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interview28 minutes - ARTE· 7 octobre 2025 46 min

Quelles options pour Emmanuel Macron ? / 2 ans après le 7 octobre 2023 | 28 minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Bonsoir, soyez les bienvenue dans 28 minutes. Merci d'être toujours passionnément fidèle, la chère téléspectatrice et téléspectateurs, bonsoir mes amis. L'actualité, c'est l'hommage qui a eu lieu aujourd'hui à Paris en mémoire des 51 français tués le 7 octobre 2023 en Israël lors du massacre perpétré par les commandau du Ramas ou mort lors de leur détention à Gaza.

Les motions à Paris le disputaient à l'inquiétude. Le combat pour la République et contre l'antisémitisme est un combat que nous avons en partage avec le président du Sénat. Et donc ce combat là, il ne s'arrête pas et nous devrons le mener jusqu'au bout.

Depuis 2 ans et depuis la rétorsion militaire israélienne contre le Ramas à Gaza qui a fait plus de 66000 morts, l'antisémitisme flambe en France comme en Europe. 2 ans après le 7 octobre, qu'en est-il du sentiment d'abandon et d'isolement des juifs français ? On en débattra ce soir avant de vous retrouver en dernière partie d'émission Marie Bonisso et Xavier Maudu et là on parle Couronne.

Oui, couronne luxembourgeoise ou au Luxembourg le grand du Henry a abdiqué. C'est son fils Guillaume qui lui succède désormais. Guillaume 5.

Ça s'est passé très bien, calmement. C'est chouette. Et ben nous allons nous plonger dans la généalogie luxembourgeoise.

Et vous Marie ? Prenez votre mal en patience. Ellisabeth, moi je vais vous faire une chronique sur les fils d'attente.

Il paraît qu'on poirotte plus qu'avant et qu'on adore ça. Ah ouais, même les vieux. Ouais, nous.

Ah bon ? Très bien, à tout à l'heure. Et pour commencer, une analyse de la situation politique inédite et farante, brouillardeuse dans laquelle la France se trouve après la démission du météorique premier ministre Lecornu et après l'ultimatum que lui a fixé Emmanuel Macron pour négocier d'ici demain soir.

Sinon sinon quoi d'ailleurs ? Démission, dissolution. On va en parler avec l'historien et politologue Vincent Martini tout de suite.

Vincent Martini, bonsoir. Je vous présente Adan Dia et Benjamin Sportouche. On est ravi d'accueillir le professeur de sciences politiques que vous êtes à notre table pour essayer de comprendre et de diagnostiquer et d'émettre des hypothèses sur cette crise politique, cette crise de régime.

Comment vous la qualifiez ? Je dirais que c'est une crise politique aggravée. C'est pas encore une crise de régime parce que une crise de régime, elle serait causée si par exemple le président de la République devait en venir à démissionner, ce que je ne pense pas puisque là ça entraînerait vraiment une situation au-delà de l'inédit.

Mais pour l'instant, on est dans une crise politique aggravée, c'est-à-dire un système qui oquette toujours au même endroit et qui fait que bah voilà, on a toujours pas de gouvernement, on est aux portes du probablement d'une nouvelle dissolution. Donc oui, évidemment, il y a des raisons de s'inquiéter, mais encore une fois, entre une crise de régime et une crise politique même forte, il y a encore un peu il y a des nuance, on va les évoquer plus en avant, mais d'abord votre profil idéal cher Vincent Martini, réalisé par Gelegra. [Musique] Vincent Martini, vous êtes politologue, chercheur associé au Sévipof, le centre de recherche de science PE.

Pour analyser la crise que nous traversons, vous avez le profil idéal. Le 9 juin 2024, après les élections européennes remportées par l'extrême droite, Emmanuel Macron dissout l'Assemblée nationale : "Cela vaut mieux que tous les arrangements, toutes les solutions précaires. C'est un temps de clarification indispensable.

Le 7 juillet, après le second tour des élections législatives, le processus de clarification est engagé. Aucun parti politique ne détient donc ce soir de majorité absolue. Arrivé en tête, le nouveau Front populaire Alliance des partis de gauche demande la nomination de Lucy Casté tout l'été.

Le 5 septembre, Emmanuel Macron nomme le LR Michel Barnier. Il succède à Gabriel Atal. J'ai bien aimé la manière dont vous m'avez donné des non pas des leçons, hein, enfin les enseignements, même si ça n'a duré que 8 mois que l'on apprend quand on est premier ministre, ça va me très utile.

Après 91 jours, Michel Barnier quitte Matignon, renversé par une motion de censure en décembre, son gouvernement bat momentanément un record de briefté dans la 5e République. Pour mieux discerner la voie à suivre, Emmanuel Macron nomme François Baou. Je pense qu'il faut essayer et je pense que si on essae peut-être pourra-t-on trouver un chemin inédit.

Plan budgétaire 44 milliards d'économie suppression de 2 jours fériers diminution du budget de l'assurance maladie gel du barême de l'impôt sur le revenu. Les 8 mois et 27 jours de François Bairou accouchent d'un vote de défiance à l'Assemblée nationale. Mais cette fois c'est sûr Emmanuel Macron éclaircit l'horizon en nomant Sébastien le Cornu.

On va y arriver parce qu'au fond vous venez de le dire il n'y a pas de chemin impossible. 26 jours pour annoncer un gouvernement, 14h pour démissionner dans la foulée. La composition du gouvernement au sein du socle commun euh n'a pas été fluide.

Il appartient désormais au président de la République de comment dire clarifier la situation. Ga le Legra est il s'est surpassé Vincent Martini. Non, mais réellement euh quand vous remontez en arrière dans vos connaissances, est-ce que dans la 5e ou même dans la 4e, on avait vu ça, un premier ministre qui met d'abord euh 26 jours à être nommé et qui ensuite démissionne au bout de quelques heures après avoir constitué son gouvernement.

Nous, on l'a beaucoup dit, c'est inédit, mais il faut peut-être aussi requalifier cette crise en disant on a eu 5 premier ministres en 3 ans, c'est autant que dans la décennie précédente, hein. Si on remonte dans le temps, il fallait environ 12 à 14 ans pour avoir autant de premier ministre. 11 mon de censure.

Les dernières c'était trois en 2018, une en 2013. C'est-à-dire là vous vous d'habitude il y a 50 lois à voté au parlement, il y en a eu 26 cette année à moitié. Donc il y a une fébrilité quand même une fébrilité, il y a une délicance.

