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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 3 mars 2021 43 minActualité / polémiqueSantéEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

Compte rendu du Conseil des ministres du 3 mars 2021.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 25:00RelanceRéponse directe

    Sur les 20 départements en vigilance renforcée, les mesures seront-elles différentes selon les territoires ? Le confinement le week-end est-il envisagé ?

  • 30:00OuverteRéponse directe

    Qui tiendra la conférence de presse demain ?

  • 35:00RelanceRéponse directe

    Le confinement le week-end dans 20 départements n'est-il pas la solution privilégiée ?

  • 40:00OuverteRéponse directe

    Quelles autres solutions que le confinement le week-end sont envisagées ?

  • 45:00OuverteRéponse partielle

    À partir de mi-avril, les bars, restaurants et salles de sport rouvriront-ils ?

  • 50:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les critères pour appliquer des mesures différenciées entre territoires ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Chiffre
    « Nos services de réanimation sont pleins à plus de 70% de patients atteints du Covid. »
  • 6:00Chiffre
    « Plus de 80% des résidents des EHPAD ont été vaccinés. »
  • 7:00Chiffre
    « Nous avons vacciné plus de personnes de plus de 75 ans que tous les autres pays de l'Union européenne. »
  • 8:00Promesse
    « Les vaccins AstraZeneca sont désormais accessibles à toutes les personnes de plus de 50 ans atteintes d'un facteur de comorbidité. »
  • 9:00Fait
    « Nous commençons à mesurer les effets de la vaccination sur l'épidémie. »
  • 10:00Promesse
    « Le retour à des vies plus normales est en vue. »
  • 11:00Fait
    « Nous allons affronter encore des épreuves, c'est vrai mais, pour la première fois depuis des mois maintenant, le retour à des vies plus normales est en vue. »
  • 12:00Chiffre
    « Nous avons vacciné plus de personnes de plus de 75 ans que tous les autres pays de l'Union européenne. »
  • 17:00Fait
    « Génération identitaire ne défendait plus des idées, il était le bras armé de l'extrémisme et de la xénophobie. »
  • 19:00Fait
    « Génération identitaire a notamment reçu un don de la part de Brenton Tarrant, l'auteur des attentats de Christchurch. »
  • 20:00Fait
    « Génération identitaire peut être regardé comme une milice privée. »
  • 23:00Promesse
    « Ce texte permet notamment aux patrons de salles et d'établissements sportifs et culturels d'offrir des avoirs plutôt que des remboursements à leurs clients. »
  • 24:00Promesse
    « Nous parlons ici concrètement du prolongement de l'activité partielle et de la prolongation de l'indemnisation des demandeurs d'emploi en fin de droits. »
  • 26:00Promesse
    « Dans ces cinq écoles sera instauré un concours dédié aux étudiants titulaires d'une bourse de l'enseignement supérieur. »
  • 27:00Fait
    « C'est une avancée forte, sensible, tangible. »
  • 28:00Promesse
    « Ces nouveaux concours sont mis en place à titre expérimental jusqu'en 2024. »
  • 32:00Promesse
    « Ces textes permettent des évolutions sensibles pour l'électricité, pour renforcer l'information des consommateurs. »
  • 34:00Promesse
    « Nous avons signé le Manifeste pour un état inclusif qui compte parmi ses engagements une plus grande accessibilité des informations gouvernementales aux personnes handicapées. »
  • 35:00Fait
    « Nous avons considérablement accéléré les choses. Je pense à l'accessibilité en langue des signes de la plupart des interventions du Président de la République. »
  • 1:07:00Fait
    « Le vaccin AstraZeneca est d'une remarquable efficacité. »
  • 1:11:00Chiffre
    « La France est le pays où l'âge moyen de vaccination dans l'Union européenne est le plus élevé. »
  • 1:16:00Chiffre
    « Le rythme de vaccination avec AstraZeneca a été multiplié par cinq entre la semaine dernière et cette semaine. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Mesdames, Messieurs, bonjour. Avant de démarrer ce compte-rendu, je veux avoir un mot pour votre confrère photojournaliste, Christian Lantenois, photojournaliste au journal l'Union-L'Ardennais, qui a été victime la semaine dernière d'une agression, d'une attaque absolument inqualifiable par sa violence. Il se trouve toujours aujourd'hui dans un état critique, entre la vie et la mort, et je veux assurer sa famille, ses proches, sa rédaction et toute votre profession du soutien absolu du Gouvernement et de la détermination absolue des pouvoirs publics à identifier et punir les auteurs de cet acte inqualifiable.

C'est à nouveau la situation sanitaire qui a dominé nos échanges lors du Conseil des ministres ce matin. Les nouvelles contaminations se maintiennent à un niveau élevé. Nos services de réanimation sont pleins à plus de 70% de patients atteints du Covid.

Depuis des mois, le travail des soignants n'a pas faibli. Les soignants ont très peu connu le creux des vagues. Ils font face, ils font front dans nos services de réanimation et je veux évidemment, comme je l'ai fait hier en déplacement à l'hôpital Saint-Louis, leur redire tout le soutien du Gouvernement et, je crois, de tous les Français dans ces moments extrêmement difficiles.

Dans ce contexte tendu, nous avons évidemment les yeux, notre attention, rivés sur les données sanitaires. Que nous disent-elles ? Que le nombre de contaminations augmente d'abord.

Cela se constate d'ailleurs dans plusieurs pays voisins, y compris des pays qui sont confinés depuis plusieurs mois maintenant. Ce n'est pas une explosion, ce n'est pas une hausse exponentielle, mais c'est une montée continue et préoccupante. Ces données nous apprennent également que, si le virus circule très activement partout sur le territoire, toute la France n'est pas touchée de manière homogène, loin de là.

Il y a une situation hétérogène qui appelle évidemment une réponse différenciée. Dans une vingtaine de départements, en raison d'une situation particulièrement préoccupante, nous avons décidé de nous mettre en état d'alerte renforcée. Depuis jeudi dernier nous menons une concertation avec les élus locaux, avec les acteurs territoriaux, afin que des mesures supplémentaires, si elles s'avèrent nécessaires, puissent être prises dans les meilleurs délais.

