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interviewBLAST (sur YouTube)· 6 décembre 2021 9 min

PRÉSIDENTIELLE : LA CAMPAGNE EST DÉJÀ HORS DE CONTRÔLE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Les meetings de Mélenchon et Zemmour, la victoire de Valérie Pécresse, on en parle tout de suite dans le numéro 8 de la Guerre du trône. Zemmour, Mélenchon, Pécresse. Ces trois-là ont occupé le week-end politique, s’interpellant à distance de congrès en meetings, pour tracer, chacun, les frontières de son camp.

Cap d’abord sur Villepinte où, dimanche, Éric Zemmour avait réuni son public. Beaucoup de jeunes dans les travées. Le candidat, qui, hier encore, dénonçait le ghetto ouvrier dans lequel, selon lui, Marine Le Pen avait enfermé son mouvement, a très nettement recentré son discours.

Ce peuple, ils l’avaient oublié, ils l’avaient sous-estimé, ils pensaient même s’en être débarrassé, loin des centres-villes, loin des beaux quartiers, loin de leurs médias. Ils avaient tort. Ce peuple français qui est là depuis 1000 ans et qui veut rester maître encore chez lui, 1000 ans encore, n’a pas dit son dernier mot.

Les 1 000 ans dont il est question font référence au millénaire capétien. Enfin, on espère que c’est la bonne interprétation. Pour le reste, rien de vraiment nouveau.

Couplets obligés sur le grand remplacement, l’immigration zéro, le système et les médias… Il s’agissait surtout pour le candidat de lancer son parti : “Reconquête”. Car c’est aujourd’hui la principale faiblesse de ses campagnes : Il n’a pas de troupes. Éric Zemmour entend donc faire son marché chez les autres.

Trente ans de renoncement et de lâcheté. Trente ans au cours desquels le peuple fut divisé, séparé, ostracisé, avec des électeurs du Front National traités comme des parias et des électeurs de LR intimidés, terrorisés. Je veux rendre le droit de vote aux électeurs du Front National et je veux rendre la droite aux électeurs de LR.

Le spectacle était aussi dans la salle. Au moment de son entrée, Éric Zemmour a été agressé par un individu dont les mobiles restent encore flous. Appelés en renfort d’un service d’ordre insuffisant et mal organisé, des groupes d’ultra-droite n’attendaient que l’occasion d’en découdre.

D’autant qu’à l’extérieur quelques antifas s’étaient risqués à défier les forces de police qui protégeaient la réunion. Une poignée de militants de SOS Racisme, qui tentaient de porter la contradiction pacifiquement, a été violemment agressée par un groupe d’identitaires. Avant que le service d’ordre ne s’interpose.

Vous voyez ici la fin de la bagarre que j’ai pu filmer avec mon téléphone. L’équipe de Quotidien, conspuée par une partie du public, a dû être exfiltrée par le même service d’ordre avant de pouvoir revenir dans la salle. Tout de monde déteste le Quotidien !

Tout de monde déteste le Quotidien ! Mais soyons complets dans l’information. En ce qui nous concerne, nous avons pu travailler sans aucun problème.

Et ce, bien que nous soyons aisément reconnaissables avec les bonnettes jaunes de nos micros. Bonnettes dont nous sommes très fiers. Quelques heures plus tôt, à la Défense, Jean-Luc Mélenchon tenait également un meeting.

Nous venons montrer au pays pour lui redonner du courage, alors qu’il est plongé dans l’obscurité de débats absurdes où l’on voudrait qu’ils se comptent l’un l’autre pour des affaires de religion ou de couleurs de peau. Nous venons dire et proclamer, une grande fois de plus : Non, la France, ce n'est pas l’extrême-droite. La France, c’est la sécurité sociale, c’est la santé publique, c’est l’émancipation, c’est l’école, c’est la recherche, c’est le partage !

Le candidat de l’Union Populaire a appelé à la mobilisation de ses partisans. J’ai dit qu’on avait un trou de souris devant nous… mais pour y arriver il faut pelleter. Et ça, je ne peux pas le faire tout seul, ni eux tous seuls, ni même vous tous seuls, vous ici, ceux qui nous écoutent.

Que chacun prenne sa part. Il n’y a qu’un combat qu’on est sûr de perdre : c’est celui qu’on ne mène pas. Ce meeting a également été l’occasion de présenter le parlement de l’Union populaire.

