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Conférence de presseJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 12 avril 2023 110 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesTravail & emploiInstitutions & élections

Conférence avec David Harvey et Jean-Luc Mélenchon

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 67 %Attaque 23 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Quel rôle Paris a tenu dans votre parcours intellectuel militant politique et personnel ?

  • 40:00OuverteRéponse directe

    Pensez-vous toujours que la révolution sera urbaine ou ne sera pas ?

  • 1:20:00OuverteRéponse directe

    Comment organiser la société pour maximiser le temps libre pour tous ?

  • 2:00:00OuverteRéponse directe

    Quelle stratégie pour lutter contre la fragmentation des luttes urbaines ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Sommes-nous en train d'assister à une crise d'hégémonie du néolibéralisme ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Quel rôle pour une révolution citoyenne face au néolibéralisme ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 40:00David HarveyFait
    « il y avait une mécompréhension du potentiel et de la puissance des mouvements urbains par de nombreuses personnes à gauche »
  • 2:40:00David HarveyChiffre
    « le temps de possession moyen d'une action en incluant toutes les formes des champs c'est 22 secondes »
  • 2:30Jean-Luc MélenchonChiffre
    « le temps 0 est celui où l'accélération du cycle capitaliste serait parvenu à son maximum d'efficacité »
  • 4:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « le temps de possession moyen d'une action en incluant toutes les formes des champs c'est 22 secondes »
  • 12:00David HarveyFait
    « le néolibéralisme ne pourrait survivre que en devenant autocratique et violemment »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

bienvenue à toutes et tous qui est présent dans cette salle et merci à tous les militants qui l'ont installé un salut aussi à celles et ceux qui nous regardent sur les réseaux sociaux merci d'être là si nombreux pour cette rencontre avec David Harvey que l'Institut La Boétie à la fierté accueillir cette semaine pour une série de deux conférences à Paris la première une coupe transversale dans l'oeuvre de David Harvey s'est tenu samedi dernier et je sais grâce à tous les messages que nous avons reçu combien elle a pu vous intéresser celle de ce soir et toutes différentes exceptionnelle puisqu'il s'agit d'une conversation politique et scientifique entre David Harvey et Jean-Luc Mélenchon un mot sur l'Institut La Boétie que préside Jean-Luc Mélenchon et Clémence gaieté Clémence qui s'excuse n'avoir pu être des nôtres ce soir mais qui représente la France insoumise en ce moment même au meeting de soutien au soulèvement de la terre [applaudissements] un mot donc puisque je sais que c'est la première fois pour un certain nombre d'entre vous que vous vous retrouvez à l'un de nos événements nous avons lancé l'Institut cette année ou plutôt en décembre 2022 nous sommes donc tout neuf notre objectif est de fabriquer un lieu pour créer des liens entre les mondes intellectuels universitaires artistique et politique faire rayonner la pensée critique la diffuser la roraccessible au plus grand nombre construire un lieu de production et de diffusion intellectuelle de haut niveau utile à l'action et dont les travaux résonnent largement parce que la lutte politique a besoin de ce rapport avec la science la pensée la création et inversement parce qu'à gauche la pensée trouve son accomplissement dans l'action transformatrice je dois vous dire ma fierté d'être engagée dans un institut qui permet à David Harvey d'être parmi nous aujourd'hui je veux d'ailleurs remercier celles et ceux qui ont œuvré pour organiser cela manel Ménal et Antoine ça laisse parapluie d'abord cheville ouvrière de l'Institut [applaudissements] [applaudissements] les éditeurs Nicolas gskaz et Sébastien aussi dans le travail a permis de rendre accessible la pensée de David Harvey [applaudissements] Cécile jean-trac enfin que j'ai rencontré à une conférence de David Harvey voilà 13 ans maintenant et avec qui j'ai le plaisir de quoi animer aujourd'hui le département de géographie [applaudissements] celles et ceux qui suivent les activités de l'Institut doivent se rendre compte que les événements et publications s'enchaînent quasiment chaque jour le département de géographie prend sa part à ce travail collectif mené par 7 départements bientôt 8 et par tous les chercheurs qui participent en écrivant des notes en organisant des rencontres prochainement un colloque important sur les grands projets inutiles et bien sûr on convient des intellectuels comme David Harvey ou Andreas malme qui est venu fin mars et qui reviendra dès cet automne pour une autre conférence vous [grognement] l'avez compris le dialogue de ce soir entre David Harvey et Jean-Luc Mélenchon n'est pas un événement banal et je voudrais en autre nom en votre nom à toutes et tous dire notre gratitude à la vie Jean-Luc Mélenchon d'avoir accepté cette invitation je voudrais aussi et pour finir avoir une pensée pour notre ami camarade et traducteur de Paris capitale de la modernité le géographe Matthieu Giroud qui n'est plus à vous la parole [applaudissements] à vous la parole à toi Cécile je crois et bonne soirée à tous merci [applaudissements] merci Alan David Harvey a effectivement accepté la chair de département de géographie de l'Institut La Boétie et c'est à la fois une grande chance et un grand honneur car David Harvey vous l'avez sans doute lu et le géographe le plus cité au monde et l'un des penseurs de sciences sociales les plus influents il a contribué à produire à diffuser la géographie radicale marxiste qui se donne pour objectif de construire une compréhension une théorie de la géographie du capitalisme contemporain et de ses crises et plus globalement des mécanismes spatiaux de la domination c'est un géographe britannique mais il a commencé à lire Marx avec ses étudiants lorsqu'il enseignait à l'université de Baltimore aux États-Unis et il a ensuite fait sa carrière à l'Université de New York où il a formé de nombreux géographes c'est aussi l'un des plus grands spécialistes actuels de Marx et ses conférences sur le capital et les gondrices sont suivis sur Internet dans le monde entier car il a à cœur comme nous ce soir la diffusion la plus large possible de son œuvre et de celle de Marx samedi dernier nous offre j'ai [rires] oublié samedi dernier nous avons eu la chance de l'écouter parlé de son œuvre dans une conférence sur la géographie du capital il nous a raconté comment il est devenu géographe et comment à la fin des années 60 il a découvert Marx qui n'a pas cessé de nourrir sa réflexion il nous a expliqué que le capitalisme ne résout jamais ses contradictions et ses crises mais qu'il ne fait que les déplacer notamment en se fixant dans l'espace nous avons aussi évoqué avec lui les logiques prédatrices du capitalisme les mécanismes de dépossession des populations au profit des plus riches nous vous invitons à regarder cette conférence qui est disponible en ligne sur la page Youtube de l'Institut La Boétie David Harvey est un chercheur un théoricien mais c'est aussi quelqu'un qui sait toujours posé la question de l'action politique des luttes urbaines il s'est lui-même engagé dans certaines de ses luttes et continue à le faire ce qui est le propre de la géographie critique une géographie qui assume son engagement Jean-Luc Mélenchon compte parmi les rares hommes politiques actuelles qui accorde une place centrale à la réflexion politique pardon et aux idées candidat à l'élection présidentielle en 2017 et en 2022 pour la France insoumise il a réalisé des résultats historiques pour la gauche radicale en France et en Europe à l'occasion des dernières élections législatives il a également été à l'initiative de la nouvelle union populaire écologique et sociale devenue aujourd'hui la première force d'opposition au Parlement français mais il a aussi à son actif un long travail d'élaboration théorique au travers d'une vingtaine d'ouvrages publiés parmi lesquels on peut citer la conquête du chaos qu'il s'en aille tous de la vertu et surtout l'air du peuple où il propose un renouvellement doctrinal pour la gauche en développant notamment les concepts de peuple et de révolution citoyenne [raclement de gorge] David Harvey Jean-Luc Mélenchon donc eu le souhait commun d'engager un dialogue sur les outils politiques à construire face aux logiques du capitalisme et du néolibéralisme à quelle échelle à quel niveau pouvons-nous lutter contre la marchandisation du monde contre la dépossession des populations et donc organiser un tel dialogue exceptionnel à bien des égards entre l'un des universitaires critiques les plus réputées et reconnus au monde et un leader politique de premier plan pour notre camp entre précisément dans l'objectif que nous nous sommes fixés au sein de l'Institut La Boétie créer des ponts des allers-retours entre la pensée critique et l'action politique on en avait un peu perdu l'habitude et je dois dire que ce soir je crois qu'on est en plein dedans donc c'est une très bonne perspective qui s'annonce alors nous n'oublierons pas non plus de remercier Cécile le Bourdon et Mora Paulin qui sont derrière vous et qui assure la lourde tâche de la traduction simultanée donc merci à elle [applaudissements] et du fait même de ce dispositif de traduction assez exceptionnel et du temps qui nous est imparti nous ne pourrons malheureusement pas prendre de questions du public mais croyez-moi toute l'équipe de enfin en tout cas Nicolas et moi nous avons beaucoup travaillé pour essayer de trouver des questions qui à mon avis seront aussi les vôtres voilà donc nous allons commencer sans transition sur cette première question Nicolas oui avec une première question sur Paris David en 1977 1976 et 1977 vous avez passé une année à Paris dans le but de vous familiariser avec le marxisme français et c'était l'époque où vous écriviez ce qui est devenu votre grand ouvrage théorique les limites du capital qui paraît quelques années plus tard en 1982 et Paris devient alors un objet d'étude en soi pour vous et pour longtemps puisque votre livre paris capitale de la modernité paraît en 2002 est-ce que vous pourriez nous dire quel rôle Paris a tenu dans votre parcours intellectuel militant politique et peut-être personnel en effet je suis venu ici à Paris je suis connu dans au milieu des années 70 parce que à l'époque il y avait un groupe de sociologie à une interprétation en marxiste de la de la ville et il m'a semblé à l'époque que comme je commençais à être fasciné par cette idée ce serait une bonne occasion pour moi donc je suis venue ici à Paris et j'ai passé beaucoup de temps à apprendre autant que possible et je suis très reconnaissante de cette expérience mais ce qui m'a fasciné aussi c'est