Conclusions de la 3ème conférence ministérielle de la Plateforme de soutien à la Moldavie.
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- 2:30Maia SanduChiffre
« En octobre, nos consommations de gaz naturel ont été réduites de 38 %, et en matière d'électricité, c'est - 16 % de consommation. »
- 4:00Maia SanduChiffre
« Notre PIB sera 8 % moins important que ce qui avait été prévu. »
- 5:30Maia SanduChiffre
« L'année dernière, le coût du gaz naturel a été multiplié par sept et le coût de l'électricité a été multiplié par quatre. »
- 12:00Emmanuel MacronChiffre
« L'Agence française de développement investira 90 millions d'euros en Moldavie sur la période 2023-2024. »
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Monsieur le Président Emmanuel Macron, Madame la Ministre Colonna, Madame la Ministre Baerbock, Monsieur le Ministre Erescu, Mesdames et Messieurs, chers amis de la Moldavie, c'est un plaisir pour moi de vous accueillir ici, à Paris, à l'occasion de cette troisième réunion de la plateforme de soutien pour la Moldavie. Il s'agit d'une plateforme qui a été lancée par la France, l'Allemagne, ainsi que la Roumanie, et bien d'autres pays y ont adhéré depuis. Pays, mais aussi organisations, qui ont adhéré à cette plateforme afin de venir en aide à la Moldavie en cette période difficile.
Les deux premières éditions, qui se sont tenues à Berlin et à Bucarest, sont venues à un moment où la Moldavie était confrontée à un flux massif de réfugiés venant d'Ukraine, l'insécurité énergétique, mais également des défis économiques et sociaux amenés par cette guerre injuste menée par la Fédération de Russie en Ukraine. Nous sommes particulièrement reconnaissants de la solidarité que vous nous réservez et merci de vos promesses de soutien. De par ces efforts conjoints, le Gouvernement a été à même de maintenir la paix, la stabilité, de poursuivre les réformes, de poursuivre également sur notre trajectoire vers l'adhésion à l'Union européenne.
Nous avons été à même de renforcer notre résilience énergétique, nous sommes venus en aide aux plus vulnérables et nous avons amélioré et augmenté la sécurité aux frontières. De concert avec l'Ukraine, la Moldavie est désormais connectée au réseau électrique européen et nous engrangeons des progrès, afin de construire une nouvelle connexion électrique vers la Roumanie. Nous avons développé nos premières réserves de gaz, nous avons réduit de manière significative nos consommations énergétiques et nos consommations.
En octobre, nos consommations de gaz naturel ont été réduites de 38 %, et en matière d'électricité, c'est - 16 % de consommation. Nous travaillons également pour faciliter les projets en matière d'énergies renouvelables et pour renforcer les investissements dans l'efficacité énergétique. Nous avons été à même de rester sur notre trajectoire, malgré les circonstances difficiles.
Néanmoins, la marche à suivre reste particulièrement dangereuse. Elle l'est pour l'Ukraine, pour l'Europe, mais aussi pour nous, en Moldavie. Nous sommes confrontés à une crise énergétique dramatique, à une économie en difficulté, à une inflation de 35 %, un niveau d'inflation que jamais nous n'avions observé depuis 1989.
Ces facteurs cumulés ont des répercussions délétères sur les foyers, sur les entreprises. Notre PIB sera 8 % moins important que ce qui avait été prévu. Nous nous préparons à un hiver particulièrement difficile.
Le mois dernier, des missiles de la Fédération de Russie ont traversé notre espace aérien. Des débris de missiles sont tombés sur notre territoire, mettant en danger notre peuple et notre pays. Dans l'intervalle, notre démocratie est attaquée par des groupes criminels corrompus, qui sont soutenus par la Fédération de Russie.
Nous sommes confrontés à une guerre hybride, qui est déchaînée contre la Moldavie et qui a pour objectif de nous éloigner des réformes, de nous éloigner de l'intégration européenne. La Moldavie est aussi confrontée à une crise énergétique particulièrement grave. Cette guerre met en danger l'approvisionnement électrique et l'approvisionnement en gaz.
