Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 6 février 2020 10 minAutoproduitActualité / polémiqueRetraitesSécuritéInstitutions & électionsSolidarités & famille

Retrait ou référendum !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Vous assumez le ZADisme parlementaire ?

  • 2:00RelanceRéponse partielle

    Avec quels objectifs les 19 000 amendements ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Le Parlement est-il le cœur de la démocratie ?

  • 6:00OuverteRéponse partielle

    La rue a-t-elle fait reculer le gouvernement sur les retraites ?

  • 8:00RelanceRéponse partielle

    Robert Badinter déplore la violence symbolique contre Macron. Vous craignez la guillotine ?

  • 10:00FerméeRéponse directe

    Les ministres non élus doivent-ils quitter leur poste ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Nos retraites sont un territoire à défendre. Oui on espère que la réforme termine comme Notre Dame des Landes. »
  • 4:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Si plus personne ne croit à la République et au Parlement, et qu'on pense que ça se joue sur les plateaux de télé et dans la rue. »
  • 8:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Pour l'instant, les pires violences ont été commises, de sang froid, par des policiers qui, de sang froid ont visé leurs compatriotes en pleine figure. »
  • 10:00Jean-Luc MélenchonFait
    « La coutume était l'inverse. On partait de l'idée que certains ministres n'étaient élus par personne, mais qu'ils bénéficiaient du vote de confiance. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour Jean-Luc Mélenchon. Vous êtes lancé, il est vrai, dans une bataille parlementaire. ce n'est plus de l'obstruction. c'est du ZADisme parlementaire.

Cette phrase, elle est signée Olivier Veran. Il est député "la république en marche". Vous assumez le ZADisme parlementaire ?

Je veux en débarrasser en tout cas la scène. Oui, nos retraites sont un territoire à défendre. Oui on espère que la réforme termine comme Notre Dame des Landes. et si le Président avait quelque chose dans le ventre, vu l'état dans lequel est le pays, il déclencherait un référendum, comme ça a été fait pour Notre-dame-des-landes.

Il ne le ferra pas. Nous verrons. Parce que bien sûr il donne l'impression pas être là vraiment quand on voit les bourdes qui s'accumulent il y a une certaine inquiétude sur le personnage.

Quand on le voit manier un tee-shirt avec quelqu'un qui a un œil crevé, on ne sait pas de qui ce moque? des policiers qui ont crevé les yeux ? ou des gens qui ont les yeux crevés ? et on a l'impression que lui n'est plus tout à fait là.

Il dit des choses étranges. Il dit à sa majorité "un peu d'humanité", reprenant ce qui est exactement notre accusation depuis le début. Ces gens sont des idéologues qui ont coupé tout contact avec la réalité humaine.

Quand on parle par exemple des retraites. Qu'on entend le ministre dire que c'est un problème d'hygiène de vie si les gens, les salariés et les ouvriers meurent plus vite. On se dit, non mais franchement, dans quel monde vivez-vous? c'est pas étonnant que le gars qui s'occupe de ça, le ministre.

C'est un homme qui a poursuivi une caissière pour 80 centimes d'erreur de caisse, et parce qu'elle avait donné un petit pain au chocolat, qui était trop cuit, elle l'avait donné gratuitement. Ce gars est maintenant ministre chargé des retraites. Qu'est ce que vous voulez qu'il ressente de la vie des gens?

Et donc vous vous battez sur le terrain parlementaire avec une stratégie qui est assumée? C'est quand même assez incroyable de l'assumer, qui est de dire: "on va déposer 19 000 amendements", "on va jouer la montre". Avec quels objectifs ? en réalité ?

Pas de faire reculer le gouvernement sur la réforme des retraites Jean-Luc Mélenchon ? Bien sûr que si. Nous prenons la suite là où nous sommes.

De la bataille qu'ont menée les salariés. Nous nous en sentons la représentation politique. Donc on dépose des amendements.

On l'a fait avec des conditions de tactique, ça a de l'intérêt, d'avoir un homme expérimenté à la tête d'un groupe pour ne pas se faire couper l'herbe sous le pied. Donc nous avons déposé 17 fois chaque amendement de manière à être certains (nous ne sommes que 17) que dans le roulement il y aura toujours quelqu'un pour défendre l'amendement, quoi qu'on nous fasse. Avec quel objectif ?

D'abord de pouvoir présenter la totalité de nos thèses. C'est à dire que les gens qui suivent à la télé, il y en a quand même quelques-uns, ou qui regardent vont entendre tous nos arguments sur l'ensemble des points. Et comme on sait qu'à un moment donné le couperet va tomber parce qu'il va falloir passer en séance plénière, pardon c'est de la technique, et bien on aura entendu tout ce qu'on a à dire sur le sujet. donc le problème n'est pas de les retarder ou de je ne sais quoi, c'est de faire en sorte que la totalité des arguments soient présentés, sur la table.

