Les Partis Pris : "E. Macron, les leçons d'une semaine folle ”, “En avion, désormais tout se paye...
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Face au parti prix Pascal Rou, vous restez autour de la table et c'est Dominique Moisi qui nous rejoint pour le parti prix international dans quelques instants. Mais c'est vous qui commencer route avec votre parti prix politique. Évidemment au terme de cette semaine folle, on se demande ce que peut sentir ou éprouver Emmanuel Macron.
Vous avez eu accès aux meilleures sources à l'Élysée qui vous permettent de nous décrire un peu l'ambiance euh qu'il y a aujourd'hui à la présidence. Oui, parce que en fait, on on évidemment, on s'est dit, on l'a dit hier sur ce plateau, c'était le renoncement hier avant-hier à une réforme emblématique du président de la République. Donc, c'est sûr qu'on avait envie de comprendre un petit peu ce que pouvait ressentir le président.
Et c'est vrai que du coup d'ailleurs, il a euh reçu aujourd'hui des députés euh qui étaient les artisans de cette réforme pour les rassurer, les réexpliquer et et on voit bien que euh il il y a cette atmosphère à l'Élysée qui est de dire attention, la réforme des retraites, elle doit exister, elle n'est pas morte, elle est nécessaire, c'est pour rassurer pas seulement ces troupes, mais aussi c'est les anciens électeurs d'Emmanuel Macron. Ça n'est qu'une pause. Ce ne serait qu'une pause.
Les les les c'est plutôt c'est il y a pas d'abrogation. euh elle est décalée, elle est décalée mais la nécessité profonde d'une réforme, elle existe toujours. Donc il y a une forme de volonté euh du pouvoir exécutif en l'occurrence de d'expliquer queen fait c'est pas de bon cœur qu'on fait ça.
Ça fait ça fait mal au ventre de le faire, mais c'est le prix de la stabilité politique et du coup il y a à Élysée une explication sur une forme de nouveau rôle du président qui n'a pas plus de fait majoritaire. Et dans le fond, on voit bien, il a perdu les élections, enfin, il a eu une majorité relative en 2022 et il a perdu les élections législatives de 2024. Bah finalement aujourd'hui, il y a la prise de conscience que ben c'est un président qui peut plus faire la même chose, qui peut plus être le même président que un président avec une majorité relative ou même absolue.
Et donc c'est un président qui donne carte blanche à son premier ministre qui n'est pas toujours d'accord mais qui dit qui pense que il est là pour pour la stabilité des institutions et qui se qui évalue et qui dit en fait si ça si c'était allé trop loin, j'aurais peut-être dit non mais ce que j'ai vu me permet de dire que c'est passable possible et que donc il faut comment dire privilégier la stabilité et qu'il n'a plus les reines en main Est-ce qu'il estime qu'il a, pardon pour l'expression, sauvé sa peau ? Écoutez, qu'est-ce qu'on qu'est-ce qu'on peut avoir comme information autour de cela ? Je suis pas sûre qu'il y ait le sentiment que la crise soit réglée, hein.
Je pense pas qu'on on puisse se dire à l'Élysée, non, ça y est, tout est derrière nous. Je pense qu'on se dit on a renoncé au 493, ce qui était une arme de l'exécutif. On a renoncé à la réforme des retraites, on l'a décalé.
Donc maintenant, c'est la responsabilité des autres. On peut plus dire que c'est notre faute. C'est important.
Et donc en fait c'est maintenant aux autres de se montrer adultes. On nous a demandé des choses. Donc maintenant il faut que les autres fassent des compromis à l'assemblée, arrivent à s'arranger entre eux et on pourra plus dire que c'est le président qui ne veut pas reconnaître la réalité, qui ne veut pas accepter le réel et cetera et cetera.
Donc je suis pas sûr qu'il ait le sentiment que tout est fini. Oui, il y a certainement le fait que s'éloigne un peu le spectre de la dissolution. H temporairement et certainement, mais je vous l'ai déjà dit ici, la démission n'a jamais été dans l'esprit d'Emmanuel Macron et ne et je pense ne le sera jamais parce que justement il pense que tous ceux qui ont évoqué cette démission et en l'occurrence ceux qui ont l'ont demandé et par exemple Édouard Philippe euh euh il pensent et et maintenant ça se dit de façon assez claire, c'est une atteinte aux institutions très importantes.
