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AutreLCP (sur YouTube)· 16 octobre 2024 53 minActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asileSécurité

Législatives 2024 : chronique d'une folle campagne | Documentaire complet LCP

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    « C'est la première fois sous la Ve République que le deuxième tour inverse l'ordre des gagnants. »
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    « Le Rassemblement National arrive largement en tête avec 31,5 % des voix. »
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    « Eric Ciotti est en rupture totale avec les statuts et la ligne portée par Les Républicains. Il est exclu ce jour des Républicains. »
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    « Nous avons signé hier soir un accord qui comprend des candidatures uniques sur l'ensemble des circonscriptions de l'hexagone et des Français de l'étranger, ainsi qu'un contrat de législature. »
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    « Un bloc aujourd'hui Nouveau Front Populaire ne peut pas s'élargir, ne gagnera pas un seul nouveau député. »
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    « Le Nouveau Front Populaire a positionné aujourd'hui l'extrême-gauche aux portes du pouvoir. »

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Musique Un ancien président de la République redevenu député et des socialistes deux fois plus nombreux qu'en 2022 au palais Bourbon. Une gauche arrivée en tête à l'Assemblée nationale pour au final... un Premier ministre de droite et un gouvernement composé de figures LR et macronistes.

Pas même les esprits les plus fertiles auraient imaginé un tel scénario, surtout avec un RN vainqueur à l'issue du premier tour des législatives. -C'est la première fois sous la Ve République que le deuxième tour inverse l'ordre des gagnants. -La perspective d'une prise de pouvoir par le Rassemblement national est apparue extrêmement crédible au soir du premier tour. -Une situation inédite, conséquence d'une décision jugée insensée. -Personne, il ne faut pas se cacher les choses, n'avait anticipé cette dissolution. -Comme une mauvaise farce ou alors un espèce de coup de poker, un pari qui tourne mal. -Nous allons vous raconter cette incroyable épopée, un épisode unique avec ses coups de théâtre, ses tergiversations et ses déceptions, l'aboutissement d'une folle campagne.

Il est 19 h 00 en ce dimanche 9 juin. La soirée s'annonce belle pour les cadres et les militants RN réunis au coeur du bois de Vincennes. Les sondages sont bons et les premières indiscrétions confirment que Jordan Bardella, de plus en plus populaire, va finir largement premier des élections européennes.

Il est 20 h 00, les premiers résultats confirment la suprématie du parti d'extrême droite et la claque électorale donnée au camp présidentiel. -Le Rassemblement National arrive largement en tête avec 31,5 % des voix. -BARDELLA, BARDELLA ! -Et Jordan Bardella de réitérer une demande faite il y a plusieurs semaines déjà. -BARDELLA, BARDELLA ! -Le président de la République doit choisir de s'en remettre à l'esprit des institutions.

Nous lui demandons solennellement de prendre acte de cette nouvelle donne politique, d'en revenir au peuple français et d'organiser de nouvelles élections législatives. -OUI ! -A 21 h 00, ce qui n'était qu'un mantra va soudain devenir réalité. -...LE JOUR DE GLOIRE EST ARRIVE. -J'ai décidé de vous redonner le choix de notre avenir parlementaire par le vote.

Je dissous donc ce soir l'Assemblée nationale. -Cris - DISSOLUTION ! DISSOLUTION !

DISSOLUTION ! -Un mot qui sonne comme une première victoire pour le parti nationaliste. -Je dissous donc ce soir l'Assemblée nationale. -Au QG de la majorité présidentielle, les visages traduisent stupeur et tremblement, comme le pressentiment que cette décision est la genèse d'un séisme politique. -On revote cette fois pour des législatives totalement inattendues.

Emmanuel Macron a choisi de dissoudre l'Assemblée après la victoire du RN aux européennes en France. Enorme surprise, d'où une matinale remaniée pour mieux couvrir cette info. -En ce lundi 10 juin, la France se réveille avec la gueule de bois et les stigmates d'un pays qui sait qu'il pourrait être pour la première fois depuis Vichy dirigé par l'extrême droite dans moins de trois semaines.

La décision du président de la République est qualifiée de coup de poker dangereux. -Avec son annonce de dissolution, là, il a ouvert la porte grande ouverte au Front National, donc il ne faudra pas se plaindre. -C'est donner le pays aux fachos, quoi. -Peut-être que les gens vont se rendre compte qu'en fait, c'est un parti qui ne peut pas gouverner, donc peut-être qu'en 2027 on va se casser la gueule. -Cette décision a saisi les Français.

Et très clairement, avec toute mon expérience, je n'ai jamais appréhendé de la part des Français une telle incompréhension s'agissant d'une décision politique quelle qu'elle soit. -Qu'est-ce qui se passe ? Les élections européennes, un score très mauvais d'Emmanuel Macron.

Il va voter au Touquet avec Brigitte Macron, il revient dans la voiture, on comprend qu'il est sous la barre des 15. Et c'est là que la décision se prend, donc finalement très tardivement, en fin d'après-midi, le dimanche 9 juin. C'est à ce moment-là qu'il décide d'appuyer sur le bouton.

Et dans la confidence, il n'y a pas grand monde. -Je pense que le chef de l'Etat a souhaité prendre de court ses adversaires politiques en décidant une dissolution imprévue, en l'annonçant le soir même des élections européennes. Chants -Décision inconsidérée, stratagème cynique ou piège tendu au RN, cette dissolution va donner lieu à une recomposition à gauche.

Une NUPES saison deux, appelée de ses voeux le soir même de la déclaration présidentielle par François Ruffin. -J'en appelle à Marine Tondelier, j'en appelle à Fabien Roussel, j'en appelle à Olivier Faure, j'en appelle à Manuel Bompard pour qu'on se mette derrière une bannière commune, une bannière Front Populaire. Il nous faut évidemment nous unir dans ce moment. -UNION POPULAIRE !

UNION POPULAIRE ! -Mais cette dissolution va aussi causer du côté de la droite des scènes de campagne rocambolesques. Chants -A droite, Les Républicains au bord de l'implosion, après le ralliement de leur numéro un au Rassemblement National.

Jordan Bardella... -Il y a aujourd'hui une force qui va se lever, qui doit se lever pour s'opposer à l'impuissance du macronisme.

