USUL et SAM ZIRAH, nouveaux relais de LA PAROLE POLITIQUE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans la fabrique de l'information, le rendez-vous de France Culture consacré au décryptage du travail journalistique et à l'analyse des récits médiatique. À 48h du premier tour des élections municipales, nous investissons l'espace numérique pour mieux comprendre comment se façonne sur ce terrain l'opinion politique. Qu'appelle-t-on les nouveaux médias ? une galaxie composée de médias en ligne, de créateurs de contenu qui accueillent dans leur format des personnalités politiques avec la promesse d'offrir plus de temps dans une tonalité différente.
Quel est le rôle des néoitorialistes qui analysent des cortiques, des prises de paroles ou séquences bien souvent issus d'immédi traditionnels pour réagir et dialoguer en direct avec une communauté en mettant en avant une plus grande authenticité. Une démarche qui s'oppose à la neutralité, bien souvent affichée par la sphère médiatique classique. Comment les partis politiques font-ils campagne dans ces espaces en ligne espérant toucher une jeunesse des 18 24 ans où l'abstention est bien souvent de mise ?
Qu'en est-il de l'efficacité de ces stratégies de communion de communication politique entre engagement et militantisme ? Quels sont les liens entre les organes politiques et ces nouveaux médias ? Voilà les nombreuses questions de ce nouvel épisode.
Trois invités appelés à y répondre. Usul, bonjour. Bonjour.
Vous avez commencé dans la critique des jeux vidéos avant de vous intéresser à la politique, on peut vous voir notamment sur l'émission backit de Jeanmassier ou dans l'émission critique des médias rhinocéros que vous coanimez avec Loui. Elle est diffusée sur la chaîne YouTube du média en ligne. Blast à vos côtés Samzira.
Bonjour. Bonjour. Vous êtes créateur de contenu, producteur et animateur.
Après avoir démarré dans le monde de la mode, vous avez développé vos propres émissions sur les réseaux en explorant l'univers de la téléréalité et récemment la politique. He vous avez reçu de nombreuses personnalités dans votre format chez Zira sur YouTube. Des entretiens intimistes où l'émotion occupe une large place.
Enfin, Tristan haute complète à distance ce plateau. Bonjour. Bonjour.
Vous êtes maître de conférence en sciences politiques à l'université de Lille et vous avez récemment travaillé sur les usages politiques des médias sociaux dans le cadre des dernières campagne présidentielle et législative. Cette semaine, une chronique de nos amis de courrier international avec Mélanie Chenoir. Bonjour.
Bonjour. Alors Mélanie, votre sujet ? Alors moi je veux parler de Substac, une plateforme qui commence à gagner en popularité en France et qui est le terro de batailles idéologiques.
On en parle en fin d'émission. Vous avez maintenant le programme complet de l'épisode 28 de la fabrique. Un grand merci pour vos messages et votre fidélité.
Vous pouvez nous suivre en direct à la radio, en podcast quand vous le désirez sur l'application Radio France et également en image sur la chaîne YouTube de France Culture. Aujourd'hui, notre invité c'est Rachid Adati. Vous avez déjà donné des claques à des gens.
Est-ce que c'est vrai ? À toutes et à tous. Bienvenue sur backed.
Bonsoir. Bonsoir le public. Et sans transition, je vous propose que nous accueillons sur ce plateau notre invité politique ce soir, le candidat à l'élection municipale de Bordeaux, Philippe Poutou.
Bonjour à tous. Aujourd'hui, je reçois un invité hyper spécial qui n'est d'autre que Jean-Michel Holas. Donc s'il vous plaît, dites-moi en commentaire ce que vous en pensez.
N'hésitez pas à m'écrire aussi, à liker puis à vous abonner pour soutenir. Ça fait toujours très plaisir. D'abord, je voudrais remercier le public qui est avec nous ce soir et qui va poser des questions à tous les candidats [musique] à la mairie de Paris qui vont se succéder ici.
Je voudrais saluer toutes celles et ceux qui sont en direct sur YouTube live et sur Twitch. Aujourd'hui, je suis très très très heureux de recevoir le maire de Marseille, Benoît Paillant. Alors Benoî, sur ces sur ces 5 ans déjà qui sont passés et au vu des prérogatives qui étaient les tiennes et de ce que tu pouvais faire, est-ce que globalement, pas globalement d'ailleurs, je te pose la question, est-ce que tu es satisfait de ce que tu as fait ?
Alors, étrange conférence de presse lundi de Jean-Luc Mélenchon, pris dans la tourmente après la mort du jeune Quentin Dorant, l'insoumis furieux des unes de la presse et il a convoqué lundi des médias numériques et alternatifs excluant le monde, la FP, agence France-Presse, TF1, Libération. De son côté, Jordan Bardella a bien compris l'intérêt de TikTok pour toucher les jeunes. Il cumule plus d'un million d'abonnés et joue avec les codes de la plateforme.
Allez, on commence tout de suite avec vous Tristan H. J'ai évoqué par facilité dans cette introduction le terme les nouveaux médias. Mais comment est-ce qu'on peut les définir, les classer et mieux les identifier ?
Alors, c'est c'est un terme qui est évidemment un terme plutôt du débat politique, du débat public, qui regroupe en réalité des médias qui ne vont pas correspondre au code des médias traditionnels, en tout cas pas exactement au code des médias traditionnels et qui du coup sont des médias émergents qui se qui se déploient principalement via l'outil numérique. Et c'est finalement le seul point commun et ça fait pas grand-chose en réalité comme point commun. Euh certains vont avoir une ambition militante, une ambition politique, d'autres vont essayer de subvertir les codes des méd traditionnelle alors que d'autres vont plutôt essayer de s'en inspirer.
Ce qu'il faut comprendre, c'est que il y a une dimension militante qui peut être affirmée dans une partie de ces nouveaux médias et en même temps qu'il y a pas complètement de rupture entre les nouveaux médias et les médias traditionnels parce que vous l'avez mentionné dans votre introduction, il y a des circulations d'abord de personnes. Il y a des personnes qui sont passées par des médias traditionnels, alors pas forcément par la partie politique des médias traditionnels, mais qui sont passés par les médias traditionnels. Et il y a des personnes qui finalement vont aussi sans y forcément y être passé s'inspirer des codes des médias traditionnels et finalement quand on va produire un nouvel un édito politique dans un nouveau média, on va aussi s'inspirer peut-être tout en les critiquant des codes des des éditau politiques traditionnels.
Donc en fait la frontière est quand même assez floue et c'est évidemment une catégorie qui est très hétérogène. Catégorie très hétérogène avec notamment des personnalité qui elle-même deviennent des médias, des créateurs de contenu. Nous avons Samzira avec nous autour de ce studio qui est qui en qui en fait partie.
Ce terme, il est revenu un peu dans l'actualité il y a quelques semaines lorsque Jean-Luc Ménchon a invité seulement ces médias numériques alternatifs à participer à une conférence de presse dont celui pour lequel vous travaillez Usu Blast était présent he pour dire un peu l'hétérogénité. On avait Blast, on avait Media Part et on avait d'autres créatrices créateurs de contenu comme Far RK et et bien d'autres. C'est pour dire que effectivement le champ était large.
Néanmoins, cette initiative a été assez critiquée euh notamment par RSF, un reporter sans frontière qui a dénoncé, on va dire une manœuvre qui porterait atteinte au droit à l'information des citoyens. Juste Usul, qu'est-ce que vous en pensez de ce genre de cette initiative de conférence de presse avec donc ces nouveaux médias ? Non, c'est pas absurde.
Puis ça s'inscrit dans la continuité de ce que Mélenchon a fait depuis 2017. Mélenchon, on peut pas dire qu'il a en face de lui un système médiatique traditionnel qui lui soit tout à fait favorable. on va dire ça comme ça.
Et donc ça fait longtemps qu'il s'est dit "Bah moi, je vais avoir ma chaîne YouTube." et que lui-même a essayé d'être un de ces nouveaux médias et qu'il a bien vu qu'il y avait mine de rien une meilleure réception de de y compris de ses discours. Il veut parler aussi aux jeunes et que ça se passe souvent mieux quand il va sur ses plateaux un peu alternatifs ou parler avec des gens qui sont pas Nathalie Saintcr qui sont pas les habituels qui dont bon en plus je crois que ça le saoule un petit peu maintenant il veut plus faire ça.
Il envoie ses lieutenants plutôt. Donc non, moi ça m'a pas paru étonnant qu'il veulent cr qu'il veuilleent créer un lien comme il l'a déjà fait en allant chez Dani Era aussi à l'époque où on dan ce sont deux deux streamers qui appartiennent notalement à Zawa Prod qui sur Twitch exactement mais il est fasciné aussi par les nouveaux médias vraiment il est fasciné depuis le début par la communication par le fait d'avoir ses propres créneaux et cetera moi je trouve ça assez cohérent avec ce qu'il a fait jusque là juste un mot sur sur Zaapprod c'est donc un média qui est on va dire dans dans la famille he de la France assoumise du moins il y a un prisme un peu engagé et militant, on aura peut-être l'occasion d'en reparler. Vous y étiez vous samedi vous avez été invité à cette à cette conférence organisée par Jean-Luc Mélenchon ?