Vous le savez, nous menons une bataille pied à pied face au virus. Les mesures mises en place depuis plusieurs mois nous ont permis de protéger nos concitoyens tout en évitant jusqu'à présent un confinement. Cette stratégie, vous le savez, elle consiste à tenir ensemble en mobilisant évidemment nos outils de tests, nos outils pour alerter, nos outils pour protéger, pour isoler, en mobilisant le déploiement de nouveaux types de tests, comme c'est le cas cette semaine avec les tests salivaires dans les établissements scolaires, à prendre aussi des mesures nécessaires pour freiner et contenir l'épidémie.

Évidemment c'est le cas du couvre-feu qui a été avancé à 18 heures depuis le début du mois de janvier et vous savez qu'il nous a permis de contenir jusqu'à présent une explosion et de rester sur un plateau qui a pu augmenter, descendre et qui en ce moment est en nouvelle augmentation. Nous avons et nous maintenons une approche qui est graduée, qui est ciblée, territoire par territoire. Chaque région n'est pas identique, la situation n'est pas la même partout.

Nous devons tout mettre en œuvre pour empêcher que la situation ne fasse tache d'huile dans les zones les plus préservées par l'épidémie et nous prendrons toutes les mesures nécessaires au moment où elles sont nécessaires. Dans cette situation, près d'un an après le premier confinement, je comprends que certains peinent à trouver un sens à cette période, soient tentés de baisser les bras parce que la lassitude est évidemment importante dans la vie avec ce virus et les restrictions que ce virus imposent sur nos vies quotidiennes. Mon message est clair : Tenons bon.

Ne nous résignons pas après tant d'efforts. Nous allons affronter encore des épreuves, c'est vrai mais, pour la première fois depuis des mois maintenant, le retour à des vies plus normales est en vue. Nos sorties, notre sport, notre culture, tous nos exutoires, tous ces lieux qui font notre vie sociale rouvriront, nous les retrouverons.

Nous commençons à mesurer les effets de la vaccination sur l'épidémie, j'y reviendrai, et c'est évidemment un horizon au bout du tunnel que nous devons toujours avoir en vue. La campagne de vaccination s'accélère. Elle s'accélère même considérablement cette semaine, plus de 80% des résidents des EHPAD ont été vaccinés.

Nous avons vacciné plus de personnes de plus de 75 ans que tous les autres pays de l'Union européenne et vous savez que ce sont les personnes les plus âgées qui sont les plus à risque de formes graves et donc les plus à risque d'hospitalisations et de décès. Les vaccins AstraZeneca sont désormais accessibles à toutes les personnes de plus de 50 ans atteintes d'un facteur de comorbidité. Ces vaccins sont accessibles progressivement partout chez les médecins généralistes et d'ici quelques jours dans les pharmacies.

Les dernières études scientifiques ont montré qu'ils sont remarquablement efficaces, je veux le dire, contre les formes graves de la maladie. Vacciner les plus fragiles, je le redis, c'est protéger notre hôpital et protéger notre hôpital c'est nous donner une chance de pouvoir desserrer le plus rapidement possible les contraintes qui pèsent sur nos vies quotidiennes et qui pèsent sur le pays depuis maintenant plusieurs mois. Il ne s'agit pas d'un horizon lointain et incertain.

Il s'agit d'un horizon de plus en plus proche, peut-être nous l'espérons dès la mi-avril, auquel nous nous préparons. Et le Président nous a demandé de présenter des dispositifs et des protocoles qui pourraient permettre de rouvrir prudemment mais sûrement le pays dans les prochains temps. Une réunion se tiendra, vous le savez, autour du Président de la République cet après-midi en ce sens.

La question qui est devant nous est donc la suivante : Alors que nous avons cet horizon en vue, par quel chemin l'atteignons-nous ? Cette question a été au cœur de nos échanges ce matin. Le Gouvernement aura l'occasion de tenir une conférence de presse demain mais je veux dire qu'indépendamment des décisions réglementaires qui pourront être prises, indépendamment des restrictions supplémentaires qui pourraient être décidées dans tel ou tel département, la clé c'est la mobilisation collective.

La situation actuelle, avec une tension forte sur l'hôpital, avec une hausse des contaminations, appelle nécessairement une vigilance encore décuplée, une limitation des contacts encore renforcée. Mais notre conviction reste la même. Nous devons jusqu'à la dernière minute faire le choix de la confiance dans la responsabilité des Français, partout où c'est possible, déployer aussi notre campagne de tests, les nouveaux outils dont nous disposons, déployer aussi la campagne de vaccination plus fortement encore dans ces territoires où il y a une pression particulière et ce sera l'objet de l'expression du Gouvernement demain lors de la conférence de presse.

Mesdames et Messieurs, ce Conseil des ministres a été l'occasion d'une décision importante, attendue, la dissolution de Génération identitaire. Par cette décision, nous mettons fin aux activités parfois violentes d'un groupe qui avait depuis fort longtemps coupé les ponts avec la République. Génération identitaire ne défendait plus des idées, il était le bras armé de l'extrémisme et de la xénophobie.

Le premier motif qui a justifié cette décision est l'incitation à la discrimination, à la haine et à la violence. Cela se traduit par les agissements du groupe dont on rappellera qu'un de ses actes fondateurs a été d'occuper le chantier d'une mosquée. Cela s'est manifesté aussi régulièrement par les amalgames, les appels au combat et les messages haineux contre les immigrés et les musulmans, régulièrement comparés à des racailles, des assassins ou des terroristes.

Génération identitaire entretient par ailleurs des liens intenses avec des groupuscules d'ultra droite qui lui assurent un soutien logistique et financier. On rappellera que Génération identitaire a notamment reçu un don de la part de Brenton Tarrant, l'auteur des attentats de Christchurch qui avait fait 51 morts en Nouvelle-Zélande. Le second motif qui a justifié la décision prise en Conseil des ministres est que Génération identitaire peut être regardé comme une milice privée.

Cela s'incarne dans les uniformes et la hiérarchie au sein de l'association, dans les exercices paramilitaires proposés aux adhérents ou encore par les actions menées, qu'il s'agisse de tenter de repousser des embarcations, de mener des opérations prétendument de sécurité dans les transports ou encore des opérations menées dans telle ou telle partie du territoire. C'est une nouvelle dont toutes celles et tous ceux qui aiment et défendent sincèrement la République peuvent se réjouir. C'est une nouvelle preuve que nous ne laisserons aucun groupe, quel qu'il soit, jouer de nos lois et de nos valeurs.