Il y a le sentiment que tout simplement l'eau monte quoi, les eau montes le système commence un peu à être attaqué y compris par ceux qui étaient parfois ses fidèles soutien évidemment pas évoqué mais alors justement on voulait votre diagnostic. Édouard Philippe a proposé une présidentielle anticipée. Est-ce qu'il a le souci du bien commun ou est-ce qu'il pense à sa pomme ?

Non, ça cit difficile à dire. Encore une fois, souvent en politique, vous savez, c'est toujours un peu des deux. Euh Édouard Philippe cherche une solution et cherche en même temps à se distinguer.

Il pense évidemment à lui, mais bon, à partir du moment où il est candidat à l'élection présidentielle déclarée, il y a pas de mal forcément à ça. Ce qui est quand même plus surprenant, c'est queil soit si proche du président de la République. Enfin, en tout cas proche, il a été proche du président de la République et de sa majorité.

Il est dans le bloc central. Là, c'est inquiétant pour le président parce que vous avez y compris vos plus proches alliés qui commencent à se disloquer, à se détourner de vous. essayer de trouver des solutions en dehors de vous.

Tout ce que n'aime pas particulièrement Emmanuel Macron. H et la dissolution alors est-ce que vraiment elle accoucherait d'un système différent de celui qu'on a aujourd'hui c'està-dire une tripartition ? Non, il y aurait une tripartition, ça c'est sûr.

C'estàdire le RN, le bloc, il aurait toujours le RN, le bloc central, la gauche. Les équilibres pourraient changer. C'est-à-dire que dans l'état actuel des choses, les hypothèses, les premières projections, c'est très difficile puisque la dolution n'est même pas annoncée.

Vous savez, il y a des dynamiques électorales jouent un rôle très important. Une fois que l'élection est lancée, y compris des gens qui ont dit jamais je ne voterai se mett à voter. Il y a des alliances qui se forment parce que en plus on est dans des systèmes politiques contemporain, pas seulement en France mais partout qui joue où les dynamiques politiques jouent un rôle de plus en plus important de court terme surtout dans un système qui est devenu totalement imprévisible.

Donc sur la question déséquilibre on pourrait pas se prononcer. On dit pour l'instant qu'il y aurait évidemment une progression très forte du Rassemblement national avec moins de francs républicains. Peut-être avec moins de francs républicains.

Mais je relativiserai un tout petit peu cette hypothèse là parce que il faut pas oublier que euh ceux qui ne feront pas le Franc républicain l'ont déjà quasiment pas fait l'année dernière. C'était LR hein. Environ 25 % des électeurs LR avaient participé au Front républicain.

Il est possible que ça baisse un peu mais ça fera pas significatif. Le bloc central il y a pas de raison de penser qu'il le ferait pas. Encore une fois, tout est à voir dans les prochaines semaines.

Et les électeurs sociaux-démocrates quand même sont structurés par un ADN qu'il feront républicains. Donc encore une fois, il faut se méfier des déclarations qui sont tout à fait normales en politique parce que les esprits s'échauffent et puis il y a un mouvement de panique qui se saisit des des appareils partisans pour l'instant. Mais vous voyez bien que même à gauche après des noms d'oiseaux pendant plusieurs années et bien la France insoumise essaie de si ce n'est tendre la main en tout cas à nouveau de faire une sorte de de place pour une discussion avec les uns et les autres.

Mais quand même, revenons juste une seconde sur la démission. 73 % des Français, c'est un chiffre hein des derniers sondages, souhaitent la démission d'Emmanuel Macron. Ça peut peser ?

Alors ça c'est vous avez dit il ça c'est sans précédent. Il y a eu des discussions sur la démission du président de la République dans les années 80 sous François Mitterran au moment de la cohabitation. En 86, on se disait après tout ça n'est jamais arrivé.

Est-ce que le président s'il était pas fidèle à l'esprit de la Constitution devrait pas quitter le pouvoir ? Mais en réalité, il y avait pas vraiment de mouvement d'opinion très fort autour de cette question qui avait été clarifié par cette cohabitation avec une victoire très nette de la droite. Là, on est une situation, c'est vrai sans précédent et en même temps qu'imaginer en fait que la démission du président de la PP, qu'est-ce qu'elle générerait en réalité.

Là, on rentrerait vraiment dans une crise de régime. Alain du AML sur une autre chaîne disait "Ce sera la fin de la 5e République." Bah, il est probable en tout cas que le fait présidentiel, l'institution présidentielle soit atteinte et que surtout, et ça c'est à juste titre, dès qu'il y aurait un problème pour un futur président et bien on appellerait aussi à cette démission.

À mon avis, de mandat impératif, un sorte de mandat impératif. Soit on introduit demain dans une réforme institutionnelle imaginaire euh la possibilité d'une révocation euh sous certaines conditions comme c'est le cas de certains acteurs politiques. Le le gouvern nord de Californie peut être révoqué hein, vous savez par un certain nombre de citoyens qui considèrent qu'il n'a pas euh euh veux dire accompli son mandat.

Peut-être qu'on pourrait accuser Emmanuel Macron dans cette situation mais aujourd'hui ça n'existe pas encore pas le cas. Alors la presse à un quotidien du soir évoque un tragique va de ville ou une comédie dramatique à propos de ce qui se passe. Que dit la presse européenne ?

On va en parler avec vous Vincent Martini avec Anna. Ouais. Ben, plusieurs journaux ont consacré leur une à la crise politique actuelle que nous traversons.

J'en ai choisi trois. Regardez en Espagne et Païs. Titre plutôt sobrement.

La France entre dans sa plus grande crise politique depuis des décennies. Tout en rappelant qu'Emmanuel Macron est désormais piégé dans son propre labyrinthe. Mais d'autres sont bien plus virulents envers le président français comme le journal conservateur milanais La Verita avec sa une implacable, humilié.

Donc Emmanuel Macron est humilié et précisant qu'on ne peut pas gouverner contre ses électeurs. Et puis enfin la Belgique qui est souvent montrée du doigt, qui a été souvent montré du doigt par le passé parce qu'elle avait des difficultés à constituer son gouvernement et elle ne s'est pas privée de commenter le cas français. Regardez le quotidien le soir.

Titre, vous l'avez dit Ellisabeth, votre ville à la française suivie d'un édito à la sulfateuse. Le chaos et l'irresponsabilité politique sont en train de torpiller la démocratie française. L'épisode Le Cornu est juste l'étape la plus pathétique et sans doute pas la dernière d'une descente aux enfers initiée par le président Macron.

