Séance inaugurale de l'Institut La Boétie - [Version accessible]
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 78 %Attaque 17 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:00Chiffre
« plus de 3 millions à marcher dans les rues pour une immense démonstration de force populaire la plus grande depuis 1995 »
- 7:00Chiffre
« 12 milliards dans un système qui en compte 350 milliards c'est un tout petit problème »
- 8:00Fait
« l'essentiel des grandes fortunes a été dématérialisée sous l'effet de la financièreisation du capital »
- 21:00Fait
« la géographie ce n'est pas que l'étude des montagnes des rivières ou même la géographie administrative c'est une science sociale qui décrit et analyse la manière dont les êtres humains et les sociétés organisent et transforment leur espace »
- 26:00Fait
« la planification écologique c'est un concept que nous avons développé depuis plusieurs années avec d'autres en français ailleurs »
- 31:00Fait
« il n'y a pas de hasard la sociologie est toujours la première cible dans ce type de régime »
- 6:00ClémenceFait
« le savoir est une arme de mobilisation générale »
- 11:00DanielFait
« les cafés populaires c'est une innovation qu'on a développé au sein de l'espace bataille des idées »
- 20:00Annie ErnauxFait
« j'écrirai pour venger ma race »
- 32:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« quand une personne possède comme dans ce pays autant que 20 millions d'autres »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[Musique] bonjour à toutes et à tous chers amis je vous souhaite la bienvenue dans ce lieu qui est riche du longue tradition intellectuelle puisque c'est ici au corps de lit en 1791 qui a été rédigé l'adresse à l'Assemblée nationale qui a amené le peuple français à abolir la monarchie alors les siècles les siècles précédents c'était un lieu qui accueillait une immense bibliothèque ici avec des moines de toute l'Europe qui sont venus par faire leur formation notamment en matière philosophique et je dois vous dire ma fierté d'inscrire notre séance inaugurale dans les pas des Cordeliers des idées nouvelles qui ont émergé et qui ont été débattus ici plus de deux siècles plus tard nous voulons faire de l'Institut La Boétie un outil du renouveau de la pensée critique au service du camp de l'émancipation et du progrès réflexion et d'éducation populaire qui accueille à bras ouverts les universitaires les écrivains les professeurs les artistes les experts et les amateurs éclairés qui se reconnaissent dans la pensée de l'insoumission nous allons offrir donc ce lieu comme un lieu de dialogue d'échange de connexion avec le monde politique et militant un lieu qui nous a beaucoup manqué je crois d'un côté comme de l'autre parce que la vieille gauche c'était éloigné des artistes et des intellectuels et j'aimerais qu'un jour comme celui-ci soit celui du retour de ce chaînon manquant ça fait maintenant plus de 10 ans avec Jean-Luc Mélenchon et avec d'autres que nous avons ressuscité l'espoir d'un autre monde d'une alternative politique concrète qui avait et je veux aussi j'en ferai pas trop mais je veux aussi adresser des remerciements particuliers à Manuel Ménal qui est secrétaire général de l'Institut La Boétie et qui a accompli pour préparer cette journée et pour le reste un immense travail donc merci à lui c'est une journée importante pour nous qui prend place dans un moment particulier de l'histoire du peuple français puisque mardi nous étions plus de 3 millions à marcher dans les rues pour une immense démonstration de force populaire la plus grande depuis 1995 avec des femmes des hommes des retraités des chômeurs des travailleurs des étudiants qui pour beaucoup ont marché pour la première fois parce que ce n'est pas que de retraite qu'il s'agit il y a aussi une forte détermination féministe qui a poussé dans les défilés celles qui ont compris quelle serait les grandes perdantes il y a aussi la confiance écologiste qui au cœur des mobilisations de la jeunesse pour une vie plus juste plus digne sur une planète vivable mais encore tout ensemble en ce moment les fins de mois impossibles les prix qui explosent les riches qui se gavent la démocratie piétinée nous sommes en réalité des millions à vouloir tourner la page de Macron et son monde c'est ainsi que les gilets jaunes ont nommé l'adversaire non à Macron et son monde et l'Institut La Boétie s'inscrit dans cette actualité immédiate être dans le mouvement populaire forgé des armes pour qu'il atteigne ses objectifs immédiats mais aussi élargir ses perspectives éclairer les chemins vers d'autres mondes possibles nous avons donc organisé deux premiers événements sur ces sujets les retraites et l'inflation publier des premières notes mis à disposition du plus grand nombre des argumentaires te permet la tenue des cafés populaires pour le mouvement insoumis qui fait oeuvre d'éducation populaire partout dans le pays notre fondation ça c'était pour l'actualité immédiate mais notre fondation est aussi au service de la construction intellectuelle du monde d'après le monde d'après on avait beaucoup entendu cette expression pendant la crise sanitaire comme un espoir que quelque chose tout d'un coup aller surgir tout d'un coup quelque chose de nouveau mais nous on nous croyons au contraire que le monde d'après se construit pas à pas qui ne viendra que de notre travail patient et déterminé dans tous les secteurs de l'action politique d'un long processus par lequel on convainc d'abord d'une idée puis de devenir soi-même un acteur du combat pour cette idée construire le monde d'après c'est s'atteler à rapprocher celles et ceux qu’alexandra Koh-Lanta y appelait la grande famille universelle ouvrière artiste intellectuel professeur qui partageait avec nous l'humanisme global la critique radicale du capitalisme et la planification écologique vous êtes cette famille universelle qui se retrouve ici en ces lieux pour bâtir le monde d'après alors évidemment nous ne partons pas de rien il y a dans cette salle beaucoup de visages connus puisque ça commence à faire quelques années que nous marchons ensemble parfois avec une deux trois casquettes différentes d'ailleurs et vous allez voir va s'afficher derrière moi le fonctionnement de notre institut puisqu'on veut organiser sérieusement ce qui doit l'être avec un souci constant un principe celui d'une liberté intellectuelle totale pour celles et ceux qui participeront et pour y arriver première chose notre travail va s'organiser en département qui sont animés par des binômes que je vais vous présenter juste après binôme qui rassemble des universités militants et des militants universitaires puisque pour ne vous donner qu'un exemple pour le Département d'histoire on pense qu'à l'heure où l'alliance des milliards et de la réaction projettent dans nos cinémas une propagande anti républicaine sans pareil il est vital de faire vivre une historiographie progressiste de la Révolution française donc de l'histoire à la philosophie en passant par la sociologie on veut investir tous les champs de la pensée que vont faire ces départements une réponse très simple ils vont faire ce qu'ils veulent ils pourront organiser des colloques des séminaires des tables rondes publier des notes faire des podcasts des vidéos nous leur faisons absolument confiance pour trouver à chaque fois le meilleur angle et les meilleurs outils pour cela ensuite ces départements vont attribuer une chair à un ou une intellectuelle de Oran dont il nous semble que les travaux devraient être mieux connus du monde politique et du grand public vous allez voir que nous avons déjà de beaux projets à ce sujet il y aura aussi des laboratoires qui vont être rattachés à l'un de ces départements ou à plusieurs d'entre eux avec les premiers qui se mettent déjà en place en ce moment je pense à l'observation des révolutions citoyennes à des analyses électorales à la lutte contre l'extrême droite et d'autres s'ajouteront chemin faisant puisque nous pensons que cette forme d'organisation souple et évolutive et la bonne garantie pour un fonctionnement qui qui nous satisface toutes et tous ces départements ils vont travailler ensemble on les réunit au sein d'un conseil d'orientation pour définir des axes de travail axe de travail qui seront ensuite discutés par un conseil scientifique qui regroupe des universitaires des intellectuels des hauts fonctionnaires qui ont bien voulu jouer ce rôle de du cadre et de la méthode et c'est Bernard Pignerol président fondateur de l'Institut La Boétie qui va vous en présenter les contours tout à l'heure c'est grâce à tous ces idées de département grâce à l'appui du Conseil scientifique que nous allons élaborer notre programme de recherche et nous avons pour ambition de traiter des grands enjeux pour notre famille politique des enjeux qui sont issus du champ de la recherche et qui doivent instruire le champ politique des enjeux qui font débat dans le champ politique y compris parfois au sein de notre propre famille et qu'il faut affronter positivement tout en les instruisant sur le plan intellectuel et des enjeux qui nous semblent nécessaires de mettre à l'ordre du jour du débat public parce que nous assumons cet objectif politique celle d'un celui d'influer sur le débat public et sur les consciences c'est pourquoi tous ces travaux seront mis à disposition du mouvement insoumis qui pourra s'en saisir s'inspirer de nos travaux et de nos préconisations une école de formation devient complétée ce dispositif c'est Antoine ça laisse Papou et Daniel au bonhou qui vont vous le présenter par la suite qu'on a voulu un outil d'éducation populaire pour le plus grand nombre avec les cafés populaires les formations physiques les formations en ligne et avec pour les insoumis un cursus renforcé dont la promotion la première promotion s'est réunie le week-end dernier certains d'ailleurs sont ici dans la salle beaucoup d'enthousiasme beaucoup de joie de se retrouver et une belle promesse pour l'avenir puisque nous avons eu de très très nombreuses candidatures notre fondation va aussi investir le champ des arts et de la culture il y aura des interventions à ce sujet aujourd'hui avec une académie insoumise qui va réunir des écrivains des éditeurs des cinéastes des comédiens et d'autres qui va décerner des prix littéraires cinématographiques pour récompenser symboliquement celles et ceux dont les œuvres et les productions participent à forger les consciences l'Académie aura aussi la tâche d'ouvrir et d'entretenir un dictionnaire insoumis qui va recenser nos mots et les définitions utiles à notre compréhension du monde tout comme à notre volonté de le transformer vous le voyez nous avons des objectifs qui sont très ambitieux je ne vous révèle pas tout mais je termine pour vous dire à quel point je suis honorée d'avoir la charge de fonder cette édifice dont je suis persuadée qu'il va connaître une longue vie et qu'il sera décisif pour les batailles à venir je suis honorée de le faire aux côtés de Jean-Luc Mélenchon qui a choisi d'y mettre sa légitimité son autorité pour la bonne mise en place et le fonctionnement et je suis honorée de le faire aux côtés de vous toutes et tous qui participaient à ce moment j'ai vu dans la salle des dizaines de personnes dont la modestie empêchera de dire à quel point déjà leurs travaux nous ont été utiles mais sur qui je sais pouvoir compter pour la suite donc merci à toutes et tous pour votre présence et longue vie à La Boétie [Applaudissements] c'est une séance inaugurale que nous préparons depuis plusieurs mois mais comme je vous le disais on a déjà commencé nos activités on a été très impressionné par le dynamisme des différents départements et donc voilà une première vidéo pour leur rendre hommage et juste après je vous présente [Musique] j'ai répondu favorablement à cette invitation parce que je trouve utile et c'est même étonnant que ça n'arrive pas plus souvent que le politique interpelle on va dire le terrain l'économie réelle je pense que nous avons effectivement un conflit de répartition mais il n'est pas principalement entre capital et travail ça c'est vraiment un point important de mon point de vue il est possible de faire des politiques pour supprimer les obstacles à l'emploi des femmes ce sont des politiques sociales qui sont adaptées qui devraient être volontariste là-dessus au fond le choix qui est posé avec cette réforme des retraites c'est soit c'est le chacun pour soi soit c'est une société d'entraide et c'est ça qui est mise à mal aujourd'hui avec la réforme qui nous propose ça c'est le petit problème en fait 12 milliards dans un système qui en compte 350 milliards c'est un tout petit problème et donc la question du déficit et mettre en face du déficit un calendrier impératif et cette réforme là c'est pas sérieux sur l'opposition à la réforme sur le recul de l'âge et sur l'allongement des durées l'intersyndicales est extrêmement solide notre choix de société c'est la retraite pour tous et puis conditionnalités des aides publiques l'essentiel des grandes fortunes a été dématérialisée sous l'effet de la financièreisation du capital et ce dans une proportion croissante à mesure que l'on s'élève dans l'échelle de la richesse or avec les supériotes au moins on voit on voit la partie émergée de l'économie offshore en quelque sorte toute proportion gardée c'était pas une idée banale de dire on va créer un département de géographie dans un institut lié à la gauche radicale parce que la géographie n'était pas un sujet politique et nous on a la perception que si c'est un sujet politique et c'est même un des tous premiers sujets politiques de notre temps on le dit souvent l'accumulation des richesse par les Ultra riches se fait sur le dos des pauvres mais il faut avoir aussi conscience qu'elle se fait sur le dos de la planète et donc de l'avenir de l'humanité tout entière [Musique] [Applaudissements] on passe maintenant à la seconde partie où je vais vous présenter les binômes qui animent les 7 premiers départements disciplinaires de l'institut qui vont se présenter vous expliquer ce qu'il prépare pour la suite et je commence par le binôme