Par la suite ce Conseil des ministres a été l'occasion d'adopter un certain nombre de textes. Trois textes d'abord, trois projets de loi ratifiant des ordonnances que j'avais déjà eu l'occasion de vous présenter dans un précédent compte-rendu du Conseil des ministres. Le premier concerne diverses mesures en matière de logement.

Compte-tenu de la crise sanitaire, il s'agit de mesures importantes évidemment, notamment le prolongement de la trêve hivernale jusqu'au 31 mai. Le deuxième projet de loi ratifie une ordonnance sur la culture et le sport dans le contexte épidémique. Ce texte permet notamment aux patrons de salles et d'établissements sportifs et culturels d'offrir des avoirs plutôt que des remboursements à leurs clients.

Un troisième projet de loi enfin qui ratifie une ordonnance sur les mesures d'urgence dans le domaine du travail. Nous parlons ici concrètement du prolongement de l'activité partielle et de la prolongation de l'indemnisation des demandeurs d'emploi en fin de droits. Par ailleurs nous avons examiné au cours de nos échanges quatre ordonnances.

La première, présentée par la ministre de la Transformation et de la Fonction publique, est la mise en œuvre immédiate de l'engagement du Président de la République pour une fonction publique miroir de la société, pour assurer l'égalité des chances dans les concours de la haute fonction publique. Notre projet depuis 2017, vous le savez, est de permettre l'émancipation de chacun. Nous avons porté le combat de l'égalité de destin partout et nous continuerons à le mener.

Aujourd'hui la proportion d'élèves issus des milieux les plus défavorisés est très faible dans les écoles du service public. Cela pose des problèmes profonds car les serviteurs de l'État doivent être le reflet de notre pays et le rester. Pour donner sa chance à chacun, nous avons donc établi une liste de cinq écoles-clés pour notre fonction publique : l'École Nationale d'Administration, l'Institut National des Études Territoriales, l'École des Hautes Études de Santé Publique, l'École Nationale Supérieure de la Police et l'École Nationale d'Administration Pénitentiaire.

Dans ces cinq écoles sera instauré un concours dédié aux étudiants titulaires d'une bourse de l'enseignement supérieur et ayant suivi un cycle de formation sélectif à ces concours. C'est une avancée forte, sensible, tangible. C'est une avancée prise dans le respect de nos principes constitutionnels évidemment.

Ces nouveaux concours sont mis en place à titre expérimental jusqu'en 2024 et s'inscrivent dans le cadre du dispositif plus large annoncé par le Président de la République le mois dernier, le dispositif Talents du service public qui permet, vous le savez, la création de 1 000 places pour les prépas Talents et le doublement de 2.000 à 4.000 euros des bourses des jeunes qui se préparent aux concours de la fonction publique.

Ensuite la ministre de la Transition écologique nous a présenté trois ordonnances permettant la transposition en droit français de ce que l'on appelle le paquet, "une énergie propre pour tous les Européens". L'ambition de ces textes est de favoriser l'accès et la production d'énergies propres. C'est un ensemble de mesures et de règles qui vont nous amener concrètement vers un mix énergétique plus équilibré et une réduction des émissions de CO2.

Sans entrer dans le détail des mesures permises par ces ordonnances, j'aimerais en souligner quelques unes : la rénovation des projets dits de communauté d'énergie citoyenne qui permettent aux collectivités locales ou à des citoyens de produire, de consommer, de stocker et de vendre de l'énergie. Dans la même logique, l'ordonnance contient des dispositions pour favoriser l'auto consommation d'énergie. Ces ordonnances visent également à mieux contrôler la production d'énergie à partir de la biomasse, notamment pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Enfin ces textes permettent des évolutions sensibles pour l'électricité, pour renforcer l'information des consommateurs, pour encourager le stockage de l'électricité, pour simplifier notre droit, pour la recharge des voitures électriques, ce qui est d'autant plus important alors que les véhicules électriques et hybrides sont en plein essor et, vous savez, j'avais eu l'occasion de vous en parler là aussi la semaine dernière. Enfin ce Conseil des ministres a été l'occasion d'une intervention de la Secrétaire d'État chargée des personnes handicapées sur l'accessibilité de la communication publique et gouvernementale. L'inclusion des personnes en situation de handicap est un sujet qui nous est évidemment cher, un sujet sur lequel nous avons beaucoup avancé et c'est la raison pour laquelle nous avons signé le Manifeste pour un état inclusif qui compte parmi ses engagements une plus grande accessibilité des informations gouvernementales aux personnes handicapées.

Avec la crise sanitaire, l'urgence de pouvoir informer chacun, et en particulier les plus fragiles, s'est faite encore plus forte et nous avons considérablement accéléré les choses. Je pense à l'accessibilité en langue des signes de la plupart des interventions du Président de la République, des conférences de presse liées à la Covid 19 ou encore à la publication des documents, y compris les attestations, dans des modèles faciles à lire et à comprendre pour tous. Je pense aussi et j'en suis assez fier puisque c'est la première décision que j'ai prise lorsque j'ai été nommé porte-parole du Gouvernement, à la traduction en langue des signes de tous les points presse et j'en profite ici pour remercier, ne pouvant le faire publiquement à chaque fois, l'équipe d'interprètes en langue des signes qui se relaient pour rendre accessible à tous le compte-rendu hebdomadaire du Conseil des ministres et les échanges que nous avons en ce moment même.

Nous avons donc fait des progrès mais nous allons plus loin encore avec des moyens, un budget de 10 millions d'euros, avec des objectifs clairs et ambitieux aussi : assurer l'accessibilité des principales prises de parole des membres du Gouvernement, permettre la mise au point plus systématique de supports de communication accessibles, je pense par exemple aux dossiers de presse qui accompagnent des décisions gouvernementales ou des projets de loi, et enfin mettre en accessibilité renforcée les principaux sites Internet de l'État. Ce sont donc les chantiers qui continuent de nous animer et je peux vous dire que Sophie Cluzel, la Secrétaire d'État chargée des personnes handicapées, est particulièrement mobilisée pour que nous y parvenions très rapidement. Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je pouvais vous dire en compte-rendu de ce Conseil des ministres et je me tiens à votre disposition pour vos questions.

Bonjour, Marie Chantrait pour TF1, LCI. Vous avez souligné votre approche territoriale ciblée parce que territoire par territoire la situation est différente. Sur ces vingt départements en surveillance, vigilance renforcée, la situation n'est pas la même.

