Déclaration du Président Emmanuel Macron à son arrivée au Conseil européen à Bruxelles.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45Emmanuel MacronFait
« nous avons décidé d'un accord politique conjoint qui est d'une part l'abandon du projet historique MidCat »
- 0:55Emmanuel MacronFait
« construisant ce corridor des énergies vertes entre Portugal, Espagne et France »
- 1:15Emmanuel MacronFait
« l'objectif est de travailler à l'intensification de nos interconnexions électriques »
- 1:30Emmanuel MacronPromesse
« nous plaiderons pour avoir véritablement une unité avec des mécanismes de garanties ou de prêts »
- 2:30Emmanuel MacronPromesse
« nous devons faire baisser les prix du gaz et, par voie de conséquence, de l'électricité »
- 3:00Emmanuel MacronFait
« des mécanismes permettant de mieux décorréler les prix du gaz et de l'électricité »
- 3:30Emmanuel MacronFait
« des achats groupés européens vraiment effectifs »
- 4:30Emmanuel MacronFait
« nous devons absolument préserver notre unité, une unité d'action face à la crise »
- 5:30Emmanuel MacronFait
« il est important que, sur des propositions qui font l'objet d'un assez large consensus, on puisse trouver une unanimité »
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Écoutez, je ne ferai pas de réaction. Je ne m'immisce pas dans la vie politique britannique, mais je veux dire que j'ai eu l'occasion, à plusieurs reprises, de rencontrer Liz Truss et nous avons encore échangé cette semaine. Nous avions une relation de travail qui se construisait et je souhaite, en tout cas, que la Grande-Bretagne puisse trouver le plus rapidement possible la stabilité et aller de l'avant.
C'est bon pour nous et c'est bon pour notre Europe. Voilà. D'abord, je voulais, avant de commencer ce conseil, vous dire que ce matin nous avons tenu, à la Représentation permanente française, une réunion avec l'Espagne et le Portugal sur la question des interconnexions qui, vous le savez, a été beaucoup commentée depuis le début de la guerre et de la crise énergétique qui s'en suit.
Nous avons décidé d'un accord politique conjoint qui est d'une part l'abandon du projet historique MidCat, qui était un projet gazier à travers les Pyrénées, pour favoriser un projet que nous allons travailler dans les prochaines semaines de manière très intense à Troyes, visant à désenclaver la péninsule ibérique et construisant ce corridor des énergies vertes entre Portugal, Espagne et France et, à travers la France, le reste de l'Europe. L'objectif est de travailler à l'intensification de nos interconnexions électriques et à la densification de ces dernières, et de travailler à une interconnexion hydrogène et énergies renouvelables entre Barcelone et Marseille, laquelle pourrait être doublée, là également, par des interconnexions électriques. Donc l'objectif d'être mieux reliés au reste du continent par l'Espagne et le Portugal est ainsi, si je puis dire, relevé, et l'objectif qui était aussi le nôtre de continuer notre stratégie de transition climatique et énergétique correspond à ce nouveau projet.
Donc, nous l'avons acté ce matin, ce qui est un point important dans la solidarité européenne. Nous le travaillerons les prochaines semaines et je serai en décembre en Espagne, pour finaliser ce projet qui a vocation à bénéficier de financements européens. Un plafonnement sur toutes les transactions gazières, comme proposé par la Belgique, qu'est-ce que vous en pensez ?
Ce que nous souhaitons pouvoir faire, c'est avancer dans le contexte que nous connaissons. Donc ce conseil va nous permettre, évidemment, à nouveau d'avoir un message d'unité et de cohérence, soutien à l'Ukraine, sanctions à l'égard de la Russie et appel au retrait des forces russes et à la fin de la guerre. La deuxième chose, c'est évidemment la crise énergétique que nous vivons tous.