C'est quand même assez violent. Alors, est-ce que cette crise politique actuelle en France, elle est en train d'affaiblir déjà la position de la France au sein de l'Europe ? Bon alors là, je lisais dans le même quotidien du soir que vous que la crise aurait coûté 15 milliards, le monde peut pas le nommer, que la crise aurait déjà coûté 15 milliards au pays.

Donc c'est quand même déjà un coût considérable. Évidemment, vous savez, un système politique, c'est comme les marchés, ça fonctionne sur la confiance et la confiance, elle fonctionne sur un degré minimum de prévisibilité. C'est il faut que vous puissiez prévoir ce qui va se passer.

Qu'on joue dans un jeu, c'est le cas aussi pour les commentateurs comme moi, moi j'ai pas de boule de cristal, mais en revanche, comment est-ce qu'on commmente la vie politique ? On en connaît l'histoire et on voit un système dans lequel les acteurs disposent d'une certaine rationalité. Là aujourd'hui, on voit bien qu'on est sorti de ce déficit, on est dans sorti de la confiance suffisante dans les institutions, dans un homme politique Emmanuel Macron, dans y compris parfois pour certains français dans les valeurs même qui nous soudent ensemble et les forces de division sont très grandes.

Tout se disloque, aurait dit le poète irlandais Yits, le le centre ne peut plus tenir. Et donc à ce titre là, on peut s'inquiéter évidemment de cette situation parce que l'imprévisibilité, elle mène forcément un sentiment de chaos. Parce que à partir du moment où vous vous dites que tout est possible, alors évidemment la tentation du mal aussi sort de cela du mal comme du bien, mais il en sort souvent plus de mal que Martini.

Définitivement la France ne pourra jamais accéder à un compromis politique, à une coalition comme on le voit notre pays. On en parle sans cesse, ça n'arrivera pas. C'est pas notre ADN.

Alors je pas du tout moi dit c'est c'est pas mon fait c'est le fait des parties qui ce que ce que je je dis par rapport à ça c'est que la France n'est pas différente des autres pays. Elle a en revanche une culture politique qui ne favorise pas les compromis. Ça c'est vrai.

C'est-à-dire que dans un système dans lequel l'exécutif est en prééminence par rapport aux autres dans lequel par ailleurs depuis l'hyperprésidence qui a commencé avec Nicolas Sarkoziier et pas avec Emmanuel Macron mais qui a été renforcé par Emmanuel Macron, l'hyperresponsabilité du président de la République crée une irresponsabilité des autres. C'est-à-dire que on est dans un système dans lequel personne ne se sent responsable puisqueen fin de compte tout dépend et tout n'émane que d'une seule personne. Et donc les partis politiques sont responsables.

Bah évidemment dans une crise politique tout le monde est responsable de pas arriver à s'entendre de pas arriver à dialoguer. Mais encore une fois ça part d'une position un de prééminence de l'exécutif à l'intérieur de ça d'une position de prééminence du président de la République qui lui n'arrive pas encore une fois à laisser aller hein. commence déjà l'année dernière, mais on pourrait même dire que ça commence avec cette réforme des retraites qui est imposée contre les Français et qui fait qu'à un moment donné le président s'en tête, je pense que là il fait une erreur et il perd, il erode non seulement sa personne mais aussi la présidence elle-même qui est totalement démonétisée par la par la dissolution là qui fait office de révélateur.

Et ben écoutez, merci Vincent Martini pour ce tableau légèrement funèbre mais c'était passionnant votre décryptage. Merci infiniment d'être venu sur le plateau de 28 minutes. On va passer à notre débat sur le ressenti des juifs de France face à la montée de l'antisémitisme en parole et en acte en France et d'ailleurs en Europe et dans le monde 2 ans après le massacre du 7 octobre perpétré par les terroristes du Hamas et alors que la riposte militaire israélienne dévastatrice à Gaza suscite indignation et interrogation.

Qu'en est-il de ce sentiment d'abandon et d'angoisse des Français juifs ? On en parle après la mise au point de Sandrine le calvez. [Musique] Depuis 2 ans, depuis les massacres et les prises d'otage du Hamas, ces français de confessions juives se réunissent chaque vendredi au Trocadéro sur le parvis des droits de l'homme à Paris.

L'occasion de se souvenir des 1200 victimes parmi lesquelles 51 français et d'appeler à la libération des derniers otage. Ce rassemblement a une vertu thérapeutique. C'est aussi un besoin de réconfort dans un climat de colère et et et de peur aussi face à la montée des actes antisémites.

Depuis le 7 octobre 2023 et le déclenchement de la riposte massif d'Israël, la France s'enregistre effectivement une hausse des actes antisémites qui s'élève désormais à un niveau alarmant. 1570 actes recensés en 2024. Ces 1570 actes sont à comparer aux 436 actes de 2022 qui témoignent du changement d'échelle de l'antisémitisme après le 7 octobre.

Tag, injure, violence verbale et physique se sont multiplié. Un antisémitisme souvent légitimé par la situation à Gaza sur fond de critique de la politique du premier ministre israélien Benjamin Etanyaou. Dans ce contexte, certains français juifs enlèvent l'aquipa dans la rue, changent leur nom sur les applications de livraison ou encore évitent certains sujets de discussion.

Dimanche dernier, lors d'une soirée de commémoration, des anonymes, des artistes et des intellectuels juifs pour la plupart ont dit leur albol. J'en ai marre de ce qu'on se prend dans la figure depuis 2 ans. Tout en exprimant un sentiment d'abandon.

Au lendemain du 7 octobre 2023, après le plus grand massacre de juifs postérieurs à la Choa, quels artistes, quels auteurs, quelle grande voix ont pris la parole en France après cette tuerie. Très peu, quasiment tous étaient juifs. Pourquoi ce silence ?

Alors, la République a-t-elle vraiment été silencieuse ? Le sentiment d'abandon des Juifs de France est-il justifié ? Nos trois invités pour ce débat.

Daniel Yven, bonsoir. Chef d'entreprise et essayé. Votre dernier ouvrage, le dictionnaire amoureux des Juif de France et pas tant dictionnaire amoureux vient de paraître aux éditions Plomb selon vous.

Après le 7 octobre, on a vu apparaître un nouvel antisémitisme qui considère que tout juif est comptable de ce que fait Israël. Mais la France continue d'être à vos yeux et au moins historiquement le pays le moins antisémite du monde. À côté de vous, Galina Elbas.