Donc il faut une alliance, c'est le sens de la Ve République, nous le faisons. -Une alliance avec Marine Le Pen, c'est ce que vous nous annoncez ? -Une alliance avec le Rassemblement National, avec ses candidats, une alliance à droite. -J'ai eu envie de vomir.

J'ai eu envie de vomir quand j'ai entendu le chef de ma famille politique, de la famille politique des gaullistes, aller se vendre au Rassemblement national. -Attention ! -En franchissant le Rubicon, Eric Ciotti est frappé d'anathème par ses amis politiques comme par ses ennemis. -Honte à vous.

Vous ne méritez pas le nom qui est inscrit sur votre façade. -Votre diatribe m'honore, madame. J'avais pas vu que c'était elle.

C'est bien. -Dans la foulée, les cadres des Républicains convoquent un bureau politique pour exclure Eric Ciotti. -Il n'y a pas de place pour les traîtres et les putschs. -En représailles, Eric Ciotti licencie tous les collaborateurs du parti qui refusent de lui obéir. -Mis à la porte. -Le président des LR s'enferme au siège, tel un forcené bien décidé à empêcher le bureau politique de se tenir. -On a l'impression de vivre dans une mauvaise série Canal. -Est-ce qu'une CNI peut se tenir ? -Bien sûr. -Bien sûr, elle se tiendra. -On a jusqu'à dimanche pour investir un candidat. -Et s'il est barricadé ? -Ecoutez, on appellera le SAMU. -On appellera Jordan Bardella pour le sortir de son bureau. -Au terme du bureau politique, le verdict tombe.

Le chef devient persona non grata. -Eric Ciotti est en rupture totale avec les statuts et la ligne portée par Les Républicains. Il est exclu ce jour des Républicains. -Exclu mais toujours président, tel le décide la justice.

Eric Ciotti s'accroche à son siège. -La décision a été jugée solitaire et ça a été les principaux épisodes de cette série Netflix de la première semaine de campagne, post 9 juin 2024. -Ca fait beaucoup rire de voir Ciotti qui pose des scellés ou qui pose des verrous au siège de LR.

Et c'était au début un peu dangereux parce que la vérité, c'est que c'est quand même...

Tout ce qui s'est passé depuis un mois n'est pas drôle du tout. -Le ralliement d'Eric Ciotti au Rassemblement national qui a mis fin à la stratégie de cordon sanitaire qui avait été déployée par la droite de Jacques Chirac. Les électeurs des Républicains eux-mêmes n'ont pas suivi.

Et dans les urnes, ils ont voté contre le Rassemblement National. -Et pour ajouter de la dramaturgie, Reconquête se déchire. -Marion Maréchal, c'est l'heure de la réconciliation ? -Marion Maréchal, met tout son poids pour faire une union avec le RN. -J'ai le souhait ardent que nous puissions trouver le moyen de nous rassembler et donc de faire participer ces idées de Reconquête à ce rassemblement.

Et j'en discuterai donc avec Eric Zemmour pour qu'une décision soit prise et que nous puissions donc revenir vers Jordan Bardella et Marine Le Pen. -Oui mais voilà, le RN ne veut pas d'Eric Zemmour. Alors c'est la rupture entre les deux visages de Reconquête. -Eric Zemmour a décidé, malgré notre opposition, de présenter le maximum de candidats contre cette coalition des droites dans toute la France, prenant ainsi le risque de faire perdre cette inédite espérance de battre Emmanuel Macron et l'extrême gauche. -L'ex-journaliste du Figaro semble être le grand perdant de l'Union des droites, lui qui en avait fait un graal politique.

A gauche, en revanche, on va ressortir la vieille idée de l'union. Radio -A la une de l'actualité, ce matin, des candidatures uniques à gauche dès le premier tour. -Les partis de gauche ont trouvé un accord de principe en vue du premier tour des législatives, le 30 juin.

Le président de la République, lui, se lance cet après-midi dans la campagne... -Depuis des semaines, la NUPES battait de l'aile.

L'Union de la gauche était fragilisée par la question palestinienne et les conséquences des attaques du Hamas. Pourtant, en moins de cinq jours, les quatre partis de gauche vont mettre leur désaccord de côté... -Laissez passer. -...et sceller l'unité pour les législatives. -Mais la surprise dans la surprise, c'est qu'Emmanuel Macron, sans doute, je dis bien sans doute, et ses proches, imaginaient une gauche en incapacité de se réunir en bloc, compte tenu d'une campagne européenne quand même extrêmement âpre, violente. -S'il y a une chose sur laquelle la gauche française peut se fédérer et faire bloc, c'est quand il s'agit de se battre contre l'extrême droite.

Et ça, il le méconnaît et il se trompe. Applaudissements -La NUPES apparaissait comme une alliance électorale. Le Front Populaire va se présenter comme un devoir moral. -L'extrême droite est aux portes du pouvoir.

Je connais comme vous leurs idées. Je connais comme vous leurs valeurs. Je connais comme vous leurs méthodes et tout ce qui nous en sépare.

Et donc aujourd'hui, c'est soit eux, l'extrême droite, soit nous, soit nous. Et ça doit être nous. Et ça va être nous. -Nous avons signé hier soir un accord qui comprend des candidatures uniques sur l'ensemble des circonscriptions de l'hexagone et des Français de l'étranger, ainsi qu'un contrat de législature que vous avez ici. -Selon cet accord, sur 577 circonscriptions, 229 sont représentées par un candidat LFI, 175 par un candidat socialiste.

Communistes et socialistes obtiennent plus de circonscriptions qu'il y a deux ans, jouant des coudes pour peser davantage face à LFI, qui perd plus de 130 candidats par rapport à 2022. Pourtant, une question cruciale n'est pas tranchée. -Il n'a pas été donné de nom pour un leader.

Il arrivera quand ? Pourquoi voulez-vous personnaliser y compris une élection parlementaire ? Je souhaite un Front Populaire, un front qui aille au-delà de ce que nous sommes, les partis politiques.

Je souhaite que ce soit une décision prise par l'ensemble des parlementaires du nouveau groupe, du Nouveau Front Populaire, qui prenne la décision au lendemain de l'élection. -Qui rentrerait à Matignon si le Front Populaire était en tête ? En 2022, la figure de Jean-Luc Mélenchon s'imposait.

