Conférence de presse du Président Emmanuel Macron et du Premier ministre d'Albanie, Edi Rama.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 11:00OuverteRéponse directe
Neuf morts en Ukraine : réponse de Poutine à la proposition de cessez-le-feu ? Faut-il des sanctions supplémentaires ?
- 14:00OuverteRéponse directe
L'UE est-elle équilibrée dans le dialogue Serbie-Kosovo ?
- 17:00OuverteRéponse directe
L'OTAN demande 5% du PIB pour la défense : l'Albanie peut-elle suivre ?
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[…] électricité de France et le gouvernement albanais représenté par le ministre de l'énergie, le signataire M. Rémy Rioux, directeur de l'AFD, M. [INAUDIBLE], vice-ministre de l'énergie, et M.
Olivier Moreau, chef de département commercial Electricité de France. Échange des parapheur. Signature d'un protocole d'accord entre l'AFD et le ministère du Tourisme et de l'Environnement de la République d'Albanie.
Le signataire pour la partie française est Monsieur Rémy Rioux, directeur général de l'AFD, et pour la partie albanaise, Madame Mirela Kumbaro, ministre du Tourisme et de l'environnement. Bonjour, et bienvenue de nouveau. C'est un honneur si particulier, mais aussi un sentiment exceptionnel de bien-être que dans ce bref laps de temps, le président de la République française a visité de nouveau l'Albanie et effectue une autre visite bilatérale, ce qui nous procure nous donne beaucoup de fierté, mais aussi une reconnaissance pour cette impulsion, cette forte impulsion de la part du Président de la République française à l'égard des relations avec l'Albanie qui entame une nouvelle ère inédite jusqu'à présent.
En effet, cette fois-ci, nous avons fait le bilan des travaux effectués après la première visite officielle historique du Président comme étant le premier, le premier chef d'Etat de la République française qui a visité l'Albanie. Nous avons continué de signer d'autres coopérations afin d'approfondir notre coopération dans les domaines désignés par l'accord intergouvernemental. C'est un privilège particulier pour l'Albanie d'avoir accueilli le sommet de la Communauté politique européenne, mais bien sûr, une responsabilité et un plaisir.
Conjointement avec le président et un groupe de pays, nous avons donné une impulsion à ce projet de la Communauté politique européenne pour aboutir à un point de consensus de la part de tous les pays membres. En effet, on est en train de créer une nouvelle substance dans les relations entre les pays européens. Je me réjouis que grâce à cette coopération, nous avons mis en place des chemins afin de faire venir l'excellence française en Albanie.
Hier, nous avons inauguré l'école 42. L'excellence française dans le domaine de l'innovation qui a déjà presque 2 200 dossiers de candidature, et je suis persuadé qu'après la visite du Président, il y aura encore plus de demandes d'admission puisque l'information de l'ouverture de cette école n'est pas encore répandue, ne s'est pas encore propagée. Nous avons des avancées par rapport à la réouverture du lycée français de Korça, une demande adressée au Président par la communauté francophone de Korça, et se trouve maintenant à la fin de l'étude de faisabilité et à la fin de la première étape des travaux, nous allons maintenant entrer dans une nouvelle étape, mettre en place les conditions pour entamer le processus de l'enseignement dans l'ancien bâtiment du lycée français, mais en augmentant la superficie afin de satisfaire tous les besoins.
Nous avons également, en Albanie...
Et maintenant il y a l'Agence française de développement, très active, cette agence. Cette agence est venu en Albanie grâce à l'incitation du Président afin d'aider l'Albanie dans son processus de reconstruction après le séisme. Son travail est remarquable pour la raison de l'eau potable dans la ville de Durrës, mais l'agence est ici afin de continuer à soutenir d'autres projets qui concernent l'énergie renouvelable et le tourisme durable.
Nous souhaitons consolider la relation dans le domaine de la gestion des eaux, où la France est championne de l'innovation, championne de l'expérience, et la France possède des sociétés, des entreprises qui opèrent dans le monde entier. Nous avons discuté aussi des déchets, de la gestion des déchets, et dans ce sens, nous sommes en train de travailler avec la France afin de rédiger un plan général pas seulement appuyé sur notre stratégie, mais aussi sur des pas concrets de travail dans le processus de négociations d'adhésion à l'Union européenne, c'est là qu'on situe un chapitre très important, et il nous reste beaucoup à faire. Si nous réussissons à avoir cette coopération avec l'excellence française, Ce sera une valeur ajoutée, et nous serons beaucoup à gagner.