Bonsoir, vous êtes avocate et vice-présidente de la LICRA, la Ligue Internationale contre le racisme et l'antisémitisme. Selon vous, il y a eu un isolement des Juifs de France depuis 2 ans, d'abord avec la hausse de l'antisémitisme, mais aussi parce que les représentants publics et notamment le président de la République, Emmanuel Macron, donc n'ont pas pris la mesure de cette déflagration qu'a représenté le 7 octobre. Et à côté de vous, Magalie la Fourcade.

Bonsoir. Vous êtes magistrate, secrétaire général de la CNCDH, la Commission nationale consultative des droits de l'homme. Selon vous, il y a une énorme responsabilité des politiques en France qui se sont désengagé des questions de racisme et de l'antisémitisme.

Il y a pourtant énormément de leviers possibles, ajoutez-vous, notamment au niveau juridique et au niveau évidemment de l'éducation. On en parlera tout à l'heure, mais on va démarrer le débat avec la déclaration du jour. Elle est signée.

Emmanuel Macron, président de la République, aujourd'hui même sur Twitter en hommage donc aux victimes des massacres du 7 octobre 2023 en Israël. "Nous n'oublions pas, écrit le président de la République, nous pensons avec fraternité à toutes les victimes parmi lesquelles 51 de nos 51 de nos compatriotes. Une cérémonie a eu lieu aujourd'hui en leur mémoire, notamment au qu d'ors nous n'oublions pas", dit le chef d'état Galina Baz, est-ce que le souvenir est toujours suffisamment vivace ?

Où vous trouvez qu'il s'est trop vite éclipsé ? Alors, je crois que en temps réel des massacres du 7 octobre, il y a eu une un retard à l'embrayage dans la dans la solidarité. On était même pas là, je je parle même pas du souvenir, je parle même de la commémoration initiale au moment où les actes se passent.

On a eu l'impression d'une amnésie traumatique certes et des Français juifs et j'oserais dire au crédit des Français en général d'une amnésie traumatique totale puisque alors même que ce pogrome se réalisait, il y a eu un manque euh de réaction à la fois de la parole publique mais aussi des Français. Je alors au moment où vous je regardais le euh le petit reportage que vous avez euh diffusé, j'ai eu en mémoire, moi j'étais une jeune adolescente, euh les Français dans la rue pour les enfin le la profanation des tombes de Carpentra. Nous étions plus d'un million dans les rues de Paris et ce n'était pas une affaire de juifs ni de français juif, c'était une affaire nationale.

Alors au-delà du souvenir, je crois que le traumatisme d'ailleurs François Mitou moi j'étais dans ce rassemblement j'ai après été dans les rassemblements pour les crimes de Mohamed Mera et là il y avait 10000 12000 personnes uniquement des Français juifs. Après, j'ai vécu euh comme beaucoup d'entre nous le 7 octobre en temps réel à la télévision, des massacres en temps réel. Et là encore, mon traumatisme, et là c'est au-delà du souvenir, mon souvenir, il est traumatisant, c'est de constater que le 7 octobre, j'ai attendu, j'ai regardé les réseaux sociaux de nombreuses associations, moi je représente la LICRA et d'associations, d'ONG de grandes instances nationales.

Et il n'y a pas eu de mot, il n'y a pas eu parfois même de mots commémoratifs. Denis Olivan, qu'est-ce que ça a changé pour vous le 7 octobre 2023 ? Vous n'aviez jamais mis en avant vraiment vos origines juives ?

Qu'est-ce que ça ravivé chez vous ? Moi, je suis le prototype du français juif d'une famille absolument pas religieuse, pas du tout communautaire, laïque, républicaine et patriote dont l'identité juive et l'un des éléments de son identité est pas du tout un élément majeur. Enfin, en tout c'est pas c'est pas mon déterminant fondamental, mais je me suis aperçu ce qui m'a le plus frappé et c'est la raison pour laquelle j'ai écrit ce dictionnaire.

Le 7 octobre a été pour moi l'occasion de mesurer à quel point nous français juifs et non juifs étions ignoriant ignorant pardon de notre histoire de la longue histoire et de la merveilleuse histoire qui réunit les Français ou la France et les Juifs. D'abord c'est une très vieille histoire. h les premiers juifs sont arrivés sur le sol de ce qui allait devenir la France il y a 2000 ans.

Il y en Provence, il y avait des Français, il y avait des juifs pardon en Alsace Laoren depuis le 9e siècle à Bordeaux depuis donc d'abord 16e siècle d'abord c'est une longue histoire ensuite c'est une histoire exceptionnelle extraordinaire l'émancipation d'amitié et qui et qui exprime d'ailleurs la la le génie français la qualité. Ça vous a affecté personnellement le 7 octobre ? Qu'est-ce que quand vous avez vu ça ?

Non mais je me suis souvenu de ça. Je me suis souvenu que la France est le pays qui a le premier émancipé les juifs en 1791, dans lequel il y a pour la première fois de son histoire des ministres en 1848 juifs qui s'est soulevé Jores, Pegy, Zola pour défendre un capitaine juif accusé d' accusé du fait de l'antisémitisme qui a nommé un premier président du conseil dans l'histoire occidentale juive avec Léon Blum et même l'épisode de la guerre de la collaboration qui était le fait d'une minorité 75 % des juifs Hationors dans émin il faut qu'on se souvienne c'est ça ce n'est pas du tout pour minorer ce que vous venez de dire mais la France est encore aujourd'hui d'ailleurs les enquêtes le montrent sans doute le pays le moins antisémite du monde. On reviendra sur les enquêtes mais Mag et donc le le le l'émergence d'un antisémitisme sur certains segments de la population est très lié à au proche Orient.

L'apparition d'un nouvel antisémitisme ne doit pas nous faire oublier que les formes anciennes de l'antisémitisme ont pour l'essentiel disparu. Justement sur cet antisémitisme là, Magalida Fourcade, le 7 octobre, il réveille principalement le sentiment d'appartenance de beaucoup de juifs de France à cette communauté où ça réveille une peur principalement ? Non, moi je crois qu'en fait ça a été un moment comme l'a dit Galina, elle base extrêmement bien où il y a eu un sentiment d'isolement au sein de la société.

C'est-à-dire qu'il y a pas un moment identitaire à ce moment-là. Ce qu'il y a c'est le décalage avec la société. Mais les prémisses étaient déjà là avec la fermera.

