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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 15 juillet 2025 32 min

Défense : 7 milliards de plus, pour quoi faire ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

J'ouvre le le second débat de ce sens public et on va rester dans notre thématique puisque c'est un autre objectif qui complique finalement le retour à l'équilibre budgétaire, la volonté d'Emmanuel Macron d'augmenter plus fort plus vite nos dépenses militaires. 64 milliards dès 2027. Comment y parvenir avant d'en débattre une première réponse en image signée Clémentine Wiz.

C'est un discours empreint de gravité. À la veille de la fête nationale, le président français a dressé un tableau sombre du contexte géopolitique. Sans doute jamais, depuis 1945, la liberté n'avait été si menacée et jamais à ce point la paix sur notre continent n'avait dépendu de nos décisions présentes.

Un avant-propos alarmant pour justifier une hausse du budget de la défense. Si la loi de programmation militaire prévoit déjà de doubler ses moyens entre 2017 et 2030, le président français veut aller plus vite et atteindre les 64 milliards d'euros attendus d'ici la fin de son mandat en 2027. C'est cet effort qui nous permettra d'assurer notre crédibilité face à nos partenaires, de disposer encore et toujours de l'armée la plus efficace d'Europe.

Bâtissons avec nos principaux partenaires. Agissons en européen car nous affrontons les mêmes menaces. a commencé par la menace russe.

Depuis le retour de la guerre en Europe et le désengagement partiel des États-Unis, Emmanuel Macron mise sur ses alliés européens. Il y a quelques jours, le chef d'étatmajor des armées assuré que la France était dans le viseur du Kremelin. C'est Poutine qui a dit "Mon adversaire, la France est mon adversaire principal en Europe." La France, elle affiche sa détermination dans le soutien à l'Ukraine.

Je pense que il faut pas chercher à faire peur, mais il y a un vrai sujet de prise de conscience. Les pays de l'OTAN se sont fixés comme objectif d'atteindre 3,5 % du PIB dédié à la défense en 2035. Aujourd'hui, la France est à 2 % et devrait investir plus de 3 milliards d'euros chaque année pour atteindre cette proportion du PIB dans 10 ans.

Mais à l'heure où le premier ministre vient d'annoncer des économies drastiques et alors qu'Emmanuel Macron s'oppose à un endettement supplémentaire, où trouvera-t-il les milliards qu'il décrit comme le prix de notre liberté ? Effectivement, ce sont 7 milliards d'euros de plus qu'il faut trouver. Mais pourquoi faire ?

Voilà la question que l'on va se poser avec mes invités. Céric Perin. Bonsoir.

Bienvenue. Vous êtes sénateur LR du territoire de Bfort et président de la commission des affaires étrangères, de la défense et les forces armées du Sénat. J'accueille également le général Dominique Trinquan.

Bonsoir, bienvenue à vous. Ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU et vous publiez d'un monde à l'autre. C'est aux éditions Robert Lafond.

Emmanuel Dupu, bonsoir et bienvenue. Vous êtes président de l'Institut prospective et sécurité en Europe, enseignant géopolitique à l'université catholique de Lille et Michael Darm, éditorialiste politique. Ce ce monde en bascule, c'est le le terme qui a été employé par Emmanuel Macron dans son discours Cédric Perin.

Ça ça justifie d'accélérer à ce point de trouver 7 milliards supplémentaires alors qu'on a déjà du mal à en trouver plusieurs dizaines pour ramener notre budget à un niveau de déficit acceptable. Moi je pense que le constat cadré c'est d'abord le chef d'étatmajor des armées dans son interview enfin dans son dans sa conférence de presse et ensuite le président de la République à Brien dimanche soir. Sont deux constats qui sont parfaitement lucides sur l'état de la menace et sur la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Et moi, je trouve assez terrifiant en fait de lire ce qu'on peut lire les uns et les autres sur les réseaux sociaux de tous ces français qui considèrent que en fait la menace elle est à l'intérieur du pays et qu'elle est pas à l'extérieur. Je crois qu'il faut pas faire de différence aujourd'hui. La menace, elle est réelle, elle existe.

L'objectif de la France, c'est pas d'aller faire la guerre à qui que ce soit. L'objectif de la France, c'est d'acquérir des moyens suffisant pour son armée pour être suffisamment dissuasif pour éviter qu'un jour certains puissent se dire que la France est une cible potentielle qu'elle pourrait attaquer. C'est ça la vérité.

