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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 29 mars 2024 51 minFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesDéfenseEurope & international

Conférence de presse du Président Emmanuel Macron et du Président brésilien Lula da Silva.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 24:10OuverteRéponse directe

    Sur l'Ukraine : que pensez-vous de l'envoi possible de troupes françaises ? Et sur le G20 : que pensez-vous d'inviter Poutine ?

  • 27:30OuverteRéponse directe

    Sur le Venezuela : vous sentez-vous trahis par Maduro ? Et sur l'accord UE-Mercosur : êtes-vous prêt à renégocier ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:50Lula da SilvaChiffre
    « Nous avons réduit la déforestation illégale en Amazonie à 50 % et nous avons l'engagement de le réduire à 0 d'ici 2030. »
  • 24:40Lula da SilvaFait
    « Je suis quelqu'un de pacifiste, un pacifiste national et international. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Je voudrais commencer par vous présenter des excuses en raison du retard qu'on a pris jusqu'à présent. Je vous vois en train de sourire, mais je pense que ceux qui nous attendent pour le déjeuner ont dû réchauffer la nourriture quatre fois au minimum. Par conséquent, on va accélérer.

On va répondre à une seule question, à un seul journaliste. Après, vous aurez tout le temps pour nous poser des questions. J'aimerais vous dire que j'ai une grande gratitude envers monsieur Macron parce que je ne le connaissais pas et que je n'étais pas président de la République brésilienne lorsque j'ai pris la décision d'effectuer un voyage en Europe.

Et monsieur Macron m'a bien reçu dans son bureau, comme si j'étais quelqu'un d'important, même si je n'étais même pas candidat à la présidence de la République. Après lui, monsieur Olaf Scholz m'a reçu, puis Pedro Sanchez, et ça m'a beaucoup marqué, ça a marqué ma vie, et mon respect s'est accru envers la France depuis ce geste du Président Macron. C'est une grande joie de pouvoir rétribuer l'hospitalité avec laquelle ma délégation et moi-même avons été reçus à Paris lorsque j'ai participé au sommet pour un nouveau pacte financier mondial en juin dernier.

Au cours des trois derniers jours, nous avons eu un agenda complet comprenant des déplacements à Belém, siège de la COP 30, à Itaguaí où nous avons visité le programme PROSUB, et maintenant à Brasilia pour une visite d'État. Ce véritable marathon met en lumière l'étendue des liens de coopération et d'amitié entre la France et le Brésil. C'est un symbole.

Parmi les puissances traditionnelles, aucune n'est aussi proche du Brésil que la France et, parmi les puissances émergentes, il n'y en a pas de plus proche de la France que le Brésil. Dans le contexte actuel de grande complexité internationale, nos deux pays représentent un pont entre le Sud global et le monde développé, en faveur du dépassement des inégalités structurelles et d'une planète plus durable. Le Brésil et la France sont décidés à travailler ensemble pour la promotion d'un débat démocratique, une vision partagée du monde qui repose sur la priorité de la production, sur le financement de la solidarité, sur l'égoïsme de la démocratie, sur le totalitarisme et la durabilité sur l'exploitation [INAUDIBLE].

Le Président Macron a constaté personnellement, de très près, que notre engagement envers l'environnement n'était pas de la rhétorique. Lors de la dernière année, nous avons réduit la déforestation illégale en Amazonie à 50 %, et nous avons l'engagement de le réduire à 0 d'ici 2030. Ainsi, avec le renouvellement de ce partenariat, on a adopté un nouveau plan d'action qui étend notre collaboration à d'autres domaines.

Des domaines comme le financement de la transition énergétique, la bioéconomie, l'agriculture, l'administration publique, le numérique, l'intelligence artificielle, les droits humains et l'égalité des sexes vont désormais occuper notre agenda bilatéral. Cette gamme d'actions et de sujets se reflète dans les accords que nous avons signés aujourd'hui. On a discuté du succès du Forum économique Brésil-France réalisé à Sao Paulo, qui ne s'était pas réuni depuis 2009.

On a examiné l'effort de diversification du commerce qui, l'année dernière, a atteint 8.4 milliards de dollars et qui peut s'accroître davantage. La France est le troisième plus grand investisseur au Brésil, avec une forte présence dans le secteur de l'hôtellerie, de l'énergie, de la défense et de la haute technologie, qui génèrent et créent des emplois et de la rente dans notre pays.

J'ai présenté à monsieur Macron de nouvelles opportunités d'investissement et de durabilité créées par la PAC et le programme de néoindustrialisation. J'ai aussi expliqué au Président Macron les raisons pour lesquelles le Brésil considérait la réduction des inégalités sociales comme importante pour les [INAUDIBLE], dans le contexte où s'inscrit le lancement de l'Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté. En cette année qui marque les 80 ans des organisations de Bretton Woods, le Président Macron et moi- même sommes d'accord sur le fait que le G20 doit envoyer un message sans équivoque sur le besoin de réformer la gouvernance mondiale et de renforcer le multilatéralisme.