Mais le contexte a changé, et le leader insoumis le sait. -Je m'en sens capable et nous avons dans nos rangs de quoi faire. Alors je ne m'élimine pas, mais je ne m'impose pas. -Désormais, le PS est plus fort et les positions du leader insoumis sur Israël ont plutôt un effet repoussoir. -J'ai peur, j'ai peur. -Alors les candidatures ne manquent pas. -Quel que soit le poste que je puisse occuper, à Matignon comme Premier ministre, pourquoi pas ? -J'ai dit que j'étais capable de faire ça. -Je fais partie de celles et ceux qui peuvent prétendre être Premier ministre. -Je pense à Laurent Berger. -D'autant que Jean-Luc Mélenchon va encore renforcer son image d'autocrate.

Alexis Corbière, figure incontournable des insoumis, fait campagne en Seine-Saint-Denis. Pourtant, il n'a pas été investi pour être le candidat du Front Populaire, LFI l'ayant remplacé par une inconnue. -Oui, tout va bien. -Je vous adore. -Jean-Luc Mélenchon lui a fait payer ses critiques sur le fonctionnement du parti, comme trois autres candidats qui avaient mis en cause la ligne LFI sur le Hamas. -Vous allez bien ?

Ca va ? Quoi de beau ? Bon voilà, il y a une situation un peu paradoxale. -J'ai vu que vous mainteniez... -Je peux pas accepter ce genre de méthode.

C'est pas par un mail à 23 h 30 qu'on règle des problèmes internes. -C'est tout à votre honneur... -Merci. -...que d'être un peu, entre guillemets, la victime de ce qui vient de se passer.

Ca veut dire que vous avez eu le courage de dire des choses importantes. -Merci, merci beaucoup. -Alexis Corbière, dissident en son propre pays, mais soutenu par les grandes figures du Front Populaire. -Chers amis... -Cris et applaudissements -Union pluvieuse, union heureuse ! -Hasard ou coïncidence, c'est à Montreuil, dans la circonscription d'Alexis Corbière, que se tient un des premiers meetings du Front Populaire.

Y participe la garde rapprochée de Jean-Luc Mélenchon. Pourtant, François Ruffin, l'homme qui monte, va avoir des propos sans équivoque. -Chers amis, je veux dire mon plein soutien à mon camarade et ami, Alexis Corbière. -Cris -Jean-Luc Mélenchon est considéré comme un handicap pour son parti par plus de 70 % des Français.

Même chez les sympathisants du Front Populaire. -UNITE ! UNITE !

UNITE ! -UNITE ! UNITE !

UNITE... -Aurélien Saintoul, investi par LFI, est pratiquement certain de renouveler son mandat dans les Hauts-de-Seine.

Pourtant, en campagne, il ne peut y échapper. -Et bonjour. -Bonjour, monsieur Saintoul, merci. -Vous allez bien ?

Bah, écoutez... -On est de tout coeur avec vous et avec le Front Populaire, mais on n'est pas très fiers des manoeuvres actuelles à LFI et du débarquement, la purge qu'il y a eu avec Clémentine Autain, Raquel Garrido... -C'est de l'histoire ancienne. -Mais ça concerne tout le monde.

Et depuis on ne parle que de ça. Ca a cassé la dynamique qu'on avait et on ne comprend pas du tout ce que Mélenchon fait. -On verra ce qui casse la dynamique.

La dynamique, elle est au niveau national, elle enlève du Front Populaire. -Mais quel intérêt ? Corbière et Garrido sont des gens bien, qui s'investissent dans le mouvement.

Et sur les questions internes, sur cette espèce de sectarisme trotskiste où on purge les gens chaque génération les unes après les autres, Mélenchon est un boulet. Et il faut le faire taire. -Mais il y a un autre homme qui est prié de se taire par les membres de son propre camp.

Et c'est plutôt inattendu, c'est le président de la République lui-même. Radio -Les députés veulent que ce soit Gabriel Attal qui conduise la bataille, pas le président désormais jugé repoussoir. -Emmanuel Macron ne peut pas s'empêcher d'être en première ligne.

Très vite après la dissolution, il prend la parole dans une conférence de presse fleuve. -Si j'avais été devant vous à l'issue de dimanche soir, avec 50 % des Français qui votent aux extrêmes, en vous disant : "On ne change rien, on continue." Vous m'auriez dit : "Il est déconnecté, ce type." -Voilà une photo qui en dit long sur les réactions des proches du président le lendemain de la dissolution.

Un Premier ministre dépité, une présidente de l'Assemblée nationale qui semble ailleurs. D'ailleurs, le quatrième personnage de l'Etat essaie de faire changer d'avis le président de la République. Mais visiblement, Emmanuel Macron a choisi en petit comité. -Je ne pense pas qu'il y a eu beaucoup d'acteurs du champ politique qui n'aient pas été surpris.

C'est vrai que la fameuse photo d'une forme de conseil des ministres, le 9 juin est absolument dévastatrice. L'avoir fait sortir, ça dénote une certaine irresponsabilité et une certaine maladresse. Parce que comment peut-on mobiliser sa base quand on voit les principales têtes d'affiches de la majorité présidentielle aussi défaites ? -Les députés ont eu le sentiment, sans doute, d'avoir été d'une certaine manière sacrifiés sur l'autel de la décision présidentielle.

Donc évidemment, ça devrait laisser un peu d'amertume. -Ce n'est pas facile partout, on a des territoires extrêmement différents les uns des autres. -D'ailleurs, quand Yaël Braun-Pivet fait campagne dans son fief des Yvelines, son tract ne mentionne aucune référence au président de la République.

Quand les électeurs lui parlent de cette drôle de décision présidentielle, elle a une réaction qui en dit long. -Malheureusement il y a eu la dissolution. Voilà.

C'est tout. -Vous comprenez pourquoi le président a choisi de dissoudre ? -Pas tout à fait. -Voilà.

C'est tout dit. -Merci ! A bientôt.

Merci, au revoir. -Alors qu'elle a bien conscience d'être filmée, c'est elle qui aborde le sujet avec un militant sur place. -Non, mais c'est bien.