La vérité c'est ça, c'est de donner à nos armées les moyens et c'est assez cocasse aujourd'hui pour nous qui sommes sénateurs à la commission des affaires strangères et de la défense du Sénat ou assz oui coaucasse on va dire de constater que finalement la loi de programmation militaire telle qu'elle a été votée en 2023 et que nous avions largement contribué à à améliorer tout en considérant qu'elle était pas suffisante et bien il est considéré aujourd'hui qu'elle n'était effectivement pas suffisante et c'est ce que nous disons depuis 2023 dans notre commission et ce que nous avons dit au Sénat. D'accord. Euh, général Trinquan, ce monde en bascule, c'est celui que vous décrivez dans dans votre livre.

Est-ce qu'on a mis trop de temps à s'y préparer ou est-ce que finalement c'est la guerre en Ukraine qui fait que notre grille de lecture a profondément changé et qu'il faut prendre ces décisions-là ? Alors, trop de temps à s'y préparer, faut voir d'où on vient. H on vient de 20 ans en gros de désarmement.

Les schémas étaient montrés tout à l'heure. Pendant de de pendant 20 ans, les budgets n'ont pas été à la hauteur. On a eu la chance de faire le choix d'avoir ce que certains appellent une armée bonzaiil, c'est-à-dire des échantillons de tout.

Ce qui nous permet aujourd'hui de remonter en puissance. Si on avait pas eu ça, on aurait eu des impasses, hein, il faut clairement le dire. ce qu'on fait les Britanniques, hein, ce qu'on fait les Britanniques.

Euh oui, ce qu'on fait les Britanniques, vous avez parfaitement raison. Et donc la France est en moins mauvaise position que les autres. Ensuite, est-ce qu'on a mis trop de temps ?

Euh moi je vois que les lois de programmation, on en est la deuxè de la présidence du du président Macron, ça a commencé en 2017. Donc, on s'est réveillé avant alors souvenons-nous que la guerre en Ukraine a commencé en 2014 quand même hein, il y a pas 3 ans. Enfin, quand même, à l'époque, on pensait que ça stagnerait comme ça.

Donc, on s'est réveillé peut-être pas assez brutalement, peut-être pas assez vite. Le président, je comprends dans son discours de de dimanche qu'en fait il dit bah la loi de programmation qui devait nous porter en 2029-2030, ça va aller à la fin de ma présidence. Ce qui est au passage intéressant parce que je me souviens que quand la loi de programmation passait, tout le monde disait "Oui, mais il s'engage sur quelque chose qu'il aura pas à faire à la fin." Là, il s'engage sur quelque chose qu'il sera obligé de faire en 2027.

Mais c'est vrai que c'est ça n'est qu'une accélération, ça n'est pas vraiment une augmentation euh des moyens dont on a besoin pour se relever de 20 ans de désarmement. On va on va revoir le le le graphique l'évolution hein depuis effectivement 2017 où on est à 32 milliards 32,2 milliards d'euros jusqu'à euh ces 63,9 milliards annoncés évidemment sont des prévisions pour 2027 et les 67,4 pour pour 2030. Jeis juste rappeler un élément très factuel, c'est que initialement la loi de programmation militaire telle qu'elle avait été souhaitée par le Parlement, en tout cas par le Sénat, c'était 430 milliards.

On disait qu'à moins de 430 milliards, on savait pas faire. Merci a dit 380 milliards et on fera pas plus. Le président de la République a tranché en disant ce sera 400 plus éventuellement 13 des recettes qui étaient incertaines.

Aujourd'hui euh alors attendez parce qu'on s'y perd un peu par rapport au chiffres que j'ai donné. Donc c'est sur combien d'années don ? Oui, pardon. la période 202 à 2030 avec pour objectif d'arriver en 2030 à un budget qui serait de l'ordre de 69 milliards d'euros par an.

Et aujourd'hui le président de la République a dit on va accélérer les choses pour qu'en 2027 on soit à 64 milliards. Je juste rappeler général Tran quand même que au moment où le vote a été fait ici au Sénat, l'objectif du président de la République c'était de faire en sorte que l'effort principal soit fait post 2027 et pas en avant 2027 et que cet effort il est aujourd'hui important parce que le Sénat a souhaité et parce que ça a été voté ici. La prise conscience elle est là. sans votre argument.

Et donc la question que l'on se pose pour quoi faire ? Elle est centrale évidemment Emmanuel. Alors effectivement, on est dans une séquence où la revue stratégique, la revue nationale stratégique qui a été rendue publique évoque les 11 objectifs qui permettront aux Français de comprendre pourquoi les euros qui vont être investis à l'horizon 2027, c'estàdire dans passant, si on est sur l'objectif de 3,5 et 5 % c'est pas 64 milliards hein, c'est 122 et 150 milliards.