Est-ce que vous sous-entendez que les mesures qui seront prises seront différentes ? Le confinement le week-end est-il forcément la solution, sera-t-elle retenue pour ces vingt départements ou pas ? Et par ailleurs vous avez parlé d'une conférence de presse du Gouvernement demain, qui se chargera des annonces ?

Le Premier ministre lui-même ? Les préfets parce que justement la situation est différente territoire par territoire ? Merci beaucoup.

Nous avons eu un Conseil de défense ce matin, dans lequel les orientations ont été tranchées. Il y a maintenant un enjeu, vous le savez, dans la poursuite de notre travail de collaboration, de concertation avec les acteurs locaux et les élus locaux. Les éléments à affiner le seront dans les prochaines heures et demain le Premier ministre tiendra une conférence de presse pour faire le point et donner des suites évidemment à ce qu'il a annoncé la semaine dernière dans une conférence de presse.

Ce que je veux dire, pour répondre à votre question, c'est d'abord qu'évidemment les annonces seront faites demain à l'occasion de cette conférence de presse. Ce que je veux dire ensuite par rapport à votre question c'est qu'on voit bien qu'il n'y a pas une seule solution. D'abord parce que les territoires sont différents et peuvent appeler des réponses différentes.

Ensuite parce que, s'il existait une seule et unique solution clairement identifiée qui à elle seule permettait de terrasser le virus durablement, je pense que cela fait longtemps qu'elle aurait été adoptée par tous les pays du monde. Et nous observons que des pays voisins de la France qui ont mis en place un confinement d'abord pour trois ou quatre semaines à la mi-décembre avec fermeture des écoles, avec fermeture des commerces, avec des mesures de limitation des possibilités de déplacement, sont aujourd'hui toujours dans cette situation et toujours confinés dans les mêmes conditions, alors même que nous observons une reprise de l'épidémie, certes très légère et j'espère évidemment pour eux qu'elle le restera le plus longtemps possible, de l'épidémie dans ces pays. On voit donc bien qu'il y a une batterie de solutions et qu'il y a surtout une mobilisation collective de chacune et de chacun d'entre nous à adopter.

Encore une fois, je le redis, il y a un horizon avec la vaccination. Nous observons, nous commençons à observer, les effets de la vaccination sur l'épidémie. Le nombre de foyers de contamination dans les EHPAD diminue.

Le taux d'incidence sur les personnes âgées, et notamment les plus de 80 ans, diminue aussi, ce qui montre que le choix que nous avons fait de cibler en priorité la vaccination sur les plus âgés et les plus à risque porte ses fruits. La France est le pays où l'âge moyen de vaccination dans l'Union européenne est le plus élevé parce que nous avons voulu cette stratégie progressive pour protéger en priorité ceux qui sont les plus à risque de formes graves. Plus vous protégez les personnes qui sont à risque de formes graves, plus vous vous donnez une chance de limiter le recours à l'hospitalisation parce que les formes s'aggravent de ces personnes et donc limiter le risque de saturation de notre hôpital et donc nous donner la possibilité de desserrer la contrainte.

C'est ça notre boussole et c'est ça notre objectif. Et encore une fois cet objectif il est en vue. Nous allons continuer à passer par des semaines de remous, de gros temps, des semaines difficiles.

C'est une évidence. On voit qu'il y a une montée qui n'est pas une explosion mais une montée du taux d'incidence et du nombre de contaminations. Il y a une pression qui est forte sur l'hôpital, c'est aussi une réalité, mais nous croyons que la mobilisation collective de chacune et de chacun, la possibilité de limiter les contacts que nous avons les uns avec les autres, de recourir le plus possible au télétravail, de nous isoler dès que nous avons le moindre doute sur une contamination, de se tester le plus régulièrement possible, et on déploie encore une fois de nouvelles capacités de tests avec les tests salivaires, nous avons la conviction que c'est la démarche à suivre.

Il peut arriver qu'il faille prendre des mesures ciblées, des mesures de restriction supplémentaires dans certains territoires, notamment certains départements où le taux d'incidence est particulièrement plus élevé que la moyenne française mais même que les autres départements qui sont aujourd'hui sous vigilance renforcée. C'est une possibilité mais, encore une fois, le choix que nous faisons, et nous le ferons jusqu'à la dernière minute, nous le ferons tant que ce choix-là sera encore possible, c'est de croire à la mobilisation collective et aux efforts que les Français ont démontrés depuis maintenant plusieurs mois et qui permettent de porter leurs fruits. Bonjour Monsieur le Ministre, Mathieu Coache, BFM TV.

En vous écoutant, on comprend que le confinement généralisé le week-end dans vingt départements environ n'est pas la solution privilégiée aujourd'hui. Est-ce que vous pouvez le confirmer ? Encore une fois, je renvoie évidemment à la conférence de presse de demain.

On est dans une logique de dialogue et d'échange avec les élus locaux et les collectivités locales. Je vous dis qu'il y a des orientations qui ont été tranchées, qu'elles vont être affinées et surtout que cet échange doit avoir lieu en premier lieu avec les élus concernés qui sont partie prenante de cette concertation qui a lieu depuis maintenant plusieurs jours. Mais encore une fois je vous renvoie à ce que j'ai dit, c'est-à-dire que partout où c'est possible et aussi en tenant compte de spécificités territoriales, nous faisons le choix de continuer à faire confiance à la responsabilité de chacune et de chacun.

On prendra toujours les mesures nécessaires pour éviter de se retrouver dans des situations où des patients ne peuvent être accueillis à l'hôpital, faute de place pour les prendre en charge. Nous prendrons toujours ces décisions-là et croyez bien qu'on scrute au quotidien les chiffres et les données sanitaires dont nous disposons. Mais encore une fois on peut faire confiance à la responsabilité de chacun.

On peut aussi faire confiance à nos outils et je redis que le déploiement de nouvelles capacités et de tests, que le déploiement de la vaccination qui s'accélère et qui va continuer à s'accélérer, notamment dans les territoires les plus concernés, ce sont des clés pour arriver à maintenir l'épidémie à un niveau qui nous permet de contrôler les choses et d'essayer de vivre le plus normalement possible, même si en disant ça j'ai évidemment conscience que le cadre actuel de restriction n'est évidemment pas un cadre de vie normal pour les Français. Vous avez parlé d'une batterie de solutions utilisables autres que le confinement le week-end. Est-ce que vous pourriez donner quelques unes de ces solutions ?