qui coordonne le département de géographie qui va être animée par Cécile gentrac et par Alan poplar alors Cécile je commence par toi tu es docteur en géographie urbaine spécialiste des géographies critiques et radicales et tu as publié avec Mathieu Giroud ville contestée pour une géographie critique de l'urbain qui est un recueil de contribution de géographe du monde entier contre les conceptions néolibérales de la ville pour toi j'imagine donc que c'était une évidence de faire un département géographique au sein de l'Institut on a entendu un commentaire de Jean-Luc Mélenchon à ce sujet la géographie donc est-ce que c'est vraiment politique et je te laisse la parole merci mais oui complètement la géographie ce n'est pas que l'étude des montagnes des rivières ou même la géographie administrative c'est une science sociale qui décrit et analyse la manière dont les êtres humains et les sociétés organisent et transforment leur espace qui occupe quel espace comment comment nous nous déplaçons quels sont les interactions avec notre environnement tout ça ce sont des questions hautement politiques et au sein de cette discipline il y a un courant de géographique critique très fécond qui s'intéresse à ces problèmes mais qui assume son engagement j'en profite pour vous annoncer à un événement majeur dans le cadre des chairs de l'Institut La Boétie nous avons le plaisir de vous annoncer la venue en France de deux grands noms de la géographie critique d'abord David Harvey pour celles et ceux alors pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas David Harvey c'est le géographe radical le plus connu et c'est même le géographe le plus cité au monde il a appliqué l'analyse marxiste du capitalisme à l'espace et particulièrement à la ville il a contribué à la compréhension du néolibéralisme et des nouvelles formes d'impérialisme il a inspiré donc de très nombreux penseurs critiques à travers le monde c'est donc pour nous une immense joie qu'il accepte de venir en France à l'invitation de l'Institut La Boétie nous sommes à cette heure en train de construire avec lui le programme de son intervention il fera sûrement une conférence sur la géographie du capitalisme à différentes échelles et une intervention sous forme de discussion avec Jean-Luc Mélenchon nous avons également sollicité un géographe suédois militant pour le climat dont vous avez sûrement entendu parler Andreas malme [Applaudissements] il s'est fait connaître par ses écrits sur le capital aux scènes les liens entre capitalisme et pandémie ou encore la place de la désobéissance dans le mouvement climat notamment avec son livre Comment saboter un pipeline c'est tout un programme donc car la géographie doit et peut proposer une analyse originale des différents aspects de la crise écologique et c'est donc aussi une grande chance de pouvoir accueillir un penseur aussi précieux qu'Andreas merci Cécile alors un très beau programme en effet on est vraiment très fiers de ces deux premières chair du département de géographie et puis je me tourne vers toi Alan pour te présenter donc tu es professeur d'histoire-géographie tu écris régulièrement pour le Monde diplomatique et tu as coordonné avec Anthony Burlot et Grégory Gipsy un gros ouvrage qui s'appelle le Nouveau Monde tableau de la France néolibéral qui est passionnant c'est la géographie c'est une discipline clé sur pour comprendre les enjeux liés aux inégalités vous avez d'ailleurs entamé un cycle de travail sur ce sujet je te laisse nous en dire deux mots il y a déjà eu un premier événement mais je te laisse nous annoncer la suite oui bonjour à toutes et à tous donc en effet on a on a commencé à lancer un cycle de table ronde sur les espaces de la grande bourgeoisie parce qu'il nous semblait que le séparatisme des riches la cessation sociale et spatiale des riches étaient un marqueur de notre temps et puis parce qu'il nous semblait aussi que les méthodes de la géographie de la géographie critique donc permettait d'analyser d'expliquer ce phénomène on a déjà eu la semaine dernière une première une première séance passionnante sur la mobilité des super riches où on a discuté des yachts des jets des hélicoptères et même des fusées et on en aura une autre la prochaine qui sera plus banalement consacrée aux campagnes parce que là encore une bon on a souvent tendance à considérer les campagnes comme un bloc social homogène comme un bloc homogène comme un ensemble d'espace en déclin marginalisé déclassé dominer et c'est vrai pour tout un ensemble de situations mais il existe aussi des campagnes bourgeoises il existe aussi un investissement bourgeois des campagnes voilà donc en plus de ce cycle de table ronde que je viens d'esquisser en plus de la venue donc de David Harvey et d'Andréas Malm le département de géographie de la Boétie de l'Institut La Boétie va lancer toute une série de travaux de notes sur le périurbain sur la logistique sur le foncier agricole et puis pour finir on va organiser dans les mois qui arrivent un colloque sur l'aménagement du territoire et les grands projets inutiles merci beaucoup Alan on enchaîne avec le second département le département d'économie qui va être animé par Aurélie trouvée et Eric Bert merci à eux alors Aurélie pour commencer donc tu es économie ancienne présidente d'attaque on se côtoie maintenant depuis quelques mois sur les bancs de l'Assemblée nationale est-ce que tu peux nous dire pourquoi en tant que député tu as voulu t'investir au sein du département d'économie de l'Institut merci Clémence bonjour à toutes et à tous c'est vrai que j'étais longtemps enseignante chercheuse en économie et donc je suis à quel point les idées néolibérales dominent le chant académique et envahi la société ça va ensemble et donc en même temps que la bataille législative que nous avons à mener comme député bien je pense qu'on a une longue bataille intellectuelle à mener il suffit pas de prendre le pouvoir par les urnes il nous faut construire une hégémonie culturelle qui remplace la compétition par la coopération le tout marché par la socialisation il nous faut aussi bâtir un solide champ de connaissance des faits économiques avec les chercheurs qui nous mettent en position de gouverner et c'est je crois un début du Département de l'économie de la Boétie c'est ainsi de très nombreux chercheurs en économie qui viennent de d'ailleurs de d'un grand nombre d'institutions de recherche et dont les apports sont extrêmement précieux à mon avis pour nos travaux parlementaires c'est je vais donner deux exemples celui des travaux sur l'inflation moi je suis rapporteur du groupe de travail parlementaire sur l'inflation et on a fait tout un travail d'ores et déjà sur sur cette question et puis évidemment la question de des retraites et la réforme nous avons produit d'abord une note sur la réforme des retraites et j'étais heureuse de voir à quel point nos collègues députés sont arrivés en commission des affaires sociales avec la note sous le bras nous allons produire la d'ici quelques jours une note aussi sur l'étude d'impact du gouvernement j'espère que ça va nous servir des voilà des dès demain d'ailleurs dans l'hémicycle puisque demain commence la bataille parlementaire dans l'hémicycle pour finir les députés macronistes en fait peuvent déjà s'appuyer sur tout un système académique et intellectuel des chairs des labos d'économie des signes tank qui leurs idées néolibérales et ça depuis de très longues dates alors nous nous devons faire de même pour nourrir nos idées d'une économie d'un gouvernement par le besoin et d'une rupture écologique sociale et démocratique avec le néolibéralisme et le capitalisme et donc pour moi c'est voilà le but c'est le rôle le sens de l'Institut de la Boétie merci Aurélie [Applaudissements] et puis un mot à Eric Bert qui est donc aussi économiste maître de conférence puisque donc toi tu es dans le champ universitaire Aurélie la Diar l'instant qui est largement dominé par les défenseurs du néolibéralisme toi comment tu conçois le rôle de ce département d'économie et son rayonnement oui bonjour à toutes et à tous effectivement comme tu le dis je vais tu doutes bien que je partage le constat d'un environnement assez verrouillé en économie moi ce que j'appelais dans un ouvrage les intégristes économiques sont se posent en fait en défenseur du d'une croyance de dogme que la réalité ne cesse pourtant de démentir et tente par ailleurs d'éradiquer toute pensée dissidente du coup la vocation de l'Institut est précisément de s'opposer à ça de déconstruire ces dogmes de participer à la réhabilitation de l'économie politique dans le débat public et d'en finir avec ce néolibéralisme et c'est ses effets délétères alors comme Aurélie tu l'as dit on a déjà commencé ce travail avec des notes sur l'inflation une note également sur la la contre sur le projet de contre-réforme des retraites puisqu'il faut bien parler d'un Contre Réforme chacune de ces notes a donné lieu à l'organisation d'un débat auquel nous avons souhaité inviter des économistes et des personnalités qui précisément ne partagent pas forcément nos idées ça a été le cas dans le débat sur l'inflation avec Michel Édouard Leclerc ou Agnès Benassi Quéré qui est la chef économiste du Trésor ça a été le cas également lors du débat sur les retraites avec Frédéric northierry bordi qui est membre du Conseil d'orientation des retraites ces débats ont été fructueux puisque par exemple Agnès Benassi kere a souhaité prolonger cette discussion la discussion que nous avions eu elle a en publiant un billet billet auquel nous avons répondu par une une nouvelle note tout à fait récemment alors bien évidemment d'autres notes d'autres événements viendront dans les prochains mois mais nous prévoyons également de publier une note de conjoncture trimestrielle apportant un autre éclairage sur sur la réalité économique de notre pays donc Clémence comme tu le vois et bien on ne ménage pas nos efforts et c'est d'ailleurs avec beaucoup d'enthousiasme que nous nous lançons dans la dans la bataille des idées au service et bien d'une d'un monde socialement plus juste et écologiquement soutenable merci Eric [Applaudissements] on a on a déjà parlé des chairs du département de géographie mais vous aussi vous nous avez mijoté quelque chose puisque vous avez une chair avec Cédric Durand qui va venir bientôt le mois prochain je crois cette année nous faire une chaire qui qui fait des recherches qui nous ont beaucoup servi qui nous ont été très utiles sur l'analyse du capitalisme sur la mondialisation sur les questions écologiques et qui nous a fait une petite vidéo aujourd'hui pour vous donner envie de vous inscrire au cours qui vont être dispensés donc dans cette chair par Cédric Durand remercier toute l'équipe de La Boétie en particulier Jean-Luc Mélenchon et Clémence gaieté de m'avoir invité à participer à cette aventure je suis très heureux d'y participer pour quelle raison bien parce que d'après moi cela relève un des défis politiques majeurs de notre époque trouver un mode d'articulation entre monde militant et intellectuel dans le monde intellectuel la production est extrêmement spécialisée extrêmement dense avec des débats très techniques à suivre puis d'un écoutez dans le monde politique on voit bien aussi la pression extrême de l'action au quotidien le rythme des Twitter le rythme des activités militantes qui sont aussi très denses tenir les deux bouts en même temps extrêmement difficile à cause de ça il y a une forme de division qui s'instaure et le risque est finalement d'avoir des parties sans penser ou à la vase des intellectuels sans lien avec les combats d'émancipation et finalement AP par le pouvoir et les forces du conservatisme ce qu'on essaye de faire dans La Boétie c'est justement de dépasser ça alors moi je vais essayer d'y contribuer à un ajuste mesure en participant à la réflexion sur le capitalisme numérique plus spécifiquement je vais parler dans le cadre de la chair de trois thèmes le techno féodalisme c'est-à-dire une forme de mise en perspective des transformations numériques du point de vue des changements du mode de production dans une deuxième séquence on a examinera la question de la monopolisation intellectuelle donc là c'est aujourd'hui maintenant comment les big tech mais aussi d'autres firmes centralisent les connaissances est-ce que ça implique du point de vue de la dynamique économique puis dans un troisième temps on discutera du libère éco socialiste c'est-à-dire de la mise en lien des potentialités du numérique et des défis existentiels auxquels fait face notre notre époque en matière d'écologie mais aussi bien sûr les limites des approches techniques de de cette crise je suis très heureux de participer à cette aventure qui à mon sens peut être véritablement un réacteur non seulement pour la fi dans toute sa diversité mais aussi pour l'ensemble de la gauche et ce dont on a évidemment besoin aujourd'hui [Musique] voilà donc Cédric Durand et donc j'ai retrouvé la date c'est le 13 février à 18h30 la première chair vous pouvez vous y inscrire sur le site internet tout le monde est bienvenu et donc maintenant on passe au département de sociologie qui est co-animé par le brillant Adrien Clouet et là non moins brillante Marlène banquet que je remercie aussi alors Adrien puisque tu te fais toujours remarquer tu t'es retrouvé mise en lumière par une passe d'armes entre notre présidente Mathilde panot et Olivier Véran sur BFM TV l'autre jour qui a légèrement douté qu'on puisse être militant député et un universitaire sérieux donc toi tu travailles beaucoup sur la question enfin tu as beaucoup travaillé sur la question du chômage des emplois non pourvu qu'est-ce que tu penses de cette incompatibilité présumée si on n'est pas obligé de prendre au sérieux ce que dit Oliveira mais quel est ton point de vue sur la question alors pour faire semblant de le prendre au sérieux la pique évidemment assez symbolique elle est symbolique d'une forme de mépris à l'égard des sciences sociales qui relèveraient à ses yeux de l'opinion ensuite elle relève aussi d'une distinction qui est dangereuse entre