Non, j'ai pas été invité à la conférence. Si jamais l'invitation avait été lancée, est-ce que vous y seriez allé ? Tout aurait dépendu du jour sur lequel ça tombait par rapport à mon organisation dans la semaine.
Je vais pas vous je vais pas vous mentir mais non, je pense que j'y seraiis pas allé. Je lui aurais proposé de le recevoir en interview chez Zira plutôt. Voilà, parce que c'est donc l'un de votre concept chez Zira où vous recevez bah différentes personnalités à l'origine plutôt de issu de la téléréalité et depuis quelques temps du monde de la politique.
Comment vous avez décidé de passer justement de la téléréalité à la politique ? Parce que peut-être que vous considérez que la politique est une téléréalité en soi ? Et ben à la base, pas du tout.
J'ai tout simplement commencé à recevoir des responsables politiques grâce à une influenceuse qui s'appelle Maeva Genam. Voilà, j'ai vu un un député qui s'appelle Arthur de la porte du Parti socialiste récupérer un de ses discours et euh le en mettant au sein de l'hémicycle, donc à l'Assemblée nationale, pour dénoncer justement les dérives des placements de produits. J'ai trouvé que c'était couillu, j'ai trouvé que c'était intéressant, j'ai trouvé que c'était important ce qu'il faisait.
Il était raillé, il était moqué et pourtant ça parlait à ma communauté, ça me parlait, ça parlait à toute une génération et il a pas snobé cette génération là. J'ai trouvé ça très cool, j'ai trouvé ça très important. et de fil en aiguille, je lui ai écrit un petit message, je me suis dit il va jamais me donner l'heure quand il va voir euh que j'ai interviewé des candidats téléréalité. il est venu, on a passé un super moment, j'ai adoré l'exercice et c'est comme ça petit à petit que j'ai fait d'autres responsables politiques.
Alors Arthur de la porte pour les situer, c'est un député du Parti socialiste qui est beaucoup impliqué hein sur les questions du numérique. Il a porté notamment une loi influence et il est aussi dans la récente commission qui a été la commission TikTok pour analyser les répercussions de la santé mentale auprès des jeunes. C'est entretenteneur aussi, il est assez jeune donc habitué à ces usages là.
Et donc vous avez démarré comme ça avec ces personnalités politiques. Est-ce que ça a été bien accueilli par votre communauté de voir d'un coup débarquer des hommes et des femmes issus d'un monde politique qui connaissent peut-être un peu moins que la téréalité qui est votre communauté de base ? Ouais.
Ouais. Alors ça a été bah dans l'ensemble moi j'ai trouvé que ça a été très bien accueilli. J'avais énormément et j'ai énormément de commentaires de ma communauté qui sont remontés qui me disent bah c'est cool parce qu'en fait c'est la première fois que je regarde une interview d'un responsable politique.
Je m'étais jamais arrêté sur une interview et là j'ai tout regardé du début à la fin. J'ai regardé les 55 minutes. Donc je trouve ça juste hallucinant.
Parfois même j'ai des commentaires qui me disent "Ah mais je le connaissais pas mais euh c'est incroyable. Euh je je enfin je savais pas que derrière la politique qui se cachait tout ça qu'on pouvait avoir un parcours de vie comme celui-là. Et ça me rassure parce que moi j'ai toujours considéré et je considère vachement la la politique enfin je dis que l'intime c'est de la politique et on ne vote pas uniquement pour une idée ou une promesse qui ne sera pas tenue mais aussi pour la somme que représente cet homme ou cette femme en face de nous.
Pour ma part, j'ai besoin et je sais que beaucoup de personnes de ma génération pour de ma génération c'est le cas. Ils ont besoin de savoir qu'est-ce qui qu'est-ce qui est arrivé dans la vie de cet homme ou de cette femme qui fait qu'il est qui il est ou qui elle est aujourd'hui et qu'il a ces idées-là aujourd'hui. À titre d'exemple, par exle, vous avez reçu récemment Emmanuel Grégoire hein, puisqu'on est sur la question des municipales ici candidats à Paris euh pour la pour la gauche unie et vous avez beaucoup parlé des drames personnels notamment la perte de de son frère.
C'est d'ailleurs comme ça qui est titré la vidéo et son frère qui s'était ôé la vie de moi auparavant. Ouais. Donc c'est le côté intimiste qui vous intéresse, c'est le côté émotionnel plus que la question des des idées politiques et du programme.
Tout m'intéresse. Mais là en l'occurrence sur ce moment-là, si si vous évoquez ce passage là, moi c'est l'homme qui se cache derrière le responsable politique, voir Emmanuel Grégoire, potentiellement futur maire de Paris, avoir ce moment hors du temps ému face à moi et expliquer ce qui ce qui enfin qu'il a vécu quelque chose que beaucoup d'autres françaises et français on ont vécu. Ben je pense qu'on se dit en fait c'est pas des machines, c'est pas des IA.
Je trouve ça même plutôt sain et rassurant. Trist en haut, j'imagine que vous connaissez le contenu de de Samira. Donc pour ceux qui l'ont jamais vu, c'est un entretien enfin en tout cas chez Zira, c'est un entretien euh en tête à tête avec sur un temps long he peu à peu près une heure voire plus où on peut rentrer comme on vient de l'entendre ici dans l'émotion, dans l'intime.
Est-ce que ça c'est véritablement nouveau comme genre de format ? C'est quelque chose qu'on a pu voir également dans les médias traditionnels ? Oui, c'est ça.
C'est que euh évidemment quand on on parle de la frontière nouveau médiia, médiia traditionnel, comme je le disais, il y a des codes qui peuvent circuler et notamment euh des codes alors euh plutôt issus de la téléréalité avec l'idée de se centrer sur les parcours de vie des responsables politiques, de se centrer sur leurs expériences personnelles qui, il est vrai hein, façonne aussi leur rapport à l'action publique. c'est pas c'est pas forcément complètement complètement insensé euh et évidemment peut-être moins se centrer sur les propositions programmatiques et en même temps dans les nouveaux médias, vous pouvez aussi trouver du contenu finalement beaucoup plus qui qui peut paraître beaucoup plus classique pour quelqu'un qui consomme d'habitude les médias traditionnels dans leur partie politique et qui va retrouver des des des questions de sur des questions programmatiques, des questions sur des positionnements sur des enjeux politiques, sur l'actualité et cetera et cetera. Donc là encore, tout ça pour dire que la frontière est quand même assez floue et qu'il y a de l'hétérogénité des deux côtés.
Il y a aussi de l'hétérogénité dans les médias traditionnels. Bien sûr, ça c'est évident. Usul, vous les médias vous les connaissez bien, vous les analysez hein.
Rinoceros, c'est aussi une émission critique des médias. Quel est le regard peut-être critique ou non ? J'en sais rien que vous portez justement sur le contenu que propose Samzira avec des personnalités politiques qui parlent donc d'émotion, d'intime, de leur vie personnel peut-être avant de parler des programmes.
Bah évidemment, ça fait penser à Karine le Marchand. Est-ce que ce qu' a fait sur M6 ou l'idée c'est que du coup du coup ça donne ça a un effet, c'est que ça humanise comme tu disais, c'est je veux voir l'humain, ça humanise donc après il y a plein de questions qui se sont posées y compris pour Karine le Marchand. Est-ce qu'on va humaniser Marine Le Pen ?
Est-ce qu'on va humaniser ? Donc il y a quand même un enjeu surtout pour des politiques qui je pense à l'extrême droite en particulier ont très intérêt vu la radicalité de leurs idées à ce qu'on ne parle que de l'humain et c'est toute la stratégie de Marine Le Pen, c'est toute la stratégie de Jordan Bardella avec ses TikTok où on fait "Oh il est c'est mignon, il est gourmand, il mange des bonbons et cetera, c'est quoi sa vie ?" et cetera.
Donc ça peut être dépolitisant, ça peut être perçu comme des politisants mais ça c'est pas c'est pas que toi, c'est le comme disait c'est Karine le Marchand, c'est les trucs qui existent déjà. Michel Drucker faisait pas autre chose aussi sur son plateau il y a il y a quelques dizaines d'années. Le fameux canapé d'ailleurs à chaque fois c'est sur un canapé hein.
Le canapé rouge de Michel Drucker ou celui de Karine Lu Marchand où on ce qu'on cherche c'est de la confession. C'est effectivement et ça veut pas dire que ça a pas non plus d'intérêt parce que tu poses pas que ça comme question tu parles aussi un peu de politique. Je parle aussi de politique mais c'est c'est surtout qu'en fait tu donnes l'exemple de l'extrême droite qui est humanisée dans ce type d'interview mais c'est pareil pour la France insoumise c'est pareil pour les autres partis.
Ah ben si pour toi tout se vaut d'accord. Non non non, je parle de la question de l'humanisation parce qu'en fait je trouve ça pas Oui mais c'est pas le même enjeu. Alors là moi je vois pas l'enjeu.