Nous ne sommes pas certains d'avoir la possibilité de trouver les volumes suffisants pour chauffer et pour illuminer nos foyers. Et même si nous y parvenons, les prix sont inabordables pour l'ensemble de notre peuple et pour notre économie. Ce fait pourrait mettre en danger notre paix sociale, ainsi que la sécurité de notre pays.
Je sais que tout un chacun, en Europe, aujourd'hui, paye un prix particulièrement élevé pour l'énergie, mais ces mêmes prix ont un impact beaucoup plus grave sur notre pays et sur notre peuple. L'année dernière, le coût du gaz naturel a été multiplié par sept et le coût de l'électricité a été multiplié par quatre. Nombre de Moldaves n'auront pas la possibilité de payer leurs factures cet hiver, à moins que le Gouvernement n'intervienne.
Je souhaite adresser mes remerciements à nos partenaires, à nos amis qui, d'ores et déjà, ont promis de nous apporter leur soutien afin de nous venir en aide face à ces crises multiples. Cet hiver, nous allons devoir dépenser davantage sur des compensations ciblées, pour la consommation nationale, afin de compenser le choc de la flambée des prix énergétiques auprès des plus vulnérables. Dans cette même ligne, des mesures anti-crise pour soutenir les entreprises doivent également être mises en place.
Votre aide, particulièrement précieuse, sera essentielle dans les mois à venir. Parmi l'ensemble de ces défis, nous continuons notre trajectoire de réformes : Justice, Economie, Sécurité, Administration publique et aussi dans le secteur public. L'année dernière, la Moldavie a amélioré son score en matière de démocratie mais aussi sa performance en matière de liberté des médias.
En tant que pays candidat à l'adhésion à l'Union européenne, nous travaillons en nous fondant sur les recommandations de la Commission européenne. Nous avons exporté davantage de biens vers l'Union européenne que jamais auparavant, nous approfondissons notre intégration avec l'Union européenne dans le domaine énergétique, et nous faisons de notre mieux pour accélérer notre transition vers des énergies vertes. Nous avons lancé une évaluation extraordinaire, externe, dans le domaine de la justice, et nous avons un procureur en chef, américain, dans le domaine de la corruption, qui dirige nos efforts pour faire en sorte que les criminels soient traduits en justice.
Malgré tout, la Moldavie reste un voisin vulnérable. Il est vrai que la Moldavie se défend contre les attaques de la Fédération de Russie contre l'Ukraine, mais nous défendons aussi le Moldova et nous défendons l'ensemble de l'Union européenne. Nous sommes aux côtés de l'Ukraine et nous sommes reconnaissants à l'Ukraine pour son courage et pour les sacrifices de son peuple.
La communauté internationale doit consentir tous les efforts possibles pour soutenir l'Ukraine. Nous devons nous assurer que l'Ukraine sera à même de faire face à l'attaque barbare de la Fédération de Russie et nous devons nous assurer que l'Ukraine ait une chance de remporter la mise face à un ennemi qui est sans pitié. La Moldavie est en première ligne face à ces menaces émergentes, qui sont le résultat de la guerre : trafic d'armes, trafic de biens, d'armes et traite d'êtres humains.
Nous contribuons activement pour lutter contre ces risques, mais il nous incombe de renforcer nos capacités, afin de pouvoir protéger la Moldavie et de faire bouclier pour l'Union européenne, face à ces risques. Nous entretenons une excellente coopération avec Frontex, avec Europol. Nous avons également ouvert un hub de la sécurité avec l'Union européenne à Chisinau cet été.
Tout cela fait montre des progrès que nous engrangeons pour marcher vers notre objectif commun. Néanmoins, les répercussions de la guerre se feront sentir dans les décennies à venir. Il nous incombe de renforcer davantage la capacité de nos forces de l'ordre, afin de faire face aux conséquences.