deux catégories de chair de chercheuses et de chercheurs il y aurait d'un côté les vrais les bons qui sont encartés chez en marche Renaissance les vrais scientifiques tandis que celles et ceux qui refusent la réforme des retraites serait renvoyée finalement à l'univers du militantisme et Véran fait partie à cet égard de celles et ceux qui ont toujours tenté de disqualifier des sociologues ça a plus de 100 ans Max Weber déjà à l'époque subissait des attaques virulentes parce qu'il défendait la République en Allemagne bon un siècle plus tard on a oublié les critiques max zeber reste c'est la même chose avec Émile Durkheim avec Pierre Bourdieu avec Colette Guillaumin tout ça chez les marcheurs on le voit c'est le retour de la doctrine de Janov c'est le pire de l'Union soviétique tous ces gens là et sa normalisent sa normalisé c'est important de l'avoir en tête le retour de reflexe autoritaire il y a car il n'y a pas de hasard la sociologie est toujours la première cible dans ce type de régime et il me semble au contraire que le militantisme et la recherche en sciences sociales ne sont pas incompatibles ni opposés c'est grâce à la rigueur des travaux de recherche qu'on peut mieux comprendre et s'approprier ce qui se passe dans la société permettant ainsi de porter des propositions qui améliorent réellement l'existence sociale bien sûr ce sont des registres qui sont distincts un résultat scientifique est une chose chacun en tire selon ses convictions morales et politiques des conclusions dès lors l'Institut a un rôle à jouer dans la diffusion de travaux de recherche auprès des parlementaires et c'est pourquoi par exemple nous allons organiser la destination des députés de la nup une journée d'études intitulée la gauche et les classes populaires merci Adrien [Applaudissements] et donc Adrien qui va co-animer ce département avec Marlène banquet Marlène qui est chargée de recherche ocnrs tu as d'ailleurs beaucoup travaillé sur les questions des classes populaires et notamment sur l'univers de la grande distribution et tu as aussi beaucoup travaillé sur la question de la finance autoritaire donc en deux mots si tu peux nous dire pourquoi tu as voulu rejoindre l'Institut et participer avec nous à ce département de sociologie oui merci beaucoup Clémence alors en effet je travaille sur le capitalisme financier alors je travaille avant sur la grande distribution les classes populaires et puis maintenant plutôt sur les classes dominantes et la finance et j'essaye de comprendre ce que la finance produit mais aussi ce qu'elle produit à l'extérieur d'elle-même la manière dont elle recompose notre monde du travail nos vies quotidiennes et puis aussi dont elle est participe à structurer une offre politique qui ne nous est pas toujours favorable et notamment j'ai étudié la plus particulièrement les options politiques qui ont été soutenues par différents sous secteurs différencier et qui ont participé à mon sens mais du coup on en débattra je pense au sein du département au basculement d'un régime qu'on peut qualifier de néolibéral à un régime plus libertarien et plus autoritaire voilà donc c'est je suis justement en parieur en train d'écrire une note sur le gouvernement liste et son passage rapide au sein de au Royaume-Uni et puis peut-être qu'on peut aussi annoncer que on va aussi organiser au sein du département de sociologie un moment une journée pour réfléchir justement aux recomposition des classes dominantes voilà et donc je me réjouis oui de rejoindre bien sûr l'Institut La Boétie dont je pense que il est un lieu assez idéal enfin j'espère qu'il va être un lieu assez idéal il s'annonce assez idéal pour articuler à la fois un effort de compréhension et en même temps de transformation de notre société merci beaucoup Marlène donc la sociologie est maintenant l'histoire avec Jean-Marc sciappa et Fanny Gallo que je remercie beaucoup d'être là [Applaudissements] alors Fanny tu es historienne à Paris est Créteil tu t'intéresses notamment à l'histoire des femmes dans le mouvement ouvrier Jean-Marc il y a pas de tuer l'auteur de plusieurs ouvrages sur la Révolution française histoire sociale histoire politique qui qui sont très importants qui sont au coeur de votre parcours scientifique à tous les deux qui sont aussi présentes dans la première note que vous a publié qu'on a publié hier je crois sur l'histoire des retraites alors l'histoire longue à partir du 15e siècle jusqu'à nos jours sur les les retraites de l'histoire sociale et de l'histoire politique qui est faite par en bas et qui va se refléter dans le programme que vous nous avez concocté pour le département de l'histoire si vous pouvez nous en dire de mots l'un et l'autre alors oui tout à fait merci Clémence donc mon travail d'historienne a d'abord porté sur les ouvriers en France depuis les années 68 donc avec une attention particulière à deux entreprises qui sont Chantal et Moulinex donc le quotidien des ouvriers à l'usine la discipline le rendement mais également comment elle crée du collectif comment elle résiste aujourd'hui je travaille sur enfin j'étudie le travail reproductif et les mouvements sociaux depuis 45 c'est-à-dire le travail qui produit et reproduit la force de travail qu'elle soit donc rémunérée dans le cadre par exemple des métiers de service à la prêt à personne dont il est beaucoup question en ce moment ou non rémunéré donc dans la famille et les luttes donc de femmes de classe populaire que que ça induit évidemment dans une approche qui prend également en considération les discriminations et nos raciales alors clairement je m'inscris dans les perspectives historiennes actuelles qui ambitionnent donc de réaliser une histoire populaire une histoire par le bas une histoire qui met en avant le point de vue des groupes dominés dans les processus historiques leur subjectivité mais aussi leur rôle objectif dans celui-ci donc je conçois ma recherche comme pouvant être utile à une perspective féministe mais également anticapitaliste et antiraciste les deux éléments étant dans les trois éléments étant totalement inextricables la connaissance historique peut donc aussi être un outil pour les luttes d'émancipation et donc au niveau du département d'histoire avec Jean-Marc et l'équipe de l'ensemble des volontaires qui animent le département avec nous il y a cette donc volonté d'être utile aujourd'hui pour notre camp social qui nous conduit donc à nous qui nous a conduit donc à imaginer un travail autour de fascisme du fascisme et de l'antifascisme dans l'histoire pour justement essayer de d'apporter des éclairages pour nous aider et aujourd'hui surtout à mieux combattre l'extrême droite merci Fanny bonjour je souscris totalement à ce que vient de dire Fanny insistons sur la volonté d'être utile aujourd'hui pour notre combat pour notre camp social nous ne cherchons pas un combat académique nous nous concevons comme un outil pour celles et ceux qui cherchent des connaissances et des méthodes il est significatif par exemple de voir comment le système Macron s'en prend systématiquement à la Révolution française il suffit de voir ce film récent à la gloire des contre-révolutionnaires Vendéens nous sommes en train d'organiser un événement autour de la problématique pourquoi sont-ils toujours anti robespierreistes la détestation [Applaudissements] la détestation de la révolution n'est pas seulement une détestation du passé mais c'est surtout une crainte pour l'avenir merci merci beaucoup Jean-Marc il y a quelque chose d'important dans ce qui a été dit par Fanny c'est le fait que ces départements ils sont ouverts à toute et tous ceux qui voudraient y participer c'est aussi le but de vous les présenter un à un c'est que si ça rentre en connexion avec ce que vous faites avec vos travaux avec vos réflexions vous avez comme ça identifié les animateurs de ces différents départements et je vous propose de regarder une vidéo sur la note qui a été faite justement par certains volontaires sur l'histoire longue des retraites donc on regarde une vidéo tout de suite merci je suis Isabelle d'Artagnan historienne du Moyen-Âge ayant fait ma thèse à Paris 4 je suis Paul Mayence doctorant en histoire contemporaine spécialiste de l'histoire de la sécurité sociale avec Léo Rossell Jean Vigreux et Marc Belissa nous avons rédigé une note pour le département d'histoire de l'Institut La Boétie sur l'histoire de notre système de retraite nous sommes heureux ainsi de participer au débat et lutte engagé pour la défense de notre système de retraite et nous commençons cette note dès le 15e siècle avec des systèmes d'assistance voulue par les princes et de charité qui culminent à l'époque révolutionnaire dans l'idée du droit universel au secours parenthèse qui se referme cependant vite puisqu'elle est supprimée des 1797 au 19e siècle l'industrialisation provoque une usure accélérée des corps et la question du risque vieillesse devient central différents systèmes cohabitent alors entre traditions assistentielle et développement de l'assurance c'est deux systèmes que le mouvement ouvrier va progressivement subvertir pour imposer le système de retraite tel que nous le connaissons aujourd'hui et qui depuis 40 ans est de vigoureusement attaqué nous vous invitons à apprendre connaissance de cette note à la partager et à la lire directement sur le site de l'Institut La Boétie n'hésitez pas également la partager lors des manifestations à venir voilà donc la note vous pouvez la retrouver en ligne je vous présente maintenant ceux qui vont coanimer le département de planification écologique razmin que je suis en éclaire le jeune alors rasmis que tu es professeur de sociologie à l'Université Paris Cité tu as notamment publié beaucoup sur l'écologie politique la notion de planification écologique c'est peut-être inattendu pour certains d'entre vous d'avoir un département sur la question de la planification écologique mais on y tenait et si tu veux nous dire deux mots de pourquoi est-ce utile et ce que vous allez faire peut-être dans ce département oui ça m'a d'abord un peu intrigué mais ça m'a aussi rassuré sur la vocation de l'Institut La Boétie dont l'un des rôles doit être d'imposer de nouveaux concepts dans le débat public une organisation politique après tout c'est un intellectuel collectif qui doit innover qui doit faire bouger les cadres théoriques existants nous font nous faisons déjà par ailleurs du travail académique or l'objectif ici c'est de le rendre encore plus utile aux champs politiques je vois donc la Fondation comme un maillon essentiel dans la bataille idéologique un maillon qui manquait jusqu'ici la planification écologique c'est un concept que nous avons développé depuis plusieurs années avec d'autres en français ailleurs et qui questionne de nombreux champs disciplinaires elle interroge notamment la place de l'État celle du marché leur lien avec l'économie et la démocratie c'est un champ théorique riche qui nous amènera à travailler avec tous les autres départements et c'est aussi un enjeu de débat constructif avec d'autres courants de la gauche 6 et on a donc merci pour lui et on a donc à tes côtés claire le jeûne tu as un profil qui est différent de celui de rasmig puisque tu es militante écologiste tu as été d'ailleurs responsable national des jeunes écolos et puis tu as été membre du Parlement de l'Union Populaire et candidate au législatives et tu es aussi chercheuse actuellement en thèse à Sciences Po donc tu travailles en fait sur les enjeux démocratiques liés à la planification écologique et tu as trouvé le temps parmi tout ça de t'engager à nos côtés pour co animer ce département de planification écologique de l'Institut La Boétie est-ce que tu peux nous dire un mot de la façon dont tu articules ton militantisme et ton travail de chercheuse et en plus la façon dont tu vois ça au sein de l'Institut La Boétie merci Clémence en fait précisément mon engagement au sein de l'Institut de la Boétie s'explique par la ma volonté d'articuler c'est de facettes de ma vie je suis une militante et je suis une chercheuse et mon militantisme m'a toujours nourri ma vie intellectuelle et je suis aussi assez convaincue que l'urgence climatique nous impose de faire ce lien constant entre la pensée et entre l'action en tant que chercheuse dans mon travail cette urgence je l'ai sans cesse en tête et c'est ça qui me pousse aussi à m'engager plus directement dans l'arène politique en fait en faisant dialoguer c'est de monde académique de la recherche et le monde politique et militant j'ai le sentiment de prolonger à la fois la démarche de l'Union Populaire et puis de suivre logiquement le fil de mon propre parcours donc avec rasmig nous allons bientôt organiser le premier la première rencontre du département de planification écologique en accueillant qui est le fondateur de l'école de la régulation également Eric Monet dont le train dans les travaux sur l'état et les banques ont beaucoup inspiré également Martine Billard qui a écrit avec Jean-Luc Mélenchon le programme de l'avenir en commun sur la partie planification écologique donc cette première séance elle va nous aider aussi à ouvrir des pistes pour des champs qu'on va explorer après sur la question des indicateurs économiques et écologiques sur la question du rôle de l'État dans l'économie sur également les questions d'innovation ou de régulation voilà merci Claire ensuite on passe au département de relation internationales en excusant tabinome Nicolas Bulard qui est absente mais on vous présentant tout de même Arnaud Le Gall qui va le co-animer ce département de relation internationale Nicolas Bulard donc qui est chercheuse militante altermondialiste qui n'a pas pu être là aujourd'hui pour une très bonne raison c'est qu'elle est en Australie d'où elle est originaire où elle a commencé à s'engager donc Arnaud Le Gal député du Val d'Oise depuis le mois de juin qui est aussi spécialiste pour nous des questions de relation internationales avec des sujets internationaux qui sont beaucoup traités dans l'actualité mais très souvent de façon polémique de façon caricaturale au lieu de réflexion de fonds