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Autre28 minutes - ARTE· 5 août 2026 46 minMixte

Feurat Alani, “Nanterre avant l'orage” / US Army : un géant impuissant ? | 28 minutes | ARTE

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[musique] Bonsoir à toutes et à tous. C'est une vraie joie de se retrouver comme chaque soir de l'été près du pool house de 28 minutes et je ne suis pas seul évidemment, je suis bien entouré par l'équipe du soir. Bonsoir chers amis.

Bonsoir. Tout va bien ? Oui.

Bon ben formidable. Et l'actualité et bien ce sont les États-Unis qui par la voix de Donald Trump menacent une nouvelle fois l'Iran de lourde voire de très lourdes frappe. Voilà une référence à la seconde guerre mondiale qui reste la dernière grande victoire militaire de l'US Armie.

Alors pourquoi depuis 80 ans les États-Unis n'arrivent plus à gagner leur guerre ? Quel impact ont ces échecs sur le reste du monde ? Nous en débattrons.

En fin d'émission, nous retrouverons ceux qui n'hésitent jamais à faire la planche dans la grande mer des chroniques, à savoir Isadora Dartial et Théophile Cossa. Alors au programme ce soir Isadora. Alors dans l'été à l'européenne direction la Lonie puisque c'est la pleine saison des festivals dans les cimetières.

Ah oui ben dites-moi on avait hâte en effet. Et vous Théophine ? Certaines de nos centrales nucléaires sont en ce moment en service minimum, voire même carrément en vacances à l'arrêt en cause la chaleur et la sécheresse qui nous empêche de les refroidir correctement.

Justement refroidir une centrale nucléaire. Je vous explique comment ça marche. Voilà, à tout à l'heure car avant cela, nous allons faire un voyage.

Alors attention, pas d'emballement, ce ne serait pas très loin. C'est à quelques stations de métro de notre studio parisien puisque nous partons pour Nanterre dont est originaire le journaliste Ferat Alani. Il est présent sur place d'ailleurs au moment de la mort de Naël lors d'un contrôle de police à l'été 2023.

L'occasion pour lui de raconter en BD la tension qui envahit la ville. Il est notre invité tout de suite dans 28 minutes. [musique] Bonsoir FA Talani.

Bonsoir. Alors vous êtes journaliste, hein. Votre bande dessinée Nanterre avant l'orage donc que vous avez écrit est dessiné par Ulis Grri et paru aux éditions Stenky.

Ça ça vient juste de paraître. Je vous présente l'équipe de 28 minutes. Bonsoir Paul Barcelone.

Bonsoir. Bonsoir. Bonsoir Julia Vest.

Bonsoir. Alors Fat Alan, on vous connaît parce que vous êtes grand reporteur. Vous écrivez, vous photographiez, vous filmez et puis parfois et bien vous allez sur le terrain de la bande dessinée.

C'est votre troisème BD. Qu'est-ce qui permet finalement un journaliste comme vous, même reporteur de terrain euh bah la bande dessinée ? Qu'est-ce qui permet d'exprimer justement davantage peut-être que de filmer ou de photographier ?

Bah la BD en fait c'est un média qui est lent et ça m'intéresse la lenteur surtout. Il y a du terrain en plus à l'intérieur, mais ce qui m'intéresse, c'est de d'essayer de porter un la focale sur le temps, le temps long. Et en l'occurrence sur cette histoire tragique autour de la mort de Naël, on a complètement oublié le territoire.

Moi, j'ai grandi là, je suis arrivé à l'âge de 17 ans, je suis pas né à Nanterre, mais j'ai vécu quand même une bonne décennie euh là-bas. Euh je voulais raconter euh les personnages qu'on oublie très souvent euh notamment quand il y a un traitement médiatique très fort comme celui de la la mort de Naël. Et ben on va parler de tout ça dans un instant.

Mais juste avant, on va voir pourquoi vous avez le profil idéal pour nous parler justement de cet événement et c'est Olivier Boucreux qui nous explique pourquoi. [musique] Ferat Alan, vous êtes auteur, journaliste et ancien grand reporter. Avec la bande dessinée Naner avant l'orage, vous revenez dans le quartier Pablo Picasso, là où vous avez grandi et où le jeune Naël a été tué.

Pour raconter ce que les images des meutes ne montrent pas, vous avez le profil idéal. Vous naissez à Paris en 1980 de parents iraakiens. Votre prénom Ferat vient de Lefrat, [musique] le fleuve de Falouja où votre père a grandi.

Opposant Protskis, emprisonné par Saddam Husen, puis réfugié en France, Amir [musique] Alani devient vendeur de cartes postales pour faire vivre sa famille. Un père tiseux, intellectuel, mort en 2019 [musique] que vous placerez au cœur de votre premier roman. Je me souviens de Falouja.

De quoi ai été sauvé en fait ? Et c'est quelque chose qui est presque de l'ordre de la psychanalyse he j'ai envie de dire. et l'écriture me permet d'explorer ça.

À 9 ans, vous découvrez l'Irak. Bagdad vit encore presque normalement malgré la dictature. Vous vous accrocherez à cette année 1989, preuve qu'un autre [musique] Irak a existé.

Lorsque les bombes américaines tombent en 2003, vous obtenez de votre école de journalisme l'autorisation de partir pour une durée de 6 mois. Vous y resterez 5 ans, gilet par bal caméras au point pour raconter la guerre [musique] au plus près des civils. J'essaie de donner une chair en fait à ce pays qu'on voit uniquement sous le prisme des morts et des de la morgue. [musique] Vous réalisez ensuite des reportages dans le monde arabe et un documentaire sur les enfants de Falouja avec le parfum d'Irak, récit graphique, autobiographique, né de tweet [musique] et adapté en websérie.

Vous redonnez à ce pays ses cafés, ses rires et ses habitants et recevez le prix Albert Londres en 2019. [musique] Des noms pour répondre à la plus grande question de mon enfance. Des noms pour me dire d'où je viens.

Le 27 juin 2023, [musique] vous vous trouvez chez votre mère à Nanterre lorsque Naël Merzou, 17 ans, est tué par le tir d'un policier lors d'un contrôle routier. [musique] Vous restez pendant les nuits de colère et racontez ce qui font tenir le quartier. Une femme de ménage, [musique] des associations, des sans-abris aidés par les habitants, des jeunes qui ouvrent un restaurant gastronomique.

Dans Nanterre avant l'orage, vous résumez derrière ces [musique] façades, ce sont des vies entières qui ont résisté. Des vies qui racontent bien plus la dignité que la misère. Voilà Fani donc cette nouvelle bande dessinée Nanterre avant l'orage.