Je dirais que j'ai des objectifs très simples pour ce conseil. Le premier, c'est que nous devons faire baisser les prix du gaz et, par voie de conséquence, de l'électricité. Donc nous devons envoyer des messages forts en ce sens, avec plusieurs instruments dont nous allons débattre et qui sont au cœur, d'ailleurs, des propositions faites par la Commission : des mécanismes de plafond sur les différents prix du gaz, des mécanismes permettant de mieux décorréler les prix du gaz et de l'électricité, comme cela a été permis pour l'Espagne et le Portugal, et des achats groupés européens vraiment effectifs puisqu'on a décidé le principe il y a plusieurs mois.
Donc c'est un ensemble de mesures qui doit viser à réduire le prix du gaz, à dissuader les spéculateurs de venir profiter de la situation et à baisser notre prix de l'électricité. Ensuite, nous devons avoir aussi plus de solidarité financière et, à ce titre, nous plaiderons pour avoir véritablement une unité avec des mécanismes de garanties ou de prêts. Là aussi, nous verrons ce que le débat nous permet de faire émerger.
Cela, c'est le premier objectif pour moi, de ce conseil sur l'énergie. Le deuxième, c'est de garder l'unité des Européens. Nous devons absolument préserver notre unité, une unité d'action face à la crise, unité financière et unité politique dans le contexte de guerre que nous connaissons. [ INAUDIBLE ] [ INAUDIBLE ] Surtout, on a aujourd'hui quand même une très large unité entre les pays.
Je vais travailler, entre autres, avec le chancelier Scholz. Je pense que ce n'est pas bon, ni pour l'Allemagne ni pour l'Europe, qu'elle s'isole. Donc il est important que, sur des propositions qui font l'objet d'un assez large consensus, on puisse trouver une unanimité.
Mais je ne doute pas que, sur l'ensemble de ces mesures, j'ai pu voir plusieurs de mes collègues ce matin ou je les ai eus ces dernières heures, les mécanismes sont très importants pour eux, nous allions construire un chemin. [ INAUDIBLE ] Sur ce sujet, j'aurai l'occasion d'y revenir de manière appropriée, notre souhait est de pouvoir, là aussi, avoir un dialogue politique exigeant, visant d'une part à véritablement stopper ce qui est fait aujourd'hui, les attaques directes et les violences insupportables à l'égard des populations civiles. C'est, ensuite, de reprendre le dialogue pour limiter les activités nucléaires et les déstabilisations régionales. [ INAUDIBLE ] Je l'ai dit à l'instant, je ne ferai pas de commentaires sur ce sujet qui est de la vie politique britannique.
Ce que je veux dire, c'est que nous avons eu plusieurs échanges téléphoniques ou plusieurs rencontres qui ont toujours été très constructifs, et encore il y a quelques jours à Prague. Ensuite, je veux dire que la France, en tant que nation et peuple ami du peuple britannique, souhaite avant tout la stabilité et, dans le contexte que nous connaissons, qui est un contexte de guerre, un contexte de tension énergétique et de crise plus large, il est important que la Grande-Bretagne retrouve très vite une stabilité politique, et c'est tout ce que je souhaite. [ INAUDIBLE ] Mais, à titre personnel, je suis toujours triste de voir partir un collègue, et une collègue en l'espèce, et ce que je veux dire, c'est que je souhaite qu'il y ait cette stabilité qui puisse revenir au plus vite. [ INAUDIBLE ] Non, je ne dirais pas qu'il y a de panne, en ce qui me concerne.
Je suis depuis le début, et depuis plus de cinq ans maintenant, toujours là pour essayer de proposer, d'avancer et de bâtir l'unité, et je pense qu'il n'est pas bon qu'un pays s'isole. Donc je pense que notre rôle, c'est de tout faire pour qu'il y ait une unité européenne et que l'Allemagne en fasse partie. C'est comme ça que je vois la fonction qui est la mienne et le rôle qui est le mien, et donc je souhaite vraiment qu'on puisse trouver ces voies de convergence.
Nous avancerons et nous continuerons d'avancer. Merci beaucoup.
Emmanuel Macron