que j'ai commencé à détester le sacré-cœur et je me suis dit que il y avait quelque chose qui clochait et je n'ai pas compris jusqu'à ce que je trouve son rôle par rapport à la Commune de Paris et en quelque sorte en quelque sorte ce que j'ai fait c'est de tout d'un coup commencer à travailler sur un projet c'était j'ai commencé à lire à étudier les œuvres de Marx qui parlait de la Commune de Paris et de ce qui s'était passé avant et j'ai commencé à m'intéresser à au changement de format politique le consumérisme et le héros avec avec la ville et donc j'ai commencé à étudier Paris et c'était formidable et je venais ici l'été je parlais à personne j'allais à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris et voilà comment je passais mes étés sauf que j'avais besoin d'un lieu pour habiter donc pendant cette époque j'ai commencé à connaître certaines personnes et comme vous le savez les Français aiment partir en vacances pendant l'été donc je me suis retrouvée avec les clés de 4 appartements à Paris et des instructions sur comment nourrir les chats et arroser les plans de cannabis donc voilà comment j'ai passé mes étés à Paris c'était assez délicieux comme comme mode de vie et il se trouve que la crise qu'a connue Paris en 1868 1968 était lié au financement de la ville et c'était pareil que à la ville de New York en 1973 qui a amené à la banqueroute de la ville et donc je me suis dit que c'était une manière de de comprendre ses caractéristiques essentielles dans les villes et la Commune de Paris était bien sûr un événement formidable avec des aspects positifs négatifs ce qui a été passé après a été tout à fait horrible et j'ai été fasciné par cette histoire et c'est devenu quelque chose de très important pour moi et comme disait Nicolas à l'époque je j'écrivais ce livre sur la théorie de Marx et je voulais en fait rédiger un livre qui mettrait qui ferait l'union entre l'histoire et la théorie c'est quelque chose qui encore que j'aime imaginer encore aujourd'hui que ce soit possible à la fin c'était impossible donc j'ai fini par écrire un livre théorique sur les limites de capital capital et l'autre sur Paris capitaine de la modernité mais ma lecture de Marx a été affectée [raclement de gorge] par ses études urbaines il y a eu beaucoup de textes sur Marx à l'époque dans les années 70 mais personne écrivait sur le sujet de la finance mais il fallait gérer les questions de finance quand on gérait les la ville on parlait pas de d'utilisation des terres on parlait pas de des changements de l'organisation spatiale de la ville donc il a fallu intégrer toutes ces choses dans la théorie et ce que je pense que le livre la limite du capital était intéressée parce que ça a étudié les questions principes principales de Marx mais regardez aussi les questions sur le capital et bien sûr que encore aujourd'hui ce qui se passe avec les loyers est essentiel et on revient à une espèce de théorique qui ressemble à aux principes de ce que Marx écrivait et c'est cette expérience à Paris c'est vraiment ce qui m'a lancé dans cette réflexion et donc je suis très heureux de revenir à Paris c'est la première fois depuis longtemps en fait ça fait je suis venu que trois fois depuis 20 ans donc je suis très heureux d'être là et Paris spécialement attirant aujourd'hui parce qu'il y a une alliance de la gauche mon Dieu formidable et je suis venu comment pour apprendre comment faire comment créer cette alliance et si je peux contribuer à au travail de l'Institut je serai ravie de pouvoir le faire donc voilà voilà pour Paris mon histoire de à Paris je suis venu à Paris j'étais le banlieue je suis d'un peu partout je suis venu à Paris pour pouvoir être enfin incognito c'est complètement raté et maintenant je fais partie des nombreux cobayes des expériences de Madame Hidalgo et ça m'a permis de découvrir un nouveau thème de combat dans la lutte anticapitalistes cher David le droit aussi Lens nous sommes une ville horriblement bruyante et même des sourds comme moi arrivent à ne plus le supporter alors voilà bon sinon j'ai été pas mal amoureux à Paris mais la ville maintenant pour en parler sérieusement mais je la regarde avec une fascination toujours un TAC d'abord j'étais passionné de la ville romaine parce que il y a une escroquerie dans l'histoire César raconte la bataille qu'il a mené dans le coin c'est pas vrai il est jamais venu c'est son lieutenant qui est venu la Vénus et il s'est trompé il a pris Nanterre puisqu'il pouvait pas savoir pour Paris les Gaulois Parisis étaient à Nanterre n'ont jamais été ici et sur les îles c'était en enclos à cheval il mettait leurs chevaux là voilà et alors est-ce qu'il y avait des gens ici pourquoi je pose la question parce que David a fait un livre sur paris capitale de la modernité et il fait la démonstration absolument formidable de ce que ce que veut dire la production capitaliste d'une ville là le baron Haussmann démoli l'ancienne ville et il y construit ce que vous savez avec un but essentiellement capitaliste et avant le livre d'Arvey on en avait aucune conscience donc on n'avait pas la démonstration de ce que c'est que la production capitaliste de l'espace des fois une idée qui ensuite paraît simple devient véritablement détonatrice parce que par contre agent elle atteint plein de compartiments de la pensée et donc moi je me suis intéressé à la première modernité de Paris alors d'abord j'ai pris des précautions de savoir si l'enduit pas déjà parlé non la première pour le premier moment où Paris est capital de la modernité c'est quand tu arrives deux types un arpenteur et un administrateur romain et ils viennent avec un outil qui s'appelle la gromma qui est un bâton avec un rond dessus et des plombs et s'est installé entre le 172 et le 174 rue Saint-Jacques qui est le point de départ du cardo maximus de Paris et le décumanus Maximus il est rue des Écoles donc il y a deux axes dans Paris et la ville moderne c'est-à-dire la ville romaine est partie de cet endroit vous pouvez y aller David aller voir ça il y a un marchand de pinards là au 174 on perd pas son temps bon il y a rien à voir mais enfin c'est toujours intéressant de savoir qu'on est sur le point le plus haut de Paris et cette ville parce que c'est une ville on retrouve d'ailleurs le module de base qui fait 150 pieds Romains c'est-à-dire 88 mètres et qu'on retrouve sur tout le sol ce qui a une signification immédiate c'est que soit il y avait personne et donc ils ont pu suivre leur plan et produire la ville soit il y avait du monde mais ils en avaient rien à faire et ils les ont foutu dehors ça devait être des cabanes qui avaient la et ça donne la ville et alors la ville de Paris est intrinsèquement fondamentalement une ville révolutionnaire parce que le premier boulevard qui a eu c'est le boulevard Saint-Michel et sur ce boulevard Saint Michel aux alentours des années 400 et des choses vous avez eu la première manifestation de l'antiquité chez nous la garnison romaine était composé de de militaires Gaulois à qui on avait dit qu'il fallait qu'ils partent en Orient alors faire légionnaire oui aller en Orient non donc ils ont fait une manif et ils ont descendu le boulevard Saint-Michel pour la première fois je vous raconte pas la suite sinon on est là demain mais la ville je viens à ce qui m'intéresse moi le sujet de la production suis généreuse par la ville d'un type de rapport politique cette ce boulevard descend sur l'île de la cité où se trouve la cité administrative des Romains et donc c'est un c'est un axe politique et la ville de Paris parce que c'est une ville va générer des formes particulières de lutte politique et de révolution alors on va faire bref la première que je vais pointer je viens de le faire c'est la manif je ne peux plus passer boulevard Saint-Michel sans y penser et ensuite vous arrivez et vous allez tomber sur l'hôtel de ville d'abord on a passé l'île de la Cité d'accord on arrive sur l'hôtel de ville là vous avez la statue d'Étienne Marcel 1358 première révolution citoyenne de l'histoire de France pourquoi révolution citoyenne parce que c'est pas simplement une jacquerie ou des hordes de paysans sorte de de la campagne les malheureux n'ayant jamais laissé aucun récit puisqu'ils ne savent pas lire et écrire et que ceux qui racontent leur révolution générale ne les aiment pas beaucoup vous savez que la Jacquie par exemple elle a duré moins que la Commune de Paris la grande Jacquerie et on a réprimé pendant un an et demi on continue à pendre des paysans partout dans le pays la révolution citoyenne d'Etienne Marcel c'est en cas de figure tellement inouïe que il peut encore aujourd'hui être étudié sous la forme d'une révolution moderne pourquoi parce qu'on y trouve le phénomène de transcroissance de la revendication fiscale à la revendication politique et à la revendication sociale les villes à l'époque sont des lieux de enrupture avec le système féodal et un monde nouveau est en train d'émerger bref Etienne Marcel et puis après évidemment la grande révolution 1789 elle est menée dans cette conjonction qui est très spéciale à la France par les luttes populaires et le salariat le seul salariat qui est à Paris c'est celui qui est dans le quartier Saint-Antoine et notamment il y a l'imprimerie de papier peint qui s'appelle réveillon les ouvriers de réveillon ont été réprimés au mois de février on en a tué 60 et c'est eux qui le 14 juillet vont prendre la Bastille la vérité que la Révolution a commencé sur les barrières de Paris le 12 et 13 juillet mais là aussi il y a des barrières il y a donc le dedans de la ville et l'extérieur à chaque étape je suis allé plus vite mais le symbole de la royauté la Bastille et c'est pas vrai que c'est un endroit où il y avait personne parce qu'il y avait au moins un canon qui a tué 100 personnes mais donc c'est un symbole politique la ville a généré la confrontation avec le symbole de la monarchie qu'est la Bastille et les lettres de cacher et ensuite le processus d'accélération de la Révolution et ce sont des ouvriers qui montent les premiers au point que Jean Jaurès dit et ben bourgeois parce que pour lui la Révolution française une révolution bourgeoise et il dit en bon marxiste bien orthodoxe évidemment [grognement] les plus complexes que ça la révolution midi mais bourgeois même pour faire vos révolutions faut que sur les ouvriers qui s'en occupe bon là mais c'est le quartier Saint-Antoine qui descend mais sur les sur 50 barrières de Paris c'est à dire des postes de douane il y en a presque 40 qui sont détruits dans la nuit du 12 au 13 juillet 1789 donc l'événement politique mais il dès ce déduit de la forme ville et dans la Commune de Paris David vient de dire ce qui avait en pensée on connaît la formule de marque c'est dit c'est la forme enfin trouvé de la dictature du prolétariat ça prouve qu'il est poli l'appel car lui voté la Commune de Paris mais la Commune de Paris va mettre à l'ordre du jour la barricade dans Paris et c'est les