Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se sont entretenus par téléphone, une première depuis 2022
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On va parler d'une autre actualité également, les présidents Emmanuel Macron et Vladimir Poutine qui se sont parlés hier pour la première fois, une première depuis septembre 2022. On va tout de suite aller retrouver Mathieu Cage. Vous êtes à l'Élysée pour BFM TV.
Mathieu, c'est une conversation qui a quand même duré plus de 2h. Oui, très longue appel entre les deux hommes, notamment parce que vous savez, il faut des interprètes des deux côtés, ce qui double le temps de dialogue. Et de toute façon, les appels avec Vladimir Poutine sont toujours longs aussi parce qu'il y avait ce qu'on pourrait appeler une astuce de la part d'Emmanuel Macron pour initier cet appel, ne pas parler en premier lieu de la guerre en Ukraine, mais parler du nucléaire iranien.
Vous savez que la Russie était partie prenante des accords sur le nucléaire iranien et le président russe veut garder un rôle dans la région si bien que Vladimir Poutine a accepté de décrocher son téléphone pour la première fois depuis presque 3 ans et de parler de ce sujet. C'est une façon pour la France, pour les Européens de ramener la Russie de Vladimir Poutine dans un dialogue avec eux. Vous vous en doutez, Emmanuel Macron a évidemment évoqué au passage la guerre en Ukraine, la nécessité d'incesser le feu, de négocier la paix.
L'Élysée reconnaît qu'il n'y a eu aucune avancée là-dessus, mais qu'il s'agit d'un travail sur le temps long. Alors, que va-t-il se passer ? Euh maintenant, c'est l'autre question.
Est-ce que euh Emmanuel Macron, est-ce que la France va réussir à renouer le lien ? Est-ce que Vladimir Poutine va préférer parler au président américain comme il le fait depuis un certain temps ? C'était là aussi un des enjeux de cet appel, ne pas laisser Donald Trump avoir le monopole finalement de cette relation avec la Russie.
Merci beaucoup Mathieu Coach en plateau pour en parler Patrick Sos du service international de BFM TV et Claude Blanche Maison. Je montre votre livre fragment d'un parcours aventureux. Bienvenue sur ce plateau, ancien ambassadeur de France à Moscou.
Qu'est-ce que vous en retenez vous de ce ce premier coup de fil depuis 2022 ? Le but c'était pas l'Ukraine au départ, on a bien compris, c'était l'Iran, mais quand même il a eu lieu Scoutfield. Ben je crois que le président Macron a saisi en effet une occasion, l'occasion que lui fournissait la situation iranienne.
C'est-à-dire que en tant que membre permanent du conseil de sécurité, il avait déjà averti d'ailleurs il y a quelques jours qu'il appellerait les autres membres permanents du conseil de sécurité à commencer évidemment par Poutine puisque Poutine est supposé pouvoir avoir exercé une certaine influence sur les Mola et sur l'Iran. Et l'influence qu'il doit exercer, c'est de dire à l'Iran s'il vous plaît restez dans le traité de non prolifération. S'il vous plaît, acceptez le retour des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique de de de Vienne.
Euh parce que sinon, évidemment, euh ça sera catastrophique. On ne pourra jamais vérifier que vous ne cherchez pas à obtenir euh la la bombe atomique. Et et je pense que en effet Poutine ne souhaite pas la prolifération nucléaire.
Aucun des membres permanents du conseil de sécurité ne souhaite la prolifération nucléaire. Mais la Russie a construit une centrale électronucléaire, donc civil en Iran avec des ingénieurs civils et par conséquent peut exercer une certaine influence sur l'Iran qui par ailleurs l'a aidé dans dans le conflit. Même si pour l'instant, pardon, mais c'est mal barré, le président iranien a donné son feu vert aujourd'hui à la loi qui suspend la coopération avec l'AE.
Donc ça va pas tellement dans ce sens. Alors effectivement, si c'est ça euh ça c'est raté mais il aura essayé et en essayant il se réintroduit dans la négociation avec l'Ukraine parce que de toute façon, il va bien falloir trouver une solution pour vérifier où en sont euh les les les travaux iraniens pour aller vers la bombe. En effet, alors il se peut que les frappes américaines n'ai fait que retarder l'échéance, mais à ce moment-là, il faut que les inspecteurs de LAAUA puissent aller voir sur place on en est et qu'on établisse une procédure pour la suite.
Sinon, l'Iran tombe dans la catégorie de de de la Corée du Nord, c'est-à-dire d'un pays voyou qui est en dehors de tout et qu'on peut en effet à ce moment-là frapper à merci. Vladimir Poutine qui a donc Emmanuel Macron qui a utilisé euh l'Iran pour également pouvoir dire un mot sur l'Ukraine. Là-dessus, on sent qu'on a pas tellement avancé.
