Sahel : Macron a-t-il raison de s’en prendre aux dirigeants africains ?
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Analyse automatique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Comment analyser cette déclaration d'Emmanuel Macron ? Est-ce une maladresse ou un coup de pression diplomatique ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'Emmanuel Macron cherche à faire en amalgamant ces situations ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Les pays africains affirment avoir pris l'initiative du retrait des troupes françaises. Qu'en est-il vraiment ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron a-t-il tort de taper du poing sur la table, même si c'est de manière brutale ?
- 8:00OuverteRéponse directe
La France est-elle condamnée à l'effacement en Afrique face à la montée du nationalisme ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Quelle alternative la France doit-elle proposer face à la montée en puissance de la Chine, la Russie ou l'Iran ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00BagayokoFait
« le Sénégal d'abord puis le Tchad ensuite on fait savoir que ça ne serait pas le cas »
- 6:00BagayokoFait
« l'opération Serval en 2013 »
- 10:00BagayokoFait
« la France n'a ni la capacité ni la légitimité pour assurer à l'Afrique sa sécurité et sa souveraineté »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bagayoko bonjour bonjour et bienvenue soyez la la bienvenue sur ce plateau de de point de vue docteur en sciences politiques enseignante à sciencep présidente de l'African security sector network alors cette sortie d'Emmanuel Macron que nous venons de de réécouter ensemble elle a suscité beaucoup de réactions notamment notamment dans les pays africains les pays qui se sont sentis visés le président chadien Idris debi qui a dénoncé des propos qui freisent le mépris même son cloche chez son homologue sénégalais le le Premier ministre Ousman Sonko d'abord comment analyser vous cette cette déclaration du chef de l'État est-ce que c'est une maladresse ou bien un coup de pression diplomatique ah moi je pense que c'est une maladresse hein et d'ailleurs les clarifications que l'on entend de la part de l'entourage du président qui indique que seulement les pays du sel central étaient visés par ses propos dit qu'il y a eu un dérapage effectivement on précise qu'Emmanuel Macron ne cite aucun pays nomément dans ce dans cet extrait qu'est-ce qu'il cherche à faire Emmanuel Macron quand quand il dit cela alors ce qui est important c'est qu'en effet je pense qu'il a voulu sans doute par manque de temps hein euh amalgamer des situations qui sont très différentes il y a d'une part le message qu'il entend faire passer aux régimes militaires qui sont désormais au pouvoir au Mali au Burkina Faso et au Niger et avec lesquels il y a un grand contentieux sur lequel nous pourrons éventuellement venir et d'autres d'utre part il s'est adressé à mon avis de manière tout aussi maladroite au pays dont il a été décidé que les forces françaises devraient quitter le territoire à l'initiative des pays eux-mêmes en l'occurrence le Sénégal et le Tchad le cas de la Côte d'Ivoire étant différent et du Gabon également et c'est là que se situe le contentieux il y a un débat d'ailleurs sur cette question parce que c'est ce qu'affirme effectivement les représentant de ces pays président Premier ministre qui affirme que c'est eux à leur initiative que les troupes françaises se sont retiré c'est pas vraiment ce que dit le kedoré alors il est très clairement établi si l'on reprend le déroulement des fêes que le voyer spécial pour le président de la République Jean-Marie Boquel chargé de la redéfinition du dispositif militaire français en Afrique a annoncé que des force française resteraiit stationné avec des effectifs réduits aussi bien au Sénégal qu'au Tchad qu'en Côte d'Ivoire et qu'au Gabon et le lendemain le Sénégal d'abord puis le Tchad ensuite on fait savoir que ça ne serait pas le cas donc il apparaît très clairement que la décision est en effet venu de ces deux pays-l en revanche des accords on manifest ifestement était passé avec le Gabon et la Côte d'Ivoire pour que quelques personnels Français restent sur place mais avec des