Brexit - Plus que jamais nous avons besoin d'Europe
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15E. MacronFait
« Le peuple britannique a en effet pris une décision souveraine lors du référendum de juin 2016. »
- 0:30E. MacronFait
« Ce départ est un choc. C'est un signal d'alarme historique qui doit retentir dans chacun de nos pays. »
- 0:45E. MacronFait
« Je ne veux pas revenir ce soir sur les raisons de ce vote, et ça n'est d'ailleurs pas ma place ou mon rôle. »
- 1:00E. MacronFait
« La campagne de 2016 a été faite de mensonges, d'exagérations, de simplifications, de chèques qu'on a promis et qui n'arriveront jamais. »
- 3:00E. MacronChiffre
« Pour la France, cela signifie que 5 députés supplémentaires siégeront désormais au Parlement européen. »
- 5:30E. MacronFait
« On ne peut pas être à la fois dedans et dehors. »
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-E. Macron : Mes chers compatriotes, à minuit ce 31 janvier, le Royaume-Uni quittera l'Union européenne. Le peuple britannique a en effet pris une décision souveraine lors du référendum de juin 2016.
Cette décision, nous devons la respecter, et la France l'a toujours respectée. Ce départ est un choc. C'est un signal d'alarme historique qui doit retentir dans chacun de nos pays, être entendu par l'Europe tout entière et nous faire réfléchir.
Car en effet, pour la 1re fois en 70 ans, un pays quitte l'Union européenne. Je ne veux pas revenir ce soir sur les raisons de ce vote, et ça n'est d'ailleurs pas ma place ou mon rôle. Mais je me souviens combien la campagne de 2016 a été faite de mensonges, d'exagérations, de simplifications, de chèques qu'on a promis et qui n'arriveront jamais.
Il faut, là aussi, à chaque instant, nous souvenir de ce à quoi le mensonge peut conduire dans nos démocraties. Mais nous devons aussi, pour nous-mêmes, en tirer très concrètement les leçons. En effet, je crois très profondément que ce Brexit est possible, a été possible, il rentre en vigueur dans quelques heures, parce que nous avons fait de l'Europe trop souvent un bouc émissaire de nos propres difficultés, parce qu'aussi, nous n'avons pas assez changé notre Europe.
Plus que jamais, nous avons besoin d'Europe, soyons lucides. Face à la Chine et aux Etats-Unis, pour défendre nos intérêts, nous avons besoin de plus d'Europe. Pour réussir la transition climatique, nous avons besoin de le faire au niveau européen.
Pour réussir à nous nourrir, pour réussir à faire face aux grandes transformations migratoires, digitales, technologiques, nous avons besoin de plus d'Europe. Et donc, je vous mentirais ce soir à vous dire que l'avenir de notre pays pourrait se bâtir dans moins d'Europe ou un retrait. Mais je suis conscient que l'Europe ne pourra continuer d'avancer que si nous la réformons en profondeur, pour la rendre plus souveraine, plus démocratique, plus proche de nos concitoyens et donc plus simple aussi dans son quotidien.
Et que nous réussissions à rebâtir un projet européen plus clair pour vous toutes et tous, au fond, un projet où le désir de quitter l'Europe ne sera plus la réponse aux difficultés d'aujourd'hui, car je pense que c'est une mauvaise réponse. Alors, le Brexit a été l'objet de beaucoup d'approximations et d'exagérations et je veux ce soir vous dire quelles seront les prochaines étapes et les conséquences concrètes pour vous. Demain, de manière très pratique, rien ne changera dans nos relations avec le Royaume-Uni.
Durant toute l'année 2020, nous vivrons ce qu'on appelle une période de transition, c'est-à-dire qu'on pourra voyager, exporter, commercer, pêcher, exactement comme avant. Vous ne vous réveillerez pas demain matin avec des règles différentes pour votre quotidien. Il y aura un changement, il est institutionnel.
