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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 21 février 2017 15 minAutoproduitFond programmatiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesTravail & emploi

URGENCE SOCIALE : AUGMENTER LES SALAIRES - #EDCC3

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:30Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Perte du pouvoir d'achat des fonctionnaires : 7%. »
  • 12:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Un revenu maximal fixé à 20 fois le revenu médian, soit environ 360 000 euros par an. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

- Abrogation de la loi El Khomri, - Réduction du temps de travail, pour, entre autre, donner du travail à tous, - Augmenter les salaires et, en priorité, le SMIC, sont quelques exemples de propositions pour répondre à cette urgence sociale. Nous ont rejoint sur le plateau : Guillaume Etievan, Maria Gal et Luis, Luis qui ne peut pas parler finalement devant la caméra : c'est un haut fonctionnaire et il ne peut pas prendre position publiquement pour Jean-Luc Mélenchon, alors que pour d'autres candidats, il y a moins de difficultés -- on ne s'arrêtera pas sur ce détail, mais je voulais tout de même le souligner. Question naïve, -- Bonjour à tous ! -- première question : pourquoi est-il nécessaire d'augmenter les salaires ?

On voit bien que la vie est de plus en plus difficile pour l'ensemble de la population, beaucoup de gens n'ont pas un salaire assez élevé pour pouvoir correctement finir la fin du mois, pouvoir payer les loyers, etc...

Et en le même temps, on a une ponction faite par les propriétaires des grandes entreprises qui augmente de plus en plus. Vous savez que pendant le mandat de François Hollande, la France est devenue championne d'Europe du versement de dividendes. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il n'y a pas de fatalité : on peut tout à fait mettre davantage dans les salaires et moins dans le capital !

On nous bassine à longueur de journée sur le coût du travail; le problème pour nous, c'est bien le coût du capital, et si on met un autre arbitrage qui va davantage vers les salaires, on pourra améliorer très concrètement la situation des Français très rapidement. Quand tu dis le coût du capital, tu veux dire que se sont ces dividendes qui s'échappent et qui finalement ponctionnent l'économie réelle...

Comment tu le dirais simplement ? Les personnes qui détiennent des grands groupes, évidemment là je parle pas des petites entreprises dont on va parler tout à l'heure Mais les personnes qui détiennent des grands comptes qui souvent sont basées dans des pays étrangers, elles vont prélever sur la valeur qui est créée par les salariés français une ponction qui est de plus en plus grande, donc forcément il y a moins pour les salaires parce qu'il y a plus qui va dans la rémunération du capital qui est investi par ces financiers qui ont déjà beaucoup beaucoup trop d'argent qui va alimenter la sphère spéculative et qui déstabilise complètement notre économie -- qui alimente LA bourse et pas NOS bourses d'accord -- Comment on fait pour augmenter les salaires ? Pour l'État, de manière urgente, il y a deux possibilités immédiates : c'est-à-dire, dans le privé, augmenter le SMIC qui est fixé par l'État donc que nous on propose d'amener à 1700 euros brut, ce qui fait un peu plus de 1300€ net -- 1300€ net, d'accord -- Donc on voit l'augmentation sur le slide, hein ?

ça fait +15%, et puis il y a la fixation du salaire des fonctionnaires, -- c'est Marie qui évoquera ça tout à l'heure -- qui évidement est une décision budgétaire de l'État. Augmenter les salaires privés... ah oui d'accord, et puis, les salaires des fonctionnaires.

Mais concrètement, comment ça s'organise ? J'ai entendu parler de conférence nationale sur les salaires, c'est quoi exactement ça ? En fait, l'idée c'est que l'État lui, il a le pouvoir de décider dans le privé le salaire minimum et ensuite, chaque entreprise, elle, fixe le niveau de salaire qui doivent respecter des minima conventionnels, c'est-à-dire que dans chaque branche professionnelle, par type de fonction, vous avez un minimum.

Et donc nous, l'idée c'est de dire qu'il faut une vraie dynamique de négociation portée par les pouvoirs publics pour que, nationalement, dans l'ensemble des branches, il y ait un effet de diffusion de cette hausse du SMIC que j'évoquais et qui puisse se faire. C'est-à-dire que là où le gouvernement a fait des conférences sociales pour nous faire le « pacte de responsabilité » - pour dégrader les droits de l'ensemble des salariés et - pour faire des cadeaux fiscaux aux employeurs, nous, à l'inverse, on fait une dynamique de conférences nationales, mais pour les salaires, pour l'augmentation des salaires. Et sur le salaire, point concret, regardez bien, regardez : +15%, c'est-à-dire que sur un SMIC, si vous êtes au SMIC, vous allez donc gagner avec ce qu'on propose 173€ en plus par mois.

