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InterviewRadio J — L'interview politique· 31 mars 2026 13 minContradictoireActualité / polémique

Julien Aubert - L'interview politique du 31/03/26

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 65 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:47OuverteRéponse directe

    Ça m'inspire que l'histoire se répète toujours, mais qu'on n'en tire jamais les leçons.

  • 0:52OuverteRéponse directe

    Grâce au sondage, Manuel Valls et Alain Juppé devaient disputer le second tour des élections présidentielles il y a 10 ans.

  • 1:01OuverteRéponse directe

    Voilà, je me souviens de tous ces sondages qui nous expliquaient que Dominique Strauss-Kahn devait arriver au second tour des élections présidentielles.

  • 1:11RelanceRéponse directe

    C'était en 2017 ?

  • 1:22OuverteRéponse directe

    Et statistiquement, je crois que toutes les élections présidentielles ont déjoué les sondages qui ont été faits un an avant.

  • 1:25RelanceRéponse directe

    Sauf celle de 2007 avec Nicolas Sarkozy, c'est l'exception.

Temps de parole

  • Présentateur68 %
  • Julien Aubert32 %

5,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Julien Aubert

Bonjour Julien Aubert, ça a été dit, vous êtes vice-président de LR Les Républicains, ancien député du Vaucluse et vous présidez le mouvement Oser la France. On va bien sûr parler des résultats du second tour des municipales dimanche, notamment dans votre région. D'abord quelques mots sur ce sondage Elab qui a fait couler beaucoup d'encre et de salive, publié samedi soir au premier tour de la présidentielle. Jordan Bardella obtiendrait entre 35 et 38,5%, Marine Le Pen entre 31 et 34%, mais à droite Bruno Rotaillot, le président de votre parti, ne recueillerait qu'entre 7 et 10% des intentions de vote. C'est quasiment 25 points derrière, qu'est-ce que ça vous inspire ?

0:47
Présentateur

Ça m'inspire que l'histoire se répète toujours, mais qu'on n'en tire jamais les leçons. Grâce au sondage, Manuel Valls et Alain Juppé devaient disputer le second tour des élections présidentielles il y a 10 ans.

1:01
Julien Aubert

C'était en 2017 ?

1:02
Présentateur

Voilà, je me souviens de tous ces sondages qui nous expliquaient que Dominique Strauss-Kahn devait arriver au second tour des élections présidentielles. En réalité, une élection, elle n'est jamais acquise d'avance. Et statistiquement, je crois que toutes les élections présidentielles ont déjoué les sondages qui ont été faits un an avant.

1:22
Julien Aubert

Sauf celle de 2007 avec Nicolas Sarkozy, c'est l'exception.

1:25
Présentateur

Sauf celle effectivement de 2007 avec Nicolas Sarkozy. Donc on voit bien, si vous voulez, qu'il faut prendre évidemment les dépensettes. Alors je ne devais pas vous dire que ce sondage est faux. Mais c'est la photographie effectivement d'un moment où la compétition n'a pas encore commencé. Et où d'ailleurs certains en tirent que comme il y a une compétition, surtout il faut qu'elle n'ait pas lieu. Moi je crois qu'il faut qu'elle ait lieu. Il faut qu'à un moment donné les choses soient dites sur les 10 ans qui viennent de s'écouler.

Je crois qu'effectivement à un moment donné, notamment pour ce qui concerne la droite, se dire que voter Gabriel Attal, Édouard Philippe ou Bruno Retailleau, ce n'est pas exactement la même chose. Ce n'est pas exactement porter le même jugement sur les 10 ans qui viennent de s'écouler.

2:04
Julien Aubert

Alors justement sur Édouard Philippe, vous allez me dire que ce n'est qu'un sondage à un an, que ce n'est qu'une photographie de l'opinion à l'instant T, on a compris. Mais quand même, ça donne une idée du rapport de force. Édouard Philippe, si on fait des sondages de second tour, c'est le seul qui serait en mesure de battre Bardella de tous les candidats, tous partis confondus, avec 51,5% des voix. Ce n'est pas du tout un bon candidat pour vous, Édouard Philippe ?