Si on est dans cette logique 2035 35 d'avoir en 2035. Alors, on s'y perd un peu dans les chiffres, mais mais c'est c'est sur les choix sur les%. Alors, je je crois qu'il est important d'avoir à l'esprit que il y a le matériel h h il y a le capacitaire et puis il y a les hommes et les femmes qui vont le mettre en œuvre.

Et c'est pas seulement des militaires parce que c'est justement ça la nouveauté s'il faut en trouver une dans cette revue stratégique, les forces morales, la défense en profondeur est évoqué dans la revue stratégique une vieille notion qui remonte à 1952, c'estàdire la la défense totale, c'est-à-dire que tous les citoyens sont impliqués dans la défense de nos valeurs, de notre démocratie, notre système démocratique, de nos territoires ici et ailleurs dans à travers la planète. Donc c'est une mobilisation citoyenne qui convient parfaitement à l'environnement stratégique et le nôtre. Le général Burcart dans sa prise de parole il y a quelques jours l'évoqué.

L'idée sur laquelle on passerait de la paix à une crise et à une guerre et on reviendrait à la paix est révolue. On est toujours aujourd'hui dans une logique de concomitance, compétition, confrontation, affrontement. Donc, il faut se préparer à une guerre, j'allais dire latente et qui peut prendre d'autres formes que les simples oppositions frontales cinétique avec une hybridité, avec une permanence euh informationnelle, avec une guerre réputationnelle.

Et donc de ce point de vue l'investissement dans la défense c'est pas seulement des systèmes d'armes. Ou c'est toute une logique autour des infrastructures, la dualité de ces infrastructure et le caractère évidemment de la mobilisation de la jeunesse. Je reprends le ce que vous disiez tout à l'heure cette armée bonz, on a un peu de tout.

Est-ce que finalement il faut pas faire des choix plus stratégiques en se disant bah on peut pas avoir de tout justement ? Une des interrogations de cette émission c'est de savoir ce qu'on va faire des 7 milliards éventuellement qui je le rappelle on est sur public sénat devront être votés par le parlement. Oui.

Donc le président de la République, il pu a beau jeu d'expliquer tout ce qu'il veut euh à Brienne. Ce qu'il a quand même un petit peu obligé de dire, c'est qu'il fallait qu'il ait une majorité à l'Assemblée nationale pour le voter et qu'il fallait qu'il en ait une au Sénat pour le voter. Donc ça va mettre un certain nombre de de nos euh élus euh nationaux devant leur responsabilité.

Soit on vote la censure et auquel cas on refuse de donner aux armées les moyens d'assumer notre sécurité, soit on le vote ici au Sénat. Je ne suis pas trop inquiet. Euh mais la question c'est quand même que ces 7 milliards, ils vont d'abord devoir servir à payer les impayés, les fameux reports de charge qui s'élève aujourd'hui à ces 8 milliards d'euros qui sont, je le rappelle, des commandes qui sont passées d'une année sur l'autre qui ne sont pas financées puisqu'on a plus de besoins que de moyens et qu'on vit au-dessus de nos moyens depuis un certain temps.

Ça va permettre français à qui on a commandé des des matériel encore et ça c'est 8 milliards. Ça veut dire que c'est quasiment 20 % du budget qui sont qui est consacré au ce qu'on appelle chez nous le P146, le programme d'investissement des forces qui sont des des des reports de charge. Ça va déjà manger une partie du budget bien évidemment et derrière tout ça, je vais pas revenir ce que ce qui a été dit à l'instant.

Il y a évidemment des priorités qui devront être données au drones, au fond marins, au spatial, ça a été dit, aux munitions euh et aussi à un certain nombre d'éléments de capacité humaine parce que c'est bien beau d'avoir du matériel. Encore, faut-il permettre aux hommes et aux femmes des armées françaises de s'entraîner, de tirer des munitions et ça ça a un coup évidemment. Je vous pose la même question.

Est-ce doit faire des choix ? Fa alors pour répondre à votre question, faire des choix euh non. Si vous voulez vous défendre, vous avez un modèle qui doit être complet.

Euh sinon vous avez des trous dans la raquette. Alors, quand on parlait de Bonza, je vais donner un ou deux exemples. Par exemple, la défense antiaérienne.

Ah bah oui, elle on avait un croupion de défense anti-a on a arrêté d'investir quoi. On a arrêté d'investir sûr. Alors, on a gardé une unité, deux unités mais il faut amplifier ce mouvement.

On parlait des munitions. Alors, c'est un vieux problème d'armée française que j'ai connu il y a déjà 30 ans, hein. Euh, il faut avoir des munitions.