Nous gagnerons beaucoup de temps. Nous avons discuté avec le Président de la possibilité d'impliquer la France dans la construction du chemin de fer entre Durrës et Příčina, et nous allons continuer la communication directe sur la concrétisation du souhait de la France. et finalement, je me réjouis, puisqu'il s'agit de quelque chose peut-être [INAUDIBLE], mais fort symboliquement, à mon avis.
Lorsque le Président est venu pour la première fois en Albanie, nous étions dans l'ancienne maison dans cette ville du dictateur Enver Hoxha, qui a été vidée, et on avait commencé les travaux de transformation en centre culturel, en résidence d'artistes albanais et internationaux grâce à la coopération avec la fondation bien connue [INAUDIBLE]. À ce jour, ça sera un plaisir immense d'accompagner le Président afin de visiter cette résidence en action, ce projet maintenant qui est concrétisé. La courbe de la transformation, de la mutation d'une résidence dégradée en une résidence qui confère de l'énergie à l'Albanie de demain reflète notre coopération.
C'est ça le but, c'est ça le rôle, c'est ça la valeur ajoutée que la France apporte dans notre coopération. Et nous sommes profondément reconnaissants. Monsieur, nous sentons la présence de la France si proche dans le processus d'adhésion, et d'autre part, la région a gagné un partisan, un partisan durable, fidèle dans tous les processus de la transformation, et pour traiter les moments difficiles, les enjeux qui ont besoin de solutions, mais aussi le soutien afin d'inclure la région dans l'Europe unie.
On est tous très reconnaissants pour votre engagement et pour votre visite. La seconde visite dans un délai assez court qui nous rempli le coeur, et qu'il faut vraiment travailler avec nous-même pour se rendre compte que ça ne sera pas une habitude que chaque 18 mois, on aura le Président de la République française ici en visite, mais qu'on va faire de notre mieux pour faire de l'Albanie, aux yeux des présidents de la France, une sorte de pays aligné avec l'histoire et avec le futur de la France. Merci.
Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre, cher Edi, Mesdames et Messieurs les Ministres, Madame l'ambassadrice, Monsieur l'ambassadeur, Mesdames et Messieurs. Merci, Monsieur le Premier Ministre, pour votre accueil très chaleureux hier, vos mots, hier comme aujourd'hui, et c'est pour moi un très grand bonheur d'être à nouveau là. Vous l'avez rappelé après la visite de l'automne 2023, votre visite du printemps 2024, Nous voici donc pour poursuivre et plusieurs de nos ministres ont également effectué des visites de part et d'autre pour scander cet agenda qui est à un niveau d'intensité inédit puisque je rappelle qu'avant l'automne 2024, il y avait eu 110 ans sans visites de Président.
Je veux commencer ici par vous féliciter pour votre réélection et les résultats, la confiance obtenue qui est importante pour vous, mais pour nous tous, parce que c'est aussi ce mandat qui va vous permettre de poursuivre l'agenda extrêmement ambitieux que vous menez pour le pays depuis tant d'années, et puis vous féliciter pour l'organisation du sixième sommet de la Communauté politique européenne et le premier sommet qui s'est tenu dans la région des Balkans. Merci donc pour pour cela, pour votre accueil mais aussi pour ce que nous continuons de faire ensemble. Car vous l'avez dit, la relation bilatérale, nous l'avons ainsi voulue et structurée à travers plusieurs ambitions.
D'abord, tout ce que nous avons lancé à l'automne 2024 et qui prend forme. Nous avons en effet ensemble décidé à ce moment-là d'une politique d'innovation et de coopération forte. J'étais heureux à vos côtés de pouvoir voir la première promotion de l'école 42 et la signature du plan d'action par nos ministres de la stratégie Green AI albanaise appuyé par la France, qui est un des axes importants de ce partenariat et donc ce qui avait été décidé à l'automne 2023 en la matière a vu le jour, en ce printemps 2025, l'école 42 est une réalité, les premières promotions arrivent et nous continuons de transformer les choses à vos côtés.
De la même manière, nous avions décidé d'avancer sur le lycée français de Korça et ce projet de réouverture que vous poursuivez, tout ce qui avait été décidé est maintenant fait. L'étude de préfiguration nous a été présenté et nous allons continuer d'accélérer. En matière de coopération universitaire, le partenariat entre l'Université de Tirana et l'Université technologique de Compiègne devient une réalité et avance.