Olivier Boucre le disait vous étiez là donc le 27 juin 2023 à Nanter la mort de Naël lors d'un contrôle de police. Pourtant dans cette BD vous allez pas mener l'enquête sur le pourquoi finalement et le comment de cette mort. Non, vous l'avez dit, vous vous intéressez aux habitants de la cité donc de Pablo Picasso avec ces immeubles si emblématiques de Nanterre.

Les Pablo voilà comment on les appelle. Pourquoi finalement aller vers ces vies ordinaires ? vous nous avez parlé tout à l'heure.

Bah l'enquête, c'est la justice qui la qui l'amène évidemment bien mieux que moi. Je n'ai pas les moyens de de la faire. Et ce qui m'intéressait, comme je le disais tout à l'heure, c'est raconter Naël autrement, raconter cette histoire avec le passé.

Ce qui m'intéresse, c'est pas l'étincelle, c'est la poudre qui a lieu avant et c'est pour ça que le titre Nanter avant l'orage, je l'espère explique ou montre qu'on va aller dans le passé. Ouais. Ce qui est intéressant, vous avez posé la question de la BD aussi, c'est qu'on peut mélanger les époques.

Donc je peux parler à la fois de ces tours que tout le monde connaît, elles sont emblématiques. Alors les Parisiens et franciliens, en effet, on peut passer devant d'ailleurs souvent voilà notamment quand on va au quartier de la défense. C'est ce que c'est justeé.

Voilà. Tout à fait. Et d'ailleurs, merci pour cette transition parce que ça me permet de raconter aussi cette particularité du quartier.

J'ai grandi dans une des tours et j'avais de chez ma mère la vue sur la tour Effel, sur le Montvalérien, sur la ville de Puto et sur la tour de la défense. Donc en fait pour un habitant de ce quartier, être entouré de richesse et ne pas y avoir accès et avoir une forme de ligne invisible psychologique autour du quartier, c'est quelque chose que j'ai vécu de l'intérieur et que je voulais raconter. On ne peut pas raconter Naner sans raconter Nael désormais.

C'est une histoire que je connais de l'intérieur mais qui est maintenant un récit national. Donc je voulais faire les deux. Elle faisait aussi d'Eldorado de de paradis ces tours là.

C'est tour c'est c'est cité Pablo notamment après les bidonvillees qui entouraient Paris il y a encore quelques années. Même si ces images là on les a peut-être oublié. Exactement.

Les bidonvilles de Nanterre, les plus grands bidonville de de France. Je suis allé à la rencontre de d'habitants du quartier qui eux ont vécu dans les dans les avant d'arriver vers les tours. Et c'est effectivement ce que vous disiez, c'était un paradis pour eux.

C'est étrange de le dire aujourd'hui. On voit les images bidonville parce que en fait on ne se rend pas toujours compte en fait véritablement de ce que c'était hein euh un bid quand on dit bidonville, un vrai bidonville à la place de du quartier de la défense de la boue par terre, il y avait de la boue, pas d'électricité, pas d'eau potable. Euh Abou Faisal, donc qui est un des personnages dans la BD me la raconte.

Euh, il nous emmène sur les lieux où ces bidonbiles existaient, remplacé aujourd'hui par des tours et par certaines parties du quartier d'affaires de la défense qui est le plus grand quartier d'affaires d'Europe. Euh c'est ça aussi en fait Pablo Picasso, c'est une mémoire, c'est une amnésie, c'est une une amnésie collective et je pense qu'on ne peut pas, vous avez dit pourquoi et comment on en est arrivé là. Je pense qu'on peut pas comprendre pourquoi et comment on en est arrivé là sans aller dans le passé.

Un petit exemple et je m'arrête là. Ce fameux Abou Faisal me raconte son rapport à la police quand il avait 10 12 ans déjà dans les années 60. On peut parler de 1961 et des massacres du 17 octobre 1961 où la marche démarre à Nanterre et cette personne aujourd'hui qui a 70 ans à l'époque a 10 ans et me dit avoir peur de la police avoir peur des ratonades comme il le dit.

Ça dit quelque chose, ça ne résume pas l'affaire mais ça dit quelque chose des rapports entre les habitants et la police aujourd'hui. Alors, on parlait justement de d'affaires judiciaire. Tout à l'heure, vous parliez d'affaires judiciaire concernant l'affaire Naë.

On va s'y pencher avec vous Juliet avec cette question simple. Où en est justement cette affaire Na ? Alors, rappelons les faits.

Tout d'abord, le 27 juin 2023, un adolescente de 17 ans, Naël Merzou, au volant sans permis est arrêté lors d'un contrôle routier à Nanterre. Après une course poursuite, il est tué d'une balle tirée à bout portant à travers la vitre latérale de son véhicule alors qu'il tentait de redémarrer après un refus d'obtempéré. La scène est filmée par un passant, le policier, hauteur du tir est rapidement mise en examen.

Sauf que 3 ans plus tard, aucun procès n'a encore eu lieu. Pourquoi ? Et bien parce que le débat judiciaire bloque sur une question centrale.

Le policier avait-il ou pas l'intention de libérer de tuer ? En juin 2025, les d'instruction renvoient le policier devant la cour d'assise pour meurtre. Mais il y a 5 mois, la cour d'appel de Versailles requalifie les faits en violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donnée.

Le parquet général et les partis civiles contestent alors et se pourvoient en cassation. Et au mois de juin, il y a donc quelques semaines, la plus haute juridiction du pays annule la décision de la Cour d'appel. pour l'heure.

Donc aucune date de procès n'a encore été fixée. Le débat juridique reste ouvert. Fera Talani, vous qui êtes allé sur place, que que vous disent les habitants ?

Est-ce qu'il parlent encore de Nail ? Et puis que pensent-il de ce long processus judiciaire qui prend qui dure depuis 3 ans maintenant ? Bah, vous l'avez bien dit, ça fait 3 ans et il a fallu 3 ans pour qu'on qualifie ce qui s'est passé.

Les faits, on les a. c'est on les a à travers cette vidéo qui dure 17 secondes. On voit ce qui se passe à l'image.

Moi je ne suis pas la justice. Je pas me permettre de commenter ce que fait la justice. Mais ce qui est sûr pour répondre à votre question, c'est que du point de vue des habitants, la justice est beaucoup trop lente déjà pour qualifier ce qui s'est passé.

Il n'y a toujours pas de date de procès et la colère, je peux vous le dire, elle elle est toujours là. Vous vous baladez dans le quartier mais même à Nterre et même ailleurs en France, vous voyez le le nom de Naël inscrit partout. Justice, le mot justice est souvent accompagné.