Le chef d'étatmajor de l'armée de terre a une expression que j'aime bien. Il il présentait la brigade Bonne de Guerre, la 7e brigade blindée, c'est la brigade bonne de guerre. Bonne de guerre, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire qu'on a les équipements, mais on a aussi les pièces détachées et les munitions. Ce qu'on avait généralement pas. On était content d'aligner le nombre de chars, le nombre de pièces d'artillerie et cetera.

Mais est-ce que vous savez que derrière une pièce d'artillerie, les unités de feu, ce sont des centaines de camions chargés de munition qu'il faut. Or, ça on l'avait pas, vous voyez. Donc il faut donc on avait des armes inutilisables, quoi.

On avait des armes mais utilisables pour sur un champ de tir pour faire de l'entraînement et pas vraiment pour faire la guerre. Jour, il y a 15 jours devant la commission des affaires étrangères, le ministre a avoué quelque chose qu'on savait depuis longtemps mais qu'on ne disait pas que nos frèmes partaient sans aucune munition pour faire des missions de patrouille et de surveillance. L'idée de cette augmentation des budgets, c'est aussi de permettre à nos matériels qui vont devoir partir pour assurer un certain nombre de j'allais dire la sécurité un certain nombre de nos territoires partent armé et ne partent pas sans rien.

Oui, c'est eff ça a été dit par le ministre. Donc je peux le dire aujourd'hui. Bon OK.

Alors on on l'a rappelé 3 jours avant ce ce 14 juillet. Le chef d'étatmajor le général Thierry Bucart avait dressé un état des des menac. Je me tourne vers vous Michel.

On va s'intéresser un peu à la à la stratégie des d'Emmanuel Macron. Il a insisté sur un point euh le général duart en disant "La Russie a désigné la France comme son adversaire principal en Europe." Et ça vous inspire cette réflexion ?

Tout ça pour ça. Pourquoi ? Bah oui, parce que si si vous parlez alors des travaux, des reculs diplomatiques pour expliquer que la Russie doit être respectée, qu'il faut rester en contact, qu'elle doit rester en contact avec l'Europe et que bien sûr la France doit être faire de lance de ce dialogue avec la Russie comme on a beaucoup entendu, bien on est effectivement au final stupéfait par la déclaration donc du chef d'état-major hein. effectivement la diplomatie c'est la version civilisée de l'affrontement.

Alors c'est une vraie débacle en fait qui a été quand même annoncée par le général Bucard et son avertissement est quand même très très clair. Face à un nouveau monde menaçant, la France n'est pas prête. Face à la Russie.

Certes, la France n'a pas de risque d'être attaquée sur son territoire, mais il y a quand même beaucoup d'autres options, dit-il. Desinformation, cyberattaque, espionnage. Donc la veœu est d'importance et le cadre était rare aussi. une conférence de presse, c'est assez peu habituel pour le chef d'étatmajor des armées.

C'était à la demande du président de la République. Oui, on est dans un calendrier calendrier pas 2 jours, c'était le 11 juillet, 2 jours avant effectivement le discours du 13 juillet et effectivement lorsqu'on a entendu les annonces du président de la République sur l'augmentation du budget des armées, on a compris qu'on a assisté à un balai bien réglé entre le chef d'étatmajor, le chef des armées, Emmanuel Macron. en donnant l'alarme en fait le chef d'étatmajor devait être un petit peu déjà au courant forcément de la teneur du discours donc d'Emmanuel Macron et on assistéit au fond cet exercice totalement inédit dans le domaine réservé présidentiel.

Le général souhaite et le président accepte. Oui. Si on se souvient du tout premier 14 juillet du tout jeune président Macron qui avait limogé en quelque sorte en place publique le le chef d'étatmajor Pierre Devilier.

Et oui, pour le moins Viller, c'est souvenez-vous c'était rendu coupable aux yeux d'Emmanuel Macron d'avoir résisté au projet présidentiel de la baisse des budgets et pour avoir surtout osé contester publiquement la parole d'Emmanuel Macron dans son discours présidentiel face aux militairees. Et bien, on a compris aussi que Emmanuel Macron sait que c'est l'avant-dernière gardien parti face donc à l'armée qu' qui l' qui l'a présidé. Mais le propos quand même du chef d'état-major comporte quand même en creux sa part de critique vis-à-vis de du degré politique.

Parce que être déclaré ennemi principal des Russes après tant d'efforts de diplomatique, j'y reviens après avoir donné toute la publicité, souvenez-vous il y a quelques jours à la conversation de 2h entre le président de la République et Vladimir Poutine, et bien tout ça clairement un échec dans l'analyse d'Emanel Macron sur Poutine. Dimanche dans son discours, le président a promis de tirer les conséquences de cette situation critique et de justifier donc des investissements supplémentaires en matière de défense, on l'a vu, en pleine et en pleine guerre budgétaire. En fait, le message de l'armée est clair.