On n pas on a d'abord parlé des des des juifs enfants de l'école aux aratora au lieu de dire que c'était des enfants avant tout. Et donc ça ça a déjà pas été pris à sa juste mesure. Est-ce que on aurait autant parlé de l'hypercacher en 2015 s'il y avait pas eu Charlie Hebdou juste avant ?

Donc il y a déjà ce problème là et là on a vu ce décalage avec la société. Moi ce moment-là puisque la SNCDH on fait des études d'opinion au long cours depuis 1990, on sait qu'à chaque fois qu'il y a des moments très violents au proche orientant, il y a quelque chose qui se passe dans le pays. Je suis allé voir le directeur de cabinet de la ministre de l'égalité de l'époque.

On était peu de temps après le 7 octobre et j'ai dit il faut absolument réunir d'urgence le comité de suivi du plan qui avait bâti Elisabeth Borne qui était un plan de lutte. Non, on m'a dit ce n'est pas le sujet. Voilà.

Et alors que cette année-là, multiplication par 4 du nombre euh d'atteintes. Et alors juste sur les chiffres, peut-être un tout petit mot. Quand on dit multiplier par multiplication par 4 et puis légère baisse de moins de 6 %, enf c'est quand même des des niveaux extrêmement élevés.

Il faut mesurer deux choses. Quand on ramène ce nombre de chiffres à la population concernée, c'est effarant parce que c'est une toute petite population, mais c'est une toute petite minorité en France. Et quand on ramène à la nature des actes qui sont essentiellement des menaces et des violences aux personnes, là aussi c'estarant.

Ça n'a rien à voir avec les autres parce que la communauté juif c'est 500000 personnes en France. Je voudrais mettre une hypothèse parce que c'est pas du tout pour minorer ce qui se passe. Je suis évidemment conscient de la difficulté et de ce mais je pense que quand on dit antisémitisme de manière large euh une très large partie de la population française ne se sent pas du tout concernée.

Elle ne parce que et les enquêtes le montrent, la population globalement, le niveau d'antisémitisme de la population en général à part quelques segments sur laquel on va revenir a vu le le le niveau de préjugie antisémite décroître considérablement. il y a des enquêtes et et donc et donc il y a il me semble qu'il y a dans le la réaction dans ce qu'on a quand on a le sentiment d'une indifférence des Français au sort des juifs, c'est que ils ont le sentiment que la plupart des crimes antisémites ou des actes antisémites qui se sont qui ont été commis ces dernières années sont le fait à vrai vrai ou faux de de l'islamisme et donc c'est pas les français ils se sentent pas concernés Oui, je je j'entends mais en réalité euh les corps des Israélien est encore chaud le 7 octobre de franco-isralélien aussi, il y a eu 48 victimes que l'antisémitisme en France explosait déjà le 8 octobre matin. On était déjà en en cellule d'alerte à la licra parce que le téléphone n'arrêtait pas de sonner.

Euh bah Galile Fourcade le sait pertinemment bien le dernier trimestre 2023, c'est une hausse par mois de 1000 % des actes antisémites. Donc en réalité, on a assisté à une inversion euh accusatoire, c'est-à-dire que les victimes sont de les victimes, alors que les Français juifs et les Israéliens sont des sont des victimes, on a retrouvé sur les réseaux sociaux des déferlandes de haine antisémites concernant et les victimes et les Français juifs avec des passages à l'acte. Euh, il a été rappelé 1676 actes en 2023 à caractère antisémite.

On était effectivement à 436 ou en 2000 en 2022, mais en 2022 déjà les 436 actes, c'est 30 % du contingent des actes racistes en France. effectivement une population française juive de 400000 personnes si on rappelle il y a pas statistique mais effectivement mais évidemment mais si on rapporte au aux actes antimusulmans et là moi je veux pas faire de la concurrence de de souffrance mais on est à une centaine d'actes par an et c'est vous dire la proportion euh du du de dramatique hein d'ailleurs de de ces actes et moi je crois que effectivement les barométries, les études de victimation et à la fois les études auprès des populations françaises sont des études intéressantes mais elles sont autodéclaratoires autodéclaratives pardon. C'est-à-dire que si on demande à un français êtes-vous raciste ?

Êtes-vous antisémite ? Avez-vous des préjugés antisémites ? Il y en a aucun qui va vous répondre.

Oui. Il y en a aucun qui a la conscience de son propre antisémitisme aussi. Galina base.

Ceci a amené certains membres de la communauté des juifs de France à décider de partir en Israël. On en parle avec vous, de faire leur alien. Oui, exactement.

Il y a même un salon pour l'Alien qui se tient chaque année à Paris, Lyon et Marseille. D'ailleurs, la dernière édition remonte à mi-septembre. Plus de 3000 familles se sont inscrit en amont de l'événement pour s'informer sur un potentiel départ.

Ce qui prouve que l'intérêt est grandissant. Ceux qui décident de partir en fait le font parce qu'ils craignent pour leur sécurité, celle de leurs enfants, mais ils le font aussi parce qu'ils ne supportent plus ce qu'ils considèrent comme un antisémitisme d'atmosphère dans la vie de tous les jours, au travail, dans la vie culturelle, dans les festivals, dans les médias. Et donc en 2024, plus de 2000 juifs français ont fait leur allias.

Selon le directeur de l'agence juive pour Israël en France. C'est 96 % de plus qu'en 2023, mais c'est nettement moins qu'en 2015 après les attentats de l'Hypercacher où là 7835 juifs français avaient quitté le pays. Toujours est-il qu'en Israël, le ministre de l'alli et de l'intégration, Ofir Sopher cherche lui à attirer de nouveaux juifs du monde entier.

Il vient il vient d'ailleurs de lancer une nouvelle campagne nationale baptisée en Cormur. On voit les images ici. Et il était justement de passage au salon de l'Alia à Paris et il a appelé ouvertement les Juifs français, je le cite, à rentrer à la maison.

L'Alia étant la seule réponse sioniste appropriée. Galina Elbas, est-ce que vous vous avez déjà songé à quitter la France ? Alors moi je j'ai pas envie de je suis française donc le sujet se se pose pas.

Vous n'y avez jamais pensé. Euh non, moi j'ai pas pensé à quitter la France, le sujet n'est pas là. Moi, je suis une combattante déjà.