Nous avons également convenu qu'il était temps que les riches paient leur juste contribution fiscale, conformément à la proposition d'une fiscalité internationale juste et progressive que défend le Brésil au sein du G20. En tant que partenaires stratégiques, nous avons échangé nos points de vue sur les grands dilemmes auxquels l'humanité est confrontée. Partout dans le monde, la démocratie est en proie à l'extrémisme.

Le déni de la politique et la propagation des discours de haine sont de plus en plus préoccupants. C'est pourquoi le Brésil a rejoint en 2023 l'initiative française du partenariat pour l'information et la démocratie, et continuera à œuvrer pour promouvoir et protéger la circulation d'informations fiables. Il est temps de promouvoir un débat véritablement multilatéral autour de la gouvernance de l'intelligence artificielle.

Il est inacceptable qu'un nouveau fossé sépare les pays riches, qui disposent de cette technologie, des pays en développement où le simple accès à Internet reste toujours précaire. Enfin, j'ai réitéré au camarade Macron la croyance inébranlable du Brésil dans le dialogue et la défense de la paix. Mon gouvernement va travailler pour que l'Amérique latine et les Caraïbes continuent une zone sans conflit, en faveur du dialogue et du droit international.

La paralysie du Conseil de sécurité face à la guerre en Ukraine et à Gaza est alarmante et inexplicable. Les textes qui remettent en question le droit de cessez-le-feu à Gaza pendant le mois de Ramadan minent l'autorité de ce conseil. Et parler d'amour basé sur des réalités qui ne sont pas mises en œuvre signifie revenir en arrière sur plusieurs siècles.

Le Brésil rejette toute manifestation d'antisémitisme et d'islamophobie. Nous ne pouvons pas permettre que l'intolérance religieuse s'installe parmi nous. Juifs, musulmans et chrétiens ont toujours vécu en parfaite harmonie au Brésil, contribuant ainsi à construire le pays moderne d'aujourd'hui.

Cher ami Macron, le partenariat stratégique avec la France reflète notre quête commune de modernisation et de dynamisation de nos économies, dans le cadre de la durabilité et du respect des droits de l'homme. Je suis persuadé que, même après trois jours intenses, il reste encore beaucoup de travail à faire. Il existe d'innombrables possibilités pour nos pays de coopérer, de se développer et de créer ensemble.

J'espère vous revoir bientôt au sommet du G20, à Rio de Janeiro. Merci beaucoup. Maintenant, nous invitons le président de la République française, Monsieur Emmanuel Macron.

Monsieur le Président, cher Lula, Madame, chère Janja, Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités. Je veux, avant toute chose, remercier très sincèrement le Président Lula pour cette visite d'État, son invitation et la formidable organisation où nous avons pu goûter ensemble de cette Amazonie partagée, dès Belém. Hier, j'ai pu avoir un échange extrêmement fécond à la fois avec le monde économique, mais également le monde culturel et intellectuel à Sao Paulo.

Hier matin, nous avons pu voir la force de notre coopération en matière de défense à Rio de Janeiro, et ce matin à vos côtés pour les discussions politiques et stratégiques. Je veux vous dire que l'ensemble de ma délégation et moi-même sommes très honorés d'être aujourd'hui à vos côtés en ce lieu, en cette Place des Trois Pouvoirs, laquelle fut attaquée, bousculée et abîmée par les ennemis de la démocratie. Votre élection et la manière dont vous avez restauré les équilibres institutionnels, dont vous conduisez le pays et dont vous voulez mener ces combats à l'international, fort des valeurs que nous partageons et qui sont au cœur de nos histoires constitutionnelles et politiques, signifient beaucoup pour nous.

Je veux dire ici l'admiration et l'amitié de la France à l'égard du Brésil. Personne n'est exempt des forces les plus extrêmes qui viennent parfois bousculer la démocratie. Mais la force de votre démocratie a été d'y résister par une alternance démocratique de restaurer pleinement et entièrement l'ensemble des équilibres qui font précisément la force de ces systèmes que nous partageons.

Nous avons longuement évoqué cela, et je partage votre volonté de poursuivre ce combat à l'international. Mais je voulais, en étant avec ma délégation devant vous aujourd'hui, vous remercier de ce combat mené, de cet esprit de résistance que vous avez porté et de la force avec laquelle vous avez restauré la démocratie dans toutes ses composantes dans votre pays. Monsieur le Président, la France aime le Brésil et croit dans le Brésil, par cette aventure politique et par les échanges permanents, nous fêterons l'année prochaine nos deux siècles de relations diplomatiques, par cette fascination réciproque qu'il y a toujours eu entre nos chercheurs, nos intellectuels et nos artistes, et aussi par la confiance économique qui nous lie.

