Ukraine : l'Europe de retour à la table des négociations - Reportage C dans l'air 18.04.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
que finalement, "vous n'êtes pas si débiles que ça et vous allez peut-être me servir à quelque chose". L'autre porte de sortie, c'est de dire: "Si ça ne marche pas, on se casse." - L.Sénéchal: Justement, les Européens, qui étaient mis de côté par l'administration sur cette question, sont revenus à la table des négociations hier.
Réunion à l'Elysée autour d'E.Macron et du chef de la diplomatie américaine, M.Rubio. - Tout commence par un compliment sur le perron de la Maison-Blanche. "Elle est super." G.Meloni, meilleure alliée des Etats-Unis aux yeux de Trump, est devenue par les guerres commerciales, mais aussi la guerre en Ukraine...
La dirigeante italienne a donné des gages au président américain. - L'Italie annoncera au prochain sommet de l'automne qu'elle portera ses dépenses militaires à 2 %, comme cela a été demandé. L'Europe s'est engagée à faire plus.
Elle y travaille pour permettre aux Etats membres de monter leurs dépenses de défense. Nous sommes convaincus que tout le monde doit faire plus. -2 mois après l'humiliation de V.Zelensky dans ce même bureau Ovale, D.Trump adoucit son discours. - D.Trump: Je ne tiens pas Zelensky pour responsable.
Mais je ne suis pas vraiment ravi du fait que cette guerre ait été déclenchée. Je ne le blâme pas. Ce que je dis, c'est que je ne dirais pas qu'il a fait un super travail.
D'accord? Je ne suis pas un grand fan, vraiment. - Faut-il y voir un changement de posture à l'heure où les négociations entre Russes et Américains piétinent?
Hier, à Paris, série de réunions entre représentants américains, français, allemands, britanniques, et ukrainiens. Pas de réelle avancée sur le fond, mais suffisante pour que la France s'en félicite. - J.-N.Barrot: On a, pendant longtemps, craint que les Européens ne soient pas autour de la table.
Aujourd'hui, c'est à Paris que se sont retrouvés, pour la première fois, les Européens, les Américains et les Ukrainiens. Merci. ... - L'Europe, de retour à la table des négociations, après en avoir été brutalement écartée par les Etats-Unis.
D.Trump tente de négocier directement avec Moscou. 2 réunions entre délégations russes et américaines à Riyad et un échange téléphonique avec V.Poutine. - D.Trump: Il y a de bonnes nouvelles qui viennent de Russie.
Nous entendons de bonnes choses. Nous entendons de bonnes choses. Je pense que la Russie va conclure un accord avec nous, je l'espère.
Nous avons parlé avec le président Poutine. - Mais le Kremlin a joué la montre, retardant les négociations, allant même jusqu'à provoquer les Etats-Unis. Dimanche dernier, 48 heures après la visite de l'émissaire américain S.Witkoff à Moscou, 2 missiles balistiques russes frappent la ville de Soumy, en Ukraine. 34 morts, une centaine de blessés.
Hier, le président ukrainien s'en prend à l'émissaire américain. - V.Zelensky: Je pense que monsieur Witkoff a adopté la stratégie de la partie russe.
Je pense que c'est très dangereux, parce qu'il diffuse, consciemment ou inconsciemment, je ne sais pas, les récits des Russes. - Alors qu'attendre des Etats-Unis? Juste avant de quitter la France, le secrétaire américain, M.Rubio, a fait passer un message ambivalent. - M.Rubio: Je pense que le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne peuvent nous aider à faire avancer les choses et à nous rapprocher d'une résolution.
Nous n'allons pas poursuivre cette entreprise pendant des semaines et des mois. Nous devons déterminer très rapidement si cela est faisable ou non au cours des prochaines semaines. Si c'est le cas, nous sommes prêts.
Si ce n'est pas le cas, nous devrons nous concentrer sur d'autres priorités. - Parmi les priorités américaines, un accord avec Kiev pour accéder à ces minerais stratégiques. Des négociations auront lieu la semaine prochaine à Washington entre les 2 pays. - L.Sénéchal: J.-P.Paloméros, je vous soumets ce résumé...
Question. C'est bien résumé? - Gal J.-P.Paloméros: Il y a un moment où peut-être que D.Trump va se laver les mains du sort des Ukrainiens, en disant: "Finalement, c'est votre problème." Il y a une leçon, c'est que les Européens, qui ont fait front jusqu'à aujourd'hui, reviennent dans le jeu.
Ca prouve que ça vaut la peine de résister et de ne pas tomber trop facilement dans des travers. Secundo, tout le monde l'a dit: Trump est dans l'impasse. Il se rend compte que pour tordre le bras de V.Poutine, ça prendra plus que de la rhétorique.
C'est beaucoup plus grave que ça. Il faut qu'il mette du lourd sur la table. Il n'est pas prêt à cette négociation.
Il y a ce sujet très intéressant du mémorandum. Je l'ai lu. Entre les Américains et les Ukrainiens, il ne parle pas des minéraux critiques, mais d'un accord réel, de reconstruction. - L.Sénéchal: Ca va bien plus loin... - Gal J.-P.Paloméros: Il parle de l'Ukraine qui a fait des sacrifices en rendant ses armes nucléaires.
Si les Américains s'y tiennent, on se dit que tout va pour le mieux. La vraie question est simple: est-ce que, oui ou non, monsieur Trump ou un de ses adjoints va faire voter un train de mesures pour continuer à soutenir l'Ukraine? C'est ça, la seule question qui compte.
Ou alors, est-ce qu'ils vont la laisser mourir d'asphyxie, même s'il y a d'autres moyens pour l'Ukraine? Il y a d'autres alliés et une certaine montée en puissance de l'Ukraine, qui lui permet d'être plus résiliente. C'est la clé.
Soit il coupe le robinet et ça va être difficile pour l'Ukraine, dans certains domaines...
Monsieur Zelensky a demandé l'achat de Patriot, ce que lui a refusé monsieur Trump. - L.Sénéchal: Le mémorandum, c'est un projet sur un accord qui pourrait être signé la semaine prochaine sur les minerais, mais pas seulement. - A.Bellanger: C'est un miroir aux alouettes.
Il n'y a rien dedans. On sait très bien que les évaluations de minerais critiques et de terres rares que l'Ukraine propose ont été faites à l'époque soviétique, où il n'y avait pas de rapport entre le coût de l'exploitation et la méthode d'évaluation des réserves. Ce que veut Trump, c'est V.Zelensky à Washington sinon quelque chose.
Il se fiche de ce qu'il y a dans le mémorandum. Est-ce que V.Poutine a du temps devant lui?
On voit qu'il essaie de gagner du temps, depuis le début. L'idée d'un cessez-le-feu ne lui plaît pas du tout. Il était dans un début de négociation qui pourrait aboutir dans les semaines qui viennent.
Il a lancé une offensive de printemps. Il compte voir les résultats de cette offensive...
Même les Ukrainiens le disent, ils ont 30 à 40 % d'attaque en plus de la part des Russes. On va voir ce que pourrait donner cette offensive avant de commencer la négociation. Un article qui interrogeait un économiste russe disait que la Russie en était à imprimer des billets pour masquer le fait qu'elle a une baisse drastique de ses recettes en matières premières et en pétrole, en gaz.
Ca ne risque pas de s'arranger avec la baisse du prix du baril de pétrole.
Emmanuel Macron