d'arrêter la réduction drastique du budget de la Défense, il est encore rogné de 350 millions d'euros après les 650 millions de coupes fin 2013, soit 1 milliard en 6 mois. L'armée continue d'être la variable d'ajustement. La situation est si catastrophique que l'armée n'avait plus de quoi payer le chauffage fin octobre 2013 et qu'une intervention en urgence du ministre a dû être faite pour que les soldats puissent passer l'hiver décemment. Vous n'avez pourtant de cesse de rappeler la nécessité d'une armée performante en multipliant les opérations extérieures.

En faisant ces choix de baisse permanente, nous allons à contre-courant de l'ensemble des grandes puissances du monde qui, elles, augmentent leur budget de défense. La sécurité coûte 10 milliards d'euros par an à l'État, selon une estimation dans la fourchette basse. Et les Français vous sollicitent prioritairement sur ce sujet. Pourtant, vous décidez encore de tailler dans les budgets de la gendarmerie et de la police nationale, la justice et l'administration pénitentiaire n'étant pas mieux traitées. Ces économies inconscientes seront les coûts de demain.

Alors que dans le même temps, vous avez au début de votre mandat décidé d'embaucher 60 000 fonctionnaires supplémentaires dans l'éducation nationale, comprennent qui pourra. Vous avez multiplié les armes pour lutter contre la fraude fiscale, sans qu'aucun plan d'envergure ne soit mis en place contre la fraude sociale, pourtant estimée à hauteur de 15 à 20 milliards d'euros par an. Malgré l'augmentation spectaculaire de l'immigration clandestine ces dernières années, les crédits réservés à la lutte contre cette immigration irrégulière de 73 millions d'euros diminuent de 3%.

En parallèle, le budget réservé aux droits d'asile, à hauteur de 503,7 millions, est le seul en augmentation dans ce programme. Dans celui-ci, 463 millions d'euros d'aides provisoires, logements et allocations, sont consacrées aux demandeurs d'asile, alors que le gouvernement gèle les aides au logement pour les familles et étudiants français et que de nombreuses familles sont dans le besoin urgent et non satisfaites d'obtenir un logement. Ces choix budgétaires ne sont que le reflet de la politique d'immigration subie depuis des décennies par vous et vos prédécesseurs et de la systématique priorité étrangère sur la priorité nationale, même en période de crise.

Vous communiquez mercredi sur la loi sur la transition énergétique, mais vous annulez 170 millions de crédits le lundi suivant. Vous dites que vous misez sur la recherche et l'innovation, mais vous coupez encore les dépenses de recherche en supprimant pas moins de 400 millions d'euros de crédits. Vous passez devant les députés une loi de finances rectificative basée sur une prévision de croissance de 1% pour 2014, laquelle est contestée notamment par la Cour des comptes et le Haut Conseil des finances publiques. Cette même Cour des comptes qui prévoit que la dette publique dépassera 2 000 milliards d'euros à la fin de l'année 2014.

Vous avez joué sur le sentiment de responsabilité des Français vis-à-vis de leur pays, en répétant sans cesse que ces sacrifices paieront. De désillusion en désillusion, ils ont compris que leurs efforts ne paieront pas sans un changement radical du modèle économique. Votre politique est celle d'un sous-préfet et non d'un gouvernement souverain, un comptable qui obéit aux ordres de l'Union européenne, suite à la signature du traité budgétaire européen. En deux ans et demi de pouvoir, vous aurez réduit en tout et pour tout le déficit de 4,9% du PIB à 4%, et la dette continue inéluctablement d'augmenter.

Heureusement que l'Union européenne impose aux États membres d'introduire prochainement dans le calcul du PIB l'économie clandestine, drogue, prostitution, pour le gonfler artificiellement et atteindre plus aisément l'objectif des 3% de déficit. Combien de chômeurs et d'entreprises françaises devront tomber avant que vous ne changiez de cap ? Les économistes, certes, mais pourquoi refuser dogmatiquement d'autres pistes ? La remise en cause de la monnaie unique, la lutte contre la financiarisation de l'économie, pour rappel le remboursement de la dette, des intérêts de la dette et le premier poste de dépense de l'État ? Il me reste quelques lignes, Madame la Présidente.

La régulation de nos frontières pour réindustrialiser le pays, la fin d'un modèle social ouvert aux 80 de la panette, la rationalisation des subventions d'État, qui seraient bienvenues après l'enterrement suspect des rapports Morange et Perruchot, la réduction de notre participation à l'euro, toutes ces pistes qui sont oubliées et qui seraient pourtant des remèdes de bon sens afin d'aller au bout de cette crise. Merci.

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