premières photos qui existent en France sont une photo de barricades la barricade s'est repéré depuis l'an 1300 et des choses la barricade c'est coupé en réseau ça n'absence que par rapport à la ville la barricade nous avons donc là je parlais de ma passion maintenant c'est fini le lien très étroit entre la forme d'organisation de la société sous la forme ville et les process révolutionnaires et politiques dans leur forme manifestation révolution barricades contre-pouvoir tout ça résulte de la ville rien de ça n'est possible en dehors de la ville les révolutions paysannes n'ont jamais abouti à un quelconque point comparable à ce qui a pu se passer avec les révolutions urbaines c'est pourquoi Paris le symptôme de tout ça évidemment après vous avez pari libéré le reste vous connaissez mais ce que je voudrais souligner à cet instant c'est que dans mon esprit il était évident qu'il y avait non seulement un mécanique de production de la ville en te lisant David on a pu pour la première fois bien comprendre à quel point c'était un processus lié à la formation capitaliste avant on avait pas ça beaucoup pensaient que la ville était une sorte de bon c'est comme ça quoi il y a des gens ils viennent tous au même endroit ils font une ville non jamais la ville n'a été simplement un gros village les premières villes qu'on trouve qu'on similant avant notre ère elles sont en Ukraine il y a déjà un plan quadrillé donc entre la forme ville le moment social auquel il correspond et la forme politique des révolutions urbaines il y a une continuité c'est en tout il y a une unité du temps et de l'espace merci bah merci pour ce rappel historique mais justement en fait on en vient au monde actuel parce que on est actuellement dans une phase de rupture liée à la ville c'est à dire que l'urbanisation son expansion et la concentration dans les plus grandes villes c'est-à-dire ce qu'on appelle la métropolisation sont des phénomènes finalement assez récents et qui s'accélère massivement sur ces dernières décennies donc de ce fait ça modifie entièrement l'organisation des sociétés et sa modifie aussi l'organisation politique et à ce titre David Harvey vous avez vous avez écrit que il y avait une mécompréhension du potentiel et de la puissance des mouvements urbains par de nombreuses personnes à gauche c'est à dire les personnes qui sont en partie réunies ici c'est [rires] à dire que ces mouvements urbains sont souvent situés et mis en dehors de la lutte des classes et du potentiel révolutionnaire et pour vous vous dites que la révolution urbaine la révolution sera urbaine ou ne sera pas donc je voulais vous demander David si vous pensez toujours que la révolution sera urbaine ou ne sera pas oui bien entendu il faut une transformation radicale de toutes les facettes de la vie urbaine une conjonction je sais que les deux premiers de craie de la commune était un expansion de la question du travail dans les boulangeries et l'autre portait sur le paiement des loyers qui était une question pour les voisins question voisinage et pour moi depuis le début ce que nous montre Paris c'est qu'on ne peut pas juste s'asseoir et se dire bon les ouvriers vont s'en occuper ils vont réaliser les changements nécessaires non c'est les gens doivent réaliser ces changements et à moins de décider de révolutionner la vie quotidienne de la ville on ne peut pas révolutionner l'existant au cours des 30 40 dernières années qu'elle est la période néolibérale on a vu des mobilisations d'individus dans un contexte de compétition et ça rend la question urbaine complexe la lutte contre la gentrification de certains quartiers la désorganisation de la vie quotidienne dans les quartiers nous sommes dans une situation aujourd'hui où les gens sont très mobiles ou le travail devient précaire et il est donc très difficile de rassembler des gens autour d'enjeux urbains qui puisse les fédérer et qui puissent être au bénéfice de tous pour moi il est essentiel de réfléchir à cadre théorique qui permette de comprendre comment fonctionne les processus urbains car il faut comprendre ces processus sans quoi il est impossible de les contrer or il s'agit d'investissement dans le bâtiment de l'environnement battu et c'est bien ce que souhaite faire le capital mon impression actuellement c'est que l'urbanisation est devenue les zones urbaines sont devenues littéralement des des déchets des zones où on dépose des charges à New York par exemple on fait actuellement face à une crise de logement décent il y a au moins 60 000 personnes qui ne peuvent pas se loger 60 000 60000 personnes qui cherchent un logement des centres de manière déjà temporaire avec en parallèle une expansion très impressionnante du de la construction mais pour fabriquer des immeubles de luxe c'est très important si vous allez à New York en pleine nuit c'est incroyable de voir le nombre de bâtiments qui n'ont pas de lumière et on se dit mais tous ces bâtiments et il y a 60 000 personnes qui n'ont pas de logement à côté c'est ça qui est absolument fou donc quand je travaillais sur la question du logement mes premiers questionnements théoriques étaient de se dire en fait si on attend que tout le monde est un logement décent par le biais du marché on va se retrouver avec une moitié de la population n'étant pas le genre logique correctement et un nombre de SDF absolument incroyable et tout le monde m'a dit oh mais c'est terrible ça c'est à qui est-ce la faute ah mais c'est la faute de e là c'est la faute de ceux qui ne se sont pas éduqués correctement ils n'ont pas trouvé des bons emplois et on blâme les victimes et tout le monde a accepté ces arguments et bien non ce ne sont pas les victimes qui sont à blâmer mais sur ceux qui ont mis en place ce système et c'est dû au lobby de la promotion immobilière ils ont des intérêts propres ils ne construisent que pour faire de l'argent il ne construisent pas pour que les gens habitent dans les locaux et si je regarde ce qui se passe à New York et je vois des choses assez similaires ce présenté à Paris je constate que 60% de ce qui se développent dans les villes sont fait part des promoteurs qui veulent en tirer un profit personnel et il reste 40% pour que les gens essayent de vivre dignement au milieu de ces démonstrations de pouvoir impressionnant qui sont liés à des entreprises extrêmement puissantes comme Blackstone Black Rock d'ailleurs vous avez fait un très bon travail avec Black Rock et quand on regarde cela on se rend compte que Haussmann était un pionnier à cet égard il avait besoin d'institutions financières spécifiques pour créer des immobilières des fonds il a inventé une nouvelle structure pour le capital pour pouvoir construire la ville et en parallèle il a créé une urbanisation qui crée de la compétition urbaine et moi j'ai un rêve et si on mettait en place non pas une compétition urbaine mais un monde de coopération interurbaine qui s'attaquerait au changement climatique aussi inégalités à certains des enjeux sociaux de notre époque pour moi ce qui est très important et la manière dont j'ai essayé de travailler sur la théorie marxiste c'est qu'il faut un cadre théorique que l'on pourrait apporter dans les quartiers pour parler avec les gens et leur expliquer est-ce que vous comprenez à quel point il est important d'être anti capitaliste est-ce que vous comprenez que vous n'arriverez jamais à régler vos problèmes à moins qu'il y ait un mouvement anticapitaliste à même de redéfinir la ville les règles de son urbanisation à grande échelle c'est ça qui me fait réfléchir je pense qu'il faut une initiative politique qui parle de coopération interurbaine de développement et pas seulement sur concentré sur les aspects urbains parce qu'il y a un autre souci qui est faire revivre relancer l'activité en zone en zone rurale parce qu'aujourd'hui on peut très souvent travailler dans les zones rurales puisqu'on peut travailler sur Internet et donc pour redynamiser les zones rurales il faut créer des fondations qui fonctionnent d'abord dans les zones urbaines et qui ensuite s'associent avec les dynamiques rurales et pour moi je le répète quand on regarde la politique étrange qui prévoit aujourd'hui elle est politique dans les zones rurales qui sont extrêmement à droite il faut vraiment je pense retravailler sur une coopération avec les zones urbaines ce qui a fait Haussmann c'est qu'il était pionnier dans la reconstruction de la ville dans des termes capitalistes avec des institutions capitalistes la commune a essayé de s'ériger contre cela ça n'a pas fonctionné mais on est aujourd'hui dans la même situation bien longtemps après ou il faut de nouveau eu se révolter contre le pouvoir des institutions des structures telles que Black Rock Black Stone tout en redéfinissant les règles de la politique parce que à New York il y a eu des promoteurs et ce sont eux qui ont le pouvoir sur la ville ils ont ce qu'on appelle ce que je définissais le ce que j'appelais le droit à la ville quand je parlais de ce que c'était le droit à la ville ils ont dit bah c'est super ça et c'est nous qui l'avons et nous allons en faire notre usage pour pouvoir obtenir les gains que nous souhaitons donc la question du droit à la ville c'est avoir qui à ce droit et il faut le y penser en termes de lutte de classe parce que clairement les représentants politiques et rend toujours du côté des prometteurs nous des promoteurs nous devons nous élever contre cette réalité être connecté merci beaucoup [applaudissements] je [grognement] voulais vous demander aussi Jean-Luc Mélenchon si cette révolution urbaine à laquelle nous assistons redéfini pour vous le l'acteur révolutionnaire autrement dit est-ce qu'on assiste à l'émergence d'un peuple à la faveur des mouvements sociaux je pense par exemple au mouvement culpaille ou au mouvement d'accès aux transports au Brésil ou encore ou manifestations qui avaient eu lieu au Liban contre la corruption et donc je voulais vous demander si ces mouvements étaient le signe de l'émergence d'un peuple et si dans ce dans ce cas là l'objectif était le droit à la ville où finalement il y avait autre chose derrière ces mouvements d'abord que les révolutions contemporaines ne pourront être que des révolutions urbaines pour une raison fort simple c'est que espace non urbanisé il y en a plus je veux dire que la l'écrasante majorité de la population en France par exemple c'est 80% de la population qui vit en ville et les autres vivent à ce qu'on appelle la campagne mais autrefois il y avait la campagne et la ville où était la ville là où s'arrêtait la campagne maintenant où est la campagne là où s'arrête la ville la ville a couvert toute la surface du territoire il y a en ce moment une réorganisation partielle comme l'a dit David à l'instant par ceux qui étant dans le monde rural travaille pour la ville par télétravail mais la réalité de masse c'est 80% de la population vit en ville dans les normes de la ville alors là arrive la question qui fait de