Fermeture de certaines rues par exemple, c'est ça ? Je redis qu'il y a un certain nombre d'outils qui sont mobilisables, d'ailleurs un certain nombre qui ont déjà été mobilisés, y compris dans des départements où des choix de restriction très forts ont été faits, avec la possibilité de limiter l'accès à un certain nombre d'établissements recevant du public, de commerces de très grande taille. Je donne ici un exemple, ce n'est pas une annonce que je vous fais mais je vous dis qu'il y a un certain nombre de leviers que l'on peut utiliser mais que le levier principal, et ce n'est pas ici une nouveauté encore une fois, c'est la décision que nous avons prise depuis maintenant plusieurs mois, c'est de faire confiance à la mobilisation de chacune et chacun.

Nous sommes parvenus depuis plusieurs mois à éviter une explosion des contaminations, y compris à des moments où on pouvait s'attendre, parce qu'un certain nombre de personnes nous le prédisaient, à une explosion. Je me souviens qu'au moment des fêtes, quand on a donné la possibilité aux Français d'aller fêter Noël en famille, on nous a prédit et annoncé, je parle ici de responsables politiques ou de personnes de la Presse, on nous a annoncé un risque très fort d'explosion à la rentrée. Elle n'a pas eu lieu, pourquoi ?

Parce que les Français font des efforts, parce qu'ils font extrêmement attention, parce qu'on a pris aussi des décisions et des décisions difficiles, notamment d'avancer le couvre-feu à 18 heures. Et c'est évidemment dans cette même logique qu'on veut continuer à avancer. Bonjour, Anthony Lattier de RFI.

Vous avez évoqué l'horizon de mi-avril en évoquant cette réunion ce soir. Est-ce que vous dites clairement qu'à partir de la mi-avril les bars, les restaurants, les salles de sport vont rouvrir ? Ce que je vous dis c'est qu'on a déployé la campagne de vaccination.

Je ne vais pas revenir dans le détail sur ce que je disais à l'instant sur les premiers effets qu'on constate de la vaccination sur l'épidémie mais, encore une fois, le fait que le taux d'incidence et les contaminations se réduisent chez les personnes qui ont été vaccinées en priorité, c'est-à-dire les personnes les plus âgées, c'est évidemment un signe qui permet de nous rendre optimistes sur le fait que la campagne de vaccination, parce qu'elle cible en particulier les publics les plus à risque de faire une forme grave, est efficace. Et évidemment qu'il faut continuer à accélérer, et vous aurez noté que depuis le début de cette semaine une étape supplémentaire a été franchie, notamment s'agissant du vaccin AstraZeneca, et donc un changement de stratégie qui va permettre d'accélérer très fortement sur ce vaccin aussi. Vous avez noté les annonces du ministre de la Santé qui a annoncé qu'au cours du mois de mars, 6 millions de primo injections supplémentaires pourront avoir lieu, ce qui portera à la fin du mois de mars à 9 millions le nombre de Français qui auront reçu au moins une première dose du vaccin, ce qui témoigne là aussi d'une accélération très forte puisque sur un mois nous aurons vacciné en première injection autant de personnes que sur les deux mois précédents.

Donc nous continuons à accélérer et ce que disent aujourd'hui un certain nombre d'épidémiologistes, et je vous renvoie aussi à leurs déclarations, je pense notamment aux déclarations de Monsieur Cauchemez la semaine dernière dans un quotidien bien connu, c'est que probablement à cet horizon nous pouvons espérer avoir un impact notable de la vaccination sur le nombre de personnes qui développent une forme grave, qui doivent être accueillies à l'hôpital, et donc une diminution de la pression sur nos services hospitaliers, une montée en puissance de l'immunité collective qui peut nous permettre effectivement de commencer à desserrer les contraintes qui pèsent depuis longtemps, et je sais la lassitude sur la vie des Français ! J'ai deux autres questions de confrères ; Wiliam Galibert de RTL qui dit : Paris et Marseille ont des taux d'incidence comparables ; peut-on imaginer qu'à chiffres similaires, une ville soit mise sous cloche le week-end, et pas une autre ? En clair, quels sont les critères qui feront la différence pour appliquer au mieux le "cas par cas" que vous prônez ?

Les critères ont, je crois, été annoncés assez clairement par le Premier ministre la semaine dernière dans sa conférence de presse. Il y a effectivement le taux d'incidence. Il y a le niveau d'occupation des lits de réanimation dans le territoire concerné.

Il y a la part des variants dans ces territoires concernés. On regarde évidemment aussi le taux d'incidence sur les personnes âgées, qui est un indicateur du nombre des personnes qui pourraient avoir recours à une hospitalisation pour forme grave dans les semaines qui suivent. Et donc, il y a évidemment cette approche qui se fait territorialement.

Une question de Yannick Falt de France Info : Pour l'Ile de France, compte-tenu des nombreux déplacements entre Paris et la banlieue, est-il possible d'avoir des mesures justes pour Paris, juste pour la petite couronne, ou ce sera forcément toute l'Ile de France ?" Je dis, j'avais déjà eu l'occasion de le dire dans une interview, qu'évidemment, quand on regarde la situation en Ile de France, c'est bien à l'échelle de la région que les choses doivent être regardées, notamment parce qu'il y a un certain nombre de déplacements qui ont lieu entre les différents départements, pour des raisons évidentes. Qu'il puisse y avoir des adaptations locales selon des spécificités, des points de rassemblement précis que l'on observe dans certains départements et pas dans d'autres, c'est évidemment une possibilité ; mais en termes de logique et de restriction, évidemment, c'est à l'échelle régionale qu'il faut réfléchir.

Il y a autre chose qu'un No Man's Land au-delà du périphérique, même si, visiblement, ça n'était pas clair pour tout le monde. Bonjour, Elizabeth Pineau, de l'agence Reuters. J'ai une question sur le vaccin AstraZeneca.

Pensez-vous que les propos du président Emmanuel Macron sur ce vaccin, disant qu'il était quasiment inefficace chez les plus de 65 ans, a contribué à son déficit d'image en France et en Europe ? Et est-ce que c'est cela qui expliquerait que seulement 24% des doses ont été utilisées ? On a toujours été d'une transparence absolue sur l'état des connaissances dont nous disposons s'agissant des différents vaccins.