Ils ne l'ont pas été, pendant ces mois de débat, ils ne l'ont pas été entendus vos arguments ? Madame Roux, souffrez que les parlementaires pensent que c'est au Parlement que ça se passe. Si plus personne ne croit à la République et au Parlement, et qu'on pense que ça se joue sur les plateaux de télé et dans la rue.

Bien sûr que ça se joue sur les plateaux de télé et dans la rue, mais il y a un truc qui s'appelle "le Parlement" et c'est le cœur de la démocratie. donc c'est là aussi qu'il faut que le débat ait lieu. Avec quand même l'objectif de retarder l'adoption du texte ? ou même pas ?

Alors, si quand on va arriver en séance plénière évidemment, il faut que ça dure le plus possible. D'abord pour qu'on nous entende. ensuite pour qu'ils sachent qu'il y a une résistance qui est appuyée par le pays.

Les sondages nous sont très favorables dans cette circonstance. et puis qu'on aille jusqu'au moment où ils se prendront une raclée électorale aux municipales, qui peut être va les faire réfléchir et leur dire on arrête. On va en parler des municipales, mais d'abord quand même un mot parce que ça se joue encore aujourd'hui dans la rue avec une journée de mobilisation.

A un moment donné, je suis sûre que vous avez pensé que la rue ferait reculer le gouvernement sur cette réforme des retraites. Ca ne s'est pas produite, pourquoi? non.

écoutez. n'allez pas trop vite. "la rue" comme vous dites, déjà c'est une façon de parler, pardon je ne vous en veux pas.

C'est vous qui avez dit "la rue" il y a deux minutes. Oui, parce que moi aussi je finis par m'imbiber d'un vocabulaire qui n'est pas le notre. Vous parlez comme nous ?

Là ce sont les corporations, les métiers. Caroline Roux, comprenez. Ce qui s'est passé, avec le temps, c'est que les gens ont pris le temps d'aller regarder et ça a donné un résultat incroyable.

Les petits rats de l'opéra, les égoutiers, les aide-comptable, les experts comptable, dans les agences de notaire. que sais-je encore? pardon à pour tous ceux que j’oublie. les avocats.

Alors eux ils n'en reviennent pas. parce que c'est une classe sociale, une catégorie sociale, où il y a des gens très riches et des gens très précaires, mais ils sont tous unis dans la lutte parce que ils découvrent que, tout d'un coup, le gouvernement est venu leur faire les poches, alors qu'ils ont une caisse de retraite qui est équilibrée jusqu'à 2079 ils vont gagner moins et ça va leur coûter plus cher; ils n'en reviennent pas je leur ai demandé aux autres de la majorité : pourquoi vous avez été mettre les doigts dans un nid de frelons pareil ? pourquoi vous faites ça? alors ils ne savent plus très bien eux mêmes pourquoi ils ont mis ce pays en révolution.

On revient à la contestation sociale. Qu'est ce qu'il en restera ? il en restera des syndicats, notamment la CGT éreintée ? ou est-ce que vous vous pensez qu'il peut renaître quelque chose d'un ancien volcan ? qui peut renaître quelque chose de cette contestation sociale ? ou est-ce qu'il faut admettre, que cette fois ci encore, la rue n'a pas fait reculer le gouvernement ?

Oui, ça c'est le rêve d'une série d'éditorialistes. Qu'on vienne piteux sur les écrans télé, avouer notre défaite en pleurant et en nous jetant de la cendre sur la tête. Non la bataille est en cours. déjà ils ont sacrifié 40, 50 jours de salaire, et vous figurez qu'on va poser le sac à terre comme ça ?

Donc c'est pas fini? Attendez, ils sont rentrés, mais la rage au coeur, et dans le pays s'est propagé une onde de refus de cette réforme. Et par conséquent à la fin nous auront le dernier mot. parce que les gens n'oublieront pas, et ne pardonneront pas.

Et puis nous sommes dans la bataille. Vous croyez que ça fait quel effet au grand patronat de ce pays de voir un pays dans un état pareil ? le monde entier parle de nous mais c'est seulement pour parler de nos techniques de répression dans la rue, et du bazar qui règne de tous les côtés. non je pense que plein de gens dans ce pays sont en train de se dire que le Président de la République bon, à été trop loin, n'écoute rien ni personne et ne sait pas gérer un pays.