Après...

Ca fait bizarre ce moment qu'on avait pas forcément attendu, programmé, tout ça. C'est... -Inaudible -Oui, quand même. -Un arrêt brutal alors qu'il y avait des projets, ça doit être dur. -C'est ça, le truc. -Une petite musique commence à être entendue.

Emmanuel Macron ferait perdre des points à la majorité présidentielle. -Bon, en tout cas, la campagne bat son plein. -Bonjour, monsieur. -Vous, vous êtes bien.

Mais il faudra dire au président qu'il ferme sa gueule. C'est tout. C'est lui qui nous fout dans la merde.

Allez. Bon courage. -On compte sur vous pour se battre contre les extrêmes. -C'est à vous que je dis bon courage, pas à... -Oui mais c'est une élection législative, pour le Premier ministre. -OK, allez, au revoir, -Au revoir, monsieur. -Certains, et pas des moindres, commencent à penser à l'après-Macron.

Edouard Philippe, avec son parti Horizons, a décidé de s'émanciper. En présentant 82 candidats aux législatives, il va seul aux élections sauf ses propres couleurs et sépare son financement de celui de Renaissance. Une façon peut-être d'enterrer le macronisme et de lancer des lignes pour 2027. -C'est le président qui a mis un terme tout seul.

Très bien. Ce que je veux c'est construire une nouvelle majorité parlementaire. Et je ne suis pas là pour refaire ce qui a déjà été.

Je suis là pour essayer de construire une base politique plus large avec des formations politiques qui n'étaient pas jusqu'à présent et qui n'avaient pas voulu rejoindre, et après tout, c'est leur droit, la majorité présidentielle. -Venons-en aux intentions de vote le RN et ses alliés à 36, légère hausse. 32 pour le RN, 4 % pour... -Et pendant ce temps-là, le RN bat la campagne.

Dans le Loiret, il y a deux ans, le parti d'extrême droite a remporté deux circonscriptions sur six. Mais au vu des scores aux européennes, le RN est persuadé de pouvoir faire mieux. Notamment ici, dans la cinquième circonscription, où ça s'est joué à quelques voix près. -C'est triste ce temps pour les commerçants. -Alors exit l'ancien candidat, on a envoyé un poids lourd.

Jean-Lin Lacapelle est un très proche de Marine Le Pen, un ancien député européen qui sait faire campagne. Est-ce que vous avez vu cette petite dame ? -Non ? -Non. -Alors, je vais la voir.

Faut voter. Allez, bon courage, madame. Merci.

Elle n'a pas voté aux européennes, cette dame. Mais elle va voter. Elle aime bien le Jordan Bardella.

Dans tous les bureaux de vote, Jordan Bardella est arrivé en tête. Il se passe quelque chose, les digues sont en train de céder, et je suis convaincu que nous allons créer plus qu'une surprise, nous allons remporter la majorité absolue. Enfin, il la faut, pour renverser le pays, le 30 juin prochain.

Mais vous savez, on était préparés, on a ce qu'on appelle le plan Matignon, on l'a dit depuis très longtemps, la dissolution est possible, c'est une hypothèse, gouverner c'est prévoir. Donc on s'était dit : "On se prépare, je suis membre de la commission d'investiture, cela fait six mois que j'y suis pour investir les candidats. J'ai une équipe de choc.

Ca ne plaisante pas. -Ce qui n'était qu'un vote de protestation est devenu un vote d'adhésion. La France rurale et périphérique pense que le RN est le seul parti qui peut améliorer leur vie. -Tout va bien ? -Oui, ça va. -Oui, il ne faut pas croire que c'est gagné non plus.

Donc il faut se déplacer. Ca c'est bien mobilisé. -Faut faire procuration, j'ai dit à beaucoup de monde : "Faites des procurations, allez-y." -Et si vous avez du mal à trouver quelqu'un on connaît pas mal de gens.

On a monté une structure pour faciliter les procurations. Les Français votent souvent... parce que sur le pouvoir d'achat, on apporte des solutions... -Il n'y a pas de pouvoir d'achat. -L'immigration, l'insécurité. -Voilà. -Mais on redresse le pays, on met des gens qui ne l'ont jamais été. -C'est ça.

Pourquoi se plaignent de plein de choses comme quoi ça ne va pas, mais ils n'ont jamais tenté ça. Et je leur dis : "Mais vous n'avez jamais tenté ça. Comment vous pouvez savoir que ça ne marche pas ?

Laissez-les au pouvoir, laissez-les passer, et après, vous pourrez juger." -C'est vrai. -"Essayez-nous", voilà le principal argument de campagne.

Car pour le programme, on reste évasif. Officiellement, c'est le même qu'en 2022, lors de la présidentielle, mais au fur et à mesure, Jordan Bardella renonce au programme renvoyant la mise en place des mesures phares aux calendes grecques. -Ca bouge un peu.

Ca va bouger un peu. -Les baisses d'impôts pour les moins de 30 ans ? -Nous le ferons dans le second temps. -La nationalisation des autoroutes qu'on a chiffrée à 50 milliards ? -Je vais devoir faire des choix. -Sur la réforme des retraites ? -Je veux avoir entre mes mains l'audit financier de tous les grands services publics de l'Etat et l'état réel des finances publiques avant d'engager cette réforme. -L'interdiction du voile dans l'espace public ?

Pourquoi vous voulez attendre ? -Madame... -Et la surprise est totale quand Jordan Bardella est très ferme et dit que s'il n'obtient pas 289 sièges, il pourrait refuser Matignon. -Il y a de moins en moins de programmes et de plus en plus de conditions.

Ca commence à ressembler à un refus d'obstacles tout ça. -On a vu le Rassemblement National reculer sur toute une série de mesures qui étaient présentées comme des mesures phares. Je crois que c'est aussi un des effets de la décision présidentielle... imprévue.

Il y avait une impréparation programmatique. -Alors, je ne pense pas que le fait que le RN ait un peu modifié son offre programmatique, en a un petit peu rebattu, a enlevé quelques propositions... polémiques, lui ait fait du tort.