Donc il y a une véritable attente autour de ce procès dont on a même pas la date. Et symboliquement, je trouve que c'est dur à vivre pour les habitants du quartier. Et puis si on veut aller encore plus loin dans le symbole, je répète ce que disent les habitants, c'est que ce policier est millionnaire.

Il y a une cagnotte pour lui. Il est millionnaire, il y a pas de procès. Du point de vue du quartier, je peux vous assurer que c'est très difficile à à avaler.

En juin 2023, quand éclate les émeutes après la mort de de Naël, vous êtes sur place. Vous êtes le seul journaliste sur place. Quand vos contra vos confrères des chaînes infos vous appellent pour et bien avoir des images, les aider, vous refusez de les aider.

Pourquoi ? Oui, parce que je trouve qu'on s'intéresse à la banlieu uniquement quand elle brûle. Euh moi, j'ai essayé, je vous le dis en toute honnêteté, de entre guillemets raconter des histoires autour de ce quartier bien avant cette affaire tragique.

J'ai toujours eu des refus. Oui. Euh et donc quand j'ai commencé à recevoir ces appels, j'ai trouvé une question qui m'est venue à l'esprit en fait, je vais vous le dire de manière crue.

Je me suis demandé s'il fallait mourir pour exister. En fait, on m'appelle au moment où la vidéo sort, on voit dans ces 17 secondes Naël être tué à bout portant. Et on m'appelle à ce moment-là pour commenter quelque chose dont je n'ai pas encore euh la connaissance en fait, si vous voulez.

Donc moi, je commence à travailler et je pense que quand on est journaliste, même si je suis témoin à l'intérieur là, à ce moment-là, je mets ma casquette de journaliste, je n'ai pas le temps de parler. Je suis là pour travailler, pour récolter des témoignages, assister à ses révoltes. Ça c'est la première chose.

Et je dois vous le dire, il y a aussi une défiance et moi je le ressens en tant que journaliste vis-à-vis des médias quand ces médias ne se rendent pas dans ces bons lieux, quand elles ne brûlent pas. Et et c'est ça moi qui me écumé les terrains de guerre durant votre carrière de journaliste. L'Irak bien sûr, on en a parlé dont vous êtes originaire.

Gaza, vous êtes allé à Tripoli en en Libye. Est-ce qu'il y a des similitudes entre ces terrains de guerre là et ce que vous avez pu vivre parfois à Nterre dans votre quartier chez vous finalement ? Alors, je n'oserais jamais comparer les deux situations sur le plan de la violence.

En revanche, c'est plutôt sur le regard que je porte sur ces territoires, que ce soit Gaza, Kabou en Afghanistan, Bagdad ou Nanterre, ce qui m'intéresse moi, c'est d'aller voir les oubliers et d'aller voir les territoires qui sont dépints uniquement à travers le prisme de la violence et du pire jour. Mais il y a un avant et un après. Et donc quand je vais à Gaza, quand je vais en Irak, c'est pas du tout le même danger, on est d'accord, mais c'est la même démarche.

Ce qui m'intéresse, c'est les territoires perdus, les territoires en marge. En fait, la marginalité, j'ai envie de la remettre au centre et je pense que c'est aussi notre rôle à nous les journalistes. Merci beaucoup FA Alan d'être passé.

Je rappelle que vous avez écrit cette bandessinée avec eux. Ulis gris, Nanterre avant l'orage publié chez Stenkits. On va passer à notre débat.

Comment sortir de ce bourbier ? La même question s'est posée à des générations de militaires américains, que ce soit au Vietnam, en Irak, en Afghanistan, aujourd'hui en Iran, les États-Unis se sont enlisés dans de nombreux conflits sans en sortir vainqueur, mais en prétendant toujours être la meilleure armée du monde. Alors, pourquoi la première puissance militaire ne gagne-t-elle plus ces guerres ?

Quel impact pour le reste du monde ? Et que se passerait-il demain si survenait un affrontement avec Pékin ? Nous en débattons juste après la mise au point d'Amira Swedam.

À peine élu à la présidence des États-Unis pour son premier mandat, Donald Trump avait bien cerné le talon d'Achil de l'armée américaine. 9 ans plus tard, rien n'a changé. Censé être courte, la guerre en Iran dure déjà depuis plus de 5 mois.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, bien des guerres américaines se sont embourbé. Vietnam, Afghanistan, [musique] Somalie ou encore Irak. La suite, tout le monde la connaît.

L'Irak sombre dans le chaos et devient un bourbier pour les États-Unis. Le dernier soldat américain quittera le pays 8 ans après le discours triomphant de George W. Bush président américain de l'époque.

Face à ces enlisements à répétition, certains se posent désormais une question. Pourquoi les Américains [musique] ne savent plus gagner leur guerre ? C'est le cas de cet expert en stratégie militaire et vétérans du Vietnam.

À l'abri de la guerre sur son propre sol, pourquoi la [musique] première puissance militaire mondiale s'enliste-elle dans des opérations sans fin à l'extérieur ? S'agit-il de défaites politiques ou militaire ? Voilà et pour en débat de ce soir, nous recevons Alexandra Schwarzbord.

Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes directrice adjointe à la rédaction de Libération.

Votre livre lespin de Rhmaya est paru cette année aux éditions selon vous, les Américains croient qu'il suffit d'envoyer des bombardiers. Or, une guerre se gagne avec une intelligence tactique, des alliés et des buts bien précis. Sinon, dites-vous, on se retrouve pris dans un bourbier comme au Vietnam, Afghanistan, Irak et aujourd'hui en Iran.

À vos côtés, Didier Gro. Bonsoir. Vous êtes chercheur à la fondation pour la recherche stratégique.

Vous êtes spécialiste de la politique de défense américaine et ancien attaché militaire à Washington. Selon vous, l'armée américaine est conçue pour affronter un adversaire qui agit comme elle avec les mêmes normes, les mêmes procédés, le même cadre légal, mais face à un ennemi asymétrique comme Taliban, taliban afghan ou milice somalienne, le conflit vire facilement à la catastrophe. Et puis Jérôme viala Gfroid, bonsoir.

Bonsoir. Vous êtes docteur en civilisation américaine, professeur à sciences pot Paris. Votre livre les mots de Trump est paru chez Dallo.

Selon vous le Vietnam constitue l'échec fondateur de l'Amérique contemporaine depuis les interventions américaines reproduit souvent les mêmes erreurs. Une supériorité militaire incontestable mais une incapacité à préparer l'après-gerre et construire un orbre politique stable. Et pour entamer ce débat, c'est avec vous Paul et le chiffre du jour. 1150 milliards de dollars, c'est le budget record prévu pour la défense aux États-Unis l'année prochaine.