Je vois juste l'être humain qui est en face. C'est enfin c'est c'est une personne faite de chair et de sang tout comme toi, tout comme moi. Donc si Marine Le Pen aime les chats, ça c'est auprès de Karine le Marchand.
C'est jusqu'au bout de mon propos. Si elle si elle aime les chats et si Olivier Fortisme euh anti asiatique du enfin contre la communauté asiatique qu'il a vécu quand il était enfant, ça humanise Olivier Fortise Marine Le Pen avec ses chats. Et elle a le droit d'être au RN et d'aimer les chats.
Il y a une petite différence, c'est que à la France insoumise ou dans les partis de gauche, on aime parler du programme. On parle beaucoup du programme, on veut parler de politique. L'extrême droite a pas tellement envie qu'on parle de son programme, essae d'en parler le moins possible.
Ils préfèrent se faire appeler par leur prénom Marine Jordane pour qu'on oublie la nature de leur programme, la violence de leur programme, toutes les personnes que ça exclu et cetera et donc du coup eux ont plus intérêt que d'autres à ce qu'on ne parle que de l'intime. Mais sauf que j'ai fait exactement la même chose avec Rima Hassan mais tu ne me donnes pas cet exemple là. Pourquoi ?
Bah ben je viens de te le dire. Rima Hassan, elle veut parler de la Palestine, elle veut parler. Ouais mais rima Hassan, je parlais aussi de ses s de décompression où elle a besoin d'aller dans un hamam, tu vois, pour pouvoir pour pouvoir décompresser.
Elle où elle m'a parlé de sa vie où elle m'a parlé. Donc moi, je ne sais plus quoi faire à force. Je deviens je déteste utiliser une expression médicale mais c'est en devenir bipolaire.
C'est-à-dire que quand je reçois quelqu'un considéré d'extrême gauche, je suis traité d'islamo géchiste. Ah ouais ouais, c'est ce que je lis. Et je pense que ça t'étonne pas euh sur les sur les réseaux sociaux notamment sur X qu'on a qu'on a ça, je sais pas mais en tout cas je suis traité de l'islamogéiste et quand je reçois du RN c'est quoi ?
On va me traiter de raciste demain. Je ne suis pas je pas traité un média militant. Je suis un média tout court resitué.
Bon ce qui se joue là de toute façon c'est un débat assez classique hein sur la dédiabolisation de l'extrême droit. C'est ce que dit Usul, c'est que à partir du moment où on invite des des candidats où on va plus se mettre en avant, on va dire un socle commun qui est l'amour des chat ou autres, c'est-à-dire qu'on est dans une forme d'émotion, on peut avoir tendance à chercher un capital sympathie pour mieux faire passer des idées des idées qui peuvent être semblé problématiques. Mais je reviens justement à Backseit puisque c'est là où le travail par exle chez Backseit, vous vous refusez d'inviter des candidats d'extrême droite.
Et pourquoi ? Parce que finalement ce que dit Samzira c'est il dit moi je reçois tout le monde, j'ai envie de reçoir tout le monde et je reçois tout le monde et je loge tout le monde à la même enseigne. C'est reçois tous ceux qui sont à l'Assemblée nationale.
Exactement. Donc ce choix par exemple alors nous on n'est pas par exemple à backsite, on n'est pas tenu par les règles de l'ARCOM et c'est vrai que peut-être tendance on va avoir tendance à calquer un petit peu quand tu dis je reçois je reçois tout le monde qui est à l'Assemblée nationale. Oui mais tu as le droit de faire un choix en fait.
Tu as le droit d'avoir une ligne éditoriale. Nous en tout cas on a fait le choix. Jean-Masser a dit euh et c'était j'étais d'accord avec ça donc l'animateur qui est à la base justement de cette émission back et c'est tout à son honneur.
Il est même venu le défendre sur le service public et le service public par exemple est obligé de recevoir les candidats d'extrême droite et donc ce ce pluralisme obligé parce que bah il y a l'ARCOM et tout et ben nous on n'y est pas tenu. Il y a l'ARCOM ne tri ne vient pas imposer ses règles sur Twitch. D'ailleurs, ce serait absurde, ça marcherait pas.
Comment on ferait imposer le pluralisme interne ? On appelle ça comme ça. Comment on imposerait le pluralisme interne à la chaîne Twitch de Jean-Luc Mélenchon ?
Bon, ça ne peut pas marcher. Donc là, c'est comme la presse papier en fait, on fait un peu ce qu'on veut. Donc on n'est pas tenu de recevoir l'extrême droite.
Pourquoi ? Parce que l'extrême droite est l'adversaire de la société à laquelle nous on aspire, à savoir une société démocratique, des qualités des droits et cetera. Alors, puisqu'on a parlé justement d'arc, je vais redonner la parole dans un instant.
Ça me dira peut-être un petit point sur les obligations de pluralisme avec vous Tristan pour faire très simple hein. Quand on est sur le service public ou sur des antennes dont les ondes sont limitées, il y a donc une obligation de pluralisme pour que chaque parti qui représente la société française puisse parler et d'ailleurs à un même niveau, à la même durée. On y est en ce moment soumis, c'est pour ça que dans cette émission d'ailleurs vous n'entendrez pas d'extrait de parole politique.
Il n'y a pas de pluralisme justement sur les réseaux sociaux, sur les plateformes, ce qui est peut-être pour les parties un bon moyen de pouvoir communiquer comme ils l'entendent et peut-être même de contourner parfois certaines obligations. Ben en fait, c'est c'est finalement c'est c'est aussi calquer le raisonnement qui est celui des médias traditionnels sur des médias, donc des moyens de diffusion qui sont en fait hétérogènes. C'est ça qu'il faut comprendre.
à la fois, il y a une on surveille le pluralisme dans les médias traditionnels, en tout cas dans certains médias traditionnels puisque évidemment surtout pour les antennes radio et et télévisé et en même temps les réseaux sociaux sont aussi vu comme par les partis politiques comme des moyens de diffusion et on ne surveille pas le pluralisme politique sur les marchés ou quand on distribue des tracks dans les boîtes aux lettres ou quand les partis politiques font du porte à porte et et c'est comme ça que et parfois sont parfois conçus les médias sociaux dans les stratégies partisanes. Donc finalement euh il faut pas nécessairement calquer sur les entre guillemets nouveaux médias le mode de fonctionnement des médias traditionnels. Certains ont une visée engagée alors qui pas forcément lié à un seul parti politique mais qui vont défendre une vision de la la de la la société, une certaine vision de la société, ce qui était dit par Usul juste avant sur sur backsite, mais c'est pas le c'est pas le seul média concerné.
Et donc ça explique que ces médias peuvent finalement ne pas forcément honorer une obligation de de d'équilibre politique qu'ils n'ont pas nécessairement. Et en même temps, il y a il peut y avoir dans ces nouveaux médias et c'était l'exemple que donnait Samira, une volonté finalement d'incarner un média euh qui reprend certains codes des médias traditionnels. Et un des codes des médias traditionnels, c'est justement cet équilibre partisan.
Hm. Ça me dira à votre avis pour poser la question autrement, quel est selon vous l'intérêt pour des personnalités politiques de venir chez vous ? D'avoir du temps de parole, de pouvoir discuter sans être coupé toutes les 30 secondes, d'être entendu, d'être écouté.
Euh peut-être que dans les médias traditionnels, moi je m'estime pas être concurrent des médias traditionnels, mais je trouve qu'on est au contraire tous complémentaires. Les médias traditionnels font pour la plupart déjà très bien leur leur travail quand ils reçoivent des responsables politiques. Moi celui que je fais, j'estime qu'il est, s'il doit servir à quelque chose, être complémentaire à ce qui existe déjà.
Je n'ai pas envie de me substituer à un média traditionnel qui fait déjà, je pense, très bien son travail. Euh mais en venant chez moi, ouais, ils ont cette possibilité de d'être écouté, d'être entendu. Vous savez euh les le l'écoute c'est devenu euh extrêmement rare.
Aujourd'hui, on est matraqué du matin au soir par des informations où on essaie de nous faire passer des idées du matin au soir. On ne laisse plus les gens développer leurs propos et s'exprimer. On n plus le droit à l'air du numérique en 2026 de réfléchir à haute voix, de raisonner à haute voix.
Le simple fait que de raisonner de se poser des questions devient une accusation. On n' plus le droit de se questionner sans être accusé. Dans mon média, dans mes interviews chez IRA, on peut se questionner.
Moi, j'aime avoir une Clémentine Autin qui prend 4 5 minutes à se demander, à réfléchir avec moi pourquoi elle est contre la GPA. Hm. Voilà, je trouve ça hyper intéressant.
Donc, vous apportez du temps long. Souvent ce temps long, il est parfois accompagné d'une interview que l'on peut considérer comme empathique mais qui va un peu dans le même sens. C'est-à-dire qu'on n'est pas là pour mettre la pression.