Alors, c'est la question que j'allais vous poser. Son état d'esprit vis-à-vis de ceux avec qui il présidait, enfin ceux avec qui dirigeait la France et qui se retourne contre lui d'une certaine man. Alors, vous savez, il les a reçus vendredi dernier hein, tous les partis.
Il leur a demandé qui veut la dissolution, qui ne veut pas la dissolution. Ils étaient là en face de lui. Ils se sont rien dit.
Et pourtant, quelques jours avant, l'un a dit "Je ne comprends plus le président." Et l'autre a dit, "Il faudrait qu'il démissionne dans 6 mois." ça monstres froid mais après un moment ça sort et ça sort dur ça sort bah il y a une forme defisation il y a une forme de de c'est c'est c'est la victoire à à comment dire à la gramchie de l'idée de la démission donc à des hommes aussi responsables que que ceux que dont on parle ce sont ce ce livre a a des dérives.
Donc c'est assez assez c'est assez sévère, c'est assez violent. le climat est sévère à l'Élyée autour de lui et et dans l'esprit là euh il y a un peu quand même une volonté de dire euh là euh il y a une ligne jaune qui a quand même été franchie mais c'est pas euh il y a une phrase qui est rapportée par là c'est vous savez dit-il à ses à ses à ses proches euh là où de là où je suis l'indifférence c'est ma meilleure compagne. En vérité, il est quand même touché.
C'est c'est normal. C'est pas du tout facile, hein. C'est pas c'est pas très agréable ce de se faire comme ça tacler par des des des ex-amis, des gens qui qui donc mais on on on fémine de de de penser que après tout ce sont les Français qui vont rendre lui pas lui rendre justice directement.
J'imagine pas quand même qu'il est qu' qu'il pense le président qu'il est populaire aujourd'hui, il le sait très bien, mais disons qu'il pense que ceux qui portent atteinte à la fonction seront sanctionnés par les Français par cette atteinte à la fonction parce que le président comme le maire sont deux mandats qui sont des mandats donnés par les Français. Et quand on on attaque entre guillemets l' président ou le maire, et bien on attaque l'institution et parce que ils sont votés, ils sont élus au suffrage universel direct et donc ils ont un mandat. Bon après euh on défend évidemment quand on dit "Mais je vous l'ai dit sur ce plateau." Ah ben quand même lui il avait pas été très tendre avec François Hollande, vous vous en souvenez ?
Bah on répond "Mais écoutez il a créé son parti, il a dit qu'il était pas d'accord et il est parti, il a quitté. Il n'a jamais manqué de respect directement à l'ancien président. Donc il y a il y a quand même une susceptibilité assez forte.
Il y a quand même une atmosphère de règlement de compte une fois que le pire est peut-être passé ou que le sentiment que le pire est passé aujourd'hui. Pascal, votre parti prix économique per ces éléments en route. Non mais c'est toujours intéressant aussi d'avoir des échos du château comme on dit parfois de façon un peu ironique dans la presse.
Pascal votre parti prix économique en avion c'est sûr plus rien n'est gratuit. Voilà, c'est un secteur qui a évolué, tout est devenu payant plus rien n'est gratuit. Alors, vous faites référence à la compagnie canadienne Westjet Jet qui introduit une option payante à laquelle je dois dire je n'ais pas pensé moi-même.
C'est une option payante pour l'inclinaison du siège passager. Vous savez quand vous prenez l'avion Air France ou une compagnie régulière historique en général vous pouvez incliner votre siège. Là donc ce serait proposé en option payante.
Alors c'est pas très étonnant parce que c'est le modèle du low cost qui est poussé à l'extrême. Pourquoi ? Alors il faut que je vous donne deux mots d'explication.
Le transport aérien, c'est une activité très particulière. Un, un peu comme le train ou l'hôtellerie, c'est une activité de capacité. Vous vendez des capacités et l'idée c'est de vendre le maximum de sièges, le maximum de ces capacités parce qu'elles se détruisent au fur et à mesure du temps.