Nous avons ensuite décidé en avril 2024, quand vous êtes venus, d'un cadre de référence en matière économique, et les projets prioritaires se structurent gestion de l'eau, innovation, tourisme, agriculture avec plusieurs acteurs français qui m'accompagnaient il y a un an et demi et qui aujourd'hui sont en train de déployer des projets parmi vous. Et puis, vous l'avez rappelé, les projets culturels qui nous tiennent à coeur la Vila 31 où nous irons tout à l'heure et des coopérations multiples. Tout ça pour dire que nos déclarations passées devant vous sont devenues des réalisations présentes.
Nous avons également avancé sur les sujets de défense et c'est là aussi extrêmement important. Nos ministres ont signé hier des accords et partenariats très structurants et nous allons poursuivre dans tous les domaines, capacitaires comme opérationnels, et les coopérations en terme d'exercice sont très bonnes. Radars de surveillance, coopération en termes justement de structuration aérienne.
Au delà de ça, nous avons décidé ensemble aujourd'hui de poursuivre et d'avoir donc davantage d'acteurs français présents dans les infrastructures, la gestion de l'eau, des déchets, d'avoir davantage de présence à vos côtés dans les projets extrêmement structurants que vous souhaitez poursuivre pour toute la région. Vous l'avez dit, et je partage totalement cet agenda très pragmatique qui est le vôtre, très ambitieux. Et la France sera donc à vos côtés à travers ses capacités de financement et à travers aussi ces grands opérateurs et acteurs industriels.
Enfin, l'Agence française de développement, vous l'avez dit, vous accompagne. Plus de 300 millions de projets ont été déployés. Et qu'il s'agisse en effet, là aussi, des projets d'urgence, de l'énergie, du tourisme durable avec pour cible la région de Korça, berceau historique de la francophonie en Albanie, nous continuerons d'être à vos côtés, et ce qui a été décidé dès l'automne 2023 se poursuit avec la même ambition.
Au delà de cette relation bilatérale et de tous ces projets, nous souhaitons, vous l'avez compris, aller encore plus loin et plus fort. C'est évidemment la place de l'Albanie dans l'Union européenne qui nous importe. Et je veux ici redire la conviction profonde exprimée lors de ma précédente visite, celle, au fond, de la réunification du continent européen pour faire face à nos défis communs.
L'Albanie montre le chemin. Vous avez accompli des progrès considérables ces derniers mois, marqués par l'ouverture de plusieurs blocs de chapitres de négociation, et je veux ici vous dire que d'abord, j'ai confiance dans ce que vous allez faire parce que vous avez obtenu ce mandat très clair, que l'avenir de l'Albanie est sur ce chemin, vers l'Union européenne, la modernisation dans tous les secteurs, les réformes ambitieuses que vous conduisez, et que derrière ces réformes ou ces blocs de négociation qui peuvent paraître très techniques pour nos compatriotes, il y a le chemin d'une aventure qui, elle, est très sensible, dont on reparlait hier soir, qui est ce chemin européen. Et la France sera à vos côtés pour vous accompagner sur ces réformes, mais surtout pour vous défendre et vous accompagner pour que vos mérites soient reconnus et que l'agenda soit tenu, parce que vous tiendrez le vôtre et donc nous tiendrons le nôtre pour que cette perspective de 2027 ne soit pas simplement une perspective, mais une réalité.
En tout cas, depuis le début de mon premier mandat, et en particulier aussi ce que nous avons en 2019 restructuré avec cette stratégie française pour les Balkans occidentaux, j'ai la conviction profonde de la destinée de cette région, et à cet égard, l'Albanie montre le chemin de manière remarquable. Et donc c'est aussi pour ça que je tenais à être présent au delà de la communauté politique européenne pour que nous ayons ce moment bilatéral. Mais pour redire ici aussi ma confiance dans les réformes que vous menez, dans le chemin que vous poursuivez et vous redire le soutien de la France dans cette aventure européenne qui va devenir une réalité.
Merci Monsieur le Premier Ministre pour votre accueil et merci infiniment pour l'amitié entre nos deux pays. L'amitié de la France nous honore et c'est un privilège d'être un ami de la France, pour être clair. Bonjour M. le Premier ministre, Valérie Leroux pour l'Agence France-Presse.