Vous êtes peut-être pas là pour être trop critique en vrai. Je sais le faire aussi, vous inquiétez pas. Je sais le faire aussi quand j'estime que c'est nécessaire de le faire.
Voilà. Pas plus tard encore il y a de jours quand j'ai reçu Bruno Clavé du RN pour l' ancien d'ailleurs candidat de la la téléréalité je crois et qui est maintenant Ouais. qui avait participé il y a 20 ans à à X Factor et qui par la suite il y a des photos de charme qui étaient enfin qui étaient ressorties dans les médias et euh et voilà quand il me dit quand il me dit bah moi je suis pas à l'aise avec mon copain de tenir la main de mon copain si je vais dans le 93 croyez-moi que je me fais un plaisir d'être dans la contradiction en face et d'ailleurs ma première question ça a été est-ce que tu es déjà allé dans le 93 vous vous doutez que sa réponse a été non d'ailleurs vous avez du mal à convaincre est-ce que c'est les personnalités politiques qui viennent à vous est-ce que c'est vous qui envoyez des invitations est-ce qu'il y a des partis qui répondent plus rapidement que d'autres les C'est vraiment les deux.
Moi par exemple, je rêve d'interviewer Rashidati parce que j'adore la personnalité hein. Je parle pas de sa politique hein. Je parle de la personnalité, la femme médiatique publique qu'elle représente.
Mais elle a dit non. Bah non, elle me snob. Ah elle vous snob ?
Elle me répond. Mais la droite est très snob hein. H vraiment voilà.
Tandis que leur Assemblée nationale ne vous snob pas à priori la France insoumise c'est ceux qui sont qu'on le disent le qui disent oui le plus facilement et je trouve qu'ils ont ils ont raison. C'est important. La politique c'est fait pour être partagé.
Et vous pensez justement, et après je passerai la parole à Uzul que votre communauté, celle qui vous suit, c'est aussi une manière, c'est une cible que vous sentez désengagé politiquement, éloigné justement des médias traditionnels. Et c'est pour vous une manière de pouvoir leur offrir un contenu dont elle devrait disposer par ailleurs ? En tout cas, ça je sais pas, mais ce que je sais, c'est qu'ils avaient pas l'habitude de regarder des personnalités politiques, des interviews politiques sous cet angle là, sous ce prisme là.
Voilà. Peut-être qu'il peut-être qu'il tombaiit très certainement en scrollant sur leur téléphone sur des passages sur des extraits. Aujourd'hui, on regarde des versions très courtes.
Usul, on a donc compris que ce que Samzira offre justement par rapport euh à l'espace médiatrique traditionnel, c'est du temps long. Ça c'est le propre d'ailleurs d'Internet et du numérique. On n'est pas soumis à des formats.
Vous justement dans les différents enfin dans backsite coloc là où vous recevez aussi des personnalités politiques, qu'est-ce que vous apportez que les médias traditionnels n'apportent pas ? Oui. Ben justement, oui, oui.
Euh dans les médias traditionnels avec leur feux roulants de questions sur euh la dernière polémique, la dernière actu, qu'est-ce que vous pensez ? Est-ce que vous condamnez ceci ? Est-ce que où on leur demande, je suis assez d'accord avec l'expression cotiser au pot, quoi.
On leur demande de cotiser au pot, il y a quand même un un rond rond médiatique, une certaine homogénéité de la classe médiatique, des choses qui sont acceptables qu'on peut dire, d'autres qu'on peut pas dire, on demande de condamner ceci cela. Il y a ils ont très peu le temps de pouvoir soit imposer leur thème et développer. Je crois que par exemple Jean-Luc Mélenchon s'est longtemps plein de d'avoir voulu parler de l'eau et qu'on lui a parlé de toute autre chose tout un certain nombre de fois de pouvoir développer la première fois par exemple que j'avais entendu Rima Hassan c'était assez ce soir et elle avait le plus longtemps développé sur la Palestine et je m'étais dit tiens c'est la première fois que j'entends un temps de parole assez long comme ça sur où on parle de la question palestinienne de cette façon-là et je me disais c'est étonnant on n pas le temps de faire ça sur les plateaux d'actu en continu donc nous ce qu'on offre au aux politiques qui viennent bah c'est de pouvoir développer sur des trucs qui sont pas nécessairement lactue brûlante qui vont Qu'est-ce que qu'est-ce qu'on fait pour la lutte contre l'extrême droite ?
Qu'est-ce qu'on fait pour le climat ou je sais pas quoi ? essayer de faire des petits pas de côté et non pas réagir au à la dernière citation, au dernier truc et ils apprécient, ils sont en demande de ça et peut-être une interaction aussi hein puisque ces médias sont des médias en ligne par nature. Vous pouvez aussi recueillir alors c'est pas tout le temps le cas, parfois on se rend compte que c'est un dispositif d'avoir les les questions, on les voit beaucoup à appeler mais elles sont pas tout le temps prises mais j'imagine que l'interaction ça fait aussi partie de ce que vous pouvez offrir l'interaction alors ou des questions de de la communauté sur Twitch notamment sur pas tellement à backit parce qu'on est déjà trois chroniqueurs. que il y a surtout des interactions entre nous, il y a pas trop de place pour le chat parce qu'on est déjà nombreux.
Mais euh c'est aussi mine de rien un cadre de de discussion plus euh euh plus détendu. Par exemple, moi c'est vrai que à backsite, je m'autorise à tutoyer euh ceux que je connais et que je tutois quoi. Je ça me paraît très bizarre de mettre à vous voyez Philippe Poutou d'un coup alors que d'habitude je tutoi.
Donc il y a aussi ce truc un peu plus assumé de bon on n'est pas euh voilà, on va pas faire semblant justement, on va pas mimer là-dessus les grands médias et euh et par peut-être aussi pas faire semblant de ne pas avoir des idées politiques et de les assumer. on a des sensibilités politiques. Tout tous les chroniqueurs ont la leure hein mais c'est vrai que c'est beaucoup plus assumé que quand on regarde questions politique sur France interre où voilà il y a il y a trois journalistes objectives qui bon il se trouve qu'elles pensent plutôt pareil en général ces journalistes là et que elles vont justement faire ce jeu des de de de feux roulants de questions sur l'actue, vouloir des petites phrases et cetera mais il y a quand même un fond idéologique commun aussi commun.
C'est des gens qui ont à peu près les mêmes trajectoires sociales, qui occupent les mêmes espaces sociaux. Je pense cette émissionlà, je pour en prendre point d'autres he c'était pour vous sortir un peu d'une sorte de standardisation en tout cas mais d'une standardisation sociale. J'aurais pu dire RTL le grand jury quoi.
C'est-à-dire quels gens ont fait quelles écoles, quel type de revenus ils ont, dans quels endroits ils habitent. À savoir en France, c'est un personnel éduqué, cultivé, riche, voilà, qui détermine ce qu'on peut dire ou ne pas dire. Nous à Baxit, on a des trajectoires sociales beaucoup plus chaotiques que en général beaucoup plus diverses et des parcours politiques qui bah oui du coup sont un peu plus à gauche que le le standard de de des médias mainstream.
Trist en haut. Donc ce qu'on entend ici c'est peut-être une meilleure représentation hein de de l'audience en se disant peut-être que je me reconnais pas dans les intervieurs politiques dans l'espace traditionnel et ici ou ailleurs. Il y a peut-être une forme d'empathie.
On entend aussi dans ce que nous vient de nous dire Rusul, c'est un engagement politique qui est assumé, qui est ouvert. Quels sont les liens donc triste en haute entre ces nouveaux médias et les partis politiques ? On sait qu'il y a des médias qui sont des médias amis.
Comment ça se joue ce rapport-là ? Alors ça c'est c'est c'est évidemment c'est très variable d'un média à l'autre et d'un parti politique à l'autre. Ce qu'il faut comprendre et c'était c'était ce que ce que ce que ce que ce que disait Usul tout à l'heure, les les partis politiques vont avoir un rapport différencié euh aux médias évidemment.
Donc certains vont euh jouer le jeu de la de finalement du de médias traditionnels parce que ça leur fournit aussi du contenu gratuit euh derrière à exposer. Le le RN par exemple n'est plus du tout dans une stratégie de contournement des médias traditionnels, mais bénéficie beaucoup de sa couverture et repartage beaucoup beaucoup de publications finalement des pages Renes sur les réseaux sociaux. ce sont des passages médiatiques sur des médias traditionnels de leurs dirigeants.
Et du côté finalement plutôt de la France insoumise notamment, on a plutôt un rapport inverse qui est une stratégie peut-être de plus en plus d'ailleurs de contournement des médias traditionnels, pas forcément de tous les médias traditionnels hein qui ont aussi là encore leur hétérogénéité avec l'idée de finalement et c'est c'est ça peut expliquer pourquoi ils répondent plus vite à des sollicitations de nouveaux médias au sens large parce que finalement Ils ont un rapport entre guillemets moins critique à ces nouveaux médias. Ils ont il y a il y a un effet de positionnement politique, il y a un effet de profil social. On est sur un personnel politique du côté de la France insoumise par exemple qui est en moyenne un peu plus jeune et typiquement par exemple c'est quelque chose qu'on retrouve chez Arthur de la Porte au Parti socialiste, profil un peu plus jeune donc qui va aussi beaucoup plus s'adapter, jouer avec les codes et comprendre les codes de ces nouveaux médias et comment s'adresser finalement à un nouveau public à l'aide de ce nouveaux médias.