Ça c'est pour les salaires du privé mais, côté public, comment ça se passe Marie ? Pour le côté public, vous savez qu'un fonctionnaire est payé sur la base d'un point d'indice et que ce point d'indice est valorisé régulièrement par un coefficient. Hors depuis 20... -- Explique-nous ça, le point, il a une valeur c'est ça ? -- Le point a un montant, une valeur et chaque fonctionnaire, en fonction de son grade, de son échelon, a un certain nombre de points attachés à ce grade et à cet échelon.

Et si on multiplie ce point par un coefficient, on a ainsi le traitement brut, hors prime, du fonctionnaire. Or, depuis 2010, la revalorisation de ce point d'indice par le biais du coefficient n'a pas été faite. Il y a donc eu une perte du pouvoir d'achat des fonctionnaires que l'on a chiffré en faisant la compensation entre la revalorisation, les augmentations de cotisation mais aussi parfois l'augmentation de certaines indemnités qui ont été versées au global : Perte du pouvoir d'achat des fonctionnaires : 7% .

C'est cette perte de pouvoir d'achat que l'on se propose de revaloriser dans le programme et on a estimé cette revalorisation à 14 milliards d'euros. Donc on augmente le point d'indice qui est un rattrapage aussi comme vous l'avez dit Marie, de cette augmentation d'indice qui n'a pas été fait entre 2010 et 2016. Ce n'est pas une augmentation pure et simple, pour l'instant, c'est une revalorisation.

Mais il y aura aussi dans le cadre du programme une augmentation qui est prévue pour 2017. Toujours sur les salaires, on aimerait vous montrer un sondage, parce que quand on parle de la limitation des hauts salaires, tout le monde hurle. Mais si vous êtes dans ce cas-là, vous êtes minoritaire.

Regardez Regardez ce sondage, sondage DVA(?) pour Médiascope où 3 Français sur 4 se disent favorables à une limitation de 1 à 20 des écarts de salaires dans une seule et même entreprise. Concrètement, comment se passe la mise en place d'une telle mesure, Guillaume ?

Très concrètement, c'est la loi qui déciderait ça et qui mettrait ça en place. Donc, c'est-à-dire que l'ensemble des entreprises aurait l'obligation d'avoir leurs salaires qui sont les plus élevés soient en-dessous de 20 fois le salaire minimum Si c'est le SMIC, ce sera le SMIC ! Y'a des entreprises où mais ce sera 20 fois ce salaire minimum et, bon, je veux rassurer tout le monde, y a pas d'inquiétude à avoir pour ce qui est pour tout ce qui est petites entreprises, on sait tous que la personne qui a monté son entreprise qui a pu avoir quelques salariés etc. elle se verse pas 20 fois le salaire minimum elle se verse pas plus de 300 000 euros par an.

Donc là, quand on met 20 fois, on cible vraiment ces directeurs, ces pdg de grands groupes, je pense au pdg de Renault, je pense à celui de Sanofi qui se versent chaque année un millénaire de SMIC c.-à-d. qu'il faudrait pour un travailleur SMIC travailler mille ans pour être payé autant sur une année que le pdg de Renault ou le pdg de Sanofi.

Comme ça on règle la situation par la loi avec cet écart de salaire maximum. Et pour ces entreprises qui seraient amenées à augmenter les salaires, mais je parle des petites, si ça se passe mal pour elles, comment elles se récupèrent ? Alors déjà ce qu'il faut dire, pour les TPE, les petites entreprises la vraie difficulté aujourd'hui c'est notamment la difficulté d'accès au crédit, qui s'est largement renchéri depuis depuis des années, c'est les marges abusives que se font les grands groupes sur leur dos, puisque beaucoup de tpe pme sont sous-traitantes de grands groupes.