Neuf personnes ont de nouveau trouvé la mort en Ukraine dans une attaque russe. Alors, est-ce que c'est la réponse de Vladimir Poutine à votre proposition, enfin, à la proposition européenne et américaine de cessez-le-feu ? Faut-il dès lors, dès à présent, engager des sanctions supplémentaires contre la Russie, et demandez-vous aussi au Président Poutine d'agir en ce sens ?
Au président Trump ? Oui, Trump. Ecoutez, d'abord, je veux ici redire notre soutien au peuple ukrainien et à ses dirigeants après, à nouveau, les pertes des dernières heures.
Mais je voudrais ici vous dire que nous n'avons jamais eu de naïveté et que cela n'a jamais cessé. Et que les propositions de cessez-le-feu, dont je rappelle que c'est une initiative américaine, n'ont pas été respectées par le Président Poutine et ses armées. Et donc, les choses sont simples.
Nous, nous sommes aux côtés des Ukrainiens depuis le premier jour. Depuis 2014, avec des sanctions, un processus qui avait été fixé à Minsk qui est un format dit de Normandie où nous avons accompagné, et depuis la guerre d'agression massive lancée en février 2022, nous sanctionnons la Russie et nous sommes aux côtés de l'Ukraine. Un président a été élu par le peuple américain.
Il est arrivé avec une ambition salutaire : faire la paix. Et il a dit qu'il allait engager tout le monde pour faire la paix. Et c'était une déclaration importante, et les Etats-Unis d'Amérique doivent être respectés.
Le Président américain a d'abord fait une proposition de cessez-le-feu en février. Nous avons alors réagi en disant que le cessez-le-feu ne serait pas suffisant, nous devons avoir une paix robuste et durable. C'est comme ça que nous avons construit, dès le premier rendez-vous de Paris en février, puis par des rendez-vous successifs et un travail extrêmement intense avec le Premier ministre Starmer cette coalition des volontaires.
Mais c'est une proposition américaine, le cessez-le-feu. Elle a été ensuite agréée par le Président Zelensky, quoique agressé en mars 2025 à Djeddah. Depuis mars, nous attendons la réponse de la Russie.
Vous avez rappelé très justement les faits, c'est non. Puis réengageant tout cela encore dimanche dernier à Kiev, samedi dernier, pardon, à Kiev, il y a exactement une semaine, nous étions là avec le Premier ministre Starmer, le Premier ministre Tusk, le chancelier Merz, aux côtés du président Zelensky, nous avons rassemblé la coalition des volontaires, puis appelé ensemble le président Trump en disant que voilà, on est tous derrière le cessez-le-feu, on réengagera tous derrière une coalition des volontaires avec des garanties de sécurité, maintenant, il faut mettre la pression sur la Russie. Accord du président Trump, et c'est une force.
C'est une chance que nous soyons alignés. Là-dessus, la proposition du Président Poutine a été de dire : « Rencontrons-nous à Istanbul ». Le dimanche, accord du Président Zelensky.
Et aujourd'hui, qu'avons nous ? Rien. Et donc, je vous le dis, face au cynisme du Président Poutine, je crois, je suis sûr même, que le Président Trump, soucieux de la crédibilité des États-Unis d'Amérique, va réagir.
Parce qu'en fait, la proposition de cessez-le-feu, la proposition de rencontres à haut niveau, ce sont des propositions américaines. Elles sont importantes, et elles ne peuvent pas avoir une telle réponse. Nous, nous continuerons d'oeuvrer pour que l'Ukraine résiste et pour qu'il y ait des garanties de sécurité le jour où la paix sera signée.
Bonjour, bienvenue en Albanie, M. le Président. La première question, c'est pour vous.
L'Union européenne a montré ses inquiétudes sur l'action de la police du Kosovo au nord du pays. D'autre part, la Présidente, Mme Vjosa Osmani, pendant les travaux du sommet, a dit que l'Union européenne n'est pas toujours balancée, équilibrée, et est en train de pénaliser la partie qui est en train d'appliquer l'ordre constitutionnel. Qu'est-ce que vous pensez de ces critiques ?
Est-ce que vous pensez que l'Union européenne est en train de perdre la crédibilité dans le dialogue entre la Serbie et le Kosovo ? Maintenant, une question concernant vos réserves sur l'alliance militaire. Comment vous commentez le fait que l'alliance militaire [INAUDIBLE] le président Trump fait des demandes pour augmenter le budget de la défense à 5 %, est-ce que c'est juste pour des pays comme l'Albanie d'avoir des budgets et des contributions aussi élevées que les grandes puissances ?