Plus 20 % en 2 ans budget militaire multiplié par 3 par rapport à à la Chine x 5 par rapport à la Russie. Des chiffres vertigineux, vous l'entendez justifiés notamment et on va en parler par la guerre en Iran. Pour vous donner un ordre d'idée, il s'agit de l'équivalent de la richesse produite sur tout un pays en Pologne notamment sur 1 an.

Peut-être Didier gros pour commencer. Euh malgré cette force de frappe, au moins la force de frappe des chiffres, pourquoi les États-Unis ne parviennent pas à engranger de victoire ? Est-ce qu'il y a une malédiction américaine ?

Je crois pas qu'il y a une malédiction du tout. Euh je crois tout simplement que il faut faire le distingo entre la puissance d'une part et la force militaire d'autre part. euh une force militaire, elle est conçue, elle est organisée, elle a elle a un emploi prévu euh essentiellement conventionnel pour le cas de des États-Unis comme c'est le cas le cas chez nous.

Elle peut s'adapter, elle l'a fait d'ailleurs par le passé, elle l'a fait malgré tout en Irak, en Afghanistan. Mais euh fondamentalement la guerre la guerre moyen au service d'une politique, donc au service d'une grande stratégie d'une stratégie. Donc infé, c'est le politique euh le responsable et infétique que l'on a ou que l'on a pas ou que l'on définit bien ou mal qui euh mène éventuellement à l'échec.

Euh et je ne parlerai pas de défaites parce que la plupart du temps les armées américaines ne sont pas défaites sur le terrain tactiquement, opérationnellement parlant, loin s'en faut. D'ailleurs, elles sont impressionnantes mais malheureusement elles peuvent s'en liser parce qu'elles s'en lisent parce que les objectifs politiques qu'on leur assigne sont trop souvent, pas toujours, mais trop souvent inatteignable. Mais j'ai revient la Groid, même chose.

Là, on parle de militaire ou de politique ou alors les deux sont intimement liés. Ben, c'est le problème, c'est cette différence entre des victoires tactiques et et puis des objectifs stratégiques. Et c'est vraiment ça qui est qui est qui est essentiel.

Et le problème c'est que la puissance est utilisée euh comme une politique finalement de en affaire étrangère et c'est pas du tout comme ça que ça devrait fonctionner. Ça devrait être en en en soutien en fait d'une stratégie qui devrait être claire. Et là et et notamment avec Donald Trump euh il y avait non seulement pas de stratégie mais des objectifs qui étaient quand même assez euh multiples.

Pas clair par rapport Alexandre Charzard, vous parlez de défaites militaires ou de défaites politiques quand on voit ce qui se passe par exemple en en Iran avec cet enlisement dont parlait Didier Gro. Ah bah là là je pense qu'on peut dire les deux mais en général sans aucun problème. Oui vraiment.

Et et je pense que le le cas de Trump est quand même très important parce que là on est quand même dans un cas atypique. Il y a eu jusqu'à Trump, c'était en effet des guerres qui étaient lancées qui étaient perdues, mais c'est c'était presque tout un pays. L'armée, le le le le politique, le militaire et le politique était plus ou moins d'accord.

Là, on est quand même sur un cas typique avec un avec un type qui ne qui ne qui ne connaît pas qui ne connaît pas le sujet. Il a lui-même jamais fait, il a pas fait son service militaire, il sait pas ce que c'est. Il est entouré de gens qui ne savent pas non plus, qui ne connaissent rien au sujet.

Pit exet son secrétaire d'état à la guerre hein, ça a été rebaptisé euh défense, c'est passé à la guerre. C'est un signe déjà, c'est un fou furieux, un fou furieux, un concentré de testostérone qui ne pense qu'à allerme le bien. Oui.

Oui, c'est ça. C'est il rêve de croisade. Et là, dans le cas qui nous qui nous occupe, je pense qu'il s'est passé un événement très important dans la tête de Trump, c'est le Venezuela. le Venezuela euh c'est Maduro donc voilà l'enlèvement de Nicolas Maduro euh en quelques heures.

Ça s'est fait en quelques heures avec zéro morts côté américain, je crois quelques morts euh vénézuélien euh euh et cubain peut-être. Et donc si vous voulez là en un claquement de doigts, il a fait tomber un régime et là Trump dans cette son espèce de folie narcissique s'est dit je peux faire ça n'importe où et sans avoir du tout la connaissance sans imaginer que le Moyen-Orient ça n'avait rien à voir avec le Vénus. Il y a tout même chose qui marque aujourd'hui Didier Gros quand on regarde la première guerre du golf.

On est en 1990 91 les États-Unis partent en guerre avec une coalition de 34 pays. Aujourd'hui ce n'est plus du tout le cas. Il n'y a plus de coalition.

Ça veut dire que sans alliés aujourd'hui, il est difficile tout de même aujourd'hui de vaincre aussi et de gagner. Il est généralement préférable d'avoir des des alliés, c'est certain. Et d'ailleurs, les Américains et militaires américains en sont parfaitement conscients.

Donc là, on a une situation très particulière. C'est vrai. Mais le cas que vous citez est très intéressant sur la Première Guerre du golf parce que c'est presque un contreexemple de ce que l'on est en train de décrire.

Il y a eu là une opération, une guerre classique, conventionnelle en fait euh armée contre armée où euh les forces américaines, parce que c'était principalement les forces américaines, il faut bien le reconnaître, forces américaines ont anéanti euh l'armée iraakienne et donc les buts ont été parfaitement atteints et y compris d'ailleurs le but politique était dire voilà le conflit cesse, les choses rentrent dans l'ordre. Elles sont rentrées dans l'ordre pour quelques temps, pas pas éternellement mais on a un contrexemple intéressant. Donc ça veut dire que lorsqu'on a des forces américaines qui sont engagées avec des objectifs militaires véritablement des sens militaires pour atteindre un objectif stratégique qui ne vise pas au nation building, qui n'est pas qui ne vise pas des aspirations de transformation de pays entiers et cetera, on peut y parvenir.

Voilà, la situation en Iran est encore un cas un cas particulier parce qu'il y a une grande stratégie mais il manque manque l'échelon entre la grande stratégie on y reviendra sans doute et le niveau tactique. On le voit aussi, on va voir l'échelon avec vous financier parce qu'il est toujours important notamment aussi quand on parle des États-Unis et c'est vrai que les États-Unis Julia ont été pionniers dans l'utilisation [grognement] bien d'une arme, c'est les drones en fait aussi très sophistiqué pendant des guerres récentes mais aujourd'hui et bien les États-Unis veulent tout simplement produire des modèles low cost comme ceux utilisés en Ukraine. Oui.