Parce que ce que ce qu'on ne dit pas ce qu' ce qu'on n pas encore dit, c'est que les usages médiatiques euh sont très socialement situés. C'est-à-dire que du côté des citoyennes et des citoyens, d'abord les usages politiques des médias sociaux et des médias en général, ils sont passifs et minoritaire. Ça c'est voilà de fait les gens ne consultent pas du contenu politique, en tout cas la majorité ne consulte pas du contenu politique et souvent ne fait que consulter.
Par contre, c'est vrai que via ces nouveaux médias, on touche un public qui est un peu différent. alors pas complètement différent mais qui est un peu différent et notamment un peu plus jeune. France Culture la fabrique de l'information François Celtiel et à 48 heures des municipales, on s'intéresse à la manière dont ces espaces numériques, dans ces nouveaux médias qu'on a tenté de définir en ce début de d'émission sont investis par les partis politiques.
On s'intéresse aussi aux envies des créateurs du contenu d'inviter de ces personnalités pour savoir ce qu'elles peuvent offrir de différent. Euh de nouveau, nous sommes avec Tristan qui est euh qui est maître de conférence en sens politique à l'université de Lille. Nous sommes avec Usul qui est vidéaste, chroniqueur chez Backsit et coanimateur de l'émission Rinocérose diffusée sur Blast et avec Sam Zira qui a donc sa propre émission chez Zira, créateur de contenu, animateur et producteur.
Sam Zira, justement depuis que vous proposez des des des contenus avec des personnalités politiques, est-ce que ça marche aussi bien que les contenus traditionnels que vous proposez plutôt sur la téléréalité ? Parce que j'ai vu quelques chiffres, vous avez cité Emmanuel Grégoire, ça m'a surpris de voir qu'il était à 5 ou 6000 vues par exemple. Ce qui pour vous, pour nous c'est pas mal mais pour vous c'est peut-être pas grand-chose.
Non, parce que là vous prenez uniquement YouTube et sur YouTube moi, enfin YouTube fonctionne par niche. Ça veut dire que c'est un public qui est très pop culture, très téléréalité, très influence. Mais vous voyez, ça montre bien, je suis content que vous parliez de ça parce que ça montre bien justement que je ne fais pas ça par intérêt financier ou par intérêt parce qu'à chaque fois on essaie de me tirer dans les pattes.
J'ai remarqué les nouveaux médias, on les aime pas. On essaie tout le temps de savoir pourquoi ils font ça. Enfin c'est c'est il y a il y a on nous voit, on me voit comme de la concurrence à chaque fois que je dois donner une interview.
Pas chez vous heureusement. Mais très honnêtement, c'est très dur. On se sent jugé.
Je me sens vraiment c'est c'est souvent très difficile et ça ça me tenait à cœur de le dire. Mais ce chiffre que vous venez de lire sur YouTube montre bien que je le fais pour autre chose, que je le fais vraiment juste parce que je kiffe, parce que j'aime, parce que j'aime l'exercice, parce que j'y prends du plaisir. Voilà.
Et parce que c'est ça me sort aussi de ma zone de confort. Après, il y a tous les autres canaux de diffusion que sont Instagram avec les réels, TikTok, Snapchat Discovery et Facebook. Et là, pour le coup, ça cartonne.
D'accord. Voulez dire que c'est pas un indicateur donc particulièrement pertinent. Le chiffre que j'ai évoqué par exemple du résultat sur YouTube Del Grégor pour vous c'est pas pertinent parce que ça peut marcher ailleurs sur d'autres canaux sur des formats plus courts.
En tant que producteur sur le digital en édition digitale, je regarde je regarde la chose dans sa globalité. Je regarde pas que YouTube. Après YouTube ça reste quand même mon faire de lance.
Voilà. Moi vous avez plus d'abonnés. Ouais 2,5 million je crois.
Mais tout part de YouTube chez moi. Après tout est délocalisé en ce qu'on appelle petit extrait sous-titré sur sur les réseaux sociaux. Voilà. par rapport au retour donc euh bon vous donc ça marche tout aussi bien vous nous dit si on doit répondre à cette question est-ce que le politique non sur les réseaux sociaux ou d'accord et en terme de de réception par rapport à votre public est-ce que vous avez l'impression puisque je on a titré cette émission de manière un peu pompeuse pour savoir comment l'opinion se façonne est-ce que vous avez l'impression de pouvoir influencer les gens alors pas vous parce que vous arrivez pas en disant je vote ceci je veux cela on a bien compris que vous accueillez même tout le monde mais que votre contenu peut avoir un impact sur justement le choix politique puisqu'on encore une fois à 48 he des municipales.
Alors je dis pas spécialement pour les municipales mais est-ce que vous avez des retours de gens qui disent bah grâce à toi, grâce à ton émission, j'ai compris, j'ai mieux compris qui était Emmanuel Grégoire ou autre et peut-être que je m'engage à voter pour lui. Ah non, j'ai jamais lu ça. OK.
J'ai déjà lu des Ah bah c'est cool, ça m'a permis de de enfin je connais pas ce je connaissais pas ce pan de sa vie, je savais pas qu'il avait vécu ça par exemple. Mais je vais voter pour lui. Non, je l'ai jamais lu.
Et puis après je je vous aurais répondu bah que ça m'appartient pas. et des gens qui ont jamais écouté des politiques et éventuellement auraient pu avoir une sorte d'effet de découvrabilité. Oui, ça bien sûr c'est le cas.
Oui. Trist en haute, c'est c'est toujours une grande question la question de la réception parce que on se demande toujours et c'est vrai que on aime bien parler des nouveaux médias, on aime bien se dire que c'est peut-être un nouveau réservoir de voie. Est-ce qu'on fantasme pas aussi un peu peut-être l'impact que cette stratégie, cette communication politique peut avoir ? si on fantasme complètement.
En fait, le ce qui ce qui est terrible, c'est que euh les travaux de de de sciences sociales en général, les travaux scientifiques depuis les années 40 hein, 1940, essayent justement de relativiser les effets forts des médias euh et ont essayé de relativiser les effets forts d'abord de la radio, ensuite de la télévision, désormais des médias numériques. Et en fait, à chaque fois qu'un nouveau média émerge pendant les premières années, les premières décennies, cette idée qui va y avoir un effet fort, que ça va influencer les gens revient à chaque fois. Et en fait, on est sans cesse obligé de rappeler mais ce que ce que ce que montrent les travaux sur la la radio dans dès les années 40 en fait, c'est que bah d'abord tout le monde ne consomme pas ses médias. tout le monde sur ces médias ne va pas consommer du contenu politique.
Euh ce contenu politique, c'est pas parce qu'il est consommé que les gens vont changer d'opinion parce que comme ceux qui consomment du contenu politique sont aussi déjà les en moyenne les plus intéressés par la politique, c'est ceux qui ont déjà des préférences relativement établies. Et donc finalement penser que en produisant simplement du contenu, on va modifier les opinions des gens. C'est assez c'est c'est voilà c'est vraiment et du côté des partis politiques, il y a souvent cette croyance qu'on a de l'influence du côté des médias traditionnels ou nouveaux parfois il y a cette croyance et aussi parce que bah derrière il y a l'enjeu de d'entreprise de communication de vendre des stratégies numériques qui ont pour but de de mais mais de de faire croire enfin de de à cette influence.
Ce que ce que ce que montrent les travaux euh scientifiques, c'est que le travail typiquement par exemple de terrain que mènent les partis politiques va être beaucoup plus efficace que une simple présence médiatique sur les réseaux sociaux ou qu'un envoi de mail ou voilà. Donc le travail de de terrain, l'interaction sociale, elle est quand même beaucoup plus importante. Et par exemple, considérer que parce qu'on on a des une interaction entre une personne et sa communauté de plusieurs centaines de milliers de followers, c'est comme si on avait une interaction avec un militant avec qui on discute plusieurs fois dans la rue et cetera.
C'est c'est évidemment pas pareil entre guillemets. Bien sûr, ça reste quand même plus chronophage de parler dans la rue en essayant de convaincre de de voix à voix mais mais j'entends très bien ce que vous dites Uzul. Oui, je voulais rebondir parce que c'est c'est très vrai.
Les gens ne sont pas passifs devant ce qu'ils reçoivent. Ils peuvent même être énervés devant la télé, être agacé par ceci ou par cela. Et donc c'est aussi pour ça que on a fait une émission de de critique des médias qui s'appelle Rinocéros.
