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interviewLCI (sur YouTube)· 11 mai 2025 13 min

L'armée polonaise bientôt N.1 en Europe ? |LCI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Alors, on va partir en Pologne. On continue notre euh périple où on va retrouver Alisen Tassin et Gaspar Bunel. Merci beaucoup tous les deux.

Pourquoi ? Parce que c'est une visite dans ce contexte et on vous en parle toujours, qui fait du bien et qui place la Pologne au centre de l'Europe mais surtout comme vigie vis-à-vis de la Russie. Cette Russie de Poutine, cette Russie menaçante.

Donald Tus que vous voyez ces images est arrivé ce matin Nancy reçu par Emmanuel Macron afin de celler un traité d'amitié historique. Une mise en avant des relations entre les deux pays qui n'a rien d'anodin au moment où à des milliers de kilomètres de là, le président russe fait la guerre et ne cache pas son désir de conquête et de s'en prendre à l'Europe et à l'OTAN. Alison, il y a bien évidemment des images, une volonté de s'afficher, mais il y a une réalité.

Plus que jamais, euh la Pologne apparaît comme le bouclier de l'Europe. Oui, tout à fait. Et l'idée aujourd'hui pour Emmanuel Macron, c'est de sceller, vous l'avez dit, un traité d'amitié mais aussi de coopération.

Un peu à l'image de ce qu'il a fait avec l'Italie et l'Espagne. Mais évidemment, la Pologne frontalière de l'Ukraine a évidemment peur d'une extension du conflit. Et donc aujourd'hui et bien ce traité aura une importance double.

Alors sur le fond, cela devrait être un traité autour de de la sécurité, de la défense mais aussi de l'énergie. Ce matin, Donald Tusque, avant de rejoindre Nancy a évoqué quelques idées, quelques pistes de ce traité avec notamment l'idée et l'envie d'une clause de soutien réciproque en cas d'agression, ça serait important. Et puis aussi, il a mis en avant l'envie d'être couvert par ce parapui nucléaire français.

Emmanuel Macron a déjà en partie ce matin répondu à cette question. Écoutez, avec le Premier ministre Donald Tusk, c'est ce que nous allons ce à quoi nous allons œuvrer, essayer d'obtenir cette paix, cette paix durable pour pour l'Ukraine et pour toute l'Europe et pour notre deux pays. De toute façon, la dissuasion nucléaire française a une composante européenne et dans ce traité, c'est une solidarité encore plus forte que nous cellons qui permet de rendre opérationnel ce qu'il y a déjà dans l'article 5 de l'OTAN, le traité de l'Union européenne. un traité et des contours qui sont en train d'être discutés ici autour de cette magnifique place tanisla.

Ce sont des garanties mutuelles que veulent s'assurer les deux pays. Et puis aussi, il y a une question d'équipement pour la Pologne qui est en train de de rechercher éventuellement des sous-marins ou des avions ravitailleurs. Il pourrait être aussi question de cela lors de ces discussions qui se déroulent ici aujourd'hui à Nancy.

Grand merci Alissen d'avoir été avec nous et remercier Gasper Bunel qui est avec vous derrière la caméra. Ça tombe très bien. Alison nous a fait Laura la transition.

Elle a parlé d'armes et on va voir avec vous que la Pologne est devenue une puissance majeure en Europe. Il y a des gens qui discutent, des gens qui se réunissent et vous allez voir qu'il y a des gens qui font. Et je vais vous montrer des chiffres d'ailleurs.

En 2025, les dépenses de défense de la Pologne devraient atteindre 4,7 % de son PIB. C'est beaucoup plus que la France. regarder l'Allemagne et le Royaume-Uni qui dépassent chacun légèrement les 2 %.

C'est aussi de loin le taux le plus élevé au sein de l'OTAN devant même les États-Unis. En 10 ans, le budget militaire de la Pologne est passé de 10 à 35 milliards de dollars, soit plus d'une multiplication par 3. La raison ?

Il faut simplement regarder une carte pour la comprendre. La Pologne est frontalière de l'enclave russe de Calinrad, ici sur ma carte reliée à la Biélorussie par le fameux corridor de Swalki. une biélorussie avec qui elle partage également plus de 400 km de frontière directe.

Conséquence, le 11 mars 2022, moins d'un mois après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le pays a adopté la loi sur la défense de la nation prévoyant le doublement de ses forces armées. Objectif 300000 hommes d'ici 2035. Cette loi a aussi donné lieu à des achats massifs.

En juillet 2022, plus de 12 milliards de dollars commandés à la Corée du Sud pour la livraison de char d'obus d'obusier, d'avion d'attaque et de lance-roquet. En août 2023, plus de 10 milliards de dollars commandés aux États-Unis pour la livraison de 96 hélicoptères d'attaque àche. Et ce ne sont pas les seuls contrats conclus ces dernières années.