Souvenez-vous, en 2022, le chef d'Al-Qaïda, Alzawairi, considéré comme le cerveau du 11 septembre, est tue en Afghanistan par un drone, un drone de combat appelé le Reaper, utilisé par les États-Unis dans la guerre contre les Talibans. Il fait partie de ces familles de drones très sophistiqué mais aussi très cher pour Washington qui aujourd'hui veut réduire la facture, faire la guerre, d'accord, mais avec des drones low cost. Par exemple, au début de la guerre en Iran, en mars, ils ont utilisé pour la première fois le drone Lucas, produit en grande quantité et à Bakou et qui est une réplique en fait des fameux drones iraniens Shaed.

Pour rattraper son retard dans cette guerre des drones, le Pentagone a décidé aujourd'hui aujourd'hui d'investir avec le programme Drone dominance lancé par le secrétaire à la guerre Pitexet. À la fin de l'année dernière, les États-Unis adoptent la stratégie de la production de masse inspirée de la guerre en Ukraine. Résultat, 1 milliard de dollars pour acquérir des centaines de milliers de petits drones d'attaque locaust d'ici euh l'année prochaine.

Et puis pour vous donner une idée, un drone low costas donc utilisé récemment coûte environ 35000 dollars l'unité contre 30 millions pour un Reaper. He la différence quand même est notable dans la stratégie américaine. Jérôme Vielago 3, on voit que maintenant le prix des armes a une importance.

Oui, le prix des armes a une importance parce que en fait on est dans un gros changement par rapport notamment aux guerres précédentes surtout à l'époque du Vietnam, c'est que il faut que il y ait un coût humain minimal, c'est-à-dire qu'il n'y ait pas de troupe au sol. Et donc c'est cette idée aussi des Américains, notamment depuis la guerre du golf, la première guerre du golf, que la technologie va pouvoir régler tout et donner une victoire. Le problème c'est que très souvent il faut quand même des hommes sur le terrain et ça c'est quelque chose que la population américaine n'est pas prêt à sacrifier.

Le sacrifice du sang, c'est quelque chose qui qui ne qui ne n'est plus du tout à l'ordre du jour. Et il y a en même temps une une sorte de de sacralisation des troupes, notamment quand Pitex demande de l'argent, il le dit voilà si vous donnez pas c'est que vous trahissez les troupes. Alexandreb, cette histoire de drone est absolument passionnante parce que c'est vraiment un tournant un tournant et ça reboucle avec ce que vous disiez sur les budgets militaire parce qu'on voit que finalement toutes les grandes puissances sont en train de dépenser des fortunes dans le développement d'armes nouvelles et on voit qu'est-ce qu'on a vu ces derniers ces derniers temps que dans les deux grands conflits de de qui qui nous qui nous occupent depuis plusieurs mois la guerre en Ukraine et la guerre en Iran, ce sont les drones qui ont fait la différence jusqu'à au point que Vladimir Zelenski a été accueilli comme un sauveur, je crois que c'est aux Émirats arabes unis, hein, qui qui lui demandait de de les aider à à développer les drones.

Donc on voit que finalement et donc on revient sur notre sujet, la surpuissance militaire en l'occurrence que ce soit celle des États-Unis ou de la Russie n' n'est pas parvenue face à des à des à des des armes euh de aussi peu coûteuses et aussi peu technologiques que les drones, même s'ils sont appelés à devenir de plus en plus technologiques. Bah finalement ça ça ne marche pas. Alors on va on va revenir dans un instant mais on va parler justement de cette doctrine aussi d'homme au sol, notre archive du jour qui va nous ramener en 1993.

On est en Somalie. Les États-Unis lancent alors l'opération Restore H pour mettre fin à la guerre civile sur place. L'affaire se terminera en drame he pour les Boys et c'est comme un air de déjà vu.

Cette image diffusée par CNN renvoie l'Amérique vers ses cauchemars du passé. Ce pilote américain a été capturé lors d'un raid contre les forts du chef de guerre àid. Son avion a été abattu.

Il est blessé et ses ravisseurs le pressent de question. Que pensez-vous de cette opération ? Je suis un soldat, je fais ce qu'on me dit", répond le pilote.

Près d'un avion abattu par un missile solaire, le corps d'un autre pilote américain traîné par une foule déchaîné. Les casques bleus américains avaient lancé il y a de jours une opération d'envergure contre les lieutenants d'id. De nombreuses victimes parmi les Somaliens, mais aussi 24 arrestations dont trois proches collaborateurs d'id.

Ces affrontements les plus graves depuis 4 mois ont causé la mort de moins 13 casques bleus dont 12 Américains, sep rangers portaient disparus surage des hommes d'id. Et d'ailleurs, les États-Unis n'ont n'ont jamais vraiment quitté la la Somalie puisqu'ils continuent de bombarder régulièrement les rebelles, notamment les rebelles islamistes. Didier gros, est-ce qu'on peut dire qu'il y a là encore un bourbier et que finalement ces bourbiers, ces impasses militaires, les États-Unis ont tendance avec l'exemple somalien à les multiplier ?

Je vois pas que c'est forcément tendance à les à les multiplier. Ce que ce que je veux dire par exle si on prend le le cas de le cas de la Somalie qui cas emblématique euh très clairement on est là dans on utilise des forces militaires ce mandat au nuus mandat relativement fragile des forces militaires pour aller mener des opérations et face à un ennemi qui comprend d'emblé qu'il n'a aucune chance en affrontant frontalement cette force militaire et donc il va livrer un combat asymétrique. combat symétrique, c'est combattre au sein de la population et c'est le grand changement de paradigme que l'on voit depuis des décennies infiltrer la population, être dans la population et donc empêcher finalement la force armée largement supérieure de pouvoir faire son effet puisque sauf à éradiquer la population, ce que les Américains n'ont pas fait, vous n'avez aucune chance de de de pouvoir l'emporter et en fait on est là entre en fait une inadéquation totale entre les moyens militaires et les objectifs classiques des moyens militaires et les aspirations politiques et mais ce changement de paradigme en fait remonte euh à oui à l'aire du Vietnam à post post 2e guerre mondiale.

On est passé d'une longue période historique de guerre conventionnelle classique d'affrontement d'état à d'état armé à armée. C'est l'épopée napoléonienne jusqu'aux guerres mondiales bien sûr. Et aujourd'hui, franchement, depuis quelques décennies, la période contemporaine, sous l'influence de l'Occident, un Occident qui veut pousser son modèle, son modèle politique au reste du monde, et bien on s'est embarqué dans des aventures périlleuses, souvent dans des aventures pour aller changer des modèles, des modèles de société, des modèles étatiques et demander aux forces armées de jouer le premier rôle dans ce domaineel ce pourquoi elles ne sont pas conçues.