Ça permet le nombre de fois où les gens me disent "Ah bah voilà, parce qu'en fait nous c'est vrai qu'on tape un peu fort sur les médias tous, mais bon les gens me disent nous disent ça fait du bien mais voilà parce que nous en fait on le reçoit comme ça parce que nous quand on écoute Benjamin Dumamel le matin dans dans la bagnole des fois ça nous énerve et ben on voit qu'on n'est pas seul parce que les gens en effet ont une réception active du truc et à l'inverse par contre ce qui est important et ce qu'on pointe du doigt nous aussi c'est les effets qu'on qu'a le champ médiatique sur le champ politique et que Les effets de cadrage du monde médiatique sont en partie provoqués par le monde politique mais vont avoir un effet sur le monde politique aussi qui va voilà plus ou moins il y a quand même il il reste prescripteur cet espace médiatique il reste prescripteur de ce qu'on peut dire ce qu'on ne peut pas dire et la moi ce que je dis souvent aussi aux gens c'est la télé ne vous dit pas quoi penser par contre elle vous dit à quoi penser elle il y a des thèmes qui peuvent s'imposer ça vous app le cadrage. Le cadrage. C'est c'est ce qui va délimiter les termes du débat et la télévision a peut-être encore ce cette et les médias traditionnels, on va dire cette position d'autorité en disant voilà ce sur quoi nous devons parler ou pas.
Et c'est ce cadrage là que vous analysez, que vous critiquez dans votre émission Rinocéros. Est-ce que d'ailleurs vous avez des retours sur la réception de cette émission ? Peut-être même des médias traditionnels qui Ouiou oui oui oui.
On a déjà des des gens, je vais pas dire qui, mais des gens qui nous ont écrit en disant "Là vous avez été un peu vache ou qu' on essayé de nous répondre ou euh voilà et et on répond et voilà et on sait qu'on est un peu oui un peu regardé par le milieu parce que je pense que on tape pas que à côté, il doit y en avoir des fois on tire un peu juste et puis surtout ce milieu le milieu journalistique, les médias est traversé de gens qui aimeraient que ça se passe autrement est tenu par des chefferies qu'elles soi éditorial est tenu par quelques milliardaires aussi quand même qui imposent des chefs dans telle ou telle rédaction. La question de la concentration, on voit très bien que ces nouveaux médias aussi se posent dans un contexte médiatique de forte concentration et donc arrive aussi avec une offre alternative. Il y a des journalistes qui sont en souffrance aussi dans ce système là qui sont pas contents de la ligne que prend leur leur travail ou ce qu'on leur demande de faire pendant que quelques éditorialistes colorent la chaîne de leurs humeurs alors qu'il y a plein de journalistes qui se battent à côté.
Donc moi, nous on pense que on fait de la critique de médiia en défense aussi du journalisme et bah ce qu'on fait avec les nouveaux médias, c'est aussi de proposer un autre journalisme là de manière plus indépendante en effet que parce qu'il y a pas de milliardaires parce que mais il y a des plateformes. Mais il y a des plateformes. Alors ça milliardair mais il y a des super milliardaires américains qui décident oui ou non.
Il y a quand même toujours des milliardaires derrière. En tout cas, ce qui vous réunit en partie aussi tous les deux ici, j'ai en écoutant Usul Parler, on voit très bien que les médias sont ça sont, on va dire son carburant pour produire ces analyses puisque c'est à partir justement des médias traditionnels que vous posez un regard critique et vous aussi Sames c'est à partir de la téléréalité avec ce qu'on appelle le réact. Alors pour pour ceux qui connaissent moins ce système, il s'agit de réagir en direct ou en différé sur des images qui ont été diffusées à la télévision.
Ah, c'est pas ce que je fais moi. Non non, je sais bien. Mais par contre, quand vous parlez de téléréalité, par définition la téléréalité, il y a télé dedans quand même.
Oui, bien sûr. Et donc c'est des c'est des formats qui passe à la télé. C'est des formats qui passent à la télé.
Donc les gens que vous invité ce sont des gens qui ont obtenu leur notoriété aussi avec la télévision. Ce que je veux dire par là, c'est que dans vos deux cas, cette offre, elle s'ados quelque part à une offre existante que l'on dit dépassé, que l'on dit en érosion qui reste finalement la télévision. pas que la télévision parce qu'après l'avèement des réseaux sociaux avec TikTok qui a commencé à cartonner en 2018 a complètement changé la donne.
Donc il y a eu les influenceurs, il y a eu les micros, les nanos influenceurs, c'està dire ce sont des toutes petites communautés et aujourd'hui votre vois 5000 c'est ça 5000 abonnés nanofluenceur je sais ouais j'ai pas les chiffres mais en grosso modo votre voisine elle peut être influenceuse et influencer son quartier et avoir sa communauté et avoir une vidéo qui pète et finir dans une interview de de chez Samira quoi. Hm. Oui, mais quand j'ai vu c'est quand même beaucoup aussi les les anges et cetera.
La villa il y a quand même Non, c'est vrai, je vous assure c'est tout. C'est c'est la télévision, c'est les réseaux sociaux, c'est les interviews société. Je donne aussi la parole à des personnes qui n'en ont pas et j'essaie de les accompagner au mieux.
Il y a la il y a la téléréalité, il y a l'influence, il y a les les les découvertes de nouvelles personnalités aussi au travers des réseaux sociaux. Il y a la politique, j'ai aussi un talk show avec des chroniqueurs et un peu comme vous avec Jean-Massier, je m'éclate. Voilà.
Mais si je peux me permettre, j'ai même envie de dire que ça va un peu dans le même sens. Moi quand je regarde Love is blind, bah moi après je veux l'interview de des candidats après qui racontent qu'est-ce que c'était que cette machine love is blind machin. C'est aussi de temps en temps tu fais aussi du travail de critique média bien sûr et de démontage des des ficelles bien évidemment mais ce que je veux dire c'est que le socle n'est pas que la télé c'est pas c'est pas juste l'outil de la télé le levier quoi.
D'accord. Samira pourrait exister sans la télévision uniquement avec ma voisine nanoffluenceuse bah uniquement avec des sujets de société uniquement avec les gens en fait qui ont une vie extraordinaire à raconter triste en haute justement puisque aussi sur la question de la réception et de l'intérêt de ces partis politiques pour venir. Est-ce qu'il y a aussi on l'entend beaucoup une forme de de ciblage.
On parlait aussi d'inspiration un peu à l'américaine par rapport aux campagnes qui a pu avoir lieu déjà de l'époque d'Obama. On comprend donc que pour les partis politiques, c'est intéressant d'aller sur ces formats. Bon, déjà parce que ça coûte rien, à part du temps, donc autant aller partout.
Euh ensuite, on comprend qu'on a plus de temps, qu'on a parfois des interviews qui mettent un peu moins en difficulté puisqu'elles vont plus parler de l'humain, donc quelque chose qu'on peut euh maîtriser. Est-ce qu'il y a aussi d'autres intérêts d'aller sur ces espaces numériques ? Et je parlais du ciblage, mais il y en a peut-être d'autres.
Alors, est-ce il y a deux intérêts qui ont été déjà évoqués par par UL ? C'est la question de l'agenda, c'est-à-dire l'agenda n'est pas exactement le même dans certains de ces nouveaux médias par rapport aux médias traditionnels. Donc l'agenda, c'est de quoi on parle et de quoi on peut parler.
Et si vous êtes je sais pas Jean-Luc Mélenchon et que vous voulez parler de l'eau, bah vous pourrez parler de l'eau. Donc vous pourrez finalement mettre en avant des propositions qui ne sont pas entre guillemets à l'agenda dans les médias traditionnels et le cadrage va être très différent. Et le cadrage, c'est plutôt la manière d'en parler, de parler de ces problématiques.
Et si vous voulez parler bah je sais pas de l'eau, mais sur la dimension écologie environnementale ou sur la dimension économique qui sont peut-être moins abordé, voilà, faites finalement vous vous pouvez vous pouvez le faire sur ces nouveaux médias. Évidemment, il y a un enjeu de ciblage. Alors, c'est plutôt ça renvoie finalement au profil différenciés, légèrement différenciés, des individus qui font consommer du contenu politique sur les réseaux sociaux par rapport à la consommation de contenus politiques dans les médias traditionnels.
En fait, on va pas se mentir, l'audience des médias traditionnels et à forceurie des médias radio euh et télévisuel euh et même et encore plus de la presse écrite euh c'est une audience qui est vieillissante, qui a plutôt euh des euh capitaux euh comme on dit en sociologue, euh culturel voire économique élevé. Évidemment, tous les médias n'ont pas exactement la même structure sociale en terme d'audience, mais euh le le l'intérêt des réseaux sociaux, c'est d'aller vers un public jeune, c'est d'aller vers un public peut-être plus précaire euh alors qui a pas forcément moins diplômé d'ailleurs, mais en terme de capitaux économique euh clairement moins favorisé. Et pourquoi c'est intéressant pour certains partis politiques ? parce que ce sont ces publics qui votent pour eux et notamment pourquoi la France insoumise a un investissement particulièrement fort sur le numérique parce qu'elle sait que quand elle utilise les outils numériques, elle s'adresse beaucoup plus à ses électeurs et électrices potentiel que quand elle passe à Radio France ou tout autre ou toutes médias radio ou télé.