Je le rappelais hier, nous sommes, vous l'avez dit, le troisième investisseur, mais nous sommes le premier employeur étranger, ici au Brésil. C'est vrai que, quand on regarde les fondamentaux économiques de votre pays, une croissance stable, un modèle économique qui repose sur une production d'énergie durable et une capacité à maîtriser l'inflation, il y a toutes les raisons de croire dans votre pays, dans la durée. C'est pourquoi nous ouvrons ensemble aujourd'hui une nouvelle page, forte de ce que nous avons appris ces dernières années, de cette communauté de philosophie et de valeurs, et de la force des relations déjà existantes, et sur la base du partenariat signé en 2006, alors avec le Président Chirac, puis de ce qui a été construit ensuite avec le Président Sarkozy, en particulier en matière de défense.

Nous étions hier à Itaguaí pour le démontrer. Nous ouvrons aujourd'hui une nouvelle page de ce partenariat stratégique avec des décisions fortes que nous avons prises. La première est très importante pour moi, et je remercie les élus guyanais qui m'accompagnent dans cette délégation, parce qu'ils représentent ce territoire amazonien de la République française, c'est d'acter le fait que la France est le seul pays d'Europe à partager cette frontière, la plus longue pour nous, avec vous, et cette présence en Amazonie.

Par les textes que nous avons signés et les décisions prises, nous consacrons pleinement ce statut et intensifions les échanges de part et d'autre de l'Oyapock. Donc, facilitation d'échanges et accroissement de notre lutte commune contre toutes les formes de criminalité qui affectent le quotidien des Brésiliens et des Français en Guyane. La France va rejoindre les initiatives brésiliennes visant à s'attaquer à l'orpaillage illégal en remontant les filières de contrebande sur le marché de l'or.

Nous avons aussi bâti des solutions technologiques et opérationnelles pour mieux identifier les zones déforestées par les orpailleurs. Nous allons renforcer nos patrouilles coordonnées, construire un cadre commun et aussi lancer un travail avec les autres partenaires de la zone, en particulier Suriname et Guyana, pour agir ensemble contre les réseaux qui se déploient sur le plateau des Guyanes. C'est demandé par la population et les élus, tout le monde économique en Guyane, et merci de le porter à mes côtés.

Une coordination plus étroite sera aussi mise en place pour lutter contre les flux massifs d'immigrants illégaux, et pour lutter contre la pêche illégale dont nous sommes tous victimes. C'est littéralement le même bassin de vie qui est là. C'est aussi pour cela que nous allons prendre, dans les prochaines semaines et prochains mois, des mesures de simplification pour la vie et les échanges transfrontières d'une rive à l'autre de l'Oyapock, pour renforcer et simplifier ces liens.

Nous aurons une commission mixte transfrontalière qui se réunira d'ici un mois pour aller en ce sens. Au-delà de cela, nous avons aussi décidé, de manière très concrète, de mobiliser des financements communs, 1 milliard d'euros de financements publics et privés sur quatre ans, en soutien à la forêt amazonienne, dans le plein respect naturellement de la souveraineté réciproque, mais en intégrant pleinement toutes les composantes, y compris les peuples autochtones. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je suis venu ici avec plusieurs scientifiques et instituts de recherche, mais également une délégation d'entreprises qui déploient déjà des projets innovants dans la forêt guyanaise et brésilienne, et qui pourront ainsi mettre leurs projets aux côtés des entreprises brésiliennes et des chercheurs brésiliens au service d'une double ambition de préservation de la nature.

C'est pour cela que nous avons décidé d'un rapprochement du Parc amazonien de Guyane avec le Parc national des montagnes de Tumuc-Humac de votre côté et, en même temps, de développement d'une bioéconomie qui permet des activités économiques durables, perspective nécessaire de part et d'autre, mais respectueuses de notre forêt amazonienne. Cette croyance dans la bioéconomie des modèles inclusifs est véritablement au cœur de cet agenda commun transfrontière. C'est aussi la même approche que nous voulons suivre, et c'est le cadre même de cet appel de Belém que nous avons lancé, pour nourrir l'agenda du G20 puis de la COP que vous aurez à présider, pour remettre au cœur de la gouvernance mondiale les questions de biodiversité et de climat.

Depuis le sommet de Paris où vous étiez présent à mes côtés jusqu'au G20, puis à la COP de Belém, c'est le même agenda que nous poursuivons : défendre le développement, la lutte contre les inégalités, lutter contre le réchauffement climatique et ses conséquences et préserver la biodiversité avec, là aussi, des solutions innovantes. Nous voulons bâtir un cadre commun pour avoir des financements qui permettent de préserver la forêt amazonienne et cette bioéconomie, je sais que c'est au cœur de vos projets et nous y participerons, et permettre de déployer tous les projets qui servent cet agenda. Ensuite, sur beaucoup de sujets, nous avons renforcé la coopération à travers nos échanges et un forum d'entreprises, je l'évoquais, qui a joué un rôle important.