Nous ne sommes pas une entreprise. On ne dépend pas de la volonté d'une personne. un mot quand même ce matin encore sur le mouvement social, qui a été marqué par une montée en tension.

Une montée des violences. Robert Badinter dans le parisien, déplore...

De quelle violence? les violences policières vous voulez dire? Justement, attendez la fin de ma question: déplore cette situation et notamment, il dit, en gros voilà, qu'il y a un climat social en France qui s'est détérioré, et il déplore le fait qu'on mettre la tête du Président, par exemple, sur une pique.

Vous avez moins peur de lui que la guillotine. Il dit : "moi j'ai peur de la guillotine voilà pourquoi ça me fait bondir". Oui, on comprend.

Et puis à partir d'un certain âge aussi, les gens aiment moins sont plus facilement heurtés par un spectacle; je vais le rassurer tout de suite. Il n'y a pas une personne à l'intérieur des cortèges syndicaux qui ait l'intention d'en guillotiner une autre, je le rassure. C'est un symbole.

ça s'appelle une image. Mais pourquoi vous jouez sur ce symbole ? Dans votre blog vous avez alimenté cette comparaison.

Vous parlez de louis XV : qui commença son règne comme le bien-aimé, "on l'enterra, écrivez-vous, la nuit sous les lancers de pierres". Pourquoi vous alimenter cette symbolique ? Vous avez l'impression que je suis responsable des violences policières.

Je vous réponds. Parce que l'imaginaire des français est travaillé par le souvenir de la grande révolution de 89, qui est une révolution égalitaire. on a aboli les privilèges.

La tête du roi, le reste est quasiment secondaire, par rapport à ce qui est essentiel Pas pour Emmanuel Macron peut-être. Par rapport à l'abolition des privilèges. Mais Madame Roux, nous ne terminerons pas la réponse à votre question sans évoquer le fait que, pour l'instant, les pires violences ont été commises, de sang froid, par des policiers qui, de sang froid ont visé leurs compatriotes en pleine figure. qu'ils ont matraqué des gens à terre, qu'ils ont frappé à coups de poings des pompiers, ce qui est n'a plus rien à voir, ni avec le maintien de l'ordre, ni même avec une police républicaine.

Par conséquent si l'on veut faire descendre la température, il est temps que le Président de la République vienne à des décisions plus à des méthodes plus démocratiques. si il tient à tout prix à cette réforme parce qu'il pense qu'elle est bonne pour le pays. qu'il constate que les gens n'en veulent pas, alors qu'il organise, par exemple, un référendum.

Nous déposerons une motion référendaire au Parlement et nous verrons si "la République en Marche", dans un moment de clairvoyance, dira : tiens on va régler le problème comme ça allons au référendum. Deux questions à vous poser, rapidement, Les ministres qui échouent à se faire élire aux élections de Mars prochain, aux élections municipales, on l'a appris ce matin, ne seront pas contraints de quitter leur ministère. C'est bien ? c'est pas bien ?

La coutume était l'inverse. On partait de l'idée que certains ministres n'étaient élus par personne, mais qu'ils bénéficiaient du vote de confiance, et que si le suffrage universel n'en veut pas, on rentre à la maison pour montrer qu'on a entendu le message. ça ne veut pas dire qu'on interrompt sa participation à la lutte politique, mais enfin on quitte le gouvernement.

ça se faisait comme ça avant. Mais maintenant, dans le nouveau monde, quoi qu'il arrive on reste en place, on obéit au chef surtout, même au risque d'inhumanité et de non respect de la démocratie. Deuxième question.

La seule femme à diriger un groupe du CAC40 s'appelle Isabelle Cocker. Elle a fait prendre un visage écologique au groupe NJ. En tout cas elle est soutenue par Pascal Canfin, par exemple, par Yannick Jadot, qui estiment qu'elle a assumé cette transition.

Elle sera sans doute débarquer ce soir. Ceux qui la défendent doivent la connaître, ils doivent vivre dans le même monde, ils doivent se fréquenter. mais c'est pas notre cas.

Nous tout ce qu'on sait, c'est que depuis que NJ a été le privatisé, le gaz a augmenté de 50% et que, la grande écologiste que vous me décrivez, l'année dernière, ça ne l'a pas dérangé de couper à 10% de plus de gens le gaz, des pauvres gens qui sont restés au froid. Ses collègues les ont fait rester également dans la nuit, parce qu'ils leur ont coupé l'électricité. Et d'autres collègues ont coupé la flotte.

Donc, dans ce pays qui souffre, j'aurais du mal à jeter des larmes pour des gens qui sont responsables des souffrances. Merci beaucoup Jean-Luc Mélenchon.