Dans l'intervalle, des groupes criminels, qui ont pour objectif de déstabiliser la situation politique et de renverser le gouvernement, tentent de miner les efforts que nous consentons dans le domaine de la justice. Leurs attaques s'inscrivent dans le cadre d'une guerre hybride, qui est menée contre la Moldavie. Un tel groupe paye des individus afin que ceux ci participent à des manifestations anti-gouvernementales dans le centre de Chisinau chaque semaine, sont financés directement par la Fédération de Russie.
Ces actions hostiles sont finalement une vengeance suite à la contribution de la Moldavie face à la guerre. C'est en raison du soutien que nous apportons à la Moldavie et pour l'ensemble de l'Union européenne. Il nous incombe de travailler ensemble pour cesser l'action de ces groupes.
Les États-Unis ont sanctionné récemment certains individus, mais nous devons en faire davantage, afin de réduire les capacités de ces groupes à déstabiliser la Moldavie et l'ensemble de la région. Ainsi, j'en appelle à l'ensemble de nos partenaires, dans le cadre de la plateforme de soutien à la Moldavie, y compris l'Union européenne et les États membres de l'Union européenne, afin de sanctionner les criminels de haut-vol, qui non seulement vole des fonds publics, mais qui directement menacent la stabilité et la démocratie de la Moldavie et des autres pays, de nos pays. Mesdames et Messieurs, chers amis, la Moldavie choisit la démocratie, la paix et la liberté.
Nous choisissons l'Union européenne plutôt que l'autocratie, la corruption et la guerre. Notre société est forte, elle est solide, mais nos institutions sont encore faibles. Les mois d'hiver à venir mettront la Moldavie à l'épreuve, jusqu'à ses limites.
La seule manière pour nous de sortir grandis, c'est avec le soutien de nos partenaires. Je souhaite adresser mes remerciements au président de la République française, Monsieur Macron, ainsi qu'à son équipe. Merci d'avoir accueilli cette troisième réunion de la plateforme de soutien à la Moldavie, ici à Paris aujourd'hui.
Votre soutien constant a facilité la tâche à la Moldavie pour surmonter ses défis. Mais, ce qui est le plus important, c'est que cela nous a permis de placer notre pays sur une trajectoire ferme vers l'Union européenne et nous vous en sommes fort reconnaissants. Je souhaite également remercier les co-présidents, Annalena Baerbock, Catherine Colonna ainsi que Bogdan Aurescu.
Merci de votre engagement personnel vis-à-vis de la Moldavie. Je suis reconnaissante à l'ensemble des pays et des organisations qui sont représentés ici aujourd'hui. Merci de votre solidarité et du soutien concret que vous apportez au peuple de la Moldavie.
Les promesses qui ont été annoncées ici-même aujourd'hui nous permettront d'avancer sur la trajectoire des réformes, de conserver la paix sociale, de maintenir la stabilité et de continuer à contribuer à un continent plus stable. Nous nous réjouissons à la perspective d'accueillir ce groupe d'amis de la Moldavie à Chisinau l'année prochaine pour la prochaine réunion de cette plateforme de soutien à la Moldavie. Chers amis, l'hiver qui nous attend sera un hiver difficile et les années à venir seront loin d'être faciles.
Elles ne seront pas faciles pour l'Ukraine, mais pas non plus pour la Moldavie. Aujourd'hui, le fait d'être présente ici, face à vous à Paris, m'emplit de confiance. J'ai plus confiance que jamais que nous serons à même de ramener la paix sur notre continent.
Nous réussirons lorsqu'il s'agit de défendre notre démocratie et nos libertés. J'ai également confiance, et aujourd'hui je puis affirmer que la Moldavie continuera d'être un membre particulièrement fier de cette communauté de valeurs, de notre communauté de valeurs. Nous adhérerons à l'Union européenne et nous continuerons à travailler ensemble pour une Europe plus forte et plus pacifique.