missions différenciées ce que dit k c'est que dans certains cas en réalité on a laissé la la primeur de l'annonce à certains pays mais en fait c'était une décision concertée bon en tous les cas on voit bien que les versions ne coïcident pas complètement ce qui est certain c'est qu'il y a unfire diplomatique qui s'est installé clairement alors ce n'est pas seulement le K d'orsé qui tient ses propos puisque le président oui vous AZ Raon laance é etait Laé l'inititive de l'annonce au pays concernés avec effectivement une divergence de de point de vue alors une divergence de la part du du Tchad et du Sénégal comme je vous l'ai indiqué la version de ces pays-l est quand même beaucoup plus crédible en revanche pour ce qui concerne la côte d'ivoir dont le président Alassan Ouatara a en effet annoncé il y a une dizaine de jours pour le la fermeture de la principale base militaire française c'est en effet ce qui semble s'être produit mais quand même quelle absence d'élégance le mépris est quand même indéniable lorsque l'on a besoin d'indiquer que l'on est poli et que on laisse gentiment je dirais les pays africains annoncer des choses qui sont décidées à Paris vous avez été surprise par cette liberté de ton d'Emmanuel Macron non pas surprise parce que le président français particulier ement coutumier de ce type de de déclaration particulièrement en Afrique et malheureusement c'est quelque chose qui a beaucoup contribué au recul de l'influence et de la présence française sur le continent autre question niagal Bagayoko une question que se posent certains français Emmanuel Macron a-t-il vraiment tort sur le fond de taper du point sur la table certains disent oui c'est dit de manière un petit peu brutale mais il y a quand même un peu de fond de vérité quand on pense par exemple 58 militaires français qui ont péri qui ont perdu la vie au cl ces 10 dernières années quand on pense à l'investissement financier également que cela représente depuis le lancement de l'opération Serval en 2013 et quand on voit la manière dont les Français doivent aujourd'hui quitter le territoire certains se disent oui c'est vrai qu'on est un peu pour reprendre l'expression d'un d'un diplomate les dindons de la farce alors je pense que la situation est quand même beaucoup plus complexe là aussi je pense qu'il faut revenir à l'historique exacte euh là où le président français euh a raison c'est que c'est en effet la France qui a commencé par annoncer qu'elle allait rétracter son dispositif déployé dans le cadre de l'opération militaire barkane et cela après le deuxème coup d'État au Mali parce qu'il faut quand même rappeler que le président français s'est dans un premier temps réjoui de l'arrivée au pouvoir des militaires après le plus premier coup d'État en estimant que les autorités étaient sans doute beaucoup plus euh encline à coopérer que leurs prédécesseurs civils euh par contre là où il est compliqué de trancher c'est que en effet il y a eu d'importantes pertes françaises mais qui sont quand même et on y reviendra sans doute beaucoup plus limité que ce quiessi par exemple les Russes aujourd'hui dans le pays il faut saluer la mémoire des soldats français mais souligner que les pertes ont été tout à fait géré de manière très professionnelle par l'armée française en revanche les résultats qui ont été obtenu sont absolument minimes en réalité c'est-à-dire que il y a un échec collectif à la fois des partenaires internationaux quels qu'ils soi qu'ils soient bilatéraux occidentaux ou non multilatéraux ou même africains à faire face au types d'insécurité qui d'ailleurs ne ne peut pas être uniquement réduit à la menace jadiste un échec collectif un échec d'Emmanuel Macron lui-même euh non moi je ne pense pas que le l'échec se limite à Emmanuel Macron je pense qu'il a aggravé en effet la situation par un certain nombre de déclarations intempestive par une arrogance qui ne se démentand jamais comme on vient encore de le voir à cette occasion mais la situation d'un certain type de pays avec une conflictualité et un type de violence que les acteurs internationaux et nationaux n'arrivent pas à contrôler est beaucoup plus préoccupante ce que l'on a constaté au Sahel c'est exactement la même chose que ce