Jusqu'à un avis récent de la Haute Autorité de santé, qui fait suite notamment à une étude écossaise qui a été publiée la semaine dernière, ce qui était partagé par l'essentiel des autorités de santé, que ce soit la Haute Autorité de santé en France ou des autorités européennes, c'est non pas l'idée de considérer que le vaccin AstraZeneca était inefficace sur certains, mais que nous manquions de données permettant de dire qu'il était efficace sur certains. J'entends que la différence est ténue, mais ce n'est pas la même chose. Ce n'est pas la même chose de dire : "nous manquons de données pour garantir que ce vaccin est efficace pour les plus de 65 ans" et "on a des données qui nous disent qu'il est inefficace".

Et ce qu'a dit le président de la République, ce qu'ont dit le Premier ministre et le ministre de la Santé, ce que nous avons dit depuis plusieurs semaines à la lumière des connaissances scientifiques d'alors, c'est que nous manquions de données pour attester de l'efficacité de ce vaccin sur les personnes les plus âgées. Je pense que les Français peuvent parfaitement comprendre que, quand on prend des décisions d'autorisation d'un vaccin pour certains publics, on s'assure, et on est la garantie, que ce vaccin est efficace sur ces publics. On a désormais cette certitude grâce à cette étude écossaise très importante, grâce aussi à la décision et à l'avis qui ont été rendus par la Haute Autorité de santé.

Et dans ces conditions, immédiatement, parce que nous avons ces garanties scientifiques, nous changeons la stratégie et nous ouvrons beaucoup plus largement le vaccin AstraZeneca à d'autres publics, ce qui permet de répondre à la seconde partie de votre intervention, c'est-à-dire que son déploiement va très nettement et très fortement s'accélérer dans les jours qui viennent. Il s'est d'ailleurs déjà accéléré ; je crois que le rythme de vaccination avec AstraZeneca a été multiplié par cinq entre la semaine dernière et cette semaine. Et je peux vous dire, ce sera l'objet aussi de la conférence de presse de demain, que dans les jours qui viennent il va très fortement se déployer. [INAUDIBLE] en termes de confiance, d'image, à votre avis ?

Il y a eu des enjeux de confiance et d'image, d'abord sur cette question de doute sur l'efficacité garantie. Ensuite sur des effets indésirables, c'est-à-dire des symptômes grippaux qui ont été constatés chez certaines personnes, et notamment des jeunes, je crois que ce sont essentiellement des jeunes qui avaient été vaccinés, avec un peu de fièvre dans le jour ou les jours qui ont suivi la vaccination. Là-dessus, je me fie à ce qu'a rappelé le professeur Alain Fisher la semaine dernière sur ce vaccin.

Je crois que tout ça a été levé, que des réponses ont été apportées, et qu'il y a aujourd'hui toutes les garanties scientifiques pour attester que le vaccin AstraZeneca est d'une remarquable efficacité. Et c'est très important qu'il se déploie comme se déploient les autres vaccins, le Pfizer, le Moderna et j'espère bientôt d'autres vaccins, dans le cadre de notre campagne vaccinale. Vous reconnaissez qu'avoir dit que la Grande-Bretagne n'était pas prudente sur ce point au départ, finalement, c'était une erreur ?

Pour ma part, je ne crois pas avoir eu de tels propos, et je ne crois pas que mes collègues aient eu de tels propos. Il y a eu des choix différents qui ont été faits par la Grande-Bretagne, c'est certain. Le choix d'avoir recours à une procédure accélérée qui ne tenait pas compte d'un certain nombre d'étapes classiques pour valider un vaccin, c'est un choix qui a été fait, ce qui fait que la Grande-Bretagne a démarré plus tôt.

Le choix d'espacer les deux doses d'un vaccin alors même que ça n'était pas recommandé par plusieurs autorités de santé, c'est un choix qui a été fait. Le choix, effectivement, d'avoir recours au vaccin AstraZeneca sur tous types de population alors que ça n'était pas recommandé à ce moment-là, en tout cas par les autorités de santé européennes, françaises, y compris allemandes. Vous savez que les pays qui nous entourent ont, je crois, quasiment tous fait le même choix que nous de suivre la connaissance scientifique.

Ce sont des choix différents qui sont faits. Encore une fois, nous faisons un choix clair, c'est la transparence : communiquer en permanence sur toutes les données dont on dispose sur le vaccin, sur les vaccins. Et c'est le choix d'avoir une politique vaccinale ciblée sur les personnes les plus à risque de faire une forme grave.

Encore une fois, quand vous voyez que l'âge moyen des personnes vaccinées en France est aujourd'hui, je crois, de 72 ans, alors qu'il est de 60 ou 65 ans en Allemagne et, je crois, autour de 50 ans en Italie, on voit bien que, oui, nous avons pris plus de temps pour démarrer, mais qu'aujourd'hui, nous avons réussi à vacciner plus de personnes âgées, et donc à risque de formes graves, que nos voisins, ce qui répond à l'objectif qu'on s'était fixé, et ce qui, je pense, nous donne des chances de pouvoir maîtriser rapidement cette épidémie. J'ai une question sur un autre sujet : est-ce que vous trouvez normal qu'un membre du gouvernement, en l'occurrence le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, apporte son soutien à un ancien président de la République condamné par la justice ? Il y a une séparation des pouvoirs, comme on dit.

On est dans un État de droit, ce qui fait qu'aucun membre du gouvernement ne commente une décision de justice, jamais, en aucune manière, et a fortiori y compris quand il s'agit d'un ancien président de la République. Et je vous invite à reprendre les propos de Gérald Darmanin, qui a dit très clairement : "Je ne commente pas une décision de justice, car je suis membre du gouvernement". Il n'a pas commenté la décision de justice.

Il a apporté son soutien ! Pour le reste, moi, je suis porte-parole du gouvernement ; je suis là pour expliquer et rendre des comptes sur ce que fait le gouvernement, pas sur ce que disent les membres du gouvernement. Et vous pouvez interroger mon collègue : encore une fois, il n'a pas commenté cette décision de justice.

Après, il peut avoir les propos qu'il souhaite, je n'ai pas à me positionner sur ses propos personnels. Bonjour, Céline Martelet, je travaille pour plusieurs médias, dont Médiapart et L'Orient-Le Jour. Une question, on s'éloigne du Covid, sur la Syrie.