Je vous remercie de votre attention. Merci, Madame la Présidente, chère Maia. Mesdames et Messieurs les Ministres, Monsieur le Commissaire européen, Mesdames et Messieurs les représentants d'organisations internationales, de banques régionales et de développement, Mesdames et Messieurs les Ambassadrices et Ambassadeurs, Mesdames et Messieurs, permettez-moi, avant toute chose, de vous présenter nos excuses parce que nous vous avons fait attendre, et c'est de ma faute, car j'étais avec le président Zelensky pour un appel urgent et pour ce qui nous retient tous et toutes aujourd'hui, le contexte qui continue d'être très difficile, les bombardements qu'a encore subis l'Ukraine et les menaces qui pèsent sur la centrale de Zaporijia.
En effet, huit mois après le déclenchement de l'agression russe contre l'Ukraine, les combats se poursuivent avec leur cortège de destructions, d'atrocités et de souffrances subies par le peuple ukrainien et, à chaque victoire militaire de l'Ukraine, la reconquête de la région de Kharkiv comme la reprise de Kherson, la Russie réagit par de nouveaux bombardements des infrastructures essentielles de l'Ukraine. Nous sommes tous et toutes ici réunis évidemment pour continuer de dire notre soutien aux Ukrainiennes et aux Ukrainiens, aider ce peuple à la résistance civile, et c'est aussi ce pour quoi nous organiserons, le 13 décembre prochain à Paris, une conférence qui visera à mobiliser la communauté internationale en faveur de la résistance et de la résilience civile de l'Ukraine. Donc, dans ce contexte, je tenais tout particulièrement à remercier madame la présidente Maia Sandu de sa présence à nos côtés, pour cette troisième réunion de la plateforme de soutien à la Moldavie.
En effet, dès le début de la guerre, nos pays, l'Allemagne, la France et la Roumanie, ont décidé de lancer une initiative conjointe pour aider la Moldavie à faire face aux conséquences de cette agression russe contre le voisin ukrainien. Les deux premières réunions de cette plateforme se sont tenues en mars à Berlin et en juillet à Bucarest, et ont permis de mobiliser la communauté internationale pour réaffirmer notre détermination commune à être au rendez-vous. Je tiens à vous remercier toutes et tous pour cette mobilisation.
Aujourd'hui encore, 34 pays et 15 organisations internationales ont répondu à l'appel de la plateforme de soutien à la Moldavie, coprésidée par nos trois pays, et votre présence nombreuse et de haut niveau témoigne, s'il en était besoin, de la mobilisation dans la durée de la communauté internationale en soutien à la Moldavie, et je vous en remercie. Mais, au-delà de cette mobilisation, je pense que votre présence dit deux choses. D'abord, des résultats concrets qui ont été obtenus ces derniers mois et que nous devons continuer de mobiliser pour la Moldavie et, ensuite, du fait que nous n'avons pas le droit de céder à quelque fatigue ou lassitude ou considérer que les choses pourraient se régler rapidement ou que nous pourrions baisser la garde.
Je sais que vous avez abordé aujourd'hui en détail la forte exposition de la Moldavie à cette guerre profondément déstabilisatrice qui se joue en Ukraine et dont la Moldavie subit les multiples conséquences. Conséquences humanitaires, d'abord, avec l'accueil de dizaines de milliers de réfugiés venant d'Ukraine. Je souhaite, à cet égard, souligner la générosité du peuple moldave qui s'est mobilisé à un niveau inégalé puisque la Moldavie a accueilli le plus grand nombre de réfugiés ukrainiens par habitant.
Conséquences économiques multiples, et nous le vivons tous dans nos pays, mais les quelques chiffres qui décrivent la réalité de ce que vit la Moldavie suffisent à dire la résistance de votre peuple. Une inflation de près de 35 %, des taux d'intérêt qui ont dépassé les 20 %, une récession qui est d'ores et déjà à l'œuvre, des perturbations profondes sur les marchés agricoles, des risques de rupture chaque jour sur l'électricité et le gaz, et des prix qui ont flambé. Nous savons tous, dans nos pays, déjà les inquiétudes et parfois la colère qui monte face à des situations qui n'ont aucune commune mesure, et la Moldavie a été frappée par ces conséquences directes de la guerre au moment même où vous étiez et vous continuez d'être pleinement mobilisés sur une série de réformes essentielles avec beaucoup de courage pour lutter contre la corruption et lutter contre des groupes d'intérêts multiples qui vous déstabilisent davantage chaque jour.