que l'on a vu en Afghanistan que ce que l'on a vu au Moyen-Orient c'est-à-dire des moyens déployé non pas seulement hein par les forces militaires qu'on accuse à mon avis beaucoup trop souvent mais également par les acteurs du développement euh à apportter des réponses à l'insécurité euh qu'expérimentent euh les population locale est-ce que vous diriez que la France est aujourd'hui en tout cas en l'état condamnée à l'effacement en Afrique quand on voit la force des propos notamment du Premier ministre sénégalais Ousman Sonko qui dit que la France n'a ni la capacité ni la légitimité pour assurer à l'Afrique sa sécurité et sa souveraineté ce sont des propos forts oui et qui sont assez justes d'une manière générale parce que c'est le cas encore une fois à mon avis de la plupart des partenaires internationaux il a quelque chose que l'on doit comprendre à propos de l'Afrique dont on parle très peu on croit que la vague nationaliste patriote souverainiste que l'on constate dans les pays occidentaux l'UR est propre mais l'Afrique en réalité connaît elle aussi ce virage et de manière extrêmement virulente et il est important de souligner le fait que cela ne se produit pas uniquement dans les pays sous régime militaire mais comme le cas du Sénégal l'illustre de manière absolument éclatante également dans les pays où la démocratie est extrêmement bien ancrée aujourd'hui le plus grand mouvement dont a d'ailleurs parlé le président Macron d'un point de vue idéologique et celui du néopanafricanisme qui se définit en faux contre la l'idéologie dite démocraticolibérale et contre ce qu'on appelle l'impérialisme extérieur mais al précisément je repose ma question est-ce que les pays occidentaux et à forceori la France sont aujourd'hui condamné à l'effacement alors la France n'est pas dans la même situation que les autres pays occidentaux d'abord moi je récuse ce terme de pays occidentaux moi je préfère parler de bloc transatlantique c'est-à-dire Amérique du Nord Europe parce que il y a d'autres pays européens notamment d'Europe centrale anciennement communiste qui sont de plus en plus présents en Afrique parce qu'ils réactive un certain nombre de liens de l'époque soviétique précisément c'est le cas de la Hongrie par exemple qui est extrême présente aujourd'hui dans un pays comme le Tchad la France aujourd'hui est appelée à effectivement être beaucoup moins audible beaucoup moins visible mais ce qui se produit ce n'est pas un phénomène nouveau je pense que la France prend simplement conscience qu'il y a beaucoup d'autres partenaires qu'ell sur le continent africain mais la plupart d'entre eux sont en réalité présents depuis plus de 25 ans que l'on parle de la Turquie que l'on parle d'israël que l'on parle pas uniquement sur le plan militaire exactement que l'on parle des pays de du Golfe Persique tous sont là depuis des années il des poid en effet des stratégies qui sont culturelles qui sont religieuses si l'on prend par exemple le cas d'Israël il est en général très proche des pays où les communautés évangéliques sont très importantes le cas de l'Iran dans les pays où les diasporas notamment libanaises sont présentes les Émirats euh Arabe Unis ainsi que l'Arabie Saoudite là où l'islam est beaucoup plus conservateur mais il y a aussi le rôle de la Turquie et du Qatar et ça ce sont des dynamiques par exemple sur lesquelles la France ne joue pas et son modèle euh laïque he qu'il faut bien entendu défendre à l'intérieur du pays à l'intérieur de la France n'est absolument pas audible ni en Afrique ni d'ailleurs parmi un certain nombre de partenaires européens alors pour revenir à ces autres leviers et notamment le levier économique le ministre des Armées Sébastien lecnu affirme sur ces news européens hier que l'influence française en Afrique ne se résume pas aux bases militaires que nous sommes en train de de rétrocéder et lui il dit que l'agenda il est en bonne partie économique vous êtes d'accord avec cela alors c'est intéressant que ce soit le ministre des armées qui ind dis que cela d'abord c'estate c'est tout à fait révélateur et d'autre part ça c'est un discours que l'on entend depuis des décennies en réalité selon laquelle la France est beaucoup plus présente économiquement