D'abord, nous avons acté plusieurs décisions en matière de défense, qui vont nous permettre, des nouvelles générations de sous-marins à la question des hélicoptères, en passant par d'autres sujets de coopération capacitaire et opérationnelle, d'ouvrir une nouvelle phase de la relation bilatérale en matière d'industrie et de défense, et de veiller à une bonne réciprocité. D'abord, en continuant d'œuvrer pour la production et les sites de production que nous avons su développer ces dernières années au Brésil, mais en regardant aussi les éléments réciproques d'achats conjoints que nous pouvons faire pour nos industriels français et brésiliens. Ensuite, nous avons ouvert aussi de nouveaux axes d'opportunités d'investissement, tournés beaucoup autour de la transition climatique et des solutions à apporter.

Plusieurs entreprises françaises jouent déjà un rôle éminent en ce sens dans votre pays, Engie et plusieurs autres. Nous souhaitons aller plus loin et attirer aussi des investisseurs brésiliens et des entreprises brésiliennes sur les mêmes thématiques. Elles seront donc invitées dès le mois de mai prochain en France, au sommet de Choose France, pour pouvoir avancer en ce sens.

Nous avons également, avec le Président, décidé d'accroître les échanges scientifiques et artistiques d'étudiants, en passant à 8 000 le nombre d'étudiants brésiliens accueillis en France d'ici à 2026, contre 5 000 actuellement, et de développer le bilinguisme avec de nouvelles filières et de nouvelles sections francophones et lusophones. Surtout, il y a une chose à laquelle nous tenons beaucoup, qui a été votre proposition dès la première fois qu'on s'est vus, c'est de renouer avec ces saisons culturelles croisées entre le Brésil et la France. On a pris cette décision.

Les choses avancent. Hier, j'étais en train de le préparer avec les responsables côté brésilien et français, et avec beaucoup d'intellectuels et d'artistes. Dès avril 2025, nous aurons le lancement de ces saisons.

J'espère que vous serez les invités du Salon du livre. Il y a des discussions qui vont se finaliser. Je pense que ce serait une formidable ouverture.

Puis nous allons, en France et au Brésil, avoir ainsi des artistes, des créateurs et des entrepreneurs dans absolument tous les domaines, qui vont montrer la vitalité de notre relation et les difficultés communes que nous avons parfois à traverser, mais la manière dont nos artistes et nos intellectuels nous permettent d'y répondre. Au-delà de cet agenda et pour conclure, c'est évidemment l'agenda multilatéral dont nous avons discuté ce matin, hier et avant-hier, et qui sera au cœur de notre relation puisque je reviendrai en novembre pour le sommet du G20 et l'année prochaine pour la COP, et que vous êtes invité en visite d'État en France en 2025 pour que nous puissions entretenir cette amitié et fêter ces 200 ans de relations diplomatiques. Nous avons pu évoquer la crise au Venezuela, et je veux saluer votre engagement sur cette crise, Président, depuis le premier jour.

Nous avons d'ailleurs coordonné nos efforts, toutes ces dernières années. Je veux saluer la position très courageuse que vous avez prise il y a deux jours sur ce sujet, nous la partageons totalement, et votre rôle est éminent pour trouver une issue à cette crise. De la même manière, nous avons une communauté de vues sur la crise haïtienne.

Sur ce sujet, nous souhaitons aussi avancer ardemment et je veux véritablement avoir une pensée pour ce pays et ses habitants. Je soutiens totalement les initiatives de réforme de la gouvernance mondiale du Président Lula, on l'a longuement évoqué, et j'apporte mon soutien et la France contribuera par ses idées et son engagement, qu'il s'agisse du Conseil de sécurité ou du FMI et de la Banque mondiale, et d'œuvrer pour une taxation plus juste. Nous avons porté, il y a quelques années, un projet de taxation des entreprises et d'impôt minimal et digital.

Malheureusement, il est bloqué par certains de nos collègues qui sont un peu trop lents. Je suis très favorable à ce qu'on le réactive et qu'il devienne pleinement effectif, et à ce qu'on le complète par l'initiative que vous avez proposée d'une taxation internationale sur le plan du revenu personnel, qui viendra compléter ce dispositif et permettrait là aussi d'avancer. Enfin, sur le plan de la santé, je veux saluer les efforts que vous souhaitez mettre au cœur de votre G20 et, sur ce volet, vous nous trouverez à vos côtés.

Ce déplacement a d'ailleurs permis de consolider beaucoup de choses qu'on fait déjà ensemble en matière de santé. Nous avons ouvert un institut Pasteur, j'y étais hier, à Sao Paulo. Nous avons lancé ensemble une plateforme de recherche internationale en santé mondiale, dit PRISM, qui va être un catalyseur pour des nouveaux projets scientifiques, avec des partenariats entre nos entreprises, Sanofi, la fondation brésilienne Fiocruz, et beaucoup d'autres choses.