2:25
Présentateur

Alors l'homme est estimable. Mais d'abord, dans ces sondages, je vous ferai remarquer qu'on le teste seul, comme s'il était le candidat unique du socle commun sans LR. Il n'est pas certain que Gabriel Attal renonce à ses ambitions présidentielles. Et dans ce cas-là, ça rebat les cartes. Deuxièmement, non, je ne crois pas, si vous voulez, qu'Édouard Philippe puisse porter une alternance. Je crois que si Édouard Philippe ait désigné candidat, et que par exemple, il arrivait à éliminer le candidat des LR, d'une part, cela gonflerait le score de Bardella ou de Marine Le Pen. Et que dans un deuxième temps, c'est la gauche qui représenterait une alternance.

Parce que les Français vont chercher un second tour qui soit en réalité deux alternances possibles à ce qui vient de se passer.

3:07
Julien Aubert

Vous voulez dire qu'après dix ans de Macronisme, ça ne peut pas être un héritier ?

3:09
Présentateur

Il n'y aura pas d'héritier d'Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle. Moi, je veux bien vous prendre le pari aujourd'hui.

3:16
Julien Aubert

Alors, selon ce sondage, autre enseignement intéressant, le RN siphonnerait jusqu'à un électeur sur quatre des Républicains et de la droite. C'est ce qu'on a d'ailleurs constaté aux municipales, notamment dans votre région, la région PACA. Et notamment à Marseille, où Martine Vassal, candidate LR, se crache avec 5% au second tour. Et où les 9e, 10e, 11e, 12e arrondissements, que vous connaissez bien, je crois que vous êtes originaire de Marseille. Ce sont des bastions historiques de la droite marseillaise. Est-ce que LR est en train de se faire grand remplacé par le RN ?

3:47
Présentateur

C'est intéressant votre question. Parce qu'à côté de Marseille, j'en profite quand même pour faire un petit peu de promotion pour mon parti. Nous sommes arrivés en tête dans quasiment la moitié, je crois, des villes de plus de 9000 habitants. Non, je tiens quand même à le signaler. C'est-à-dire que l'arbre ne doit pas cacher la forêt. Mais Marseille, il ne faut pas l'éviter. Tous les gens qui vous expliquent que la potion magique de Panoramix, c'est l'alliance de la droite et du centre. Regardez Marseille. Marseille, Renaud Muselier, c'est le grand artisan de, je dirais, de ce ralliement à la Macronie.

C'est l'homme qui a incarné ce laboratoire des droites, pas avec Marine Le Pen, mais avec Macron. Eh bien, la droite plus Macron à Marseille, ça fait 5 points. Et tous nos électeurs sont partis chez, effectivement, Franck Elisio, qui a fait une campagne en dessous, si vous voulez, je suis gentil de ce qu'il faudrait faire. Il n'avait pas d'idée, il ne prenait pas la parole. Et avec ça, il a fait 40% des voix. Donc, il est là, le danger. C'est-à-dire que, si dans les villes, qui sont, je dirais, les endroits où le RN menace le moins, l'alliance avec le centre, enfin, avec Macron, plus exactement, ne fonctionne pas, alors qu'est-ce que ça donnera dans les zones où il est minoritaire ?

Regardez Paris, où on nous a expliqué, les gens qui vous expliquent qu'il suffit d'avoir un seul candidat. On l'a vu, au second tour, nous avions Mme Knafo qui s'est retirée, M. Bournazel qui s'est retiré, Rachida Dati a perdu dans une configuration qui était idéale. Donc, il n'y a pas, si vous voulez, de potion magique. La potion magique, elle est dans un programme, elle est dans un projet, elle est dans convaincre les gens que vous portez. Sinon, les gens iront voter pour des étiquettes, quel que soit le candidat. En l'occurrence, ce sera le Rassemblement National, puisqu'aujourd'hui, sur la présidentielle, on ne connaît même pas le candidat.

Le candidat, il sera déterminé par les tribunaux en juin. La primaire se fait au tribunal.

5:35
Julien Aubert

Alors, vous évoquiez la résistance de LR autour de Marseille, mais il y a aussi une grosse progression du RN dans le sud. Il conquiert, entre autres, Orange, Carpentras, Carcassonne, Hague, La Seine-sur-Mer, Cagnes-sur-Mer, Sifour-les-Plages, Jean-Pas, c'est des meilleurs, même s'il échoue à conquérir Toulon et Marseille. Et puis, bien sûr, il y a Nice, où Éric Ciotti s'impose. Qu'est-ce que ça vous inspire ? C'est quand même une grosse poussée, incontestable.