Face à une France affaiblie, l'armée doit faire front pour protéger le pays. Merci beaucoup Michel. Je commence avec vous Emmanuel Dup.

Est-ce que c'est forcément un échec du président de la République de d'aboutir après avoir effectivement tenté de maintenir un lien avec Vladimir Poutine à ce constat la France principal adversaire de la Russie en Europe ? Alors, je je pense que c'est important de rappeler que le président de la République comme Thierry Burcart, comme la revue stratégique évoque la Russie comme principale menace frontale, mais qu'il y a bien d'autres contendeurs et bien d'autres menaces qu'il ne faudrait pas oublier. les menaces asymétriques, la question du terrorisme, la question du narcotrafic avec des saisies de plus en plus importantes 2,5 tonnes de cocaïne comme l'a rappelé le général Burcart et que il y a évidemment à protéger nos territoires nos 11 millions de kilomètres carr est-ce que nos 15 frégates sont suffisantes pour se faire ça aussi c'est quelque chose qui devrait être précisé.

Alors est-ce que c'est un échec politique ? Je ne crois pas parce que vous l'avez dit vous-même, la question doit être posée dans la mutualisation et si nous n'avons pas la capacité de tout faire tout seul, nous devons aussi être en capacité de comprendre que nos nos partenaires européens et je dis dans sens large en blanc la Grande-Bretagne se pose les mêmes questions et de ce point de vue il y a là un vrai travail à faire pour essayer peut-être de trouver des mutualisations. l'achat en commun de munitions qui nous permettra d'avoir les munitions dont nous avons besoin, pas forcément dans un cadre strictement national avec l'idée que il faille essayer peut-être enfin de comprendre que les dépenses de défense doivent être sorties du pacte de stabilité budgétaire tout comme d'ailleurs Urselovalayen le propose puisque elle indique que toute dépense de défense doit être mis de côté en appelant à un grand empreint et une épargne qui permettra évidemment de compenser ce qu'on ne peut pas faire à travers notre propre endettement.

Donc il y a toute une série de réflexions qui méritent d'être posées aussi en concertation avec nos partenaires. Mais mais je reviens au conseil que fais faisait Michel Darmond parce que on peut dire aussi que bah on peut tout faire pour éviter la guerre ou s'y préparer ou s'armer mais ça n'empêche pas de de pratiquer la diplomatie. C'est pas forcément un échec de d'être désigné comme comme l'adversaire principal.

Moi je suis pas tout à fait d'accord avec sur moi plus. D'abord, premier point, l'articulation articulation typiquement militaire. Quand on fait en étatmajor, on fait l'évaluation de la menace puis après quel moyen on va mettre en place vis-à-vis de la menace.

Donc l'articulation entre le général Burcart et et le et le président, ça n'a surpris aucun militaire. C'est normal, ça doit se passer comme ça. Ça c'est le premier point.

Ensuite, évidemment que on se heurte à un mur qui s'appelle monsieur Poutine, mais je cite toujours le prince d'Orange qui dit "Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer." C'est-à-dire que en diplomatie, on doit continuer. Et le je cite, pardonnez-moi de citer plein d'ut comme ça, mais il y en a un qui est intéressant aussi, c'est Bismarc qui dit que la diplomatie sans l'armée, c'est comme une musique sans instrument.

Euh c'est-à-dire qu'il faut, comme disait euh monsieur le président de la commission, on ne s'arme pas pour faire la guerre, on s'arme pour avoir un fallait donc il fallait continuer de discuter avec Vladimir Poutine au au risque de prendre ce mur dont vous parlez quoi. Oui, mais si vous voulez aujourd'hui, on peut toujours discuter avec monsieur Poutine. Regardez la réaction de monsieur Trump.

Il commence à en avoir marre. Alors qu'il était tout à fait du côté, il était tout à fait du côté de monsieur Poutine et d'un seul coup il dit "Il me balade, j'en ai assez de me faire balader." Alors on verra les actes hein, pour l'instant il y a des paroles.

Mais voilà, Poutine, vous pouvez toujours comprendre, souvenons-nous que c'est un produit du KGB, faut quand même se rappeler, d'un système qu'on a combattu pendant des décennies et lui n'a pas changé. C'est non, moi je je pense qu'il faut dans notre débat qui est très intéressant, parfois un peu complexe parce que technique, il faut pas oublier les Français. Et moi, je le redis parce que je l'ai dit en début de cette émission, je suis atterré, triste en tout cas de la réaction d'une partie des Français qui considère qu'aujourd'hui il faut s'attaquer à la sécurité intérieure et que on se contrefout en fait de ce qui se passe à l'extérieur.