Dans une étude consacrée au réarmement polonais, les chercheurs de l'IFRI écrivaient récemment que même si ces différents objectifs n'étaient qu'à moitié atteints, Varsovi disposerait de capacités aéroterrestres sans égal en Europe en mesure de faire de la Pologne un acteur militaire incontournable sur le continent d'ici 2035. Euh Laurent, on l'a vu, c'est un acteur incontournable. On a même entendu Donald Tusk qui demande une couverture nucléaire à la France.

Et pourtant, la Pologne quand même de temps en temps se dit que tous les sacrifices ne sont peut-être pas bons à être pris. Si vous dites cela Christophe, c'est parce que la Pologne a exclu depuis le début d'envoyer ces hommes en Ukraine. En effet, écoutez le premier ministre Donald Tusk, c'était en février dernier.

Je sais qu'il y a beaucoup de spéculations et de conjecture quant à savoir s'il y aura une conversation à Paris, sur qui, quand et si on sera prêt à envoyer des troupes en Ukraine. Comme vous le savez, en ce qui concerne le soutien de la Pologne, la question est tranchée. La Pologne soutiendra l'Ukraine comme elle l'a fait jusqu'à présent. sur le plan organisationnel, financier, en fonction de nos moyens avec des efforts humanitaires et une haine militaire.

Nous ne prévoyons pas d'envoyer des troupes polonaises sur le territoire ukrainien. Sa position n'a pas varié depuis. La Pologne ne devrait donc pas faire partie de la coalition des volontaires emmenées par la France et le Royaume-Uni pour garantir un éventuel cesser de feu en Ukraine.

Et la raison invoquée tient là aussi de la géographie pour justifier sa position. Donald Tusk a fait savoir que la mission de son pays est de garder sa frontière orientale qui est aussi, je cite la frontière de l'OTAN et de l'Union européenne. Merci beaucoup Laura.

On va la garder cette carte. Votre carte, elle en d général pragmatique, lucide. les Polonais, hein, normalement encore 2 3 ans de travaux euh qui se déroulent en ce moment même pour essayer de rendre leur frontière étanche face à la menace russe.

Chantier est long. Oui, Xavier, mais ça montre à quel point bien évidemment et ça se contourne, on est là pour en témoigner. Mais euh quand vous avez la Biélorussie et la Russie à vos portes, c'est le moins que l'on puisse dire, on peut comprendre un certain nombre de choses.

Oui. Bah la Pologne a quandême une longue tradition d'être envahie, y compris par les Russes quand même, pas l'oublier. Euh et puis du dépessage aussi de son territoire depuis le 18e siècle.

Et puis peut-être aussi des alliances qui n'ont pas été respectées en 1839, par exemple. Il faut peut-être le rappeler aussi hein. Bon, la Pologne a subi quand même l'assaut je dirais germanorusse, ne l'oublions pas. alors que la France et la Grande-Bretagne s'étaient engagé à la protéger.

Euh l'histoire parfois fait mal. Voilà, il y a ce premier point. Deuxème point et il faut s'en rappeler.

Je pense que les Ponais se rappellent un peu de tout quand même parce qu'ils ont quand même beaucoup subi. Maintenant, ils construisent effectivement une grande ligne de défense de plus de 2 milliards d'euros de mémoire en gros à l'origine, c'est surtout contre les migrants venant de illégaux poussés par le But hein. Donc avait ça.

Oui, c'est c'est l'autre guerre, enfin c'est une des composantes de cette guerre dans les actions hybrides dont on parlait un petit peu tout à l'heure hein. C'est intéressant d'ailleurs comme c'était très intéressant comme moi je l'ai étudié. J'avoue que c'était pas mal comment ça a été euh organisé quand même.

Maintenant, c'est une parenthèse. Euh maintenant euh il y a quand même l'affectation de d'effectif de la valeur de je sais plus 15000 hommes du côté polonais pour assurer la surveillance d'une des lignes de défense parce que s'il n'y a pas de surveillance d'une ligne de défense, ça peut pas fonctionner. Donc voilà, priorité d'abord protection du territoire national.

Maintenant, on peut être quand même un peu surpris de cette position qui vient d'être rappelée euh de ne pas déployer des forces polonaises euh en Ukraine, mais je crois qu'il y a aussi des contentieux entre les Ukrainiens et les Polonais depuis bien longtemps. Voilà, donc voyez, la chose n'est pas simple. Et et troisème point quand même, monter une armée de 300000 hommes d'ici donc 2030 hein, 2030.

Aujourd'hui, l'armée polonaise serait environ à 165000. Ils envisagent la de recruter 20000 hommes par an. Euh et d'un autre côté, les équipements viennent en masse.

Il faut aussi des gens pour les armer euh pour les pour les les équiper, enfin pour les utiliser. Je trouve quand même c'est des enjeux très ambitieux et que je me pose quand même la question du financement. Alors visiblement la Pologne réussit à financer, achète, paye ses contrats euh puisqu'ils avaient demandé aussi aux Américains l'implantation domicile à tête nucléaire sur leur sol.