qui sont absolument nécessaires donc si tu peux nous dire de quelle façon vous vous voyez les travaux du département de relation internationales sur ce sujet merci Clémence oui comme tu l'as dit le traitement médiatique dominant des questions internationales et assez souvent désespérants il y a les bons d'à côté les méchants de l'autre l'Europe et les États-Unis sont souvent vus à travers la seule nostalgie n'est au conservatrice de l'époque où ils étaient le centre du monde à l'inverse on a un sud un peu homogène qui est présenté comme une menace toujours plus ou moins menaçant ça n'a évidemment pas à comprendre les transformations en cours de l'ordre ou du désordre d'ailleurs international alors ces transformations elles ont des conséquences qui sont déjà fondamentales sur la vie des Français de manière encore plus caricaturale il est souvent fait appel dans le débat aux exemples étrangers toujours sélectif évidemment pour justifier les réformes néolibérales en France on le voit avec ce qui se passe en moment dans le débat sur la réforme des retraites donc le but de notre département va être de prendre du recul sur tout ça sur la logique du buzz et des raccourcis pour essayer de rentrer vraiment dans l'analyse quand je dis prendre du recul c'est pas adopter une position surplomb extérieur au grand débat politique de notre temps et bien au contraire il faut bien comprendre que l'ordre géopolitique l'ordre économique et l'ordre politique sont complètement liés interdire la critique de l'ordre géopolitique c'est aussi une façon d'interdire la critique des deux ordres des deux autres ordres pardon donc on se situera dans une perspective résolument critique de l'ordre international actuel et cet ordre qui d'ailleurs se fissure en ce moment même sous nos yeux la mondialisation néolibérale se fragmente à vitesse accélérée depuis les années 2010 et c'est un des axes sur lesquels nous voulons travailler parce que si on n'a pas conscience de cela on est dans l'incantation nous on a parlé de diplomatie altermondialiste par exemple dans l'avenir en commun mais pour nourrir ce programme il faut s'intéresser réellement à l'ensemble du monde qui nous entoure l'Afrique l'Asie l'Amérique du Sud sont des zones souvent méprisées par la pensée dominante et pourtant l'écrasante majorité de la population mondiale il vit donc il faut comprendre les processus qui s'y jouent sinon les discours sur le rôle de la France dans le monde sont condamnés à être incantatoire donc on organisera par exemple un événement sur le retour des gauches en Amérique latine un autre événement sur la stratégie de la France en Afrique un autre sur les enjeux de la fragmentation de la mondialisation et il faudra aussi réfléchir aux moyens de notre diplomatie qui est attaqué de toutes parts merci Arnaud et pour finir le tour de ces départements le dernier celui de philosophie qui va être animée par Isabelle Garraud et Benoît schneckenburger Isabelle garrot c'est une grande spécialiste de marque qui malheureusement elle a pas pu être avec nous aujourd'hui parce que elle est souffrante elle a le covid donc on lui souhaite déjà de bien se rétablir mais elle voulait nous dire un mot donc on a une petite vidéo sur ces travaux et sur ce que va faire ce département de philosophie donc je vous laisse juste regarder la vidéo bonjour Oui max pensait qu'il ne suffit pas d'interpréter le monde mais qu'il faut aussi le transformer et le monde c'était pour lui et c'est pour nous plus que jamais le capitalisme mais un capitalisme traversait le contradiction un capitalisme rendu féroce par la crise qu'il traverse et par les contestations qu'il soulève un capitalisme qui nous faut dépasser toute urgence quant à la philosophie elle a une longue histoire présente une grande diversité et ce qui m'importe ici et de contribuer à faire vivre les idées critiques qui gèrent pour affronter les idées dominantes et le régime s'agit de partager et de débattre de façon vivante ouverte tout en gardant ce cap la philosophie ainsi conçue n'est pas une discipline close c'est plutôt un foyer de questions d'expérience partagée réfléchie pour contribuer à nos combats collectifs contre le saccage de l'humanité et de la nature contre tous les exploitations et contre toutes les dominations pourquoi l'invitation a participé à la jeune Fondation La Boétie m'a semblé une grande chance un pari à tenter pour aborder avec rigueur mais sans académisme et avec conviction mais ont toute indépendance les grandes questions théoriques et politiques de notre temps penser et transformer du même mélange c'est une tâche plus que jamais actuelle qui vaut aussi pour nous-mêmes pour la gauche radicale pour ces organisations et sa stratégie en pleine mutation nous avons donc de quoi faire Benoît schneckenburger moi-même et c'est enthousiasmant ces temps de l'huile essentielle [Musique] et donc aux côtés de d'Isabelle Benoît qui est un compagnon de la longue route insoumise qui s'engage à nos côtés pour animer ce département de philo qui est enseignant en classe préparatoire et donc si tu peux nous donner les premiers axes de travail ce que vous comptez faire dans ce département de philosophie merci quand on a commencé à penser à ce que pourrait être un département de philosophie au sein de la Fondation je me suis rappelé de ce mot de Diderot dans l'Encyclopédie rendent la philosophie populaire alors ça pourrait vous dire vulgariser la philosophie ce qui serait déjà pas si mal mais ça a l'air de dire que le peuple lui-même attend qu'on philosophe pour lui et en réalité si on fait de l'adjectif populaire ici au contraire ce qui nous semble préoccupations alors ça veut dire qu'il faudra s'intéresser aux questions démocratiques c'est à dire démocratiser la philosophie faire en sorte que le peuple ne soit pas vu comme un objet d'étude mais le sujet qui la philosopher c'est en quelque sorte si on reprend une expression d'Altus r continue à lutte des classes dans le camp la théorie c'est aussi que comme ça qu'on envisage des choses c'est pourquoi notre premier événement fin mai aura pour ambition de travailler l'idéologie dans les démocraties d'opinion comme les nôtres s'intéresser à la manière dont se produit les idées essentielles l'opinion y est faite elle est pas spontanée et nous nous interrogerons sur la manière dont les médias les sondages les réseaux mais aussi les incitations comportementales quotidiennes nous incline à adhérer à la pensée dominante les idées s'incarnent se construisent et l'idéologie libérale fin croire qu'elles sont naturelles alors qu'elles sont toutes éminemment politique il faut donc en dévoiler les mécanismes mais philosophe pour nous c'est aussi s'orienter dans la pensée savoir où on en est et or un des thèmes civilisationnels qui a permis depuis large développement philosophique ces dernières années c'est la question animale nous allons donc publié également une note faisant le point sur ces enjeux parce qu'on sait au moins de plus Darwin mais plus largement et depuis une manière plus ancienne dans le cas de la pensée matérialiste que nous apportons nous aussi au monde animal et qu'on ne peut pas les considérer comme des simples machines par conséquent nous allons nous demander quels sont les conceptions théoriques morales politiques qui sont en jeu et comment on peut articuler la question de l'animal avec l'humanisme qui est au fondement politique de notre propre formation voilà un peu le programme provisoire de travail merci Benoît donc on vous a présenté les 7 premiers départements je voulais si vous vous lever les 7 premiers départements de l'Institut La Boétie avec des gens qui sont très occupés qui ont un agenda bien chargé que on remercie à nouveau de s'engager à nos côtés je vous l'ai dit donc il y a les départements mais il y a aussi les laboratoires que nous allons créer qui seront eux au croisement de différentes disciplines et sur différents sujets avec de nouvelles têtes qu'on aura à vous présenter pour de prochains événements mais donc j'appelle maintenant sur scène quelqu'un qui a participé à la fondation de l'Institut La Boétie Bernard Pignerol je vais te laisser là [Applaudissements] et qui a d'ailleurs écrit très récemment pour nous une note biographique justement sur Étienne de la Boétie pour mieux comprendre le lien de filiation entre cette grande figure et notre institut et donc je laisse la parole avec beaucoup d'honneur et beaucoup de remerciements d'être à nos côtés aujourd'hui à Bernard Pignerol [Applaudissements] merci clémence faites mieux au-delà du magnifique score de la dernière élection présidentielle et de l'immense qualité du programme l'avenir en commun fruit d'une méthodologie de dialogue et d'expertise technique il fallait ajouter à ce combat que nous menons pour certains depuis 40 50 ans un nouvel outil celui de la bataille culturelle et idéologique outils à la fois exigeant et populaire l'Institut La Boétie DC premier balbutiements se donnaient pour mission de jouer ce rôle l'une des conditions de notre réussite dans l'avenir et de placer très haut la barre de la pensée critique on voit bien comment la droite et les libéraux ces dernières années ont souvent fait reposer leurs arguments sur une grosse dose de mauvaise foi et même je dirais sur une terrible médiocrité intellectuelle on voit comment la pensée réactionnaire est d'extrême droite a su convaincre un milliardaire Bolloré de lui donner des outils de masse média reformatant son groupe au profit de la pire des réactions on voit aussi cela est lié dans quel impasse malgré la percée réactionnaire et la pensée libérale en ce moment le moment que nous vivons autour du débat sur la réforme des retraites et cette promesse ses premières notes en sont la preuve est emblématique de ces deux tendances il y a une nécessité mais il y a surtout je crois une brèche pour mener une offensive contre hégémonie la séquence précédente a montré le sérieux et l'ambition que porte les responsables de chacun les premiers départements disciplinaires je suis moi quant à moi au chargé de vous présenter une autre instance de l'Institut de la Boétie son conseil scientifique lui aussi reflète vous le verrez le niveau auquel nous souhaitons nous situer sa composition est à la fois de très haut niveau académique et représente les diverses familles sensibilité histoire de notre famille de pensée quel sera son rôle à chaque séance ces membres se verront présenter les travaux des départements leur publication leur conférence colloque table ronde ou chers et aussi ce qui remontera du mouvement la France insoumise et du travail évidemment de notre groupe parlementaire qui sera un vrai palpeur ils évalueront et donneront ainsi un avis éclairé permettant d'évaluer notre activité ce regard légèrement extérieur et précieux il bénéficiera à ceux et à celles qui font tourner l'Institut au quotidien et que je remercie pour sans cesse améliorer son travail le Conseil pourra aussi proposer à notre fondation des thèmes de travail spécifique sur lesquels l'ensemble des départements pourrait plancher notamment quand cela lui apparaît nécessaire pour renouveler les positions de notre camp ou préparer une bataille particulière dans certains domaines contre les libéraux à l'extrême droite on pourra aussi tenir des séances thématiques du conseil scientifique pour discuter de telle ou tel sujet de manière dont elle peut être abordée pour éclairer la pensée politique et les débats publics en s'enrichissant évidemment des différentes spécialités universitaires d'un tout chacun le Conseil Scientifique sera donc une instance essentielle de l'Institut La Boétie dans l'activité viendra alimenter la réflexion et les travaux des départements sans plus attendre je vais maintenant vous révéler les premiers noms qui ont accepté d'en faire partie historienne de la Révolution Française Florence Gauthier [Applaudissements] l'économiste Jacques Généreux un vieux compagnon de rose un vieux de mon âge Dieu ça veut dire ancien le sociologue membre du comité consultatif du Conseil des droits de l'homme et les Nations Unies Gentz Ziegler qui nous fait cette honneur [Applaudissements] la psychanalyste est directrice de l'Institut du toumonde Sylvie glissant [Applaudissements] la politologue spécialiste de l'Amérique latine que chacun connaît Jeannette Abel [Applaudissements] la sociologue spécialiste des ultra-riches et il y en a quelques-uns Monique pinson Charlot le philosophe Michael Lewis la sociologue spécialiste du travail Daniel Linard [Applaudissements] l'économiste Stefano palombarini [Applaudissements] le semiologue et ex directeur du Monde diplomatique ignac un ami qui m'est cher ancien en fonctionnaire devenu journaliste Grégory jet ski le directeur des éditions Amsterdam et traducteur Nicolas vieille case la sociologue et militante féministe Françoise Vergès [Applaudissements] et donc moi-même Bernard Pignerol juriste et au fonctionnaire [Applaudissements] voilà certains d'entre eux qui ne sont pas là ont souhaité vous transmettre un message vidéo pour expliquer leur vision et leurs attentes nous allons maintenant les visionner il y a 5 siècles Étienne de la Boétie écrivait que plus le peuple se libère de la servitude volontaire moins de pouvoir auront les tyrans et c'est exactement ce que nous sommes en train d'aider de voir dans les rues à Paris et dans toute la France alors c'est que j'espère de l'Institut là-bas aussi c'est que deviennent laboratoire les pensées pour comprendre les pouvoirs qui est derrière le pantin qui est ouvert le système qui nous dominent c'est-à-dire le capitalisme et que l'Institut La Boétie nous aide à trouver des alternatives radicales à ces systèmes les alternatives radicales ou capitalisme c'est par exemple l'écosocialisme il y a en France la possibilité de reconstruire une gauche forte et capable de lutter pour son combat pour l'émancipation qui est son combat traditionnel faire en sorte qu'il puisse avoir un lien entre le travail intellectuel et les militants entre les organisations politiques la réflexion historique par exemple la réflexion politique et géopolitique c'est