nous des harvistes ou pas et est-ce que nous considérons la ville comme une sorte de décor en arrière-plan en soit ou bien est-ce que nous pensons que c'est une structure politiquement inclusive dans le prochain bouquin que j'ai dit très on parle de la valeur inclusive des situations et des objets c'est à dire que une situation a une valeur inclusive dans un monde particulier la ville inclut dans un type de rapport particulier rapport de voisinage rapport de transport voire rapport de consommation mais par dessus tout quand 80% de la population habite en ville la population ne peut produire et reproduire son existence matérielle pour utiliser les termes marxistes que en accédant au réseau collectif eau électricité etc etc qu'est-ce qui n'est pas un réseau c'est une autre question mais là je reste aux aspects les plus sommaires et cette relation au réseau est une relation de lutte de classe car selon que le réseau est public ou privé le rapport n'est pas le même et la relation au réseau est directement constitutive de l'accumulation du capital c'est pas seulement les bâtiments qui comptent c'est que dès que vous allumez la lumière dès que vous mettez en route le gaz ou ce que vous voulez vous êtes dans un rapport qui va produire de la plus-value car il ne suffit pas de produire il faut encore vendre l'une des forces qui me paraît la plus indicative du travail de David Harvey c'est quand il nous rappelle que le capital le capitalisme n'est pas une chose c'est un processus et si on retire du processus le moment où l'on vend donc le moment où l'on consomme bien on parle du capitalisme d'une manière métaphysique pas d'une manière matérialiste le capitalisme s'entend dans cette rotation dans le but est qu'elle aille de plus en plus vite tout ça beaucoup d'entre vous le savent donc nous sommes bien dans la relation au réseau à une relation de reproduction de l'existence matérielle mais à la différence d'un rapport d'exploitation de classe directe dans une entreprise vous travaillez gratuitement pendant un certain nombre d'heures pour le capital la relation alors dans l'entreprise vous avez la médiation du syndicat de la lutte la possibilité d'aller séquestrer le patron ou faire toutes les choses que vous fait quand on est syndicalise dans une entreprise quand vous êtes dans votre rapport au réseau il n'y a aucune intermédiation entre moi et mon besoin j'ai soif la relation est binaire ouvert ou fermé vous avez un contrat ou pas vous avez payé ou bien on vous a coupé l'eau entre le robinet et moi il y a pas d'intermédiation s'il y a pas de robinet je mourrai de soif pour prendre un exemple un peu résumé ça veut dire que le contenu des luttes urbaines est souvent un contenu terriblement radical ce qui explique pourquoi les révolutions citoyennes auxquelles nous avons assisté en sont toutes dans les villes de partout de l'accumulation d'une lutte de type écologique en général en lien avec la question de l'eau ou la question des transports et trois elles instituent le peuple c'est-à-dire qu'une population ou un peuplement j'ai une dispute avec les géographes sur le mot se constitue politiquement en entrant dans les revendications urbaines par conséquent dans la conception de la théorie de la révolution citoyenne la ville est centrale aussi centrale que l'entreprise capitaliste les dans l'analyse traditionnelle et donc elle fait c'est la ville qui fait émerger le peuple politique qui passe par une première phase instituante c'est nous le peuple nous sommes gilets jaunes etc etc et dans une deuxième phase qui est la phase destituante on vire les pouvoirs comment ça se fait que vous êtes encore là comment ça se fait que vous avez réussi à nous installer un réseau d'eau il y a pas d'eau ou un réseau d'électricité qui marche pas etc etc souvent les luttes urbaines intègrent une dimension anticorruption qui est universelle ce que je viens de vous décrire c'est vérifier dans absolument toutes les révolutions citoyennes des 30 dernières années que ce soit en Tunisie que ce soit en Égypte que ce soit au Chili que ce soit au Soudan que ce soit même en Irak dans le cercle vert qui se trouve en face de la zone où ce sont retranchés les États-Unis d'Amérique ça prend toujours ses formes là j'achève en disant que le mécanisme traditionnel du capitalisme pourquoi je parlais tout à l'heure du robinet Marx a longuement décrit ce qu'est l'aliénation dans le travail mais l'aliénation en ville elle est au moins aussi violente pourquoi parce que si je ne peux pas avoir d'eau à mon robinet de quoi suis-je dépossédé de moi-même pas de la culture de celui qui veut voir aboutir son objet comme c'est là la tradition marxiste d'analyse ces deux moi-même de mes besoins de et les besoins me constituent comme personne donc ça montre l'enracinement du process de révolution citoyenne et à chaque fois le process inverse c'est-à-dire celui du capitalisme va consister à créer de la rareté et à déposer dans l'exploitation capitaliste dans l'entreprise on dépossède de l'objet et du fruit de son travail notamment quand on fait travailler gratuitement dans la ville on décède deux soi-même et le mécanisme de dépossession en quoi consiste-t-il retirer le pouvoir les métropoles les mégapoles n'ont rien à voir avec le système qui existait auparavant de libre association des communes dans les syndicats intercommunaux raison pour laquelle politiquement nous sommes comme une liste c'est à dire que nous croyons qu'à l'échelle de la commune un pouvoir est organisable et à l'échelle du quartier la loi prévoit d'ailleurs que les comités de quartier devraient exister partout dès qu'il y avait 20000 habitants ce qui a rarement le cas mais nous autres insoumis on ferait bien d'y penser assez souvent et pas de se réveiller au dernier moment quand il y a des municipales pour organiser les comités de quartier avant parce que c'est la structure de base de la lutte les luttes urbaines comme la très bien dit David ce qui était qui est important dans l'oeuvre de David c'est que il légitime quelque chose dont vous n'avez pas idée des disputes auxquelles ça a donné lieu car je me rappelle pour ma part avoir écrit un texte en 1989 qui s'appelait l'associal démocratie urbaine oublier social-démocratie ça n'avait rien à voir avec la politique sociale démocrate savait avoir avec la constitution des parties socialistes qui résultaient tous de l'existence de syndicats dans les entreprises les traits d'union ont créé le parti le libourre parti et ensuite dans toute l'Europe soit le syndicat créé le parti soit le parti créé le syndicat et c'est de cette manière que la classe ouvrière est devenue acteur de l'histoire nous pensions je pensais que les acteurs urbains étaient en état de créer une forme comparable d'organisation à travers les luttes de locataires et moi-même comme élu local j'ai organisé des associations de locataires ou des associations comme moyen de structurer la vie en commun et surtout de produire de la vie en commun car ce n'est pas parce qu'on est dans un réseau qu'on est proche je veux dire que souvent vous ne connaissez pas votre voisin de palier mais par contre vous connaissez 500g qui vous envoie la photo de leur gâteau d'anniversaire et de la naissance de leur gosse sur Facebook que vous ne verrez jamais il faut dans la ville commencer par produire de la communauté humaine de la socialisation qui se réalisent à travers l'activité politique notamment et pas seulement mais dans les villes nouvelles j'ai été témoin à la fois Évry ou à Massy Maville du fait que le parti et l'organisation politique était producteur de lien sociaux producteur d'identité sociale voilà ce que j'ai à dire sur ces révolutions en étant aussi bref que je peux l'être le peuple se constitue comme acteur politique dans la ville et par la ville il devient un acteur politique à ce prix la vieille je la demande mentionne comme ça querelle à propos des espaces urbains et périphériques à peu de sens car même ceux qui vivent dans les espaces périphériques vivent sur les normes et les intentions qui sont celles du peuple proprement urbains 80% des gens qui vivent à la campagne ne sont pas paysans ne chassent pas n’élève pas d'animaux et ne font pas d'agriculture ce sont des urbains comme on dit ils sont donc entièrement pris dans les revendications d'accès aux réseaux et c'est d'ailleurs pourquoi le mouvement gilet jaune c'est d'abord un mouvement qui n'est de l'impossibilité de se déplacer et donc d'assumer la répartition nouvelle du territoire dans le capitalisme et le lieu d'assemblée citoyenne est important là c'est le rond-point c'est le rond-point qui devient le lieu où l'on délibère et ont décidé les actions et ainsi de suite donc à la barricade d'hier correspond le rond-point d'aujourd'hui et la projection sur le sol des réseaux Facebook et compagnie qui se retrouvent comme moyen d'organisation des réseaux humains qui viennent de la ville voilà comment pour ma part je souscris à la formule d'après laquelle ou bien les révolutions sont urbaines ou bien il y en a pas pour la simple raison qui peut pas y en avoir d'autres merci vous vous m'offrez une transition parfaite puisque notre prochaine question concerne les réseaux et les infrastructures et et d'après la théorie de David Harvey les infrastructures sont en effet central en fait dans la circulation la dynamique et la résolution des crises du capital ou leur déplacements c'est à dire que concrètement et je cite les infrastructures physiques de transport et de communication fixées dans l'espace et immobile les ports les aéroports les systèmes de transport sont nécessaires afin de faciliter le mouvement dans l'espace d'autres formes de capital et de travail il y a donc en fait une dialectique ou une contradiction entre fixité et mouvement en fait qui est au cœur en fait de la théorie de dévid et je voudrais David si vous demandez de revenir en fait sur ce paradoxe apparent et est une question de mouvement il faut que ça se déplace rapidement et le capital général allemand se déplace de plus en plus rapidement avec des résultats intéressants pour notre vie quotidienne une de ses conséquences se trouve dans le Gone dresseur de Max quand il parle de la compréhension de la richesse et il dit que les capitalistes définissent la richesse en termes de bien plus ils ont d'argent plus ils se sentent riches mais il y a une autre mesure de la richesse c'est le temps libre et ce qui t'intéressant c'est que la première forme de richesse chasse cette deuxième forme de richesse le capital consomme la la le temps libre quand on demande aux gens s'ils ont plus de temps libre aujourd'hui qu'il y a 15 ans la réponse est toujours non mais pourtant la technologie liée à la vie en la vie urbaine est censée nous faire gagner du temps et pourtant vous avez moins de temps alors que vous avez la technologie qui est censé vous permettre de gagner du temps voilà une des dimensions qu'il me semble devrait être au centre de notre