Je suis une combattante contre le racisme, contre l'antisémitisme aussi et je me définis pas forcément en tant que juive, en tant que française. Le sujet n'est pas là. Je suis une combattante universaliste et je crois aux lumières universalistes de la France.

La France a su montrer dans son histoire qu'elle savait résister, qu'elle savait résister à l'intolérance, à la haine. Aujourd'hui, je constate en revanche en tant qu'universaliste justement, je j'aime cette phrase du poète Terence : "Rien de ce qui est humain ne m'est étranger et tous les combats que j'ai mené moi dans ma vie, ce ne sont pas des combats de françaises juives, ce sont des combats de françaises universalistes. J'ai d'abord milité pour les droits LGBT.

J'ai milité pour toutes les causes antiracistes et beaucoup de Français et juifs ont été toujours aux avant-postes de tous ces combats là. Aujourd'hui, je constate en revanche qu'ils sont seuls. Ils sont seuls.

Les dessinateurs de Charlie Hebdo étaient seuls et c'est pour ça que ça a été ils ont été attaqués et assassinés. Toute personne qui est seule dans son combat quand elle est victime de haine ou de crime de haine est une cible. Je ne suis pas plus une cible qu'un autre, mais je le deviendrai si je suisse.

La Frade, est-ce que la défense de la cause palestinienne, c'est ce que certains disent, a servi de chambre d'éco au propos antisémite. Est-ce que les choses ont été mélangées ? Est-ce qu'il y a eu des amalgames ?

Alors, il y a toujours depuis, on le constate donc déjà en 2000 au moment de la seconde intifada, on a vu une résurgence de l'antisémitisme dans les opinions. Et donc oui, évidemment, il y a il y a il y a des amalgames qui sont faits et le gros problème, c'est de considérer que les juifs de France seraient comptables de la politique de Netaniaou. Alors beaucoup d'Israéliens eux-mêmes se vont dans la rue, la critique et même une majorité.

Effectivement non, je crois que ce qui est intéressant dans notre étude là-dessus, c'est de montrer que d'une part, même si les juifs de France ont le sentiment d'être lâchés, la population qu'on sonde considère qu'une lutte vigoureuse contre l'é antisémitisme est une priorité. 78 % pensent que c'est ultra important. Donc ça rejoint ce que dit Denis Olivien.

Et puis juste là-dessus sur le sur l'ambivalence vis-à-vis de Gaza, en fait, on constate que quand même beaucoup de Français ou de personnes interrogées parce que c'est la population française he ont tendance à pas comprendre tellement ce qui se passe là-bas. Il renvoient dos à dos les uns les autres. C'est un conflit qui est ancien, qui est compliqué et qui est finalement pas juste aux portes de chez nous.

Sauf que ça fait monter un préjugé en particulier parmi les préjugés parce qu'on on demand pas aux gens est-ce que vous êtes antisémite ? On cherche voilà selon les préjugés, les juifs fait l'argent, les juifs fait pouvoir et la double allégance. La double allégance et la double allégance c'est l'idée que les juifs voilà est-ce que vous êtes sommé de vous de prendre position vu de sur ce en effet en effet la le nouvel antisémitisme c'est l'équation suivante.

Tout juif est comptable d'Israël, tout Israël est comptable de son gouvernement et ce gouvernement est génocidaire. Tout juif est génocidaire. Et c'est mais cette équation, je le répète parce que si on si on n'est pas précis, on se on taille trop large dans le combat.

Quand on regarde les segments de la population de l'opinion qui sont touchés par ce sentiment, il y a en gros trois segments de la population. Globalement 90 % des Français. Alors, ces trois segments, c'est euh une partie de la communauté arabo-musulmane, pas du tout la majorité, mais c'est à peu près trois fois plus que la moyenne de du préjugé antisémite chez les Français qui est autour de 10 %.

C'est d'autre part, il y a un fond résiduel de l'extrême droite, de l'antisémitisme d'extrême droite, mais c'est un antisémitisme d'opinion. Mais on a vu émerger de manière très forte un antisémitisme non seulement d'opinion, mais d'action. Est-ce que je je je suis prêt à taguer une synagogue qui est à l'extrême gauche ? chez les électeurs de LFI, pour ne pas le dire, et qui a été évidemment favorisé par les ambiguïtés d'FI.

Et puis il y a la jeunesse éduqué dans lequel il y a on voit apparaître dans les universités. Donc ces trois segments de la population, qu'est-ce qui vous choque le plus dans ces trois segments ? Est-ce que c'est l'extrême gauche dont on dit beaucoup qu'elle nourrit cet antisémitisme ?

Évidemment, moi moi d'abord un, je me dis que on a un travail d'éducation à faire sur les segments qui sont touchés sur la communauté araboom-usulmane et sur la jeunesse. Et on a un combat à conduire parce que la gauche historiquement est devenue elle-même au moment de l'affaire de Refus quand elle a cessé d'être l'avocate du seul prolétariat pour devenir l'avocate de l'humanité toute entière en devenant drefusarde. Et donc la position desf aujourd'hui facteur elle elle le elle le réfute mais enfin facteur de de propagation de ce nouvel antisémitisme est une rupture profonde.

Quand on regarde historiquement l'antisémitisme est un marqueur du projet totalitaire antidémocratique. Les Hitlériens étaient antisémites, les Staliniens étaient antisémites, l'islamisme radical est antisémite. Donc si la gauche rond avec sa son combat contre l'antisémitisme, ça veut dire qu'elle s'éloigne de la République.

Alors les actes antisémites, on le disait, on est explosé en France à cause de l'importation du du conflit selon le philosophe et académicien Alain Finkencrot qui vise un homme en particulier à écouter. Qui alimente le feu d'antisémitisme aujourd'hui ? C'est Netherniaou évidemment.

Oui, bien sûr, ilalimente, ça ne justifie rien. Ça ne justifie rien. Mais si vous voulez, c'est c'est sa politique qui que que les que les étudiants dans leur esprit de simplification considèrent comme une politique génocidaire.

Et c'est ça qui alimente l'antisémitisme. Galina Elbas, vous rejoignez ces propos de Fen Crow. Alors, je pense qu'il y a il y a de temps quand même l'antisémitisme avant même la rposte israienne, on soit qu'on soit pro ou contre Nathaniaou, contre la politique qu'il mène et évidemment il y a énormément de de de d'éléments pour critiquer et contester ce qui se passe évidemment au plan humanitaire à Gaza.