vraiment une chose très importante par conséquent la formation l'éducation fait en sorte que les nouvelles générations connaissent à la fois ce qu'il y a pu avoir de bien dans les expériences passées mais aussi les échecs qui ont eu lieu c'est quelque chose d'indispensable maintenant si on veut rénover le combat pour un socialiste qui soit complètement différent de ce qu'on a connu antérieurement nous allons tous sur les yeux des souffrances sociales et résistances engendrées par des politiques non libérales cependant il serait illusoire à mon sens d'imaginer que ces résistances font alimenter une opposition des gauches tant que dans la tête des gens il n'existent pas d'alternatives réaliste apporté des marques des risques très forts au contraire que cette souffrance sociale aille alimenter une voie à l'extrême droite il est donc essentiel d'engager un combat d'ordre gémonique dans le cas d'une vision du monde radicalement alternative par rapport à la vision des libérale soit portée et des convaincre qu'il y a une alternative dans ces combats chez Monique une ribéraux ont évidemment des alliés très puissants au niveau médiatique au niveau intellectuel au niveau économique donc c'est un combat difficile je suis très content que la Boissy essaie d'y participer et je lui souhaite comme je vous souhaite à tous bon courage j'ai accepté de rejoindre le Conseil scientifique de l'Institut La Boétie pour participer à l'incitation de recherche qui aurait pour boussole l'anticapitalisme ce qui évidemment serait assez loin de l'Académie disant des recherches en sciences sociales sous l'aire macronienne est loin aussi de la mise en concurrence acharnée des laboratoires et des chercheurs et qui permettrait justement au contraire de mener solidairement des recherches qui permettraient d'établir des liens et des passerelles entre les résultats des recherches scientifiques menées au sein de cette institut et les combats politiques de la gauche anticapitalistes enfin de la gauche évidemment dans sa diversité et ses complémentarités pour qu'enfin on arrive à avoir une sociologie et une science au service de l'intérêt général et plus du tout au service de l'oligarchie parce que ça suffit donc ça c'était le Conseil Scientifique les premiers premières qui ont accepté de le rejoindre et maintenant je vous présente donc Daniel au Bono et Antoine ça laisse Papou qui vont nous parler des activités de formation puisque Daniel coanime le pôle des cafés populaires au sein du mouvement de la France insoumise et Antoine salais Papou et responsable de l'école de formation donc je vous laisse la parole pour nous décrire tout ce qui est prévu du côté de la formation merci Clémence bonjour à tous En effet de qu'on a tous les deux étaient chargés de vous faire une rapide présentation des aspects d'éducation populaire qui vont être pris en charge par l'Institut labo ici moi comme tu l'as dit que Clémence donc je vais me charger au sein de l'Institut de l'école de formation et Daniel toi donc tu es en responsabilité au sein de de l'espace bataille des idées à la France insoumise et donc tu peux peut-être d'abord nous dire un mot de pourquoi en fait l'éducation populaire est vécu comme une priorité pour l'insoumission aujourd'hui oui merci Antoine merci Clémence bonjour à tous et toutes je suis très heureuse de présenter le travail qu'on a commencé à faire avec la fondation et effectivement la question de l'éducation populaire de la formation et très présente dans la feuille de route que nous avons présenté lors de notre assemblée représentative en décembre dernier ça tient une place véritablement centrale pourquoi parce que nous nous considérons que le savoir est une arme de mobilisation générale notre objectif c'est de construire une hégémonie alternative au déo de libéralisme et de convaincre le plus largement possible le plus massivement possible notre peuple qui a un autre monde est possible et ça ça passe par la diffusion large de nos analyses de nos théories que nous avons développé dans le programme l'avenir en commun et qui est un programme de rupture avec l'ordre ou le désordre néolibéral actuel c'est d'ailleurs en fait l'objectif de la formation dont toi-même est responsable Antoine à la à l'Institut La Boétie c'est ce qu'on a en lien et en commun absolument le Light motif de cette école que qu'on lance ça va vraiment être faire de l'éducation populaire sous toutes ses formes il nous semblait logique que l'Institut La Boétie lieu de production intellectuelle de débats de dialogue soit aussi un lieu de formation on a parlé d'interface l'école je pense doit jouer en fait ce rôle de passerelle entre la pensée critique et l'action populaire et de lieu d'aller-retour sans cesse entre les deux car il n'y a pas d'action possible sans penser ni je crois de penser féconde sans lien à l'action un des premiers formats donc dont on va vous parler et que nous allons développer c'est c'est celui dont tu t'occupes particulièrement Daniel et je crois qu'il fournit un bon exemple de de ce principe c'est celui des cafés populaires si tu veux nous en dire un mot oui alors les cafés populaires c'est une innovation qu'on a développé au sein de l'espace bataille des idées et formation je suis en charge de ce de ce pôle avec Sylvain Noël et alors pourquoi cette initiative et cette idée alors déjà les cafés populaires c'est quoi ce que c'est ce que ce n'est pas déjà c'est une ce n'est pas une réunion publique classique d'abord parce que il s'agit d'aller là où sont les gens et pas de les faire venir à nous comme on le fait souvent dans les réunions publiques classiques il s'agit en fait d'être littéralement dans un café véritable un lieu qui est un lieu d'échange et de débat en fait de proximité et l'objectif c'est d'y construire un processus d'éducation populaire c'est-à-dire qu'on apprend à partir des savoirs tous types de savoir des savoirs académiques universitaires théoriques mais aussi des savoirs pratiques des savoirs du quotidien et c'est tous ensemble en fait qu'on fait jouer l'intelligence collective et qu'on ressort de ce moment en ayant appris des choses et en ayant renforcé des convictions donc c'est un enjeu à plus long terme aussi de diffusion de batailles de batailles des idées et ce format nous semble être particulièrement fécond l'objectif c'est avec le travail de la fondation et c'est là où c'est un rôle clé que qu'on met en oeuvre c'est vraiment de diffuser aussi tous les travaux académiques qu'on passionnant qu'on vous a qu'on vous a présenté au plus près et de faire en sorte que cette pensée critique ne soit pas réservée aux cercle militants au Cercle universitaire est déjà c'est important mais qui puisse se diffuser dans toute la société et notamment dans des cafés c'est un peu l'antithèse des cafés de commerce les cafés populaires c'est un endroit où on fait un une effervescence et un dialogue intelligent à partir des des enjeux du quotidien à partir de sujets d'actualité comme c'est le cas en ce moment sur la question des retraites on a commencé une série de café populaire sur les retraites mais ça peut être aussi des points du programme de l'avenir en commun et puis des sujets qui seront suscités au sein au sein de l'Institut et de la fondation il y a aussi l'enjeu c'est un processus de formation aussi et donc c'est là aussi où le lien se fait avec avec vous à l'Institut La Boétie et les nouveaux formats qu'on met en place entre l'espace académique et intellectuelle et l'espace militant et dont tu vas nous parler aussi ouais tout à fait donc à côté des cafés populaires on va on va développer plusieurs formats puisque en fait la formation militante était un des points de discussion très récurrent entre militants insoumis lorsqu'on a discuté de l'amélioration du mouvement de des évolutions et apporter après la séquence électorale de 2022 donc l'école a vraiment vocation à reprendre le flambeau de ce travail de formation et parmi les formats que je vais vous présenter il y a d'abord le premier c'est qu'on va lancer un catalogue de formation pour les groupes locaux pour les groupes d'actions qui pourront donc commander leur formation son principe à ce catalogue sur une série de thèmes les militants partout en France peuvent demander une formation en la commandant directement sur le site de l'Institut La Boétie nous nous chargeons de trouver l'intervenant capable de faire cette formation et il ou elle se déplacera pour pour répondre à la demande donc ce format là ce catalogue on le lance bah aujourd'hui donc il va être accessible en ligne dès cet après-midi donc vous pouvez le retrouver sur le site de l'Institut La Boétie à côté de cela nous allons aussi continuer et approfondir les formations numériques les formations numériques c'est quelque chose dont on a été plus habitué ces dernières années à la France insoumise où il y a eu un énorme travail déjà qui a été qui a été fait dessus et c'est vrai qu'il y a eu une grosse demande de formation en présentiel mais ça nous semblait indispensable aussi de conserver un format numérique très ambitieux parce que dans la galaxie du militantisme insoumis il y a aussi des gens dont le militantisme c'est juste de mettre un tract de temps en temps dans la boîte aux lettres de discuter avec ses amis ils sont pas forcément en fait dans un groupe d'actions mais ce sont quand même des militants insoumis il faut aussi qu'ils aient un format de formation qui soit accessible à eux et donc concrètement ça prendra la forme de vidéo accompagnée de supports pédagogiques pour accompagner ces vidéos il y a aussi un format que j'ai eu la chance de d'expérimenter parce que j'ai participé au premier week-end de du cursus renforcé et c'était très inspirant et très enthousiasmant moi j'étais notamment sensible avec la manière dont vous avez expliqué parce que c'est expliqué en ligne le processus de sélection parce que énormément de demandes et surtout la manière dont vous avez essayé de corriger certains biens bien sociologiques je trouvais ça vraiment bien en fait et très sain et d'expliquer pourquoi voilà on a rectifié certaines tendances de reproduction militantes pour justement élargir notre notre base de militants formés est-ce que tu peux en parler un petit peu ouais je vais en dire un mot donc à côté du catalogue à côté des formations numériques il y a aussi donc le cursus renforcé donc là il s'agit d'une formation vraiment très exigeante pour laquelle il y a des promotions de 70 militants qui ont une série de cours à raison d'un weekend par mois pendant un an le week-end dernier on a eu la première nos premiers cours on avait la chance d'accueillir Daniel obono mais aussi Mathilde pano qui était Président de du groupe de la France insoumise et Francis Parny mais aussi Isabelle Garraud la correspondance du Département de philosophie mais aussi l'écrivain Néhémie pierre pierre dahomet donc pour pour des premiers cours donc vous l'avez compris c'est c'est une formation de grande qualité autour des des concepts théoriques qui sont à la source un peu de l'insoumission à savoir l'humanisme global le matérialisme historique et la théorie de l'air du peuple la première promotion donc c'est réuni le week-end dernier et donc pour dire un mot de ce que tu disais donc la promotion elle est composée 70 personnes donc ce qui implique évidemment de faire une sélection sélection qui n'est pas facile puisque on a lancé un appel à candidature à tous les militants insoumis on a eu 1500 candidatures donc il a fallu en choisir 70 donc pour vous expliquer rapidement un peu les critères on a voulu que la parité stricte de genre soit soit respecté on a voulu que l'ensemble des régions de France soit se représentées on a voulu que des types de communes différentes soit représentés commune de banlieue comme une rurale comme une urbaine et on a voulu aussi effectivement ce que tu disais Daniel que le toutes les catégories du peuple finalement soient représentées et accède à ce cursus renforcé des étudiants des ouvriers des employés des fonctionnaires des cadres etc etc nous allons devant le succès qu'on a eu rouvrir une nouvelle promotion qui commencera dès la rentrée 2023 donc le week-end dernier je le disais nous avons eu la chance d'avoir Daniel Mathilde Francis Isabelle Noémie Jean-Luc Mélenchon aussi est venu introduire la théorie de l'ère du peuple mais aussi la promotion donc qui se rencontrait pour la première fois et dont je vois certains visages ici dans dans la salle c'est choisir un nom de promotion qui je pense poly rendre très fiers parce qu'ils ont choisi un personnage qui était à la fois une grande militante révolutionnaire et aussi une intellectuelle qui est le personnage de Louise Michel [Applaudissements] c'est donc la promotion Louise Michel et certains d'entre eux certaines d'entre elles ont fait une petite vidéo pour se présenter on regarde tout de suite bonjour je m'appelle Jérôme je suis étudiante je viens de quand en Normandie et maintenant je suis parisien je ne travailleur je viens de La Courneuve du coup j'habite en Seine-Saint-Denis je suis étudiant à Paris en licence de droit et je fais partie de la première promotion de l'Institut de la Boétie la promotion Louise Michel je suis militant en Charente-Maritime dans la ville de Rochefort a besoin dans le 95 le Val-d'Oise je suis maman je suis militante active de postuler pour l'Institut de la Boétie parce que je pense que c'était une occasion unique d'apprendre des choses nouvelles je pense que ça peut nous aider en fait théoriquement de de connaître toutes ces choses là et bien évidemment la vraie vie c'est plus important quand on va faire du porte-à-porte auprès des gens mais je pense que mettre en perspective ces choses là avec la théorie ça sert toujours j'ai voulu faire l'école de formation le cursus renforcé de la Boétie pour plusieurs raisons déjà je pensais que maintenant que je suis militante depuis de nombreuses années j'avais envie d'un de théorie de contenu pour enrichir mon militantisme pour être plus convaincant quand j'échange avec des gens je suis venu à l'Institut de la Boétie pour pouvoir