C'est que dès demain matin, le Royaume-Uni ne participera plus aux décisions européennes. Pour la France, cela signifie que 5 députés supplémentaires siégeront désormais au Parlement européen et remplaceront certains des députés britanniques qui viennent de quitter ce Parlement. Je veux aussi dire à nos concitoyens français vivant au Royaume-Uni que leurs droits seront maintenus, préservés, défendus, qu'ils le sont et que nous avons garanti, dans cette période de transition, évidemment, toutes les règles qui leur permettent de continuer leur vie normale et leur activité.
Je veux aussi dire à tous les Britanniques qui vivent en France, parfois depuis tant et tant d'années, que là aussi, demain matin, les choses ne changeront pas pour eux. Ils sont en France chez eux, ils le sont aujourd'hui, ils le seront demain. Il y aura malheureusement quelques conséquences très pratiques.
Ils ne seront plus citoyens européens, et pour ceux qui n'ont pas demandé la citoyenneté française, ils ne pourront plus, par exemple, faire partie des listes aux prochaines élections municipales. Mais ces conséquences sont très réduites. Ensuite, il nous faut préparer la relation future.
En effet, nous devons bâtir avec le Royaume-Uni notre relation de demain. C'est tout l'objet de la négociation qui va commencer. Et pour cette négociation, nous resterons unis, à 27.
Nous aurons un négociateur, et je suis profondément attaché à ce que, durant cette négociation, nos intérêts, c'est-à-dire les intérêts de nos pêcheurs, de nos agriculteurs, de nos industriels, de nos chercheurs, de nos travailleurs, de nos étudiants, soient maintenus. Mais il y aura une règle simple. Ce partenariat que nous allons bâtir avec le Royaume-Uni, c'est un partenariat que je souhaite le plus proche possible, le plus solide, le plus durable, mais ce ne sera pas la même chose que la relation que nous connaissons depuis quelques décennies.
On ne peut pas être à la fois dedans et dehors. Le peuple britannique a choisi de quitter l'Union européenne. Il n'aura plus les mêmes devoirs, il n'aura donc plus les mêmes droits.
Ainsi, durant les prochains mois, nous aurons à négocier ce nouveau partenariat. Je le veux fort, mais je le veux aussi exigeant, car je veux vous protéger, vous défendre, protéger l'unité de notre Europe, qui est indispensable. Néanmoins, au-delà de cette relation future entre la France et le Royaume-Uni, c'est une histoire longue, faite de sang, de liberté, de courage, de combats que nous avons en partage.
Et je ne les oublie pas non plus. C'est pourquoi notre relation bilatérale continuera à être forte. Nous célébrerons le 18 juin prochain le 80e anniversaire de l'appel du général de Gaulle à Londres.
Et les Français savent ce qu'ils doivent au peuple britannique, et nous ne l'oublierons jamais. C'est pourquoi, en matière de défense, de sciences ou de culture, nous continuerons d'avoir des liens forts bilatéraux, et je continuerai de les défendre. Je me rendrai prochainement au Royaume-Uni pour les entretenir et les renforcer.
Voilà, mes chers compatriotes, ce que, ce soir, en quelques mots, je voulais vous dire sur ce qui ne changera pas demain pour éviter les angoisses inutiles, mais sur ce qui va changer en profondeur dans notre Europe car un pays vient, de manière très concrète, de décider de nous quitter, et à minuit, nous quittera de manière effective. C'est un jour triste, ne nous le cachons pas. Mais c'est un jour aussi qui doit nous conduire à procéder différemment, à bâtir avec plus de détermination encore une Union européenne puissante, efficace, et qui parvienne à vous convaincre davantage et à retrouver le fil de cette histoire qui fait de l'Union européenne une aventure unique et à mes yeux irremplaçable.
Vive l'amitié entre le Royaume-Uni et la France. Vive l'Europe. Vive la République et vive la France!