réflexion comment organiser la société de manière à maximiser le temps libre pour tout le monde pas seulement pour les milliardaires qui qui se qui restent à son bureau et qui qui appuie sur les boutons pendant 10 minutes le matin pour ce ramener à un des millions de dollars pour ensuite aller passer son après-midi sur son yacht voilà une partie importante du problème le Capitole doit accélérer afin de de se trouver un marché pour lui-même le capital est un système expansionniste et Marx dit clairement qu'il s'agit de l'accumulation pour le pour l'accumulation la production pour la production et quand on définit cela différemment cela veut dire que la croissance doit être exponentielle il faut que ça monte ça monte que ça monte et la valeur totale des biens et services en 1950 était à peu près 9000 milliards de dollars aujourd'hui c'est 90 milliards mille milliards de dollars et dans 50 ans ce sera 900 mille milliards de dollars et il faut trouver le moyen de d'utiliser ce capital de façon profitable faut en tirer un profit et Marx a souligné le fait que le temps perdu dans la circulation sur le marché est un problème pour le capital et alors que de plus en plus de capital cherche à marcher ce qui ne doit faire c'est s'assurer que le temps passé en circulation est aussi proche possible que 0 c'est intéressant alors quelles sont les formes de consommation qui sont instantanées expérience est un une donc le capital commence à vendre des expériences plutôt que vendre des choses a écrit sur la société du spectacle en 1967 je crois le spectacle les Jeux Olympiques la Coupe Mondiale tout est tout devient spectacle et la vie urbaine devient de plus en plus une question de de spectacle instantané et là et la consommation des spectacles on voit l'émergence de nouvelles types de d'économie comme l'économie de Netflix et là il s'agit encore une fois de vendre une expérience maintenant on a des bateaux de croisière qui sont des métaphores de la vie capitoline capitaliste ou deux trois mille personnes sont au service de deux ou trois mille personnes qui sont assis sur un énorme morceau de capital fixe qui se balade pendant une dizaine de jours puis qui fait sortir les gens et encore il y a d'autres personnes qui arrivent et on pose la question est-ce que c'est comme ça que vous voulez passer votre temps libre sur un bateau de croisière pour certains oui mais pour la majorité des gens tout va de plus en plus vite et bien sûr à la Bourse les échanges monétaires les nouvelles technologies font que tout va de plus en plus vite et maintenant on arrive à une période de haut l'intelligence artificielle et déployée et ce qu'on envoie c'est que c'est qu'on a vu dans la production dans partir des années 1970 alors que de plus en plus de de production a été automatisé irobotisée et nous avons vu un phénomène de désindustrialisation la fermeture de d'usine parce que ces usines ne pouvaient pas survivre et c'est fermetures dans la production et la perte de ces emplois de production à affaibli le pouvoir des syndicats ça affaiblit beaucoup de possibilités politiques et les pertes d'emploi sont devenus un moyen de contrôle social on licencie on les met au chômage et l'armée de réserviste industrielle croix et nous allons voir la même chose aujourd'hui avec l'industrie des services avec la venue de l'intelligence artificielle et on va il va falloir se poser la question à savoir comment développer un style de vie urbain qui pourra soit contrôler l'intelligence artificielle soit s'assurer que cet article intelligence artificielle est utilisée de manière à être bénéfique aux gens et il y a une histoire intéressante à propos de la vie urbaine quand on a vu l'arrivée des ordinateurs et l'internet qui a été une invention militaire à l'origine quand l'Internet a commencé à être disponible à tout le monde beaucoup à gauche ont vu ça comme un moment d'utopie et que d'une manière ou une autre on a les pouvoir se libérer on allait pouvoir communiquer tous ensemble on allait pouvoir développer des rapports sociaux et quand on travaillait dans ce champ cette ce domaine dans les années 90 on était optimiste je ne sais que pas combien d'entre vous sont optimistes encore aujourd'hui moi je suis très pessimiste l'expérience c'est montrer et voilà une des règles de jeu l'expérience est montré à montrer que quand il y a une bonne idée même à la gauche le capital va voler cette idée et le transformer en quelque chose de négatif pour le peuple mais positif pour le capital regardez comment Internet est structuré aujourd'hui qui tire les profits de l'Internet qu'est-ce que ça a fait à notre vie quotidienne je vois c'est incroyable aujourd'hui là là je vois un groupe de personnes et personnes et vous n'êtes pas en train de pianoter votre téléphone incroyable sur le métro à New York tout le monde est à la penché sur son téléphone à bidouiller avec leur pouce personne plus personne ne se parle parce que voilà le mode de vie qui a été créé par le capital et on doit apprendre à avoir un rapport avec ce mode de vie alors il y a encore des manières positives d'utiliser cette technologie et je crois qu'il y aura la même chose avec l'intelligence artificielle mais tout ces mouvements toutes ces changements ont besoin de d'infrastructures on pense que l'Internet nous tombe dessus du ciel mais en fait non il y a une infrastructure derrière l'Internet il y a ces formes d'accumulation qui qui ont lieu et qui dépendent du développement des infrastructures on veut une société du spectacle et bien il faut construire des stades des centres de conférences des centres culturels il faut il [raclement de gorge] faut beaucoup d'argent pour qui pour [grognement] construire des battles croisières et les biens fixes le capital fixe est énorme et ce qui est intéressant c'est que ce capital sont une forme de capital qui ne bouge pas voilà la contradiction le capital peu créer une forme de consommation instantanée alors que le capital fixe perdure on peut conserver les aéroports on construit des ports on construit des systèmes ferroviaires et ça dure dans le temps et il y a quelque chose d'intéressant qui a été défini par Marx quand il a dit il faut des il nous faut des infrastructures et il faut que quelqu'un trouve la manière de financer et de construire ces infrastructures mais quasiment à chaque fois les premiers investisseurs font faillite parce qu'ils ne peuvent pas attendre le retour sur investissement et le résultat et c'est ce qui c'est ce qu'on a vu avec le métro londonien dans les années 1900 les premiers investisseurs ont tout perdu les deuxièmes investisseurs sont arrivés et ils ont acheté des tunnels qui étaient déjà construits pour presque rien et ils en ont fait une entreprise très profitable c'est quelque chose que j'ai remarqué dans ma lecture de marque quand il a parlé de la construction des infrastructures fixes il a dit qu'il fallait des sur des surplus de capital et de la et de travail et ensuite cela rend possible la création d'une plus grande productivité de travail et ce travail sera tellement important qu'on va trouver on va créer un surplus de capital et de travail ce qui crée ensuite plus de de surplus de travail et de capital et ça devient un cycle qui monte en spirale et Marx a dit que quand cela va trop vite il faut ensuite créer le moyen de créer du capital fixe qui n'améliore plus la productivité du travail autrement dit on construit ce qu'on appelle aux États-Unis les ponts vers nulle part des formes inutiles de construction et je vous demande de regarder autour de vous dans la ville et essayer d'identifier les investissements inutiles qui ont lieu et ces épaississements sont là un peu simplement pour satisfaire le capital et non pas pour répondre aux besoins du peuple donc il y a une forme d'organisation qui absorbe le surplus mais qui crée en même temps une forme de capital fixe qui perdure et les faillites n'ont pas d'importance parce que tous ceux qui ont construit ce système ces infrastructures on crée du profit que ce soit les promoteurs les entreprises de bâtiments etc ils sentir très bien même si il s'agit d'un projet qui n'a aucun sens alors quel est un problème un projet sans aucun sens et ben on appelle ça un symbole culturel un nouveau musée un beau musée comme un bimbao on fait travailler des architectes stars ont construit des grands stades à la pointe de la technologie et puis on se demande qu'est-ce que ça a contribué à la qualité de la vie quotidienne dans nos quartiers et ben c'est qualité de vie quotidienne dépendent effectivement de des infrastructures on a parlé de la mobilité dans la ville c'est très important combien de fois depuis 15 ans y a-t-il eu des mouvements massifs contre la mobilité dans les villes au Brésil par exemple ils ont augmenté le prix des transports et dans toutes les villes brésiliennes il y a eu un mouvement qui a soulèvement contre cette hausse de prix et quand si on prenait à une carte une carte de mouvante qui qui montre les les mouvements de protestation sociale des manifestations on verrait que le monde est rempli de mouvements de mécontentement mais quelque part ces mouvements ne se rejoignent pas et ne se réunissent pas et il ne serait nuisent pas parce qu'en partie parce que le capital est très malin dans sa manière de de proposer des échanges aux populations capital est aussi très malin quand il s'agit de séparer de fragmenter le public et quand possible faire en sorte que les fragments néfragments s'opposent et si cette opposition peut être basée sur une des questions ethnie de religion de de couleur de peau tant mieux autrement dit le capital gère le monde de façon à se garantir qu'on que nous ne puissions pas nous réunir comme ça même si on a un peu de temps libre ce qui n'est généralement pas le cas même si on a un peu de temps libre généralement on ne réfléchit pas à la manière dont on pourrait créer des alliances politiques une sorte de vivre ensemble qui qui serait nécessaire pour restructurer l'urbanisation et pour faire en sorte que ces infrastructures de capital fixe deviennent utiles pour le peuple pour les gens plutôt que d'être utile uniquement pour l'accumulation du capital construit sur un mode de vie un mode de vie défini par le capital c'est vrai qu'on parle de la ligne dans la ville l'alignation des structures de vie quotidienne à cause des structures qui nous sont imposées et la bataille contre l'urbanisation doit être centrale à tout mouvement politique qui cherche une nouvelle forme d'urbanisation parce que l'urbanisation qu'on a aujourd'hui est très différent de l'urbanisation qui existait dans les dans les années 60 par exemple alors si on arrive à le changer ah oui c'est parce que dans les années 70 c'était une urbanisation fordiste alors si on peut passer de l'urbanisation fordiste à une urbanisation néolibérale pourquoi n'a pas passé à une urbanisation socialiste c'est possible la litochnalyse la technologie existent mais on sait