C'est ce que j'entends, ce que je lis parfois sur certains commentaires. Ça me fait penser à Pasqua qui'exlique qui expliquait à tout le monde qu'il fallait aller en Afrique aider les pays africains pour éviter d'avoir d'immigration et de les faire venir chez nous pour qu'ils se développent euxêmes. Ça fait penser à ça.

Je pense queon ne peut pas dissocier l'un de l'autre aujourd'hui. Vous avez des moldaves qui pour quelques euros sont allés semer la pagaille avec des peintures à Paris. Quand vous avez des cercueils qui sont posés, il faut bien que chacun comprenne que cette guerre hybride, elle a déjà commencé, que nous y sommes confrontés au quotidien, que les entreprises privées, que nos collectivités, que les particuliers même sont confrontés à cette guerre hybride.

C'est la guerre du numérique, c'est la guerre de l'informationnel, c'est la guerre du cyber. Cette guerre, elle existe quand des Russes vont manipuler des des élections en Roumanie qu'ils le font dans d'autres pays, ils le feront sans aucun doute. Ils essaieront en tout cas de le faire en France dans les élections qui vont arriver.

Quand vous avez des partis qui se qui se considèrent comme très démocratiques, que moi un peu moins font de la du populisme en outrance en expliquant qu'il ils auront eux les bonnes solutions, je pense qu'il faut expliquer que aux français que cette guerre, elle a déjà commencé et que l'idée qu'on nous avons aujourd'hui en rarement l'armée mais aussi en réarement la diplomatie parce que je rappelle que les crédits de la diplomatie ont été considérablement diminués l'année dernière, euh c'est d'éviter la guerre, de faire en sorte que nous ayons les moyens de l'éviter. La diplomatie pour moi, c'est la dernière étape avant la guerre. Et quand vous avez un gouvernement qui décide de baisser les crédits de la diplomatie, il diminue évidemment la capacité d'influence de la France à l'étranger.

Le président de la République a souligné à Brien qu'il fallait faire des efforts importants pour aider LANY, l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information qui lutte contre les attaques cyberes. DG Viginum qui est une agence d'État également qui lutte contre la lutte contre la désinformation qu'il fallait les les accompagner, c'est très bien. Mais je voudrais juste rappeler quand même que dans le budget 2025, contrairement à ce que j'ai défendu au Sénat personnellement, ces crédits ont été baissés de 50 millions d'euros.

Donc il faut avoir aussi un peu de cohérence. Si on veut aller là où on veut aller, il faut se donner les moyens de le faire. C'est ce que nous allons faire au Sénat en sacrifiant en sacralisant pardon les budgets de la défense, mais il faudra le faire aussi sur les budgets de la diplomatie et sur les budgets, j'allais dire en général de euh de comment de sujet régalien. la sécurité intérieure également la la France, on le sait, elle dispose d'une d'une industrie militaire qui est reconnue, mais est-ce qu'elle va pouvoir suivre une augmentation de la cadence qui est réclamée, supposé par notamment Emmanuel Macron ?

On en parle tout de suite avec Quentin Calmet, on va notamment Quentin Bonsoir, parler de d'Assu aviation. Le PDG a été auditionné au Sénatê il y a 3 semaines. Alors le premier renseignement de cette audition c'est que le groupe va bien.

Absolument. Écrapier était tout sourire devant les sénateurs. Euh le groupe d'assaut a vu son chiffre d'affaires augmenter de 30 % entre 2023 et 2024.

Il est passé de 4AR800 millions d'euros à 6 mliards200 millions d'euros et cela ne devrait pas diminuer même si le PDG a souligné le contexte instable sur la scène internationale avec les conflants en Ukraine, en Iran, en Israël, mais aussi la guerre commerciale menée par Donald Trump et la situation politique en France. Alors évidemment quand on parle de d'assaut aviation, on pense au rafale cet avion de combat emblématique. On en est où de sa production ?

Et bien la production tourne à plein régime. Écoutez le PDG du groupe devant les sénateurs. C'est donc le 25 juin dernier.

On a vendu 533 rafales, un peu plus de 300 rafales à l'exportation, 323 pour être précis. De plus de 200 rafales ont été commandés par le par la France. Il nous en reste pas mal à à livrer.

Donc on a ce qu'on appelle un carnet rempli. On a à peu près encore autour de de 250 avions à livrer. 246 pour être précis.

Donc ça nous donne un une charge de travail compte tenu de cette montée en puissance pour les les 5 à 7 ans à venir. Voilà, un carnet de commande rempli donc ce qui interroge sur la capacité à fournir à l'armée française de nouveaux engins. En février, Sébastien Lecnu parlait d'un besoin de 20 à 30 rafales de plus que ce prévu pour être plus efficace en opération. 20 pour l'armée de l'air, 10 pour la marine.