Mais avant même la Ripposte israélienne, nous l'avons dit, l'antisémitisme avait déjà euh pris 300 % en France. Et donc je crois que on a structurellement quand même un antisémitisme en France qui s'est développé sur les charniers du 7 octobre avec une un soutien clair, hélas au ramass qui s'est manifesté dans les rangs de l'extrême gauche. J'en veux pour preuve hélas, les réseaux sociaux sont infestés du de de prise de parole politique de la France insoumise qui qualifie le ramas de résistant avec un soutien à la résistance palestinienne qui a ce qu'on appelle la résistance palestinienne dans les rangs de l'extrême gauche qui a à mon sens exacerbé la haine et le passage à l'acte violent.

On a aujourd'hui en France dans les campus des appels à l'intifada et je crois que il faut euh avoir alors justement vous parlez de campus Magalie la FCA l'éducation est crucial Oui mais la la générale pour lutter contre l'antisémitisme de dire que l'antisémitisme aujourd'hui serait résiduel à l'extrême droite. Alors nos études sont très robustes. Elles sont ce sont les mêmes questions, les mêmes séries de questions virulent.

Et en fait les gros bataillons d'antisémites aujourd'hui c'est les sympathisants de du RN et de reconquête. Ça descend euh en reste de l'arc républicain, ça remonte côté LFI, il y a plus d'antisémitisme de ce côté-là. Mais par contre, les gros bataillons, ne nous y trompons pas.

L'antisémitisme n'est pas résiduel d'extrême droite chez les sympathisants d'extrême droite. Je dis pas que la ligne du quartier euh est celle-là, je dis juste que les sympathisants pour eux, on a des scores très élevés d'antisémitisme chez eux. Doné Oliven mais il y a bien sûr mais il y a une énorme différence c'est que vrai ou faux de bonne foi ou mensongé tactique ou profond la l'expression politique de l'extrême droite le rassemblement national a officiellement rompu l'antisémitisme de Jean-Marie Le Pen.

Donc une chose était une électeur et l'autre est la légitimité donnée par l'appareil politique qui vous représente dans le dans le champ du discours antisémite. Donc d'un côté, on a un RN qui a officiellement rompu avec l'antisémitisme et de l'autre on a un L chez ses dirigeants et de l'autre on a un LFI qui a officiellement pris ses distances avec le combat traditionnel de la gauche contre et ça c'est une différence majeure. Galina Elbas si la paix si les négociations pouvaient aboutir à une paix durable au proche Orient, ceci pourrait contribuer à ramener l'art de la nuance et à apaiser et à faire baisser justement cet antisémitisme en France.

Évidemment, mais je voudrais pas terminer ce débat par un propos de Cassandre, mais euh je j'ai mal au cœur de penser quand même que le 7 octobre 2023, ce sont les kibots de la paix qui ont été assassinés en Israël. Ce sont les militants de la solution les kibots de gauche, les kibots de la chemère à Saïir, les kibots qui sont proches du mouvement pacifique israien qui ont été assassinés. Ils étaient favorables à la solution à deux états.

Ils étaient favorables à la paix et je pense que le Hamas ne souhaite pas la paix, qu'évidemment le camp de la paix doit triompher mais qu'on en a pas fini avec l'antisémitisme et qu'il n'est pas résiduel ni à l'extrême droite ni à l'extrême gauche et que c'est un combat permanent de nous tous et pas uniquement des juifs français. la combattante que vous êtes et merci à vous trois d'avoir participé à notre débat. On va rester dans l'actualité vue par Xavier Modier et Marie Bonisso, un nouveau grand du Luxembourg.

Ce n'est pas un hibou somptueux, c'est un chef Scoot qui est monté sur le trône et la queue est la nouvelle tendance chez les zones excitées des réseaux sociaux. Vous allez tout comprendre. Mais avant cela, le mot veut être du jour zone patrole.

C'est un mot polonais du nom de ses patrouilles de jeunes masculinistes qui s'érigent en nouveau juge de la bienéance vestimentaire pour les jeunes filles. C'est entendu. Je Patrol Patrol Patrol la trend Patrol c'est la tendance en ce moment en Pologne.

Qu'est-ce que ça veut dire exactement ce que ça dit ? Merci de m'en dire un peu plus. Entendu la vie secrète des mots vedettes.

Cha patrole terme polonais dérivé de l'allemand jolie et du latin patousse pied traduisible de par patrouille antiprostituée désigne un mouvement polonais spontané de surveillance vestimentaire en mission pour contrôler l'accoutrement des jeunes filles. Celui-ci doit respecter la vision très prude des effarouchés de la chaprole. Depuis o ces patrouilleurs de la vertu par d'un gilet jaune barré de l'inscription Chapol traque la maille trop courte et expose sur les réseaux et sans leur accord les adoss dont la tenue est jugée inappropriée comprenez agitatrice de libido.

Les gamines sont ensuite harcelées sur les réseaux. Une plateforme polonaise de protection de l'enfance a déjà rapporté 15000 cas de cyberharcèlement liés au chaud de patrole tandis que le 5 septembre les vidéos de cette brigade du stupre comptait déjà 15 millions de vues. Le gouvernement polonais est sur les dents et les plateformes ont rangé chaud patrol dans les hashtags toxiques.

Majoritairement mineur, donc statistiquement puceau puisque l'âge moyen du premier coïte en Pologne est à 17,54 ans. Ces gardiens de la fesse interdite sont un avatar du vaste élan mondial masculiniste, frustré, revanchard et parfois violent, dont le projet social est de reprendre aux femmes ce qu'elles ne l'auront jamais volé. Alors que la Pologne rogne sur le droit des femmes dans un contexte où une iranienne meurt après son arrestation pour non respect du code vestimentaire féminin, où un taliban explique pour justifier le hijab que les femmes n'ont besoin que d'un seul œil pour voir, émergent ces bébés justiciers.

Remède : plus de pates patrouille. moins de put de patrouille. Merci Thbo Nol, Marie Xavier, joie de vous revoir.

Ça va alors vous êtes heureux que le Luxembourg est un nouveau grand du comment il s'appelle Guillaume 5 suite à l'abdation de son papa après 25 ans de règne et vous allez raconter une histoire dynastique jeune Maudu Oui. qui commence au congrès de Vienne Ellisabeth dont l'acte final est signé le 9 juin 1815. C'est ce congrès qui redessine la carte de l'Europe pour préparer l'après Napoléon.