Parce qu'au contraire, chez beaucoup de Français, et je l'ai vu dans des qualitatifs, c'est du genre : "Finalement, ils ne sont pas si radicaux que ça, ils ne vont pas faire ce qu'ils ont dit, de toute façon, c'est eux l'alternative, on ne les a jamais essayés, etc." -Sur le terrain, le discours n'a pas changé. Dans la première circonscription du Var, la seule du département qui ne soit pas tombée dans l'escarcelle du RN en 2022, le parti a dépêché Sébastien Soulé, un policier venu dérouler le traditionnel discours sur l'insécurité. -Là, ça fait partie des fauteuils ou les chouffes, c'est comme ça que ça s'appelle, se mettre en place pour annoncer l'arrivée des policiers.

Vous avez la loi des trafiquants de drogue qui agit sur tous les habitants. En ayant des peines plus conséquentes, avec une justice beaucoup plus ferme, je pense qu'on peut y arriver. Il faut que la peur change de camp. -Même sur cette terre promise pour le RN, des centaines de manifestants se sont mobilisés ici depuis quelques semaines contre l'extrême droite.

Alors, quand nous interviewons Sébastien Soulé, il se fait interpeller par une habitante mécontente. -Quand je vois ça, je pense toujours aux gens qui habitent ici, qui payent des fortunes, qui essayent de s'en sortir, qui payent des assurances. -Pas de récupération interne avec ça, je suis désolée.

Oui, ça brûle et ça, ça fait le jeu du Front National. Il faut arrêter de croire que c'est de la délinquance, etc. Ca arrive partout, je suis désolée. -C'est quoi, alors, pour vous ? -Je n'en sais rien, mais ça, ça fait monter le FN.

Il faut faire front au Front National. -Moi, sur la sécurité, je peux vous amener plein de solutions. Mais... -Lesquelles ? -Il faut...

Les multirécidivistes, par exemple, dont les familles touchent les allocations familiales et ne viennent même pas chercher leurs enfants. C'est normal ? -C'est les parents qui... -L'éducation, c'est pas les parents ?

C'est la police ? -C'est trop tard, madame. -Je suis pas d'accord. -Bonne journée. -Le RN souffre encore d'un effet repoussoir étant considéré comme un parti extrémiste par une partie de la population.

Mais un nouveau fait politique va apparaître durant cette campagne, l'union de la gauche va être diabolisée. -Emmanuel Macron semble aussi renvoyer dos à dos les deux partis RN et Nouveau Front Populaire. Les extrêmes, dit-il, dont les programmes, selon lui, pourraient conduire à la guerre civile.

Est-ce que vous reprenez cette expression ? -Durant la campagne, le camp présidentiel n'a eu de cesse d'apparaître comme le seul vote raisonnable et de renvoyer le Front Populaire au rang de parti infréquentable. -Il y a eu des termes très passionnels, encore une fois, c'est le mot qui ressort, comme celui de guerre civile me paraît assez tendancieux et grave, notamment pour un président de la République qui, je rappelle l'article 5 de notre Constitution, est le gardien des institutions, celui qui donne le cap, l'arbitre.

Donc, agiter ce terme-là, qui a beaucoup d'ailleurs angoissé nos partenaires étrangers, a sûrement un but électoral, qui finalement se retourne toujours contre celui qui l'emploie, parce que je crois que la plus profonde angoisse des Français, c'est de terminer plus divisés que jamais à la suite d'un scrutin électoral. -Donc Emmanuel Macron, il décide de renvoyer dos à dos les extrêmes, l'extrême droite, même si d'ailleurs certains dans son camp ont du mal à prononcer ce nom, il se plie au diktat du Rassemblement National qui refuse qu'on l'appelle en ces termes, et ce qu'il appelle l'extrême gauche, et il a un peu tendance à mettre dans ce vocable toute la gauche française, y compris François Hollande, donc ça en fait sourire certains. -Des éléments de langage repris par les ténors de la majorité présidentielle. -La seule chose que je sais, c'est que l'extrême gauche comme l'extrême droite sont aussi nocives pour le pays du point de vue économique comme des valeurs. -On n'a pas envie des extrêmes, de l'extrême droite, de l'extrême gauche, de leur projet de division du pays. -Je ne voterai jamais pour La France Insoumise ni pour le Rassemblement National, c'est clair ? -Mais cette stratégie va se montrer peu payante. -Est-ce que le RN peut avoir cette majorité absolue ?

Est-ce qu'il y a aussi un risque d'une assemblée ingouvernable ? Réponse dans quelques secondes. -Dimanche 30 juin, les résultats du premier tour tombent. -Et c'est le Rassemblement National et ses alliés qui arrivent en tête de nos estimations avec 34 % des suffrages, suivis du Nouveau Front Populaire, 28,1 %. -Conformément aux prévisions, le Rassemblement National est en tête, la projection en nombre de sièges est bleu marine. -Pour autant, rien n'est gagné et le second tour sera déterminant.

Il nous faut une majorité absolue pour que Jordan Bardella soit dans huit jours nommé Premier ministre par Emmanuel Macron. -Cris -La participation a été importante. Résultat, dans plus de 300 circonscriptions, ce profil des triangulaires.

C'est donc là que va être la clé du second tour. Très vite, la gauche appelle ses candidats arrivés en troisième position à s'effacer pour faire barrage au RN. -Nulle part nous ne permettrons au RN de l'emporter et c'est pourquoi, dans l'hypothèse où il serait arrivé en tête tandis que nous ne serions qu'en troisième position, nous retirerons notre candidature. -Nous allons faire élire Mme.

Borne ou M. Marleix. Est-ce que c'est... -Dans les 105 circonscriptions concernées ? -...facile pour moi de le dire ?

Franchement, je vous le dis, ça n'est absolument pas simple. Parce que je me suis battu contre les uns et contre les autres. Je l'ai fait, mais en ayant le sentiment aussi que nous étions adversaires, pas ennemis. -Au nom du front républicain, la gauche se retire dans plus d'une centaine de circonscriptions.

Mais au sein de la majorité présidentielle, la réciproque n'est pas évidente. C'est plutôt cinquante nuances de front républicain. Si le Premier ministre est sans ambiguïté... -Pas une voix ne doit aller au Rassemblement National.