Jérôme Viel Ga il y a une spécificité américaine tout de même, c'est que les Américains n'ont jamais été véritablement attaqués. Alors à l'exception bien sûr de Perbore et de l'attaque du 11 septembre, mais c'est c'est à part mais il y a jamais les Américains mènent toujours des guerres à l'extérieur en fait. Oui, tout à fait.

Alors et ça c'est c'est quelque chose d'important parce que on voit la cette réalité là mais dans le récit qui est donné notamment par les présidents, il y a toujours cette idée d'une menace existentielle. Alors pendant la guerre froide, c'était évidemment l'Union Soviétique mais il y a eu alors le 11 septembre qui était une véritable attaque, mais finalement même pendant la guerre du golf euh Saddam Hussein était comparé à un véritable Hitler. Voilà.

Donc on avait cette menace quand même existentielle pour le monde et l'Amérique se voyait aussi comme elle elle projetait ses propres valeur hein. C'est ce qu'elle fait cet aspect messianique dont on parlait un petit peu plus tôt et c'est et le fait de de se battre pour la liberté du monde. Et on a quelque chose de très différent avec Donald Trump qui ne se ne fait plus des guerres pour la liberté pour le monde mais ni même pour la liberté des États-Unis mais qui fait des guerres pour démontrer la puissance sa puissance à lui comme la puissance fantasmée ou pas des États-Unis.

Alexandra Schwarzbod par rapport à tout ce qu'on se dit là est-ce que le dans la population le retour de de cercueil de soldats morts de soldats américains morts a une influence et une importance qui peut guider influencer la décision politique ? Bien sûr, ça c'est c'est certain et d'ailleurs c'est ce qui effrait le plus les autorités américaines, c'est de voir trop de cercueil revenir sur le sol américain. Alors ce qui est intéressant, c'est que contrairement à la guerre du Vietnam où vraiment là les cercueils malheureusement revenaient à à à très très nombreux et et ça ça a vraiment miné la société américaine, là il y a des morts et chaque mort est est en trop.

Mais c'est pas tellement ça euh c'est pas tellement par ce biais-là que les Américains se sentent concernés par cette guerre, c'est plus par leur pouvoir d'achat parce que il voi eux surtout euh que euh bah le le carburant le carburant et le prix du pétrole grimpe, flambe, l'inflation flambe euh alors que Donald Trump en arrivant leur avait dit que qu'il allait calmer tout ça et et c'est en ça qu'il se sentent concernés. Ils se sentent concernés bien sûr par chaque cercueil qui revient, mais le pouvoir d'achat, la hausse des prix du carburant, c'est ça qui les touche au premier chef et c'est ça qui inquiète le plus Donald Trump dans la perspective des élections de demi-mandat. Et un mot Didier Gros, justement, on en parlait tout à l'heure sur cette [raclement de gorge] doctrine euh zéro mort qui avait été établie par Bill Clinton.

Clairement, alors la question peut peut être un peu brutale, mais est-ce qu'on peut dire qu'on va gagner une guerre sans que des soldats meurent ? Non, mais je pense Non, non, je pense d'ailleurs que euh les Américains sont revenus aussi. C'était Oui, oui, en fait, c'était quelque chose qui était très présent.

Moi, je l'ai étudié à l'école de guerre euh c'est c'est à l'époque l'année 90000 zé guerre parce que le prisme technologiste américain est vraim comme ça a été dit est vraiment présent. Il l' toujours d'ailleurs, ce qui explique des dépenses euh sanctuaires en matière de défense qu' qu'ils essaient de corriger par ailleurs. Mais ils en sont revenus.

Néanmoins, évidemment, l'objectif américain, c'est de livrer un combat comme ils disent unfair, c'est-à-dire être toujours en position de supériorité systématique. Donc tout cela c'est valable quand vous êtes face à un ennemi symétrique ou dissymétrique. Par contre, ça n'est plus valable du tout lorsque vous êtes face à un ennemi asymétrique.

Asymétrique, par exemple, les talibans afghans, les miles somaliennes. Absolument. Mais et pour pour revenir un tout petit peu sur ce qui vient d' C'est tout à fait vrai depuis depuis une vingtaine d'années maintenant peut-être pas depuis une quinzaine d'années maintenant il y a une lassitude ce qu' les américains appellent fatigue une lassitude de la population américaine mais ça le l'administration de Trop en est consciente et c'est aussi le piège dans lequel elle est aujourd'hui.

Bien sûr Paul on parlait du conflit asymétrique. Il y a aussi dans dans l'esprit beaucoup de de beaucoup d'Américains la possibilité d'un conflit avec la Chine. C'est en tout cas l'ombre qui plane au-dessus de des relations entre la Chine et les États-Unis.

Aujourd'hui, la guerre est seulement commerciale. La question qui se pose est de savoir si un conflit armé pourrait éclater dans les prochains mois entre les deux pays. Le secrétaire d'état américain Marco Rubio semble jusqu'à maintenant repousser l'échéance. right now we would be against any sort of compelled or coerse change in status that point was made very clear in our meetings chines of delicate on entend Marco Roubio dire 20 à 30 ans pour l'échéance Jérôme vi la GFroid est-ce que ce conflit là États-Unis Chine il est réalisable évitable et possible peut-être avant alors le le problème C'est alors je suis pas spécialiste autant que Didier Gro mais c'est de d'avoir des conflits sur plusieurs terrain en même temps et notamment ce qu'on voit là déjà par rapport à l'Iran, c'est des problèmes de réapprovisionnement de des des missiles patriotes par exemple des des missiles de défense et et là c'est un des une des grosses questions qui se pose aux États-Unis qu'on voit chez certains spécialistes mais aussi dans les médias de savoir comment à l'heure actuelle les États-Unis pourraient euh effectivement rentrer dans un conflit même plus conventionnel parce que la la c'est c'est encore dans cette idée dont on parlait plutôt de cette de cette ubrice un peu de cette idée d'hyperpuissance et que finalement on peut tout faire et là les limites de la production même des missiles par exemple et des et des antimissiles ou alors Paul le disait pour l'instant cette guerre n'est que commerciale pour l'instant à l'extrême bord mais il est vrai que quand on voit ce qui se passe à Taïwan c'est là aujourd'hui par exemple à Taiwan c'est la journée de défense.