Une commande également évoquée par Emmanuel Macron en déplacement en mars dernier et qui devait être annoncé avant l'été. Coût total estimé 3 milliards d'euros. Attention, si la France devait faire cette commande, il faudra patienter pour voir les AV les avions de chasse.

Écoutez, un deuxième extrait de l'audition. Aujourd'hui, malgré cette montée en puissance, on peut évidemment et on serait très heureux de d'augmenter le nombre d'avions à fournir aux armées françaises, mais il y a un certain délai pour le faire. Un avion, ça se fabrique en 3 ans et demi et encore ça fait longtemps qu'on fait des stocks de matière pour éviter les problèmes de pénurie.

Voilà. Et le patron d'association a aussi évoqué l'évolution, l'amélioration de ces avions de combat à court terme. Oui, à court terme.

C'est l'expression qu'il a employé mais le court terme qu'il fixe à 10 ans. Éric Trapier explique que produire un nouvel avion de combat serait beaucoup trop long. Là, ça prendrait au moins 20 ans.

La solution, c'est donc d'équiper les rafales actuels avec des drones. Écoutez son explication. Si on doit accélérer, on peut accélérer avec un drone accompagnateur de rafale qui lui dans la mission opérationnelle fera d'une certaine manière toutes les missions que fait un rafal pourra l'accompagner et surtout l'éclairer.

L'éclairer, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que comme il est furtif, c'est lui qui va se frotter aux défenses ennemies dont je vous parlais tout à l'heure, qu'elle soit aérienne ou solaire parce que justement il est totalement furtif. Voilà le le PDG de aviation qui a aussi plaidé, c'est pas nouveau he pour une préférence européenne en matière de défense.

Ouais, c'est un combat de longue date du patron de d'assaut aviation. Convaincre les États européens de commander des avions de combat français plutôt qu'Américain, des rafales plutôt que des F35, des pays comme l'Allemagne, la Belgique, l'Italie ou encore le Danemark qui ont commandé depuis un an plusieurs dizaines d'avions de combat américains plutôt qu'européens. Merci beaucoup Quentin.

Emmanuel DPI, un un rafale sans drone accompagnateur à l'avenir, il sera en danger. Est-ce qu'on peut dire ça ? Oui.

Alors, je crois qu'effectivement, il faut avoir à l'esprit que on est dans un jeu de bascule là aussi et que c'est bien d'avoir une un carnet de commande 70 % de nos exportations, c'est le rafale. Donc, c'est très bien. Il faut se féliciter que nous soyons le deuxième exportateur désormais avec 12 milliards donc de d'euros d'exportation.

Mais il faut toujours avoir l'esprit que comme monsieur le sénateur nous y invite, faire comprendre aux Français que la défense ce ne sont pas seulement nos champions industriels. C'est un tissu industriel très homogène dans notre pays. 80 % des 4000 entreprises sont des entreprises de taille intermédiaire et c'est peut-être là avec 225000 emplois à la clé et 35 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

C'est peut-être là la manière d'inciter les Français à comprendre qu'ils font partie de cette défense. Il faut mobiliser peut-être davantage les par des Français. L'ancien secrétaire d'État à la défense Jean-Liot chargé d'une mission en ce sens évoque l'idée d'un livreta spécifiquement dédié à la défense.

D'ailleurs, c'est le Sénat, c'est Pascal Alizard qui a des possibilités. C'est ce que j'allais dire. J'allais dire monsieur, vous notez la parole de la bouche proposition qui avait été faite au Sénat à peu près ce que André Scubilius le secrétaire le commissaire à la défense européenne appelle de ses vœux à travers une mobilisation à travers un prêt triple A, ça s'appelle Safe Security for Europe.

Donc il y a effectivement toute une série d'actions qui sont être menées en direction des entreprises. Notre base industrielle technologie de défense fait intimement partie de l'économie de guerre qui a été évoqué. Alors, est-ce que euh notre euh notre notre outil de défense tel que nous l'avons aujourd'hui, euh correspond à suivre quoi ?

Parce que c'était c'est la question, la montée en puissance, la montée en cadence, on est déjà un peu j'ai l'impression qu'on est déjà un peu au rupteur, quoi. Est-ce que nous aurons pas davantage besoin à l'avenir de petits engins de drones, de missiles plus véloces puisque nous faisons face à une menace balistique hyper rapide ou dense qui s'inscrit dans l'hyper vélocité ? Est-ce que nous n'aurons pas besoin aussi d'investir vers le trèshaut, l'hyper espace, enfin l'hyper atmosphérique et la guerre des abîmes ? des des sujets sur lequels jusqu'à présent on était un peu en rupture.