Donc il y a vraiment cet enjeu pour les pour certains partis politiques plus que pour d'autres. Et en effet, il y a une circulation entre les partis politiques. Il y a euh on parlait des campagnes américaines, les ce qui est possible de faire dans les campagnes américaines évidemment pas la même.
C'est pas la même chose, notamment en terme de ciblage. Il y a une plus grande tolérance effectivement aux États-Unis. Et c'est beaucoup plus et et et mais aussi il y a beaucoup plus de moyens dès lors moyens humain, financiers mis en place par les partis politiques pour mobiliser via les réseaux sociaux.
C'est moins le cas en France, mais on a vu que euh le Parti socialiste en 2012 ou la France insoumise en 2017 ou en 2022 en fait se sont inspirés des pratiques. En 2012, c'était des pratiques de Barack Obama, en 2017 et 2022 des pratiques notamment de la campagne Bernie Sanders aux États-Unis et on voit des circulations de personnes, des circulations de technologie, des circulations d'idées aussi de production scientifique même entre ces différents espaces nationaux. Usul, quand vous disiez tout à l'heure, lorsqu'on est dans sa voiture, qu'on écoute France Inter, on est énervé et quelque part ces énervés là vont pouvoir retrouver chez vous un contenu qui va consolider peut-être ce qu'il pensent.
Mais ces grands médias mainstream par nature on parfois on les rencontre alors qu'on le choisit pas forcément, on est là, on est dans la voiture et cetera. À l'inverse de vos contenu à vous où il y a quand même une démarche active, faut aller les chercher, il faut aller sur YouTube, faut vous connaître, faut connaître Rinoceros et cetera. Donc en terme d'impact, on peut aussi se dire que ceux qui viennent vous voir sont déjà un peu convaincus par ce que vous pensez et que on va C'est peut-être compliqué de sortir de cette petite bulle.
Alors vous allez me dire c'est peut-être pas votre objectif de conquête d'aller au-delà de ça. Non de toute façon en plus si on avait fixé un objectif on s'en sort pas mal. On a quand même une grosse audience et quand je dis on c'est pas que je pense aussi à Blast, je pense aussi à Média Part.
Méapart, c'est aujourd'hui, on le range dans les nouveaux médias, hein. C'est quand même aujourd'hui, il me semble, le 3è euh le le en nombre d'abonnés payants euh le le 3e euh la 3e entreprise de presse. Donc ça ça rentable du tout, qui a une entreprise rentable en plus et qui est très rentable.
Donc c'est c'est pas rien du tout. On commence à l'idée c'est quand même de construire un espace euh parce que si on était pas là, mais tous autant qu'on est, je mets toute la presse indépendante ou qu'elle soit d'ailleurs, abonnez-vous au médias indépendants, c'est important parce que nous on n pas de milliardaire, on compte sur les gens pour vivre pour sur leurs abonnements et cetera. Donc euh l'idée c'est de construire un espace aussi qui est un espace où on réfléchit le monde euh autrement, où on alors peut-être qu'on qu'on fait en sorte que les gens s'entretiennent dans des croyances, mais bon, si ces croyances-là c'est que la démocratie c'est mieux que le fascisme, bon c'est bien, on va essayer de continuer d'entretenir cet espace-là.
Ça me dira bientôt c'est les présidentiels, on sait très bien que c'est ce qui va agiter beaucoup de partis de candidats et l'espace numérique sera jouera sans doute un grand rôle. Alors, j'ai pas envie de dire central parce que j'ai pas envie de tomber dans les mêmes fantasmes qu'on dénonçait il y a un instant, mais je un rôle. Qu'est-ce que vous avez prévu vous pour les présidentielles en terme de contenu ?
Et ben, écoutez, je suis déjà en train de travailler sur un concept voilà que j'espère qui enfin qui verra certainement le jour et j'espère que j'aurai bah les responsables politiques qui se présenteront à la présidence qui viendront me voir. Voilà, tout simplement. C'est ce que je peux me souhaiter et pas on peut pas en savoir un peu plus sur ce concept. sera est-ce que c'est un concept qui existe un petit peu à la télévision qui sera repris décliné ?
Est-ce que c'est un concept totalement novateur ? Non, on m'a appris à jamais communiquer ses idées avant qu'elle soit mise en pratique visuellement. Bon, en tout cas, sur la présidentielle, vous comptez bien jouer un rôle aussi en accompagnant cette grande échéance en proposant du contenu régulièrement à votre audience.
Oui, je continuerai comme je fais comme je fais maintenant, comme je le sens. Voilà. triste en haute par rapport à ce qu'on a pu voir apercevoir sur la question des municipales.
Qu'est-ce que ça dessine sur les les campagnes présidentielle ? On peut parler de je sais pas de Saraknafo là on en parle beaucoup puisqu'elle est très visible sur les réseaux sociaux avec une campagne dont elle dit qu'elle s'inspirait beaucoup des États-Unis et notamment du nouveau maire de New York. Une un recours aussi à l'intelligence artificielle pour créer des contenus.
Qu'est-ce que l'on peut voir ? Qu'est-ce que ces municipales nous apprennent concernant les présentiels qui vont arriver ? Alors, ces municipales, elles nous apprennent d'abord que au niveau local, les candidats s'approprient de plus en plus les outils numériques et notamment l'intelligence artificielle pour produire du contenu.
Est-ce que ça au présidentiel ça va se traduire par une démultiplication des usages entre guillemets créatifs du numérique par les militants ? C'est tout à fait possible. Évidemment, le le risque c'est d'aboutir à des usages créatifs qui vont se faire au profit de campagne de de haine sur les réseaux sociaux comme on a pu parfois le voir aux États-Unis.
Euh ce que les municipales nous disent aussi, c'est peut-être, mais on l'avait déjà observé aux législatives, c'est le fait qu' il y a une perte de centralité de certains réseaux sociaux et notamment de Facebook. La campagne jusque en 2022 peut-être euh être présent sur les réseaux sociaux, c'était d'abord être présent sur Facebook parce que c'était le réseau intergénérationnel, interclassiste aussi vous retrouvez des gens des classes populaires, des gens des classes supérieures. Et en fait, nous ce qu'on a observé dès 2024, c'est que Facebook voit son hégémonie contestée par d'autres réseaux sociaux, notamment Instagram dans une moindre mesure, TikTok, de plus en plus aussi les messageries privées qui sont utilisées pour développer du contenu politique, pour développer de l'argumentaire politique parce que ça permet notamment de développer l'argumentaire entre personnes qui se connaissent.
Donc voilà, c'est c'est donc on voit finalement ces usages se fragmenter de plus en plus et parfois aussi euh ne pas forcément être sur les usages publics qu'on a l'habitude d'analyser en tant que chercheur ou en tant que journaliste. Longtemps, on a utilisé Twitter comme le baromètre de l'opinion publique. aujourd'hui.
Bon, étant donné les évolutions de sa de la plateforme, étant donné les évolutions des audiences de la plateforme, c'est une une plateforme qui perd des utilisateur utilisatrice en France. Ouais, en France notamment. Et c'est une plateforme qui voit aussi la composition politique et sociale de ces utilisateurs et utilisatrices se tendre encore plus, se déformer encore plus.
Évidemment, on peut pas se centrer sur cette plateforme d'expression publique. Et on voit qu'il y a tout un ensemble de plateformes qui vont se développer avec de l'échange privé, avec euh des euh des des plateformes un peu plus ciblées en direction des jeunes, typiquement Instagram, TikTok euh avec des des codes qui sont pas les mêmes entre les plateformes. On parlait tout à l'heure de ça marche moins sur YouTube et ça marche mieux sur les réseaux sociaux. certains contenus, c'est aussi parce où ça marche voilà ou l'inverse mais parce que finalement ça marche c'est c'est pas du tout la même chose qu'on diffuse et c'est pas du tout les mêmes de fait c'est pas du tout les mêmes contenus euh même si ils sont euh dérivés d'un contenu initial c'est pas exactement les mêmes contenus chaque plateforme a sa grammaire chaque plateforme a son esthétique et d'ailleurs c'est tout le rôle des créateurs de contenu de rester aux aguet de ces évolutions puisque ces plateformes évoluent malgré tout et qu'il faut suivre justement ces algorithmes qui sont parfois une dictature. parenthèse juste sur la plateforme X qui fait quand même l'objet aussi d'une enquête de la Commission européenne par rapport au rôles qu'elle aurait pu jouer dans la dernière élection présidentielle.
Une plateforme qui aurait pu pousser certains certaines idées notamment les idées de Donald Trump et aujourd'hui je pense que ça sert à rien de revenir sur les liens qui unissent Elon Musk et Donald Trump puisque ça a été rendu totalement public puisqu'il a été à la Maison Blanche pendant pendant quelques mois et donc cette plateforme est tout sauf neutre. ou du moins l'enquête pourra le le démontrer outil à l'appui et c'est en cela où effectivement il faut distinguer les spécificités de de chaque plateforme. Je pense que c'est important de le rappeler car on sait qu'en ce moment sur la campagne de de Saraknafo on a peut-être aussi vu que certains contenus est peut-être plus poussé que d'autres.