Cela passera par le désistement de nos candidats dont le maintien en troisième position aurait fait élire un député Rassemblement National face à un autre candidat qui défend comme nous les valeurs de la République. Votez pour les candidats qui défendent la République. Je vous remercie. -...d'autres ténors de la majorité veulent un front républicain à géométrie variable.

Aucune voix ne doit se porter sur les candidats du Rassemblement National, ni sur ceux de La France Insoumise, avec lesquels nous divergeons, non pas seulement sur des programmes, mais sur des valeurs fondamentales. -Je combats le Rassemblement National, mais je ne vote pas pour La France Insoumise. Je ne vote pas pour La France Insoumise parce que La France Insoumise a pris des positions qui sont contre la nation française. -Ecoutez, moi je vais réagir à ce que vient de dire Bruno Le Maire parce que je suis, un, atterrée, et deux, extrêmement en colère. -On vous sent très émue ? -Très émue, parce que ça fait 10 ans que je vis dans une ville tenue par le Rassemblement National.

Et ce que vient de faire Bruno Le Maire, c'est un comportement de lâche et de privilégié. De privilégié. C'est hors-sol, c'est lunaire et c'est pas à la hauteur de l'histoire. -A l'Assemblée nationale, les 76 élus au premier tour font leur rentrée des classes.

La gauche... -On est tous unis, regardez, on arrive. -...dans toute sa diversité.

Et le Rassemblement National. Voici les trois premiers députés, parmi les 38 déjà élus. -Je vous préviens, j'ai le LCP qui nous suit.

Je préfère le dire. Ils nous suivent depuis quelques jours. On la refera la semaine prochaine avec tout le monde.

Il rit C'est ça. -Bienvenue. -Bonjour, messieurs, dames.

Je vous préviens, j'ai LCP qui me suit et il y a un micro. Voilà. -Des novices qui ne veulent pas commettre d'impair.

Et qui continuent de donner une image lisse et apaisée comme leur demande de faire Marine Le Pen. -MERCI. Musique -Selon le journal Le Monde, on compte au moins 185 désistements de candidats du Nouveau Front Populaire ou macroniste pour faire barrage au Rassemblement national.

La consigne de vote était claire... -Mais durant cet entre-deux-tours, le vent semble tourner.

Le RN apparaît de plus en plus comme un parti décidément différent des autres avec une polémique autour des binationaux. Une résurgence du thème de la préférence nationale. -C'est toujours inquiétant.

Donc on verra bien ce que ça va donner. Est-ce que les barrages vont fonctionner ou pas. Je croise les doigts. -Je trouve ça assez angoissant, comme vous le disiez.

La montée du RN me fait très peur. Je ne sais pas trop ce que ça va donner dans nos vies. -Et certains sympathisants de gauche optimistes se mettent à rêver d'un tiercé pas forcément dans l'ordre envisagé il y a quelques jours. -C'est très serré et par rapport au résultat final, il y a beaucoup de chances quand même que les filles, que le NFP puisse passer réellement et avoir une certaine majorité et avoir une influence. -Encore faudrait-il que le front républicain fonctionne.

Et il y a des circonscriptions où il doit être particulièrement puissant pour éviter la victoire du RN. En Eure-et-Loir, Olivier Marleix, le député sortant et patron des LR à l'Assemblée, a 12 points de retard sur le candidat d'extrême droite. Alors, il mise sur la proximité. -Bonjour, madame.

Marleix. Vous voyez Saint-Martin ? Je reçois tout le monde...

Toutes les semaines je reçois 15, 20 personnes quand il y a des problèmes, on s'arrange à les régler. -La candidate PS, arrivée en troisième position, s'est désistée en sa faveur. Un désistement qui ne lui a pas valu le moindre remerciement d'Olivier Marleix.

D'ailleurs, il a un discours ambigu sur le front républicain. -J'ai horreur de ces expressions de front, de barrage, de tout ça. Moi, je pense que chaque Français qui a des valeurs est capable de se positionner très clairement. -Et vous, est-ce que vous l'avez fait en 2022, par exemple ? -En 2022, oui, j'avais expliqué très clairement que mon choix n'était évidemment pas... que c'était non à Marine Le Pen.

Oui. -Vous avez voté Macron ? -Non. -Je crois que j'ai voté blanc.

Mais j'avais dit : "En tout cas, on ne vote pas Marine Le Pen." -Mais là... -En tout cas, on ne vote pas Marine Le Pen. -Vous aimeriez qu'on vote pour vous et pas blanc. -Les gens sont responsables, vaccinés.

Je ne peux pas croire qu'un électeur de gauche, entre le RN et moi, dise : "C'est bonnet blanc et blanc bonnet." -Oui, mais vous l'avez fait pour Macron et Le Pen. -Selon lui, être élu avec les voix de gauche ne veut pas dire prendre en compte les idées de gauche. -Parce qu'on nous parle d'une coalition, là... -Non, non...

J'ai rencontré des gens depuis, dans des collectifs, dans des quartiers, qui me disent : Mais est-ce que vous allez du coup venir et faire une politique, enfin essayer de faire un compromis sur..." Je dis : "Non, non, vous connaissez mes convictions, vous savez qui je suis, je suis de droite et je ne vais pas m'en excuser, mais d'une droite gaulliste, et voilà, je suis comme je suis." -En clair, Les Républicains s'opposent d'ores et déjà à toute participation à une coalition après les législatives.

Finalement, le front républicain fonctionne et contribue à faire baisser l'extrême droite. D'autant que quelques profils de candidats RN arrivés au second tour vont encore faire douter les électeurs. Une casquette de Waffen-SS dérangeante.

Une candidate qui se défend de racisme avec cet argument choc. -J'ai comme ophtalmo un juif et j'ai comme dentiste un musulman. -Un candidat inéligible car placé sous curatelle, jugé par la justice déficient mental.

Mais qui pourtant est autorisé à se présenter. -Je crois être en possession de tous mes moyens mentaux, j'en suis même certain. Et par contre, l'erreur vient de ce que je n'ai pas assez potassé le code électoral.

Musique -Il y a eu quatre ou cinq candidats qui sont passés sous les mailles du filet, je l'ai dit. -Mais il n'y a pas 80 candidats problématiques. -Non, il n'y a pas 80 candidats problématiques.