Voilà les quelques mots que je voulais ajouter en complément, en marge et en syntonie parfaite avec ce que le président Lula a pu dire. Au-delà de cela, des minerais critiques en passant par la recherche, la formation et de nouveaux secteurs économiques, nous avons signé beaucoup d'accords de défense civile, durant ce déplacement, qui vont scander les prochaines années et ce partenariat stratégique nouveau, que nous avons signé aujourd'hui. Tout cela est au service d'une amitié réciproque que nous avons rappelée l'un et l'autre, mais tout cela est aussi au service d'une certaine idée du monde et de l'humanité.

C'est celle que vous portez, c'est celle que je partage, et c'est aussi pour cela que le moment que nous vivons est si important. C'est pour cela que vous nous trouverez à vos côtés dans les projets si ambitieux que vous mènerez pour le G20, la COP et tout ce qui nous attend pour les années à venir. Merci Président, en tout cas, de cette formidable visite d'État et des discussions que nous avons eues aujourd'hui.

Le président de la République brésilienne et Monsieur le Président de la République française répondront maintenant aux questions de la presse. Veuillez vous identifier avec votre nom et votre entreprise. Benjamin Delille, Libération.

Merci pour la conférence de presse. Messieurs les Présidents, j'aimerais vous poser une question sur l'Ukraine. Président Lula, que pensez-vous du fait que le président Macron n'a pas exclu d'envoyer des troupes en Ukraine ?

Et Monsieur le Président, j'aimerais vous demander ce que vous pensez du fait que le président Lula n'a pas exclu d'inviter Vladimir Poutine au G20. Merci. Tu veux commencer ou tu veux que je commence ?

À toi. D'abord, sur ce sujet, on a eu une discussion extrêmement sincère et complète. Je veux ici rappeler, la discussion l'a d'ailleurs très fidèlement reflété, le fait que le Brésil, sans ambiguïté, et dès le début, a condamné l'agression de la Russie contre l'Ukraine et sur le sol ukrainien.

Et c'est bon de savoir où chacun habite, les choses sont claires. Nous sommes du même côté, c'est-à-dire celui du droit international, de la souveraineté des peuples et du fait que quand un pays est attaqué dans ses frontières par une puissance tierce, nous le condamnons. Après, nous avons pris des décisions qui peuvent être différentes.

L'Europe a pris des sanctions et elle a soutenu également l'Ukraine pour l'aider dans sa résistance. Et au demeurant, je veux défendre la cohérence de ce que les Européens ont fait, parce que n'aurions-nous pas pris cette décision, il y a maintenant un peu plus de deux ans, compte tenu du fait que plus de 90 % des munitions et matériels militaires utilisé par l'Ukraine viennent de pays tiers, malgré la bravoure du peuple, il y a fort à croire qu'on déplorerait aujourd'hui une invasion, mais on ne serait plus dans la même situation. Et moi, je crois que quand on défend le droit international et la démocratie, il ne faut pas être faible.

Il faut être responsable, mais pas faible. Et c'est tout le sens d'ailleurs de ce que j'ai pu dire il y a plusieurs semaines, en restant dans le même cadre. La France est une puissance de paix.

La France veut le dialogue, le retour à la table de négociations, mais elle veut aussi dire que nous ne sommes pas faibles et que s'il y avait une escalade sans fin de celui qui a agressé, à un moment donné, nous devrons nous organiser pour qu'on n'ait pas simplement à déplorer, mais que la démocratie et le droit international soient défendus. Voilà. Fort de cela, je pense qu'il faut continuer à discuter.

Longtemps, j'ai continué à discuter avec le président Poutine. Je l'ai dit, d'ailleurs, si sur des sujets qui permettent la paix, il y a des discussions à reprendre, moi je le ferai, mais moi, je n'ai de leçon à donner à personne. Quand le président Lula aura à inviter, il est responsable de son invitation, je pense qu'il faut que ça se fasse comme à chaque fois, et c'est un peu le sens de ce qu'on fait pour les G7 et pour les G20, en concertation avec tous les membres.

Et donc c'est cette articulation entre la liberté de celui qui invite et le respect de tous et toutes. Et donc je pense que le président, la diplomatie brésilienne vont conduire de manière totalement souveraine et respectueuse des autres, dans les prochains mois, les concertations qui se font. Et je pense que l'équilibre...

Je vais vous dire, moi, je m'étais posé la même question en 2019, au moment du G7. On s'était très sincèrement posé la question d'inviter le président Poutine. La situation était moins grave, mais enfin la guerre avait commencé et la Crimée avait déjà été prise.

Et je n'avais pas eu le consensus des autres. Certains m'avaient dit : "si tu les invites, moi je ne viendrai pas, ça va bloquer". Et donc j'avais essayé.

C'est ce qui fait que moi, j'avais pris une décision. J'avais invité le président Poutine à Brégançon, vous vous en souvenez peut-être, pour dire : "je vais concerter, essayer d'avoir des résultats, et puis je ferai mon G7 quelques semaines après". Donc, moi, je pense que c'est une question légitime.