Donc je le dis ici avec beaucoup de force, d'abord, lutter pour la Moldavie aujourd'hui, c'est participer à l'effort de guerre que nous conduisons aux côtés de l'Ukraine. Ensuite, aider votre pays, c'est de la cohérence, c'est un devoir moral compte tenu de ce que vous subissez. Ensuite, pour tous celles et ceux qui se veulent et qui croient en l'Europe, dans nos valeurs, c'est un simple principe de justice car aujourd'hui, en Moldavie, cette situation économique est utilisée par des soutiens de la Russie et des ennemis de l'Europe pour, chaque jour, organiser des manifestations payées, déstabiliser la présidente et son gouvernement et lutter contre l'Europe et la réalité des idées que nous défendons.
Donc abandonner la Moldavie à son sort ou la laisser souffrir dans son coin, c'est décider que l'Europe n'a plus vocation à être fidèle à ses valeurs et ses idées ou perd toute ambition. Je vous en remercie car votre présence aujourd'hui et les engagements pris dans le cadre de la plateforme montrent, si besoin en était, que ce n'est pas le cas et que nous continuons d'avancer. À cet égard, rappelons que nous avons, depuis le mois de mars dernier, mobilisé très largement et déjà réussi à prendre des décisions concrètes, mais la situation continue de se dégrader.
En effet, sur le plan énergétique, l'Ukraine avait commencé à exporter de l'électricité vers l'Union européenne cet été, grâce à la synchronisation de son réseau électrique avec le nôtre, et fournissait, avant le début de la campagne russe, une partie importante de l'électricité consommée par la Moldavie, et les difficultés que nous connaissons ont mis en fragilité cette organisation. À cela se sont ajoutées les pressions de la part de la Russie sur votre approvisionnement énergétique, destinées à détourner la Moldavie du cap courageux que vous aviez pris, et ajoutant en quelque sorte aux déstabilisations que vous connaissiez déjà. Donc le gaz et l'électricité sont aujourd'hui deux dimensions essentielles et, au-delà des engagements pris dans la conférence de ce jour, il nous faudra, dans les prochaines semaines et les prochains mois, continuer d'être extrêmement vigilants pour aider la Moldavie à s'approvisionner et adapter notre soutien pour apporter les aides financières qui devront évidemment évoluer en fonction de la réalité énergétique que vous aurez à subir.
Remerciant l'ensemble des parties prenantes à la plateforme, je veux ici dire aussi que nous nous sommes engagés à vos côtés pour apporter 126 millions d'euros d'aides, sous forme d'aide d'urgence et de soutien financier à moyen terme, au début du conflit et lors de la conférence de Berlin. À Bucarest, nous avions ajouté 11 millions d'euros d'aides aux organisations non gouvernementales et micro prêts aux petites et moyennes entreprises, et nous avons tenu ces engagements avec des déboursements importants, en particulier au bénéfice du gouvernement. Afin de répondre aux besoins immédiats, nous avons donc décidé de mobiliser une nouvelle enveloppe exceptionnelle de plus de 100 millions d'euros. 10 millions d'euros seront déployés d'ici la fin de l'année 2022 sous la forme de subventions au Haut-Commissariat aux réfugiés, au Programme alimentaire mondial et à l'UNICEF, pour soutenir notamment l'accès des réfugiés au chauffage, à la nourriture et à l'éducation.