Une délégation de parlementaires français accompagnés d'avocats, dont le représentant du bâtonnier de Paris, s'est rendue en Syrie en début de semaine. Ils ont pu aller jusqu'au poste-frontière. Mais une fois arrivés au poste-frontière, les autorités locales, donc l'administration autonome kurde, les a bloqués en leur expliquant qu'il y avait des pressions françaises pour les empêcher d'aller plus loin.

Donc ma première question sera : est-ce qu'il y a des pressions de Paris sur ce qu'on appelle le Rojava, pour empêcher des parlementaires français d'accéder à cette zone, sachant que des parlementaires allemands et belges ont pu y aller très facilement ? Ma deuxième question est une question sécuritaire. De nombreux experts et des journalistes syriens tirent la sonnette d'alarme pour dire qu'il y a, non pas une résurgence parce qu'elles ont toujours été là, mais des cellules de Daesh qui reprennent leur activité en Syrie, notamment autour de Raqqa où je me trouvais au mois de janvier.

Ma question est donc : est-ce que cette insécurité croissante en Syrie, avec le retour des cellules de Daesh, vous préoccupe grandement, notamment autour de Raqqa ? J'ai reçu cette question dans la matinée. J'y accorde évidemment beaucoup d'importance, puisque c'est un sujet qui est évidemment très sensible.

Je vais être très transparent et très honnête avec vous : je n'ai pas encore reçu la réponse de mes collègues, et notamment du Quai d'Orsay, sur ce sujet-là. Ce que je peux vous dire, c'est que je m'engage à ce qu'une réponse officielle du gouvernement soit apportée aux deux questions que vous avez posées d'ici à la fin de la journée. Par un moyen officiel du gouvernement, je m'en n'assurerai personnellement.

Bonjour, Laurence Benhamou, de l'AFP. C'était juste un petit complément à la question de ma consœur sur le vaccin AstraZeneca. Je n'ai pas très bien compris pourquoi il est maintenant autorisé pour les 65 à 75 ans "avec comorbidités".

S'il est efficace, il devrait être autorisé pour toute cette tranche d'âge. Ҫa fait quand même pas mal de monde ; ça doit faire 6 millions de personnes qui, du coup, ne peuvent recevoir ni les vaccins ARNi, ni l'AstraZeneca. Donc il y a un trou, là !

Je voulais vous demander : quid pour ces personnes ? Et la décision de la Haute Autorité de santé ne semble pas très logique : soit il est efficace, soit il ne l'est pas. Alors, je vais repréciser les choses pour vous.

D'abord, oui, depuis le début de cette campagne vaccinale, les 65-75 ans constituaient, entre guillemets, un angle mort temporaire, parce que les vaccins à ARN messager, le Pfizer-BioNTech et le vaccin Moderna, sont recommandés pour les plus de 75 ans ; et parce que jusqu'à présent, le vaccin AstraZeneca était recommandé pour les 50-64 ans inclus. Donc les 65-75 ans, je peux vous dire que j'en connais un certain nombre parce que je suis élu d'un territoire où un certain nombre m'ont interpellé en me disant : effectivement, moi j'ai l'impression d'être le trou dans la raquette. Et on s'est toujours engagés à ce que, au plus vite, dès lors qu'on aurait des certitudes scientifiques sur l'efficacité d'un vaccin pour eux, on puisse les leur proposer.

C'est maintenant chose faite avec le vaccin AstraZeneca. Á partir de là, la Haute Autorité de santé procède, comme elle le fait depuis le début de cette campagne vaccinale, quand nous avons dans un premier temps un nombre limité de doses, à une priorisation en fonction des publics. Et le fait est que quand vous avez plus de 65 ans et que vous avez une comorbidité, qui peut être du diabète, de l'hypertension, vous avez plus de risques de développer une forme grave.

Donc c'est dans un premier temps pour ces personnes qu'est priorisé le vaccin. Ҫa fait quand même, je crois, 2 millions et demi de personnes supplémentaires qui peuvent accéder à ce vaccin. C'est donc tout à fait notable.

Évidemment que, très rapidement, ce sera ouvert également à cette tranche d'âge "sans comorbidités". Ça sera précisé demain dans le cadre de la conférence de presse, mais évidemment, cela interviendra très rapidement. On a besoin, j'ai eu l'occasion de le dire à de nombreuses reprises depuis le début de cette campagne vaccinale, on a besoin de nos pharmaciens dans le cadre de cette campagne vaccinale.

Nos officines, c'est un maillage absolument remarquable du territoire. C'est aussi une connaissance des patients, des usagers du système de santé. Et donc, évidemment, ils vont rejoindre très rapidement la campagne de vaccination de manière active en proposant la vaccination directement dans leurs officines.

Je le précise, évidemment, il faut saluer leur mobilisation : ils sont déjà mobilisés aujourd'hui, puisque vous savez que pour les médecins traitants qui proposent la vaccination à leurs patients, ils vont "se fournir" en vaccins via les pharmacies. Donc ils sont déjà des rouages essentiels. Ils vont l'être encore plus, et en première ligne, dans cette campagne de vaccination, très vite.

Je voudrais d'abord rebondir sur AstraZeneca. Vous avez cité cette étude écossaise très importante. Est-ce que quand même, on ne se dit pas qu'en France, à un moment donné, j'ai bien entendu l'argument de prudence et de connaissance, mais est-ce qu'on ne se dit pas qu'on a raté un coche en termes d'expérimentation justement, puisque maintenant, on regarde les données d'autres pays qui ont pris l'initiative de se dire : on va ajuster notre stratégie !

Ce qu'on regarde, ce sont les données qui nous sont fournies par les laboratoires, et qui permettent aux autorités de santé européennes et françaises d'émettre un avis, une recommandation. Les autorités de santé européennes et françaises ont émis une recommandation d'utilisation sur le vaccin AstraZeneca à la lumière des données dont nous disposions par le laboratoire concerné. Que la connaissance scientifique puisse ensuite être enrichie par des études que l'on appelle "en vie réelle", évidemment, c'est toujours très utile, et ça permet aux autorités de santé de revoir un certain nombre de choses.