que c'est technologies ne sont utilisées que de façon pro capitaliste et non pas par pas de façon handicapitaliste et c'est là que la lutte commence entre le public le peuple et le capital et une fois qu'on a défini cette ligne de bataille comme comme elle ces positions qu'on doit prendre et bien il me semble qu'il y a des tas de possibilités qui s'ouvrent honnêtement vous avez peut-être être horrifié de l'entendre mais les quelques fois où j'ai été en Chine j'ai retrouvé des formes d'urbanisation qui était extrêmement original très très intéressant on avait le fruit de vraiment une création et des choses que j'aimerais bien voir importer aux États-Unis et peut-être même importer ici à Paris c'est ce que Macron aurait dû rapporter de la Chine plutôt que plutôt que de une capitale on aurait aussi proposé bon mais [rires] du coup je ne le voyais pas mais en fait Jean-Luc Mélenchon prend beaucoup de notes et donc je me demandais si vous aviez du coup une réaction à cette description de l'espace-temps capitaliste et de l'utilisation des réseaux qui a décrite David la stratégie stratégie de lutte contre la fragmentation des luttes et surtout le mépris caractère urbain des luttes par les secteurs de la gauche traditionnelle et leur incapacité d'ailleurs bien mutuelle avec les syndicats pour en faire autant et ça vous donne le résultat que vous avez vu récemment jusqu'à la crise la possibilité de faire converger dans un même cadre l'action politique et l'action syndicale au nom de prétexte fumeux tout ça s'appelle le sujet ce soir mais la question est posée la mets de côté sur la forme de ce que serait une nouvelle forme d'urbanisation ce serait une forme qui d'abord donnerait du pouvoir aux citoyens donc ça procède aussi de la réforme des institutions et de l'organisation administrative du territoire si l'on ne veut pas rester dans des considérations d'autant plus comment dire métaphysique que nous sommes les créatures d'un ordre du monde et comme ça mérite qu'on y réfléchisse si nous entrons dans la nouvelle époque avec les réflexes de l'ancienne période c'est-à-dire l'individualisation à outrance des rapports sociaux et des relations interpersonnelles il y a peu de chances qu'on arrive à avoir une vision de la démocratie qui soit réellement inclusive on appellera ça plutôt du zapping de comment dire de la consommation mais pas de la production de faits sociaux nouveaux collectif dès lors il y a la nécessité dans l'action de transformation et dans l'action révolutionnaire d'avoir une méthode ou une ligne d'horizon à mon avis la nouvelle urbanisation et la nouvelle organisation des pouvoirs politiques doit partir de la gestion des biens communs d'intérêt général humain l'air l'eau le silence la beauté le savoir librement partagé etc si donc on doit se diriger vers une nouvelle forme de construction de la ville nous nous dirigerions à mon avis vers une urbanisation de type écologique j'ai pratiqué j'ai de la chance et le privilège de l'âge l'urbanisation dite socialisante à l'époque ou socialiste c'était lorsque les classes moyennes étaient ascendantes qu'elles achetaient leur logement et qu'on mélangeait les logements achetés avec des logements loués dans mon canton il y avait une copropriété un programme de relogement des immigrés la tour qui était possédée par la poste la copropriété à nouveau etc etc et ce mélange faisait ville dans les conditions ou premièrement le chômage était à un niveau beaucoup plus bas et deuxièmement les classes moyennes projetées sur l'espace leurs ambitions leurs rêves leur manière de voir la vie et encourager les autres catégories sociales à penser que ce serait leur futur autrement dit vous habitiez la HLM et vous regardez à côté et vous voyez votre futur le bel appartement dans la copropriété et nous faisions des circuits ronds c'est la Villeneuve à Grenoble qui a ensuite donné toutes sortes de quartiers du même type où on mettait les gens en rond il y avait un espace vide au milieu avec un parc avec des arbres avec du gazon des fleurs etc tout ça très bien marché aussi longtemps que les classes moyennes ont été ascendantes et aussi longtemps que le chômage n'a pas dévasté les populations qui habitaient dans les HLM on ne peut donc jamais dissocier la manière avec laquelle on gère l'urbanisation des conditions sociales dans lesquelles ça se fait et si nous devions aller vers une nouvelle forme d'organisation administrative des territoires sur la base de l'écologie par exemple cela nous conduirait à réformer le système des 13 régions actuelles qui ne ressemblent à rien qui n'ont aucun sens sinon l'idée de créer des territoires assez amples pour pouvoir les mettre en compétition les uns avec les autres Harvey décrit très bien tout ça en montrant comment le capitalisme crée des différences et produit les cadres pour qu'ils aient ces différents nous réorganiserions tout ça en faisant des échos région dans le point d'ancrage serait les bassins versants pour la gestion du bien commun le plus précieux que l'eau à mon tour je voudrais introduire dans les thèmes qui a posé David à l'instant la question centrale de la place du temps avec l'espace et comment le temps va modifier l'espace dans la physique contemporaine le temps et l'espace sont deux catégories liés le temps est une propriété de l'univers matériel et non pas un arrière-plan il m'apparaît je l'expliquerai donc et vous me direz bientôt que le temps social est une production de l'univers social et que quand on modifie le temps social on modifie l'espace social quand on modifie l'espace social on modifie le temps à l'instant David viendra rappeler l'importance pour le capitalisme du temps 0 le temps 0 est celui où l'accélération du cycle capitaliste serait parvenu à son maximum d'efficacité c'est à dire que a devient un marchandiste puis devient a prime capital c'est-à-dire que marchandise égale argent également marchandises ensuite et tout ça tournant de plus en plus vite est-ce que ce temps peut exister le temps 0 oui il existe c'est le trans le temps de la transaction en trading la durée de possession d'une action si on ne compte pas le trading est tombé à 11 mois pour la France elle était de 2 ou 3 ans il y a de cela à peine 20 ans et quand on a en introduit le temps du trading nous tombons sur la moyenne de 22 secondes le temps de possession moyen d'une action en incluant toutes les formes des champs c'est 22 secondes autrement dit nous ne sommes plus loin du temps 0 quand le temps est modifié le temps de la production le temps dominant qui est celui du capital il modifie tous les autres temps et jusqu'au temps artistique et culturel un plan de cinéma ne dure plus que quelques secondes il était de quelques minutes autrefois il y a un rapport direct entre l'accélération du cycle de la production capitaliste et de la rotation du capital et toutes les autres formes qui dépendent de ce cycle central c'est comment Marx voit ça et David le site a plusieurs reprises Marc dit que le capital va vaincre l'espace par le temps alors c'est une formule qui est assez énigmatique en réalité que se passe-t-il il y a la thèse que je pose qu'il y a un espace-temps capitaliste un espace-temps c'est une idée bizarre vous connaissez tous le temps astronomique il y a eu des sociétés de l'espace-temps astronomique pharaon allait se faire lever l'étoile de Sirius qui grâce à sa magie déclenchait la crue et la crue modifier les surfaces à cultiver donc les impôts apercevoir il y avait donc une homogénéité complète de l'espace-temps politique religieux financier etc etc etc le capitalisme a créé un temps spécifique un espace-temps spécifique qui s'est détachée jusque de l'espace-temps astronomique dans la circulation du capital il n'y a ni jour ni nuit il n'y a pas de saison ni aucun des aspects qui sont liés au temps astronomiques il n'existe plus qu'une chose le temps du capital et le temps d'une manière générale le temps du capital n'est qu'un rythme et c'est par le rythme la concordance des rythmes que s'établit l'harmonie dans la société qu'on constate des concordances de temps et des discordances de temps toutes les concordances de temps acquises par le capital se paye par des discordances de temps pour les citoyens exemple le cas que tu donnes souvent du flux tendu si vous faites de la production à flux tendu le résultat est qu'il y a des camions sur les routes à certaines heures partout au point que tous les autres tensions sont ralentis ce sont les temps de transport et vous aurez pour les familles une dislocation du temps social puisque tout le monde ne travaille plus aux horaires et aux mêmes horaires et que c'est le carnet de commandes qui commande et ça vous donne le rêve du capital on travaille tous les jours toutes les nuits tous les samedis tous les dimanches sans arrêt et la sensation du capital est accompagne la rotation des personnes qui sont là la demeure familiale se transforme en un hôtel restaurant avec des gens qui passent et la cité tout entière vit avec des distances variables la distance je donne toujours l'exemple de ma ville dans celle dans laquelle j'ai été élu longtemps la distance de Paris à Massy est de 20 km à vol d'oiseau aucun d'entre nous n'est un oiseau c'est la raison pour laquelle la distance de Massy à Paris fluctue entre 25 minutes à 4h du matin et 1h30 en pleine journée voire deux heures à certains horaires quand il y a beaucoup de camions sur l'autoroute A6 sur les deux branches celle qui conduit à Rungis et celles l'autoroute A6 B ou a c'est réalité de l'espace-temps sont tout appuyés comme le montre David sur des infrastructures et c'est par le réseau des infrastructures que le capitalisme modifie l'espace-temps tout le monde a à l'esprit l'exemple d'une carte qu'on appelle en français anamorphose si vous regardez la carte de France examinée du point de vue du TGV vous verrez que ça ressemble pas du tout à ce que vous croyez vous savez tout ce que c'est une carte complètement difforme ou Marseille est à 3h de Paris tandis que certaines communes qui sont beaucoup plus proche sont à 3 heures 4 heures 5 heures alors qu'elles sont en distance kilométrique plus proche la modification de l'espace-temps et ce qui a permis au capital d'organiser la mondialisation c'est à dire de jouer sur des écarts de capacité de transfert des coûts de production sur l'environnement ou sur la société mais comment les capitalistes font-ils pour réaliser à l'échelle du monde de la planète ce qu'il réalisait à l'intérieur d'une entreprise ils le font parce qu'ils ont pris la maîtrise du temps ça n'a rien à voir avec la vitesse un grand armateur m'expliquait que peu importe la vitesse de leur bateau le temps 0 est atteint par une entreprise fournie par des bateaux à quelles conditions à condition que le rythme correspondent c'est-à-dire qu'ils est une concordance des temps c'est la régularité des livraisons qui fait que quand le stock est vide et bien le bateau est là et la cargaison est