Ca, c'est l'argument de Gabriel Attal et de la majorité présidentielle. -Au dernier jour avant le début d'une nouvelle ère politique en France... -On ne sait pas quels seront ses contours, mais l'Assemblée nationale ne sera pas la même à l'issue du second tour des législatives. -La France retient son souffle alors que le RN est annoncé en tête dans tous les sondages.

Le résultat à 20 h 00 est une énorme surprise. -...inédite, inconnue.

Plus que quelques secondes avant cette première estimation de notre partenaire Ipsos Talent. Il est 20 h 00 et on découvre la nouvelle Assemblée et ce n'est pas le tiercé qui était attendu à l'issue du premier tour. C'est d'abord la gauche, le Nouveau Front Populaire qui arrive en tête avec 172 à 192 sièges. -La gauche arrivait en tête.

Ses sympathisants réunis dans le nord de Paris l'avaient à peine imaginé. -On ne voulait pas la majorité absolue pour le RN, mais là, enfin quoi ! -La gauche qu'on disait fracturée par les dissensions, renaît de ses cendres. -La rectification du second tour par rapport au premier tour, c'est un front républicain qui a très bien marché, c'est des reports de vote des électeurs de droite vers la gauche, de gauche vers la majorité présidentielle, de la majorité présidentielle vers la gauche, même s'il y a des intensités différentes, qui a très bien fonctionné. -Il y a beaucoup de responsables politiques, de droite notamment, mais aussi de gauche, qui ont refusé le front républicain.

Et c'était parfois un peu nouveau. On n'avait pas l'habitude de ça. En revanche, les Français, ils l'ont fait jouer.

Et ça, je trouve que c'est quand même une belle leçon de cette élection, c'est que les Français, ils ont dit non au Rassemblement National. Il y a beaucoup de candidats qui ont accepté de se désister, alors qu'au plus haut sommet de l'Etat, ça ne semblait pas évident pour certains et c'était assez désolant. -A la soirée électorale organisée par le RN, forcément c'est la douche froide.

De nombreux Français fondaient beaucoup d'espoir dans l'arrivée de Jordan Bardella au pouvoir, le seul considéré comme capable d'améliorer leur vie. -Ecoutez, les sondages nous mettaient en tête. Les sondages plaçaient Jordan Bardella en tant que Premier ministre.

C'est vraiment dur, je pense, d'affronter cette réalité-là, ce soir. J'ai envie de pleurer. -Un petit sentiment d'injustice, parce que je suis persuadée qu'on aurait pu gagner.

Mais il y a, comme il y a depuis des années et des années, ce barrage contre l'extrême droite qui nous affaiblit un petit peu. -On va batailler sur le terrain. Il y aura les municipales, il y aura les présidentielles.

Peut-être une autre dissolution, on ne sait pas. Mais en tout cas, on sera là. Applaudissements -Malgré la déception, le RN passe de 88 à 126 députés en 2 ans. 143 avec ses alliés LR d'Eric Ciotti et progresse encore dans tout le pays.

Le Rassemblement National s'approche encore un peu plus du pouvoir. Ce que certains ont vécu comme un sursaut pourrait n'être qu'un sursis. Musique Le lendemain des résultats, dans la ville d'Hénin-Beaumont, qui a élu Marine Le Pen dès le premier tour, on a le sentiment de s'être fait voler la victoire. -C'est vraiment catastrophique d'en arriver là.

Les macronistes sont arrivés en deuxième position, le RN en troisième position, alors que ce n'est pas du tout logique. Parce qu'eux se sont regroupés. Ce n'est pas de bonne guerre. -C'est partie remise ?

Est-ce que ça va changer quelque chose ? -Non, mais c'est surtout l'avenir. -On ne sait pas ce qui va se passer maintenant.

Donc on a peur. -Le maire RN d'Hénin-Beaumont, Steeve Briois, revendique, lui, un droit d'inventaire sur cette fin de campagne qui a coûté des points au parti. -Ce qui a manqué, c'est peut-être ce qui nous a valu cette campagne de l'entre-deux-tours avec des candidats qui n'étaient pas vraiment prêts, avec des erreurs de casting que la direction nationale aurait peut-être dû anticiper. -D'ailleurs, quelques jours après le second tour, le responsable des investitures au sein du plan Matignon a démissionné de ses fonctions. -Les conciliabules s'enchaînent à gauche pour s'accorder sur celui ou celle qui pourrait accéder à Matignon d'ici la fin de la semaine.

Musique Rires -Rentrer des classes dans la bonne humeur pour les socialistes. -Vous aurez pas tous le même accueil. -Dieynaba Diop est une nouvelle élue des Yvelines.

Elle a réussi à battre un candidat RN. -J'ai du mal à y croire. -Les montagnes russes. -C'est ça. -Les européennes et puis... -Ouais.

C'est ouf. -C'est ouf. Bravo. -Merci. -Les socialistes sont deux fois plus nombreux qu'à la dernière législature.

Mais au moment d'aller prendre la photo de tout le groupe... -Il y a une manif, apparemment. -Il y a une manif de gens qui crient : "PS ne vous mettez pas avec les insoumis, ne soyez pas antisémites..." -Bonjour. -On les ignore. -Les premiers ennuis commencent.

Certains manifestants leur reprochent leur alliance avec les insoumis. Cris -Mais pour les socialistes, la donne est claire, le gouvernement se fera dans l'union. Cris -Il y aura un gouvernement du Front Populaire, et puis il y aura ensuite une discussion qui se nouera au Parlement, texte après texte, et qui permettra éventuellement de nouer des compromis.

Mais je ne suis pas devin, et donc nous allons devoir avancer et traiter une situation complètement inédite de manière inédite. -Pour gouverner, il va falloir former des coalitions indispensables pour obtenir la majorité à l'Assemblée. Une pratique étrangère à notre culture politique.

Alors est-ce vraiment envisageable ? -Sur un papier, je peux imaginer un gouvernement Nouveau Front Populaire, sans les insoumis, macroniens et LR, la majorité absolue est absolument assurée. Mais comment imaginer que ça puisse s'opérer, s'enclencher et fonctionner ?

Et surtout, je le répète, répondre à la promesse du politique, améliorer la vie de nos concitoyens. -On a besoin de faire de la politique autrement. Et pour sortir l'Assemblée nationale de l'instabilité chronique qu'elle peut connaître, il faut vraiment repenser les choses.