6:03
Présentateur

Ce qui m'inspire, si vous voulez, c'est que moi, Vaucluse, c'est le département qui est le deuxième, je dirais, le plus prometteur pour le RN en termes de mairie. Donc, nous avons toujours été en pointe de ce que vous appelez le grand remplacement, et qui est exact, et je l'avais dit il y a dix ans, en expliquant à l'UMP à l'époque qu'il fallait absolument se décomposer en deux familles politiques, une qui parlerait aux anciens électeurs du RPR, et une autre qui parlerait aux anciens électeurs de l'UDF. Elle n'a pas été écoutée, nous sommes restés sur, je dirais, une ligne médiane.

Cette ligne médiane fonctionne au milieu, c'est-à-dire dans les territoires, les villes moyennes, et elle dysfonctionne dans les extrémités, c'est-à-dire soit dans les zones très centristes, soit dans les zones très à droite. C'est-à-dire, en gros, Paris d'un côté et Nice de l'autre. Vous en avez la démonstration éclatante. Après, attention, Carpentras, c'est quand même quatre listes issues du RN au départ, qui ont finalement été trois listes, qui ont fusionné entre les deux tours, avec un candidat qui avait été écarté pour xénophobie, je dirais, par Marine Le Pen, et puis qui avait été débranché et qui finalement a été rebranché au moment des fusions.

Le RN n'a toujours pas, si vous voulez, fait le ménage dans ses rangs.

7:12
Julien Aubert

Toujours un problème de RH.

7:14
Présentateur

Toujours un petit problème de RH, oui. Et donc, voilà, donc si vous voulez, il y a, je veux dire, Carpentras, c'est un cas d'école, parce que c'était la ville de Marion Maréchal-Le Pen. Carpentras, c'est deux listes de gauche, le maire et l'ancien maire, qui refusent, si vous voulez, de s'entendre et de se désister comme c'était prévu. Et donc, le RN passe. Orange, c'est Jacques Bompard, la dynastie Bompard, en fin de vie. Bon, donc ce sont, si vous voulez, à chaque fois des configurations particulières. Mais on ne va pas se cacher derrière notre petit doigt. Si la droite n'est pas la droite, si LR se voit comme la béquille du macronisme, elle disparaîtra.

7:47
Julien Aubert

C'est la leçon que vous tirez de ces municipales en vue de la présidentielle de 2027 ?

7:52
Présentateur

Oui, la leçon que j'en tire, c'est que soit nous sommes fidèles à notre héritage politique, qui devrait être l'héritage politique général de Gaulle, soit nous ne voulons pas être gueulistes, et les autres le seront pour nous.

8:01
Julien Aubert

Alors, mardi dernier, le bureau politique de votre parti, Le Républicain, a validé trois options pour désigner un candidat à la présidentielle. Une primaire interne réservée aux adhérents, une primaire un peu plus ouverte à des sympathisants, c'est-à-dire à l'extérieur, ou enfin, une désignation directe du président Bruno Retailleau, c'est-à-dire que les militants diraient, pour nous, c'est lui. Qu'est-ce que vous préférez comme option ?

8:22
Présentateur

La troisième option ?

8:23
Julien Aubert

Bruno Retailleau.

8:24
Présentateur

Moi, écoutez, je viens du RPR, où le président d'un parti a le droit d'être le candidat à l'élection présidentielle. Il n'y a que au LR, où ça semble, je dirais, une espèce de bizarrerie. Enfin, personne n'embête Édouard Philippe à horizon, personne n'embête Gabriel Attal à Renaissance, personne n'embête, un peu plus peut-être, Olivier Faure au PS. Il n'y a que au LR, où quand vous êtes président, vous êtes systématiquement embêté par toute une série de gens qui, d'ailleurs, par ailleurs, n'ont pas voulu se présenter contre vous, voire vous ont soutenu. Deuxièmement, écoutez, les adhérents, ils auront le choix.

Ils ont soit la primaire façon Valérie Pécresse de 2016, soit une primaire fermée où Jean-François Copé, Xavier Bertrand, sont candidats, soit Bruno Retailleau, qui a été élu président du parti.

9:06
Julien Aubert

C'est normal quand même que les adhérents ou les sympathisants votent pour désigner le candidat. C'est devenu un classique en France.

9:11
Présentateur

C'est tout à fait normal que les adhérents choisissent le mode de départage. Mais en même temps, j'attire votre attention, que j'entends parfois des gens qui disent qu'il faut faire une grande primaire à la droite et du centre en fusionnant avec les macronistes, les attalistes, les horizontalistes, que sais-je. Tout ça, si vous voulez, sans se préoccuper du droit de vote de nos adhérents qui n'ont aucune envie d'être dissous dans une grande soupe avec d'autres partis.