arrivé et on peut fournir les machines on est donc sur un temps zéro alors que si on est sur un espace de 1000 2000 km et parfois plus voilà ce qui l'espace-temps capitaliste et comment moi je l'ai déduit de ce que j'ai lu dans dans ton œuvre et de ce que j'ai lu aussi dans ce que vous faites vous parce qu'il faut pas les oublier selon si ils font des choses j'ai presque fini la oui bah j'ai carrément fini je crois le [raclement de gorge] système de la concordance des temps et certainement l'idée la plus importante qui apparaît dans le travail que je suis en train de faire avec quelques camarades pour montrer que la discordance des temps est la cause de la destruction de l'écosystème pourquoi parce que si vous mettez 10 secondes à produire un million de canettes et que les 10 secondes qui vous a fallu pour faire ça je prends n'importe quel chiffre c'est pas les bons hein mais que ensuite il faut trois siècles pour que les canettes finissent par se dissoudre si vous produisez un sac en plastique toutes les secondes ou un paquet de sacs en plastique et qui font ensuite 400 ans et bien vous voyez que c'est la discordance des temps on pourrait avoir une gestion je ne le souhaite pas mais qui rende compatible certaines productions avec la capacité de récupération de l'écosystème c'est ce que nous avons appelé la règle verte qui au départ est une formule générale qui dit on ne prend pas plus à la nature que ce qu'elle est capable de reconstituer heureusement personne n'est venu me demander dans quel délai parce que au moment où on a écrit la règle verte on en avait aucune idée mais on est capable de dire que par exemple aujourd'hui on peut vous dire si vous continuez à acheter tous les ans les tonnes de plastique que vous jetez dans la mer nous sommes certains qu'en 2050 il sera il y aura plus de plastique dans l'eau de l'océan mondial que de poisson ce sera le cas pour la mer Méditerranée la mer Méditerranée mais 100 ans à se renouveler au rythme auquel on la pollue il est clair qu'à un moment donné ça devient un égout c'est donc la discordance des temps qui va nous donner la clé c'est une bonne nouvelle je vais vous dire pourquoi parce que ça on peut le contrôler ça on peut le mesurer ça on peut le planifier on peut planifier d'abord le rythme auquel on produit dans des conditions supportables par l'écosystème et ensuite cette interdit de produire parce que sinon on détruit l'écosystème vous voyez tous les problèmes que ça va soulever mais du moins tenons-nous apporter de main la question essentielle matérielle qui est celle du rythme voilà ce que je vais essayer de développer que je considère comme plutôt dans la continuité de ton travail à toi et j'espère que tu apprécieras merci [applaudissements] on est extrêmement en retard on va abandonner des questions et en plus on avait prévu le plus petit nombre de questions possibles à poser à ces messieurs et parce qu'on se disait ils vont développer ils auront le temps et tout ça mais bon on va essayer de faire encore de leur poser encore deux questions la prochaine concerne le néolibéralisme daved vous avez été un historien du néolibéralisme et pour vous l'une de ces principales caractéristiques réside dans ce que vous appelez la restauration d'un pouvoir de classe sous l'égide qui s'est effectué sous l'égide de l'État un état qui se montre comme on le sait bien plus soucieux de la liberté des grandes entreprises que des droits et du bien-être des personnes on en a encore aujourd'hui une bonne illustration avec l'actuel des réformes des retraites qui parvient à combiner l'absurdité économique l'injustice sociale et la répression féroce quant à vous Jean-Luc Mélenchon vous êtes depuis ces dernières décennies l'un des principaux adversaires du politique pardon du néolibéralisme et le programme de la France insoumise marque une rupture claire me semble-t-il avec cette orientation politique donc la question que je vous adresse à tous les deux c'est sommes-nous en train d'assister à une crise d'hégémonie du néolibéralisme et est-ce que cela pourrait annoncer une rupture historique alors cela dépend vraiment de la définition de néolibéralisme la plupart des universitaires aujourd'hui interprète le mot comme un ensemble d'idées nouvelles qui existent depuis un certain temps mais qui sont devenus et génomis au milieu d'une crise dans les années 70 et donc il y a la base idéologique des institutions des grandes attitudes institutions que ce soit la trésorerie américaine ou les banques internationales le Fond Monétaire International qui sont passés de des 15e à des des points de vue de production et de et de et pour moi je suis contre cette interprétation je pense que la le changement l'arrivée du néolibéralisme est arrivé dans les années 70 mais qu'il s'agissait d'un projet de classe la classe capitaliste à cette époque n'allait pas très bien dans les années 70 il perdait beaucoup de pouvoir l'opinion populaire publique était anti-entreprise et même le Congrès démocrate a passé des lois protégeant les droits des consommateurs ils ont créé l'agence la protection de l'environnement il y a eu tout un ensemble de législation qui ont été créés qui étaient anti-entreprise anticrosses entreprises il y a eu un mouvement anti grosses entreprises puissant dans le monde et particulièrement aux États-Unis et il y a eu des soulèvements de 1968 qui avait contribué à ce mouvement et étant donné la situation la classe capitaliste a décidé d'essayer de recréer sa dominance et si possible crée un projet de classe qui pourrait même renforcer son potentiel et ils ont fait cela particulièrement aux États-Unis en créant des tin tank créé par des grosses entreprises et des grosses banques et ils sont étudiés même le moindre détail par exemple les frères rokofeller qui était très puissant dans la ville de New York et l'université où je travaille actuellement l'Université de New York était gratuit et les frères Rockefeller n'aimaient pas le fait d'être taxé pour soutenir une université gratuite et donc ils ont lancé une campagne pour s'assurer que que l'université deviendrait à une [raclement de gorge] institution payante il y a eu une grande lutte dans les années 70 et les étudiants et l'université ont perdu et l'université est devenu une université payante donc il y a ce type de d'événements qui ont qui ont reflété dans le microcosme ce qui cette transformation dans le macrocosme toutes ces tin tank avec le capital [raclement de gorge] d'Air et le soutien des capitales on commençait à convaincre le monde que des choses pouvaient et devaient être différentes donc il s'agissait d'un projet de classe ou le monde du de l'entreprise et le monde du capital se sont réunis pour décider comment avancer mais ils avaient besoin d'une couverture idéologique donc ils ont ils ont choisi de d'appeler cela l'économie de l'offre contre l'économie de Kens et ensuite ils ont créé ils ont parlé de régime qui divisé des politiques d'austérité sur la base de de production de d'offres mais qui travaille aussi sur le processus de ce qu'on pourrait appeler le risque moral parce qu'on en gros ce qu'on avait c'est une dérégulation du capital et une libéralisation de la finance qui passait d'un contrôle de capital à un marché ouvert mondial et le dernier a essayé de d'utiliser les contrôles de capital avec des conséquences désastreuses c'était bien sûr Mitterrand au début de ces son premier mandat alors que l'éthique néolibéral a été imposée sur l'alliance à l'époque donc pour moi voilà ça c'est l'histoire de de libéralisme à mon point de vue initialement cela a réussi à rassembler une certaine un certain accord parce que clairement il y avait eu un blocage à la fin des années 60 et il fallait bien que quelque chose change je pense que les gens voulaient bien accepter jusqu'à certains points que le changement la transformation vert à une marché ouvert ou frais les possibilités de d'entrepreneuriat et des droits d'individuels etc et le capital des entreprises a proposé en échange une liberté dans champ culturel en échange d'une justice sociale et en effet c'est ce qui s'est passé les inégalités ont grossi de façon dramatique un peu partout et en arrivant dans les années 90 le néolibéralisme se trouvait en mauvais état parce que les crises continuaient à avoir lieu et il y a eu une sorte d'accord qui ont été trouvés une sorte de reconnaissance à la fin des années 80 suivant laquelle on pourrait opérer de manière d'abord d'une part d'un côté on pourrait réguler le dimanchement de dimension spéculative et financier mais les réglementations strictes voudraient dire stabiliser l'économie mais avec un taux de croissance très bas ou de l'autre côté il y avait la possibilité de la dérégulation des régulations la privatisation de tout et dans les cercles économiques on comprenait que cela voudrait dire qu'il y aurait une croissance plus importante avec des crises financières de temps en temps des crises financières qui viendrait du risque moral et il y a eu il y a une sorte à corps ou les banquiers pourraient faire de la spéculation il pourrait prendre des risques avec sous-entendu le fait que il serait sauvé par les gouvernements ça s'est passé en 1987 dans les années 90 et de nouveau en 2008 c'est à dire que le néolibarisme a toujours été une question de risque moral et de d'austérité pour la population mais les partenariats publics privés basés sur du capital important était structuré de manière à ce que les le public prenait le risque et le prix privé prenait les profits et le consentement public a commencé à diminuer au fur et à mesure des années 90 et arrivé en 2001 le mécontentement et les mouvements anti FMI le menti le mouvement altermondialiste a été croissant et c'était à ce point-là qu'il me semblait à l'époque quasiment évident que les néolibérales libéraux allaient rentrer en alliance avec les néo conservateurs pour trouver un néoconservatisme autocratique j'ai écrit sur ce sujet en disant que le néolibéralisme ne pourrait survivre que en devenant autocratique et violemment qu'il fallait qu'il s'impose avec violence et c'est à peu près ce qui a eu lieu et donc quand on me demande si le projet néolibéral et révolue je dirais que non cela continue mais il a perdu son son légitimité sa légitimité publique on ne l'entend plus comme quelque chose de bénéfique pour la population on comprend bien aujourd'hui que ce système apporte des privilèges aux milliardaire ou 10% ou 1% de les plus riches et qui il s'agit de augmenter l'inégalité les inégalités et étant donné ce manque de légitimité le seul manière de de contrôle d'effectuer un contrôle social c'est par une répression violente la fin du communisme avec la chute du Mur voulait dire que on pouvait plus parler de Marx dans les années 90 en se moque de vous on m'a dit que le marxisme était mort on me l'a dit on me la dise plusieurs fois et moi j'ai dit j'ai répondu que j'allais très bien que j'étais bien vivant et que j'allais