Mais... je ne suis pas naïve et j'ai tendance à penser qu'on aura un peu de quatrième avant d'avoir la sixième dans la cinquième.

C'est-à-dire qu'il y aura une longue période d'instabilité où chacun jouera de son égo politique pour aller chercher une gouvernance, une loi clé qui marquera peut-être les esprits. Et peut-être que seulement après cette valse des gouvernements, on arrivera à réfléchir autrement, à proposer peut-être un peu plus de temps, un gouvernement plus élargi, etc. -Mais quel serait le candidat de la gauche pour être Premier ministre ?

Durant des jours, on nous promet un non. Socialistes, LFIstes, communistes et écologistes ne parviennent pas à se mettre d'accord. Une indécision qui laisse la place à des scénarios où la gauche ne serait pas au gouvernement.

Au sein du camp présidentiel, la constitution d'une majorité sans le NFP fait son bout de chemin. Avec pour acte I, Emmanuel Macron qui explique que personne n'a remporté les élections ou comment remettre en cause le statut de vainqueur du front populaire. Puis pour acte II, les ténors de la macronie. -Ce que je sais, c'est qu'un bloc aujourd'hui Nouveau Front Populaire ne peut pas s'élargir, ne gagnera pas un seul nouveau député.

Mathématiquement, idéologiquement, c'est absolument impossible. Donc les seuls qui seraient en capacité de s'élargir, c'est au sein du bloc central. -Si nous construisons une alliance programmatique sur une année, sur 18 mois, avec les centristes, l'UDI et Les Républicains, nous sommes capables de représenter une autre force politique alternative. -C'est au bout de dix jours que deux noms émergent des négociations de la gauche.

D'abord, Huguette Bello, présidente du conseil régional de La Réunion, soutenue par les communistes, mais dont les socialistes ne veulent pas. Puis l'économiste Laurence Tubiana, Ex-madame Accord de Paris sur le climat, la candidate des socialistes, mais qui ne fait pas l'unanimité. -Je tombe de ma chaise. -A ce point-là ? -Bah oui, puisqu'il s'agit de nous proposer une personne, contre qui je n'ai rien de personnel, que les choses soient claires, mais qui signait il y a quatre jours une tribune dans laquelle elle appelait à constituer une coalition et un programme commun avec les macronistes. -Les insoumis suspendent les négociations car un autre enjeu se profile pour les députés, l'élection du président de l'Assemblée nationale.

Cette fois, le NFP arrive à trancher. Leur candidat unique sera André Chassaigne, parlementaire communiste depuis 22 ans. -Notre bloc, si on peut parler de bloc, est arrivé en tête des élections législatives et qu'à ce titre, nous avons une légitimité collective pour présider l'Assemblée nationale.

On vous laisse digérer cette excellente nouvelle. -Merci. -L'enjeu est immense car cette élection, avec ses coalitions et ses désistements, serait comme un signal pour former la majorité.

Emmanuel Macron aurait d'ailleurs considéré que l'élection du locataire du perchoir donnerait la tonalité pour la nomination du Premier ministre. En lice, face à André Chassaigne, Yaël Braun-Pivet, candidate à sa propre succession. Naïma Moutchou, pour Horizons, Charles de Courson, pour LIOT, Philippe Juvin, pour la Droite Républicaine et Sébastien Chenu, pour le RN.

A l'issue du premier tour, André Chassaigne arrive largement en tête, mais n'obtient pas la majorité absolue. Restent quatre candidats au second tour. Les députés parlementent et la droite négocie des postes clés à l'Assemblée contre son désistement en faveur de la candidate macroniste.

Résultat... -Madame Yaël Braun-Pivet, 220 voix. -Yaël Braun-Pivet l'emporte et cette alliance de la droite et des macronistes va augurer de la suite.

La gauche s'annonce la grande perdante de ce premier round. Et pourtant, le NFP s'entend sur un nom de premier ministrable issu de la société civile. Lucie Castets, elle a 37 ans, est énarque, fondatrice d'un collectif pour la défense des services publics et spécialiste de la lutte contre la fraude fiscale. -Les résultats des élections sont absolument clairs, c'est un rejet de la politique du gouvernement sortant, et c'est la demande d'une nouvelle orientation politique, d'une rupture pour le pays.

Je suis prête, nous sommes prêts. Je demande maintenant au président de la République de prendre ses responsabilités et de me nommer Premier ministre. -Pas emballé, Emmanuel Macron joue la montre. -Trêve olympique et politique. -Et les Français s'offrent une parenthèse enchantée.

Mais l'effet JO passé, la candidature Castets se pose à nouveau. Le président reçoit à l'Elysée les différentes forces de l'Assemblée. Mais du centre à l'extrême droite, tous ressortent avec un même mot d'ordre. -Le Nouveau Front Populaire a positionné aujourd'hui l'extrême-gauche aux portes du pouvoir.

Nous avons donc indiqué que nous étions évidemment en faveur d'un vote d'une motion de censure. -Rien n'y fait. Même quand Jean-Luc Mélenchon propose un gouvernement Castets sans ministre LFI, Emmanuel Macron considère qu'un tel exécutif n'aura jamais la majorité à l'Assemblée et ferme la porte à cette option. -Au nom de quel droit divin il y aurait une possibilité pour des gens qui ont perdu les élections d'expliquer qui gouverne et qui ne gouverne pas ? -S'en suit une valse de noms, parmi lesquels émergent Bernard Cazeneuve, Thierry Beaudet ou Xavier Bertrand.

Jusqu'au 5 septembre, ou après 7 semaines d'attente depuis les législatives, c'est Michel Barnier, une vieille figure de la droite, qui entre à Matignon et annonce des priorités avec un gouvernement bien plus à droite que le précédent. -Je pense à la sécurité au quotidien. Musique Je pense aussi à la maîtrise de l'immigration.

Je pense évidemment au travail. -Un alliage de macronistes et de LR que le RN promet pour le moment de ne pas censurer dans l'hémicycle. Mais une alliance sans majorité en réalité.

Une question se pose : combien de temps cet attelage pourra-t-il résister face à une Assemblée nationale bien fragmentée ? Musique

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