Donc la problématique principale, c'est pas la question des salaires pour elles. Après, s'il y a des entreprises qui ont vraiment des difficultés, évidemment que ça peut arriver à court terme, nous on propose de les aider, c.-à-d. là où le gouvernement, avec le CICE qui était évoqué tout à l'heure avec le pacte de responsabilité déverse des milliards d'euros, des dizaines de milliards d'euros, sans résultat (?) ... dans toutes les entreprises sans distinction, mais nous on sait que c'est les grands groupes qui en touche le plus et qui se servent de cet argent pour rémunérer leurs actionnaires, ben nous on dit : on va utiliser l'argent pour aider les TPE via un fond de solidarité inter-entreprises qui sera financé dans un premier temps -- c'est ce qu'on voit sur le «slide» -- c'est une redirection de ce que je disais, c'est ce pacte de responsabilité une partie va être redirigée vers les TPE et puis la contribution additionnelle sur les dividendes (c'est la partie du résultat des entreprises qui n'est pas réinvestie dans l' entreprise) mais qui va dans les dividendes pour les entreprises de plus de 250 salariés, -- je parle vraiment pas des pme, mais des plus grands groupes -- eh bien on va utiliser cet argent pour aider les TPE.

Et voilà. Avant de parler de la suite du sujet qu'est le CICE, Jean-Luc, une réaction sur ce chiffre : + 21 milliards, c'est la fin du pacte de responsabilité. Il faut bien qu'on comprenne que le programme que nous présentons, c'est un programme de relance des carnets de commandes et que pour l'essentiel, le maillage du territoire est fait par les petites entreprises.

Mais y a un point sur lequel je veux revenir, qu'a évoqué Guillaume, il y a un instant, qui me paraît très important : c'est la question de l'échelle des salaires de 1à 20. On a choisi cette échelle parce que c'était ce que demandait, c'est ce que propose la confédération européenne des syndicats. Personnellement, j'aurais préféré une échelle plus serrée.

Je prends ça parce que c'est ce qui fait le consensus dans le monde du travail au niveau européen. Mais surtout, c'est l'idée qu'il y a une limite à l'accumulation. Ça c'est un changement de paradigme moral.

Aujourd'hui, spontanément, on a habitué les gens à dire « Y a pas de limite. » On peut gagner autant qu'on veut, tant qu'on veut, aussi longtemps qu'on veut. Là on dit NON, y a une limite : c'est de 1 à 20 dans un collectif de travail.

Il est évident, je le sais bien, ça ne concerne pas la moyenne des entreprises, parce que la moyenne d'un salaire patronal, c'est aux alentours de 4000 euros, par mois, donc là, on parle de tout autre chose, et le rapport dans une petite entreprise, il est rarement de 1 à 20 entre celui-ci qui a la rémunération la plus modeste, qui est un SMIC, et celui qui est le patron. Donc on parle bien de l'endroit où se fabrique la machine à accumuler de l'argent, comme tu as dit tout à l'heure, qui va jamais dans la production réelle qui s'envole dans la sphère financière. Mais je demande qu'on comprenne bien ça, que ceux qui nous écoutent comprennent bien ça : dans notre vision de la vie, il y a une limite à l'accumulation; c'est un choix.

C'est un choix moral, c'est un choix philosophique, mais c'est un choix que nous mettons sur la table. Y a une limite, ce n'est pas naturel de s'enrichir au delà de tout besoin humain commensurable. Qu'est-ce que ça peut bien être une personne qui a des besoins 400 fois supérieurs à celle de la moyenne de ses semblables sauf s'il est lui-même totalement démuni.

Ça n'a pas de sens et là on l'établit d'une manière très claire, c'est une règle morale. Oui. Et d'ailleurs, pour mettre en oeuvre complètement ces dispositifs, et en particulier revenir sur le CICE et le pacte de responsabilité, j'aimerais un peu avoir -- on a un expert qui peut pas se montrer, qui s'appelle Luis -- et qui va nous expliquer en quoi le CICE est un véritable problème, y compris sur le plan budgétaire.

Oui, il faut garder en tête que la politique de l'offre, mise en place depuis déjà quelques années, a échoué à remplir tous les objectifs recherchés, ce n'est pas nous qui le disons, c'est le groupe d'experts commandité par le gouvernement lui-même, qui a tranché la question qui a fait un rapport politique où ils disent clairement que le CICE n'a pas permis ni d'encourager l'innovation, ni d'encourager l'investissement, ni les exportations. Par ailleurs, selon ces mêmes experts, le CICE aurait créé, permis de créer 100 000 emplois, soit un coût par emploi pour la collectivité de 15 000 euros par mois ce qui représente 4 fois le salaire moyen. Donc je ne sais pas si vous réalisez qu'avec (quatre fois euh...) l'enveloppe utilisée, on aurait pu créer quatre fois plus d'emplois Donc où est-ce qu'elle est allée, cette enveloppe, surtout vers les profits, pas dans l'économie réelle et du coup il faut rediriger les fonds publics, arrêter le gaspillage pour plus d'emplois en direction des entreprises qui servent l'intérêt général.