Des générateurs de haute puissance vont également être fournis dans les premiers mois de l'année 2023 pour équiper les hôpitaux moldaves et une enveloppe de 2 millions d'euros sera mobilisée via la BERD, et je remercie Odile Renaud-Basso d'être à nos côtés aujourd'hui, pour soutenir les réformes publiques, notamment dans le secteur de l'énergie, et venir compléter tout un travail d'ensemble que la banque mène à ce titre. La situation de crise dans laquelle se trouve la Moldavie ne remet aucunement en cause les projets que nous souhaitons mener à moyen terme avec votre pays partenaire. C'est pourquoi, aussi, l'Agence française de développement investira 90 millions d'euros en Moldavie sur la période 2023-2024, en particulier dans les domaines prioritaires de l'énergie et quelques autres.
La conférence de ce jour a permis aussi de réaffirmer notre plein soutien à la trajectoire de réforme qui est la vôtre et qui justifie pleinement, si besoin en était, le choix qui a été le nôtre d'octroyer le statut officiel de candidat à l'Union européenne à votre pays, en juin dernier, sous présidence française du Conseil. Ce n'est que justice compte tenu des circonstances mais aussi du courage que, depuis votre élection, vous avez démontré, courage que j'ai pu mesurer en me rendant en Moldavie le 15 juin dernier. Le gouvernement et le pays que vous présidez, Madame Sandu, je dois le dire, forcent notre admiration, par la clarté que vous avez eue dès votre élection pour lutter contre la corruption, pour mener une réforme de l'État ambitieuse et pour consolider l'État de droit mais, au-delà de cela, parce que vous n'avez rien cédé depuis le début du conflit en Ukraine et que vous avez continué de mener cet agenda, que vous n'avez cédé à aucune pression, comme les membres de votre gouvernement, et que vous avez décidé de continuer d'avancer.
C'est pourquoi la conférence d'aujourd'hui, la réunion de la plateforme et les engagements pris sont une nécessité. Une fois encore, je remercie les parties prenantes de continuer de vous accompagner. Je veux ici dire que, dans les prochaines semaines et les prochains mois, si des décisions supplémentaires devaient être prises, massives, en particulier pour l'énergie et durant l'hiver, nous saurions les prendre, je le sais, aux côtés de l'Allemagne, de la Roumanie et de l'ensemble de l'Union européenne.
Enfin, je me félicite que, dans les prochains mois, nous puissions poursuivre cette mobilisation dans votre pays. La prochaine réunion de la plateforme se tiendra donc en Moldavie, et c'est une très bonne chose, mais vous avez aussi souhaité, et nous l'avons soutenu, que la prochaine réunion de la Communauté politique européenne se tienne aussi en Moldavie. Elle se tiendra, je crois, au début du mois de juin prochain, et c'est là aussi une très bonne chose, démontrant, si besoin en était, que nos grands défis supposent que vous réussissiez et que les sujets que nous nous sommes donnés comme priorité lors de la première édition de la Communauté politique européenne, nos sujets énergétiques, nos sujets sécuritaires et la protection de nos infrastructures, sont aussi au cœur des défis de votre pays, et c'est à cet égard une très bonne chose que nous puissions nous retrouver chez vous et autour de vous pour ces sujets essentiels et dans cette forme politique qui, je crois, a démontré son caractère utile si ce n'était indispensable dans ce contexte.
Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je souhaitais vous dire aujourd'hui, en vous remerciant une fois encore d'être là, d'être aux côtés de la Moldavie et vous dire, Madame la Présidente, vous qui, lorsque vous êtes en Moldavie, menez avec beaucoup de courage vos réformes et qui, quand vous nous rejoignez en Allemagne, en Roumanie, en France ou ailleurs, donnez parfois le sentiment d'être désolée d'avoir des choses à nous demander parce que, je le sais, ce n'est pas votre tempérament, vous n'avez rien à nous demander. Nous considérons que c'est notre devoir et c'est aussi la juste reconnaissance d'un travail ambitieux et courageux que vous menez pour votre pays mais, ce faisant, aussi pour notre Europe. Soyez-en remerciée.
Merci à toutes et tous.
Emmanuel Macron