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ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 15 mars 2019 8 minAutoproduitActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesRetraitesInstitutions & électionsSécurité

MACRON VENDRAIT NOS BIENS PUBLICS POUR ENRICHIR SES "COPAINS" ?

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Chiffre
    « Le montant des dividendes versés chaque année par ADP et la Française des jeux à l'État est équivalent à ce que rapportera le placement du produit de la vente de ces entreprises, entre 200 et 250 millions. »
  • 0:35Fait
    « ADP n'est pas une entreprise comme les autres. C'est le hub d'Air France, c'est un monopole naturel, c'est un service public d'intérêt national, c'est un outil de souveraineté. »
  • 1:05Fait
    « L'aéroport de Toulouse vendu par monsieur Macron à des Chinois, bradé, et qui aujourd'hui se désengagent et laissent tomber l'aéroport après avoir empoché la trésorerie. »
  • 1:45Fait
    « C'est du pillage de biens publics, c'est une très mauvaise affaire financière pour l'État. »
  • 2:05Fait
    « Je vois pas d'autres raisons, parce que sur ADP notamment, chacun aujourd'hui, si on fait le tour de l'Assemblée nationale, on ne trouve plus aucun parti qui soutient la privatisation des autoroutes. »
  • 2:45Fait
    « Le Président de la République a donc sollicité l'avis du Conseil constitutionnel sur la loi anti-casseurs, adoptée définitivement ce mardi par le sénat. »
  • 3:45Fait
    « On quand même trois membres du Conseil constitutionnel qui sont, on peut le dire, partie prenante du texte. »
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    « Il était ministre quand le texte était discuté, aujourd'hui il est membre du Conseil constitutionnel. »
  • 4:45Chiffre
    « En 2019 les pensions n'ont été revalorisées qu'à hauteur de 0,3 %, soit moins que l'inflation qui en 2018 a atteint 1,6 %. »
  • 5:05Chiffre
    « Pour 2020, le gouvernement avait prévu de faire pareil, alors que l'inflation devrait tourner autour de 1,3 %. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

La privatisation d'Aéroports de Paris, la loi anti-casseurs soumise au Conseil constitutionnel, la réindexation des retraites sur l'inflation, c'est le sommaire de ce numéro 24 du "Petit coup de Bourbon". | [Générique] Ce n'est plus de l'obstination, c'est de l'aveuglement. Contre vents et marées, le gouvernement entend céder au privé Aéroports de Paris.

Depuis mercredi, des députés examinent en seconde lecture le projet de loi pacte qui autorise l'État à se désengager du capital d'ADP. Nous en avons déjà parlé dans un précédent "Petit coup de Bourbon", le gouvernement veut vendre ADP et La Française des jeux pour alimenter un fonds destiné à l'innovation. Or le montant des dividendes versés chaque année par ADP et la Française des jeux à l'État est équivalent à ce que rapportera le placement du produit de la vente de ces entreprises, entre 200 et 250 millions.

Une absurdité qui fait bondir les élus de l'opposition. – C'est une erreur majeure sur le plan financier et sur le plan stratégique. Sur le plan financier, c'est une entreprise qui est en plein essor, avec, je vais dire, des dividendes importants qui sont versés chaque année et qui sont croissants, c'est une concession, une privatisation qui va nécessiter d'abord l'indemnisation à hauteur de plusieurs centaines de millions d'euros des actionnaires minoritaires, on commence par perdre de l'argent, on rembourse de la dette en vendant les bijoux de famille alors qu'on emprunte à des taux d'intérêt très bas, voire négatifs.

C'est une imbécillité économique. Et puis sur le plan stratégique, ADP n'est pas une entreprise comme les autres. C'est le hub d'Air France, c'est un monopole naturel, c'est un service public d'intérêt national, c'est un outil de souveraineté, c'est une entreprise qui est au cœur de tous les grands projets d'aménagement de la région Ile-de-France, qui est propriétaire de 6600 hectares ce qui est une singularité en Europe, premier pôle d'emploi en France.

Que le gouvernement confie cela au privé est une erreur magistrale. – C'est du pillage de biens publics, c'est une très mauvaise affaire financière pour l'État. C'est incompréhensible parce que les Français sont attachés à leurs infrastructures et surtout ils ont vu les dégâts des autoroutes, ils ont vu les dégâts de l'aéroport de Toulouse.

L'aéroport de Toulouse vendu par monsieur Macron à des Chinois, bradé, et qui aujourd'hui se désengagent et laissent tomber l'aéroport après avoir empoché la trésorerie. – Mais quelles sont les raisons profondes de cet entêtement ? – C'est assez étonnant.