Oui. Et ben ça ça me repose la question que j'évoqué tout à l'heure de des choix qu'on qu'on est peut-être obligé de faire quoi. C'est est-ce qu'on peut se payer encore plus de rafale mais aussi tous les drones nécessaires et cetera et ce choix sur la question des choix j'ai j'ai dit ce que j'en pensais tout à l'heure.

Il y a des efforts à faire en matière dans différents sujets. Il faut le faire mais je crois qu'il faut revenir un peu à la réalité de choses. que aujourd'hui pour que notre industrie et notre base industrielle technologique de défense puisse être opérationnelle et répondre à la commande, il faut tout simplement qu'elle ait des commandes.

Oui. Je rappelle quand même que avec ce que j'ai expliqué tout à l'heure, les reports de charges considérables qui ont de 8 milliards d'euros qui sont euh qui sont ceux qu'on connaît, euh il y a pas eu de commande de de de en tout cas la BITD depuis en gros en gros le mois de mars, la base industrielle et technologique de la défense sont nos 4000 entreprises euh PME TI qui regroupent évidemment euh à peu près moi je pense que c'est plus que 250000 emplois mais voilà il faut qu'il y ait de la commande. Et aujourd'hui vous savez très bien, j'ai fait plusieurs émissions avec vous, j'ai je conteste depuis l'origine le terme d'économie de guerre.

Je pense qu'il faut qu'on parle d'économie de défense et pas d'économie de guerre parce que dans une économie de guerre évidemment il y a des mesures que prend l'État en terme de de réquisition d'entreprise et cetera qui ne sont pas celles qu'on connaît aujourd'hui. En revanche, je suis persuadé qu'aujourd'hui la capacité euh d'innovation de production de notre BTD est parfaitement en capacité de de prendre en compte les commandes nouvelles. Donc donc on peut monter encore en en en cadence pas seulement pour le rafal, on peut parler des obus, on peut parler des munitions.

Oui. pour les obus, on est en cours, hein. On a à rapatrier la capacité de fabriquer de la poudre, des obus en France.

Mais je crois que pour revenir sur le thème des entreprises, je crois que c'est là que l'Europe est essentielle parce que il faut absolument que les entreprises européennes arrivent à travailler conjointement pour des commandes de différents pays européens. On le rappelle, on a des armées pendant 20 ans et on n'est pas les seuls, les Français et les autres pays aussi. Et aujourd'hui tout le monde se réveille et on a des capacités industrielles qu'il faut faire monter en puissance mais pas seulement au profit de la France, au profit de l'ensemble des pays européens.

Alors, on parle beaucoup des avions et évidemment le président de l'assaut euh c'est un monstre hein en France donc euh forcément on en parle beaucoup mais il y a beaucoup d'autres industries KNDS euh euh il y avait euh euh les industries qui fabriquaient des engins blindés, qui fabriquent des camions, qui fabriquent des armes. Tout ceci en Europe, on l'a. Et il faut pour ça que les entreprises s'entendent pour le faire ensemble et ayant travaillé dans une entreprise, je peux vous dire que il y a pas que problème régalien, il y a aussi le problème des entrepreneurs qui doivent arriver à travailler ensemble pour faire des produits ensemble et arriver à produire pour cette simplement un chiffre l'ensemble des pays européens leur budget de défense si on les agrège he c'est 420 milliards d'euros. 420 milliards, c'est le deuxè budget de défense au monde derrière les Américains très loin qui sont à 1000 milliards mais beaucoup plus que les Russes.

Le problème, c'est qu'il y a beaucoup de gaspillage là-dedans parce que on fait des choses différentes les mêmes et cetera. On a besoin absolument de rendre cela plus efficient. Merci beaucoup.

Le débat est déjà terminé. Il a filé très très vite. Je vois la déception d'Emmanuel Dup.

On aura d'autres occasions évidemment sur ce plateau de revenir sur les enjeux de de défense qui malheureusement vont pas être réglés en quelques semaine. Merci à tous d'avoir participé à ce débat. Votre livre Domrincand d'un monde à l'autre publié chez Robert Lafond.

Voilà, c'est la fin de ce sens public. Vous pouvez retrouver nos débats sur notre plateforme publicsene.fr.

Vous pouvez nous découvrir ou nous réécouter en en podcast et je vous dis à demain 18h 22h pour une nouvelle émission. Salut ! [Musique]

Défense : 7 milliards de plus, pour quoi faire ? — Cédric Perrin · Pourquijevote