Euh Vladimir Poutin qui continue à dire que ce sont les occidentaux qui seront responsables de la guerre en Ukraine et que tout accord de paix devra prendre en compte les nouvelles réalités territoriales, c'est-à-dire les 20 % qu'occupent la Russie. Désormais là-dessus, on n' pas tellement avancé et on sent pas qu'Emmanuel Macron a une très grande influence sur Vladimir Poutine. Non, mais il le savait ce que vous venez de détailler, c'est un copiercollé de la dernière conversation qui datait du 11 septembre 2022.
Et euh lorsqu'on a échangé avec certains diplomates hier, euh on a compris que l'objectif après euh ce point d'accroche euh iranien était euh de parler de la suite du conflit euh ukraino-russe et pas de revenir encore une fois sur les causes. Oui, mais avec Vladimir Poutine, vous ne pouvez pas éviter ça et ce qui fait que et bien l'entretien a duré 2 he Mathieu Kouach l'a expliqué à l'Ésée, c'est évidemment dû à ces ces traductions qui doivent venir mais au fait aussi que lorsque vous appelez Vladimir Poutine, vous êtes obligé de vous prendre, pardon hein pour le langage trivial, 20 minutes 30 minutes de discours et de monologue sur les causes profondes de la guerrier donc il a refait encore, c'est un passage obligé, il l'avait déjà euh comment expérimenté Emmanuel Macron lors de ses premiers appels juste avant et juste après la le début de l'agression russe en Ukraine. Donc Vladimir Poutine est revenu là-dessus.
Le fait est que Emmanuel Macron évidemment a opposé son désaccord sur ces causes-là et derrière on revient exactement au même point. C'est-à-dire que les Russes sont prêts à négocier mais à leurs conditions. Ils sont prêts à reprendre un dialogue mais pas à essayer de remettre une impulsion.
On se retrouve à peu près dans les mêmes conditions que lorsqu'on essayait de commenter ces tentatives de négociation entre Ukrainien et Russes à Istanbul. Et la Russie qui surtout intensifie ses frappes contre l'Ukraine. Peut-être qu'on peut voir un petit peu où on en est.
On parle de 20 % du territoire qui est donc désormais euh russe occupé par les Russes. On les voit là, c'est très clair, en en rouge. Oui, il faut qu'on mette un petit peu justement la lumière sur l'Ukraine parce que vous l'avez compris, on était pris par une autre actualité internationale.
Les bombardements se sont poursuivis. 7000 encore sur la ville de Kiev, mais également il y a eu un certain nombre de bombardements sur des infrastructures civiles. Là encore, on était très pris par la guerre des 12 jours entre Israël et l'Iran, ce qui fait qu'on n pas eu le temps de parler d'un bombardement absolument terrible sur un train un train de passagers.
Ça fait plus de 3 ans qu'on vous parle de cette guerre et très rarement on vous parle de bombardement sur les trains notamment train couchettes qui sont des ligne de vie véritablement pour l'Ukraine. Et bien là, la Russie n'a absolument pas hésité. Ça, ce sont les bombardements.
Oui, mais vous avez aussi une poussée véritablement. Vous voyez cette petite poche au-dessus de de Cark, c'est au niveau de de soumis, ça continue d'avancer. Ils arrivent encore à pousser à l'intérieur de l'Ukraine.
Ils arrivent encore à pousser. Même si de l'autre côté ça, ce sont les autres explosions que vous voyez euh comment euh ce sont des frappes ukrainiennes. Je montre un petit peu la la légende.
Il y a encore eu euh cette nuit sur euh sur un un dépôt de de comment de pétrole, une frappe ukrainienne, mais ça devient extrêmement difficile. Il y a toujours cette fameuse offensive russe de l'été qui n'en finit plus de se préciser. Et puis et puis il y a eu un mauvais signal qui est venu de Washington, c'est la suspension.
Alors, c'est plus symbolique pour l'instant que véritablement stratégique livraison d' Mais le Pentagone a fait ses comptes et a estimé en tout cas très officiellement que et bien les États-Unis manquaient de missiles patriotes. Les missiles patriotes sont des batteries de missiles qui sont chargées d'intercepter en fait tout ce qui arrive de Russie. C'est une décision qui prendra effet dans quelques mois parce que l'administration précédente s'était engagée sur un certain nombre de d'années.
En tout cas, ça ira jusqu'à l'année prochaine, mais c'est pas un très très bon signal pour les Ukrainiens.
Emmanuel Macron