bénéficier du parcours du cursus renforcé parce que j'attends d'avoir des éléments d'asseoir les les connaissances les bases ils vont nous permettre de pouvoir aller convaincre un maximum de personnes de l'intérêt d'adhérer au programme des insoumis et j'ai décidé de rejoindre le cursus renforcé de l'Institut de la Boétie parce que je pense que tous les militants devraient se former qu'ils soient du service d'ordre qu'il soit dans les ga qui soit volontaires à l'espace programme comme je gratuit pour pouvoir renforcer nos connaissances sur les différents concepts qu'on mobilise c'est pour ça que j'ai candidaté [Musique] contre leur de mes actions militantes j'ai de la chance d'être sélectionné parce que ça va nous permettre surtout de convaincre d'avoir des éléments pour surtout par rapport à l'éducation populaire pour élever les consciences dans voilà dans les par rapport aux gens qu'on rencontre chaque jour en porte à porte et en action donc ça va vraiment nous permettre d'avoir des outils à notre disposition et d'être formés sur différents sujets j'ai voulu faire la formation pour avoir des connaissances qu'on a pas forcément quand on commence le militantisme également de de de pouvoir concrétiser des idées des projets parce qu'il y a plein de choses qui qui se passent dans le mouvement et c'est je travaille à la fois avec avec les militants avec exécutés mais également des associations des collectifs des acteurs de quartier et c'était important justement de pouvoir avoir ce bagage ce bagage cette formation voire vite mettre en pratique les actions concrètes on a la chance d'avoir des très bons professeurs de qualité pour l'instant on a fait que le premier week-end de formation mais c'était hyper enrichissant intéressant franchement nous directeurs on va dire Papou viens gérer et puis manuel aussi donc voilà on a beaucoup de chance voilà aujourd'hui un peu voilà mes attentes et à la formation je suis vraiment contente d'être ici de pouvoir m'instruire encore plus théoriquement parlant et pouvoir apporter ça aussi dans mon groupe d'actions sur le terrain je suis très content d'avoir participé à ce week-end Jean-Louis Mélenchon parler d'élever les consciences c'est l'intérêt qu'on a à être ici à être ici avec tout le monde avec ses 70 personnes qui sont toutes très motivés et donc c'est super d'être là avec tout le monde et de rencontrer les gens pour ces prochains weekends de formation on a tous et tous déjà hâte [Applaudissements] et on entame le dernier acte de cette séance inaugurale et j'ai l'honneur d'avoir à mes côtés trois personnes qui ont accepté de faire une allocution évidemment Abdourahmane ouaberry Annie Arnaud et Jean-Luc Mélenchon [Applaudissements] [Applaudissements] alors on l'a dit cette institut les bas uniquement tourné vers le monde universitaire on veut aussi donner la parole à des artistes à des créateurs qui ont un point de vue singulier sur le monde et qui contribue à la bataille des imaginaires et donc c'est pourquoi pour commencer j'ai le plaisir d'accueillir un écrivain Franco djiboutien auteurs notamment des ouvrages le pays sans ombre transit aux États-Unis d'Afrique ou plus récemment dis-moi si j'existe il est titulaire de nombreux prix littéraires dont le grand prix littéraire d'Afrique noire donc sans plus attendre je vous demande d'accueillir très chaleureusement Abdourahmane ouaberry bonsoir merci bon je vais pas m'évanouir donc je vais commencer mon histoire tout de suite l'histoire que je vous raconte s'intitule nous c'est une sorte de film et pour les pas perdre les fils je vous donne par ordre d'apparition le nom des acteurs et actrices Pierre berguniou François Maspero et une surprise que je garde pour la fin donc disait oui nous je parle du pronom collectif et non celui dit de majesté c'est nous je n'ai pas eu aller chercher loin il a surgi autour de ronds il a été salé combattu aussi avec Arles et violence il a été étouffé samedi après samedi il attend son heure il sourit un gilet jaune au dos il sourit alors que s'ouvre un nouveau franc de lutte sociale face à la caste des dominants convaincu de son importance jouissant de ces privilèges isolé en sa forteresse il lui faut à lui tendre l'oreille et même le coup pourrait prouver ces terres de liberté qui prélude le grand soleil d'été nul besoin d'être prophète il suffit de rester en veille il suffit de tourner le dos au Camelo des chênes câblées et à l'air mortifère obsessions pour celles et ceux de plus en plus nombreux qui se lancent dans la lutte parce que il et elle désire un changement radical une révolution citoyenne une des tâches disponibles ces jours-ci consiste à participer aux grands dévoilement qui est en train de s'opérer des contribuer à déchirer c'est tout de suite de mensonges j'emprunte cette idée à hawadies première apparition des grandes et petites victoires il nous disait je cite il faut entreprendre un ensemble d'actions qui permettent de révéler l'abîme existant entre les mots et la réalité qui démontrerait que le système libéral a échoué à atteindre les objectifs qu'il a lui-même affiché qu'il a trahi ses propres valeurs qu'il a détruit c'est à Cloix il prétendait tenir et qu'il a laissé périr c'est qu'il a fermé respecté fin de cette chasse fin des citations nous y sommes merci à vous à présent que nous sommes éveillés de famille que nous sommes légion les mots résolvent de manière différente pour nous si par exemple d'une voix bienveillante avec un soupçon des pédagogie j'évoque devant vous deux mots magiques pour eux par exemple la valeur travail vous allez éclater derrière quelque chose à bien changé est-ce à cause ou grâce à la température de l'air ou est-ce dans l'acoustique je reviens à nous nous et les titres d'un magnifique documentaire d'Alice Diop sorti en février 2002 et tout d'un coup j'entends une petite voix mais susurait des mots familiers elle dit je cite quelque chose de nous-même elle ajoute qui nous met ensemble elle poursuit la langue commune française étrandit aux cinq continents au-delà des frontières tout d'un coup je me dis mais c'est phrasé cette cadence cette poésie j'ai la reconnais ce sont les mots de Miami pierre Dahomey le Hugo haïtien c'était dans les premiers clips de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon sur les thèmes de la culture et j'irai voir les visages familiers des gens qui jouaient dans le film victoire Yuki Rachel qui n'était pas encore à l'Assemblée un clip qui était réalisé avec brio par la talentueuse Mathilde vous voyez où je vais en venir les clips une minute trente des merveilles les documentaires quelques semaines d'écart Alice Diop et maty Diop un peu plus de 40 ans l'une ou l'autre devant ou derrière la caméra l'émotion l'audace le génie à Carthage à Cannes Berlin Venise elle rafle les prix elles nous enchante et les élimine le cinéma mais de quoi parle-t-il nous le documentaire d'Alice Diop les journalistes par eux pressés vous diront que c'est un film sur la banlieue c'est faux réducteur surtout Alice Diop nous embarque avec elle son film obéit un principe dynamique c'est une flânerie à l'ancienne Roussé ta souhait le long de la ligne B du RER on passe d'une gare à une autre d'un personnage ou d'un groupe de personnages un autre on suit un temps les trajets de la chair d'Alice Diop infirmière à domicile on fait la connaissance avec ses passions souvent vieux et puisque nul ne guérit de son enfance Alice Diop nous fait entrer dans les berceaux familiales à Aulnay-sous-Bois là on découvre sur des bouts de films super 8 la voix et les visages des disparus le père Ousmane ouvriers dans l'automobile la mer Rokhaya femme de ménage en Thérèse aujourd'hui au Sénégal ils font écho à d'autres disparus dans la mémoire est conservée à Drancy au Mémorial de la Shoah nous voilà déjà passablement ses couilles on passe à d'autres lieux d'autres personnages le clou du film pour moi c'est la rencontre avec l'immense écrivain Pierre bergougnaud devant la caméra il lit des fragments de ces carnets de notes chez lui à Gif-sur-Yvette c'est un beau moment de cinéma c'est la communion entre deux belles âmes la fille du F3 et les sismographes stylistes habité par les terres de Corrèze il est question d'élévation d'accès à l'ordre symbolique je n'en dis pas plus sinon que Pierre et moi avons partagé il y a la même fusion il y a plus de 20 ans comme Alice Diop je lui avais fait part de mon projet mon désir de donner une dignité littéraire au mien mais dans ce qu'on appelait encore les colonies ma colonie à moi elle avait pour nom un joli acronyme bien exotique t'es failli qu'on disait pour territoire français des affaires et des Issa pierre le Corrézien m'a ouvert ses bras accueilli avec des mots doux raconter ce tournoi à lui fils des terres pauvres colonisés de l'intérieur on quitte pierre berguniau pour être trouvé des adeptes de la chasse à courre arborant corps et dingote à cheval ou en 4X4 entouré des chiens dans la forêt des fontaines blue la caméra d'Alice Diop est partout chez elle à hauteur d'hommes et des femmes elle perdent des tendresse des bonté là c'est la deuxième leçon du politique de mon cours de mon discours quand on prend le temps des flâner comme Alice Diop qui a traîné ses guêtres en Île-de-France toute une année on rencontre partout les mêmes gens qui vivent les mêmes galères qui éprouvent les mêmes besoins de ce voyage au fond de soi on revient transformés les mots de la fin sont des mots des remerciements adressés à un autre grand personnage qui a inspiré Alice Diop François Maspero son ouvrage de 1990 les passagers du Roissy express à inauguré une nouvelle manière d'écrire nos villes nos vallées nous morte saison une nouvelle esthétique pour donner au réel toute sa place il faudrait plusieurs journées d'études pour rendre hommage à François Maspéro le nom des maspéros pour les anciens surtout évoque mille souvenirs affectent et moi écrivain traducteur libraire militant politique masse c'est une adresse commune de tous les militants une librairie combat du boulevard Saint-Michel masse c'était un catalogue et quel catalogue tous les grands noms du monde en décolonisation Franck Fanon amical Cabral Meli Benbarek Mongo Betty et j'en passe déjà le générique défile j'ai les larmes aux yeux en quittant la forêt de Rambouillet et en écoutant la voix d'un poète qui n'en finit pas à décrire sa chanson celle la chanson qui continue d'être trimballer les vieux Hugo et elle qui répond toujours du nom de Robespierre ma France vous avez reconnu Jean Ferrat Monsieur Jean Ferrat c'était ma dernière référence sa chanson qui va durer des larmes s'appelle ma France elle date de mars 1969 je n'avais pas encore 4 ans Alice Diop n'était pas encore né Ousmane était déjà au taf à l'usine je vous remercie [Applaudissements] merci beaucoup Abdourahmane cette magnifique et maintenant c'est un moment extraordinaire que nous allons vivre pour l'institut La Boétie nous lui sommes infiniment reconnaissant d'avoir accepté de venir prendre la parole pour cette séance inaugurale pour beaucoup d'entre nous je crois et pour moi en tout cas mais pour beaucoup d'entre nous c'est sûr les textes de cette grande écrivaine ont joué un rôle immense de notre construction intellectuelle sensible et politique elle conjugue avec élégance et avec intelligence son engagement et son art et ça fait notre admiration et donc c'est un honneur magnifique pour moi d'accueillir la prix Nobel de littérature madame Annie Ernaux [Applaudissements] merci à vous en écoutant je savais pourquoi j'étais là parce que par exemple le film d'Alice Diop je l'ai vu avec une émotion extraordinaire elle parlait au fond de nous mais nous nous dirons nous mais tous des humains qui ont des relations qui formons qui forment mon pays et je crois que c'est un des plus grands films que j'ai vu dans ces dernières années voilà et bien sûr je vais je vais parler autrement que vous tout simplement parce que au fond je me suis interrogée sur mon rapport à la politique à l'intérieur de mon écriture c'était un grand sujet qu'on m'a posé là au fond voilà au fond pourquoi je suis pourquoi je suis là c'est au fond ça et malgré moi je suis obligée de penser au rapport qu'il y a entre la littérature et la politique est-ce que c'est complètement séparé comme on tend à nous le faire croire et cela depuis pas mal de décennies depuis que il y a la fin de des grands écrivains engagés on nous laisse penser que la littérature et la politique ce sont vraiment des choses qui n'ont rien à voir alors c'est une question qui se pose en réalité depuis le 19e siècle et on sait bien que la phrase de saddale a été longtemps longtemps proféré qui est que c'est la politique au milieu d'un livre c'est un coup de pistolet au milieu d'un concert mais on oublie la suite quelque chose de grossier bon auquel pourtant il n'est pas possible de refuser son attention et quand on quand on l'étudie sadale quand on le lit on voit bien qu'elle place justement à la politique dans le rouge et le noir c'est une évidence où la Chartreuse de Parme donc de prendre un auteur et de vouloir lui faire dire en fait que toute son œuvre d'aimant c'est de la posture cette ce refus au fond de la politique et de la littérature du moins qu'ils aient des rapports m'interrogent en fait depuis longtemps parce que moi je dois dire que lorsque j'ai commencé d'écrire il est évident il est évident que c'était quelque chose qui se touchait qui se rapprochait la première question tout le monde a bien entendu cette phrase que j'ai proférée pendant le discours du Lombez j'écrirai pour venger ma race bon alors on me l'a reproché évidemment de toutes les façons enfin pas tout le monde bien entendu mais disons que dans un certain milieu et d'une manière générale c'était quelque chose qui choquait qui choquait et même le fait au fond que cette phrase soit reprise c'est que quelque part c'est qu'elle n'est pas normale entre guillemets c'est que on pense que on ne peut pas écrire pour quelque chose c'est ça alors bien entendu je n'écris pas pour directement mais il est évident que j'écris depuis ce que j'ai ressenti depuis ce que