C'est toujours bien de se poser la question de savoir comment on réfléchit, on travaille avec les autres et après, le sens de ces clubs, c'est qu'il faut que ce soit consensuel avec les 19 autres. Ce sera le travail de la diplomatie brésilienne. On fera tout pour aider.

S'il y a un rendez-vous qui peut être utile, il faut le faire. Si c'est un rendez vous qui n'est pas utile et qui crée de la division, il ne faut sans doute pas le faire. Voilà, on est au service de la paix et de l'intérêt commun.

Une chose importante, qu'il faut souligner, c'est que je pense que les questions seraient mieux si elles abordaient les relations franco-brésiliennes. Nous, on est très loin de l'Ukraine. Je ne suis pas obligé d'être aussi nerveux que le peuple français, qui est plus près, le peuple allemand aussi est plus près, les Européens en général.

Moi, j'ai connu Poutine dans le cadre d'une réunion du G7. Je l'ai connu au G20 aussi. Je l'ai connu à l'ONU.

Mais vous voyez, nous, on fait partie de plusieurs organisations internationales où vous avez une participation hétérogène. Beaucoup de pays en font partie. Et aussi, c'est une coexistence démocratique dans le cadre de la diversité.

Donc ces forums auxquels on participe ne sont pas des forums égaux, totalement égaux. Ce sont des forums d'États, de pays qui sont différents. Par conséquent, on doit respecter le droit de chacun de faire ce qu'il veut dans son pays, en critiquant ce pourquoi vous n'êtes pas d'accord.

Le Brésil n'a jamais eu de doute par rapport à la guerre en Ukraine. Le Brésil a été, je crois, le premier pays d'Amérique latine à protester, à condamner l'invasion de l'Ukraine par la Russie, et nous avons critiqué, disant que cela allait devenir une routine, parce que les pays qui font partie du processus de l'ONU ne respectent pas [INAUDIBLE]. Ils prennent des décisions unilatérales.

Cela, on l'a dit. Ça n'a pas été discuté, dans aucun forum. C'est pour ça que nous, on n'est pas d'accord.

On est contre la guerre, et nous avons évité de prendre parti, parce qu'on ne veut pas créer les conditions de la guerre, parce qu'on veut revenir à la table des négociations. Je pense que la seule solution de la guerre, c'est la paix. La paix est la seule issue et les deux belligérants doivent s'entendre.

À un certain moment, ils seront obligés de le faire parce que la guerre ne vaut pas la peine. Ce qui a été fait, ça ne vaut pas vraiment la peine : la destruction des villes, l'investissement dans les armes, alors qu'on a la faim qui sévit dans le monde. Donc je suis contre la guerre, et le Brésil est disposé à résoudre la crise.

D'ailleurs, j'ai envoyé mon conseiller particulier, Monsieur Celso Amorim, qui s'est déplacé en Ukraine. Il a été avec Zelensky, avec Poutine, avec Maduro. C'est-à-dire que Monsieur Celso, sa fonction, désormais, c'est d'essayer de construire la paix là où la paix est nécessaire, en raison de son expérience, bien sûr, mais aussi pour les cheveux blancs qu'il accumule.

Donc c'est quelqu'un qui est vraiment chevronné et dont je me sers pour régler les conflits. Donc je vais vous dire la chose suivante : s'il y a quelqu'un qui veut la paix, c'est moi, parce que je suis président d'un pays qui vit dans une région de paix. Donc nous, on ne veut pas de la guerre.

On doit lutter beaucoup contre les inégalités raciales, les inégalités de sexes, dans le domaine de la santé, de l'éducation, les inégalités dans l'emploi. Il y a tellement d'inégalités qu'on n'a pas le temps de penser à une autre guerre et de soutenir la guerre. Et plutôt on veut construire la paix et trouver des solutions pour les Brésiliens, mais aussi pour les étrangers qui vivent la guerre.

Donc je vais vous dire, lorsque Bush, en 2003, m'a invité pour participer à la guerre en Irak, mon argument à l'époque était que si on participait, on allait détruire davantage le pays. Mais nous, on voulait construire, on ne voulait pas détruire. Donc pour nous, cela revient moins cher de ne pas détruire.

Et je continue avec les mêmes positions, avec la même ligne. J'ai vu beaucoup de guerres dans ce monde, et maintenant il faut cesser avec les guerres, il faut promouvoir la démocratie, il faut garantir la survie de la démocratie au Brésil et partout dans le monde. Il faut combattre l'extrême-droite, l'autoritarisme, il faut combattre la barbarie.

C'est ce qu'on doit faire, à mon avis. C'est pour cela, je suis quelqu'un de pacifiste, un pacifiste national et international, d'ailleurs. Ceux qui veulent discuter de la paix, qu'ils m'invitent.

Je répondrai à l'appel. La guerre ne me concerne pas. Voilà.

La dernière question, s'il-vous-plaît. Je suis Philippe [INAUDIBLE], du journal État de Sao Paulo. J'ai deux questions.