Un parlement désigné par la France insoumise. Sa présidente, Aurélie Trouvé, ancienne porte-parole d’ATTAC, en détaille les contours. Ce parlement est composé de 200 personnes, 100 femmes, 100 hommes venant de la France insoumise, mais aussi 100 personnes qui ne sont pas, pour l’instant, ne s’étaient pas impliquées dans la France insoumise.

Et ce parlement aura plusieurs fonctions, notamment de dialogue avec le candidat Jean-Luc Mélenchon. Deuxième fonction qui est aussi de préciser, de travailler, au programme de l’Avenir en commun. Et puis troisième fonction, c’est d'élargir les soutiens, et puis aussi d'impulser une grande campagne d’éducation populaire.

Parmi les membres de ce parlement, on trouve Sylvie Glissant, l’épouse du poète Édouard Glissant, celui-là même à qui Jean-Luc Mélenchon a emprunté le concept de créolisation, l’écrivaine Annie Ernaux, Xavier Mathieu, l’ancien délégué syndical des Conti, Jean-Marc Schiappa, historien et père de la Ministre chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, ou encore Thomas Portes, le porte-parole de Sandrine Rousseau pendant la primaire des Verts. La veille, samedi donc, les Républicains se sont enfin trouvé un candidat. Ou plutôt une candidate.

Valérie Pécresse. Une révolution dans l’histoire de la droite. Pour la première fois de son histoire, le parti du général de Gaulle, de Georges Pompidou, de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy, notre famille politique va se doter d’une candidate à l’élection présidentielle.

Valérie Pécresse aime à répéter qu’elle est Margaret Thatcher pour un tiers et Angela Merkel pour les deux tiers restants. C’est pas faux. Nous renverserons les blocages administratifs qui dégradent la qualité de nos services publics et qui entravent nos entreprises.

Nous restaurerons le travail et le mérite. Je veux une France solidaire, pas une France d’assistés. On a compris, c’est le retour en fanfare de la droite libérale.

La gagnante, c’est Pécresse. Mais le vainqueur idéologique, c’est son challenger : Éric Ciotti. Avec presque 40 % des voix, il entend bien peser sur la campagne de la candidate.

Il vient d’ailleurs de lancer son propre courant au sein des Républicains. Un courant qui s’appelle, je vous le donne en mille : À droite. L’élan inédit et inattendu qui s’est levé derrière ma candidature pour que la France reste la France, s’est renforcé.

Il est une démonstration de plus que ce sont nos idées, les idées d’une droite claire, forte, sans compromission, qui sont au cœur des attentes du peuple de France. Éric Zemmour ne s’y est pas trompé. Il a aussitôt adressé une lettre ouverte aux partisans de Ciotti. “Je partage la déception d’Éric et de ses sympathisants.” “Je crois que nous serons bientôt unis et je devine que vous le croyez aussi.” On s’en souvient, Éric Ciotti avait affirmé qu’il préfèrerait voter Zemmour plutôt que Macron.

Ce n’est pas du tout la ligne de la candidate officielle : Nul besoin d’être extrémiste pour être offensif. Nul besoin d’être insultant pour être convaincant. Vous le savez, les marchands de peur ne sont jamais efficaces dans l’action.

Et dans notre histoire, aucun diviseur n’a été un sauveur. Idem pour le Guantánamo à la française qu’Éric Ciotti réclamait pour les terroristes. Le soir même de son élection, Valérie Pécresse a mis les choses au point sur le plateau de TF1.

Je ne reprends pas les propositions d’Eric Ciotti, mais, dans mon programme, il y a une prise de position très ferme et des mesures d’ordre très fermes. Du coup, Dimanche, le député des Alpes-Maritimes y est allé d’un coup de semonce. Le message qui a été lancé hier n’était pas un bon message.

Je pense qu’aujourd’hui nous devons fonder un programme d’unité, de rassemblement, et le message qui a été adressé hier soir a surpris, a étonné beaucoup des personnes qui me soutiennent. Aujourd’hui, Valérie Pécresse était en déplacement dans les Alpes-Maritimes. Un déjeuner privé avec Éric Ciotti devait permettre de dissiper les tensions.

Mais il semble bien que le député des Alpes-Maritimes ait l’intention de jouer, auprès de Valérie Pécresse, le même rôle que celui tenu par Sandrine Rousseau auprès de Yannick Jadot : le rôle du boulet. Le spectacle n’est pas terminé. Si vous avez aimé cette chronique, si vous voulez nous soutenir, n’hésitez pas à vous abonner à notre chaîne Youtube.

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