j'ai vécu et qui naturellement m'a poussé à avoir une certaine vision du monde je suis un peu émue au fond parce que parler de parler de ma vision parler de mon écriture c'est toujours aussi remonter à des images qui sont très très douloureuses d'une certaine manière il m'envient je suis plus du tout ce que j'ai écrit en réalité n'est-ce pas bon donc cette image par exemple que quelquefois chez mise dans mes livres bien sûr il y en a une qui est très très violente et que je livre ici c'est à dire je reviens du mes cours de classe de seconde je reviens d'une j'ai fait du latin bon et je reviens c'est un samedi au travail le samedi à l'époque et on travaille les élèves travaillent et je vois monter dans la rue je vois ma tante une de mes tentes et elle est je vois qu'elle marche pas droit et arrive à ma hauteur et elle a un mal fou à me dire bonjour Annie je ne la copierai pas je dirais pas elle dit bonjour Annie et c'est tout et elle a un sac avec dedans je vois très bien elle a des bouteilles vides elles montent en ville elle va pas chez mes parents chez mes parents qui vendent aussi du vin elle va en ville parce que parce que la honte mais elle a tel besoin d'alcool qu'elle y va et je sais que je jusqu'à la maison je suis envahie d'une telle tristesse municipale actrice c'est de regarder autour de soi le monde et se dire que c'est pas possible que c'est pas possible et je vois évidemment ce que moi déjà je suis je sais je connais une forme d'avenir déjà se décide pour moi et donc ce sont des images comme cela qui font que au fond c'était un grand désir d'avoir les capacités d'écrire de pouvoir écrire et de dire ce monde-là et ces choses c'est cette image là par exemple pourquoi elle me vient là alors que je vais préparer tout autre chose mais c'est parce que c'est pour bien montrer que écrire écrire écrire sa vient ça vient de loin mais ça vient de choses qui sont politiques c'est ça c'est à dire que il y a un rapport total entre sur écrire parce que qu'est-ce qu'on écrit on écrit on a des dedans il y a des personnages ou bien on dit à la première personne on écrit à la première personne mais avec une vision du monde avec une vision du monde et donc c'est la même chose en politique quand vous organisez la loi c'est fait pour avec une vision du monde avec une vision de la société et donc c'est pour moi la politique elle organise la vie elle elle est là pour la vie des gens enfin elle devrait pas toujours naturellement et c'est ça justement c'est pour ça que je suis là c'est pour que la vie ne soit pas pour les grands groupes ne soient pas pour les hyper riches ce soit ce soit pour tout le monde mais avec le voilà cette idée d'égalité c'est l'égalité la plus grande la plus grande des disons que pour moi c'est ce qui compte le plus voilà peut-être je déborde un petit peu que je prends sur ton temps non et je voulais dire également que par exemple si j'ai pas tout ce que le film d'alisiaque était formidable c'est aussi parce que pour un film c'est valable mais en littérature peut-être encore plus pourquoi parce qu'on utilise le langage en plus ça disait que écrire c'est choisir l'air social où on situe son langage et cette phrase que j'ai en tant que j'ai lu il y a plus de 30 ans et bien elle est pour moi toujours valable c'est à dire que ce n'est pas ça veut pas dire du tout d'utiliser le langage du peuple c'est ce populisme non c'est pas ça c'est de savoir exactement de chercher les mots qui vont coller à la réalité parce que c'est la recherche du réel que qu'il y a dans la littérature qu'il y a pour moi et donc c'est ça qui compte énormément et donc je voulais parler de la forme le film d'adhésiope est magnifique parce que justement la forme cette forme cette promenade le long du RER c'est pas c'est pas anodin le RER on le sait on le sait les les riches les privilégiés ne prennent pas le RER bon donc il y a il puisse ça veut dire aussi qu'on habite la banlieue donc on n'est pas dans le centre de Paris etc bon tout ça j'en ai parlé dans mes textes donc c'est pas la peine que j'y revienne mais donc ce qu'elle choisit comme forme un sens un sens vraiment politique et d'autre part c'est une forme qui n'a pas été utilisée avant et donc je pense que c'est pareil en littérature si vous si vous ne cherchez pas à trouver une forme nouvelle vous êtes dans le conservatif et vous rejoignez au fond c'est la même chose que de vouloir que les choses ne changent pas c'est la même chose je peux vous savez je peux continuer encore longtemps donc je vais m'arrêter quand même et vous dire ça va donc je vais terminer par je vais oui je vais terminer là et bien en disant que je ne sais pas ce que qu'elle peut être mon rôle à l'intérieur donc de cette fondation très certainement je ne je ne suis pas une bonne conférencière comme vous pouvez le voir donc c'est ce n'est pas ce n'est je pense que d'une certaine manière je suis là aussi pour quelque chose c'est pour que de montrer que ce que justement je veux dire tous ceux qui écrivent et sont nombreux aux écrivains et bien qu'il faut qu'il faut ne pas avoir peur de s'engager en politique voilà [Applaudissements] [Applaudissements] merci beaucoup Annie Arnaud ce discours et pour tout le reste on est vraiment très honoré de voir la première séance placée sous votre patronage et sous le patronage de ces paroles et maintenant et pour conclure j'accueille mon coprésident ancien candidat à l'élection présidentielle et porteur du programme l'avenir en commun qui a aussi écrit une vingtaine d'ouvrages dont l'air du peuple je vous demande d'accueillir Jean-Luc Mélenchon merci une fois n'est pas coutume je vais lire comme je le faisais dans les assemblées lorsque le temps était minuté et je le ferai d'autant plus que j'ai appris très récemment que je parlerai le dernier je demande à chacun d'entre vous ce que ça lui ferait de savoir qu'il parle après Abdourahman ouharibi et Annie Arnaud il faut donc l'émotion reste contenue dans la stabilité de l'écrit car parler après vous tous pas seulement les deux derniers tous ceux qui ont parlé auparavant c'est une mission singulière comme vous tous je crois à la force de l'esprit humain à la gloire de ses expressions à la continuité de ces efforts d'émancipation je sais comme vous que quand l'humanité comme c'est le cas aujourd'hui cherche son chemin à tâtons les consciences librement insoumises par l'effet de l'art et des sciences marche à nos premiers rangs voilà pourquoi un homme politique peut se sentir dérisoire à parler après vous tous après Abdourahmane après ADN mais les lieux eux-mêmes aussi pour peu qu'on soit capable de ressentir l'histoire et pas seulement de l'étudier et de la connaître ces lieux ajoutent vos sentiments étranges qui m'a pris en préparant ce texte ce réfectoire a reçu comment pourrais-je l'ignorer à partir d'avril 1790 la société des droits de l'homme et du Citoyen sont lesquels ces droits ne sont rien cette société que l'on a surnommé ensuite le club des Cordeliers ici on parlait avant nous Georges Danton Camille Desmoulins Hébert Mara Chomette des noms qui pour beaucoup d'entre nous dans l'ensemble de la Révolution claque comme des drapeaux cela vous le saviez mais combien ça ici que s'exprime aussi le seul mouvement politique féminin et féministe de toute la révolution celui qui s'assemblait dans la société des citoyens révolutionnaires de Paris non seulement t’éloigne de Méricourt mais Pauline Léon chocolatière éclaire la combe elles animaient ce groupe révolutionnaire non mixte elle réclamait le statut de citoyenne et le droit au port d'armes pour former des brigades féminines de défense de la Révolution encore une fois le nom des femmes du peuple et leur radicalité a été effacée et souvent remplacé par celui des femmes de la haute société toujours mieux recommandé à leur époque comme à la nôtre certes ces clubs furent ensuite indignement interdit mais les femmes révolutionnaires du temps de leur action ont donné son sens complet à la grande révolution de 1789 leur silence aurait relativisé à moins de ris longue de choc qui travaille encore ce peuple et une partie du monde et qui a jailli de la Grande Révolution de 1789 dans cette salle vous le savez aussi on a voté avant l'assemblée et avant tout autre organisation la déchéance du roi après sa fuite à Varennes si on a lancé la première pétition pour la proclamation de la République en France ainsi les voix entendues avant moi et les lieux qui nous reçoivent ont ouvert un chemin et nous venons en assumer la continuité du fil conducteur sous les gîtes d'Étienne de la Boétie le jeune insoumis du 16e siècle et que répare la barbarie de la répression des pitos les piteux pauvres gens sans soumettant à la taxe du sel rédigea à 18 ans le discours montrant comment les tirants éléments narcs de toutes sortes sont d'abord fort de notre soumission il montre comment cette soumission devient volontaire quand nous choisissons de faire taire l'instinct de liberté qui nous anime tous comme tout être vivant humain et bêtes lui puis Marie de Gournay plaisante à la même époque l'égalité des hommes et des femmes devant la reine Médicis c'était parmi d'autres en pleine nuit des guerres de religion la petite Corse fondatrice de ce qui deviendra le siècle des Lumières puis de la grande révolution qui a eu un de ses nids dans ce lieu eux affrontaient alors un obscurantisme hégémonique qui combinait de la licence à la mort un pouvoir religieux avec un pouvoir politique eux affirmé et argumenté la thèse d'une idée radicale que nous continuons de faire vivre celle du Manifeste de Pic de la Mirandole sur la dignité de l'homme il voulait dire de l'être humain l'idée qui travailla les consciences dans le siècle des Lumières puis culminea avec la Déclaration des Droits et enfin avec la Commune de 1871 l'être humain est son propre auteur rien d'autre que sa liberté ne fera jamais son histoire il lui revient donc de savoir librement et rationnellement s'il doit se soumettre ou bien s'insurger il a ses repères les droits fondamentaux de la personne humaine sont inaliénables et ils forment la seule base légitime qui doit tenir lieu de règles à tout pouvoir politique qui doit la servir et la satisfaire liberté savoir raison les trois convergent dans la revendication d'égalité des droits sociaux pour y accéder cette feuille de route reste la nôtre car un autre tour nous affrontons un obscurantisme et celui qu'à cet instant je viens dénoncer dans ce lieu c'est la doctrine néolibérale elle exige de nous une soumission complète à un ordre économique destructeur de l'humain et de la nature au nom d'une pure superstition c'est la foi dans l'existence d'une mal visible celle du marché seul capable en tout point et surtout les sujets de répondre aux besoins humains bien sûr il s'agit d'une idéologie dominante et bien sûr venant après d'autres elle est au service de la classe dominante mais elle est peut-être l'obscurantisme le plus prégnant qu'on n'est jamais connu car si les idées prophéties sont comme à la coutumée une justification de l'ordre existant elle s'incruste dans notre corps jusque dans nos manières d'agir nos goûts et nos comportements nombre d'entre nous ici pensons que la phase ascendante de cette idéologie est achevée l'impasse sur laquelle elle débouche à la vue de tous gagne les consciences mais l'ampleur des dégâts dans le saccage de la nature comme dans la destruction des sociétés est considérable son effet est maintes fois irréversible qu'il s'agisse du dérèglement climatique ou de l'extinction de la biodiversité de la baisse de la fertilité du recul de l'espérance de vie en bonne santé de la multiplication des zones nausées l'obscénité des fortunes face aux masses de dénuées de tout quand une personne possède comme dans ce pays autant que 20 millions d'autres nous font voir l'amorce d'une crise de la civilisation humaine au moins aussi fondamental que celle que connue l'Ancien Régime dans toutes les frontières et cela au moment où le blocage des relations internationales par la logique de compétition pour l'appropriation des matières premières et pour la domination politique une fois de plus mettent à l'ordre du jour la possibilité d'une guerre totale et mondiale absurde ce système est capable de se nourrir de ses propres dévastations il est donc incapable d'assumer l'intérêt général il doit donc être remplacé au nom de cet intérêt général humain les conditions pour le faire sont dans l'émergence d'une volonté politique écologique et sociale majoritaire elle ne peut se construire sans la contribution décisive d'une pensée critique globale alternative notre ambition dans cette fondation et là la doctrine néolibérale est un obscurantisme au sens littéral et radical du terme elle est dans tous les cas où le mot peut s'appliquer par exemple quand elle veut faire croire que l'histoire accomplit un destin déterministe le terminus la fin de l'histoire ce serait l'instauration du marché dans tous les domaines ennemis des règlements et des lois la doctrine néolibérale est d'abord l'ennemi du pouvoir citoyen qui les formule ces lois et ses règlements le néolibéralisme a donc une vocation autoritaire du fait même de ses prémisses mais il avance masqué le plus grand vient quand on mesure et dans ce moment d'esprit je le souligne quelle inversion du sens de l'histoire de la pensée il met en œuvre ainsi quand l'idéologie néolibérale domine le chant de la production des savoirs le néolibéralisme agit alors ennemi du savoir scientifique quand il paralyse ou interdit la libre circulation des connaissances en les privatisant quand il entrave de cette façon l'effet de culture cumulative qui est pourtant à l'origine de la civilisation humaine telle est la situation dans laquelle nous vivons avec la généralisation des brevets à la suite de l'accord de l'OMC en 1994 et que tous les États sont censés faire respecter cruvuleusement dans leur frontière ce droit de propriété sur les connaissances et les découvertes a été multipliées par 3 alors à exploser le nombre des domaines du savoir soumis au régime de la propriété privée exclusive des détenteurs de brevets les