continuer à faire mon travail mais que je me sentais un peu seul j'avais six personnes dans mes cours et ils étaient ils suivaient mon cours parce qu'ils avaient uniquement parce qu'ils avaient besoin d'être quelques UV supplémentaires et tout ce qui passait n'importe quoi entre Aristote ou Marx pourrait répondre à leurs besoins de duvet Marx le marxisme a disparu en France je pense a disparu un peu partout mais en même temps il s'agissait d'une période très intéressante parce que en fait parce qu'il se passait des choses intéressantes dans les usines dans les usines du monde dans les années 90 pouvaient être inséré toute directement sur le chapitre du travail de la journée du travail dans le livre de lac de Marx et c'était exactement pareil c'est à dire que on avait fait revenir le capital à au même état de l'industrialisme de Manchester qui est critiqué dans le livre Capital de Marx donc le marxisme n'était pas si pertinent vis-à-vis des politiques des années 70 mais devenu complètement pertinent mais complètement ignoré dans les années 90 et puis ensuite il y a eu les crises en Asie du Sud-Est et les crises qui sont exposés en 2017 2008 où tous les économistes se sont retrouvés à ne pas comprendre ce qui se passait il y avait ce moment délicieux ou la reine d'Angleterre près le thé avec les économistes de l'Académie britannique et la vieille dame lui a demandé mais pourquoi vous n'avez comment ça se fait que vous n'avez pas vu venir cette chose et il ne savait pas répondre et donc ils sont rentrés chez eux ils ont rédigé un rapport qui ont qui lui a ouvert envoyé 6 mois plus tard et ils ont dit en gros nous avons travaillé pour essayer de comprendre les fonctionnements de l'économie mais d'une manière mystérieuse ils ont raté le risque systémique et elle a dit vous avez gratté quoi est-ce que vous prendriez un avion ou personne n'a pensé à au risque systémique et ben non bien sûr que non et donc ce qu'ils ont essayé de faire c'est de de de chercher des excuses depuis [applaudissements] bon moi je fais bien les arguments deviennent développer David je rajoute un ou deux observations que je me fais [grognement] d'abord sur la misère de la prétendue science économique parce que se présenter comme une science quand on échappe aux principales critères de la science qui est la prédisibilité bon la mérite d'être dit ça mérite surtout d'être dit pour les plus jeunes d'entre vous qui font des études de sciences économiques et qui croit la à l'économétrie et que tout se met en chiffre et en plan et ainsi de suite et qui n'ont pas dans leur cours une seconde de sociologie pas une minute d'ethnologie pour ne pas pour ne rien dire du reste des arts et des sciences donc nous vivons sous la houlette de Jean qui sont munis de divers catéchisme et de textes dans lesquels se trouvent des mantras qui ont une efficacité extrêmement limitée comme les investissements d'aujourd'hui sont les emplois de demain et les profits d'après-demain toutes sortes de choses de cette nature qui n'ont jamais lieu et la main visible du marché va mettre en équilibre ça ne se produit jamais et d'ailleurs ça ne peut pas se produire parce que le système capitaliste tout entier est un système qui repose sur le déséquilibre et dans le les livres de David Harvey on voit comment le système se nourrit des crises alors ça a suscité dans les années 30 des polémiques assez furieuses pour savoir si ça ça voulait dire qu'il y avait un point moyen d'équilibre et au-delà de ce point bah il y avait le déséquilibre puis après on reconstruisait donc ça voulait dire que le capitalisme était là pour toujours bah oui aussi longtemps qu'on le supportera car le capitalisme n'est pas un rapport économique pur ça n'a pas de sens un rapport économique pur le capitalisme est un rapport social qui permet à certains de voler du temps de travail gratuit aux autres par conséquent tant que ceux qui se laissent voler du temps de travail gratuit se laisse voler il se revoler le système est la limite à l'exploitation capitaliste on connaît vous connaissez la réponse quelle est la limite la résistance à l'exploitation capitaliste il y en a pas d'autres il y en a pas d'autres parce qu'ils peuvent vous réduire à l'état d'esclave si vous acceptez les chaînes et toute la mécanique capitaliste ne peut pas être autre chose qu'un système culturel qui vous convaincre c'est pour votre bien et ce mécanisme là il est décrit d'une certaine manière charmante dans une période très dure par Étienne de la Boétie qui vous accueille aujourd'hui dans le livre qui s'appelle la servitude volontaire où il explique comment l'habitude fait que alors quand ce livre est paru a été réexaminé dans les années 70 j'ai dû faire partie de ceux qui étaient horrifiés comment qu'est-ce qu'on nous dit que notre servitude est volontaire pas du tout la servitude et la responsabilité exclusive du tyran c'est absolument faux la servitude est d'abord le résultat de l'acceptation de la servitude voilà alors ce sont des paroles amères à entendre mais maintenant si on regarde le capitalisme lui-même et sa légitimité la force du capitalisme c'est que c'est un système qui va se nourrir de ses propres turpitudes peut-être n'avez-vous déjà entendu raconté cette histoire que quelqu'un m'avait expliqué quand les glaçons remonteront à la surface de l'océan ça sera terrible à ça voudrait dire que la quantité de flotte pèse dans des telles conditions que la couche de glace qui a au fond de la flotte les océans remontera la surface et là c'est très dangereux parce que c'est gorgé de méthane et un jour je vois une petite insertion dans un journal qui dit ah bah il y a un gars qui dit c'est formidable il flotte des glaçons de méthane on va pouvoir exploiter le méthane quand chinois tous les ans ils en vendent un peu ils ont rachètent un peu ce qu'il faut pour que ça s'écroule pas mais en faisant en sorte qu'au fur et à mesure la masse de dollars qu'il possède disparaissent de leur coffre rien du tout le quantité qu'il y en a pour un moment mais c'est pour dire que l'enjeu numéro 1 est l'enjeu veut dire qu'il peut surgir en plus et là méga crise et deuxième méga crise la crise écologique personne ne sait en quoi consiste une crise climatique personne ne le sait on sait que c'est l'incertitude c'est à dire qu'on ne peut plus prévoir mais ce dont on est sûr c'est qu'elle va avoir lieu et qu'elle a déjà commencé et qu'elle est irréversible par exemple par la crise de l'eau donc à tout moment surgit une crise de l'eau la crise de l'eau c'est absolument con ça ridiculise absolument tous les pouvoirs tout d'un coup du jour au lendemain vous êtes obligé de venir avec des bouteilles d'eau ou de venir avec des camions qui transportent de l'eau dans des zones où il y en a toujours eu mais tout d'un coup il y a la pluie ces deux cris s'ajoutent à toutes celles qui peuvent venir de la crise cyclique du capitalisme etc etc je m'étends pas d'avis à décris ça mille fois mieux que je le ferai alors c'est la raison qui me conduit pour ma part a adopter et à croire que le seul programme politique qui tient la route c'est celui qui accepte la radicalité du défi si vous continuez à faire comme avant et compris en jouant la musique sociale démocrate nous allons compenser les inégalités qui existent en développant par la croissance et en répartissant l'inégalité à bord et ben allez-y vous savez tous très bien que c'est impossible cette croissance ne peut pas avoir lieu sans fin et si vous touchez pas au stock du capital accumulé arrêtez de croire que vous êtes en train de refuser vous faites la bonté de laisser au capital un stock de billets vous lui laissez un rapport social et ce rapport social c'est lui qui lui permet d'acheter les journaux la télé les journalistes les hommes politiques et les femmes politiques pour en faire leur marionnettes pour aller répéter matin midi et soir que leur système est un dépassable la révolution citoyenne est donc une révolution qui oppose la volonté de contrôle par les citoyens à la volonté de contrôle par le capital c'est une bataille pour le contrôle je termine elle a il faut le mentionner qu'est-ce qu'une révolution c'est pas une barricade avec des gens à moitié à poil comme sur le tableau de la croix qui se battent avec la moitié nue non c'est un le changement de la hiérarchie des normes c'est à dire mettre au sommet au lieu de la concurrence libre et non faussée la solidarité 2 la modification du régime de la propriété en nationalisant tous les biens communs en commençant par le temps et enfin c'est une modification de l'ordre politique c'est-à-dire une nouvelle constitution voilà pourquoi à mon avis face au néolibéralisme à part les bavardages il y a qu'une chose sérieuse qui tient la mer c'est la révolution citoyenne [applaudissements] beaucoup alors nous avions une dernière question sur l'état mais je crois que nous n'aurons pas le temps parce que nous devons laisser la salle à 21h15 donc très prochainement ce qui va nous permettre en fait de conclure simplement peut-être je voudrais laisser un mot de conclusion à David Harvey si vous voulez dire quelque chose sur ce que sur cette idée de révolution citoyenne ou sur le rôle de de cette planification on vous laisse quelques mots de conclusion David ça ne va pas être facile en quelques mots car il y aurait tant de choses à dire une des choses que je peux dire très certainement c'est que une grande partie des choses que l'on a dans mon appareil aujourd'hui ne peut se faire que par le biais d'une alliance politique d'une forme ou d'une autre centrée sur les classes travailleuses elles-mêmes dans un monde où les personnes qui travaillent et les personnes dans leur ensemble puissent créer un fonctionnement politique qui les servent c'est quelque chose de compliqué du fait de la précarité et de l'aspect éphémère de la vie sociale mais c'est possible cette envisageable il y a beaucoup de choses qui sont possibles si l'on se donne la peine de les construire de mettre en place des forces d'alliance ce que je crains c'est qu'on ne le fasse pas et si on ne le fait pas nous allons nous retrouver dans une situation d'explosion dans des proportions inimaginables et je pense que cette question du capital fictif circulant est quelque chose à garder à l'esprit pour une analyse solide de ce qui se produit actuellement pour que nous soyons capables de rallier de créer un mouvement politique qui permet de faire advenir des changements sociaux thank you thank you thank you David sincèrement remercier David Harvey d'être venu en France d'être d'avoir partagé son temps avec nous à Paris et merci à Jean-Luc Mélenchon d'avoir pris le temps de d'analyser et de discuter les thèses de David Harvey et merci à vous d'être venu aussi nombreux on espère vous su enfin que vous continuerez à suivre nos travaux Merci [acclamation][applaudissements] aux traducteurs traductrices qui ont fait un super travail merci à tous et [applaudissements] à très bientôt