La première : les deux présidents se sont engagés à construire une solution pour les élections au Venezuela. J'aimerais savoir : est-ce que vous vous sentez trahis ou trompés par la position de Monsieur Nicolas Maduro ? Et si vous êtes prêt à reconnaître les élections du Venezuela, la façon dont elles ont commencé, par rapport à la participation de l'opposition ?

Et j'aimerais que vous commentiez les déclarations de Monsieur Lula, disant que la position de la France n'est pas tellement importante dans le cadre de l'accord Union européenne-Mercosur Et Monsieur Macron, aussi, a dit que ce n'était pas possible de signer l'accord. Donc, j'aimerais savoir si vous êtes d'accord pour changer le texte de l'accord et d'initier de nouvelles négociations dans le but de signer un nouvel accord. Je vais répondre en premier, Monsieur Macron, si vous me permettez.

C'est une question simple, en fait, le Brésil n'est pas en train de négocier avec la France. Il faut le dire, le Mercosur est en train de négocier avec l'Union européenne, pas seulement la France. Ce n'est pas un accord bilatéral entre la France et le Brésil, c'est un accord commercial entre deux ensembles de pays, à savoir l'Union européenne, et de l'autre côté, le Mercosur.

Donc vous voyez, le Mercosur a discuté avec l'Union européenne, et celle-ci représente des pays de l'Union européenne. Donc évidemment, après la décision, si Monsieur Macron veut changer des choses, il peut parler avec les négociateurs européens, pas avec le Brésil. Donc je suis vraiment tranquille par rapport à ça.

Je vous avoue que l'accord tel qu'il est maintenant est beaucoup plus prometteur que la version antérieure. Je pense que c'est normal. C'est démocratique de ne pas être d'accord avec un texte de l'accord.

Bon, on va continuer les efforts, on va essayer de signer cet accord avec l'Union, mais je n'ai pas à discuter avec Monsieur Macron, parce que ce n'est pas un accord bilatéral. Maintenant, par rapport au Venezuela, je suis tranquille aussi, parce que j'ai été avec Maduro à Guyana, dans le cadre du CARICOM. Nous nous sommes vus et je lui ai dit la chose suivante : "la chose la plus importante pour rétablir la normalité dans notre pays, c'est de garantir un bon processus électoral, des élections libres, démocratiques, et le fait qu'une candidate ait été interdite par la justice de se porter candidate, c'était un grave".

Donc je sais qu'interdire à quelqu'un de se porter candidat à une élection, ce n'est pas une garantie de bonne élection. Donc, c'est ce que je lui ai dit et je me suis exprimé librement avec Monsieur Maduro. Et on sait toujours que, en tant que candidat, on peut… J'ai dit à Maduro qu'il faut garantir la démocratie parce que c'est très important pour le Venezuela de revenir dans le concert des nations, à la normalité.

Et j'ai été surpris par la décision de la candidate, qui a été interdite de porter sa candidature aux élections. Je pense que c'est un pas important d'avoir indiqué une successeur. Mais ce qui s'est passé, je dois dire, c'est un peu grave parce que on ne peut pas comme ça interdire à un candidat de disputer des élections, et ça, ce n'est pas bon signe.

Je l'ai fait savoir à mon ami Maduro. Vous vous rendez compte ? Si c'était au Brésil, on aurait eu de gros problèmes, s'il y avait eu une interdiction.

Il n'y a pas d'explication à ce geste. Il n'y a pas d'explication, ni juridique ni politique, pour interdire à un adversaire de se porter candidat. Ici, au Brésil, vous savez tous que tous les adversaires sont traités de la même façon, dans les mêmes conditions.

Ici, il est interdit d'interdire les élections. Il est interdit de punir juridiquement les candidats, et la justice est là pour garantir le droit à la défense, le droit des gens qui sont lésés. Voilà, donc je pense que ces élections ne sont pas démocratiques.

Le Brésil va essayer d'observer, d'accompagner les élections. Moi en tout cas, je ne souhaite que le meilleur pour le Venezuela, des élections telles qu'elles sont organisées ici, au Brésil, c'est-à-dire avec la participation de tous. Celui qui veut participer, qu'il participe.

Le vainqueur, il va pleurer, il va regretter, le perdant va regretter, et ce n'est pas de la démocratie. Voilà, c'est ce que je pense. Pour votre première question, je souscris à tout ce que vient de dire le président Lula sur le Venezuela.