9:33
Julien Aubert

Alors, il y a certains qui ne sont pas contents de cette situation, comme le maire de Cannes, David Lissnard, il a annoncé mercredi son départ des Républicains. et il dénonce, je cite, un vote biaisé, un vote truqué.

9:44
Présentateur

Je ne vois pas en quoi le vote est truqué. On demande aux adhérents de départager. Lui, il souhaitait une primaire, il fallait s'engager, en appelant les adhérents à rejeter la solution Bruno Retailleau, à voter pour une primaire qui lui aurait permis d'être candidat. Alors, il dit non, mais en fait, moi, je voudrais une grande primaire de la droite et du centre. Bon, que personne ne veut, ni Mme Knafo le veut, mais Attal, je dirais Philippe, n'en veulent pas. Et puis, avec l'argument de dire, si on ne fait pas cette grande primaire, on va terminer en se ralliant à Édouard Philippe. C'est là où je ne le suis pas.

C'est au contraire, si on fait une grande primaire, je dirais, on accélère toutes les chances, surtout qu'on accélère toutes les chances, puisque Édouard Philippe et Gabriel Attal ne voudront pas de Sarah Knafo, donc si on fait une grande primaire, elle ne sera pas dans cette grande primaire. On accélère les chances, évidemment, que si Édouard Philippe ou Gabriel Attal la remportent, eh bien, elle disparaisse. Donc, je ne comprends pas son raisonnement.

10:37
Julien Aubert

Je suis prêt à assumer les plus hautes fonctions à déclarer Retailleau il y a deux jours à Sud-Ouest. Vous êtes d'accord ?

10:43
Présentateur

Oui, je pense que, si vous voulez, il a une expérience politique qui l'a amenée à conquérir un certain nombre, je dirais, d'échelons politiques. Il a été président de région, il a été conseiller départemental, il a été sénateur. Je pense qu'il a de l'expérience, je pense qu'il a de la pondération. Ce n'est pas Terminator, comme certains, si vous voulez, cherchent aujourd'hui dans le débat politique. Les gens cherchent parfois, si vous voulez, l'homme exceptionnel, l'homme parfait. L'homme providentiel. Oui, l'homme providentiel. Bruno Retailleau a de grandes qualités, et surtout Bruno Retailleau, a de grandes qualités humaines. Voilà.

Et moi, je suis prêt, si vous voulez, à soutenir quelqu'un qui a toujours été sincère dans ses convictions et qui travaille.

11:20
Julien Aubert

Parce qu'on sait que la présidentielle, c'est la rencontre entre un homme et une femme et un peuple, le peuple français. Lors d'un débat en juin 2024, vous aviez déclaré que vous voteriez RN en cas de duel contre LFI aux législatives, considérant, je vous cite, que le fascisme est davantage chez LFI qu'aux RN. Vous maintenez ?

11:37
Présentateur

Oui.

11:38
Julien Aubert

Vous pouvez nous expliquer pourquoi ?

11:39
Présentateur

Bon, écoutez, moi, j'ai vu ce que la jeune garde a fait à Lyon. Et pour moi, ça vaut largement ce que faisaient les milices d'extrême droite dans l'entre-deux-tours. Et surtout, le cœur, si vous voulez, c'est l'essentialisation de l'individu. Quand on vous explique la Nouvelle France, on considère qu'en réalité, si vous avez le malheur d'être né dans ce pays, d'être blanc, d'être un homme, d'être de la vieille tradition, eh bien, vous n'avez plus votre place. Vous devez être remplacé par quelqu'un. Pourquoi ? Parce qu'il aurait une couleur de peau ou une culture étrangère. C'est très grave, ça. Moi, je n'ai pas envie d'être grand remplacé.

Moi, je n'ai pas envie, si vous voulez, ni par l'un, ni par l'autre. Et donc, j'appelle, si vous voulez. Moi, la vieille France avait quelques avantages.

12:22
Julien Aubert

Merci, Julien Aubert, d'avoir répondu aux questions de Radio-G. Et très bonne journée à vous. Merci beaucoup, David. On vous retrouvera demain. Votre invitée sera Sabrina Roubache, ministre de l'Enseignement et de la formation professionnelle. Sous-titrage Société Radio-Canada

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