questions les plus sensibles sont appliquées ainsi depuis 2001 plus de 50000 demandes de brevet ont été déposés sur les séquences génétiques l'Office européen des brevets a déjà accepté en 2015 un brevet sur une tomate et une variété de brocolis c'est un début bien sûr de nombreux autres demandes existent elles reviennent à vouloir créer un droit de propriété privée sur des espèces entières de nombreux organismes vivants il s'agit là d'une tendance de fond elle accompagne le développement d'un capitalisme tributaire vivant davantage de propriété à intellectuelles abusives que de ses prouesses dans la production et l'investissement la conséquence de cette obscurantisme s'est constaté à propos des vaccins pendant la pandémie du covid-19 ici rappelons d'abord comment le partage gratuit par les chercheurs du monde entier des connaissances sur le virus est à l'origine de l'activité ensuite des laboratoires privés ces derniers se sont pourtant appropriés le bénéfice de la mise au point et de l'exclusivité de la vente de ces vaccins cette vente limitée au pays riches a permis 1000 dollars de bénéfice par seconde sans aucun retour sur la recherche publique qui l'a rendu possible si bien qu'on a peut-être oublié comment jusqu'en 1959 il était interdit en France de déposer un brevet sur un médicament à l'époque le savoir scientifique se partager gratuitement et universellement dans ce registre du poids du marché sur l'avancée du savoir et la construction de l'esprit doit-on aussi oublier comment les recherches sur cette famille de virus le coronavirus furent abandonné en France parce qu'elle n'offrait pas de perspective rapide d'entrer sur le marché ou bien à l'inverse comment l'entreprise MG en déposant deux brevets sur deux gènes associés au cancer du sein a obtenu le droit d'interdire toutes les recherches sur ces deux gènes par les laboratoires hospitaliers et universitaires l'usage des tests ainsi produit par MG sont facturés entre 3 et 4000 dollars le caractère criminel contre l'humanité de la rétention des savoirs est avéré par exemple quand on apprend comment des compagnies pétrolières ont caché pendant 40 ans leur connaissance sérieusement et scientifiquement établis sur les conséquences climatiques du recours aux énergies carbonées qui nous ont plongés dans le désastre du changement climatique dans lequel nous nous trouvons obscurantisme partout dans tous les domaines des choses de la construction de l'esprit obscurantisme quand la précarité des chercheurs bride leur liberté quand les appellent à Roger minent les financements pérennes des travaux quand ils donnent le pouvoir au temps court de la rentabilité sur le temps long du savoir fondamental oui le temps long on n'a pas inventé l'électricité en pensant à améliorer la bougie quand le crédit d'impôt recherche des versets à gros bouillon dans ce pays a pour premier bénéficiaire les chercheurs avérés à la pointe du savoir humain que sont la grande distribution du commerce et la banque freiner la croissance empêcher freiner la connaissance empêcher la circulation des savoirs rentabiliser l'ignorance tel est le sens de cette obscurantisme néolibéral que je dénonce en votre nom le néolibéralisme est un obscurantisme quand il professe la nécessité d'une croissance productiviste sans fin dans un monde de ressources finies ou encore quand il prône l'attribution d'un prix à la nature pour le cas échéant compenser les dévastations qu'on y au père mais ni la composition de la nature ni les conditions de sa pérennité ne peuvent se dissocier ils ne peuvent donc en aucun cas s'évaluer au détail ne faut-il pas encore qualifier cette obscurantisme de criminels quand il suscite par la publicité des consommations qui rendent malades d'obésité et de diabète pour des millions de personnes pour ne rien dire des cancers et cela en consacrant des sommes considérables à injecter des besoins artificiels comme l'a établi en entre nous ici par l'envoûtement publicitaire n'est-ce pas en obscurantisme de prêcher le contraire de ce que les faits montrent de manière concrètement observable ainsi quand le néolibéralisme prétend organiser toute l'activité de la société par le système des prix et de l'échange marchands ou quand il intime à l'état de se retirer pour favoriser l'entreprise privée et sa folle énergie non l'activité humaine ne correspond que bien rarement à des critères de marché et sans doute l'activité humaine n'est-elle vraiment humaine que quand elle est absolument gratuite c'est à dire sans demande d'un retour sur investissement et en cela elle est humaine et les domaines où le marché s'instaure désormais sont aussitôt on proie au chaos on le voit pour l'énergie les transports la santé l'éducation autant de domaines où l'économie de marché provoque des pertes de savoir et de savoir-faire au prix d'un recul net par-dessus le marché de l'efficacité du service non l'État n'a jamais été aussi présent qu'aujourd'hui dans le financement à perte de l'économie de marché aujourd'hui l'État injecte en France davantage d'argent dans les entreprises sans aucune contrepartie comptant où il finançaient la planification écologique non économique comme ça commence pareil aujourd'hui l'État donne davantage aux entreprises communes mais sa ponction est plus grande sur les ménages que sur les entreprises le discours néolibéral est donc une négation du réel un rideau de fumée pour masquer un détournement massif de fonds publics au service de la cupidité qui l'accumule sans aucun retour sur la société puisque dans le temps où les profits ont explosé le montant des investissements dans la production concrète à lui baisser voilà ce qui pourrait se définir aussi comme une forme particulière du parasitisme un système qui n'est là que pour légitimer des inégalités et leur donner autant que possible la figure d'une discrimination naturelle par le racisme par le sexisme ou par l'arrogance des dominants toison ce qui produisent et leur reprochant de ne pas avoir comme à l'Assemblée nationale faute de cravate les bonnes manières qui permettent aux gens importants de se reconnaître j'ai répété c'est de l'humour qu'elle est rouge quand même j'ai mis ma première cravate rouge quand j'ai eu une responsabilité politique à gauche et les vieux quand on avait rien affichent de savoir ce que je racontais ils m'ont dit il faut mettre la cravate rouge le jour des élections pourquoi le jour des élections parce qu'on n'a pas le droit de faire de propagande et comme ça les autres savent qu'on est rouge j'ai répété le mot obscurantisme parce que j'ai voulu dans ce moment où nous installons solennellement la Fondation La Boétie lieu de réflexion d'esprit critique souligner l'inconciliable j'ai dit l'inconciliable qui sépare notre travail du néolibéralisme et de l'idéologie du marché capitaliste partout et pour tous notre sujet social écologique et politique est la plénitude de l'être humain son accès à l'harmonie avec ses semblables et avec la nature l'idéologie néolibérale de marché réduit l'humain à la marchandise qu'il contient sa force de travail il cherche à l'utiliser sans limite tout en la dépression sans cesse nous en avons l'exemple sous les yeux avec la réforme des retraites puisqu'elle prétend que le seul temps socialement utile serait le temps contraint de la production sans discuter aucun des aspects de cette réforme je veux pointer comment il y a pour eux une légitimité évidente naturelle tranquille à vouloir confisquer davantage de temps libre aux fonctions culturelles qu'il accomplit dans la vie une décision qui est à rebours du progrès historique a représenté la diminution par deux du temps de travail depuis un siècle et la multiplication par 50 de la valeur produite c'est un obscurantisme de demander de travailler plus pour produire plus non il faut travailler moins pour travailler tous et mieux réduire l'épuisement de la nature et de l'être humain mais aussi réduire la part incroyable du gâchis dans la production la distribution et la consommation gâchis masquée nier parce qu'il est compté comme un plus dans le PIB cet indicateur absurde un français par exemple consomme 26 kg d'équipements électriques par an et électroniques c'est comme ça et bien il en jette 21 kg la même année 35% des 10 millions de tonnes d'aliments devenus des déchets sont perdus dans la production des industries agroalimentaires et dans la distribution commerciale travaillez mieux travaillez moi sans produire plus c'est la seule règle qui nous permet de commencer à considérer les déchets comme une mine les déchets comme un recours que l'on pourrait éviter l'idéologie néolibérale est un système d'idées au service d'un régime politique ou économique qui réduit les êtres humains à une seule fonction un seul statut socialement utile être en client et bien sûr un client actif quel monde alors à mon doux règne une seule valeur une seule norme une seule beauté à contempler un seul désir légitime à exprimer sans limite c'est la marchandise la marchandise est devenue un absolu un idéal disponible toujours légitimement exigible ces câbles transportables évacuent évaluables hormones mais répétitive comme le désir qui en est la source jetable aussi comme tout ce qui encombre le besoin déjà satisfait la marchandise n'est pas un en dehors de nous elle est un rapport social et intime qui peut tout englober tout reformuler de l'humain s'il n'y prend garde et s'il n'allume pas les lumières de la raison sur l'obscurantisme de la consommation les modes d'emploi y sont une culture une façon de se comporter un signal de conformité sous le regard des autres les possessions même provisoires éphémères toutes sont une sculpture de soi dans ce monde l'être humain s'est contradictions ces fantaisies ces raisons et c'est des raisons l'être humain dans cette complétude que je viens de nommer du désordre qu'il contienne des ordres féconds créateurs et qui s'appelle tout simplement la vie les êtres humains sont une espèce en voie de disparition quand l'avoir devient la seule manière d'être le consommateur absorbe l'humain le client efface le citoyen la pulsion remplace la raison triple néant du sang humain triple disparition de l'humain à côté du transhumanisme qui confond lui une hypothétique perfection individuelle à coup d'exosquelette et genouillère entre autres là ou pendant ce temps nous autres depuis pic de l'amirandole et la Boétie mais surtout depuis Rousseau nous croyons à la perfectibilité collective permanente ainsi que le disait Condorcet et voici en face de nous surgir l'inhumanisme néolibéral il n'y a plus d'être il n'y a plus d'échange il n'y a plus que le marché c'est un monde où l'humain organise sa disparition comme sujet de l'histoire c'est le monde qui s'évalue dans le niveau du PIB ou ne compte aucune des choses importantes ni le niveau d'éducation ni l'état de l'environnement ni la santé des populations ni le bonheur de vivre c'est l'indicateur et la doctrine qui font des pulsions et des désirs préfabriqués le tapis roulant de l'accumulation capitaliste et rien de plus en face de quoi l'esprit critique que nous construisons et que nous voulons construire et que nous argumenterons chacun notre manière dans la liberté absolue de notre diversité chacun par le chemin de ses propres savoir qui sont autant de portes d'entrée devant l'énigme qu'elle est restera pour toujours la réalité devant l'esprit la vie de l'esprit est notre front de lutte notre fondation assume le projet d'être entièrement au service de la pensée critique du système capitaliste dans lequel nous vivons sans les outils sérieusement et élaborés de cette pensée critique on ne peut comprendre ce qui se passe et encore moins sortir de l'impasse dans laquelle le système a enfermé l'humanité ainsi que la dit bien avant cet instant quand la pratique sans la théorie est aveugle et la théorie sans la pratique est absurde de cette manière nous pensons formuler au fil du travail de pensée ce nouvel humanisme celui de notre temps bien sûr il répète de nouveau que les êtres humains seuls les sons auteurs sont les seuls auteurs de leur histoire et de leur être comme disait La Boétie les humains sont comme la culture les a fait mais il le fait en assumant l'implication complète de l'humain avec tout le vivant dans un destin commun qui ne sépare pas les humains des animaux ni d'une forme quelconque de la vie puisse-t-elle végétale et il doit le faire en documentant sans trêve l'absurdité dévastatrice du système en produisant dans tous les domaines les éléments de compréhension alternative capable de nourrir l'action citoyenne et de reformuler la décision politique la pensée critique que nous travaillons et notre arme de démystification massive contre un système idéologique et un système économique basé sur le mensonge et la BU de bien social et l'abus de biens et c'est à La Boétie qu'il me faut emprunter en slogan improvisé dans le contexte de la grève générale de mardi prochain qui sera un grand moment d'esprit populaire car que personne ne s'y trompe le refus de la retraite à 64 ans paraît-il mais vous savez tout ce que sera plus ce refus-là c'est le refus d'un monde et le monde dont il est question c'est celui dont je viens de parler celui à la destruction duquel nous sommes organisés nous qui ne voulons et nous voudrons notamment le samedi 11 nous allons nous retrouver en famille dans les rues nous qui ne voulons ni de la retraite à 64 ans ni de son monde de cœur de corps d'esprit c'est son service et alors nous serons libres merci est-ce que j'ai un micro qui marche oui merci beaucoup pour votre présence à toutes et à tous J'ai deux annonces à vous faire l'une c'est qu'il y a un cocktail là-bas si vous voulez boire un verre avec nous avant de partir et la seconde c'est que je voulais juste profiter de ce dernier temps pour remercier toutes celles et ceux qui ont été volontaires pour organiser cette journée et faire en sorte qu'elle se passe bien comme ça [Applaudissements] et vous remercier à nouveau pour votre présence et à très bientôt puisque vous le voyez on a beaucoup de travail [Applaudissements] [Musique]
Jean-Luc Mélenchon