Bon, c'était sous Biden. Biden avait dit non. Trump visiblement ne dit pas oui non plus.

Et là on l'a appris, vous avez Donald Tusk qui demande une protection, la protection du bouclier nucléaire français. Et ce serait dans l'accord hein. C'est ce que dit bah c'est ce que dit le président.

Il dit "Cet accord nous amènerait à Oui. Oui. Mais enfin ça peut pas être écrit noir sur blanc dans l'accord.

C'est c'est l'ambiguité stratégique qui prime euh le bouclier nucléaire français à vocation pour défendre la France à pouvoir être utilisé sur tout le territoire européen. En Polne notamment, en Allemagne notamment, mais il faut laisser tout ça dans un espèce de flou euh qui est même plus artistique, qui est vital pour tous les toutes les populations concernées, mais ça ferait la Pologne avec ce traité de Nancy, c'était un peu une incongruité qu'on ait pas de traité de ce type-là avec la Pologne. On en a on a le traité du Kirinal avec l'Italie, on a un traité avec l'Allemagne, je me souviens plus de son nom mais c'est pas très grave.

On a le traité de Barcelone avec l'Espagne. Il était logique qu'on est Autre réflexion sur les budgets militaires. On parle tout le temps en pourcentage de PIB.

Alors évidemment, ça donne une échelle pour permettre de comparer entre les pays, mais la Pologne a un PIB largement plus faible que celui de la France qui fait que son budget militaire est de 35 milliards de dollars alors que c'est 4,5, 5 % de son PIB. La France qui n'y consacre que 2,1 je crois au dernier chiffre à un budget de 61 milliards qui est donc quasiment le double du budget militaire polonais. C'est important pour l'Europe d'avoir euh en en pointe ou euh sur l'un de ces flancs, la Pologne.

En tout cas, c'est important de bien articuler cette relation franco-polonaise par rapport à à d'autres relations bilatérales. Je pense aussi à la relation franco-allemande parce que le le traité le le deuxième traité qui avait été conclu au début de la période de Macron, c'était le traité d'Ex la Chapelle, hein, qui prévoyait d'ailleurs aussi une clause de défense collective, mais qui était articulée avec l'OTAN. Donc il y a il y a il y a une question de cohérence dans ces engagements et effectivement il faudra regarder exactement comment est libé cette cette clause de défense mutuelle.

Euh donc je suppose qu'elle est bien articulée avec parce qu'aujourd'hui ce bouclier nucléaire qui existe, il existe au sein de l'OTAN. C'est-à-dire que c'est l'article qui vaut défense collective, c'est l'article 5 de l'OTAN. et vous avez un comité des plans nucléaires auquel la France ne participe pas parce que la France a une dision nucléaire indépendante et pour le reste c'est de c'est de l'ambigué stratégique c'est déclaration avant son élection le chancelier Mertz l'avait demandé d'ailleurs he il avait demandé c'est une première historique de se retrouver sous cette couverture sous cette protection alors il faudra qu'on voit si on peut pas effectivement opérationnaliser ça affon approfondir des discussions peut-être avec les anglais aussi parce que les anglais aussi ont un bouclier nucléaire donc il y a peut-être des choses à à Bien sûr, mais c'est vrai que on est les deux pays, la France et l'Angleterre, qui ont des des armes nucléaires en Europe.

Donc, on peut peut-être en tout cas au moins en forme de discours, d'ambiguïté stratégique et peut-être même de discussion un peu plus approfondie d'un point de vue technique, essayer de de de de faire un élément qui va accroître la sécurité de ses partenaires et et un peu plus dissuader les Russes de faire n'importe quoi. Voilà, le modèle polonais aujourd'hui, c'est un modèle auquel il faut se référer. C'est que ce soit dans les mot, parfois dans les gestes, bien sûr, dans l'investissement militaire.

Bah ce qu'on voit en fait, c'est que finalement dans en Europe, il y a que la France qui est complètement indépendante des États-Unis parce que l'architecture du défense nucléaire du du Royaume-Uni est quand même couplée à celle des États-Unis. Et donc en fait ce que Trump a réussi c'est que finalement l'Allemagne et euh le la Pologne qui était plus proéricain plus atlantiste dans dans l'Union européenne finalement on montrait l'importance euh de la France en fait et de la situation nucléaire française et l'importance d'avoir une Europe autonome en fait qui ne délègue plus sa sécurité à l'étranger. Et donc c'est là qu'on est aujourd'hui et les chiffres polonais ils expliquent exactement ça.

Bon il y a encore un peu de boulot, on est bien d'accord. achète euré plô américain ouen du sud le vrai problème il est là c'est l'industrie défend euré ça des emplois pour tous les gens qui c'est sa volonté non si oui alors mer il a quelques problèmes et il est en train de revenir sacrément sur ses promesses de campagne comme tous les politiques. Merci à tous les quatre, c'était passionnant.

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