Alors il y a plusieurs explications, soit, j'allais dire, un choix idéologique, qui à un moment donné rend aveugle les gens soit, pourquoi pas, favoriser certains copains. Quand je dis des copains, c'est l'oligarchie financière, ceux qui peuvent avoir intérêt à acheter les actions de ces entreprises privatisées, parce que c'est des bonnes affaires. Je vois pas d'autres raisons, parce que sur ADP notamment, chacun aujourd'hui, si on fait le tour de l'Assemblée nationale, on ne trouve plus aucun parti qui soutient la privatisation des autoroutes, rétroactivement tout le monde condamne et dans vingt ans, tout le monde condamnera la privatisation d'ADP si elle se fait pour des raisons stratégiques, de questions de… qu'on ne privatise pas une frontière, de mauvaises affaires financières. – Le député FI François Ruffin, lui, a mis les pieds dans le plat lors de l'examen de la loi en commission le 6 mars. – J'entends le rapporteur dire que la France n'est pas une république bananière.

Si ! En partie. Je pense qu'on à affaire en France à un capitalisme incestueux, fait de pantouflage et de retro-pantouflage, une économie mise au service d'une caste et, en matière de privatisation de vente et de revente, de fusions acquisitions, des arrangements entre copains et coquins.

Ce qui va se passer pour les aéroports de Paris, on n'a pas la garantie, là non plus, que ça se fasse dans la transparence. Si, je le redis, si Vinci est le nom qui sort du chapeau, ce sera une opération cousue de fil blanc. – Le groupe Vinci qui exploite 45 aéroports dans le monde, dont 12 en France, est en effet le grand favori après l'abandon du projet d'aéroport de Notre Dame des Landes.

Certains au sommet de l'État se sentent obligés d'accorder une compensation au groupe de BTP. Seul espoir, l'initiative des sept départements d'Ile-de-France qui se disent prêts à racheter 30% du capital d'ADP, c'est-à-dire le seuil de la minorité de blocage. Encore faudrait-il que l'État les choisissent plutôt qu'un opérateur privé, ce qui ne semble pas être dans ses intentions.

Le Président de la République a donc sollicité l'avis du Conseil constitutionnel sur la loi anti-casseurs, adoptée définitivement ce mardi par le sénat. Une façon pour Emmanuel Macron de prendre ses distances avec un texte de loi qui, de l'avis de nombreux juristes, a de fortes chances d'être censuré par les juges suprêmes. Une façon aussi de couper l'herbe sous le pied aux 80 députés qui ont déposé cette semaine un recours devant le Conseil constitutionnel.

Fait exceptionnel, ces derniers appartiennent à quatre groupes parlementaires distinctes : la Gauche démocrate et républicaine, la France insoumise, Liberté et territoires et les Socialistes, mais la partie n'est pas encore gagnée. Trois des neuf membres du Conseil constitutionnel sont à la fois juges et parties dans ce dossier. On écoute les explications d'André Chassaigne. – On quand même trois membres du Conseil constitutionnel qui sont, on peut le dire, partie prenante du texte.

Je voudrais citer un ancien membre du gouvernement, Jacques Mézard, c'est quand même une réalité. Il était ministre quand le texte était discuté, aujourd'hui il est membre du Conseil constitutionnel. Je voudrais citer François Pillet, qui était sénateur Les Républicains et cosignataire du texte.

Et aussi on pourrait citer monsieur Juppé, qui était maire de Bordeaux. Chacun sait qu'il s'est beaucoup exprimé sur les décisions à prendre, sur le fait qu'il fallait limiter la possibilité de manifester. Donc ça pose la question du déport de certains membres du Conseil constitutionnel si on veut véritablement avoir une décision qui soit une décision juridique, argumentée, sans parti pris.

Dans le cadre du Grand Débat, Stanislas Guérini, le patron de la République en Marche, a annoncé que sa formation proposait de ré-indexer les retraites sur l'inflation, ce qui lui a valu cette réponse cinglante de Valérie Rabault la présidente du groupe socialiste. – Un : on est d'accord. Deux : ce sera déjà le cas en 2020 puisque nous avons fait annuler, grâce à notre saisine au Conseil constitutionnel avec les deux autres groupes de gauche, le fait que les retraites ne serait pas revalorisés en 2020.

Donc c'est déjà fait pour 2020 si En Marche ne touche à rien. C'est pas grâce à eux, c'est grâce à ceux qui ont fait le recours au Conseil constitutionnel. – Explications : en 2019 les pensions n'ont été revalorisées qu'à hauteur de 0,3 %, soit moins que l'inflation qui en 2018 a atteint 1,6 %.

Pour 2020, le gouvernement avait prévu de faire pareil, alors que l'inflation devrait tourner autour de 1,3 %. Mais voilà, le groupe Socialiste d'un côté et le groupe des Républicains de l'autre, ont saisi le Conseil constitutionnel et ce dernier, pour des raisons de procédure, a censuré la sous-indexation des retraites qui était prévue pour 2020. Stanislas Guérini réclame donc une revalorisation qui est déjà prévue.

Ça ne mange pas de pain ! [Générique]