Quand l'avion a décollé, si le siège est vide, il est complètement perdu. Et puis c'est une activité dans laquelle les coûts fixes sont très élevés et les coûts variables sont extrêmement faibles. Donc vous pouvez mettre du passage la location des créneaux dans l'aéroport, le carburant et oui, c'est ça.
Mais le coût variable, c'est aussi le coût qui consiste à embarquer 10 passagers de plus. Après tout, vous embarquez 10 passagers de plus, c'est pratiquement un coût nul et on est face à un modèle simplifié. Et donc, vous avez des compagnies lowcost qui vous vendent en réalité quelque chose de très simple. l'offre a été segmentée, elle vous vendre un siège dans un avion pour aller du point A point B.
Et c'est grâce à cette technique de la segmentation d'ailleurs qu'elle gagne de l'argent, qu'elles sont aujourd'hui pres prospères et et qu'elles parviennent à vous vendre le produit de base à un prix qui est très dégradé par rapport au reste du marché. Alors, c'est néanmoins un prix apparent puisque pour accroître leurs revenus, ces compagnies ont développé ce que les Anglais appellent eny revenus, c'est-à-dire, c'est une expression un peu barbare qui veut dire des revenus subordonnés, l'embarquement prioritaire, le choix du siège. Vous voyez, vous mettez pas une goutte de carburant en plus hein dans l'avion pour vendre ce genre d'option, les bagages en soute, le wifi payant et tout ça.
En effet, c'est pourquoi je vous ai parlé de prix apparent. À la à la fin du compte, ça fait un prix qui augmenté. Et la particularité de ce revenu, c'est que le chiffre d'affaires supplémentaire se transforme immédiatement en bénéfice puisqu'on n pas ajouté de coût de coût de production si vous voulez.
Et donc c'est un chiffre d'affaires qui devient immédiatement profitable. Euh voyez finalement le prix final le prix finalé par le consommateur est assez loin du prix qui est affiché quand vous avez des compagnies arène lowcost qui vous disent que vous pouvez aller à Milan à Barcelone pour 19 € faites le compte c'est pas tout à fait le prix payé le low cost dans l'histoire ça a été ce personnage qui s'appelle Michael Oliri qui a inventé Ryaner. Moi, j'ai connu Ryaner à ses débuts.
Ils avaient deux petits avions à Dublin et il faisait ce qu'on appelle l'essuieglace entre Dublin et Londres. Aujourd'hui, il transportent plus de 200 millions de passagers par an, c'està-dire beaucoup plus qu'Air France. Et ils ont un patron qui est un provocateur qui voulait à un moment circuler, faire voyager les voyageurs debout dans l'avion.
Il a même imaginé faire payer l'accès aux toilettes. Alors, dans les deux cas, c'est tout à fait interdit par le règlement de l'aviation civile, mais il le savait parfaitement. simplement c'était de la communication pour rappeler que chez lui, chez Ryaner, c'était beaucoup moins cher qu'ailleurs.
Et puis le modèle a prospéré, il s'est développé dans le secteur du ferroviaire. Regardez le succès de Wigo. Aujourd'hui, vous avez des cabines qui sont densifiées, des bagages qui sont payants, même la prise électrique est payante.
Et donc pour le voyageur, bah le prix le prix est devenu un élément essentiel, mais le voyage s'est démocratisé. mes parents et alors plus forte raison mes grands-parents ne prenaient pas l'avion mais mes parents prenaient l'avion. C'était un service de luxe.
C'est devenu une commodité aujourd'hui. C'est la raison pour laquelle en réalité le prix apparent affiché doit être un prix extrêmement accessible. Dominique, votre parti prix international.
J'en profite pour dire un mot. D'abord, on la boucle est bouclée par rapport au début de l'émission où on s'interrogeait sur cet appel Trump Poutine. Bah résultat, rien de neuf.