D'ailleurs, j'ai salué son rôle durant ses deux premiers mandats, sur cette crise. Et sur la situation politique dans la durée, et dès son nouveau mandat, le rôle qu'il a tout de suite joué, dans un contexte encore plus dégradé, nous avons nous-mêmes, comme vous le savez, essayé d'avoir plusieurs médiations en France, en lien d'ailleurs avec tous les pays de la région qui étaient volontaires, et le conseiller du président Lula et le président Lula lui-même sont venus à plusieurs des réunions que nous avons ainsi conduites, et nous l'avons fait en lien avec le Chili, la Colombie, l'Argentine également, l'objectif étant d'essayer de rapprocher, justement, de donner une place accrue aux oppositions. Je pense qu'il ne faut pas aujourd'hui être définitif, mais très clairement, le cadre dans lequel ces élections sont en train de s'installer ne peut pas être considéré comme démocratique, et donc il faut tout faire, je sais que le président a prévu de le faire, nous allons aussi faire nos meilleurs efforts, tout faire pour convaincre le président Maduro et son système, de réintégrer tous les candidats qui se présentent, et ensuite créer les conditions les plus transparentes d'organisation de ces élections par des observateurs régionaux et internationaux.

Donc en effet, je partage totalement ce qui a été dit. Nous condamnons très fermement l'exclusion d'une candidate très sérieuse et crédible, de ce processus. Nous appelons à sa réintégration et j'espère vivement qu'on pourra avoir un cadre ainsi rebâti dans les prochaines semaines et prochains mois.

Il ne faut pas aujourd'hui désespérer, si je puis dire, mais la situation est grave et elle s'est dégradée par cette décision qui a été prise. Et là-dessus, nous avons aussi une communauté de vues parfaite et une volonté d'agir ensemble. Pour ce qui est de l'accord du Mercosur, le Président a eu raison de rappeler la nature de ce cadre.

Ce sont les États membres du Mercosur qui discutent entre eux, et avec leurs négociateurs. Et les États membres de l'Union européenne discutent avec leurs négociateurs. Ce n'est pas une relation bilatérale.

C'est d'autant plus vrai que toutes ces dernières années, ce sont plutôt des accords entre les pays du Mercosur eux-mêmes qui ont fait qu'on n'a jamais signé, vous l'aurez noté, parce que chacun tire plutôt de son côté. Et donc ce n'était pas un problème entre le Brésil et la France. Moi j'ai pris une position qui n'a rien à voir avec la relation bilatérale, qui est principielle, et qui a beaucoup à voir d'ailleurs avec ce que le Brésil va porter au G20 et à la COP de Belém, qui est de dire : "nous sommes fous, collectivement, si on fait des accords de commerce aujourd'hui comme on les faisait il y a 20 ans".

Parce que je vous rappelle que le Mercosur, le texte entre l'Union européenne et le Mercosur, est un accord qui a été négocié et préparé il y a 20 ans. On fait juste des amendements sur quelque chose qui est très vieux. Et on est fous de continuer dans cette logique d'accords, et à côté de ça, de faire de grandes réunions en G20 ou de faire des COP pour dire : "nous, le climat, la biodiversité, on va faire des super trucs", si en même temps, ces accords entravent les efforts que nous sommes en train de faire pour la décarbonation de nos économies ou la lutte pour la biodiversité.

Nous, Européens, on a pris les textes les plus exigeants au monde en matière de déforestation, en matière de décarbonation. On demande à nos agriculteurs et à nos industriels des transformations historiques, des efforts incroyables, ce qui parfois les mécontente, vous l'avez peut-être vu pour ce qui est de nos agriculteurs. Donc on essaie de les accompagner.

Si au moment où nous, on fait ça, on dit, par nos textes, on ouvre à des produits qui ne respectent pas du tout ces accords, où il n'y a plus de tarifs, on est des fous. Ça ne marchera jamais. Et vous, vous êtes un pays qui a un modèle extraordinaire.

Vous avez une énergie décarbonée, vous avez un président qui est courageux, qui a dit : "moi, je mets fin à la déforestation". Il faut plutôt qu'il soit encouragé dans ses efforts plutôt que d'aller encourager des secteurs économiques ou des initiatives qui vivent sur ces vieux modèles. Donc moi je dis : "là, on a un rôle clé, c'est d'inspirer ces accords de nouvelle génération, qui seront cohérents avec l'agenda de Rio de Janeiro et de Belém".

Vive les accords commerciaux qui favorisent l'industrie décarbonée, qui favorisent la protection de la biodiversité, et plutôt non aux accords commerciaux qui nous font faire deux pas en arrière et qui ne seraient pas cohérents. Voilà, c'est principiel, mais ce n'est pas la relation bilatérale. C'est ça que je dis à mes négociateurs.

Et c'est pour ça que la France se bat pour ce qu'on appelle les clauses miroirs. Je pense que ce serait quelque chose de formidable pour le Brésil dans ces accords commerciaux, les clauses miroirs, parce que vous avez un formidable modèle, sur le plan de l'énergie par exemple, et vous êtes en train de bâtir un modèle sur la bioéconomie qui est très fécond. Voilà la position de la France.

Je ne peux pas être plus transparent. Merci beaucoup. Nous déclarons close cette cérémonie.

Merci.

Conférence de presse du Président Emmanuel Macron et du Président brésilien Lula da Silva. — Emmanuel Macron · Pourquijevote