Et la même question pour vous, Monsieur le Premier ministre, comment l'Albanie va réagir à ces demandes de Washington ? Est-ce que l'Albanie pourra affronter un budget de 5 % ? Alors sur votre première question, la feuille de route est claire et pour avoir passé beaucoup de temps sur le dialogue entre Belgrade et Pristina, l'Union européenne est légitime à demander qu'il y ait des avancées concrètes sur la question politique, les élections dans les communes où celles-ci n'ont pas été satisfaisantes, les questions de sécurité, le cadre d'ensemble, tout ça est connu et il n'y a rien de nouveau.
Et je pense que l'exigence, ce n'est pas la perte de crédibilité. Il faut sortir en quelque sorte d'un face à face qui va simplement bloquer la situation. Et donc je souhaite que dans les prochaines semaines, on puisse reprendre le dialogue, et avec Pristina, et avec Belgrade, puisque chacun des pays ont été confrontés à des difficultés aussi politiques, sociales pour pouvoir avancer, mais je pense que c'est très important pour toute la région.
Et donc, je pense que les demandes qui sont faites sont légitimes. Je pense qu'il ne faut pas laisser s'installer le fait qu'il y aurait un dialogue biaisé parce que ce n'est pas la manière correcte d'avancer sur ce sujet, il y a une volonté, en tout cas vous pouvez me faire confiance, je la porte, de pouvoir avancer parce que je pense que pour la sécurité de notre Europe, pour son unité, il nous faut faire ce chemin. Simplement, il est légitime d'avoir des exigences quand la situation est devenue instable.
Et je pense que ce n'est jamais une bonne idée quand on essaie de de diviser les lignes ou de mettre en doute en quelque sorte le processus. Voilà, donc on va avancer avec force, on va réengager, et nous allons, en particulier, aux côtés de nos partenaires européens, réengager pour que les choses puissent avancer en Serbie et au Kosovo. Sur l'OTAN et les exigences, la France, je pense aujourd'hui, a l'armée la plus efficace d'Europe.
Nous avons une armée complète sur laquelle nous avons réinvesti depuis 2017, avec deux lois de programmation militaire qui auront doublé le budget de nos armées, nous avons une capacité de dissuasion nucléaire, nous avons une autonomie stratégique dans tous les segments du jeu, ce qui est inédit en Europe, et nous avons une expérience opérationnelle là aussi inédite, sur des théâtres d'opération du Proche et Moyen-Orient à l'Afrique, et j'en passe. Nous sommes aujourd'hui à 2,1 % du produit intérieur brut. Nous continuons d'augmenter, et nous allons augmenter, j'annoncerai dans les semaines à venir des décisions pour l'année en cours et l'année prochaine, mais je n'ai jamais considéré que le pourcentage en produit intérieur brut était une fin en soi.
Ce qui compte, c'est d'analyser les défis qui sont les nôtres et d'avoir à côté de ça le bon niveau d'engagement. Ensuite, nous avons besoin tous de continuer à augmenter nos dépenses, pourquoi ? Pour renforcer notre autonomie stratégique, pour renforcer ce pilier européen de l'OTAN.
C'est une chance d'avoir les Etats-Unis d'Amérique depuis que l'OTAN existe. Elle porte environ un tiers de l'effort de défense de l'Alliance, en particulier sur son flanc Est, mais soyons lucides, nos alliés américains, de manière croissante, regardent ailleurs. Et donc, ils nous demandent de prendre davantage en charge notre propre sécurité.
Et c'est légitime. Mais donc ça ne se chiffre pas simplement en pourcentage de produit intérieur brut, et ça ne doit pas se traduire simplement en achat de matériel américain, parce que ça n'aurait qu'une conséquence : accroître notre dépendance à l'industrie américaine. Et donc il faut que nous, Européens, on investisse davantage pour nous former, pour recruter, pour certains pays, davantage, pour nous équiper davantage, mais aussi pour construire une base industrielle et technologique de défense européenne qui renforcera vraiment notre autonomie en complémentarité et en confiance.
Et donc, je vous le dis très clairement, l'horizon des 3,5 % du produit intérieur brut est un bon horizon pour les années qui viennent, mais il ne se fera pas en six mois et il doit se faire en ayant de la substance, de la cohérence. Et enfin, je rappellerai juste deux choses pour finir ma réponse à votre question. D'abord, c'est un pourcentage de produit intérieur brut, donc c'est un taux d'effort qui est proportionnel au PIB pour chaque pays, ce n'est pas un montant absolu.