Visiblement, même si Donald Trump parle d'importants progrès, de fait, il dit "On va se rencontrer bientôt à Budapest pour mettre fin, je cite à cette guerre plus glorieuse, mais il ne dit pas en quoi il y aurait eu d'importants progrès. Nous avons parlé de commerce avec la Russie, nous avons parlé de la paix au Moyen-Orient. Il m'a félicité, mais visiblement encore une conversation pas beaucoup d'avancé.
Dominique, votre parti prix international, on a des nouvelles de Bachar Elassad, de sa retraite à Moscou et vous nous parlez de l'étrange nouvelle vie d'un dictateur. Alors, Napoléon à Saint-Hélène écrivait son mémorial, un grand une grande œuvre littéraire. On dit que Bachar Elassad est dans son salon en train de jouer en permanence. avec euh je sais pas des des jeux vidéos des des jeux vidéos électroniques.
Il est devenu accro au jeux vidéo. Oui, peut-être qu'il l'était avant. Alors, grandeur et décadence.
Euh le plus important dans cette histoire, c'est que Poutine a invité son successeur, celui qui l'a renversé, qui l'a forcé à fuir en Russie. Et ce successeur arrive avec une demande très claire. Je veux Bachar Alassad, c'est un criminel.
Il faut que vous me le rameniez en Syrie afin qu'il soit jugé par le peuple syrien. Il est très peu probable que Poutine réponde de manière favorable à la demande du nouveau président syrien. Mais ce qui est très intéressant, c'est ce que signifie cette rencontre à Moscou entre le pouvoir syrien actuel et le maître du Kremelin.
Qu'est-ce que ça signifie ? Alors, ça signifie pour Poutine de dire "Bon, j'avais des liens très étroits avec Bachar Elassad, mais je ne me suis pas battu pour lui. J'ai laissé les choses suivre leur train.
Ce qui est important pour moi, ce sont mes cartes en Russie. Ce sont mes bases navales aériennes. C'est en réalité le rôle que j'entends reprendre dans cette région.
H depuis le 7 octobre, la Russie est bah elle est totalement engagée en Ukraine. Elle a perdu des points son grand allié la Syrie régime a changé, l'Iran a été considérablement affaibli. Et pour Poutine, c'est une manière de dire mais j'existe encore dans cette région où tu viens de revenir avec fracas. tu sais bien entendu Donald Trump.
Alors du côté du nouveau pouvoir syrien, il y a une forme de diplomatie tous azimut selon le modèle saoudien. Je ne me prive de rien. Même si la Russie, même si Poutine soutenait mon prédécesseur qui a fait couler tant de sang.
Absolument. Absolument. Absolument.
J'ai toutes les cartes devant moi. J'ai besoin de l'Amérique. Il a rencontré le président américain.
J'ai besoin de l'Arabie Saoudite qui me protège. Il parle souvent discrètement mais quand même de se rapprocher avec Israël. Il n'a pas été euh comme le général Aoun jusqu'à dire que il rejoindrait peut-être les accords d'Abraham, mais il n'est pas loin de le laisser entendre.
Donc c'est une manière pour lui de dire bah voilà euh de jouer aussi la carte euh de l'Amérique. Vous avez la vous ne voulez pas me soutenir mais j'ai encore Moscou qui me soutient tout autant. Ensuite et est-ce qu'il a accepté Armed El Chara, le nouveau président syrien qu'on voit à l'image de laisser à la Russie ses bases et notamment la fameuse base navale de Tartous.
Oui, enfin il a il est clair que il ne veut pas remettre en cause cela ce qui serait une sorte de casus béli avec avec la Russie. Et en fait ce qui est intéressant c'est qu'on retrouve la la diplomatie la plus classique, les jeux d'échec tels qu'ils existaient avant que l'idéologie ne joue un rôle. au fond la nature du régime ça n'a plus tellement d'importance.
Ce qui compte, c'est que chacun joue ses cartes. Mais quel est le cœur du jeu ? Et bien, c'est l'Amérique.
Donc on revient à la question que posait François l'anglais. Qui sera le maître du monde demain ? Personne ne sait.
Mais on a l'impression que au Moyen-Orient, l'Amérique sans doute contre son gré et grâce au 7 octobre est redevenu ce qu'elle était précédemment. Merci à vous trois pour ces parties prix.
Emmanuel Macron