GILETS JAUNES : MACRON NE CÉDERA RIEN
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 100 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- Fait
« Nous devons tourner vraiment nos prestations sociales vers l'incitation à la reprise d'un emploi. »
- Chiffre
« La retraite minimale d’un actif ayant eu une carrière complète sera de 1000 euros par mois, elle est de 962 euros aujourd’hui. »
- Fait
« La loi de 2003 prenait l’engagement d’une retraite minimale de 85 % du SMIC net, soit 1174 euros aujourd’hui, engagement bien sur non tenu. »
- Chiffre
« Il y a en France 4 millions de chômeurs et 1,8 millions de salariés à temps partiel subi. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Beaucoup de bruit pour rien. La conférence de presse d’Emmanuel Macron ne marquera pas un tournant. Macron ne prendra pas de mesures fortes pour faire payer les plus riches, ou les grandes entreprises : l’ISF n’est pas réintroduite, le combat contre l’évasion et l’optimisation fiscale est reporté après un nouveau rapport de la Cour des Comptes.
Les privatisations, mêmes les moins fondées sur le plan économique et financier, celles de l’aéroport de Paris ou de la Française des jeux ne sont pas remises en cause. Aucune mesure forte n’est annoncée pour la réduction des inégalités de revenu, la transition écologique ou la démocratisation de notre société. En même temps, sa stratégie fondatrice, favoriser les riches, les chefs d’entreprises, les jeunes entrepreneurs innovants et avides n’est plus présentable ouvertement, puisque la masse des citoyens s’est rendue compte qu’elle met en cause la cohésion de notre société.
Macron en est réduit à faire des petits cadeaux fiscaux aux classes moyennes pour obtenir leur neutralité. Le pire c'est cette volonté de culpabiliser les français, qui choisiraient volontairement de ne pas travailler, alors qu’il y a en France 4 millions de chômeurs et 1,8 millions de salariés à temps partiel subi qui ne demandent que de travailler plus. Macron proclame que le travail doit rapporter plus ; mais pour lui, c’est l’État qui doit financer toute hausse de salaire par la baisse des dépenses sociales Retenons une phrase d’anthologie : Macron nous dit : « Nous devons tourner vraiment nos prestations sociales vers l'incitation à la reprise d'un emploi ».
Non, la protection sociale a sa logique propre, garantir chacun contre les risques sociaux, permettre à chacun de satisfaire ses besoins de base. Elle ne peut être subordonnée à l’objectif d’emploi. Macron prétend aider les familles alors que son gouvernement désindexe les prestations familiales.
Nous devrons être particulièrement vigilant sur le projet de « Revenu universel d’activité », qui vise à faire des économies sur les plus pauvres et sur les familles, à faire peser sur les chômeurs la menace d’une suppression de toutes leurs aides sociales si ils n’acceptent pas n’importe quel emploi. Comme tous les gouvernements précédents, Macron annonce une nouvelle baisse de l’impôt sur le revenu, l’impôt le plus juste, le plus progressif, le plus redistributif, déjà très faible en France (3,3% du PIB contre 10% en moyenne en Europe). C’est l’inverse qu’il faudrait faire, augmenter l’impôt progressif, réduire les impôts proportionnels (comme la CSG) ou régressifs (comme la TVA).
Il prétend réduire les niches fiscales des entreprises, mais en crée une nouvelle, en les autorisant à distribuer, chaque année, une prime non soumise à cotisations sociales et à impôt. En matière de retraite, Macron pratique l’enfumage. Les retraités continueront à perdre du pouvoir d’achat en 2020, comme en 2018 et 2019.
Doivent-ils remercier Macron qui promet que la baisse s’arrêtera en 2021 ? Macron annonce que l’âge ouvrant le droit à la retraite restera à 62 ans ; en fait, les salariés partant à cet âge subiront une forte décote (de l’ordre de 20 % de leur pension) sous prétexte de les inciter à continuer à travailler. Malheur à ceux qui ne pourront se maintenir en emploi jusqu’à 65 ans.
Enfin, il annonce que la retraite minimale d’un actif ayant eu une carrière complète sera de 1000 euros par mois, elle est de 962 euros aujourd’hui alors que la loi de 2003 prenait l’engagement d’une retraite minimale de 85 % du SMIC net, soit 1174 euros aujourd’hui, engagement bien sur non tenu. Macron s’est enfin rendu compte que son engagement proclamé de baisser de 120 000 le nombre de fonctionnaires était incompatible avec le besoin de la population en termes de services publics. La suppression de l’ENA et de l’accès direct aux grands corps serait une bonne chose si elle marquait une volonté de démocratiser et d’élargir l’accès à la haute fonction publique, de remettre en cause l’idéologie actuelle des hauts fonctionnaires, l’utilisation de leur fonction comme marchepied pour des postes de direction dans le privé.
Le risque est qu’elle vise à détruire l’esprit du service public, à y transposer les pratiques managériales du secteur privé. Macron devait-il évoquer constamment « l’art d’être français » quand son projet est fondamentalement de mettre en cause le modèle social français mis en place par le Conseil National de la Résistance ?