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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 27 avril 2021 9 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSécuritéSanté

Déclaration conjointe avec Félix Tshisekedi, Président de la République démocratique du Congo.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:30Emmanuel MacronFait
    « Nous appelons au respect des engagements qui ont été pris par le Conseil militaire de transition, celui d'une transition pacifique, inclusive sur le plan politique »
  • 3:30Emmanuel MacronFait
    « Je ne suis pas pour un plan de succession, et la France ne sera jamais aux côtés de celles et ceux qui forment ce projet. »
  • 4:30Emmanuel MacronFait
    « Nous avons lancé ensemble, avec plusieurs collègues, l'initiative ACT-A, pour aider l'Afrique à répondre au défi de la pandémie. »
  • 7:00Emmanuel MacronChiffre
    « L'Europe a une réponse exceptionnelle, une politique monétaire inédite, une réponse budgétaire qui s'est traduite en juillet dernier avec un plan de relance historique. »
  • 9:00Emmanuel MacronPromesse
    « Nous devons absolument inventer, pour le 17-18 mai prochain, un New Deal du financement de l'Afrique »
  • 11:00Félix TshisekediFait
    « Il faut très vite revenir à l'ordre démocratique. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Mesdames, Messieurs, bonjour ! Cher Président, cher Félix, je suis très heureux de vous accueillir aujourd'hui à Paris. En tant, évidemment, que président de votre pays, et après des échéances politiques intérieures importantes et franchies avec succès, dont je vous félicite, parce qu'elles sont une étape importante de la modernisation de la vie démocratique, politique [INAUDIBLE], et de votre volonté d'aller de l'avant, mais aussi en tant que président de l'Union africaine et partenaire stratégique de la France.

Nous étions avec le président Tshisekedi il y a quelques jours au Tchad, à N'Djamena, pour rendre hommage au président défunt, Idriss Deby, et pour soutenir un processus de transition qui doit ouvrir la voie de la démocratie et de la stabilité du Tchad. Et aujourd'hui, avant toute chose, nous voulons exprimer notre préoccupation sur l'évolution de la situation, en condamnant d'abord avec la plus grande fermeté la répression des manifestations, et des violences qui ont eu lieu ce matin à N'Djamena. Nous appelons au respect des engagements qui ont été pris par le Conseil militaire de transition, celui d'une transition pacifique, inclusive sur le plan politique, et je veux être ici très clair.

J'ai apporté mon soutien à l'intégrité et à la stabilité du Tchad, très clairement, à N'Djamena. Je suis pour une transition pacifique, démocratique inclusive. Je ne suis pas pour un plan de succession, et la France ne sera jamais aux côtés de celles et ceux qui forment ce projet.

Le temps est venu de lancer un dialogue politique national, ouvert à tous les Tchadiens. C'est ce qui est attendu aujourd'hui du Conseil militaire de transition, et c'est la condition même de notre soutien. Et je veux, ici, dire que nous resterons engagés aux côtés de l'Union africaine, que préside le président Tshisekedi cette année, aux côtés aussi du G5 Sahel.

Et je veux saluer l'effort des présidents du G5 Sahel, qui ont aussi oeuvré à cette médiation avec beaucoup de force, et il faut que dans les prochains jours, nous puissions rétablir la situation, qui aujourd'hui me préoccupe très fortement. Au-delà de ce sujet, notre coopération est évidemment riche de beaucoup de dossiers bilatéraux, que nous allons évoquer dans quelques instants : volonté de développer la coopération économique, les opportunités offertes à la jeunesse de votre pays, par des programmes d'éducation, de santé et de création d'activités économiques ; politique, aussi, de francophonie, car nous avons là-dessus, également, beaucoup à faire ensemble. Et puis, évidemment, ce sont tous nos efforts d'accompagnement pour la stabilité et la paix partout sur votre territoire national, et je sais combien vous y êtes attaché, face aux déstabilisations qui peuvent exister.

Enfin, nous évoquerons aussi les grands sujets continentaux et, en effet, nous avons un agenda extrêmement chargé. Le premier, c'est de continuer à faire vivre la solidarité internationale face à la pandémie. Il y a un an nous avons lancé ensemble, avec plusieurs collègues, l'initiative ACT-A, pour aider l'Afrique à répondre au défi de la pandémie.