Encore une fois, je redis que le fait de qualifier ou de valider comme sûr et efficace tel ou tel vaccin ne relève pas d'une décision politique, mais d'une décision scientifique. C'est notre conception et, je vais vous dire, d'abord elle est partagée par l'essentiel des pays : si on considère qu'il y a un excès de prudence, ça veut dire qu'il faut le considérer aussi pour la quasi-totalité de nos voisins, y compris l'Allemagne, qui ont fait les mêmes choix que nous. Ensuite, je pense que c'est un gage de confiance pour les Français, quand on leur propose un vaccin, pour avoir la certitude qu'il est sûr et efficace pour eux.

J'ai une autre question sur la réponse graduée, comme vous l'avez dit, qui se pose beaucoup dans les départements où la situation s'améliore. Est-ce qu'il est envisagé d'assouplir certaines mesures ? Par exemple, est-ce que repousser le couvre-feu de 18 à 20 heures dans certains départements serait possible ?

Je vais vous dire : sur le principe, quand on parle d'une action différenciée entre les territoires, quand on dit qu'on doit prendre des décisions qui renforcent les restrictions dans certains territoires où le virus circule beaucoup, le bon sens est de dire que, dans des territoires où le virus circulerait très peu ou pas du tout, évidemment, on pourrait prendre des mesures en miroir qui permettent d'alléger. Maintenant, la question est : est-ce que, dans la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui, nous pouvons nous permettre d'alléger les restrictions dans certains territoires ? La réponse à ce stade est malheureusement : non !

D'abord, parce que le virus circule partout. Alors, je vous confirme qu'il y a une dizaine de départements où il circule beaucoup moins qu'ailleurs, je crois avec une incidence inférieure à 100 pour 100 000 habitants. Ensuite parce qu'on constate que, malheureusement, la situation peut évoluer assez vite.

Et on constate que, pour certains des départements qui sont les départements où le taux d'incidence est le plus faible, c'est dans ces mêmes départements que l'on observe une dynamique de croissance du virus qui est la plus forte, parfois de l'ordre de 30 ou 40% d'augmentation par semaine. Donc il faut rester vraiment dans cette vigilance absolue au niveau national. Ce qui ne veut pas dire que l'on ne doit pas renforcer les règles à certains endroits et dans certains départements, et renforcer les restrictions et la vigilance.

Mais encore une fois, on est dans cette situation, avec toujours cet horizon que la vaccination nous permettra progressivement, et dès le printemps, de maîtriser davantage l'épidémie, parce qu'il y aura moins de personnes qui connaîtront une forme grave de la maladie, et donc moins de pression sur nos systèmes hospitaliers. Je peux vous dire que j'étais hier dans un établissement de santé, à l'hôpital Saint-Louis à Paris. J'ai échangé avec nos professionnels de santé, avec les soignants de l'hôpital.

Ils font face, ils font front depuis un an maintenant. Et je redis ce que j'ai dit tout à l'heure : il y a eu peu de creux des vagues à l'hôpital, y compris au moment des fêtes, quand, après le deuxième confinement, on avait vu l'incidence diminuer très fortement en France, où on a tous pu aller célébrer les fêtes en famille partout en France, où la situation était nettement redescendue dans l'incidence ; à l'hôpital, la pression est restée constante, et les soignants ont continué à faire face de manière constante. Et aujourd'hui, ils continuent à faire face de manière constante.

Il faut toujours avoir en tête cette mobilisation et la situation à l'hôpital. Question de Maxence Lambrechs, de France Inter, sur Génération identitaire et sa dissolution. Génération Identitaire va contester cette dissolution devant le Conseil d'État, et poursuivre autrement ses actions au sein du Rassemblement National et d'autres structures.

Est-ce que vous pensez que cette dissolution aura un réel impact sur la diffusion de ses idées ? On combat la diffusion des idées par des idées, par des réponses sur le fond. Là, je redis qu'avec cette dissolution, il ne s'agit pas de combattre des idées, mais des modes d'action qui ne sont pas acceptables dans la République.

On est dans un État de droit, ce qui nous permet d'ailleurs de prendre cette décision. Qu'une association qui fait l'objet d'une telle décision saisisse les voies de recours qui sont à sa disposition pour la contester, c'est évidemment tout à fait possible dans l'État de droit. Donc évidemment, on regardera la suite avec intérêt.

Une question de CNEWS : selon un sondage IFOP pour la Licra, un lycéen sur deux, 52%, se déclare favorable au port de signes religieux à l'école. Cette étude est-elle révélatrice d'un échec de votre politique éducative qui ambitionne de défendre les valeurs républicaines ? Êtes-vous inquiet de la rupture générationnelle soulignée par ce sondage, alors que l'opinion publique, notamment chez les séniors, se replie sur une laïcité plus défensive ?

J'ai parcouru cette étude comme vous. Je l'ai parcourue rapidement, je la regarderai plus précisément assez rapidement. Je crois que ce que nous dit cette étude, ce qu'elle confirme, c'est quelque chose que nous n'ignorons pas : c'est la perception différente sur ces questions qui peuvent exister dans notre pays, et qui peut être générationnelle.

Nous ne l'ignorons pas, nous le savons. Ça montre effectivement que les jeunes peuvent être plus divisés sur les questions de laïcité que le reste de la population. Et je crois que ça montre aussi, et que ça nous conforte dans un constat, c'est que la laïcité, c'est une conquête permanente, et qu'elle doit en permanence être défendue, mais aussi être expliquée, être enseignée via l'école, via les enseignants, via les associations, qui ont un rôle absolument majeur dans cette direction.

Et c'est vraiment ce que nous faisons dans le cadre de l'Éducation nationale. C'est une des priorités, vous le savez, de Jean-Michel Blanquer, et nous allons continuer à le faire. Pour ce qui est de la question précise qui consiste à dire : est-ce que cet état de fait est l'échec de ce Gouvernement ?

Je veux bien qu'on brocarde le Gouvernement pour tous les maux de la société, y compris ceux qui sont profonds et qui sont dénoncés par un certain nombre de personnes et d'études depuis plusieurs années, voire plusieurs décennies, mais je crois que sur ces questions-là, on a montré depuis 2017, et Jean-Michel Blanquer en particulier, notre détermination absolue à défendre, enseigner, transmettre les valeurs de la République par l'école ; et la laïcité en fait évidemment partie. S'il n'y a pas d'autres questions, je vous remercie, et je vous dis à la semaine prochaine.

Compte rendu du Conseil des ministres du 3 mars 2021. — Gabriel Attal · Pourquijevote