C'est là où les Taiïwanais s'entraînent pour éventuellement une invasion chinoise. Les États-Unis ont toujours dit qu'il viendraient en aide à Taïwan. Donc ça veut dire qu'il y aurait forcément un affrontement à ce moment là entre les plus grandes armées du monde.

C'est quelque chose aujourd'hui qui est dans la tête de tout le monde ? Oui et non. Euh d'abord avec Trump, on ne peut absolument pas savoir ce qui va se passer.

On ne peut pas savoir. Et par ailleurs, je pense que la Chine euh n'envisage pas de d'attaque militaires prochainement. C'est c'est beaucoup plus subtile que ça de sa part.

C'estàd qu'elle est en train euh de déstabiliser Taïwan par des fake news, par des opérations de déstabilisation. Elle aussi, elle mène des des exercices militaires dans la région euh pour faire peur, pour montrer qu'elle se qu'elle est capable euh d'étouffer euh l'île. Et et donc, je suis pas sûr que la Chine aurait intérêt à attaquer tout de suite.

La Chine là est dans une position hyper confortable. Elle voit les États-Unis en train de se décrédibiliser sur la scène internationale, en train de perdre leur crédibilité militaire. Vraiment, ils auraient tort d'intervenir tout de suite.

Là, ils sont là, ils sont au spectacle, ils regardent, ils étudient ce qui se passe et donc ils voient les failles, les faiblesses et les forces des uns et des autres. Et donc, franchement, ils n'ont aucun intérêt à intervenir tout de suite. Je juste vous demander une réponse rapide.

Aujourd'hui, s'il devait malheureusement y avoir tout de même cette confrontation, ce que nous souhaitons pas, mais aujourd'hui, au vu de ce qu'on a dit là depuis tout à l'heure et au vu de ce qui se passe en Iran aujourd'hui, est-ce que l'Amérique est capable de faire face et de gagner face à la Chine ? On peut jamais dire que n'est capable de gagner face à la Chine. Mais ce dont je suis certain pour avoir étudié le sujet très récemment, c'est que les États-Unis et les forces armées américaines notamment présentes dans le dans l'Indau-Pacifique et ailleurs ont aujourd'hui les moyens de faire face.

Elles ont les moyens de remplir leurs missions, leurs missions initiales parce que c'est parce qu'il faut bien comprendre que malgré ce qui se passe en Iran et ailleurs, la priorité absolue pour les États-Unis en général et pour les les forces armées américaines, ça reste la Chine. Donc don les forces armées américaines ne vont pas ne vont pas euh se perdre une partie de leurs moyens, ne vont ne vont pas consommer à outrance une partie de leurs moyens au cas justement où un conflit éclate. Même si je suis convaincu également que ni d'un côté ni de l'autre aujourd'hui, on a envie de voir un conflit militaire.

J'entends conflit militaire éclaté entre les deux puissances parce que le les mots du secrétaire d'état Rubio sont parfaitement clairs. Je pense qu'il résume parfaitement la position de l'administration de Trump et des administrations précédentes. Les enjeux sont absolument dramatiques, catastrophiques à terme et n'oublions pas qu'on a affaire à deux puissances nucléaires.

Change complètement la donne. Vra en effet. Oui, je vous le confirme.

En tout cas, merci beaucoup à vous trois d'être venus ce soir sur le plateau de 21 minutes pour débattre de ce sujet. Allez, dans un instant, il sera l'heure de retrouver les chroniques d'Isadora, Dartial et Théophile Cossa avec qui nous ferons une escapade européenne jusqu'en LTON où nous sommes invités à une fête dans un cimetière. Bah oui, nous on a les meilleurs plans de sortie de l'été à 28 minutes avant de nous intéresser aux centrales nucléaires impactées elles aussi par la canicule.

Nous verrons comment ça marche pour les refroidir. Mais avant cela, rejoignons Victor de Kiver, l'homme qui sait absolument tout et même les réponses aux questions les plus essentiel. Oui, d'ailleurs, il se produit dans les foir le weekend.

Et ce soir, dans vous moins bête, Jésus était-il un champignon hallucinogène ? Jésus était-il un champignon hallucinogène ? [musique] La question vous paraît farfelue et pourtant l'idée a été avancée très sérieusement en 1970 par un universitaire britannique bien installé dans le monde des études bibliques, John Marco Allegrot.

Pas un gourou en scandale mais un spécialiste reconnu des manuscrits de la mer morte et formé [musique] à Oxford. Dans un livre au titre presque sage, le champignon sacré et la croix, il lâche pourtant une bombe. Jésus ne serait pas un personnage historique mais le nom codé d'un ancien culte religieux. centré sur l'amanite tumouche, un champignon hallucinogène rouge à poids blanc. [musique] Selon Allégro, les premiers chrétiens n'auraient donc pas raconté la vie d'un homme mais dissimulé sous une couche de symbole bien épais les secrets d'un ancien rituel de fertilité venu de [musique] Mésopotamie.

Le fils de Dieu, une métaphore liée à la fertilité. La résurrection une expérience mystique sous substance. les visions, les [musique] miracles, les révélations, disons des effets secondaires.

Pour défendre sa thèse, à les gros joue les linguistes détectives. Il découpe les mots de la Bible et traque des racines communes entre l'hébreu, le grec [musique] et même le sumérien. Son idée, tout ce vocabulaire religieux cacherait en fait un ancien code lié à la fertilité, aux plantes [musique] sacrées et à son fameux champignon. problème pour la grande majorité des linguistes, ces rapprochements ressemblent moins à de la science qu'à une gigantesque partie de scrable mystique.

Le livre déclenche alors un tolé et sa carrière, elle ne s'en relèvera jamais vraiment. [musique] Fin de l'histoire ? Pas tout à fait.

Depuis quelques années, des chercheurs réexaminent le rôle possible des psychédéliques dans [musique] certaines religions anciennes. Non pour réhabiliter à gros, mais parce que l'idée d'expérience [musique] mystique, parfois chimique, n'est plus totalement taboue. Alors, Jésus était-il un champignon hallucinogène ?

Pas sûr, mais vous donnerez moins d'être. Merci Victor Dequiver, donc prudent si vous faites une petite fricassée ce soir. Voilà, je vous dis juste comme ça.

Allez, il est temps de les rejoindre. Enfin diront même certains Isador Dorcial et Théophile Kossa pour leur chronique on commence avec vous Isadora et on se met à l'heure d'été européenne comme chaque soir et on file ce soir vers la Lonie pour découvrir une célébration alors c'est pour le moins on va dire déroutante hein et oui car la Lonie où démarre la saison des Capous Vetski comprenez des festivals de cimetière alors non ce ne sont pas vos groupes de métal préférés qui jouent entre deux tombes ce sont c'est une pratique extrêmement populaire. En août, les familles convergent vers les cimetières où reposent leurs proches afin de nettoyer avec soin leur tombe pendant toute la journée.