Elle a permis de faire plusieurs avancées - nous y sommes revenus ces derniers jours - pour aider au financement, aider aussi à plus de tests, de diagnostics, l'accès aux vaccins, et à la montée en puissance des systèmes de santé primaires. Mais beaucoup reste à faire, pour mobiliser plus de financements, mais avoir également des actions concrètes indispensables. Et donc, ensemble, nous souhaitons agir pour que le G7, le G20, soient des rendez-vous utiles, qui répondent aux besoins des Africaines et des Africains, la vaccination de tous les personnels de santé, sur laquelle nous étions engagés il y a plusieurs semaines, et tant d'autres sujets.

Et puis dans quelques semaines, nous nous retrouverons, les 17 et 18 mai prochains à Paris, pour un sommet avec beaucoup d'autres leaders du continent africain et du monde entier, le sommet pour le financement des économies africaines. Et je veux, ici, que chacun ait bien en tête le choc, pas simplement sanitaire mais économique, que le continent africain subit depuis 2020. C'est un ralentissement profond, très fort, l'année dernière et encore cette année, dans un continent qui est en pleine expansion démographique.

Et nous ne pouvons pas faire, en quelque sorte, comme si nous pouvions continuer avec les recettes d'hier. l'Europe a une réponse exceptionnelle, une politique monétaire inédite, une réponse budgétaire qui s'est traduite en juillet dernier avec un plan de relance historique. Les États-Unis d'Amérique ont annoncé un plan fédéral inédit et une des politiques monétaires les plus accommodantes, et nous sommes en train, collectivement, d'abandonner l'Afrique à des solutions qui datent des années 60.

Je me félicite qu'on puisse avancer et nous allons pousser pour le faire, mais nous devons absolument inventer, pour le 17-18 mai prochain, un New Deal du financement de l'Afrique, c'est-à-dire des solutions profondément novatrices, à une échelle d'ambition qui corresponde à ce que nous sommes en train de vivre, sans quoi nous laisserons le continent africain face à la pauvreté, nous laisserons le continent africain et sa jeunesse face à la réduction de leurs opportunités économiques, une migration subie et l'expansion du terrorisme. Et cela, je ne veux pas m'y résoudre. Et donc c'est un sujet que nous allons aussi traiter avec le président Tshisekedi, car il est à mes yeux au coeur de l'agenda des prochains mois et des prochaines années.

Pour toutes ces raisons, cher Félix, cher Président, merci d'être à Paris aujourd'hui, et encore bravo pour les succès obtenus dans ton pays et sur le continent. Merci beaucoup Monsieur le Président, cher Emmanuel. Merci de me recevoir si rapidement à Paris pour parler des choses que vous avez entendues.

Sur le Tchad, nous avons parfaitement le même entendement. Il faut très vite revenir à l'ordre démocratique. Nous avons - je reste dans la droite ligne de ce que j'ai dit dans mon discours à N'Djamena - nous soutenons évidemment la stabilité actuelle, mais à condition qu'elle aille très vite vers la consolidation de la démocratie, des institutions démocratiques.

Pour le reste, nous parlerons Afrique. Aujourd'hui, mais aussi dans quelques semaines, l'Afrique, qui a lancé sa zone de libre-échange continental, ce vaste marché commun que nous voulons à l'image de celui d'Europe, et sur lequel nous comptons, pour lequel nous comptons sur nos partenaires traditionnels, afin de nous accompagner dans cette grande aventure qui va être nécessaire pour le bonheur de notre continent. La paix, bien évidemment, reste au centre de nos préoccupations.

Au niveau africain, nous avons cet objectif de faire taire les armes. Voilà pourquoi je ne me lasserai jamais de sensibiliser la communauté internationale, par rapport à des zones de violence en Afrique, et particulièrement dans mon pays, la République démocratique du Congo, à l'Est, où il s'est créé maintenant, un groupe à tendance islamiste, aux discours islamistes et aux méthodes islamistes, et qui sème la terreur auprès de nos populations. Donc là, je suis plus que jamais déterminé à l'éradiquer, et je compte sur le soutien de la France.

Pour le reste, le président Emmanuel Macron a très bien détaillé les sujets sur lesquels nous allons nous appesantir, et donc je vous remercie. Je vous remercie Monsieur le Président, cher Emmanuel, et je crois que nous pouvons aller travailler. Merci beaucoup.

Merci à tous.