Encore une fois, tout cela est assez dur à prouver, mais néanmoins, on peut remarquer quelques faisceaux d'indice. Puisqu'on parle de plateforme, puisqu'on parle d'États-Unis, on va enchaîner avec vous, Mélanie Chenoire, puisqu'il y a une plateforme dont on a pas parlé pour l'instant, c'est Substacle qui est dédié au newsletter. Vous nous racontez Mélanie et quel rôle elle joue dans le débat politique du côté des États-Unis ?
Oui, alors elle est moins connue en France qu'aux États-Unis pour l'instant, mais Substacle avec ces quelques 50 millions d'utilisateurs dont 5 millions d'abonnés payant a été créé en réponse au biais des réseaux sociaux qu'on a pu évoquer. Alors le journal belge de Standart qui lui a consacré un long article d'analyse en juin dernier écrivait la chose suivante : Facebook est submergé d'images incongrues générées par Lia. Twitter sous le nom de X et sous l'effet d'Elon Musk s'est transformé en un dépôtoir d'intox et d'abomination d'extrême droite et qui a encore le temps de regarder d'interminables vidéos sur YouTube.
Alors face à cela, Amish McKenzie, l'un des trois cfondateurs de Substacle, considère lui, je cite, "Nous avons besoin de plateformes de qualité où s'expriment des personnes sérieuses et où puissent avoir lieu des débats et des discussions politiques contradictoires." Donc le principe de substacle créé en 2017, c'est au départ de proposer des newsletters gratuites ou payantes. Puis d'autres fonctionnalités ont été ajouté, par exemple la possibilité de publier aussi des contenus audio ou vidéo.
Alors, on comprend que le projet est centré sur la liberté d'expression, mais concrètement, quel genre de contenu on peut trouver sur Substacle ? Alors, justement, on y trouve de tout, vraiment de tout. Il y a par exemple deux grands noms de la littérature et de la culture comme la romancière canadienne Margarette Hatwood, d'autrice entre autres de la servante écarlate ou l'historien américain Timothy Sneider spécialiste de la choa qui publie leurs écrits et qui discutent avec leur public.
Mais ce qui est révélateur de la manière dont les nouvelles plateformes prennent le pas sur les médias traditionnels, c'est que Substacle sert de refuge à certains journalistes et présentateurs télé et vincer des grandes chaînes américaines en raison des coupes budgétaires de dérapage ou de désaccords éditoriaux. Le journaliste Jim Acosta par exemple a claqué la porte de CNN quelques jours après le début du deuxième mandat de Donald Trump en déclarant je cite qu'il ne voulait pas s'incliner devant un tyran et il a créé sur Substac son Jim Acosta Show. Alors comme l'écrit de Standart, Substac c'est le lieu idéal pour les guerres culturelles.
C'est une plateforme qui profite pleinement de la fragmentation du paysage politique et de l'érosion des médias traditionnels aux États-Unis. On y trouve à la fois des pros et des antiumpes qui défendent des positions diamétralement opposées. À droite, par exemple, Megan McCain, présentatrice américaine et fille du sénateur républicain John McCain à sa page Substacle.
Et c'est le cas aussi de la journaliste Berry Wise, ouvertement antiw et autoproclamé championne de la liberté de parole qui avait quitté le New York Times qu'elle considérait comme un journal illibéral avant de prendre la tête de la chaîne CBS. Alors, avec des personnalités comme celle-là, on imagine qu'il doit parfois y avoir des opinions très tranchées qui sont publiées sur Substac. Est-ce qu'il y a aussi des gardes fous, une forme de modération ?
Alors, c'est précisément le cœur du problème. En créant une plateforme de débat d'idée sans fixer de limite, les fondateurs de obstacle s'exposaient forcément à des dérapages. Dès 2023, le site d'information américain The Atlantic révélait qu'elle hébergeait des newsletters ouvertement nazi.
L'affaire a fait beaucoup de bruit. Certains intellectuels avaient alors annoncé quitter la plateforme Substacle. De son côté, Substacle est resté sur sa position en affirmant que seuls les auteurs et autrices étaient responsables de leurs propos, mais tout le monde n'est pas exactement de cet avis.
En mars 2025, le média économique américain Bloomberg s'interrogeit sérieusement là-dessus. Sans garde fou adapté, écrivait alors la journaliste Jessica Carl. Substacle risque de tomber dans le même piège que les podcasts.
Alors, aux États-Unis, les podcasts sont depuis plusieurs années un support investi par des influenceurs d'extrême droite qui jouent un rôle majeur dans la dans la polarisation pardon du débat politique comme c'était le cas de Charlie Kirk assassiné en septembre 2025 ou encore du podcaster complotiste Joe Rogan qui anime l'une des émissions les plus écoutées du pays et dans laquelle il n'hésite pas à inviter des personnalités révisionnistes. Substa plateforme à surveiller. D'autant plus que si elle a surtout cartonné aux États-Unis pendant ces neuf premières années d'existence, sa popularité commence à se propager de notre côté de l'Atlantique.
Comme l'a remarqué au mois de janvier le média public suisse RTS, elle gagne en notoriété dans l'espace francophone. Des journalistes suisses y publient certains de leurs écrits comme l'ancien rédacteur en chef du temps Jean Abiatessi, mais aussi des journalistes féministes françaises comme Victoire Tyon ou Lauren Bastide. Alors, tout n'est pas à jeter, loin de là.
Tout comme sur d'autres réseaux sociaux, on y trouve bien sûr des opinions et des analyses intéressantes. Il faut en revanche rester attentif à ce que le substacle francophone ne tombe pas dans les mêmes écueils que son cousin américain. Une chronique de Mélanie Chenois à retrouvé sur l'application Radio France et également sur le site de courrier international.
Merci beaucoup Mélanie. Peut-être une réaction sur cette chronique Usul qui est un expert de l'analyse des médias sur ce obstacle. Euh non non, c'est c'est intéressant le truc fragmentation et cetera et en effet on a envie de dire est-ce qu'il y a une charte ?
Oui, d'accord. Bon, tout le monde est responsable donc personne n'est responsable. Moi ce que j'aime bien et et c'est ce que permet passtacle euh parce que j'ai toujours aimé travailler avec des collectifs, travailler avec voilà, j'ai travaillé avec Media Part, travailler avec Blast.
Euh je trouve que le la presse a réinventé, je préfère qu'on imagine la réinventer plutôt à plusieurs, plutôt en collectif et je trouve ça mieux. Voilà. Samira c'est un c'est votre nom, le nom d'une personne mais c'est aussi un collectif derrière j'imagine comme beaucoup de créateurs de contenu.
Non non pas du tout. Voilà. Moi je suis je suis seul au monde.
Non il y a une équipe technique, vous faites pas tout quand même. Bien sûr, bien sûr, bien sûr. Mais non, c'est mon nom mais voilà c'est tout.
Parce que ce que disait Usul justement sur l'aventure collective où ça vous ça vous intéresserait pas de vous impliquer justement dans un collectif ? M'impliquer dans un collectif ? Non. faire partie d'un groupe que je choisirai.
Oui. Donc créer votre propre collectif quoi finalement. Exactement.
Non. Faire partie de faire partie d'un groupe de médias, un groupe un groupe de presse. Ah d'accord.
Intégrer un groupe de press d'être acheté en fait. Ouais bien sûr. Au bout d'un moment quand je pense que quand on a l'ambition de de devenir plus grand, de devenir plus gros, de faire mieux et d'avoir plus de moyens, faut savoir s'entourer.
D'accord. Vous avez quelque chose à nous nous annoncer peut-être ? Pas du tout.
D'accord. OK. Non parce qu'il y a beaucoup de groupes qui sont effectivement en ce moment peut-être juste un peu de fatigue qui fait que j'aimerais être soutenu aussi.
Voilà, un peu de fatigue et puis peut-être ne pas tomber dans les mêmes travers que les médias traditionnels puisque si euh ce que vous évoquez c'est presque un phénomène de concentration, il faudrait pas qu' est une concentration aussi des différents créateurs de contenu puisqu'on a bien compris que ce que vous apportez ici c'est du temps, c'est une liberté de propos et puis c'est aussi une différence hein pour proposer une offre qui sort de la standardisation. Enfin du moins, c'est comme ça qu'on peut percevoir les le paysage traditionnel pour certains. Je reprends ici les mots d'usul.
Je remercie à la réalisation de cette émission Sorge Lerois à la préparation Joséphine Renart à la captation vidéo Félix de la cour. Je remercie aussi le duplexe et les moyens techniques de ici nord. Je vous remercie vous trois pour votre participation.
Merci à vous et rendez-vous la semaine prochaine non pas chez Zira mais chez la fabrique de l'information. Merci. Yeah.
Jean-Luc Mélenchon