Merci beaucoup Luis, pour avoir ---?--- cette émission pour nous apporter ces précisions... c'est très dense ! tout ce qu'on vient de saisir, y a eu beaucoup de chiffres, beaucoup de détails.

Voici le résumé finalement de tout ce qu'on vient de se dire ensemble avec la boucle vertueuse de l'augmentation des salaires. Regardez. 25% d'entre nous sont à découvert chaque mois et pour ça, pas besoin d'être pauvre la pauvreté, elle, -------- En-dessous de 1008 euros par mois par adulte on est considéré comme pauvre.

C'est peu. Le SMIC en 2007 c'est 1139,81 euros nets, pas beaucoup plus. Voire pire si on travaille à temps partiel comme une grande majorité de femmes.

Le porte-monnaie en prend un coup ! Du côté des actionnaires par contre, ça roule. Le porte-feuille est blindé, ils voyagent en jet privé, de plus en plus loin, de plus en plus haut.

Les actionnaires sont au 7e ciel et leurs profits s'envolent ! mais nous on a les pieds sur terre et on a souvent les mains dans le cambouis. Alors on pense qu'augmenter le SMIC, c'est pas demander la lune.

Juste un minimum de justice. Et voilà ce qu'on propose : le SMIC à 1326 euros, 173 euros de plus par mois tout de suite. C'est 15%, presque deux mois de paies en plus.

Plus de 3 à 4 millions de salariés vont en bénéficier et en faire profiter toute l'économie. Prenons un peu de hauteur dans les chiffres. 173 fois 3,5 millions, ça fait plus de 7 milliards d'euros par an.

En supposant que 15 % de cette somme soit épargnée par les ménages, les 85%, soit 6 milliards d'euros restants sont dépensés pour relancer l'économie réelle. C'est par là que commence la relance de l'activité qui va remplir les carnets de commandes. De l'argent qui au lieu de s'envoyer en l'air, atterrirait ici, sur terre, loin des actionnaires.

Une boucle vertueuse s'enclenche et qui permettrait de mieux boucler les fins de mois. sans se serrer la ceinture. Alors certains disent que les entreprises ne pourront pas prendre en charge ces augmentations de salaires.

C'est faux ! Déjà toutes n'ont pas la même taille il faut distinguer les cartes. D'abord, restaurer un ratio de salaire de 1 à 20 qui permettra de redistribuer des richesses au sein des plus grandes entreprises et de limiter la progression de la masse salariale.

Pour les géants comme Renault, MacDo, Accor, Carrefour et cie qui distribuent des dividendes et paient leurs patrons des millions, ne sera pas la fin du monde. Pour les petites et moyennes entreprises, le carnet de commandes qui se remplit assurera des perspectives d'activité et à court terme, des aides seront mises en place. Via le pôle public bancaire comme le prêt à taux zéro et le raccourcissement des délais de paiement pour les sous-traitants.

Le fonds de solidarité inter-entreprises entre petites et grandes, assurera de répartir les contributions sociales et, par ailleurs, la baisse de l'impôt sur les sociétés se fera au profit des plus petites et les moins financiarisées. Ce qui est sûr, c'est que pour nous, l'augmentation du SMIC n'est pas une mesure isolée de la relance de l'activité. Ce n'est que le premier levier d'une mesure d'urgence et d'un engagement clair : l'augmentation générale des salaires et notamment ceux des fonctionnaires, gelés depuis 2010 et de tous les bas salaires.

Dès la première année de son mandat, le gouvernement organisera une conférence nationale avec les partenaires sociaux pour revaloriser l'ensemble des salaires et instaurer le principe d'un revenu maximal fixé à 20 fois le revenu médian, soit environ 360 000 euros par an. à la fin du mois. Parce que notre travail produit de la richesse, parce que nos salaires produisent de l'activité, parce qu'il est temps de remettre l'économie à notre service.