Et ben c'est à ce moment-là que le ducher de Luxembourg est érigé en grand ducher. Indépendant mais confié au Pays-Bas. C'est-à-dire que vous avez Guillaume 1er, prince d'Orange Nasso, qui est roi grand du c'est comme ça qu'on l'appelle.

C'està-dire il est roi des Pays-Bas et grand du Luxembourg. Alors cette indépendance est-elle respectée que vous avez dit ? Non.

Le Luxembourg c'est considéré comme une simple province du Royaume-Uni des Pays-Bas. un Royaume-Uni qui compte aussi ce qu'on appelait par le passé les Pays-Bas autrichiens, c'est-à-dire la Belgique. Et la Belgique se soulève en 1830.

Elle obtient son indépendance de dure lutte et puis au passage, elle récupère la de dure lutte. Une dure lutte récupère toute la partie occidentale du Luxembourg. Vous imaginez combien Guillaume 1er et Furibar, il bouillonne de colère.

Bref, vous l'avez compris, le grand du hibou d'ailleurs, il reste pas longtemps, il est complètement déconsidéré et il abdit qu'en 1840, enfin c'est son fils qui lui succède pour le Luxembourg. En fait, rien ne bouge jusqu'en 1890. Alors, là, il se passe un truc extraordinaire.

À ce moment-là, le roi grand du Guillaume II meurt et il a une fille, vilelmine. Elle, elle devient sans problème reine des Pays-Bas, sauf qu'elle ne peut pas devenir grande duchesse de Luxembourg parce qu'au Luxembourg, la succession se fait que par les hommes dans la famille de Nasso. Voyez, on n pas le choix, il faut un homme.

Ouais. Et alors donc que devient bah qu'est-ce qui se passe ? On cherche quelqu'un qui coûte.

Voilà, c'est ça. On cherche quelqu'un qui a une kicoute, on trouve un cousin Adolphe de Nasso. Voilà.

C'est ça, c'est un homme et d'ailleurs, c'est lui qui est à l'origine de la dynastie actuelle. Et remarquez que ce qui se passe à ce moment-là, c'est vraiment très important. C'est-à-dire que dans la réalité des faits, enfin le Luxembourg est indépendant des Pays-Bas.

Bon, cette histoire virile pourrait s'arrêter là, sauf qu'au début du 20e siècle, le grand du s Guillaume 4 à ce moment-là à six enfants, c'est très bien, sauf que ce sont six filles. Ah, comment on va faire ? Non, mais c'est ça là, il y a pas de cousin disponible.

Et bien, c'est à ce moment-là qu'une loi est adoptée en 1907. Désormais, les femmes peuvent devenir grande duchesse. Donc la dynastie est sauvée par les femmes et c'est aussi une victoire pour les femmes.

Quant aux hommes qui sont rétrogrades à cheval sur les vieux principes dynastiques, ils ont les nassaux qui fument. Ah ah ! Oh !

Dites donc très fort. Merci Maui. Alors la queue, elle vont en poue.

Ah bah ouais. La queue est le lieu de la nouvelle socialisation. Exactement.

C'est vrai, je vais dire fil d'attente moi. Oui, la Bien sûr, c'est de celle-ci dont on parlait. Ah mais c'est un paradoxe que je trouve absolument génial.

On est dans une société qu'on qu'on qualifie de gratification immédiate. On dit qu'on a toujours tout tout de suite. Exemple, on est sur internet, on voit une crème de jour, un sérum repulpant qui nous plaît, hop, on clique et 3 heures plus tard, il est livré sur notre paillasson.

J'exagère mais à peine. L'offre rencontre, notre monde s'est accéléré et pourtant depuis peu le lieu où l'on cause, où l'on aime être vu, où on se montre pomponné comme jamais et bah c'est le trottoir. Voilà, c'est ça où les gens vont poiroter debout immobile comme ça.

Souvent, ils sont comme ça depuis 5h du matin, voire depuis la veille au soir. Quoi faire ? Avec une petite pluie fine dans le cou comme ça.

Sinon, c'est pas drôle. Ça rajoute à l'expérience. Pourquoi ?

Et ben pour être le premier à déguster un croissant parisien ou à s'acheter le nouveau cosmétique coréen ou le labou chinois dernière génération ou le smartphone américain ou même une cocotte française l'année dernière la fameuse marque le creusait vous savez marque ils avaient dû appeler la police en renfort pour gérer le chaos provoqué par la file d'attente devant la vente d'usine en Angleterre dans leur sauf que cette file d'attente ce qui a changé c'est qu'elle est plus vécu comme un mauvais moment à passer en se rongeant en rongeant son frein ou ses ongles, mais comme un événement en soi. C'est devenu un rituel social qu'on va filmer, photographier, documenter, poster sur les réseaux sociau sociaux pour montrer qu'on y était, qu'on fait partie de cette élite très éphémère qui a fait la queue en premier et qui va décrocher parce que souvent il y a un petit cadeau bonus, vous savez, que la marque donne évidemment au premier arrivé. Voilà, sont des fils d'attente en plus qui sont amplifiés par la vitesse de circulation des informations.

C'est beaucoup plus facile qu'avant de rassembler en quelques secondes une foule toujours grâce à ses réseaux sociaux. Et alors, il y a différents articles actuels qui ont été consacrés à ce phénomène de la queue le le moderne libération, la BBC, tous témoignent de gens très content d'attendre parce que ils se font plein d'amis, ils discutent dans ses queue et les marques très contentes de faire attendre les gens parce que ça leur fait une pub gratuite et très spontanée, totalement humaine. Les seuls en fait que ça dérange, ce sont les pubs anglais qui se sont mis depuis peu à afficher des panneaux qui disent littéralement "Arrêtez de faire la queue.

Ne faites pas la que le leu pour venir acheter votre bière. Posez vos coups au comptoir, venez vous accouder au zinc." Donc voilà, il y a un débat très sérieux qui fait rage.

Ça a même fait la une du Wall Street Journal entre d'un côté les jeunes britanniques qu'on accuse d'avoir imposé leur culture de la sage file d'attente notamment depuis la pandémie avec les règles de distanciation sociale et les vieux habitués qui revendiquent haut effort le droit au chaos sur le zinc. Voilà, je vous laisse choisir votre cuse de la culture pop. Merci merci à tous dans un instant. ne manquezit pas le dessous des cartes l'essentiel consacré ce soir au 7 octobre et plus spécifiquement à la géographie d'un massacre.

À demain my Libling. Tus. [Musique]