dans les pays non francophones que dans les pays francophones où en effet je doute de la réalité des intérêts économiques et en réalité l'une des grandes difficultés à laquelle on s'est heurter au Sahel c'est l'absence de capacité à définir des intérêts il n'y avait pas d'intérêt économique quoi qu'on en dise hein avec des théories complotie selon laquelle la France serait dans ces pays-là pour en exploiter les ressources naturelles je ne suis absolument pas partisan de ce type d'analyse mais il n'y avait pas non plus de ressortissants particulièrement nombreux en fait la France était là pour défendre son rang et c'est en réalité de ça qu' s'agit c'est donc une erreur l'erreur d'avoir eu une présence trop militarisée selon vous pas uniquement militarisé militarisé de manière à mon avis beaucoup trop présomptueuse c'est-à-dire que la menace ou les menaces plus exactement qu'il s'agit de contenir on parle beaucoup évidemment des groupes djihadistes mais si on voit la multiplication des groupes d'autodéfense et cetera de la criminalité organisée qui ne doit pas être confondu avec le djihadisme les moyens déployés n'étaient à l'évidence absolument pas adaptés et la façon dont on a affirm de manière très péremptoire qu'on allait éradiquer le terrorisme a nuit à la confiance et à provoquer un scepticisme puis un rejet parmi les opinions publiques africaines ça effectivement à la situation de rejet que nous connaissons aujourd'hui vous avez évoqué les autres pays qui exercent une influence grandissante en Afrique quelle alternative devons-nous aujourd'hui la France proposer selon vous face à la montée en puissance de la Chine la Russie ou l'Iran pour ne citer que alors moi je pense que d'abord il faut considérer que les Africains ne sont pas des marionnettes que ce ne sont pas des jouets au mains des puissances extérieures et c'est ça le phénomène qui est en train de s'affirmer au mais il y a des gardes d'influence partout dans le monde en réalité vous le savez aussi bien que moi donc ce dont on s'aperçoit en Afrique aujourd'hui c'est que les part les possibilités de partenariat sont absolument multiples et qu'elles ont été tissées depuis un grand nombre d'années donc elles sont solides donc il appartient à chaque état de pouvoir démontrer sa propre valeur ajoutée dans cet environnement mais ce qui est certain c'est qu'aujourd'hui les États africains semblent déci à faire valoir avant tout leurs propres intérêts plutôt qu'à s'inscrire dans des alliances traditionnelles ou dans des allégeance comme ils ont pu le faire jusqu'à aujourd'hui donc je ne pense pas qu'il faille avant tout considérer l'Afrique comme un champ de rivalité mais plutôt essayer de s'insérer en comprenant les dynamiques locales parce que ce ça qui permettra aux différents acteurs de s'insérer de manière beaucoup plus durable dans différents environn et dans cette cette réinvention quelque part de notre diplomatie en Afrique est-ce que la France a selon vous les moyens d'agir seul alors s'il y a un échec un autre dans la politique qui a été mené au cours des dernières années c'est celui de la multilatéralisation qui d'une part n'a pas marché sur le plan africain puisquil y a eu ces tentatives notamment de créer ce fameux G5 C et de travailler avec des coalitions africaines mais il y a eu aussi un échec de l'européanisation aujourd'hui la plupart des partenaires européens entendre agir seul ou hors pilotage de la France sur le continent c'est très clair du côté des Allemands c'est encore plus clair du côté des Italiens hein par exemple qui sont eux de plus en plus présents sur le continent notamment par rapport à cette question des des immigration Georgia Meloni entend développer des relations extrêmement étroites sur un plan bilatérale et de manière intéressante c'est le seul pays qui concerne des effectifs militaires au Niger par exemple puisque même les États-Unis ont été appelés à quitter le territoire merci beaucoup niagal Bagayoko sur ce sujet évidemment de la la politique africaine de la France j'en va vers tous les articles du service étranger du Figaro nos analyses et nos reportage sur le le terrain qui sont à retrouver sur le Figaro.fr merci beaucoup pour votre présence sur notre pl