La deuxième chose, l'engagement d'une armée ne se mesure pas à l'argent dépensé, mais aux noms qui sont gravés sur nos monuments aux morts et à celles et ceux qui tombent. Et je n'aime pas ce débat entre alliés qui ne regardent que les chiffres. Je connais beaucoup de pays dans notre Europe qui ont perdu beaucoup de soldats sur des théâtres d'opérations, ils s'étaient engagés à côté des autres, et ils méritent le respect.
Au moins autant que ceux qui dépensent beaucoup d'argent. Je voudrais dire que tout d'abord, nous avons avancé en fonction de l'engagement pris, en augmentant le budget, le pourcentage, afin d'atteindre les 2 % qui était l'objectif conjoint commun de l'alliance. Et depuis ces débuts, cela avait l'air improbable et impossible en considérant ce que vous avez dit, que notre budget n'est pas très conséquent.
D'autre part, nous avons des besoins à satisfaire, nous avons satisfait le contrat commun signé avec les alliés. Deuxièmement, il s'agit d'un moment exceptionnel qui a montré les besoins d'investissement, d'accroître les investissements. Nous souhaitons saisir ce moment afin de faire renaître notre industrie militaire, ce que nous avons déjà commencé à faire en saisissant les investissements pour la défense militaire, mais en ouvrant de nouveaux emplois, en créant des emplois, en augmentant les capacités de notre pays pour la qualification de la main d'oeuvre et ainsi de suite.
Mais il y a une chose qui est très claire à mes yeux. Maintenant, dans cet esprit de l'augmentation des pourcentages, il y a des entreprises de tous les pays de l'Europe qui nous demandent d'acheter, qui présentent les produits à vendre. Ils nous demandent d'acheter leurs voitures, leurs vélos.
Il s'agit de quelque chose qui atteste que ce n'est pas une question d'argent, mais de comment on utilise cet argent, avec quelle efficacité on utilise cet argent, comment cet argent que nous utilisons complète le panorama de tous les pays européens. La France constitue un cas unique, elle est dotée d'une armée de A à Z, capable de tout faire. Mais ce n'est pas le cas de l'Albanie.
On ne peut pas avoir une telle armée, et beaucoup d'autres pays se trouvent dans la situation de l'Albanie. On peut avoir une armée munie de A à Z, jusqu'aux armes nucléaires. Donc, il faut que nous soyons complémentaires dans le contexte général, et pour cette raison, nous avons besoin d'un plan bien réfléchi, bien coordonné, avec des procédures beaucoup plus claires pour tout le monde, mais aussi avec un gage d'efficacité dans la gestion de l'argent investi, de l'argent accordé.
Il ne faut pas que ça soit une question de budget, de gestion, de dépenses, sinon on aurait des dépôts plein de marchandises qui ne trouveront pas d'utilisation. Il y a encore quelques semaines, j'ai eu une conversation avec le président d'une des entreprises les plus importantes de la production militaire. Ce monsieur m'a dit : « J'ai visité un pays dont je tairai le nom, il ne se trouve pas en Europe.
Ce pays a acheté des armements, beaucoup d'armements, mais ils n'ont pas encore ouvert les paquets, ils ne les ont pas encore utilisés. Sur le papier, cela figure comme une dépense suffisante pour l'armée, mais il ne s'agit pas du renforcement de la défense. Donc je suis 100 % d'accord avec ce que Monsieur le Président a dit.
Il faut que nous soyons réalistes. Dans cette histoire, il faut envisager comment accroître les capacités, pas seulement les pourcentages, mais comment augmenter les capacités. Comment, dans quelques années, on pourrait avoir un système de défense plus efficace en Europe, plus complet, et comment réaliser des dépenses militaires afin d'acheter des armements par-ci, par-là.
D'autre part, il ne faut pas oublier que l'Europe ne peut pas être un territoire où il s'agit seulement d'armement et où on réfléchit seulement sur la guerre. Il y a d'autres choses qu'on devrait envisager parce qu'à la fin, lorsqu'il s'agit de l'Europe, il y a deux territoires à défendre : le territoire physique et le territoire de l'esprit. Si l'Europe perd son territoire, son esprit, alors la valeur de son territoire physique est dévalorisée et réduite.
Merci beaucoup.
Emmanuel Macron