Un pèlerinage qui n'a rien de mossade he comme notre toutin de novembre, mais on se réunit avec joie ici pour ce rendez-vous estival. Mais alors euh comment ça marche ? Alors alors imaginons que vous soyez Léthon Jean-Mthieu, un calendrier précis vous donne les dates du festival selon votre région.

Tout est réparti entre le mois de juillet et le mois d'août. Une fois qu'elles ont leur date, les familles voyagent depuis tout le pays vers le cimetière du village de leurs proches pour faire perdurer cette tradition qui trouve ses origines dans des rides païens la datent du 13e siècle. Alors une fois sur place et bien on ratisse avec soin le sable car on ne doit laisser aucune trace de son passage.

On taille les on ajoute des fleurs et pas le petit pot de bruyère en solo hein car les cimetières leson vous pouvez le constater sont bien plus verts que les nôtres. Ça ressemble plus à des jardins et des grands parcs. Une fois sur place, le cimetière s'active comme une ruche.

Des offices religieux ponctuent ses journées. On y chante des classiques laitons car oui, il y a une grande tradition de corale en laie et en piquenique aux alentours. Oui.

Oui. En famille avec les voisins, les gens du village, les cousins venus de loin. On mange, on parle, on réactive ensemble la mémoire du village.

Mais ça rappelle un peu en fait ce qui se passe au Mexique avec l'osia de l'osartos. Oui. Alors, en plus intime et en plein été pour le coup, mais effectivement c'est là aussi une fête qui va dans le sens de la vie en activant, en cultivant non seulement la terre, mais aussi le souvenir où on cultive doublement ses racines.

Alors, ce rendez-vous estival Laon a été documenté. Il y a des livres qui ont été consacrés à ces rituels. Je pense notamment à celui du photographe Martin Graz qui a suivi pendant 4 ans ses fêtes de cimetière et qui a flouté les frontières du temps en choisissant bien sûr le noir et blanc.

Et si en fait ce festival célèbre la cohabitation entre les morts et les vivants dans un temps précis de l'année, c'est qu'entre l'hiver et le printemps, on laisse ses ancêtres tranquilles. Mais pour Capuzveti, et bien tout le monde répond présent pour ce temps donc où recueillement rime avec socialisation et qui sait peut-être même avec rencontre de votre âeur exactement comme dans les fêtes de village. Exactement.

Donc on peut dire bon capuzvetski à tout. Voilà, c'est ça. Merci beaucoup Isador.

On va voir avec vous Théophile. On va rester, on va revenir en France avec une pause estivale dans certaines de nos central nucléaire. Depuis lundi, trois réacteurs sont à l'arrêt.

Quatre tournent au ralenti. La faute en fait aux canicules et aux sécheresses. Alors, expliquez-nous refroidir une centrale nucléaire, comment ça marche ?

Oui, temps calme pour certaines de nos centrales. Celle de Chaud par exemple dans les Ardenes est à l'arrêt. Un réducteur off à quatre nomes en Melle et quatre autres dans l'un la Drome et l'ISER en service minimum.

Alors pas de quoi couper le courant, il y a 57 réacteurs dans l'hexagone mais tout de même affecté temporairement la production d'électricité assurée à 70 % par le nucléaire. D'autant que ce ne sont pas les premiers ralentissements cet été. Pourquoi ?

à cause de la chaleur. Oui, mais surtout parce que nos fleuves et rivières souffrent. La buz et la Moselle, par exemple, ont un niveau très bas en ce moment car pour fonctionner, une centrale a besoin de beaucoup d'eau.

Et quand je dis beaucoup, c'est vraiment beaucoup hein, pour vous donner une idée, la population française boit environ 50 milliards de litres d'eau par an. C'est à peu près ce que consomme juste pour refroidir toutes les centrales de France en une journée. Ah oui, en effet.

Et toute cette vient d'où ? De ben de de nos fleuves dans ce salon. Alors non pas que.

Certaines centrales se situent sur le littoral et pompent directement l'eau de mer à quoi refroidir. Flamville par exemple. Les autres sont effectivement installées en bord de fleuve et de rivière.

Mais ce qu'il faut avoir en tête c'est que l'eau prélevée est le plus souvent restituée. Pour être concret, il existe deux types de centrales nucléaires en France. Les centrales qu'on appelle en circuit ouvert.

Pour celle-là, on prélève énormément d'eau, mais la quasi totalité est rejetée dans la mer ou la rivière. Alors certes un peu plus chaude et et un peu traitée he mais pas iradié, elle rentre pas en contact avec le combustible et puis il y a les centrales en circuit fermé. Avec ce système, on utilise 20 fois moins d'eau.

Par contre l'eau est moins restituée. Une partie s'évapore dans les grosses tours aéroréfrigérantes. Et quand il fait trop chaud, donc il y a des restrictions qui sont mises en place.

Ouais. Alors pas de panique hein, même avec les fortes chaleurs. La sûreté nucléaire n'est pas menacée nous dit EDF.

Le sujet c'est de plutôt de garantir assez d'eau pour tout le monde, agriculteur et cetera. et que l'eau rejetée dans les fleuves ne soit pas trop chaude. 26° max.

Au-delà, c'est très mauvais pour la biodiversité. Or, si l'eau est prélevé déjà un très chaude pour cause de canicule, le seuil des 26° est vite atteint. Dans ce cas, on réduit l'activité de la centrale.

Bon, alors en France, ça va, le parc nucléaire est important mais c'est pas la même partout. En Europe centrale, le Danube est en ce moment extrêmement bas. ou les centrales à de grosses conséquences sur la production d'électricité dans ces pays.

Encore un défi de taille posé par le réchauffement climatique pour les prochaines années. On en découvre presque tous les jours. Merci en tout cas à vous Tophine.

Merci mes amis à suivre sur votre série animée [ __ ] de chat puis l'élégant film. La prisonnière de Bordeaux qu'on à se dire une grande bourgeoise et une prolo derrière les barreaux. La question est posée par Isabelle Huper et Asvzi et forcément on a envie de connaître la réponse.

On ne tient plus en fait tout simplement. Bon nous on se retrouve bien sûr demain à 20h05 pour un nouveau numéro de 28 minutes. Tchus. [musique]

Feurat Alani, “Nanterre avant l'orage” / US Army : un géant impuissant ? | 28 minutes | ARTE · Pourquijevote